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La domination iinü>erselle de V Allemasne

Un peuple qui se concentre sur lui-même acquiert ainsi sans le vouloir une grande puissance sur les autres. La Grèce l'a prouvé ; espérons que l'Allamagne le prouvera à son tour. Déjà sa situation seule la prédestine, dans la vie politique de l'Europe, ou à dominer ou à être dominée. Il n'y a pas pour elle d'autre alternative; et tant qu'elle sera unie, elle dominera. Et c'est aussi pourquoi elle jirendra la première place dans la vie intellectuelle de l'Europe, — si elle retrouve le courage nécessaire pour acquérir une culture spéciale et qui soit

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bien à elle. Concentration signifie attraction. Lorsque la souveraineté d'un peuple sur un autre se fonde sur la su[>érioritc intrinsèque du premier, elle est parlaitement justifiée et ne peut qu'être utile au second. De même qu'au sein de chaque peui)le i)ris à ])art, il laut aussi au sein de l'humanité une hiérarchie de toutes les parties. L'art d'instituer et d'entretenir cette hiérarchie loyalement et intelligemment jiourrait être appelée ])oliliqiie humaine, ou, en tant ([u'elle embrasse tous les habitants de notre planète, politi([ue planétaire. La politique de sincérité et de vérité inaugurée par Bismarck, cette jîolitique de génie a été une bonne préparati<m. Savoir manier cette politique et s'en servir plus en grand que jusqu'à présent si possible, est une tâche réservée à l'avenir. L'é})oque de politique intercontinentale où nous venons d'entrer nous y mène tout doucement. Ce que le kaiser est parmi les princes allemands, le chef héréditaire, l'Allemagne devrait l'être parmi les autres peuples. Elle l'est déjà en partie. Les princes allemands sont, en tant que princes, le bien le plus précieux de la nation allemande ; qu'ils ne le soient pas toujours en tant qu'hommes ne prouve absolument rien. Tous les monarques de l'Europe sont, à de très rares exceptions près, directement ou indirectement d'origine allemande. La haute noblesse de l'Europe est égalenient en majeure partie d'oiigine germanique. Toute cette aristoci-atie a des intérêts politiques et intellectuels communs. Ces intérêts se fondent en dernier lieu sur la continuité du sang et devraient de nouveau s'y rattacher. De même que le vrai Allemand est toujours et i)artout un ai'istocrate de naissance, de même le vrai ai'istocrate est toujours et ])artout d'origine allemande. Des railleries éphémères dirigées contre leur noblesse ne peuvent pas j)lus détruire cette qualité chez les Allemands qu'un séjour séculaire dans d'autres pays ne peut ellacer le caractère

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allemand dans l'aristocratie (étrangère. On garde toujours quelque chose de la vraie force du peuple germanique, qu'elle soit intellectuelle, morale ou physique. Chez les vieux Germains, il y avait des combattants qui, d'un coup d'épée, savaient couj^er les sourcils de leur ennemi. L'adresse des modernes chasseui's de l'Amérique du Nord n'est pas moindre. Des mains aussi sûres sauraient bien porter le sceptre du monde.

Ainsi l'Allemand, aristocrate, gouverne déjà l'Europe; démocrate, il gouverne déjà l'Amérique. Et peut-èti-e ne s'écoulera- t-il jîas un temps bien long avant que, en vertu de sa supériorité comme homme, il gouverne le monde. Puisse-t-il se montrer digne d'un tel rôle. Il ne pourra le justifier et le remplir que s'il garde précieusement, dans toutes les circonstances et toutes les Situations, le i^rincipe allemand de l'individualisme.

La domination mondiale de l'Allemagne repose sur le respect des droits étrangers et en particulier des droits intellectuels étrangers; la domination mondiale de Rome reposait sur des principes tout à fait ojîposés ; c'est pourquoi la domination allemande vaut mieux que l'autre. Les Allemands sont destinés à représenter la noblesse du monde. La domination universelle de l'Allemagne ne peut être qu'intérieure, de même que son aristocratisme. Néanmoins tous deux seront amenés forcément à agir et à s'affirmer à l'extérieur. La parole qui proclame la vérité allemande doit proclamer en même temps la puissance allemande. Alors l'impartialité allemande pourra de nouveau faire ses preuve.s, mais sans faiblesse allemande. Alors seulement l'Allemagne aura mérité d'occuper la place de juge au tribunal des nations.

Le violon est le plus allemand des instruments de musique. Les Allemands l'ont inventé, cultivé et le jouent encore à la perfection ; ils sont a^^pelés à être les premiers violons dans le concert politique du monde,

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priiniis inter paves. Le violon est un insli-ument de j»aix ; il ajjaise, ii n'excite pas comme la trompette guerrière. De même la politique allemande, lorsqu'elle est dirigée dans ce sens, doit jouer de pi-élerence des instruments de paix. ¥A\e doit mettre rharmonie dans le chœur des peuples. Saum cuique. Le violon est un instrument ui'istocratique, il émeut, non par des sons bruyants, mais par des tons d'une extrême douceur. Il est rinsirumcnt des nuances les [»lus délicates, des }dus nobles niotlulations du son. Il doit être le symbole de la politique intérieure et extérieure de remi>ire allemand, qui doit distribuer la puissance et le droit de haut en bas par des transitions insensibles. Decrescendo.

Ibid, p. 23o.

iH. Les peuples héroïques ont des âmes d'enfants.

Les époques héroïques sont celles où les peuples sont enfants. S'il vient une nouvelle époque de culture allemande qui connaisse l'héroïsme, non pas seulement par la tradition, mais par ses propres actions, alors on devra cultiver un autre trait du caractère populaire allemand qui lui est commun avec les Grecs : le vrai, le pur Allemand, plus qu'aucun autre peuple, a quelque chose d'enfantin dans son caractère. Le « Père de tout » des Germains, le <' Père des dieux et des hommes » des Grées, le « Père qui êtes aux cieux » des chrétiens ont une origine identique. Ce n'est pas seulement au fond des forêts que rai)pel éveule un écho, mais dans l'univers entier. Les peuples enfants ont des dieux pères. L'àme .se reflète dans les yeux, l'àme des enfants comme celle des hommes. Un écrivain de l'antiquité a nommé les Grecs : & le peuple qui a les plus beaux yeux », et de beaux yeux bleus allemands [)Ourraient prétendre à la même supériorité parmi

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les peuples modernes. « ü Grecs, vous êtes et resterez toujours des enlants ! » dit un jour un prêtre égyptien à Solon, et il ne se trompait pas. Les Grecs accomplissent tout naturellement le précepte du Christ : « Devenez semblables à des enfants. » Dans l'homme entant se rencontrent ainsi les deux éléments essentieLs de la culture allemande jusqu'à nos jours, rhellénisme et le christianisme. Mais il s'agit, bien entendu, de l'esprit de l'hellénisme et non de la lettre, qu'on enseigne malheureusement trop bien dans les gynuiases allemands: quanta l'esprit, on n'y songe guère.

Une nature qu'on peut appeler en un certain sens enfantine caractérise encore, à bien des égards, Les rs'éo- Grecs contemporains, et on la retrouve en bien des hommes illustres du pangermanisme : Walther von der Vogehveido, Dürer, Mozart, Burns, Shelley, Hölderlin et bien d'autres encore en sont des exemples probants. En eux se rencontrent, à leur insu et sans qu'ils le veuillent, Ihellénisme et le christianisme. C'est ainsi qu'ils montrent la voie que la culture allemande doit suivre dans ses aspirations les plus hautes : être à la fois enfant et artiste. Raphaël nous conduit des Grecs jusqu'à eux. C'est à de tels esprits qu'appartient ce qu'il y a de meilleur dans l'avenir, — parce que c'est à eux qu'appartient ce qu'il y a de meilleur dans le passé. Hellénisme, christianisme, qualités de l'enfant et de l'homme culminent en eux, s'épanouissent en eux, portent en eux leurs fruits, et les Allemands peuvent être iiers que ces grands hommes aient eu un cai*actère essentiellement allemand. Eux aussi suivent, quand ils leurs ressemblent, d'obscurs et profonds instincts populaires.

Qu'est-ce que le mysticisme ? Une àme d'enfant qui interroge l'univers. « Novalis a l'air d'une génisse d, disait quelqu'un en parlant de lui, et il est jjossible que l'extérieur du Christ ait eu quelque chose d'analogue.

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