‹ Le panslavisme et l'intérêt françaisChapitre 34 sur 67 · CHAPITRE XIII LE CONGR^S SLAVE DE PRAGUE Er · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII LE CONGR^S SLAVE DE PRAGUE Er

COQStituUon du comild pr^paraloire, — La lell cation, — Ouverture du Congrfes. — Discout et de Schafarik.— Projet do petition k rempei Teste aux peuples de I'Europe. — Lea Tit — Notices sur quelques membres du CoDgc^i

Pour bien comprendre le Congr^s d( fant se reporter d'une part^aux indicati< dODD^es sur I'ethoographie slave au di volume, d'autre part & celles que j'ai f< le mouvement des esprits en Autriche-Hc mon Bittoire de V Atttrkhe-Hongrie (Ir VIII).

Ou sail le contre-coup que notre r^' Kvrier 1848 exer?a sur toule ['Europe, les Magyars, d6s le mois de ma^Bi Vienne pour la reconstitution dy^ ■eoS'^ l^tienue daos lequel ilspr^teDda: -.1 '* les magyariser toutes les n ® „ EUt, Staves, Roumains, AUb^\\0*\ 80U9 la direction du ban Jella ^<i.^ celle du patriarche ft^t^^Vvi Y>' resistance. *Xi \0

D' autre part, i'es d616gu6s des divers £tats allemands se r6unissaient k Francfort et demandaient la convocation d'un parlement germanique ou aurait 6i6 representee toute la Cisleithanie.actuelle — laGalicie, la Bukovine, la Dalraatie except^es — qui depuis 1815 faisait partie de la Confederation germanique. Or dans cette Confederation on avait fait entrer, sans les consulter, les Tcheques de Boheme, de Moravie et de Siiesie, les Slovenes et les Groates de la Styrie, de la Carinthie, de la Carniole, de Tlstrie, les Polonais de Siiesie, d'Oswiencim et de Zator sur les frontieres de la Galicie.

Gonvoquer les habitants de ces regions k se faire representer au Gongres allemand de Francfort, c'etait faire preuve de quelque impudence; mais on salt que la discretion et le tact ne sont pas precisementles vertus dominantes des Allemands. Les deiegues teutons se croyaient tellement surs de leur affaire qu*ils inviterent meme Thistorien national du peuple tcheque a venir prendre part k leurs deliberations. Palacky leur repondit par une lettre de refus dontil convient de citer ici quelques fragments :

. « Je ne suis pas Allemand, disait-il, ou du moins je n'ai pas conscience de retre et certainement vous ne m'avez pas appeie pour remplir le r61e d'un comparse sans opinion et sans volonte.^ Je devrais ou renier mes sentiments et jouer ia comedie, ou vous faire une opposition declaree. J'ai trop de franchise pour le premier r61e, trop pen d'impudence pour le second. Je ne puis me

la nation tch^que, par la Toix de son plus illusU^ repr^sentant, affirmait sdq indopendance et rompait solenneilement avec cette Allemagne a laquelle on Tavait incorpor^e a son coeur defendant.

Du moment ou les AUemands se r^unissaient pour delib^rer sur leurs int^r^ts communs, il 6tait naturel que les Slaves eussent la m^me id^e. Cette id^e flottait dans Tair^ si Ton pent s'exprimer ainsi. Le premier qui lui donna une forme concrete, ce fut un^crivain croaie, Kukuljevic Sakcinski (1816-1889). Tour a tour publiciste, poete, historien, Kukuljevic Sakcinski jouait a Zagreb (Agram) un r61e considerable et sa reputation avait d6pass6 les limites de sa petite patrie. Dans la Gazette nationale croaie^ dalmate^ slavonne^ il publia dans le courant du mois d'avril un article qui fut reproduit le 30 du meme mois dans la Gazette nationale de Prague r^dig^e par Havliczek. Faisant allusion aux r^cents ^v^nemeats de France, d*Allemagne et d'ltalie le publiciste create s'exprimait ainsi :

« Done ni Tempire d'Autriche, ni TEurope ne peuvent se r6volter si les Slaves constituent une federation slave, s'ils suivent la voie que leur ont tracee leurs fraternels voisins et concitoyens, les AUemands. Les Slaves sont comme les AUemands, divis6s en divers Etats et vivent sous divers gouvernements. lis ont, comme les AUemands^ a craindre pour leur nationality et pour, leur liberty, au sens de notre si^cle et de notre esprit. De m6me que les AUemands, ils representent une certaine fa^on de penser devantles autres nations.

LB CONGR^S SLATE DB PRAGUE EN 1

G'est pourquoi les Slaves et les Allei peuvent avoir une politique diiT^reQte vis leor natioD et de la liberty de I'huinaniti

Mais quelle voie pent arriver 4 une tel deration? On ne peut arriver que par i g6n^rale de toutes lee branches de I slave. On ne doit pas se pr^occuper de telle branche est graade ou petite, si ell< tol ou tel gouvernement, si elle parle ui du Nord ou du Midi. A Francfort, 4 c6t petite et grands, sont repr£sent6s par dei les AUemands de Prusse, de Saxe et d' De m6me a la di^te de I'a^sociation slave a e6t6 des d^l^gu^s des Slaves russes, aerbes, mont^D^grias, bnlgaree, bosniaqi rer dee d6l6gu6s des Slaves de Prusse, et de tous les pays de Tempire autrich avoir pour cela renversfi ieurs gouver Bans que rien soitchang^ dans I'organisi ticuli^re, dans la situation sp^ciale d< contr^e. Quel sera )e si^ge d'uue telle slave? Sera-ce Prague ou une autre viUe?

rit^ en d^cidera. C'est elle aussi qui Dom de qui et dans quel esprit devra.

direction de cette assembl^e. »

Tout le monde tomba d'accor'd pov Prague, vtlle slave en commuaicatioi^ les Slaves du nord et ceuz du Midi

Le 30 avril, dans la maisoti d** ^ logae Vocel se tint k Prague ^^ -^^ ratoire 4 laquelle assistaiem Tch6ques et de Polonais n \f* *

comity d'^tudes. Ce comit6 se composait de douze membres auxquels ^talent adjoints cinq bourgeois de Prague plus particuli^rement charges des questions pratiques et 6conomiques. Le president du comit6 6tait le comte Mathias de Thun, repr6sentant d'une vieilie famille historique qui s^^tait fait remarquer quelques ann^es auparavant par une brochure allemande sur le Slavisjne en Bohime^ mais qui ne tarda pas k se derober a ses fonctions ; il avait ^t6 a Prague membre du comity national et s'^tait ^nergiquement oppose aux Elections pour le parlement germanique de Francfort; le vice-pr6sident Etait le chevalier Ivan de Neuberg, d6vou6 aux oBuvres tch^ques, Tun des bienfaiteurs du mus6e national de Prague; Tadministrateur 6tait Charles Zap, historien et arch^ologue distingu6 qui avait longtemps v6cu en Galicie, qui avait Epous6 une Polonaise et entretenait les meilleures relations avec les Polonais et les Petjits- Russes de Galicie. Nous avons d6j^ parl6 plus haut de sa correspondance avec Havliczek.

Ajoutons que le gouverneur du royaume, le comte LEon de Thun, assista fr^quemment aux stances de ce comity provisoire; c*est dire que le gouvernement central de Vienne -:- alors d'ailleurs fort desorient6 — croyait n'avoir rien a craindre du.congr^s en preparation.

Le comity avait, comme on devait s'y attendre, att^nuE le projet de KukuljevicSakcinski, qui embrassait tons les Slaves. Le 31 mai 1848, il langa un appel qui avait 6t6 r^digE par rEcrivain sicvaque Ludevit Stur. Get appel ne s'adressait plus

hoDgrois. Une telle fagon d^agir ne d^truirait pas seulement I'uniy de I'Autriche, mais anssi Tunion et Find^pendance des peoples slaves dont la nationality se trouverait ainsi grayement compromise. C'est k nous qu il appartient de defend re s6rieusement ce que nous avons de plus sacr^; le temps est venu pour nous Slaves de nous entendre et d'onifier nos id6es.

C'est pourquoi, d^f^rant avec joie anx vcbox qui nous ont 6i6 transmis de diff^rents pays slaves, nous adressons cet appel k tous les Slaves de Tempire d'Autriche et nous invitons tous les citoyens en possession de la confiance de leurs compatriotes, qui s'int^ressent au bien g^n^rai, a se r^unir dans la vieille et glorieuse cit^ slave de Prague le 31 Mai de cette ann^e afin de d61ib6rer avec nous sur tout ce qui touche k Tint^rM de notre nation, sur tout ce.que nous avons k faire k ce grave moment. Si des Slaves strangers k notre empire veulent, en quality d'h^tes, nous honorer de ieur presence, ils seront les bienvenus. »

Cette proclamation fut d'abord publi6e en langae tch^que dans les deux journaux de Prague, la Gazette nationale et la Gazette de Prague,

Les premiers signataires ^taient :

Jean Mathias, comte de Thun; Vojtiech*, comte Deym; Jean, chevalier de Neuberg; Paul-Joseph Schafarik; Charles Malysz (Polonais); Francois Palacky; Vacslav Hanka; Ludvit Stur; Jean-Pierre Jordan; Erasm Wocei; Charles Zap; Ladislas Rieger; Witalis Grzybowski (Polonais); Vacslav

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