‹ Le Pangermanisme philosophique (1800 à 1914) [microform]Chapitre 77 sur 139 · II. L'Allemagne du Nord · texte numérisé non relu

II. L'Allemagne du Nord

Le Bas- Allemand est avant tout paysan, et la Prusse est, au fond, comme tous les vrais Etats militaires, un Etat agricole. C'est une colonie allemande sur territoire slave. l..a colonisation administrative est presque terminée, mais, au point de vue intellectuel, elle est encore bien loin de l'être. La Prusse ne fera que rester fidèle à sa mission première si elle continue, sur un autre terrain, l'œuvre commencée antérieurement. En vrais vieux Souabes, les HohenzoUern ont eu en mains Féteiidard de l'Empire bien avant qu'on s'en doutât ou qu'on y prît garde. Ils l'ont planté sur le terrain de la Basse- Allemagne, et tout d'abord dans la Vieille-Marche. Ceci est déjà une œuvre de colonisation, bien qu'encore à l'intérieur du peuple allemand et sur territoire allemand. Plus tard, ils s'avancèrent lentement sur le territoire slave, lithuanien, etc. Us défendirent la Marche et la moelle \die Mark und das Mark) de l'Empire, et c'est ainsi qu'ils devinrent les gardiens de son honneur. C'est de l'Allemagne, et presque exclusivement de l'Allemagne du Nord-Ouest que, depuis longtemps déjà, la Prusse tire ses forces créatrices pour l'Etat et pour la guerre, aussi bien que ses forces éducatrices pour les arts et les

sciences. Le vieux prince d'Anhalt-Dessau, Ferdinand de IJrunswick, Bernstorf, Scharnhorst, Stein, Hardenberg, Xiebuhr, Bûlow, Moltke, et tant d'autres, n'ont pas orandi sur le sol prussien, mais y ont été importés. L'histoire sait ce qu'ils ont accompli. Kant est d'origine écossaise, et Herder, à en juger par son nom, d'origine hollandaise ; le grand-père de Schopenhauer a émigré de Hollande à Dantzig. Ces trois hommes sont ainsi de ces émigrés bas-allemands qui, par mer, s'en vinrent directement en Prusse. Ce sont des esprits colonisateurs. Ils ont servi la vocation de la Prusse en tant que colonie allemande i)ar excellence ; leur œuvre a été constructive, dans la guerre comme dans la paix. C'étaient, en grand, des natures de paysans sensés et i)rompts à se battre. Colonus signifie paysan; ce n'est qu'avec une nature de paysan qu'on peut coloniser. Cela se voit dans l'antiquité comme dans les temps modernes. Les vieux Germains, au centre comme au nord de l'Europe, étaient, au peint de vue politique, un peuple sociable, dont les mœurs étaient celles de vrais paysans. On trouve encore de tels Allemands dans l'Afrique du Sud. Lorsque Bismarck causa avec le Président de la République des Boërs dans le dialecte qui leur était commun à tous deux, le plattdeiitfich, ils reconnurent entre eux non seulement la parenté de l'esprit, mais celle du sang. Bien que les circonstances extérieures imposent une mesure toute différente pour juger ces deux Etats, il n'en reste pas moins (jne Boërs et Prussiens, ces deux rameaux d'un même tronc, sont frères en politique, frères égaux entre eux «lans les mœurs. On ne conclut d'alliance durable qu'avec ses semblables, et la Prusse devrait s'allier encore jdus étroitement avec cet esprit de paysans et de Boërs. Elle ilevrait, autant que j)ossible, leur emprunter des forces inlellectuelles créatrices.

Autrefois, dans le domaine intellectuel, la noblesse

■ Il

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