‹ Le Pantcha-TantraChapitre 20 sur 114 · LE LION ET LE CORBEAU · texte numérisé non relu

LE LION ET LE CORBEAU

fort et plus puissant que nous. Mais il est certaines entreprises qui, bien qu’au-dessus du pouvoir des forts , sont exécutées avec facilité par les faibles.

Ce fion ft U tfarbmu.

Sur le sommet du mont Mahamèru était planté un manguier qui produisait des fruits d’un goût délicieux. Un lion qui passait près de cet arbre eut envie d’en goûter , mais les branches étaient si hautes, que, malgré tous ses efforts, il ne put jamais y atteindre. Pendant qu’il se consumait en tentatives inutiles , tourmenté par le désir de manger de ces fruits, un corbeau vint se reposer sur l’arbre, et cueillant à son aise les meilleurs fruits qui s’y trouvaient , il s’en fut rassasié dans quelques momens; et le lion, après avoir attendu vainement sous l’arbre pendant long-temps, fut obligé , faute de secours, de se retirer avec la douleur et la honte de n’avoir pu faire ce qu’un corbeau avait exécuté sans peine.

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AVENTURES

J5anî>jitwira cet introduit à la four î>u Cion.

En terminant cette histoire, les deux renards engagèrent Sandjivaca à les suivre à la cour du roi lion. Le taureau, ne se défiant de rien, les y accompagna, et lorsqu’ils furent parvenus à peu de distance de la résidence royale , ils lui dirent de s’arrêter et d’attendre qu’ils eussent annoncé son arrivée à leur maître. S’étant rendus immédiatement auprès du lion pour lui faire part du succès de leur ambassade, ils coïnmencèrent par faire valoir leurs services. Le roi taureau qu’ils lui amenaient, était, disaient- ils, d’un naturel colère, méfiant et opiniâtre; ils avaient eu la plus grande peine à l’engager à vivre en paix et en bonne intelligence avec lui; mais enfin , à force d’adresse et de promesses , ils avaient réussi à en faire un allié fidèle et un ami sincère.

Ravi de joie que les choses eussent eu une issue si favorable, le lion combla d’éloges ses deux ministres et exalta leur zèle, leur fidélité et leur attachement à ses intérêts.

Le lendemain matin , les deux renards retour-

DE SANDJIVACA.

nèrent à l’endroit où ils avaient laissé Sandjivaca, et l’amenèrent à la cour du lion: celui-ci, instruit de son approche, et voulant recevoir son nouvel allié avec pompe et dignité , s’assit sur son trône , environné de tous les grands de sa cour.

Lorsque Sandjivaca lui fut présenté, il le considéra long-temps en silence et avec admiration , et s’estima très-heureux d’avoir, par l’entremise de ses deux fidèles ministres, acquis un allié qui paraissait si fort , et qui possédait des armes si puissantes, soit pour l’attaque, soit pour la défense. Il le conduisit aussitôt dans l’intérieur de son palais , et lui délégua une partie de son pou- * voir royal , se flattant en même temps qu’après s’être fait un allié et un ami aussi puissant , il n’avait désormais à craindre les poursuites d’aucun rival , et qu’il pourrait régner dans la suite dans une paix et une sécurité profondes.

Le lion et Sandjivaca vivaient tranquillement dans la plus parfaite union, et trouvaient tant de charmes dans la société l’un de l’autre, qu’ils ne se séparaient presque plus , et le lion n’allait plus à la chasse que lorsqu’il se sentait vivement pressé par la faim..

Carataca et Damanaca ne tardèrent pas à S’apercevoir de la faute qu’ils avaient faite en in-

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