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Ii'ORGANISATION DU PANSLAVISME 319
D'abord i'ensembie des Slovenes, des Croates et des Serbes^.r^OQis dans un £tat que certains veulent appeler TEtat jougo-slaye et pour lequel j'ai propose et je maintiens le nom de Gonfi6d^ration iltyrienne. Ce mot me parait pr^f^rable k cdui de jougo* slave qui n'estqu'une denomination g^ographique, laquelte pourrait ^galement s-appliquer aux Buigares et a celui de Serbo-Croate qui laisserait en dehors les Slovenes. Ce groupe ofTrirait coinme la Suisse le type de la variety dans Tunit^.
Les peupies qui le composeraient n'appartiendraient pas k moins de trois, ou m^me de quatre ou cinq religions. II comprendrait des catholiqiies^ et des protestants (en petit nombre), des uniates^ des orthodoxes et des musulmans. La capitale de cet Etat serait la ville de Belgrade ou toute autre viile du royaume de Serbie, mais 11 y aurait lieu d'avbir 6gard k la situation historique de Zagreb (Agram) et de Lublania (Lay bach) et peut-^tre la di^tecentraie pourrait-elle se tenir alternativement dans ces trois villes. Les provinces qui out appartenu k rAutriche-Hongrie pourraient conserver leurs dittos locales, tout en envoyant des deputes k un pariement central qui pourrait singer alternativement dans les trois capitales ^numer^es plus haut.
Les Bulgares constituent au point de vue g^ographique un element trop excentrique pour faire partie de ce groupe. lis out d'ailleurs au point de
1. Et encore parmi ces catholiques il y a k edt^ des catholiques romains un certain aombre de catholiques slaves glagoUtigue*,
Yue ethnographique et historique une indiTidualit^ trop marquee pour s'y laisser absorber.
Quelles seraient exactement sur la fronti^re italienne les limites de cet Etat ? II y a des imp6rialistes italiens qui pr6tendent que Tltalie doit tout simplement recueillir I'h^htage de la Rome antique et de la Venise italienue et accaparer toute la dominatioa militaire et tout le trade de TAdriatique. D'autres, plus mod^r^s, se contentent de la c6te occidentale de I'lstrie jusqu'a Pola. En ce qui me coocerne, je me rattache a cette transaction raisonnable et Equitable. La guerre actuelle est une guerre de d^livrance pour les nationalit^s jusqu'ici opprim^es ou ^cras^es par rAUemagne ou la Hongrie. C'est une guerre qui doit assure^ pour longtemps la paix de TEurope. Or, Timp^rialisme italien supposerait comme Timp^rialisme allemand des peupl^s sacrifi^s dans un int^r^t ^'goiste a un ^l^ment Stranger. Ce serait pour Tavenir une source de troubles nouveaur; 11 ne faut pas recommencer sur les bords de TAdriatique I'erreur dont I'Alsace et le Schleswig ont souffert et que TEurope a commise a propos de la Bosniei-Herz^govine.
II faut d'ailleurs — tout en reconnaissant a ritalie la supr6matie militaire — que le nouvel Etat sud-slave puisse d^velopper sa vie ^conomique, que des relations de commerce puissent s^6tablir directement entre I'Espagne, la France et Tltalie ellemSme et la c6te slave de Dalmatie. II est done indispensable que la Confederation illyrienne ait en sa possession un certain nombre de ports et qu^elle dispose d'une flotte commerciale et militaire.
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Dans la guerre actuelle ie haul commandement italien a essay6 de gagner les soldats sud-slaves en leur distribuant des proclamations ou il repr^sentait ritalie comme Talli^e des Serbes dans la lutte conlre rAutrlche.
Censure
Dans TEurope nouvelle que nous r^vons, T^tablissement d'une Italie imp6rialiste sur la rive balkanique de TAdriatique constituerait une grave anomalie et serait au point de vue de Tavenir la source de douloureuses preoccupations.
Dans la lutte contre TAllemagne, nous avons au fond tons les Slaves avec nousy^sauf les Bulgares qui ont cru devoir lier leur cause k celle des ambitions germaniques. Certains th6oriciens, invoquant les origines ethniques du nom des Bulgares voudraient les exclure d^sormais du monde slave. A ce compte-la, il faudrait en exclure les Russes dontlenom est scandinave, et nous-mSmes, dont le nom rappelle un peuple germanique, nous n'aurions plus rien k faire avec le monde latin. Ge serait une grosse erreur.
Certes la lutte des Bulgares contre leurs voisins Serbes et par suite contre nous et contre les Russes lib^rateurs a 616 une lourde faute, une faute qui doit 6tre surtout imput^e a Torigine etrang^re du prince actuel, d'un c6i6 petit-fils de Louis-Philippe, mais de Tautre md.tia6 de Cobourg et d'Autrichien. Censure
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. Censure
Ge son! 1^ assur^ment des erreurs tr^s regrettables, mais dont les consequences ne sont pas irr^parabies. Au temps jadis, les petits Etata italiens passaient leur existence a guerroyer les uns contre les autres, V^nitiens contre G6nois, Toscans contre Pisans, ce qui ne les a pas emp^chds de s'unir d^iinitivement dans le sentiment de Tunit^ nationale et la haine da Tedesco ^. 11 y a juste un demisi6cle TAllemagne 6tait divis^e contre elle-m^me et la Prusse guerroyait contre les Etats du midi et contre rAutrichCf aujourd'hui ses allies et m6me ses valets. II y a quarante ans, Gladstone d^non* Oait k I'Europe les korreurs bulgareSy c*est-i-dire les abominations ^ommises par les Turcs contre ces Bulgares, aujourd'hui, k leur tour, violemment accuses de trahison par leurs congta^res serbes et par leurs ennemis h^r^ditaires les Grecs. Et au moment ou j'^cris ces lignes, les Bulgares sont devenus les alli^Gr de ces m6mes Osmanlis qui... et r^cemment ils ^talent les allies de ces m^mes Hellenes qui nagu^re disaient d'eux Bpulgaros apanthropoSy le Bulgare n'est pas un homme. Au fond, toutes ces combinaisons politiques ne se rattachent qu'^ des int6r6ts mondentan^. Le jour oil Serbes et Bulgares, en d6pit des souyenirs du roi Milan, le premier coupable et du roi Ferdinand, le second, auront compris que leur int^r^t majeur est de s'entendre pour consolider la