‹ Le pangermanisme philosophiqueChapitre 99 sur 135 · A.NTIIIIOPOLOGIK l'Ol.lTKH'l' DT l'AXf.KI! iM AMSMK · texte numérisé non relu

A.NTIIIIOPOLOGIK l'Ol.lTKH'l' DT l'AXf.KI! iM AMSMK

Ll'ü"svig AVOLTMAXN a été un jnihlicislc socialiste réputé très brillant et à qui ou pronieltail un yrand avcuir. Il n'est plus, croyons-nous, parmi les vivants; ou, s il survit, il serait plus digne de compassion (junn mort. 11 a été longlemjis le collal)orateur dEduard Bernstein aux Dolannonlc des Socialismiis, édités entre i()oi et U)*»). 11 y signait du pseudonyme de Doableyou, qui traduit en anglais l'initiale de son nom .

L'interprétation biologique des faits intellectuels et moraux, mise à la mode par la brusque fortune posthume du système de Nietzsche, n'a pas mancpié de trouver des adhérents parmi les socialistes. (Vavail toujours été l'ellort du socialisme allemand, déjà dans Marx et dans Engels, puis, plus grossièrement, dans l'ouvrage de Bebel sur la Ferruiic, d'établir un lien entre le transformisme biologi<|ue et le matérialisme historique. AVoltmann essaya de pousser ces recherches. Une part essentielle de " l'infrastruelurc » sur laquelle repose la civilisation intellectuelle et morale des hommes est, pour lui, biologique. Il sagil de découvrir un lien entre l'évolution anlhropologi(pie et l'évolution politi(iue des races. Grave problème que \\'oltmann aborda avec des principes empruntés au système de \\'eismann. Rien n'atteste mieux la dégénérescence des méthodes de la recheVche sociale en Allemagne que le succès de ces tentatives dilettantesques. Sans observation précise, avec des afllrmations massivement appuyées sur la fragile théorie weismannienne des plasmas germinatifs, Woltmann prétend aborder les problèmes obscurs de la transmission héréditaire des qualités mentales ou de la sélection des génies.

Son échafaudage de conjectures aboutit à conclure (pie riionnne élance'', hlond, à dolichocéphalie frontale, e'esl-à-

LUI) wie, WOLTMAXX QiDQ

dire la race européenne du Nord, autrciuput dil la race germanique, représente l'élite do l'humaniLé, et que cette race est présente physiologiquement dans tous les peuples supérieurs. Son germanisme est outré, jusqu'à ne pas tolérer le mélange des Allemands avec d'autres Germains. Mais ce sont des types allemands qu'il retrouve dans les hommes supérieurs de tous les peuples voisins de l'Allemagne. Bienfaisant mélange, qui toutefois ne s'est effectué que par la guerre. Ce darwinisme social qui allait jusqu'à préconiser la lutte des races par la guerre pour arriver à une meillevire sélection des hommes et, par elle, à un épanouissement plus complet des civilisations supérieures, n'a nullement fait exclure Woltmann du parti socialiste. On en jugera par l'indulgent compte rendu des Dokumente des Socialis/nus^ juillet igoS.

On sera moins étonné que Friedrich Ratz(4, malgré ses réserves, témoigne de la complaisance aux théories de Woltmann : « Nous ne doutons pas, dit-il. que des recherches purement inductives, connue par exemple celles annoncées par Woltmann dans son Anthropo/ogie politique figoBi qui cherche à déterminer analvtii[uement les origines raciales des promoteurs des grands mouvements dans un peuple, ne soient d'une grande utilité le jour où on les pratiquera avec une absence totale de prévention en faveur de l'une ou de l'autre race. Peut-être ainsi l'historien, appuyé sur des observations précises touchant l'histoire de la Renaissance, pourrat-ilaflirmer avec certitude l'importance décisive d'éléments de race germanique en Italie. " Et l'ethnographe llelmolt ajoutait : Il Cette certitude — bien que je reconnaisse tous les mérites de sa très sérieuse investigation — ne me paraît encore nullement acquise par le beau livre de Woltmann sur les Germains et la Re/K/issutice en Italie ( igoS) ( i). » On va voir, <lans les passages qui suivent, ce que ces savants considérables appellent une « détermination analytique > et une « trè> sérieuse investigation ■ .

I. La lutte pour le droit est une lutte pour le droit du plus fort.

Déjà le troupeau, chez les animaux, possède une sorte d'org-anisation de droit public, reposant sur la division

Il V. Ratzel, Kleine ScJwiflea, ii)jG, t. II, p. ^iß, et la note ajoutée par l'éditeur Helmolt.

a6o l-K l'ANdlCUMANlSME PIIII.OSOI'IIK^)!!',

du travail, la solidarité, et la centralisalioii du pouvoii-. Les excitations de i'intinct et les représentations des sens sont les forces psychologiques qui assignent à chaque membre la ])lace qui lui revient. Dans la lutte intrasociale pour la position i)rivilégiée, pour le commandement, le i)lus fort et le ])lus intelligent sort vainqueur. Le chef a di'oit à des jirivileges sociaux en matière d'alimentation, de satisfaction des besoins sexuels, et de considération; mais en retour il a des devoiis sociaux, tels que bien conduire le trouj)eau et le protéger dans le danger.

Tandis que, chez les animaux, les divisions sociales établies d'après l'instinct sexuel, l'instinct alimentaire et l'instinct de domination, sont liées à des instincts et à des penchants, cette hiérarchie prend avec le développement du langage, de l'intelligence et de la tradition, un caractère [dus intellectuel, de sorte qu'il s'y joint certaines idées sur les droits et les devoirs. Pour la horde des hommes primitifs aussi, nous devons admettre une organisation sociale analogue à celle des animaux. Plus une communauté est primitive, plus aussi la vie de société est réglée par les représentations et les actes qui résultent de l'habitude et de l'imitation. La coutume et la tradition font loi. Des institutions juridiques n'apparaissent pour la première fois sous la forme de Jois écrites, mises ainsi à la portée de tous et obligatoires pour tous, qu'à un degré relativement élevé de culture sociale.

Les constitutions politiques et les législations sont les adaptations sociales d'une race — ada[)tations agencées par son intellectualité — à ses comlitions d'existence et de développement. Elles naissent ou de la lutte de la race avec l'extérieur, ou des rivalités qui s'allument dans ses propres rangs, soit entre les individus, soit entre des groupes particuliers. La lutte pour l'existence devient

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une lutte pour la puissance sociale. Il s'ensuit que la lutte pour le droit, de par son origine et sa signification universelle, est une lutte pour le droit du plus Jort. Le droit du plus puissant est en même temps le droit de la liberté, et la liberté sociale des particuliers ou des groupes et classes augmente en ]>roportion de la puissance plus forte qui leur échoit. La conquête de la situation sociale privilégiée, qui entraîne une prépondérance économique, et alfranchit des travaux et des devoirs vulgaires de l'existence, déclanche et active le développement d'une culture plus haute, qui procède toujours d'individus ou de groupes particuliers d'individus.

Lorsqu'on définit l'homme un animal politique, cela veut dire qu'il est non seulement un animal vivant en communauté, mais encore un animal qui cherche à dominer. La société n'est pas simplement une masse d'individualités que le destin mêle au hasard; bien plutôt, elle est organisée intérieurement, c'est-à-dire que d'un centre ou de plusieurs centres de forces, les activités, isolées ou groupées, sont dirigées vers des buts communs; et il existe des forces supérieures qui ont une importance centralisatrice dépassant celle des individus ou des groupes.

Plus encore que la lutte avec l'extérieur, la concurrence des divers groupes d'hommes entre eux conduit à la formation d'un pouvoir central. Dès que la surpopulation amène une insuffisance des moyens de subsistance, ou que des phénomènes naturels nécessitent des séparations et des émigrations, les divers groupements sociaux se heurtent, et la conséquence naturelle est : hostilité et guerre. La solidarité à l'égard de l'extérieur et la difterenciation à l'intérieur de la communauté croissent sans cesse ; et la lutte exige d'une part une direction plus

■Ayjt I.V. l'ANdKlOIAMSMi: IMl 1 1.( )S() IM 1 1(^)1' K

vigoureuse, une supériorilé iutellcclueilt', il';iutrc pai-l. de la discipline et de la subordination.

La source primitive de la puissance et de l'activité politiques prend naissance dans le cercle de la famille; elle est l'ondée sur l'inégalité physiologique des sexes et des âges. La puissance du mari sur la fenune, celle des parents, en particulier celle du père ou de l'oncle, sur les enfants, sont la forme la plus primitive delà souveraineté ])olilique, qui trouve son expression dans les divers degrés des droits familiaux.

La puissance politique et ses manifestations ont encore une autre source dans la dillérenciation qui se lait à l'intérieur de la race même, dans l'inégalité natuielle des aptitudes physiques, économiques et intellectuelles. La vieillesse, supérieure autant par l'expérience et la pratique que par une dignit(' que lui reconnaît la tiadition, la vigueur et l'adresse corporelles, la sagacité et l'art de la persuasion, élèvent quelques individus ou un groupe d'individus au rang de détenteurs d'une puissance et d'une responsabilité publiques eflectives.

Mais la source la plus importante et la [)lus abondante de la puissance politique est la supériorité guerrière et intellectuelle d'un peuple ou d'une race sur d'autres groupes anthrojiologiques. C'est précisément cette sorte de prépondérance qui est le point de départ des organisations politiques les plus vastes et les plus capables qu'ait j)roduites l'histoire des peuples, et dont elle a fait les champions d'une civilisation qui approche de la perfection.

En conséquence, le droit est une o. politique de la force », pour parler comme Ihering; non pas toujours au sens d'une contrainte brutale, mais dans celui du trioml)he. en dépit des obstacles, d'une puissance souveraine.

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La justice n'est [las autre chose qu'une conciliation sociale des droits, conforme à Timportance relative des forces individuelles qui se manifestent au grand jour et sont universellement reconnues.

Le droit du plus fort n'a pas toujours besoin d'être le droit du plus parfait, pas plus que l'adaptation ne signifie toujours un perfectionnement, qu'il s'agisse du monde organique ou du monde social. Ce n'est que si l'on veut juger le droit du point de vue moral qu'on peut exiger de lui la preuve qu'il est le plus parfait. Aristote se trompe donc lorsqu'il j)rétend que la force semble ne jamais existei* sans la vertu. L'histoire universelle n'est que de façon très restreinte un tribunal de l'humanité, elle ne fait plutôt, ainsi que l'écrit Fr. Rolle, qu'établir « un bilan constamment tenu à jour des succès réels des ditférents partis en concurrence, bilan dans lequel le moralement supérieur ne l'emporte sur l'inférieur que dans la mesui-e où il est plus avantageux ».

Politische Anthi'opologie (Anthropologie politique I, p. i53, i54, 221-223, i55.

2. Conditions biologiques de la transmission des civilisations.

Les institutions sociales, tout comme les œuvres de l'esprit et les produits de la technique, peuvent être transmises d'une race à une autre, ou bien telles quelles, ou, le plus souvent, en un mélange bizarre avec des tendances d'autre nature, et propres à une autre race. Dans le domaine des idées politiques et juridiques on peut aussi, bien que seulement au sens figuré, parler d'une évolution par la propagation et la sélection intellectuelles. C'est ainsi que le droit romain fut adopté et

a64 IK P.VNOr.RMAMSME l'HH.OSOPHIQUE

en partie translbriné par les races germaniques; c'est ainsi que des peuples parlent une langue ou professent une. confession religieuse, œuvre d'une race aujourd'hui éteinte ou qui a (lei)uis longtemps abandonné sa langue

et sa religion , c'est j)Our celte raison qu'il ne faut pas

regarder comme créations originales d'une seule et même race toutes les œuvres intellectuelles, politiques et techniques d'une société....

Le don d'imiter et d'assimiler d'une laçon féconde des éléments de civilisation étrangers, qu'il s'agisse d'institutions sociales, qu'il s'agisse d'idées, ou d'œuvres techniques, est lié nécessairement aux qualités et aux dons innés d'une race, notamment quand il faut qu'elle élabore ces idées étrangères et leur donne une forme nouvelle, en harmonie avec son propre génie. L'emprunt intellectuel peut alors activer le développement d'une race sans altérer sa nature intime, et l'amener à un épanouissement que seule et par ses propres moyens, peutêtre aussi parce qu'elle était mal servie par des circonstances extérieures et par les conjonctures historiques défavoi'ables, elle n'aurait jamais atteint.

Particulièrement favorable est l'action de cette contamination psychologique, lorsque les idées, les œuvi-es et les institutions transmises proviennent de races proches parentes. Rapidement et spontanément les races germaniques s'approprièrent la culture grecque et romaine, par contre, elles ne s'assimilèrent celle des Juifs que sous sa forme hellénisée, et aujoui'd'hui encore on constate des antipathies germaniques à l'égard de l'esj^rit sémitique de l'Ancien Testament.

Klemm et Gobineau ont émis cette idée, que la transmission d'une civilisation supérieure à des races inférieures n'est possible que par un mélange de sang, dans lequel des éléments de la race la mieux douée fusionnent

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avec ceux des races moins bien douées. Le simple contact économique et psychologique ne suffit pas pour produire des transformations intellectuelles durables, a La puissance des idées se brise contre les bornes organiques des facultés naturelles. » Le contact économique extérieur et la transmission psychologique de la civilisation peuvent, chez des races moins bien douées, ne faire que masquer superficiellement la grossièreté barbare, si bien que les coutumes et les idées des peuples civilisés dégénèrent fréquemment chez les races inférieures en caricature.

Ibid., p. i5;;-i58.

3. Distinction entre les races passives et les races actives.

Les recherches de Klemm sur les usages et les coutumes, les monuments et les œuvres d'art, les institutions et l'histoire des différentes nations, l'ont amené à conclure que tout le genre humain se divise en races actives et races passives. Chez les premières prédominent « l'aspiration de la volonté à la domination, à l'autonomie et à la liberté; l'activité et la persévérance, l'élan vers la conquête des horizons lointains, le progrès sous toutes ses formes; mais aussi le penchant à l'observation et à la critique, à l'esprit d'insoumission et de doute ». Ceci se manifeste clairement dans l'histoire des nations que forment les hommes actifs : les Perses, les Arabes, les Grecs, les Romains et les Germains. Ces peuples immigrent ou émigreni, renversent tous les royaumes solidement établis, en fondent de nouveaux, sont des navigateurs audacieux; ils ont une constitution libre, qui a pour condition le progrès continu; la théocratie et la tyrannie n'y prospèrent point, bien que ces nations soient ouvertes au sublime et lui consacrent leurs forces.

a66 I.V. p.vn<;khmamsmk piiii.osopiiiquk

Last'ience, lotuile, la foi remplacent la croyance aveug^le; c'est chez elles que pr«)S])èrenl les sciences et les arts, et ce sont ces nations qui ont accompli toutes les grandes choses. L'esprit de ces nations est toujours en mouvement, tour à tour montant ou descendant, mais toujours sellorçant de l'avant. Leur patrie est la zone tempérée, d'où ils sont partis pour conquérir et dominer toutes les autres régions. Leurs colonies s'étendent aux Indes Orientales comme en Améi'ique, au (^ap comme dans les terres de la Mer polaire et à l'Equateur. Ils ont parcouru la terre en toutes ses parties et jusques à ses pôles; ils ont supporté tous les climats, rapporté dans leur patrie des trésors de tous [es pays. Les races passives, c'est-àdire toutes les races autres que la caucasique, se contentent des premiers résultats de l'observation et des découvertes; elles demeurent volontiers dans leur domaine, sans aucun désir d'explorer les régions lointaines. La stabilité est la loi de leur vie ; aucune forme libre et personnelle ne se développe dans leurs arts, leurs institutions publiques et privées. La race active est la moins nombreuse" et c'est celle qui apparaît le plus tard. Les races actives prennent la suite de la civilisation que commencèrent de créer les peuples passifs et elles en assument le dévelojjpement. D'ordinaire elles laissent le travail agricole proprement dit aux races passives qu'elles trouvent à leur arrivée dans le pays, tandis que, pour leur part, elles se réservent les occupations intellectuelles. Les peuples actifs sont guerriers, artistes, navigateurs ou commerçants.

Ibid., ]). •2-2'S--2'H) .

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4. Une race énergique sait se procurer le milieu quil lui faut.

Les vallées fertiles des grands fleuves, les eûtes propres à la navigation, la lieliesse du sol en minéraux, surtout en bronze, fer et houille, sont des conditions indispensables au développement d'une culture supérieure. Mais pour trouver ces ressources et les exploiter judicieusement, il faut de Vénergie et de l'intelligence, qualités réparties fort inég^alement j)ar la nature entre les races. Une race énergique, intelligente et animée de la volonté de progresser, cherche à s'assurer de ces moyens, et conquiert les pays qui sont nécessaires à son développement. Un coup d'oil jeté sur l'histoire des races montre suffisamment que les races d'élite se sont procuré j)ar des migrations et des conquêtes les conditions naturelles extérieures nécessaires à l'épanouissement de leurs penchants innés et de leur mission, lorsque ces conditions ne se trouvaient pas réalisées dans leur habitat primitif. Adelung remarque que, par exemple, les Goths, durant des siècles, importunèrent de leur bravoure farouche tous leurs voisins de la mer Noire et de la Caspienne, cherchant toujours à pénétrer dans des pays plus fertiles. Toute l'histoire de la migration des races humaines, dont ce qu'on appelle ordinairement « la migration des peuples » n'est, si important soit- il, qu'un épisode, prouve que la recherche et la conquête de territoires à leur convenance est un des procédés d'expansion naturels aux peuples anthropologiquement bien armés.

Ibid., p. q4^"249-

aGS LE PANOERMANISME PHILOSOPIIIQl'E

"). Des caiiftes de la disparition des races.

Clioz une iialion proliliquc, les vides produits par lu guerre pe^vent être facilement compensés, en ce qui concerne la quantité, par la reproduction physiolog'ique. Feuvenl-ils létre également sous le rapport de la([ualité? Cela dépend des classes de la population (pii ont eu surtout à verser leur sang. Chez une nation aussi petite que les Grecs, toutes les guerres et les révolutions, à la suite desquelles souvent les adversaires vaincus étaient condamnés à la peine de mort ou réduits en esclavage, devaient infailliblement à la longue concourir non seulement à la diminution, mais encore à la déchéance qualitative de la race...

Les expéditions sanglantes de Charlemagne ont décimé fortement les Saxons, la race la plus brave et la plus noble parmi les Allemands, alors qu'une grande partie d'entre eux avaient déjà passé en Angleterre, et y avaient implanté la souche féconde d'où devait sortir le peuple anglais. En l'an 782, il fit exécuter en un jour 4*^oo Saxons; un nombre plus considérable fut emmené en ca[)tivité ou transplanté ailleurs. Il en périt des milliers à la bataille de Detmohl, tout autant sur les bords de la Ilaase. Les Saxons ne cessaient de se rebeller, dans leur incoercible besoin de liberté et d'indé[)endance. Charlemagne continua à faire des ravages dans leurs rangs; et systématiquement il extermina les plus braves et les meilleurs, si bien que les Saxons, abstraction faite de leurs expéditions à l'est de l'Elbe contre les Slaves, n'ont plus jamais joué de rôle politique important dans l'histoire de l'Allemagne. « Avec la disparition des Saxons, va jusqu'à déplorer un écrivain moderne, s'est

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perdu pour toujours en Allemagne l'esprit de liberté et d'indépendance (i). »

Des peuples en soi vigoureux et bien armés pour la vie périssent si, au cours de leurs conquêtes et de leurs migrations, ils arrivent dans des régions où le climat leur est pernicieux. Marins anéantit les Gimbres et les Teutons. « Les Romains eurent pour alliés la chaleur et le soleil que les Cimbres recevaient dans les yeux, rapporte Plutarque. Forts comme le fer là où il s'agissait de supliorter la gelée, ayant grandi dans des régions boisées et froides, ils succombèrent à la chaleur. Ils haletaient, la sueur ruisselait de leur corps; j^our se protéger ils tenaient leur bouclier devant leur visage. » Dans le nord de l'Afrique c'est à peine si l'on trouve encore des traces des Vandales, tandis qu'en Espagne les Visigoths ont laissé les dernières gouttes de leur sang dans une cinquantaine de familles environ et dans quelques cantons montagneux du pays. Dans l'Italie septentrionale les conditions d'adaptation étaient meilleures; ainsi que le démontre Czörnig, la race des Longobards immigrés, par exemple, ne s'est pas perdue; ils sont au contraire demeurés les maîtres, et c'est d'eux que descendent la j)lus grande partie de la noblesse de l'Italie septentrionale et nombre (le familles patriciennes (2).

L'exemple de la Grèce nous montre comment des guerres civiles et des révolutions intestines déciment une race. Il y a encore un autre mode politique d'extirpation des individus qui opère sans bruit, mais sûrement, et ne joue pas un moins grand rôle dans la vie des j)euples, surtout aux époques où une couche de la société, opprimée mais douée, s'elforce d'arriver à la liberté politique, et où les classes et les dynasties régnantes poursuivent

(i) J. G. VoGT, Die EiUstchung der Welt, 1901, p. 977. (2) Von Czörnig, Die Völker Oberitaliens, i885. .

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par tous les moyens de la tyrannie le « noble n'iliier politique » et le réduisent aux abois. L'iiistoire îles Klats modernes n'est pas sans olIVirdes exemples classiques de ee procédé de sélection à rebours. Actuellement nous voyons en Turquie et en Russie ce spectacle cruel du sanj,' des classes les mieux douées j)rodigué pour l'idole de l'autocratie. L'exil, l'c'Uiii'Tation voloutai rc ou l'orcée, remprisonnemenl, la mise hors la loi, les couliscations, les exécutions, voilà les moyens dune sélection polititiuc à rebours, par laquelle ou dt'-cime une race et extermine son élile.

Ihid., p. l^()--•J();(.

(). Les conditions raciales du dé^'e/oppeinent intellectuel.

L'organisation physique d'une race est le support visible de ses facultés intellectuelles el morales. Les raj)ports de l'àme et du corps sont 1res compliqués et liés aux fonctions de tottH'organisme. Si, d'une part, c'est lu taille el la forme du corps ainsi que la proportion harmonieuse des membres, c'est, dautre part, la prééminence de la tête sur le corps et du crâne sur la face qui attestent les dons intellectuels suj)érieurs. Mais le crâne n'est que le vase précieux qui renferme en soi l'ortfane. plus précieux encore, dont dépend tout ce qu'accomplissrnl les races, les familles et les individus ainsi que leurs descendants : cet organe, c'est le cerveau humain, que Reil appelle «. l'el'llorescence su[)rème de la création » et v la matrice de l'histoire ».

C'est un fait, qu'aux divers degrés d(? la hiérarchie ascendante dans la capacité intellectuelle des races, nègres, Indiens, Mongols, Méditerranéens, Européens scptenli'ionaux, correspond une diminution parallèle de

LUDWIG WOLTMAXX 2JI

la matière pig-mentaire, et que, parmi les Caucasiens, la race la plus claire est en même temps la mieux douce et la plus noble. Selon les plus grandes probabilités, cette race d'hommes a acquis, à l'époque glaciaire, dans les contrées septentrionales et sous l'influence de durs efforts nécessités par la lutte pour la vie, une diminution de la matière pigmentaire ; et ce changement organique alla de j)air avec un perfectionnement dans loi'ganisation du corps et de l'esprit, si bien que la coloration plus claire est une marque indirecte et corrélative de supériorité ' intellectuelle.

La race de l'Europe septentrionale est caractérisée par Li l'orme allongée du crâne. On a voulu y voir un signe de capacité suj)érieure. Par contre, on a remarqué que lis nègres et les Australiens ont un crâne nettement allongé et ne manifestent nullement une intelligence extraordinaire. Toutefois, ces races ne présentent un caractère dolichocé^ihale qu'à la partie postérieure de la tète, tandis que le Germain a en même temps un front élevé et large, aux bords orbitaires très proéminents. Il est, comme dit Gratiolet, V ho mo frontalis proprement dit. Le crâne germanique se distingue du crâne nègre par un plus grand volume, par le nez long et mince, par l'orthognathisme et le menton saillant, signes morphologiques d'une organisation psycho-physique sujiérieure.

De considérations purement morjîhologiques et physiologiques, on arrive à conclure légitimement que l'homme de haute taille, au crâne développé, à dolichocéphalie frontale et de pigmentation claire, bref la race nord-européenna, représente le type le plus parfait du genre humain, et le plus haut produit de l'évolution organique.

Î2J2 l/K PANC.EllMANISME IMIILOSOPIIKJI'E

Un croiseiiiont pliysiulogique des races n'est un facteur de progrès durable et vrai que s'il s'agit de deux races parentes ou d'égale valeur. Le degré de culture que le hasard de conjonctures historiques leur a fait atteindre n'est pas déterminant en cette matière, mais seulement l'égalité au point de vue anthr()])ologique. C'est ainsi que les Germains et les Romains se sentirent réciproquement d'égale valeur, puisque des princes et des {)rincesses de Rome n'hésitèrent pas à entrer par le mariage dans des familles dynastiques germaniques...

A partir du m*' siècle, ainsi que Gibbon, le premier, le fit remarquer dans son Histoire de la décadence de VEmpire romain, par suite de l'immigration germanique, une transformation physiologique commence dans le peuple italien. L'accroissement de la population augmenta, la taille réglementaire s'éleva, les mœurs et les idées changèrent. « La taille des hommes, écrit Gibbon, se rapetissait toujours plus; en fait, le monde romain était peuplé d'une génération de nains; c'est à ce moment que les Barbares géants du Nord firent irruption et améliorèrent <e peuple de pygmées. Ce furent eux qui rétablirent l'esprit viril de la liberté, et au bout de dix siècles la liberté devint l'heureuse mère du goût et des sciences. »

Ibid., p. 249, 25i, 253, 254, 262.

y. Le pangermanisme est des maintenant réalise au point de vue de la race.

Plus les races sont actives, sui^érieurement et également douées, plus la concurrence vitale qui se déchaîne entre elles est violente et féconde. C'est une loi biologique que les races dont la parenté est la plus proclie, et qui luttent pour les mêmes moyens d'existence et de développement, ont à soutenir, l'une contre l'autre, la lutte

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pour la vie la plus violente. Les événements les plus lourds de conséquences dans l'histoire de l'aristocratie du monde et de la civilisation mondiale sont nés de l'antagonisme et de la lutte entre les races et les héros germaniques. La papauté et l'Emj^ire sont tous deux des institutions germaniques, des instruments de domination destinés à asservir le monde. La race germanique est appelée à étreindre la terre de sa domination, à exploiter les trésors de la nature et les forces physiques de l'homme, à faire des races jîassives de simples organes subalternes de l'évolution de sa culture. Il s'est trouvé des politiciens sentimentaux pour rêver d'une alliance de toutes les races germaniques. Cependant, le pangermanisme est un fait accompli historiquement, et l'on se demande, avec étonnement, contre qui cette alliance doit être dirigée. Car le Germain est l'ennemi le jilus grand et le plus dangereux du Germain. Extirper du monde cette inimitié reviendrait à supprimer les conditions fondamentales du développement de la civilisation; ce sei*ait un puéril essai d'opposer des rêves chimériques aux lois de la nature.

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