‹ Le panslavisme et l'intérêt françaisChapitre 21 sur 67 · Ceci est une erreur · texte numérisé non relu

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russe a regu ce don de Dieu qu'il peut traverser toute TEurope en parlant sa langue : je ne rappellerai point ici les pays polonais, prussienSy tch^ues, moraves, hongroiSy valaqueSy slovaques, kachoubes, illyriens. »

Kopievitch va beaucoup trop loin : les troi^s peuples dont j'ai soulign6 les noms n'entendent point le russe et ne le parlent pas ; quant aux autres, — j'en ai quelque experience — le meilleur moyen de se faire entendre d'eux, c'est encore de leur parler fran^ais ou allemp.nd.

Jusqu'ioi, parmi les Slaves du Sud, nous n'avons entendu que des Groates catholiques. L'ann6e depaix deNystadt, qui assurait des avantages considerables ^,la Russie du c6te de la Baltique, Pierre re^ut des felicitations de Tarcheveque serbe MoisePetrovitch, qui profitait de I'occasion pour le prier d*envoyer a ses compatriotes des professeurs de langue slave, latine, et des livres ecciesiastiques.

Dosithee Obradovitch, le r^novateur de la litterature serbe (1742-1811) raconte dans ses Memoires ses entreliens avec un vieux moine de la Hongrie meridionale *. Ce vieillard lui faisait Teioge de Pierre le Grand, qui avait civilise son pays : « Je prie Dieu, dit-il, de faire naitre souvent de tels souverains, qui puissent affranchir de la barbarie toute TEurope, la Serbie, la Bosnie, THerzegovine, la Bulgarie, la Gr^ce et les autres pays, »

On retrouve les memes idees dans un chant populaire montenegrin du xviii* si^cle :

1. Voir 8ur ce personnage mon volume SerbeSj CroateM et Bulgares. (M&isonneuve, 1913.)

« Sauvons le peuple chr^tien « Et glorifions le nom slave.

« Vous 6tes de m6me race que les Russes, « D'une meme foi, d'une m&me langue. »

Les Russes sont un peuple voisin de la P6nlnsule balkanique; ils sont de m6me race que les Bulgares et les Serbo-Croates, de meme religion que les'^Grecs et les Roumains; il est done tout naturel qu'ils leur portent un int^r^t special — sans parler des vis6es que, depuis Catherine, tel ou tel souverain a pu avoir sur Constantinople.

Nous n*avons point ici k refaire Thistoire tant de

fois ^crite de la question d'Orient et nous ne pou-

vons que renvoyer les curieux aux hisloires de

Russie et de Tempire ottoman. Nous n'avons k

nous occuper ici que des efforts intellectuels de la

Russie pour entrer en rapport avec ce monde

slave qu'elle connait si peu et qui, de son c6t^,

dprouve le d^sir plus ou moins instinctif, plus ou

moins conscient, d*en ^tre connu.

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