‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 30 sur 139 · Lldée de V équilibre européen est une idée fausse · texte numérisé non relu

Lldée de V équilibre européen est une idée fausse

Toutrs les giirrres, quoll<» ifuen lût l'origiDe, il a fallu qu'elles vinsseut se dérouler sur le sol allemand et faire couler le sang allemand ; toutes les fois que l'équilibre européen a été troublé, il a fallu que son rétablissement se lit aux dépens de la nation la moins responsable de cet état de choses, et les États allemands, dont le morcellement et le particularisme étaient déjà un défi à la nature et à la raison, ont dû, pour être au moins quelque chose, servir d'appoint aux États qui pesaient plus lourd dans la balance européenne, dont ils suivirent les oscillations avec une aveugle passivité...

... Telles sont 1 origine véritable et la signification, tel est le résultat, pour rAUemagne et i)our le monde, de la doctrine tristement célèbre d'un équilibre nécessaire, à conserver entre les Etats d'Europe. Si l'Europe chrétienne était i»estée unie, comme elle h» devait, et comme elle l'était à l'origine, on n'aurait jamais eu à imaginer une pareille idée... Cette idée n'a de sens que pour une Europe devenue injuste et divisée. L'Allemagne n'apjiartenait pas à cette Europe injuste et divisée. Si du moins elle était demeurée unie, elle aurait subsisté par elle-même, au centre du monde civilisé, comme le soleil au centre de l'univers. Elle serait restée en i)aix, elh» aurait conservé la paix à ses 2)lus proches voisins ; et sans avoir à recourir à aucun artifice, du fait seul de son existence naturelle, elle aurait donné à toute l'Europe l'équilibre... Comprenous bien que l'idée d'un équilibre artificiel pouvait être pour l'étranger un rêve consolant au milieu des fautes et des maux qui l'accablaient, mais que ce produit étranger n'aurait jamais dfi prendre racine dans un esprit allemand, et que les Allemands n'auraient jamais dû toml>er

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-dans un état tel que cette idée pût prendre racine en eux ; pénétrons-nous bien de l'inanité de cette* idée, et reconnaissons que le salut général ne saurait venir de cet équilibre, mais viendra uniquement de 1 unité des Allemands entre eux.

De même, l'idée, tant prônée actuellement, de la liberté des mers, est étrangère aux Allemands, qu'il s'agisse de cette liberté même, ou du i^ouvoir d'en priver les autres nations. Pendant des siècles, à l'époque où toutes les nations rivalisaient entre elles, les Allemands ont montré peu de pro[)ension à faire un large usage de cette liberté. 11 en sera toujours ainsi. L'Allemand n'a pas besoin de la liberté des mers. Son pays est assez riche, son labeur assez diligent pour lui i)rocurer tout ce dont l'homme civilisé a besoin pour vivre... Ah î jdût au Ciel que le destin fortuné des Allemands les eût préservés d'avoir une part indirecte de la dépouille des autres continents, comme il les a préservés d'y i)rendre une part directe ! Plût au Ciel que ta crédulité et le désir de mener la vie raffinée et aristocratique des autrc^s peuxîles n'eussent [)as créé en nous le besoin de ces denrées suj^erflues que produisent les pays exotiques ! Plût au Ciel que, pour les denrées plus nécessaires, nous eussions payé des prix raisonnables à nosilibres concitoyen s, 'plutôt que de vouloir tirer prolit de* la sueur et du sang d'un pauvre esclave au delà des mers ! Nous aurions au moins évité de donner un prétexte au sort qui a été le nôtre, et l'on n'aurait pas ce motif de nous faire la guerre que nous sommes des acheteurs, cette raison de nous ruiner que nous constituons un marché. 11 y a près de dix ans, avant que personne pût prévoir ce qui est arrivé j^ar la suite, on a conseillé aux Allemands de s'affranchir du commerce mondial et de devenir un État commercialement fermé. Cette i)roposition heurtait nos habitudes et surtout notre amour idolâtre du métal monnayé; elle fut attaquée passionnément, et

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repoussét». Depuis lors nous appreiious, dans le déshonlu'ur et sous la contrainte étranpfère, à renoncer, et au delà, à ce dont alors nous assurions ne pouvoir nous passer, même librement, et jjour notre plus grand honneur. Puissions-nous saisir cette occasion, alors qu'au moins nous ne sommes ])lus circonvenus parle plaisir des sens, pour rectifier à jamais nos idées ! Puissions-nous comprendre enlin que tout<*s ces théories tromj)euses sur l'industrie mondiale peuvent convenir aux peuples étranj2^ers et font i)artie des armes avec lesquelles ils nous ont toujouis combattus, mais (ju'elles ne sont pas à l'usage des AUemands, oi que, après l'unité allemande, c'est notre autonomie et notre indépendance commerciales qui sont notre second moyen de salut, et, par noti'e salut, l'instrument du salut de l'Europe.

Discours à la Nation allemande. Ibid.,^. ^6^-^6'j.

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