III. LE PANSEMENT A PLAT
Le pansement à plat de l’articulation ouverte vec immobilisation du membre nous ramène directement à notre sujet.
Tous les auteurs sont d’accord pour en faire le procédé de sécurité dans tous les mauvais cas.
L’expérience de la dernière guerre est comme toujours à retenir :
« Lorsque le squelette est rompu, la synoviale déchirée, les zones cellulaires périarticulaires ouvertes, on pratiquait généralement le débridement, l’excision, l’exploration intra-articulaire, l’immobilisation parfaite, le pansement rare. » (Moure.)
Citons à ce propos un partisan de la suture qu’on ne saurait donc accuser de chérir le pansement à plat. MOT Pa « Si, d’emblée, ou par excision, la perte de substance des parties molles est très importante, s’il y. a des grands décollements, si les légions osseuses ont nécessité une résection typique ou atypique, et surtout si (même chez un blessé porteur de lésions peu graves par elles-mêmes) on n’a pu intervenir tardivement, alors qu’il y a de l’hyperthermie, et des signes d'infection locale, je suis d’avis, moi
aussi, et comme tous les chirurgiens je pense, que
faire une suture primitive serait une faute grave, et que ce qu’il faut avant tout, c’est assurer le drainage large et complet de la cavité articulaire et des tissus environnants. »
Nous souscrivons pleinement à cette phrase de Basset, d'autant plus que l’immobilisation stricte et les pansements rares et soigneux parviendront peutêtre à éviter l’infection. :
N'oublions pas cependant que la majorité des auteurs la considèrent comme inévitable dans une articulation ouverte, et devant fatalement aboutir à l’ankylose.
Marquis rappelle qu’il a vu dans les plaies articulaires non suturées de la bataille de Montdidier, en 1918, et chez les blessés allemands de Strasbourg,
des suppurations profuses. Par contre, sur une série
= fermer primitivement 29, Toutes ont guéri par pre-
coque anaerobies a obligé à une désunion.
Il faut remarquer, avec Moure, à ce propos que : « désunir une plaie inconsidérément suturée n’est e pas toujours suffisant pour arrêter l’infection enva- hissante ».
Sorrel, de même, nrdere que « c’est de la première intervention que dépend l’heureuse évolution e-# dé la plaie ». Avec la suture, il y a peu à gagner dans les meilleurs cas et beaucoup à perdre dans les autres.
Il est d’ailleurs très intéressant de suivre lopi- nion de Sorrel quant au danger d'infection dans les articulations ouvertes, et à la menace d’ankylose
consécutive. « Il est fréquent, nous dit-il, de voir un genou, pour s’en tenir à cet exemple, largement ouvert et drainé pendant quelques temps, retrouver par la suite des mouvements fort étendus, à condition qu’on l'ait strictement immobilisé, qu’on ait fait des pansements rares et qu’on se soit abstenu de la déplorable et incompréhensible pratique qu’est la mobilisation précoce. »
Outre les malades de sa pratique personnelle, l’auteur rappelle les deux blessés de Querneau, rap-
de 36 plaies de diverses articulations, il a pu en
__ mière intention, sauf une où l'association strepto-
ages
tats :
« Lorsqu'une articulation est infectée, le Dee
moyen de lui conserver ses mouvements est de la drainer largement, est de l’immobiliser rigoureuse-
ment, car l’ankylose ne se produit guère que lorsqu’une infection d'emblée très violente, ou longtemps prolongée, a déterminé la disparition des cartilages de recouvrement. »
Retenons donc la possibilité d’une récupération fonctionnelle, même dans ces cas où la synoviale doit rester ouverte, même chez des malades infectés; retenons l’importance pour l'obtenir d’utiliser des pansements rares et « une immobilisation stricte dans un appareil plâtré ». di
Nous ne croyons pas cependant devoir suivre Sorrel dans cette conclusion trop absolue que « il faut laisser ouverte une plaie articulaire accidentelle ». À
Quelque soit la vertu que nous accordons au pansement plâtré, nous ne croyons pas devoir renoncer systématiquement à la fermeture de la synoviale.