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Les Persecutions des Jougo-SlaveSj Paris

se rangea du c6t6 de TAutriche qui avail trayaill6 pour elle. La Serbie, mal second^e, fut obligee de declarer solennellement qu'elle ne se sentait pas touch^e par les change ments op^r^s en Bosifie- Herz^govine, qu'elle renongait k protester, qu'elle s'engageait ^ yivre en bonne amiti^ arec sa puis- ^ante voisine. •

Ges protestations ne suffisaient pas k TAutriche. Elle cherchait un pr^texte pour se d^barrasser d^finitivement d'une voisine importune.

On gait comment elle Ta trouv6. Ce qu'on savait moins, c'^taient les persecutions auxquelles ses sujets de Bosnie-Herz^govine, particuli^rement les sujets serbes, autrement dits orthodoxes, avaient €16 exposes. Ces mis6res ont 6t6 racont^es dans un petit volume ' intitule : Les Persecutions des Jougo-Slaves. Proems politiques (1908-1916). Ce volume fait partie d'une s^rie de publications ^dit^es par le Comity jougo-slave dont je parlais tout a.rheure. Comme il n'est peut-^tre pas a la port^e de tons mes lecteurs, j'en r^sumerai quelques parties.

Jedois d'abord presenter une reflexion. La situation des Serbes soumis k TAutriche offre quelque analogic avec celle des Russes de Galicie qui ont bien souvent ^t^ accuses de Panslavisme, autrement dit de haute trahison. L'un des arguments les plus ordinaires de Taccusation est celui-ci. On avait trouv^ chez Taccus^ un portrait de Tempereur de Russie, ou bien, ce qui est plus grave, un livre de pri^res imprim6 soit k Kiev, soit k Moscou, renfermant les pri^res ofdcielles pour Tem-

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pereur etla famille imp6riale russes. Done, le propri^taire de ces objets suspects faisait des ycbux pour que tout ou partie de la Galicie pass&t sous la domination russe. Pour mieux me faire comprendre, je transporte lasc^ne chez nous. Un habitant de Beauvais ou d'Arras a re^u des cartes postales orn^es du portrait du roi Albert de Bel-^ gique ; il a rapport6 de Tournai ou de Bruxelles unliyre de messe renfermant les pri6res officielles pour les souverains beiges. Done, il souhaite Tannexion de tout ou partie de la France k la Belgique. Crime de haute trahison.

« Ah I Monsieur, ils n'ont pas la conscience pure » , me disait en 1867 Tavocat Berlic de Brod, sur la Save, dans la Fronti^re militaire, a T^poque ou j'avais du m'enfuir de chez W Strossmayer pour ^chapper aux pi^ges de la police austro-hongroise.

Ces paroles sont toujours vraies quand il s'agit des rapports des Austro-Hongrois avec les Slaves, et, comme au fond les exploiteurs tyranniques, quand ils o^t la force, ont toujours raison contre les exploit^s, ils peuvent presque accuser k coup stir, ayant a pen pr6s la certitude d'obtenir une condamnation. II y a parfois des exceptions. Ainsi, tr^s peu de temps avant la guerre, les gens de Vienne avaient machin6 k Lwow (Lemberg) un grand proems contre des Petits-Russes accuses de haute trahison pour les motifs que j'ai signal^s. Les jur^s de Lwow eurent le courage et Tintelligence d'acquitter les accuses.

Le gouvernement austro-hongrois trouva chez

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les Slaves mdridionaoz des joges plas dociles qne chez ies Galiciens. Eb Groatie, pendant longtemps, le regime anxquel est reste attach^ ie nom da ban^ pins tard ministre, Khuen Hedervary avait expioite les riTalit^s des Creates et des Serbes. Les deux groupes finirent par comprendre qu'on ieur faisait jouer nn metier de dnpes, et en 1905, its se coalis^rent k la di6te de Zagreb et constitudrent un parti national auquel adh6r6rent saccessivement les Serbo-Oroates de la Dalmatie et les repr6sentants des pays Slovenes. A cinq reprises difT^rentes, le gouyemement recoarut a la dissolution du Parlement croate . Mais la coalition sortit yictorieuse des il^ctions. A deux reprises, la constitution fut saspendue. Des troubles graves eurentlieu a Zagreb (Agram), k propos de Tapparition des armoiries hongroises que Ton pr^tendait substituer a celles du Royaume triunitaire (Groatie, Dalmatie, Slavonie). En 1908, k la suite de la dissolution de la di^te croate, la coalition publia un manifesto oh il ^tait dit:

« La iutte actueilement engag^e en Croatie est celle de deux principes : da principe constitutionnel et de Tabsoiutisme. La coalition esttme que le conilit entre la Groatie et la Hongrie est celai de deux royaumes et de deux nations. G'est pourquoi les d6put6s repr^sentant la majority absolue de la di6te protestent centre une solution unilat^raie et ill^gale dudit conflit. »

Or le royaume de Hongrie est partie int^ress^, done prevenue dans ce conflit. La coalition ne c^dera pas. Par tons les moyens l^gaux et consti-

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tntionnels elle continuera la lutle, une iutte implacable centre le gouvernement inconstitutionnel du baron Ranch (ce Ranch ^tait le digne fils et continnateur de celui qni qnarante ans anparavanl avail exploits et opprim^ la Groatie*). Elle Inttera ^galemenl centre le gouvernement de Budapest tant que le royaume de Croatie n'aura pas obtenu sa liberty et son ind^pendance.

Les reclamations du parti furent soutenues au parlement hongrois par le dispute serbe Polit Desantchitch que nous avons d6ja rencontr6 aux congr^s de Prague et de Moscou.

Plus de trois cents ^tudiants durent quitter rUniversite de Zagreb pour aller poursuivre leurs etudes k rUniversite tch^que de Prague. Ceux-Ui, an sens ou on Tenlend a Budapest, sont ^videmment devenus des Panslavistes.

Pour Vienne et Budapest il s'agissait avant tout de briser la coalition serbo-croate qui semblait particuli^rement dangereuse k I'^poque ou Tannexion de la Bosnie-Herz6govine inaugurait une phase nouvelle de la politique balkanique. II s'agissait aussi de compromettre le gouvernement serbe et la dynastie des Karageorgevitch.

Vers la fin de juillet 1908 parut a Budapest une brochure en create et en allemand intitulee Finale, L'auteur 6tait un certain Georges Nastitch. C'6tait un Serbe pass6 au service de I'Autriche et qui faisait partie de sa police secrete.

II avait a diyerses reprises jou6 a Saraievo le r61e

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