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Pierre le Grand, en lutte centre la Turquie, ne pouvait n^gliger les Slaves de la P^ninsule balkaniqup.
lis devaient 6tre poar lui des allies naturels. De leur c6t^, ces Slaves ortbodoxes devaient tourner leurs regards vers leurs coreligionnaires de la Russie. lis envoient des repr6sentants aupr^s de lui et, plus* heureux que Krijanitch, ceux-la sent ^cout^s.
Le Montenegrin Sava Vladislavitch signale a Pierre Timportance et les inter^ts de ses cong6nferes, les Montenegrins, les Bulgares, les Serbes, les Macedoniens, les Bosniaques, les Dalmates. Des Serbes, les Miloradovitch, les Zmaievitch entrent an service de la Russie. On sait quel r61e le general Miloradovitch, d'origine serbe, devait jouer plus tard dans les guerres centre Napoleon.
Malheureusement, rechec de la campagne du Pruth (1711) ajourna toutes les esperances des Slaves balkaniques.
Les poetes creates, ragusains ou dalmates ne negligerent point de chanter la gleire de Pierre le Grand.
Le Jesuite Ignace Gradic s'inquiete peu de savoir si Pierre le Grand est un heretique. Dans un poeme date de 1710, intitule la Fiamme du Nordj il invite nettement Pierre le Grand k ecraser les Osmanlis et a deiivrer les Chretiens :
« Fais que tes actions glorieuses ecrasent la vip^re turque. Brule et massacre les infid^les qui haissent la vraie verite. Fais qu'ils s'etouffent et perissent. »
Un po^te originaire de Spliet (Spalato) Kavanjin (en italien Cavagnini), ^crit un po6me didactique de trois mille deux cents vers sur la Pauvreti et la Richesse. C'estune paraphrase, d'ailleurs fort ennuyeuse, de Thistoire de Lazare dans TEvangile. L'auteur y chante tout ce qui lui passe par la t6te. II ^num^re tons les peuples slaves, depuis la Boh^me jusqu'a la Russie, tons les h^ros slaves ou 8oi-disant tels, y compris Achille, Mars, Philippe de Mac^doine, Alexandre le Grand, Czech, Lech et Rous ; 11 met dans la s6rie des princes slaves jusqu'^ des to]^ de Danemark.
La plus grande partie du treizi^me chant de son po^me est consacr6e a T^loge du tsar Pierre au moment ou celui-ci va attaquer la Turquie :
« Dou^ de toutes les qualit^s h^roTques d'un glorieux souverain, il envoie ses mousquetaires et ses Moscovites pour d^truire le Turc maudit. 11 n'est pas bon qu'ici-bas' la puissance se partage entre deux souverains.
« C'est ta ferme volont^, ton in^branlable resolution que le Turc soit strangle avec la corde de son arc et qu41 n'y ait qu'un Empire, comme il n'y a qu'un soleil.
« Tes bolars, tes peuples vont renverser le fils d'Othman. Ton but est dans ta main. Ta fortune plane au-dessus de toi : car depuis longtemps on raconte que tu seras empereur d'Orient.
«... Aigle d'or du Septentrion qui voles plus haut que le soleil, envoie-moi une de tes plumes si tu veux que je puisse chanter dignement une de ies actions.
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« Et tu entendras comment I'humble senritenr de ta Majest6te tressera ane verte -couronne de ses chants, et Spalato r^pandra ta gloire sur le monde tout entier. »
Ceci est quelque peu exag^r^. Bien peu de personnes — dans runivers tout entier — entendaient alors I'idiome slave de Spalato.
Pierre le Grand n'eut pas Toccasion de connaitre ce pr^somptueux hommage. Le po^me de Kavanjin ne fut public qu'au xix* si^cle.
En 1717, le pr^tre Etienne Ruzic ^crit un poeme intitule Petar Aleksiovic (Petr Alexieevitch en russe). Cest une oeuvre bizai^re oii Tauteur exprime Tid^e que le soleil russe obscurcira la lune ottomane — que nous appelons le Croissant — et que rillustre tsar fera p6rir le dragon d*Orient. On salt aujourd'hui combien cette prediction est difficile a r^aliser.
Au cours de Tann^e 1718*, un Groate laique appeie Vitezovic, — qui a ^crit en sa langue maternelle une chronique ou il esquisse un tableau compiet du monde slave — adresse a Pierre le Grand une ode bilingue, latine et create, pour rinviter k chasser les Turcs d'Europe.
Au cours de Tann^e 1711, Pierre le Grand informant la ville de Raguse de ses succ^s centre les Su^dois, rappelle les sympathies que la petite R^publique professe pour la Russie.
Les Russes commencent a s'int^resser aux choses slaves.
En 1704, le directeur de la typographic de Moscou, Polikarpov, publia, par Tordre de Pierre, un
dictionnaire des trois langues slavonne, grecque et latine. II s'exprime ainsi dans sa preface :
o Notre langue slave est la mfere f6conde de beaucoup d'idiomes. D*elle, comme d'une source in6puisable, sortent de nombreuses langues, le teh^que, le bulgare, le lithuanien*, le petitrusse.
« Notre langue slave n'a pas peu d'honneur, car elle doit son nom k la gloire (slava). On peut lui appliquerle mot de TEvangile sur la vilie de Bethl^em : « Et toi, Bethl^em, tu n'es pas la derni^re a ville de Juda. » Et vous, race et peuple slaves, vous n*6tes gas les demiers. »
Un contemporain de Pierre le Grand, Ilia Kopievitch, ou Kopievsky, originaire de la Russie blanche, qui avait fait ses etudes en Honand,e, ^tait devenu protestant, mais n'en ^tait pas moins rest6 trfes Russe; rentr6 en Russie, il servit en quality de traducteur au College — ou d^partement des Affaires 4trang6res. Dans un ouvrage intital6 Introduction d Vffistoire genirale^ s*adressant au lecteur russe, il s'exprime ainsi :
« Sachej 6 lecteur orthodoxe, que je n'aurais pas 6crit pour quelque peuple barbare; mais la nation russe-slave s'esl glorieusement glorifi^e {slavianorossiskii narod slavno proslavisia), (notez le jeu de mots que nous avons d6j^ signals plus haut) (p. 41) plus que toute autre nation parson intelligence. Les autres peuples ne comprennent pas les peuples limitrophes. Or, le peuple slavo-