‹ Le panslavisme et l'intérêt françaisChapitre 61 sur 67 · L*Allemand · texte numérisé non relu

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grande Confederation slave qui pent seule assurer leur avenir et le n6tre, ce jour-1^ la paix sera faite entre les deux fri^res ennemis, et nous avons le plus grand int^r^t k ce qu'elle se fasse, k ce que le monde slave tienne k I'Adriatique par la Confe* deration illyrienne, autrement dit TEtat serbocroate et k TArchipel par la Bulgarie. Quelles seront exactement les limites du nouvel Etat bulgare? L'Europe a, pour le plus grand profit de TAliemagne, perdu quarante ann^es depuis le traite de San Stefano. Peut-6tre faudrait-il purement et simplement y revenir.

Je n'ai point parie de Constantinople, viile dans laquelle je me plaisais nagu^re a voir la future capitale d'une Confederation balkanique, qui apr^s avoir expulse les Turcs, aurait compris la Roumanie et la Gr^ce. Pour le moment je laisse ces deux Etats en dehors de mes combinaisons. Si cependant la Confederation slave reussissait a s'organiser, la Grece integrale et la Roumanie integrale seraient appeiees sinon k en faire partie, du moins k g'appuyer serieusement sur eile et a graviter dans son orbite politique comme le Portugal gravite dans celui de TAngleterre. C'est ainsi que la Hongrie, qui sent TAutriche se derober sous elle, cherche a se rapprocher de la Grande-Aliemagne pour ne pas rester compl^tement isoiee dans TEurope orientale. Nous verrons tout a I'heure comment on pent isOler fa Hongrie de TAllemagne. En attendant nous ne pouvons, concernant la Roumanie integrate' et la Gr^ce integrate, qu'emettre timidement de pia desideria.

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En remontant vers le nord, nous rencontrons la nation tch^que, dans le royaume de Boheme, en Moravie, en Sil^sie et son prolongement naturel, les Slovaques de la Ilongrie. Actuellement les Tch^ques sont, au pbint de vue moral, un des meilleurs ^16ments du monde slave. Sans cesse en lutte contre les AUemands, ils ont pris quelques-unes des bonnes qualit^s de leurs adversaires et on pent compter sureux pourconstituerun Etat sain et vigoureux, habits par une population essentiellement laborieuse. Sous quel regime sera constitu^ cet Etat? Si c'est sous le regime monarchique, la question est de savoir a quelle nation sera emprunt^ le roi. Jusqu'ici, FAllemagne avail, ^t^ en possession de fournir des souverains et des souveraines aux jeunes peuples de son voisinage et Ton saiit dans quel embarras ces peuples se sont trouv6s r^cemment encore par suite de cette circonstance. 11 faudra certainement renoncer k cette pratique. J'ai racont^ ailleurs que nagufere, apres la demission du prince Alexandre de Battenberg, j 'avals engage les Bulgares k proclamer purement et simplement laR^publique^ Jen'avais pas de candidal a leur recommander, et je leur demandai s'ils ne croyaient pas que la solution la plus simple ^tait d'^riger leur pays en R^publique. lis n'avaient point de descendant d'anciennes dynasties, ils n'avaient point d'arrstocratie h^r^ditaire. Ils constituaient essentiellement un peuple de laboureurs et de marchands.

1. Serbes-Croates et Bulgares, p. 208. (Paris, Maisonneuve* 1913.)

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Pourquoi ne pas faire Tessai d'une constitution r^publicaine? II serait toujours temps de chercher un prince, si vraiment les Bulgares 6taient hors d'etat de s'en passer.

Mes interlbcuteurs ne se laiss^rent point persuader par mes arguments ; ils connaissaient leur peuple mieux que Moi, ils sentaient fort bien qu*aux instincts anarchiques h6r^ditaires chez les Slaves, il fallaitopposerunfreinvigoureux, imposer un moderateur. Un prince venu de Tdtranger ^tait seul capable de planer au-dessus des partis et de les concilier.

Les Bulgares s^adressferent d'abord au prince Valdemar de Danemark qui, malgr^ sa parentd avec les cours de Copenhague et de Saint-P^tersbourg, n'a point accept^; de d^sespoir, ils se tournferent vers un candidat qui r^uriissait dans ses veines le sang des d'Orl^ans et celui des Cobourg. Pendantdelonguesann6es, ilsn'ont euqu'a sef^liciterdeleurchoix; maisalasuite d'un second mariage avec une princesse allemande, le sang des Cobourg a fini par pr^valoir et Dieu sait a quels abimes la Bulgarie pent 6tre entrain^e par la m^galomanie d'un prince devenu trop docile aux influences germaniques.

Pour le royaume. tch^co-slovaque que nous r^vons, la France r^publicaine n'a malheureusement point de prince b. ofi'rir. A quel pays s^adresser? A TAngleterre? Au Danemark qui jadis, fournit une reine k 4a Boh^me ? A Tltalie?

Probl^me angoissant et d'une solution difficile. La Boh^me, malgr^ ses traditions bussites, restc

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une natioa catholique, qui tient au sacre de ses rois et qui n'aocepterait peut-dtre pas volon tiers un souverain de religion r^formee. D'aulre part y a-t-il dans raristocratie nationale, Irop souvent inf^od^e a Vienne, une famiile jouissant d'un prestige assez considerable pour s'imposer k la nation? Gette famiile, je ne la vois pas et les derniers ^v^nementsne Tout pas r^v^lee.

II y a la un probl^me angoissant et sur lequel on ne saurait trop r^fl^chir *, '

D6s le debut de la guerre, les Tchfeques ontsufflsamment montr6 leurs sympathies pour nous et pour la Russie. Des legions tchfeques se sont organis6es en France et en Russie. Des journaux tcbSques, qui prechent remancipation definitive des pays tch^ques et slovaques, se sont fond^s en France et en Russie. Gr&ce a la liberalite des colons tch^ques d'AmeriquCjUn journal bimensuel. La Nation Tcheque^ a pu paraitre 'k Paris et ce journal, vigoureusement mene par mon vaillant collogue, M. Ernest Denis, aura certainement contribue a edaircir les id^es un pen troubles de quelques-uns denos hommes d'Etatetdenospublicistes, Gependant nous entendons encore de braves gens* qui sollicitent notre pitie et notre sympathie pour cette pauvre Autriche-Hongrie. U y a encore de na'ifs catholiques, qui, en face de la Prusse lutherienne, r^vent pour lui faire contre-poids

1. Ceci 6tait 46rit avant la Revolution russe. Apr^s les ev6nemenl8 qui se sent passes h P6trograd il est pr6bable que la Russie ne ferait pas d'obstacles a retablissement d'une r^pubiique de Boh6me et d'une republique de Pologne.

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d'ane Autriche ultramontain^, je n'ose dire chr^tienne. Gette Autriche catholique, elle a ^6 absolument tu6e par rimb^cillit6 criminelle de Francois-Joseph. Elle ne renaitra point, II faut qa'elle disparaisse de Tfiurope, U n'y a point de peuple autrichi^i. 11 n'y a qu'un ensemble de nationalit^s qui doit etre disloqu^.

La Hongrie^ isolde et mutil^e, pourra, si elie le yeut, garder a son roi le titre d'apostoliqne et. comme nous comptons bien Tamputerde tous ses appendices strangers, Serbes, Groates, Roumains, Slovaques et Russes, elle aura tout le loisir de m^diter sur le mot de son roi saint Etienne : Regnum unius linguse imbecille est, Qu'elle entende imbecille comme elle le voudra. Malheureusement pour lui, le royaume de Boh^me recevra en heritage du regime ant^rieur environ deux millions d'Allemands qui ^laient jusqu'ici fort insolents^ puisqu'ils s'appuyaient k la fois sur Vienne et sur Berlin. Ge double appui venant a leur manquer, il y a lieu d'iinaginer qu'ils seront beaucoup plus modestes et se tiendront beaucoup plus tranquilles. Si Thistoire nous ofTre de nouveaux sp6ci-* mens de Tch^ques germanis^s elle n'en offre pas moins de Germains tch^quis^s. II y aura lieu de prendre des mesures pour r^duire ceux qui ne voudraient pas se soumettre, pour les obligor au besoin a quitter le royaume et pour assimiler ceux qui montreront quelque bonne volont^. Les Tch^ques k ce point de vue n'auront qu'a s'inspirer de de ce qui s'est faitchez les Magyars. Patere legem quam fecistu

Les Tch^ques auront un r61e int^ressant a remplir, celui d'exercer pour le compte de la F6d6ration panslave, la tutelle des Serbes de Lusace (voir plus haut, page 23), auxquels,d'apr^s une tradition s^culaire, lis fournissent d6\k le clerg^ catholique. Ces Serbes devront 6tre absolument soustraits a la domination de TAllemagne, c'esti-dire dans Tesp^ce, de la Saxe royale et de la Prusse. lis devront faire partie de la Confederation slave etj pour honorer le souvenir historique qU'ils symbolisent, ^tre repr^sent^s par une voix dans le Conseil central des Etats slaves. II nous faut une revanche absolue de la race slave contre le germanisme et Tindependance des Serbes de Lusace est Tune des consequences de cette revanche. Au besoin, une bandede terrain enleveea TAUemagne pourra etre menagee pour etablir la communication entre la Lusace et le royaume de Boheme.

Le pays tch^que-slovaque, s6pare des Slaves m6ridionaUx est malheureusement sans contact et sans communication directe avec eux. Je me rallierai tres volontiers a Tid^e emise par M. Ghervin dans son interessante etude sur VAutriche et la Hongrie de demain, (Paris, Berger-Levrault, 1915). II propose d'etablir, entre les pays slovaques et les pays sloveno-croates, un corridor tailie sur les comitats hongrois de Moson, Soprony, Vas et Zala. « Cette region tampon, dit M. Chervin, constituerait un territoire de forme quadrilat^re, sorte de couloir de 80 k 100 kilometres de large sur 200 kilometres de long. Ce couloir serait borne, h. Touest par la Leitha et la frontiere autrichienne

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aotuelle, jusqu'au point ou elle rencontre les districts Slovenes de la Syrie, c'esU-i-dire jusqu'a la ville de Radkersbourg (Radgona), situ^e sur la rive gauche de la Mur ; au sud, il suivrait la rive gauche de la Mur j u squ'A son confluent avec la Drave; ^ Test, partant de ce confluent, illongerait lalimite orientale du comitat de Zala, jusqu'^ Tangle inf6rieur du lac Balato^i (l^quel resterait tout entier a laHongrie^), puis suivrait la rive droile de la Zala, jusqu'a son coude, gagnerait la rive gauche de la Marczal et du Raab, jusqu'^ son embouchure dans le Petit Danube. Enfin au nord il s'appuierait au Danube de Raab (Gyor) k Poszony (Presbourg).^

« Ce corridor, ajoute M. Chervin, servirait tout h. la fois : 1° A isoler les Autrichiens du Hongrojs ; 2° A faire communiquer les Slaves du sud avec tousceux du nord. Mais son utility n'apparait pas' seulement au point de vue politique, mais surtouf au point de vue 6conomique. Rien ne serait plus facile, en effet, que de construire un chemin de fersurles 200 kilometres de ce couloir pour transporter, sans passer, ni par Vienne, ni par Budapest, toutes les marchandises des pays slaves a destination de TAdriatique...

« Qu'on r^fl^chisse h Timportance que TAutriche et I'AUemagne accordaient k la route de Salonique pour faire arriver les produits allemands jusqu'^

1. Balaton est tout simplement la forme magyarisee du slave blatOf mar^cage. (L. L.)

2. Je rappeUe que Presbourg fut au d6but du xix^ sifecle un des principaux foyers de la culture slave. Voir plus haut (p. 134) le chapitre sur KoUar. (L. L.)

la mer Eg^e, on comprendra mleux encore la portie que pourrail a%oir ce couloir traverse par un chemin de fer qui n*anrait pas k compter arec la douane autrichiefine ou hongroise et qui ne^risquerait pas d'etre ferm6 4 rexportation ni au transit d'aucune marchandise slave.

' « DonC) tant au point de vue politique qu'au point de vue ^conomique, la creation de ce couloir, de cette marche slave dont je n'ai fait qu'esquisser k grands traits la constitution, me parait d'une utility primordiale. »

J'imagine qu'il ne serait pas sans int^r6t pour nous — ne Mt-ce qu'au point de vue commercial — de pouvoir communiquer directement par TAdriatique avec les pays tch^ques, slovaques, par suite, au besoin, avec la Pologne. *

Evidemment, il y a laune id^e a creuser. Ce couloir serait d'ailleurs facile d slaviser; il suffiraitd'y ,d6verser une partie des Tchftques, des Slovaques et des Groates qui jusqu'4 ces derniers temps 6migraient en Am^rique ou en Russie.

Je ne quitterai point la Boh^me sans exprimer un desideratum. C'est celui de voir la viile de Prague remplacerd^sormais Leipzig comme centre de la librairie slave. II est vraiment honteux que pour ^changer entre eux des livres, c'est-A-dire des id^es, les Slaves aient dil pendant tant d'ann6es recourir k Tinterm^diaire des Teutons.

La Boh^me est. ou plut6t 6tait, au point de vue industriel, la perle de TAutriche. Nous aurons le plus grand int^r^t 4 faire avec elie un certain nombre de transactions que nous faisions avec

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rAllemagne, notamment avec la Bavifere. Le r61e denotre consul devra Mre des plus considerables; une fois ^mancip^s des produits allemands, les Tch6ques ne demanderont qu'A s'ouvrir, largement aux produits frangais^ II y ailrait lieu d'organiser des foires annuelles^ dans les grandes capitales slaves, notamment & Prague. Varsovie et Kiev. Nous serous les clients naturels de celle de Prague. 11 y aurait lieu d^ailleurs de cr6er entre les difKrents Etats f^d^r^s un Zollverein analogue k celui du monde germanique.

Tout le monde est d'accord aujourd'hui pour souhaiter la resurrection de la Pologne et pour reconnaitre la faute comraise dans les diverses conventions Internationales qui ont n^glig^ les int6r6ts du pen pie jliolonais — autrement dit de rhonneur et de la justice. Dans quelles limites la Poiogne sera-t-elle retablie ? C'est une question sur laquelle il faudra s6rieusement rM^chir pour ^vi-

1. Je lis dans une brochure publi^e k Chicago sous le titre Memorandum de la tranche tcheque du parti sbcialiste :

La Boh^me et la Moravie, les pays les plus riches et les plus cultives sont forces d'alimenter la caisse de TAutriche- Hongrie pour ses exigences militaristes. Ce sont les milliards tch^ques qui servent h Clever les forteresses et k fondre les canons. G'est le soldat tcheque, qui par ses facult^s intellect tuelles est, contre sa voIont6,'le raeilleur 616ment de I'arm^e autrichienne. L-ind^pendance des pays tch^ues, constitute sur le plan de la federation des Etats suisses, portera un coup terrible au militarisme de TAutriche et de I'Europe enti^re.

G^est peut-^tre un peu exag^r^. N'oublions pas que ce sont des socialistes qui parlent. Mais il est certain que, priv^e des ressources de la Boti^me, TAutriche sera singuli^rement appauvrie.

ler des complications ult6rieures. II est Evident qu'il ne s'agit pas de la Pologne historique ant^rieure k 1772. II s'agit de la Pologne ethnique qui parait devoir ' constituer un total d'environ vingt millions d'hommes group^s autour des trois capitales (Poznan (Posen), Cracovie, Varsovie). Pour les groupes diss^min^s en minority dans certains gouvernements russes (Volhynie, Podolie), tout ce qu'on peut souhaiter, c'est la liberty religieuse et la liberty de Tenseignement priv6. Les Polonais qui voudrontvivre d'une vie nationale plus intense, auront toute liberty de se replier sur le foyer central. «

Nous n'oublions pas qu'il s'agit ici de constituer la race slave non seulement pour elle-m^me, mais aussi contre I'Allemagne. II est done indispensable que la Pologne nouvelle poss^de tout le cours de la Vistule qui assure ses d^bouch^s economiques dans la mer Baltique. Cette domination de la Vistule entrainera la domination de la Prusse orientale, y compris Koenigsberg. Koenigsberg est consid^r^ actuellemenl comme un des principaux foyers de la vie et de l'id6e prussiennes. C'est la que les rois de Prusse se font couronner. II ne suflira pas d'avoir bris^ les serres de Taigle, il faut le d^loger de son nid. Quant aux Allemands de la province, s'ils ne veulenl pas retourner dans la m^re patrie, dont ils sont sortis nagu^re, il sufflra de leur appliquer, dans toute leur rigueur, les r^lements de Tadministration prussienne en Poznanie. Ils auront k se poloniser ou k s'exiler.

Autant il conviendra d'etre rigoureux vis-A-vis

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des AUemands, autant il est n^cessaire d'introduire daDs les relations entre Russes et Polonais un esprit de tolerance et d'6quit6. II faut avant tout que les deux nations s'accordent mutuellement une amnistie pleine et enti^re. 11 convient de renoncer k toute id^e de propagande ethnogra-

. phique ou religieuse. Nous ne sommes plus, 4 r^poque des J^suites, h T^poque ou les Polonais s4maginaient de bonne, foi qu'ils sauvaient des

' dmes en faisant des Uniates et a T^poque plus r^cente ou les Russes r^unissaient de force des Uniates h. TEglise orthodoxe. La tolerance absolue doit 6tre la loi de la Pologne nouvelle et de sa voisine la Russie. Cette Pologne n'a pas plus a se m^ler des conflits ^veatuels entre les Grands et les Petits-Russes, que nous aulres Frangais n'avons celui d'intervenir dans les querelles des Wallons et des Flamands de Belgique, des Suisses romands et allemaniques, des Hants et des Bas-Allemands* Pays essentiellement agricole, la Pologne pratique aussi la grande Industrie dans des regions malheureusement trop souvent envahies, m^me en temps de paix, par les Allemands {h. Lodz, par exemple). Les Allemands devront 6tre, par tons les moyens, 61imin6s ou assimil6s. On pourra au besoin les remplacer par des Tch^ques qui sont aussi industrieux. Par le port de Danzig (ou mieux Gdansk qui est la denomination polonaise^), la Pologne pourra exporter chez nous et il est k souhaiter qu'un service r^gulier soit ^tabli entre

1. Cette forme est plus proche cpe la forme allemande de la denomination latine qui dtait Gedanum.

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la Havre ou Dunkerqnd et ce grand port devenu polonais.

Que si la Prusse orientale, morceau assez dur k dig6rer, semble trop difficile k assimiler pour la seule Pologne, on pent conrenir d'un partage avec le Toisin russe. La Passarge, par exemple, pourrait seryir de fronti^re aux deux Etats; ia Pologne se ohargerait de Uailzig et la Russie de Kcenigsberg. Ge qu'il faut, c'est que le gertnanisme disparaisse absolument de ces regions; ausrotten^ dirons-nooB k noire tour et que la Baltique y redevienne — ce qu'felle ^tait nagu^re sur tout son littoral — une mer slave.

Nous ne voulons point tracer ici les limiies exactes de la Pologne du c6t^ du monde russe. II y a I^ des questions d^licates qui tiennent fort au cceurdes deux nations etqui devront Mre r^solues dans un esprit de concorde et de tolerance.

Puissent les deux parties avoir I'id^e dans les cas trop complexes ou trop ^pineux de recourir k des tiers arbitres absolument d^sint^ress6s.

Un point d^iicat k r6gler dans la question polonaise, c'est celie du regime politique. D'apr^s les traditions historiques, la Pologne. 6tait un £tat r^publicain-aristocratique, pr6sid6 parun roi ^lectif. Ce regime a fait ses preuves. Elles ^taient d^testables; il faudra trouver autre chose.

On se rappelie qu'au d^but des hostilit^s, dans V6i6 de Tann^e 1914, le grand-due Nicolas avait adress6 au peuple polonais une proclamation qui lui promettait avec un regime nouveau la reparation de tons les torts des temps passes.

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