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LES INSTINCTS DE RACE DANS LE PEUPLE ALLEMAND

Heinrich DRIESMAXS est iié à Francfort-sur-le-Mein en i8()4. Il est lin des pnblicisles les plus actifs parmi ceux (jui essaient de travailler à la rég'énération du peuple allemand. On Ta aperçu autrefois dans l'entourage de ce colonel Moritz von Egidy, qui fut un grandi chrétien social et un des plus purs apôtres paciüstes dont l'Allemagne puisse s'honorer. C'est Driesmans qui écrivit la biographie d'Egidy quand un mal soudain, en i8cp, emporta le grand orateur (i). Comment le grand colonel qui voulait transformer en écoles toutes les casernes d'Allemagne et installer dans le palais du grand état-major allemand le Conseil national de l'Instruction publique, a-t-il pu former des élèves pangcrmauistes?

Driesmans n'est pas devenu pangermaniste par l'enseignement d'Egidy. Il l'est resté malgré cet enseignement. A l'époque où Driesmans se rapprocha d'Egidy, il avait déjà deri'ière lui une série d'ouvrages dont le pangermanisme est certain. La doctrine de Nietzsche, qui che/, son auteur s'(''lait de bonne heure dépouillée de toute teutomanie, a présenté pourtant chez ses disciples des formes nond)reuses de régression. C'est le cas surtout chez ceux qui y joignent le « christianisme germanique » de Paul de Lagarde (2). Cette vie créatrice qui, chez Lagarde et chez Nietzsche, pétrit les races et les civilisations, en quoi consiste-t-cUe? Driesmans se le demande dans son livre sur La Force plastique dans l'art, dans la science et dans la vie {Die plastische Kraft in Kunst, Wissenschaft und Leben, 1898).

ï) V. H. DitiKSMANs, Moritz von Egidy, sein Leben und }\'irl;en, 19UO.

(2) V. sur Paul oe Lagarde nos Origines du Pangermanisme.

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De là l'iinportance qu'il attacha au problème de la race. Ses deux volumes sur Le Celtisme dans le inélanr/e du sang européen (Das Ke lient um in der europaeischen Blutmischung-, 1899) et sur les Affinités dans le mélange du sang- allemand {Die Wahlverwandtschaften der deutschen Blutmischung-, 1899), foruient l'esquisse de toute une histoire de la civilisation interprétée par l'influence des races.

Jamais plus prodigieuse ambition ne fut servie par des instruments méthodiques plus insuffisants. Mais aussi bien n'est-il plus (juestion de science, quand on entre dans des recherches qui concernent la croyance. Est-ce une religion? ou plutôt une métaphysique? C'est, au juste, une biosophie, au dire de Driesmans. Comme Paul de Lagarde et comme Nietzsche, se demandant si l'Allemagne contemporaine a produit une culture intellectuelle digne de sa puissance, il répond que l'Allemagne est inculte totalement, parce qu'il lui manque la vie intérieure vraie, celle qui s'éveille au moment même où nous nous sentons en harmonie avec la vie universelle parla connaissance et par l'action. Mais s ils sont moins avancés dans la civilisation intellectuelle que d'autres peuples plus alertes d'esprit, les Allemands sont seuls capables de cette culture profonde, iconoclaste, et qui brise les symboles pour pénétrer par un sentiment enivré jusqu'à la vie profonde de l'esprit. Les ouvrages les plus récents de Driesmans, Les Routes vers la Culture (Wege zur Kultur, 1910), Les Préférences de la Culture allemande (Deutsche Kulturliebe, 191 1), ont pour objet de définir cette vie intérieure, qui ne peut s'ouvrir peut-être d'abord, comme le disait Nietzsche, que dans une centaine d'àmes choisies, silencieuse communauté dispersée aujourd'hui, et que Driesmans voudrait l'éunir dans un Parlement de la Culture, souverainement législatif, quoique sans appareil de force, dans toutes les atjaires vitales négligées aujourd'hui par l'r^glise et par l'Etat. Ce parlement élaborerait la Réforme nouvelle qui serait, comme celle de Luther, une œuvre proprement allemande au service de l'humanité.

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