‹ Le Pantcha-TantraChapitre 110 sur 114 · ET SON DISCIPLE · texte numérisé non relu

ET SON DISCIPLE

de mort que .vous venez de m’indiquer, m’arracher moi-même la langue , ou me laisser suffoquer à la fumée d’encens, me paraissent des supplices trop terribles , et je ne possède ni assez de courage ni assez de fermeté pour les subir. Je préfère mourir en me noyant dans l’étang. Je me plongerai petit à petit dans l’eau, et par ce moyen je perdrai pour ainsi dire la vie sans m’en apercevoir. Avant de mourir, j’ai une grâce à vous demander , c’est* que vous veuillez bien m’accompagner jusqu’à l’étang pour m’encourager à la mort et me donner votre assirvahdam ( bénédiction ). *

Le djangouina, satisfait des dispositions de son disciple, accéda volontiers à ses désirs, et le suivit jusqu’au bord de l’étang , dans lequel celuici s’avança avec beaucoup de fermeté. Le gourou le regardait de loin et l’exhortait à se soumettre courageusement à sa destinée. Il lui représentait le bonheur auquel il allait bientôt avoir part dans le kailanam (i). Le disciple s’enfonça petit à petit dans l’eau jusqu’au cou. Se v tournant alors vers lé djangouma : Seigneur gourou, lui dit-il, sur le point de mourir, encore une dernière grâce : daignez me prêter un instant '

(4) Diom dupa radis de Siva. ; .

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votre lingam, je veux l’adorer et lui offrir un dernier sacrifice, après quoi je mourrai content.. Le djangouma 11e se défiant de rien , consentit sans difficulté à cette nouvelle demande de son disciple. Celui-ci vint sur le bord recevoir le lingam de son gourou', et rentra dans l’étang. Quand il eut de l’eau jusqu’au cou, il laissa tomber, comme par accident, le lingam qu’il tenait entre ses mains, et se tournant vers le djangouma, il s’écria avec l'apparence d’une vive émotion : Ah seigneur! ah seigneur gourou! quel autre malheur! quel grand malheur! votre lingam est aussi perdu , il vient de m’échapper des mains et il est tombé au fond de l’étang. Quel événement cruel! que je plains votre destinée! car pour moi, si ce n’était l’attachement que je vous porte, cet accident, tout déplorable qu’il est, je devrais le béuir, puisqu’il va me devenir une source de bonheur en me procurant le précieux avantage de mourir en compagnie aveempn gourou , mon guide spirituel. Oui , seigneur gourou , nous mourrons ensemble , puisque nous avons perdu l’un et l’autre notre lingam; je mourrai avec vous et à vos pieds, et j’espère que vous voudrez bien me conduire à votre suite au paradis du Dieu Siva. En disant ces mots, le disciple s’approcha du djangouma, qui, pâle et trem-

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