‹ Le pangermanisme, ses plans d'expansion allemande dans le mondeChapitre 7 sur 41 · L'UNION DOUANIÈRE DE L'EUROPE CENTRALE · texte numérisé non relu

L'UNION DOUANIÈRE DE L'EUROPE CENTRALE

blême. Il feint d'oublier le vieil axiome de Friedrich List qui affirme, comme une vérité d'expérience, que V Union commerciale et VUnion politique sont jumelles et que « l'une ne peut naître sans l'autre. » Il ne se souvient plus, en apparence, que les États joints par un Zollverein contractent aisément des conventions militaires. Entre l'Allemagne, l'Aulriche et l'Italie la convention militaire avait précédé l'Union douanière projetée. Mais si l'on fascinait les États Scandinaves, la Belgique, la Hollande, par la splendeur commerciale de l'Allemagne, jusqu'à les faire entrer dans la Triple-Alliance, les conventions militaires avec ces puissances larderaient-elles? L'histoire du Zollverein allemand est là pour répondre. Une organisation militaire et commerciale de l'Europe, sur l'initiative, c'est-à-dire sous l'hégémonie allemande, tel était le « nouveau système européen », préparé dès l'origine par le Neuer Kurs. Et ce qui est sûr, c'est que ni la Serbie ni la Bulgarie ni aucun État balkanique ne devait rester en dehors de son rayon d'influence. Mais la France aurait-elle pu, à la longue, se dérober à une attraction économiquement et militairement si puissante? On en vient à penser que l'Allemagne songeait à la prendre d'abord par persuasion, avant d'en venir à une pression plus énergique, si l'on se reporte à une ancienne offre de Bismarck.

Bismarck avait songé à comprendre la France dans rUnion douanière austro-allemande. — Il suffit, pour s'en rendre compte, de se reporter au recueil anonyme, mais officieux, qui s'intitule : Bismarck : Zwolf Jahre deutscher Polilik (1871-85) paru en 1884, et qui relate une conversation fameuse de Bismarck avec le comte de Saint- Vallier, ambassadeur de France. Le chancelier, s'abandonnant ce jour-là, avoua que la politique d'entente avec la Russie, traditionnelle en Prusse, et qu'il avait suivie lui-même, ne le laissait pas sans mélancolie. C'est à cause du danger sur le Rhin que les États allemands avaient dû chercher à se couvrir du côté russe et « s'asservir à la politique moscovite ».

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