Slava veut dire gloire
l'idée panslavb chez les poètes 51
On ignore comment Pierre le Grand accueillii cet liommage. Ce qu'on sait, c'est qu'il revint quelques années plus tard et qu'il visita Wittenberg. Dans cette visite, il était accompagné par des étudiants serbes qui lui donnaient des explications en leur langue. S"'ils parlaient le serbe pur il ne dut rien comprendre ou lit semblant de comprendre par politesse. Peut-être quelqu'un de ses ciceroni avait- il quelques notions de slavon et put-il s'exprimer dans un nègre intelligible.
Michel Frencel eut un fils, Abraham, qui a écrit en latin un gros volume De Originibus lingux so rabicx (Bautzen 1G93) oii il fait venir cette langue de l'hébreu, ce qui rattache à l'hébreu tous les idiomes slaves. Il y parle avec orgueil de l'immensité de sa race qui s'étend en Orient jusqu'à la Tatarie et jusqu'à Constantinople. En tête du volume figuraient, suivant l'usage du temps, des vers latins en l'honneur de l'auteur et du sujet traité. L'un des poètes s'écrie :
Si par virtuti Slavis fortuna fuisset, Orbis adoraret slavica sccptra tremens.
Si la fortune des Slaves avait égalé leur courage (ou leur vertu) le monde adorerait leur sceptre en tremblant.
Ce vœu du versificateur complaisant est bien loin, hélas! d'être réalisé.