‹ Le panslavisme et l'intérêt françaisChapitre 28 sur 67 · LA FRANCE ET LE PANSLAVISME · texte numérisé non relu

LA FRANCE ET LE PANSLAVISME

Cyprien Robert avoue qu'il y a dans ces propos quelques exag^rations. Et, comme il a 61^ 6\ev6 a r^cole de remigration polonaise, il y voit une preuve des tristes pressenliments et des remords qui poursuivent TAllemagne pour le d^membrement de la Pologne. II s'imagine que le cours des ^v^nemenls aixi^nera prochainement la Confederation germanique k protester k main • arm6e contre les envahissements de la Russie ; mais il consid^re que la Prusse luth^rienne et TAutriche catbolique seront impuissantes k s'unir centre la Russie schismatique. Tout ce chapitre est a lire, pour se faire une id^e des fantaisies et des erreurs dont vivaient nos p^res. Le metier de proph^te en politique est d^cid^ment un bien mauvais metier.

Cyprien Robert r^pudie et condamne le panslavisme tsarien. Mais il n'h^site pas a se prononcer en faveur du panslavisme f6d6ral. G'est pr^cis^m^nt celui que je r6ve en ce moment.

Encore une citation :

« Etrang^re aux questions slaves, la presse frangaise reproduit aveugl6ment ce que lui envoie sur ces questions la presse d'putre-Rhin, et les id^es les plus fausses s'emparent ainsi des esprits. »

Ce n'^tait pas seulement la presse d'outre-Rhin qui faussait les id^es. Ce qui les faussait ^gale- * ment, c'^taient les influences de remigration polonaise et des peuples hostiles aux Slaves, notamment des Magyars, qui avaient alors quelque credit chez nous.

Ces influeijces s'exercent chez nous par des

110 LE PANSLAVISMB

moyens qu'oi^ ne soupponne pas loujonrs. J'eu vottdrais citer un rdcent et cnrieux exemple. La veiUe de la guerre, je faisais a la Soci^t6 de Psychologie une conference sur la psychologie des peoples slaves. Je regus une lettre fort courtoise d'une revue de politique ^trang^re dont j'ai ooblie le nom, revue qui s^offrait, moyennant des honoraires fort convenables, a publier le texte de ma conference. J'acceptai et env9yai mon manuscrit. J'avais expose les griefs et les rancunes de chacune des nations slaves, notamment ceux des Slovaques conlre les Magyars. On me renvoya le manuscrit, avec une lettre fort courtoise ou Ton me d^clarait que la revue en question (^tant faite avec de I'argent fourni par Budapest, on ne pouvait publier des v^rit^s d^sagr^ables sur le compte de la politique hongroise. Les Magyars, eux aussi, avaient chez nous leurs fonds des reptiles. Et combien de fois, ces reptiles, je les ai vus se glisser dans des oi^ganes que je ne veux pas nommer aujourd'hui.

Le successeur de Cyprien Robert, Alexandre Ghodzko (de 1857 h, 1883), se renferma prudemment dans la pratique des textes et des questions grammaticales. Tandis qu'il vaquait modestement a ses utiles fonctions, sa chaire devint le pr^texte de manifestations antipanslavistes qu'il est n6cessaire de rappeler ici en peu de mots.

Apres I'insurrection malheureuse de 1863^ les Polonais ^taient chez nous en grand credit. lis r6vaient de la revanche et estimaient que tous les moyens ^taient bons pour y arriver. L'un d'entre

" .iHiW-i' "

BT LE PAJISLAVISME

«uz, appeI4 Duchiasld, avail ima^in^ C€ pourrait appeler la revanche ethnograpliiqi des livres fort indigestes, il s'efForgait de b«r que les Eusses, ou mieui les Ho:

n'4taieDt pas des Indo-Europ^eQS, par si Slaves, mais des Touraniens^ autreoieot d a'avaient rien k voir avec ies Slaves, ou afec I'Europe. L'Europe n'avait qu'& les 6] la Pologne redevenait une grande puissaoc qniJibre du moude 6tait sauv^. £n 1864, ii A Paris UD volume, d'ailleurs illisible, sous po'mpeux ; Nicessite de riformet dans I'ex de V histoiTe des peuples aryas-europeens el i parliculiirement des Slaves et des Moscovit remuaat, comme tous les illumines et les qaes, il cotportait sa doctrine dans les soci vftntes et cbez les publicistes qui voulaie I'accueillir, et, comme nous 6tioDS fort igoo Irfes polonophiles, on le laissait parler.

couqu6te d'Henri Martin, qui publia si influence un gros volume bien oiibli^ aujo laRussie et I'Europe (f^vrier 1866), et qu' ses doctrines dans le SUcle. 11 mit la in&' journaliste bien oubli^ aujourd'hui q.^i litre extraordinaire, Un pluriel poW ''** et le pattslavisme est detruit ^n^e sOTf adressa Ala Chambre une pdi,.-ot»modifier le litre de la chai*. ^ x\%.

Prance. Ce litre Stail danger^, ^ *^0on assnrail le salut de la Fran \ ^ 1 gain de cause. Le litre de 1% ^^ ' - .^ de langues et de iilteraiurei ^^\ s . ^^

n'^tait pas trfes spientiQque. Depuis quelques ann^es elle porte la denomination qu'elle aurait toujours dil porter : Ghaire de langues et de litt^ratures slaves. Voila k quel jeu byzantin se divertissait, k la veille de 1870, une Assembl6e qui voyait des perils sur le Danube ou sur TOder, mais qui ne soupQonnait pas ceux qui nous menagaient sur le Rhin et sur les Vosges^ Pour avoir refuse de m'associer k ces manifestations enfantines, je fus d^nonc^ comme panslaviste, autrement dit comme agent moscovite. Au lendemain de la guerre, Henri Martin, qui 6tait avant tout un patriote, reconnut qu'il avait fait fausse route. Mais comme TEurope aurait chang6 de face si, au lieu d'une Russie neutre, ou plut6t hostile, nous avions eu, en 1870, Talliance russe contre TAUemagne! Qu'on se rappelle le t616gramme du vieux Guillaume a son ami Tempereur Alexandre : « Aprfes Dieu,c'est a Votre Majesty que je dois mavictoire. »

Le professeur qui occupe depuis plus de trente ans la chaire du College n'a cess6 d'appeler Fattention de ses compatriotes sur la n^cessit^ d'^tudier les peuples slaves, de se rapprocher d*eux, et sur les avantages qu'elle pourrait retirer de leur union. 11 n'a cess6 de dire que le danger 6tait sur \e Rhin, sur la Mouse, et non pas sur la N6va. Les derniers ^v6nements ne lui ont donn6 que trop cruellement raison.

H6las ! m^me apr^s 1870, nos malheurs n'avaient

1. Certains compatriotes de Duchinski firent cdl^brer k Gracovie une messe d'actions de gr&ces pour remercier le ciel d*avoir donn^ un tel g^nie k la Pologne.

,oiis nos homr jx vivaient de ; notre ignoran

de renvoyer f d'un Slavophil 'vhU4 de racoi ; a I'Ecole des I ; I'admintstre : demands d'y it obtenu pour 00 francs. J'6ta

et, pour me c 'avals refuse ui Scheffer estim.

ouvernement c lander une aud blique, feu Bat

la R^publique sment de con ccueillit avec Its obligatoire^ urtout n'ensei avis me i. pro

! Je fis sen

), nos homn nules qfte V' Strangers "*?

de I'^atop

Page 1