‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 32 sur 135 · PREFACE CVII · texte numérisé non relu

PREFACE CVII

courue t à l'est déversa les Thraces, les Lithuaniens, les Hellènes, les Tyrrliéniens d'Asie-Mineure et d'Italie, les Wendes, les Slaves, les Indiens, Les Sarmates, les Scythes, les Perses. Au centre, par le Jiitland et les îles Scandinaves, atterrit le courant des quatre grandes tribus germaniques : Ingévons (ou Cimbres); L'-itévoih'i (c'est-à-dire ^Nlarses et Francs); HermLnons (Suèves); enfin Vandales et Goths. Ils venaient tous très civilisés. Ils savaient l'agriculture et l'art de l'élevage. Leurs outils de pierre étaient remplacés par du cuivre, trouvé en Suède. L'étain, importé des Iles britanniques, permit, avec le cuivre, de créer l'outillage de bronze. N'objectons pas <[ue l'homme méditerranéen avait peut-être aussi quelques supériorités. Du fond de l'Afrique, en huit cents ans, n'avait-il pas appelé l'industrie du fer? De tout cela, le philologue allemand n'a pas cure. Les hommes du Nord, dans sa croyance, sont seuls éminents. Si nous trouvons, à l'époque historique, des civilisations florissantes avant eux, c'est donc que ces civilisations assyriennes, égyptiennes ou Cretoises, étaient infiltrées préhistoriquement par le sang et les civilisations du Nord. Par vagues successives ensuite les hommes du Nord donnent l'assaut et triomphent : Perses, Macédoniens, Romains s'installent sur les ruines des primitives civilisations de Méditerranée. Dans le grand effondrement réitéré de tout, une régularité se reconnaît : toujours la race septentrionale restée la plus pure, c'est-à-dire la plus récemment détachée du tronc aryen, reste victorieuse. Elle bénéficie du plus récent outillage, et a gardé intacte dans la lutte contre le rude climat du

CVIII LK VANOKUMAMSME l'Il II.OSOlMlIQUr

Nord son ôncru^io nioialc ol invcnlive. La dominatiou du monde lui éclioit (i). Ce tut vrai dans le passé. Ce sera vrai dans l'avenir. Cette raee tardive et pure, qui vient du Nord nous apporter sa supériorité, c'est aujourd'hui la race ^erinani([uc.

\Yilscr raisonne comme s'il n'y avait jamais eu de cataclysme i<cologiqiu', jamais de peste ou de l'aminé oîi ont péri des civilisations précieuses ; li conmic si jamais aucun déluge de barbarie n'avait submergé, par la seule puissance du nond)re, des peuples dignes à tous égards de survivre. Poimpioi ajoute-t-il ce sophisme, fait du silence sur les hasards les plus tragiques de notre existence planétaire et hislorique? Parce qu'il donne au peuple allemand, non pas l'assurance qui ne lui a jamais manqué depuis 1870, mais des raisons doctrinales pour justifier son assurance.

Gobineau, même renforcé de philologie et de tout un vague darwinisme d'amateurs, n'eût pas suffi à fonder une philosophie de la race et de la civilisation germani(pie ; et le seul philosophe de génie (pii eût paru en Allemagne depuis 1870, Nietzsche, trahit la cause dont on crut un instant qu'il serait l'avocat. Son humanisme nouveau, (ju'il appelait son « bon européanisme >■>, est un dédain supérieur de la meute pangermaniste qui aboyait autour de Richard \\ agner. Il se trouva des Nietzschéens pour accomplir

(i L. WiLSKH, llerkiinfl und L'rgeschichte der Arier, iSyg. p. 'i : « Die stacrkere, l)esser aiisgeriistele und veranlagte Rasse muss siegen und als Kanipipreis die Weltherrschalt eri-ingen. »

PRKFACK CIX

la besogne d'interprétation tendancieuse à laquelle se refusait le maître. Par degrés le pangermanisme philosophique retourne ainsi au wagnérisme, où il avait une de ses plus fortes racines nourricières.

Ludwig Woltmann est venu à la sociologie par le marxisme. Le parti socialiste allemand, dans lequel il faut admirer une des plus puissantes entreprises de réclame qu'il y ait au monde, lui promettait grand avenir. Il n'a pas été le principal, mais le plus ambitieux de ces jeunes théoriciens du nouveau prédestinationnisme biologique. Pour leur positivisme, l'histoire universelle entière n'est qu'un fragment de l'évolution organique. Woltmann se préoccupa de découvrir les régularités de cette évolution ; de fonder cette biologie sociale ; de découvrir les lois de cette anthropologie politique (i).

Son principe fut de juger toutes les organisations sociales (les mœurs, les morales, les lois, les constitutions), d'après la sélection cju'elles permettent ou entravent. Faites pour nous aider dans la lutte contre le dehors ou pour équilibrer des antagonismes au dedans, cjuelle adaptation favorisent-elles? A quelles formes de domination sur le monde et sur les hommes ont-elles abouti? Car, au terme, c'est à établir de telles formes qu'elles servent. Toute lutte pour le droit est une lutte pour la force, c'est-à-dire pour le pouvoir qui dispense de peiner. Il n'y a pas de civilisation supérieure sans une technologie qui

(i) Ludwig Woltmann a fondé en 1902, avec quelques collaborateurs notoires, Ludwig Wilser, J. Lange, Kreitscliek, von Ujfalvy. von Ehrenfels, Joseph-Ludwig Reimer, une Politiach- Anlhropolotjische Revue qui reçut grand accueil. Il a résumé ses résultats personnels dans sa PoUlische Anthropologie, igoS.

ex I.K l' WC.Einr.WlSMK PIIII.OSOPHIQUK

asservira la naliin', oL sans une hiérarchie qui asservira les travailleurs, pour le prohi d'une rlife assurée de loisir. 1/honinie est un animal dominateur, et l'histoire entière n'est que le bilan de ses victoires. Toutefois, le don de dominer, comme il est inégal en divers hommes, varie de peuple à peuple. L'anthropolofi:ie politique a pour première tâche de définir les caractères d'un « peuple de maîtres ». Les caractères tiennent à la race; et il ne laut pas définir la race par ses constantes physiologiques les plus visibles (comme la taille, le crâne, le pigment), mais par les variations germinales les plus invisibles, comme les instincts.

Il y en a parmi ces caractères qui sont secondaires ; aucun n'est inutile. La proportion des os et des muscles n'est pas indifférente, puisque d'elle dépend la vigueur militaire et industrielle. Les races à jambes fortes peuvent seules triompher militairement. T>a précocité sexuelle, la fécondité, la longévité, l'aptitude à racclimalation importent beaucoup. Les races blondes, tardives à l'amour, peu usées par ses excès, et de forte natalité, comment ne l'emporteraient-elles pas tôt ou tard sur les nègres licencieux, de vie courte et que le froid rend tuberculeux? Plus pourtant que ces carastéristi(iues de la vie nnisculaire (m sexuelle, celles qui sont profondément inscrites dans le système nerveux décident. « Le cerveau humain, disait un grand médecin allemand, Reil. est le berceau de l'his Loire (i). » Est-ce un hasard si la pigmentation blonde est toujours accompagnée d'un cei-

(i) V. Woi,TMA-\N, Polnische Anthropologie, p. 24:1.

Page 1