‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 9 sur 135 · PRÉFACE XI.III · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI.III

Ta empruntée. Avec Frédéric II, cette pensée française épure et intensifie le protestantisme allemand. Puis, dans l'Allemagne morcelée, réduite à l'impuissance, où tous les Etats étaient intéressés à agir contre le tout, lentement un Etat protestant, la Prusse, s'élève au rang de grande puissance. La théorie qui du sceptique Frédéric II tait un « héros du protestantisme », et de la guerre de Sept ans un« guerre de signification religieuse, a été inventée par Hegel. Par là, il est le chef de toute Técole des historiens sycophantes qui ont travaillé à présenter, dans une lumière d'apothéose, l'histoire de la dynastie de proie la plus vulgairement rapace que le monde ait connue.

On alléguera que, pour Hegel, l'ère nouvelle qui s'annonce, c'est-à-dire le v royaume de l'esprit réalisé », est celle, non seulement de Kant, mais de la Révolution française. Un vouloir libre, tout formel, dont le contenu se crée à mesure qu'il touche au réel, c'est là le principe kantien et c'est, non moins, le principe de la Révolution française. Ce principe donne des résultats pratiques dans la Révolution d'aboixl. La raison kantienne légifère pour le vouloir collectif comme pour le vouloir individuel. Mais par lequel commencer? La Révolution fit cette tentative audacieuse de commencer par les vouloirs individuels, par les atomes du vouloir. C'est le vouloir collectif, l'Ancien Régime, que la philosophie révolutionnaire incrimine pour ses privilèges abusifs. Ce gouvernement d'autorité tout catholique, comment eùt-il réalisé l'abolition des abus ? Il a fallu l'effondrement soudain de l'injustice collective, c'est-à-dire

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la |{rvolntioii. In temps, on a |)U croire (jue la pensée oi\t;aniseiail le chaos, coinnie |)ar un admirable anaxaj2:o['isme politique. Tous les vouloirs individuels IVissonnèrenl d'une indicible éniolion l'ationnelle. Après un enthousiasme passager, la corruption reprit le dessus et ne céda même i)as à la Terreur. (Test qu'on ne ])eut pas faire une Révolution sans la llélbrmc reliu;ieuse ni émanciper le droit avant d'avoir afTranchi la conscience. En |)résence de la l'^rance défaillante, il ne reste donc d'espérance que dans l'Allemagne, parce que la philosophie allemande reprend rinleri)rélation a|)profondie de la tradition luthérienne.

Cette philosophie tient la guerre pour une manifestation de la raison, et les héros de la guerre pour ses interprètes. Sur le tard, Hegel se ressouvient donc de son rêve de jeunesse : un Etat allemand sous un seul souverain, commandant à des forces militaires unifiées : toutes les populations allemandes péti'ies en une masse unique par la poigne d'un puissant conquérant, par le « Thésée allemand ». Mais, comme il l'avait écrit autrefois, ce héros de la raison militante se souviendra que l'intelligence est suspecte et ne rencontre que des résistances, si elle n'est pas justifiée par la force :

0 II aura assez de caractère pour oonseulir à supporter la haiue, qu'un Richelieu et d'autres grands houuues ont assumée, (juand ils ont mis en pièces les part iriilari lés et les orii>-in/i/ités des hommes (ii. >

(i) Heubl, D'w Vcrl'assung DeulsclLlands, Werla'. Kd. Lasson, t. vu. p. liô.

PREFACK XLV

Il est difficile d'anticiper par une vision plus prophétique l'œuvre et la personne de Bismarck.

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