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C'est la ville qu*on appelle en allemaod Kuttenberg

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le regime constitiitionnel; mais, si je ne pouyais en aucnne fa^on ^chapper au despotisme, je pr6ffere celiii de la Russie » . Et encore : « Voulant rester des Slaves, nous ne voulons pas Mre Russes; mais nous serious plus volontiers des Russes que des sujets absorb^s par la germanisalion. » C'est la conclusion a laquelle arriva plus tard Palacky et que je lui ai entendu bien souvent r^p^ter.

Comme base de toute politique slave, comme unique moyen d'arriver a la victoire, Havliczek signale la mutuality franche et cordiale des peuples slaves. «Ne nous abandonnonspas lesuns lesautres, qnand m^me de quelque alliance ^trang^re viendrait un avantage momentan^ pour telle ou telle de nos nations. » L'objet de cette politique slave, c'est d'amener tons les peuples slaves de TOccident et autres h Tunion et, par cette ynion, d*assurer h chacun d'entre eux, la liberty et T^panouissement de la vie natioriale. « Jusqu'ici, ce qui nous a maintenus ensemble, c'est plutot Tinstinct, le sentiment d*un danger commun, des tendances communes; il faut maintenant qu'avec une pleine conscience, nous nous mettions a travailler comme font les pays bien organises. Une alliance d'aide mutuelle et de protection entre les Poionais, les Tchftques, les Jougo-slaves et les Petits-Russes est la seule vraie condition de la liberty des petites nations europ^ennes. C'est une reunion amphictyonique * pour la defense des

1. Je rappelle que les amphictyonies ^taient des associations d*itsXk la fois politiques et religieuses. La plus c^l^bre ^tait cellede Delphes, dans laquelle douze peuples ^taieat associ^s.

droits coDtre les bnitalit^s et les injures des plus forts. Ce ne sont pas seulement les peuples slaves qui doivent raster en relations constantes. Nous devons chercher a nous entendre avec les nations non slaves qui ont eu la m^me destin^e que nous et qui se livrent aux memes efforts. J'entends par la, les Roumains et les Valaques et en partie les Magyars eux-mfemes. »

Ici, Havliczek se laisse aller a quelques illusions sur le compte des Roumains et des Magyars. II ne pr^voit pas Tavenir des Roumains qui, une fois definitivement lib^r6s, tenteront de s'agrandir aux d^pens du voisin bulgare et du voisin serbe. II se trompe absolument sur le compte des Magyars, dont il ne soupQonne pas T^goisme national et Tesprit de persecution. II semble qu'il n'ait pas lu KoUar et qu'il n'ait jamais entendu parler ^u fameux proverbe : Tot ember nem ember. L'hommfe slovaque n'est pas un homme.

Je suis en revanche tout a fait d*accord avec lui quand il ecrit :

« Nous ^manciper du germanisme doit 6tre k tous les points de vue notre but. L'etude d^s langues et des litteratures romanes, du frangais et de Tanglais doit 6tre Tobjet principal de nos jeunes gens les mieux dou^s doues et les plus intelligents ».

Un recueil oil s*6talaient de pareilles doctrines ne pouvait pas vivre dans TAutriche absolutiste. Le 14aout 1851, Havliczek suspendit de lui-m6me son journal, au moment precis ou le gouvernement de Vienne s'appx^lait a le supprimer. Ce sacrifice ne suffit pas au despotisme autrichien qui

rc-^.

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interna le publiciste dans la ville de Briinn et le garda sous la surveillance de la haute police jusqu'i sa mort, qui arriva le 29 juillet'1856. Havliczek est un des personnages les plus int^ressants de la Renaissance tchfeque et m^riterait chez nous une monographie particuli^re. Nous n*avons ici a r^tudier qu'au point de vue special qui nous int6resse dans ce volume.

Les id6es des savants, des pontes et des publicistes tch^ques trouvaient de T^cho chez les Slaves m^ridionaux. Les Slovenes, qui n'ont pour ainsi dire pas d'histoire politique, sont surtout port^s aux combinaisons ou aux reveries philologiques, et ces reveries n*ont pas d'int6r6t pour cette etude. Chez les Croates, le principal propagateur de Tidee slave fut Ludevit Gaj (1809-1872), qui ressuscita le nom d'lllyrisme, jadis mis a la mode par Napoleon. C'est lui qui, dans son journal VAube illyrienne^ osa ^crire ces paroles, qu*il est bon de rappeler aujourd'hui : « Les Magyars ne sont qu'une ile qui flotte sur le grand oc6an slave. Je n'ai cr^^ ni cet oc6an, ni ses flots. Mais que les Magyars fassent bien attention de ne pas d^chainer cet ocean, depeurque les flots ne passent par-dessus leur tete et que leur ile ne s'engloutisse. » Gaj est en rapports epistolaires avec les principaux ap6tres du slavisme, notamment avec Schafarik, qui lui ^crit en 1833 :

« Notre fractionnement, notre anarchie est la cause de tous nos malheurs. »

C'est Schafarik qui, en 1848, invite Gaj a ce congr^s de Prague, ou Ton doit chercher les

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