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Le véritable Saint-Empire est V Empire allemand actuel

A la fin de l'Empire romain, les Germains avaient la prépondérance dans l'Etat; et ils se familiarisèrent avec l'idée de cette jjrépondérance. De l'Empire romain cette conception gouvernementale pénétra dans le Nord, dans l'Empire germanique primitif. Lorsque Charlemagne posa sur sa tête la couronne impériale romaine, il ne se

■JÖI) LK l'ANC.KUMAMSMi: IMI I I.OSÜPII I(^)UE

sentit ]ilus roi de raee i^ermaniciue, mais lu'i'itier de ri^linj)ire romain universel. Le principe de Tuniversalisme avait triomphé de l'empire fondé par une race. Désormais il y eut un empiro romain gei-mani(pie, c'est-à-dire un emjiire romain universel, gouverné par un empereur allemand. Ce nouveau rôle du roi des Francs eut naturellement sa répercussion en Germanie; en outre, les circonstances économiques favorisèrent cet événement historique. L'J']glise romaine consolida cet état de choses; l'empereur, en tant que protecteur de l'Eglise, dut prêter son appui à Rome, en favoriser les appétits de puissance universelle, aux dépens du développement intérieur de la Germanie, jusqu'à ce que l'Empire allemand fût absorbé totalement par les idées d'universalité. Donc le vieil Empire allemand n'était que le prolongement de l'impérialisme romain universel, c'était l'adojîtion par les Germains de l'idée d'un empire universel dénué de nationalité. Cet héritage est la source de notre plus grande détresse. Presque toutes nos misères nationales en découlent ; les idées erronées d'humanité, d'unité de la race humaine purent, dès lors, prendre naissance. Désormais l'Allemand négligea l'individualité de la race et du peuj)le germaniques. Une contradiction fatale surgit entre le germanisme et l'impérialisme allemand qui s'était adapté à l'idée d'un Etat universel non germain.

Le monde germanique sallranchit de Rome au siècle dernier, mais un nouvel Empire allemand ne ])ouvait être édifié sur une base non universelle ([ue par le déclin des Habsbourg. Il est impossil^le de passer sous silence le rôle de la Prusse dans ce conflit, car la Prusse agrandi dans sa lutte contre le vieil impérialisme des Habsbourg. La Prusse est ce pays situé au centre de l'Europe où l'élémant germanique domine d'une façon absolue. La Prusse victoi'ieuse, l'Autriche exclue de la Confédération germanique, le vieil impérialisme allemand fut

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définitivement vaincu. La fondation du nouvel Empire allemand fut le début d'un Saint- lùnpire allemand, saint non par la grâce du pape romain, mais saint et sanctifié par la noblesse de la race germanique. Notre tâche vient de comm.encer : laissons à Bismarck tout son mérite ; le présent et l'avenir offriront à Guillaume II et aux HolienzoUern l'occasion de mettre leur valeur à l'épreuve. Il est nécessaire qu'ils aient conscience de leur nouveau rôle, qu'ils soient énergiques, idéalistes, et au besoin suffisamment désintéressés jiour rendre à chacun son dû. Tandis que vis-à-vis de l'Autriche la tâche de la Prusse consistait à se défendre contre l'idée romaine de l'Etat universel, elle avait une mission plus positive à accomplir du côté de la France. Car maintenant que nous connaissons sa composition ethnique, lère napoléonienne nous apparaît comme un dernier efl'ort de la France pour s'agrandir du côté de l'Allemagne, comme une tentative pour édifier un Empire germanique universel sous l'hégémonie française. Combien différent serait l'avenir de la culture germanique en France, avec les Pays-Bas, les contrées rhénanes comme provinces et la Confédération du Rhin comme Etat vassal ! L'antique conflit entre la France et l'Allemagne apparaît comme une rivalité pour l'hégémonie germanique dans lEurope centrale ; la victoire de rAUemagne prussienne est le succès d'un peuple de pure race germanique. La France désormais ne peut plus espérer conserver longtemps, en qualité d'Etat indépendant, son empreinte germanique. L'Allemagne prussienne a donc le devoir, comme puissance germanique prépondérante et puisque sous l'hégémonie française l'Empire germanique est devenu impossible, d'en fonder un nouveau sous l'hégémonie allemande. Ce point de vue unique doit nous guider dans notre lutte contre les peuples mitigés de sang germain qui nous entourent. Il nous est imposé par la fidélité

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envers nous-mêmes et envers le germanisme, fondement (le notre culture et de lu civilisation européenne que noue incarnons.

Ibid., p. lU.")-!;!?^.

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