‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 135 sur 135 · n'r « qu'une morale politique : être fort · texte numérisé non relu

n'r « qu'une morale politique : être fort

I^' essence de l'Etat, c'est la puissance...

Dans l'appréciation de la moralité individuelle, la question qui se pose en dernière analyse est de savoir si un individu a poussé la culture de son « moi » jusqu'au plus haut degré de perfection qu'il lui est donné d'atteindre.

Si l'on applique la même règle à l'État, son suprême devoir moral est donc de travailler à sa puissance; non à la puissance pour elle-même, mais à cette puissance qui protège et accroît les biens Srupérieurs, à cette puissance qui se justifie en se mettant au service des biens les plus nobles de l'humanité.

Sacrifier ses propres intérêts à ceux d'un État étrang^er, sous quelque prétexte que ce soit, est par suite une action toujours immorale, parce qu'elle est en contradiction «ivec l'affirmation de soi-même qui est le devoir le plus nécessaire de l'Etat ; la faiblesse doit être dénoncée comme la faute politique la plus répréhensible et la plus méprisable. Elle est, comme dit si bien ïreitschke, le péché contre le Saint-Esprit de la politique.

Il est non moins immoral pour la [»olitique de négliger V extension de la puissance, extension qui constitue la base nécessaire du progrès de la culture nationale.

Ibid., \). -(); trad. E. Simonnoi, \). 84 m\.

KRIEDRIGII VOX 15ERXHARDI J9I

5. Il y a des nécessités économiques qui rendent les guerres inévitables.

Les peuples vigoureux et qui l'ont edort pour s'élever, augmentent de population et ont besoin, à partir dun certain moment, de plus d'espace.

L'émigration dans les Etats étrangers peut d'abord suffire à ce besoin; mais les émigrants ne jjerdent que trop vite le sentiment de leur nationalité : nous autres, Allemands, en avons fait l'amère expérience. C'est pourquoi l'acquisition de colonies, où l'excédent de la poi^ulation peut se fixer — aux dépens, il est vrai, des habitants autochtones — est préférable. Il s'agit ici exclusivement de territoires occupés par des races humaines de culture inférieure. Là enfin ou de tels territoires n'existent pas, ou sont peu propres à la colonisation, il ne reste d'autre moyen, pour faire de la place à sa propre nationalité supérieure, que la conquête de territoires étrangers.

Les conditions de travail peuvent aussi, selon les circonstances, contraindre un peuple a la guerre. Une partie de la population, dans les grands États industriels, vit de l'exportation. Si les États jusque-là acheteurs se ferment à l'importation, le cas peut facilement se présenter d'un État exj)ortateur incapable de fournir plus longtemps à ses travailleurs des conditions d'existence suffisantes. Un tel État coui't le risque, non seulement de perdre par l'émigi'ation une partie de sa population, mais encore de perdre peu à peu sa puissance politique et sa faculté civilisatrice, à mesure que diminuent et sa production et ses gains. Nous sommes à cet égard au début d'une évolution, et l'on ne doit pas fermer les yeux à ce fait qu'un tel État peut être entraîné à une guerre par la

Sga LE PANGERMA.MSMK l'IlII.OSOPHlQUE

nécessité de procurer à ses ouvriers un travail rémunérateur.

Si donc l'étude des laits à la lumière du princi2)e biologique des sciences naturelles nous convainc déjà que la guerre est un facteur nécessaire de l'évolution, on arrive au même résultat en considérant la question au point de vue moral ; car la guerre n'est ])as seulement une nécessité biologique, elle est encore, dans certains cas, une obligation morale^ et comme telle un fadeur indispensable de la civilisation.

Ibid., p. G:2-()3; trad. franc., p. GS-Og.

G. Il ne peut y avoir de tribunal d'arbitrage entre les Etats.

C'est une lutte incessante pour la possession, pour la puissance et pour la suprématie qui domine les relations des États entre eux. Et le droit n'est, le plus souvent, respecté qu'autant qu'il s'accorde avec l'intérêt. Mais, tandis que, dans la lutte sociale à l'intérieur d'un État, la loi et l'autorité publique interviennent comme pouvoirs régulateurs, il n'existe pour la société des États aucune jjuissance correspondante : il n'y a ni loi valant pour toute l'humanité, ni pouvoir central qui puisse jouer le rôle d'arbitre, contenant les uns et soutenant les autres. Aussi, lorsque se produisent des conflits d'intérêts inconciliables, il ne reste en dernière instance que la guerre pour remédier à l'injustice, et pour procurer aux forces nationales viables les conditions d'existence nécessaires.

Ibid., p. 09; trad. franc, p. G5.

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