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La nation allemande est pure de tout mélange

Les pays qui avaient autrefois fait ^^artie de l'Empii'e romain eurent pour destinée d'être soumis aux Barliai-es. Aussitôt se manifesta un grand contraste entre les liabitants déjà civilisés de ces pays et leurs vainqueurs, mais ce contraste aboutit à la naissance de nouvelles nations de nature hybride. Toute l'existence spirituelle de ces nations est caractérisée par un dualisme interne, une extériorité au cœur même de leur intériorité. Ce dualisme est dès lors sensible extérieurement dans le langage, qui est une combinaison de la langue indigène déjà mêlée de vieux latin, à quoi s'ajoute un idiome germanique. Nous pouvons réunir tous ces peuples sous la dénomination de peuples latins et y comprendre les Italiens, les Espagnols, les Portugais et les Français. A ceux-ci s'opposent trois autres nations, plus ou moins allemandes par la langue, et qui ont conservé une même tonalité d'intériorité intacte ; ce sont l'Allemagne proprement dite, la Scandinavie et l'Angleterre. Celle-ci fut, à vrai dire, annexée à l'Empire romain, mais, comme l'Allemagne, elle n'a guère été entamée que sur son pourtour par la civilisation romaine, et les Angles et les Saxons l'ont germanisée à nouveau. L'Allemagne x^i'oprement

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dite s'est «janli'c pure tic tout mélange, saul' sur sa IVontière méridionale et occiilentale, où la haiide de territoire en bordure du Danube et du Rhin lui soumise aux Romains; la région d'entre l^lhe et Hliiu est restée absolument indigène.

Ibid., ]). 4-1 3-4114.

8. Coinnient le peuple allemand est, prédestiné à /-éaliser le cltrisfi/inisme.

La nation germanique avait en soi le sentiment de l'unité naturelle, ce qu«' nous ])ouvons a]){>eier Gemüt. (l'est cette totalité voilée el vague de res|trit |)ar ra]q)t)i'l à la \olonté, élat où l'homme trouve en lui-même une satisfaction tout aussi générale et indéterminée. Le caractère est une l'oi'ine déterminée du vouloir et de l'intérêt, qui s'affirme; l'état de sentiment que nous définissons ne se pose pas de fins précises, richesse, honneur ou rien d'approchant, il ne s'applique à aucun ('tal ol)jcctif, mais intéresse l'état d'Ame tout entier, il consiste à se complaire en soi d'une l'açon toute génc-rale. 11 n'a d'autre contenu que la volonté en tant que volonté forinelic, el la liberté purenuml subjective en tant que racnlalité spécifiqtie (Eigensinn). Dans cet état, chaque disposition ]>articulière acquiert de l'importance, parce que le sentimenl s'y adonne tout entier; mais comme, d'aulre \)av[. il ne s'attache ]>as à la détermination d'un but dc'liid, jamais il n'en vient à isoler des passions violentes et mauvaises, il ignore le mal même. Dans le sentiment, celte distinction n'existe pas; dans l'ensemble, il l'ail plutôt l'impression d'une intention constamment bonne lein Wohlmeinen). Le caractère en est le contraire.

Tel est le principe absti-ait des peuples germaniques, et la face subjective ([ui s'oppose à la face objective mani-

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leste dans le christianisme. Le Gemüt na pas de contenu défini. Dans le christianisme, au contraire, ce qui importe, c'est la chose, le contenu conçu comme objet. Mais c'est dans le Gem«^ que réside ce besoin d'une satisiaction toute vague et générale, qui, d'autre part, nous est apparue comme le contenu même du christianisme. L'indéterminé conçu comme substance, objectivement, c'est l'absolue généralité, Dieu; mais le vouloir individuel doit être racheté en Dieu, et cest le second élément de l'unité chrétienne concrète. L'indétermination absolue doit contenir en soi toutes les déterminations particulières; c'est en ce sens qu'elle est indéterminée; le sujet est détermination pure et simple ; l'un et l'autre sont identiques. C'est ce que nous avons décrit d'abord comme le contenu du christianisme, j)uis, de façon subjective, comme état de sentiment (Gemüt).

. . . Ainsi il se trouve que les deux principes se correspondent et que les peuples germaniques, comme nous l'avons dit, ont en eux la capacité de servir de supports au principe supérieur de l'esprit.

Xous avons dit que la destinée des peuples germaniques était d'être les supports du principe chrétien et de réaliser les fins de la raison absolue. A l'origine, il n'y a que vouloir trouble, le vrai et l'inlini n'étant qu'à de lointains arrière-plans. Le vrai n'est encore qu'à l'état de but idéal, car le sentiment n'est pas encore purifié... La religion se présente avec le ceto qu'elle oppose aux violences des passions et les exaspère d'abord jusqu'à la fureur; la violence des passions s'exagère encore par le trouble d'une mauvaise conscience, et parvient à un paroxysme qu'elle n'aurait peut-être pas atteint si elle n'avait pas rencontré de résistance. Nous assistons alors à l'effroyable spectacle des plus horribles excès dans toutes les dynasties royales de ce temps [Glovis, les Mérovingiens, les dynasties thuringiennes...]. Le principe

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clirction demeure comme un itlcjil dans les cd'urs; mais oeux-ci restent d'abord grossiers. La vobmlé qui est véritable se méconnaît elle-même et se Si'pare de sa lin véritable par des Uns particulières et limitées; mais dans cette lutte conli-c elle-même, el malgré elle, elle produit jtourtaut ce quelle veut; elle lutte contre ce qu'elle veut réellement et le ri'alise pai' là même, car elle est déjà réconciliée en soi. L'esprit de Dieu vit dans l'Eglise; il est l'esprit qui agit intérieurement ; mais c'est dans le siècle que l'esinùt doit se réaliser, dans une matière qui ne lui est ])as encore appropriée; cette matière n'est autre ([ue la Noionlé subjective qui porte ainsi en elle une conli'adicliou. Du coté l'eligieux, nous voyons souvent <|u"un homme qui, toute sa vie, sesldc'battu el a combattu ])ai'nii les réalités, qui s'est adonn('' de toute la l'orce de son caractère el de sa passion aux allaires et aux plaisirs de ce monde, rejette soudain tout cela loin de lui et entre dans la solitude religieuse. Mais, dans le monde, on ne renonce pas ;i la tâche dont nous parlons; il faut laccomplir; et, linalement, il a])paraît que res[)rit trouve dans l'objet même de sa résistance la lin de sa lutte et son apaisement ; il devient manifeste ([ue les ailaires temporelles sont déjà de l'activité s|)irituelle.

Nous voyons par là que les individus el les })euples considèrent souvent comme leur jilus grand bonheur ce qui est leur malheur, et inversement combattent comme la pire calamité ce qui est leur bonheur. La vérité, en la repoussant, on l'embrasse (i). L'Kurope parvient à la vérité à iorce de lavoir repoussée.

Ibid.. j). .5o5; .420-420; 4^9-430.

(1) lin rrjmi.'iH"- ilaiis ic texte.

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