‹ Le Pantcha-TantraChapitre 5 sur 114 · AVENTURES DU TAUREAU SANDJIVACA · texte numérisé non relu

AVENTURES DU TAUREAU SANDJIVACA

Cf «Êûttmut £anî>iit>aca, le Cton, ft Ifè îifujr fimarîis Cura tac a ct-Damanaca.

• Un? marchand nommé Dana-Nahica, de la ville de Cahta-Faty-Patna i avait entrepris un long voyage pour se procurer des marchandises rares et de grand prix. Il conduisait avec lui un grand nombre de bœufs destinés à transporter Tes objets de son Commerce. Comme il traversait une forêt, un de ses meilleurs bœufs appelé Sandjivâca , ayant fait un -faux pas, se prit le pied entre deux grosses pierres, et* dans les efforts qu’il fit pour se dégager, il se démit la .jambe. Le marchand, ne trouvant aucun remède à ce

' DE SANDJIYACA., ETC. 3l

mal, aima mieux faire le sacrifice de ce bœuf, que de retarder son voyage, il l’abandonna donc au milieu decette forêt et continua sa route.

Le taureau Sandjivaca, ainsi délaissé, languit long -temps; cependant l'herbe fraîche et l’eau claire qu’il trouvait dans la forêt le rétablirent peu-à-peü ; à la fin il devint gros et gras, et ne se ressentit plus de l’accident qui avait causé son abandon dans cette solitude.

Dans le voisinage habitait un lion ; c’était le souverain de la forêt, et il y exerçait un empire absolu sur tous les autres animaux qui y avaient établi leur demeure. Ce lion avait eu . pour ministres deux renards. Carataca et Damanaca ( c’était le nom de ces deux ministres ) , s’étant, dans une certaine occasion, conduits d’une manière peu respectueuse avec leur maître, celui - ci les avait chassés ignominieusement de sa cour, avec défense de se présenter à l’avenir en sa présence.

C’était le temps que ces deux ministres disgraciés vivaient dans la retraite, tih jour le roi lion, altéré par l’ardeur d’un soleil brûlant, vint 'au bortl du fleuve Ÿoumna pour s’y désaltérer; il avait étanché sa soif et allait reprendre la route de son palais, tout d’ün coup il ënternl une voix effroyable (c’était le mugisse-»

3‘i AVENTURES DE SANDJIVACA.

ment de Sandjivaca ). D’on venait cette voix qui le frappait pour la première fois? Quel était l’animal capable de produire un bruit si épouvantable? Çe devait être sans doute un animal bien fort et bien puissant. Si c’était un rival qui vînt lui disputer le domaine de la forêt? Ces pensées le remplirent de trouble et d’effroi. Dévoré >cr inquiétudes, ne sachant quelles mesures prendre pour détourner les dangers dont il se croyait menacé ou comment en triompher, il lui vint en pensée de se réconcilier avec ses deux ministres; il espérait qu’ils pourraient l’aider de leurs conseils. Enfin il s’arrêta à ce dêrnier parti, et sans perdre de temps il leur députa un message et les invita à venir auprès de lui.

Carataca et JDamanara brlibcrcut s’ils sr rmitront à l'invitation bu Roi Cton.

Lorsque Carataca et Damanaca eurent reçu le message du roi, et qu’ils connurent le motif qui donnait lieu à leur rappel, ils ne voulurent pas se rendre à cette invitation , avant d’avoir fait les plus mûres réflexions sur les suites d’une pareille démarche. « Le roi, se dirent-ils l’un à l’autre.

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