L'IDÉE PANSLAVE CHEZ LES POÈTES, LES LITTÉRATEURS ET LES PHILOLOGUES
Témoignages dalmates, polonais, tchèques, Slovènes, serbes ^de Lusace).
Chez les érudits, chez les poètes, chez les grammairiens, c'est un lieu commun que d'exalter la gloire et la grandeur de la race slave : « II n'y a pas de peuple aussi grand que le nôtre », écrit au xvi* siècle le croate Vrancic (1505-1573), plus connu sous le nom latin de Verantius. « Notre langue ne se cache pas dans quelque coin du monde, mais elle est en usage, dans beaucoup de grands empires », écrit en 1562 son compatriote Antoine Dalmatin.
Au XVI* siècle les poètes polonais — bien qu'ils aient quelques raisons d'être fiers de leur nation — aiment à exalter le nom slave.
Ainsi Grochowski (1554-10 12) écrit La Calliopc slave, Zawicki (xvi' siècle) les Charités (autrement dit les Grâces) slaves, Wilkowski (xviu^ siècle) La Sapho slave en Vhonneur de la glorieuse victoire de Smoleyuk, Miaskowski (1549-1022) l'Hercule slave.
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Dans un de ces poèmes, le rossignol slave embrasse d'un coup d'œil tout l'ensemble des peuples slaves et les fait apparaître dans l'histoire bien avant l'époque où leur existence est réellement constatée.
« On les voit sur les sommets élevés de Prométhée, (le Caucase). On les voit sur l'océan Glacial. Ici les Vénètes qui donnent leur nom à une mer (la Baltique, Sinus Venetus), ici les Rossanes, d'où les Russes ont tiré leur nom, ici les Laxes, d'où viennent les Lechs (les Polonais) * là, les puissants Ceclis, d'où tirent leur nom les Tchèques actuels, puis les Bulgares sur le Danube, les Slovaques, les Serbes, les Antes, les Bosniaques et les vaillants Croates. Contre tous ces peuples les Césars romains luttent en vain. Le peuple slave s'établit jusque sur les bords de l'Adriatique, sur les rives de l'Elbe glacée. »
Chez les Tchèques, le chroniqueur Hajek (mort en 1553), fait descendre les Slaves de Japhet, leur assigne en partage les pays serbes, bulgares, croates, russes et moscovites; il y ajoute même les Valaques qui pratiquaient alors la liturgie et l'alphabet slaves.
Au xvin' siècle, la triade symbolique Czech, Lech et Rous est tellement populaire qu'elle se retrouve môme dans les livres d'éducation publiés par les Jésuites, dont la plupart s'étaient cependant donné la mission d'extirper du pays la nationalité slave.