XI. 11 I.K l'ANdKlOlA.MSMK l'Il I LOSOIMI IQUK
Ton le cul I me coiisislcra désoriiiais à Iransimier les rormes sociales aucieimes par la j)ci)sée lutliérieniie.
Celle |>ciisée ne eonsiste pas à séculariser la religion, mais à pénétrer d'espril le siècle. Toute l'existence séculière peut contenir du divin. Il n'y a plus de célil)at au-dessus du niaria^^e ; aucune pauvreté monastique qui soit plus sainte <pie l'industrie et le travail humain ; aucune obéissance qui soit- plus sacrée que celle aux lois l'aitcs par la liberté. Le droit, la moralité, le si^ouverneinent, la constitution ne sont que de la reliiçion extériorisée ; mais, dans cette conscience religieuse (jui les édifie, la raison se reconnaîl.
J)ans cette œuvre de libération, les nations latines n'ont-elles donc aucune part? Pour Hegel, elles en ont une très grande ; elles ont créé l'esprit de doute. J)e leur curieuse casuistiiiue morale, de leur pyrrhonisme s'est dégagée la pure pensée abstraite. Ce fut un prodigieux instrumenl. La pensée cartésienne ^leut (pie le monde soit aussi rationnel qu'ellemême. Elle nous a apporté cet alïranchissement qui vient d'une notion nouvelle de la nature. Cette Taison ex,périineiilale, le xvm siècle l'appliquera aux clioses sociales. Le principe de la sécurité de la ,personne, sur lequel est édifié tout le droit civil et polili<{ue, depuis lors semble élémentaire. Il signilie cet inmiense changement : la destinée de l'homme peut être délinie par des propositions dont on peu! se convaincre par raison.
Or, cette pliilosopliie est venue de la France: et la philosophie allemande des lumières, Wlnf/daerii/ii^ ,