LE BRAHME, LE CROCODILE, ETC
bécille, dit-il au brahme, que les dangers que tu as courus t’enseignent la prudence, et apprends qu’on ne doit jamais contracter ni amitié ni alliance avec les méchans.
Le renard rassembla ensuite sa famille, avec laquelle il se régala de la chair du crocodile qu’il venait d’écraser; quant au brahme, après avoir accompli le but de son pèlerinage en se lavant dans les eaux sacrées du Gange, il reprit le chemin de soif agrahra, où il arriva sans autre accident.
Lorsque l’écrevisse eut fini son récit : Que cet exemple, dit-elle au brahme, t’apprenne qu’il n’y a point de pacte à faire ni de foi à garder avec les méchans, et que lorsqu’on les a en son pouvoir, il faut les détruire sans pitié. En disant ces mots, elle serra fortement le corbeau qu’elle tenait par le cou et l’étrangla.
Ainsi délivré d’un si grand danger, le brahme Cahla-Sarma , prenant avec lui l’écrevisse , continua son voyage et arriva enfin aux bords du Gange , dans lequel il la lâcha comme elle l’avait désiré ; et lui ayant témoigné sa vive reconnaissance pour le service essentiel qu’elle lui avait rendu en lui sauvant la vie , il fit ses ablutions et reprit ensuite la route de son pays , où il arriva heureusement.
aventures de sandjivaca, etc.
En terminant cette histoire , Carataca adressa encore quelques réflexions à Damanaca : 1 u vois, lui dit-il , par ces exemples de quel avantage il est d’agir de concert et de se porter mutuellement secours dans la vie. Ne pensons donc plus a séparer nos intérêts et retournons à la cour du roi lion pour pouvoir nous servir d appui 1 un à l’autre.
<£aratara et Damanaca sc îtctcrmincnt enfin à rcnîirc auprès ï>u Roi Cton.
Damanaca, convaincu par les raisonnemens de son ami, consentit enfin a 1 accompagner, résolu de partager sa bonne ou sa mauvaise fortune. Ils se mirent donc en route sur-le-champ, et s’étant présentés d’un air humble auprès du lion, celui-ci, avant de leur découvrir le sujet des inquiétudes dont il était agité, exigea deux la promesse solennelle d’un secret inviolable , et leur fit prêter serment qu’ils ne le trahiraient pas et qu’ils oublieraient tous les affronts et les autres sujets de mécontentement qu’ils pourraient avoir reçus de lui auparavant.
Après que les deux renards lui eurent juré de