‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 75 sur 135 · KARL LAMPRECHT I^I · texte numérisé non relu

KARL LAMPRECHT I^I

eil face du fliauvinisme néo-magyar et judéo-magyar. Lt; but, c'est que l'allemand devienne une langue mondiale, nu même degré au moins que Fangiais et le français; ce n'est pas deux langues, c'est trois langues que devra savoir riiomme cultivé de l'avenir, et s'il n'en sait que deux, rallemand devra être l'une de ces deux. Ceci n'est pas une chimère, c'est un idéal très clair et qui peut <^léjà se réaliser en diflerents points du monde. Dans les bassins du Missouri et du Mississipi, l'allemand a partout ilélrùné le français dès la fin du xix' siècle, et il lui dispute le terrain avec succès, comme langue usuelle moderne, en Espagne et en Italie, en Serbie, en Grèce et dans le Levant, au Japon, au Chili et dans d'autres pays méridionaux de l'Amérique du Sud. Comme langue enseignée, on a proposé dès le xix*" siècle de le rendre obligatoire, pour ne parler que de l'Amérique, dans tous les établissements d'instruction de l'Union, etil a été introduit et rendu obligatoire dans les écoles supérieures du Mexique et de l'Argentine.

C'est un mouvement qui d'abord se produit spontanément. Car, trop souvent encore on peut dire de l'esprit que « tu entends son souffle, mais tu ne sais d'où il vient ni où il va ». (cependant on pourrait provoquer et surtout favoriser des phénomènes comme ceux dont nous venons de parler. Nombreux sont les moyens dont le germanisme peut mieux que d'autres disposer. Pour n'en nommer que deux, citons la librairie et les universités. Vers 1890, il paraissait aux Etats-Unis moins de 5. 000 livres par an, plus de G. 000 en Angleterre, plus de i3.ooo en France, et dans l'Empire (non pas dans le territoire total du germanisme, par conséquent) 20.000. La proportion s'est depuis déplacée encore en faveur du germanisme. Quel avantage sur nos deux plus grands concurrents, si on sait l'exploiter activement, en abaissant les prix, en faisant la vente en grand, en prenant des mesures

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pour rcpiiudre lu laui;u(' alleuiundc! Au liou de lela, il nous laut entcndro parler de la régression de la librairie iilleniamlc, même aux Etats-Unis! Et quel nioveii d incomparable i)ropagande que les universités allemanîes de Imile espèce, depuis les vieilles univei'sités cbenues justpiaux plus jeunes instituts tecbnicjues ou c-ommereiaux! Toules ensemble ioinicnt une plialange de vie nationale dont la vigueur est incomparable, dont l'avance victorieuse pourrait encore à j^résent réduire à néant la stratégie et la tactique scientiliques de n'importe cpielle autre nation.

Et cette armée est tout spécialement désigné-e pour lutter sur le terrain international. Cai- la science, sans doute, est ancrée par la base dans le terroir national, mais sa cime dé]»asse toules les cimes nationales, elle ne rend d'hommages qu'à la vérité. Celte situation des universités est-elle suffisamment reconnue dans TEmpire ? Qui parle encore, de nos jours, dune royauté de la science ?

Où sont les milieux dirigeants où Ion coniprenne s[)onlanément, même à un faibl<> <legré- et en l'estant loin de la mentalité des milliardaires américains, qu'il y a néees.sité d'intervenir, et qu'il n'existe pas, pour une grande nation, de placement plus productif de ses capitaux que celui c[ui profite à la science, si peu pratique qu'elle soit en apparence ?

Sans doute, plus d'un Allemand croira reconnaître, dans toutes ces questions que je pose, la voix île ces zélateurs auxquels on reproche du chauvinisme et de l'esprit de chimère.

Ces ligues sont exem]>tes de tout chauvinisme. Elles ne mentionnent qu'en passant le « oerinanisine pur » de Lagarde <;t de Friedrich Lange ; elles ne reconnaissent aucun culte, jias plus celui de Wotan que celui de Tuisco. Elles ne s'aventurent ])as à prononcer des paroles gi-an-

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diloquentes comme celles que Schiller écrivait au sujet des Allemands, vers la fin du xviii"^ siècle : « Une destinée sublime lui est réservée; de même qu'il se trouve situé au centre des peuples de l'Europe, il est le noyau de l'humanité. » Ces lignes laissent à chaque peuple son droit, son champ de bataille, son honneur. Mais quand Schiller, poursuivant, dit de l'Allemand : « Jl est élu [)ar l'esprit du siècle {Zeitgeist) pour continuer à construire, j)endant les luttes du siècle, l'édifice éternel de la civilisation humaine », elles prétendent alors s'ajjproprier ces paroles comme un précieux héritage qui, au bout d'un siècle, n'est pas périmé. Soyons fidèles à nous-mêmes et aux époques sublimes de notre passé ; unissons ce qui fut le but et la g-loire de l'époque de Gœthe et de celle de Bismarck : maintenons sans défaillance et fortifions la situation de notre race à l'extérieur, et développons intérieurement les qualités spéciales qui nous rendent capables d'une action nationale et universelle de grande envergure ; alors nous servirons l'univers et la patrie d'une même ferveur, d'une même vaillance, et avec un même succès.

Ibid., p. 489-494.

Aliuikciit AVIinil

LA VOLO.NTl': GKIOIAXMJL K DK DOMIXAIION

Ce n'est pas le lieu de reproduire sur M. Allueelil \\'irtli luie notice que le lecteur trouverait dans notre volume sur le Paniken nanisme continental sons (luillaiwœ II, p. Soi Alhreeiit AVirth ne lig-ure ici ([uù Ulre de leuant ou d'aboutissant. Il est un spécialiste de l'histoire d'Asie, un ex|)lorateur (jui a beaucoup voyagé, et un des apôtres les {)lus actifs du colonialisme allemand. Mais il a préconisé davantage encore l'expansion continentale de l'Allemagne, surtout en i'ologne, en Lithuanie et aux Balkans. Les j)assages qui suivcnl ont pour objet de démontrer ([u'il justilie son a]»<)st()lat pralicpul>ar ime philosophie. Il est un théoricien de l'expansion et tie la migration, comme Friedrich Ual/.el dont il est l'élève: et il est un théoricien de la race et de la eultnr«' germaui({ues. comme l'aul de Lagarde, Langbehn. et les disciples allemands de (iobineau, dont on va lire les extraits jjlus loin, et qui sont ^^■oltmann, Driesmans. llouston-.Stewart Chamberlain. Cette histoire comparée des nations, que Lamprecht réclamait et qu'il n'a pas osé écrire, Albrechl Wirth, avec plus d'assurance, ose l'esquisser dans plusieurs de ses livres, notamment VoILstiiin und Weltmacht in der Geschichte (Les Xatioiialitéset les Puissances mondiales dans f Histoire, I(K>i-> et Der G an ^- .der Weltgeschichte i Im marche de l'IIisloir-c universelle, 191'^ •

Wirth conseille aux Allemands d'accueillir dans leur sang une dose de sang celtique et de sang slave, iiuiis en mainteluint la prédominance des iulluenees ancestrales germani- «[ues. Les races, toutefois, s'aflinent par la culture et non pas seulement par mélange. Avant toni, elles se niodilient par le sol qu'elles habitent. Il faut à l'Allemagne It'-tendue de s<»l ([ui convient à son aud)itiou. Aucune inlluence de race ou de sol n'est cependant fatale. Wirth croit à la contingence de toutes les lois ethnographi(iues, anthropogéographiqiies et

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