KT LES MENDIA. MS
sait de faire sur ce qu’il était en apparence destiné à être et sur ce qu’il était en effet , le remplissaient de tristesse.
Pendant qu’il s’occupait des moyens à employer pour améliorer sa condition, une nuit, qu’il dormait d’un profond sommeil , il entendit en songe une voix divine l’assurer que les péchés antérieurs qui lui avaient mérité une renaissance si fâcheuse étaient remis, et que désormais il vivrait heureux : Voici, ajouta la voix, la route qui t’est ouverte pour sortir de l’état de misère dans lequel tu languis maintenant. Demain, de bon matin , tu appelleras le barbier pour te faire raser, tu iras ensuite à la rivière faire tes ablutions, puis tu reviendras chez toi, tu nettoieras bien ta maison, et tu feras tous les préparatifs usités quand on se dispose à quelque cérémonie importante. Lorsque tout sera prêt, tu te placeras respectueusement devant tes Grouha-Deva(Dieux domestiques), et tu te tiendras dans la posture d’une personne absorbée dans la méditation.
Pendant que tu seras ainsi occupé à méditer devant tes dieux, trois êtres, sous la forme de yoguy (i), se présenteront à toi et te demanderont l’aumône; tu les introduiras dans la mai-
(i) Espèce de religieux nieudiaus qui parcourent le pays.
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son, tu les feras asseoir, tu feras en leur présence les sacrifices ordinaires à tes Dieux domestiques, après quoi tu leur serviras à manger. Pendant qu’ils prendront leur repas, tu saisiras le pilon avec lequel on pile le riz , et tu assommeras ces trois mendians l’un après l’autre. Aussitôt qu’ils seront morts, leurs corps se convertiront en trois grands vases de cuivre remplis d’or et de pierreries ; tu prendras ces trois vases avec les richesses qui y sont contenues, et tu pourras vivre à l’avenir dans la jouissance de tous les biens temporels.
Le matin , à son réveil; l’orphelin , l’esprit tout occupé de ce qu’il avait vu en songe pendant la nuit, alla le communiquer à la veuve qui l’avait élevé. Saisie d’admiration en entendant le récit d’un songe si extraordinaire, elle conseilla à son fils adoptif de se conformer aux avertissemens que le ciel lui envoyait.
Le lendemain , le jeune homme se leva de bon matin, et fit d’abord venir le barbier pour se faire raser la tète. Ce dernier, surpris qu’on l’eût appelé à cette heure-là pour une pareille opération, demanda à celui qui l’avait fait venir quelles affaires si pressantes il pouvait avoir pour vouloir se faire raser avant le lever du soleil; l’orphelin répondit qu’il était obligé d’ac-