‹ Le pangermanisme, ses plans d'expansion allemande dans le mondeChapitre 19 sur 41 · INFILTRATION AU CHILI · texte numérisé non relu

INFILTRATION AU CHILI

Projets sur les Républiques américaines du Sud. — Voici le professeur Johannes Unold, de Munich, qui gourmande sa nation, insulte le Reichslag, rabroue les hauts fonctionnaires, comme il régente sa classe à l'École commerciale. A tous, au peuple, au Parlement, aux gouvernants, il reproche leur mollesse. Il revient d'Argentine, du Paraguay, de ce Chili (jui s'enorgueillit de s'appeler « la Prusse de l'Amérique du Sud ». Il y a trouvé en foule les traces du germanisme. Malheur à un pays, quand un professeur allemand peut prouver que des Allemands y ont passé, fût-ce dans les siècles écoulés! La cupidité allemande ne le liichera plus. Un grand commerçant d'Augsbourg, de la famille des Welser, avait reçu en fief, de Charles-Quint, le Venezuela; et pourtant le Venezuela n'est plus allemand! Le jeune Barthélémy Welser fut décapité dans la plaine de Tocuyo, en 1546, par un chef de bandes espagnol. Honte et dérision, ce jeune Augsbourgeois n'est pas encore vengé. Les Fugger d'Augsbourg avaient eu des chartes qui leur concédaient les pays au nord du détroit de Magellan. Dérision et honte, car cette charte est aujourd'hui un « chiffon de papier » ! Un lansquenet allemand, Ulrich Schmidel, a contribué à fonder Buenos-Ayres et Assuncion de Paraguay. Tristesse : ni le Paraguay ni l'Argentine n'appartiennent, même partiellement, jusqu'ici à l'Allemagne! Au Chili, bien qu'en 1541 Blum, dit Florès, ait bâti le premier moulin à vent de Santiago, et que Valdivia s'appelle « la petite Allemagne », les Allemands ne sont pas encore les maîtres. Ils n'y sont que « sympathiques » et nombreux. Faiblesse que cela; il s'agit d'éliminer en hâte l'influence yankee, l'influence anglaise, enfin l'influence heureusement déjà déclinante des Français qui sombrent, comme c'est leur habitude, dans la corruption générale :

« Les Allemands, par leurs aptitudes et leur travail, seraient désignés pour être les éducateurs et les chefs intellectuels, économiques et politiques de ces peuples (de l'Amérique espagnole et portugaise). Si les Allemands ne réussissent pas dans

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celle mission, ces pays tôt ou tard, à la suite de leur faillite politique ou financière, tomberont sous l'exploitation el sous la domination des États-Unis » (1).

Que faut-il donc, cuire une main-mise permanente par les Univei*sités allemandes, la langue el les mœurs allemandes sur les jeunes générations qui naîtront des colons allemands déjà installés? La règle est toujours la même: « organiser rémigration. » C'est à l'Empire allemand à la diriger. Le pangermanisme continental veut coloniser les marches de l'empire, Lorraine, Belgique, Pologne, Hongrie, pays balkaniques. Le pangermanisme colonial prétend envahir le Nouveau Monde.

e II faut savoir porter en ligne de compte le profil idéal qui consiste à collaborer à la grande tâche humaine de coloniser la terre et de faire rayonner la civilisation. Ne serions-nous pas en état de comprendre et de déplorer l'immense perte qu'il y aurait pour le développement de l'humanité, si une race civilisée aussi éminente (que l'allemande) limitait artificiellement, par des vices et des ruses, son accroissement? »

Alfred Funke a jeté son dévolu plutôt sur le Brésil, el on particulier sur le Rio Grande do Sul, où les Allemands ont une écrasante majorité (2). Il leur conseille de s'emparer do l'influence politique.

< Le Gouvernement a su, par toutes sortes d'expédients électoraux, frustrer les Allemands de l'inlluence politique qu'ils doivent avoir sans conleste, eu égard t'i leur nombre. Il est rare qu'on trouve un nom allemand sur les listes (Meiloraies. Leur nombre pourtant leur donne inconlcslahleiueiit le droit d'y 6|^eret de faire représenter par des nationaux allemands, au Parlement et au Sénat, leur volonté et leurs vœux > (3).

C'est comme si les Allemands installés en France et naluniKflés (avec ou sans 1a bénéfîco de la loi DelbrUck, qui leur permet de conserver la nationalité allemande malgré leur

(I) J. Vtmtn.' Dot Dtuttfhtum in Cliile, iK{)9, p. &î, 0.V

(t) AtyiiBO FuNKK. Die lietiedlung dti iitUichen SM'Ameriltn, mit

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