L.W I.V. rA.\(.i:HMA\IS.ME IMl I I.OSOIMI KJIF
a|>j>it'Uicl combien rail)le est la louiiévilc tliiiu' poliliqiit' saiis^ l)ase leri'itoriale siirüsante. ('es puissances avaient le coinincrce du inonde anli(iiie : les puissances conlinenlales, la Peirse, Rome prévalurent. La Hollande avait des laetoreries à Manhattan, à l'emlroit même oîi est aujouidlmi New-York. Klles sont rasées du sol, mais les pay saus anglais OBt fondé les Ktats-Unis (i). Il faut entejidre cette leçou: « Quiconque exploite commercialement des territoires au lieu de les occuper par des hommes en est tôt ou tard dépossédé. >■> L'Allemagne ne commettra pas la faute des grandes puissances commerciales de l'histoire. Son expansion ne sera pas une simple Well poli tik de négoce. Elle prendra pied sur des terres nouvelles. La France est la nation-type entre celles à qui fait défaut le sens du réel. Elle conquiert des territoires, mais elle n'a pas la population nécessaire à les occuper. Entre sa forée et la surface oii elle prétend s'étaler, il y a une disproportion, (jui sera une cause de ruine. Mais elle a, pour ell<^ et les peuples voisins, établi un priiwji[>e qui est, dans une large mesure, opposé au principe territorial : le principe des nationalités. Elle veut (\\vv les Etats soient des peuples de mènie origine et de mènijs langue. Régression que cela (é?m JUickmlMitl ins U n te rritor beute). « A la longue cette politique ne pourra pas se maintenir devant la politi(jue géograj)hi'que, qui tout d'abord envisage le sol. » La politique des nationalités, ne fait œuvre viable quie si elle agglomère des fragments de peuples en un l^tal capable de les orga-
[i) Ratzel. Politische Geograpliie, p. 35.
PRÉFACK LXXt
iiiser et de les défendre. Le principe français tendrait à disjoindre des populations dilTérentes de langue, de race et de civilisation, comme l' Autriche- Hongrie ou la Turquie, quand déjà un Étatisme superposé à elles les unissait par des tenons solides. Toute politique vraie, et par conséquent la politi([ue allemande, sera géographique. Elle n'aura cure des populations {ohne alle Riicksicht auf die Bewohner), Elle ne se préoccupera que d'étendre et de fortitier son territoire. Mais comme des peuples voisins peuvent à merveille partager cette saine conception de la politique, leurs relations naturelles et inévitables seront Té tat de guerre. Car il n'y a pas d'immobilité possible à la surface du globe. Les territoires qui enrichissent, ceux qui commandent les voies de communication ou ont une issue sur la mer, décident de la force durable, de la prolification future, de la vigueur avec laquelle aurait lieu la poussée stratégique ou navale. On tâche de se les arracher. Et ce ne sont pas les peuples primitifs qui font le plus souvent la guerre. Il y a eu de nouvelles espèces de guerre à mesure cpie la civilisation découvrait des moyens nouveaux de tirer parti du terrain.
On admirera toujours l'ingéniosité el la vigueur de l'analyse par laquelle Ratzel détermine l'iniluenee que les groupements humains reçoivent de leur situation géographique. Il y a une éducation des hommes par l'espace, terrestre ou maritime. C'est dans cette description que llatzel se révèle le successeur vrai de Hegel. Il ne se borne pas à une aflirmation vague de l'iniluenee du milieu. Il s'agit de possibilités précises, d'impossibilités