C'est-à-dire du môiiio langue
entre les dialectes slaves moins de différences de prononciation qu'entre les Misniens, les Saxons et les Flamands. »
Même chez le plus petit des peuples slaves, chez les Serbes de Lusace, nous retrouvons cette conscience et cet orgueil de la nationalité slave. Le prêtre luthérien, Michel Frencel (1608-1706) s'inspire des bibles tchèque et polonaise pour ses traductions de l'Ecriture et pousse si loin son patriotisme qu'il raconte dans un sermon que même en Chine on parle wende (c'est-à-dire serbe). Quand Pierre le Grand passe à Dresde, Frencel lui fait remettre ses traductions de l'Evangile et des Epîtres.
Il accompagne son envoi d'une dédicace où il salue « le souverain de beaucoup de millions de sujets qui parlent notre langue serbe ou sarmate (c'est-à-dire slave), le souverain qui a honoré de sa présence la ville de Dresde construite naguère parles Serbes (Cf. plus haut c'nap. il). Il rappelle la légende de trois frères Czech, Lech et Rous et il conclut ainsi :
« J'honore et vénère Votre Majesté Impériale, moi prédicateur wende ou serbe en Lusace de l'Électeur de Saxe, et, comme les Russes ou Moscovites parlent notre langue serbe ou slave, autrement dite glorieuse*... je vous présente ces traductions en vous priant de les emporter dans votre Russie ou Moscovie afin que les Moscovites apprennent par ces livres que la vcVritable religion luthérienne fleurit en Saxe. »