Les lois du germanisme pur
Si l'on me demande quels sont les dix commandements et les articles de foi du germanisme pur, je répondrai : les meilleures lois sont toutes des lois non écrites ; s'il fallait les rédiger, elles ne seraient plus vivantes. Dans ce sens, les lois du germanisme pur sont aussi des lois non écrites; mais elles n'en sont que plus profondément gravées dans le cœur et dans la conscience de tout Allemand. Toutefois, si l'on veut avoir une formule courte, qui nous donne une vue d'ensemble, afin de pouvoir déterminer rapidement la ditférence avec l'état antérieur, que ce soit la profession de foi suivante : « Pour atteindre à la sincérité, que chacun trouve son bonheur dans sa joropre croyance; cejjendant, notre vie et notre effort moral doit s'inspirer de la tradition de nos pères. »
Cette profession de foi paraîtra probablement insuffisante à beaucoup. « Elle est trop simple. » dira-t-on, — mais les grands préceptes absolus ne nous ont pas jusqu'ici conduits plus loin. « Elle est troj? imprécise, « — mais toute précision dans le dogme qui veut valoir pour
'2^S I.E PAXdKRMANISMK PHILOSOPHIQUE
tous eni;<'iulro linsincerite cliez l'individu. « l'ille i)roniet jieu, » — soil, mais c'est justemenl ce que nous pouvons tenir, et, dans les affaires de conscience, il ne convient à aucun A-Uemand de promettre davantage.
Und., p. i3i.
^. Uidcai du gervianiswe pur.
Notre peujile a passé au cours de l'iiistoirc pur les conditions d'existence, les dispositions d'esjjHt et les modes les ])lus diverses, et aujourd'hui, chacun dos membres vivants de notre nation entend définir son propre o-ermanismo dans la souveraineté de sa conscience : néanmoins, et cela est remarquable, on obtiendrait une majorité considérable, si Ion faisait une enquête sur cette question : à quelles époques de notre histoire l'esprit allemand vous semble-t-il avoir revêtu son expression la plus pure? Sans doute, il y aui"ait de Ibrtes divergences sur les points de détail, cependant, dans l'ensemble, les voix des hommes comjDétents se rassembleraient autour de quatre grandes éjwques : les grandes invasions, les communes , la Réforme et les guerres libératrices de i8i3-i5. Cet accord, auquel se rallieraient proljablcment les étrangers, montre nettement que, chez tout Allemand, en dépit de l'écart qui j)eut séparer de la normale ses façons de j>enser et de sentir particulières, il y a, présent dans son esprit, un concept idéal du germanisme pur, qui lui a été inculqué par 1 école, sans doute, mais a été jîlus tard confirmé aussi i)ar rex[)érience de la vie, et qui prouve, en tout cas, que le sang de nos itères fait naître on nous un besoin commun, d'ordre intellectuel et moral, une puissante inclination (jui nous i)orte vers cet idéal.
(^et idt'ul qui. jamais réalisé, est l'objet de nos aspira-
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lions continuelles, est donc la seule matière véritable, le seul contenu toujours vivant du germanisme pur dans notre conscience. C'est rim2)ulsion inexprimée, insondable et pourtant toujours efficace, qui fait que nous choisissons ce que nous choisissons, que nous aimons ce que nous aimons, que nous combattons ce qui nous est antipathique. Quand cet instinct sommeille en nous, ou quand il se confond avec le paisible courant de nos habitudes, il est difficile que nous en prenions conscience; mais, lorsque le temps et les circonstances apportent de nouvelles tâches au seuil de notre âme, alors, jdIus ou moins consciemment, c'est à cet idéal que nous demandons le critère dont nous avons besoin pour nos jugements et dans nos sentiments sur ce qui nous paraît naturel ou contre nature, désirable ou exécrable. C'est ici que se révèlent les différences et les limites des caractères nationaux; c'est là le domaine dans lequel chaque peuple doit résoudre, par les moyens qui lui sont propres, les prq- ]:>lèmes qui se posent en commun à l'humanité civilisée.
Ibid., p. i4o-i4i.