L*AUTRICHE-HONGRIE ET LES SLAVES BALKANIQUES
ligionnaires, les Chretiens balkaniques. II louvoyait de son mieux et sans grace entre les deux partis. Tant6t il laissait ioipun^ment les Turcs violer son terriloire et ravager les fronti^res de.la Croatie. (Ce n'6taient que des Slaves qui pAtissaient.) Tant6t il leur interdisait de d6barquer dans Tenclave dalmate de Klek des armes et des troupes. A Constantinople son ambassadeur, d'accord ayec Tambassadeur russe Ignatiev, engageait la Porte k accomplir ces fameuses r^formes qu'elle promettait toujours et n'ex^cutait jamais. Les, diplomates qui les recommandaient savaient bien au fond quelle 6tait la vanity de leurs palabres.
En Janvier 1876 une note de M. Andrassy r^suma les voeux de TEurope civilis6e et une conference r6unie ^Constantinople fut charg^e d*en preparer la realisation. Elle n'aboutit qu'^ d^montrer une fois de plus Timpuissance de la diplomatic et Tincorrigible opiniatrete de la Porte. La Serbie et le Montenegro en appel^rent aux armes. Leur entree en campagne fut pour Frangois-Joseph une noiivelle cause d'embarras. Les Slaves de TEmpire ne dissimulaient pas leurs sympathies pour les insurges et leurs allies. Palacky, comme je Tai raconte dans sa biographic, mourut en les benissant et en faisant des vceux pour les succ6s de leurs armes. De leur c6t6 les Magyars qui se sentaient les plus forts ne negligeaient — comme aujourd'hui — aucune occasion de faire edater leur haine contre les Serbes et leurs sympathies pour les Ottomans oppresseurs. Quand Abdul Kerim pacha remporla sur les Serbes lavictoiredeDjunis (30 octobre 1876)
^H2 SM PAHXIAVlBlfE
'ime BOUfierijktioQ iai ooveile k Budapest pocnr lui ^ffior un sabre d'honneur. Ah ! s'ii s'^tait agi chez les Slaves anstro-hoogrois tl'ea offrir un au prinoe de Serbie •c^Bst oeia qui e&t 6\j& da Pansla^mel
II 7 eni mieaK. Una d^putalioa magyare se ren- 4il & Constaatiiiople po»r idchanger avee les foBCtioimaires et les softas ou ^tudiants musulmans des manifestations enthoufiiastes. Le g^n^ral Kiapka, I'heureiix d^fencHivr de Komarom en 1848, qui nagm^re avail offert aa rot de Prasse cotitre TAutziche le concours Ad son ^p6e, mit son experience flixlitaire an senrice de la Porte contre lee Slaves Chretiens qui ^videanraest i^taient les enoenusdo ia civilisation. Un pea plustaini les soAas^ viarent 4 Eudap^ rendre 4 leurs fr^res magpuns La visite <pi'iis en avaient reQoe. Toutcela est bien onbli^ aajonrdliai et tout :eela se r^pbto ence moment, avec radjonction d'un dl^ment impr6¥a, les Bnlgares. II n'y eat aucune 'accusation de P^anturcitme on de Panislamigme.
D*aatre part, le sultan, pour reseiercier ies Magyars de oes manifestations d^sint^ressdes, renvoyait 4 i'empereur-roi qnelques 6piaves de la fajoense bibliothdque de Mathlas Corvin, la Copvina, nagix^re pill^e par les ane^tres des Osmanlis. Ces manifestations, en somme asBez pii6riles, i^ient dirig^es non jeulement contre les Serbes, mais aussi centre les Jlusses auxqneis les Magyars ne paitio&naieiit pas le r^leqoe Nicolas I*' avait 30u6 dans la T^premon de ^eur iasftrnai)-
l-'^dnafti 1UP08.
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t»n «B i849 et 4«6 sympathies qii'ii flerfait n^eessaiTement professor pour ses careligtoimaires les Slsres balkaaiques. D'autre part, les Tores n'^taient pas f&cMs d'^Yoquer les souvenirs 46 la guerre nie Crimito.
Des coiitre-maiiifeBtations avaiest lien 4 Pragma, ea llioiiaear do g^dral rasse TcherDiai^Y, I'liii des h^ros de la r^cente gnerre balkanique. En reYanche, le igouverneoieat magyar/ii Budapest faisait arrdter le g^n^ral s^be StratimiroYitdi, qui aYait pris part k rinsDrrectioa de 1848 et qai ^tait ail^ ofirir son ^p^e au prince Milan Obreno- Titch. Enfin, il £aisait arr^ter le vaillant d6put6 et pobiiciste de Novi Sad, Svetozar Miietitdi et, sons pr6texte de haute trahison, sordefauz t^moigoages le faisait condamner a cinq ans de prison. Or, sait-on queUe ^ait la base juridique du proems? C^taient des textes d'aociennes lots qui d^claraient coupables de haute trahison ceux qui fournissent des ai^aaesaax Ottomans et autres infid^lesl
On pense bien que TAutriche, toujours pr^occup6e de maiatenirles Slaves balkaniques sous ia main des Tores, en attendant de les faire passer sous la sienne, on pense hien que oet Etat de prole ne vit pas avec piaisir la eampagne balkanique entreprise par la Rnssie et la Ronmanie pour la dtiivrance'des Ikilgares.
On loi avait, ii est rrai, promts d'avanee one eompensation poar ie cas e^ eHe observerait tib- 4-Yis de la Rnissie, lors de la eampagne de 6ulgarie, vneneottaiit^ bieoYeiilante. Elle assista d<Mic d'ob •iBil>en aippanenee indifferent 4 cette •eampagne qoi
about! t au traits de San Stefano. La Russie par une habile et heureuse interyention avait Iib6r6 le Mont^n^gro et la Serbie et du Danube k TArchipel refoul6 les Turcs devant ses armies. Le 31 Janvier 1878, les troupes russes 6taient a Andrinople. Le 3 mars, Ignatiev faisait signer ^ la Porte le traits de San Stefano. Ce trait(5 agrandissait consid6rablement la Serbie et le Mont^n^gro, augmentait de% la Dobroudja la Roumanie, qui, en revanche, r6troc^dait a la Russie une partie de la Bessarabie. Une principaut^ de Bulgarie 6tait cr^6e enlre le Danube, la Mer Noire et TArchipel. La Turquie ne gardait en Roum61ie (^u'un lambeau de terre qui s'6tendait d^ Constantinople au mont Rhodope, plus Salonique et la presqu'ile de Chalcidique.
Si ce traits avait ^t6 maintenu tel qu'il avait 6i6 sign6, la pais du monde baikanique ^tait, je crois, assur6e pour longtemps. Mais, c'^tait la mine des ambitions austro-allemandes sur la p^ninsule, notamment sur Salonique. La m6fiance envers la Russie 6tait une vieille tradition de la politique britannique. Malheureusement cette m6fiance allait servir les int^r^ts aulrichiens et par suite allemands. La Grande-Bretagne oubliait on ignorait que TAutriche en Orient et partout ^tait d^sormais Thumble servante, Tagent docile, Tavantcourri^re de Berlin. On craignait de voir P6tersbourg s'6tablir a Constantinople, on ne voyait pas que FAutriche allait frayer a Berlin le chemin.de Salonique. C'est k Berlin, devant TEurope r6unie ,en Congr^s, que fut revise le traits de,San Stefano.