Le fond de culture de l'ar-niée uUeinaftde
Je voulais montrer que l'esprit guerrier et la valeur militaire organisée sont un élcment important de la meilleure culture, et, jusqu'ici, je n'ai fait (|u'essayer de démontrer que l'on ne saurait concevoir la personnalité des Ariens et en particulier celle des Allemands, en tant qu'agent et ])roduit de la culture, sans l'existence en elle d'un vil' sentiment de l'honneur. Eh bien, le lecteur attentif va reconnaître maintenant que je ne l'ai pas égaré dans des digressions superflues, mais que. en faisant voir dans le sentiment de l'honneur la clef de voûte de toute culture supérieure, j'ai par là même déûiontré que l'esprit guerrier et la valeur militaire sont un élément indisj^ensable de cette culture. Nous pouvons donc dès lors considérer comme les billevesées de cerveaux malades tous les arguments, — qu'ils proviennent du 0. bon sens » d'un démocrate quelconque, des lul)ies sentimentales d'une Bertlia von Suttner, du christianisme insipide d'un Tolstoï ou enfin de la fac;on de sentir non arienne des Juifs, — par lesquels on veut nous j)crsuader que la guerre et le métier des armes sont une honteuse barbarie. Mais nous comprenons aussi que le sentiment de l'honneur vraiment sain, ([ui reste aussi éloigné de l'hyperesthésie française que de la pachydermie chinoise et qui implique le respect le plus strict du sentiment de l'honneur des autres, doit constituer la ligne de démarcation, séparation nette entre la guerre qui n'est que brutalité sanguinaire et celle qui est une force morale de premier ordre.
De là résultent naturellement toute une série de conséquences. Il n'est nullement à craindre que tout ce que nous devons déduire logiquement de cette distinction rationnelle puisse jamais entrer en conflit avec notre sentiment immédiat. Au contraire : la profonde joie intérieure que tous les Allemands sains d'es'prit éprouvent à sentir dans notre organisation militaire, la meilleure de nos institutions; l'estime et l'aflection dont le soldat jouit chez nous ; la force expansive dont l'exemple de la Prusse a témoigné, sans rencontrer sur ce terrain les résistances ordinaires de l'Allemagne du Sud : tous ces sentiments immédiats, toutes ces forces spontanées ne font que nous montrer une fois de plus que la raison et la pratique de la culture se fondent ici en une pleine harmonie. Une armée de mercenaires ne pourrait ja mais faire naître cette harmonie dans notre conscience de peuple civilisé, car une armée de mercenaires se sent rejetée hors de la respectabilité civile du reste de la nation, et elle n'en devient que plus facilement, dans les mains de celui qui est au pouvoir, un instrument docile pour tous les actes de violence et de cruauté, en un mot pour tout ce qui est opposé à la culture. L'exemple de l'Angleterre montre précisément au monde entier qu'une armée de mercenaires n'est plus compatible avec la conscience cultivée de l'humanité ai'ienne d'aujourd'hui. Et si les Anglais ne savent pas rejeter à temps cette façon de faire la guerre contraire à la culture, et trouver le chemin du sentiment de l'honneur germanique ; s'ils ne j)euvent ou ne" veulent se contenter de la domination mondiale qui peut être acquise et maintenue d'accord avec la conscience plus juste et plus délicate d'une armée nationale, alors ils seront jugés définitivement par la conscience des peuples civilisés, ce qui d'ailleurs ne saurait longtemps tarder. Une armée de milices ne présenterait rien en soi qui put choquer le sentiment de l'honneur et la conscience des peuples civi-
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lises. C'est l'idée favorite de tous ceux qui sont jaloux de la liberté individuelle. La conscience allemande, elle aussi, n'aurait rien à objecter à cette forme de l'organisation militaire : c'est en eflet la forme qu'avaient adoptée nos plus lointains ancêtres pour combattre leurs ennemis ; c'est de cette façon que les Suisses ont jusqu'ici défendu leur pays, et que les Boërs de l'Afrique du Sud ont pu résister si longtemps à des forces colossales. Mais cette forme ne convient qu'aux organismes les plus simples ; les résultats qu'elle donne sont incertains, et le tei'rain qu'elle concède au besoin d'indépendance de l'individu, elle le ravit à l'influence d'une éducation militaire rigide et durable ; or, nous autres Allemands, dans la mesure où nous sentons sainement, nous avons appris à connaître dans cette discipline, non pas un mal, mais un bienfait.
Il reste donc que c'est la Prusse, si souvent regardée de travers à cause de ses éléments slaves, qui a, en organisant la première une armée permanente dont la discipline repose sur le sentiment de l'honneur le plus vif et la discipline la plus rigoureuse, résolu par là même, non seulement i)our les peuples de la rive droite de l'Elbe, mais à vrai direpour tout le peuple allemand, le problème d'une organisation militaire vraiment nationale. Pratiquement capable de combattre et de surmonter tout danger qui peut nous menacer ; s'accordant de la façon la plus harmonieuse avec tous les sentiments, toutes les impulsions guerrières du peuple allemand ; éducation sûre pour former à l'obéissance aussi bien qu'au sentiment de l'honneur ; gardienne de toutes les l'orraes de l'esprit chevaleresque; orgueil qui est le fruit d'une éducation trop solide et trop sérieuse pour dégénérer jamais, autrement que par exception, en vanité ou en fanfaronnade : ainsi édifiée avec les éléments virils du sang allemand, notre armée nationale a réellement une trop haute
valeur en elle-même pour n'être considérée que comme l'écorce et le toit j^rotecteur de notre culture. Non, elle est le noyau, elle est la moelle de cette culture, aussi bien en elle-même que par l'influence qu'elle exerce sur les autres domaines de la culture...
Je fais un si grand cas du fond de culture allemande de notre armée, je suis si loin de considérer cette armée comme un « mal nécessaire » que, pour sauvegarder cet élément de culture, je sacrifierais au besoin d'un coeur léger plus d'une de ces revendications politiques, auxquelles nos démocrates attachent une si grande importance.
Ibid., p. 1222-226.
Li 1 AVK. WOLTMAW