‹ Le Pantcha-TantraChapitre 44 sur 114 · LE TIGRE, L AIGLE, ETC. I2C · texte numérisé non relu

LE TIGRE, L AIGLE, ETC. I2C

Après que ces ordres eurent été exécutés, le brahme se rendit auprès de l’éléphant, et fit semblant de répéter sur lui quelques mantrams ou prières conjuratoires, et d’accomplir quelques autres cérémonies superstitieuses; après quoi, instruisant de sa délivrance le serpent qui résidait dans la trompe de l’animal, il lui commanda d’en sortir. Ses ordres furent aussitôt exécutés, et la trompe de l’éléphant n’eut pas plus tôt été délivrée de la présence de ce dangereux reptile , que l’animal malade se sentit soulagé: il devint soumis et traitable comme auparavant ; il mangea l’herbe et but l’eau qu’on lui apporta, et bientôt il ne donna plus la moindre marque de douleur ou d’inquiétude.

Dès que le roi fut informé que le brahme qu’il avait fait charger de fers quelque temps auparavant, avait en effet délivré dans un instant son éléphant des maux cruels qu’il endurait, il ordonna qu’on lui amenât cet homme extraordinaire, et voulut savoir son histoire: le brahme lui raconta les principales circonstances de sa vie, et lui rapporta sur-tout dans le plus grand détail son aventure avec les animaux et l’orfèvre qu’il avait autrefois retirés d’un puits profond ; il n’oublia pas de lui faire connaître les témoignages de reconnaissance qu’il avait reçus en

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particulier de chacun des animaux qu’il avait délivrés ; tandis que l’orfèvre l’avait payé de la plus noire ingratitude en lui enlevant toutes se£ richesses, en inventant contre lui des calomnies atroces, et en le dénonçant comme chef de voleurs.

Le roi avait entendu l’histoire du brahme |nt de surprise que d’admiration. Dès »ci eut fini de parler , le?roi donna ordre qu’on saisît sur-le-champ l’orfèvre , et qu’on pu- "hît d’une peine capitale son ingratitude et ses noires calomnies ; quant au brahme , il lui témoigna une vive douleur de tout ce qui s’était passé, et pour le dédommager des injustices dont il l’avait rendu victime sans le savoir, il lui fit des présens considérables, et lui donna en propriété des terres d’un revenu suffisant pour le faire vivre dans une honnête indépendance le reste de ses jours.

Les renards avaient remarqué avec joie que leur récit àvait attiré toute l’attention du tigre : Vous voyez par cet exemple, ajoutèrent-ils, de quoi les hommes sont capables, et qu’il n’est aucun, genre de perfidie auquel ils ne soient disposés même envers ceux à qui ils ont les plus grandes obligations. Tenez -vous donc sur vos gardes, nous ne pouvons trop vous le répéter, -v> *

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