‹ Le Pantcha-TantraChapitre 72 sur 114 · L ORPHELIN, LE BARBIER, ETC · texte numérisé non relu

L ORPHELIN, LE BARBIER, ETC

jamais vu quelqu’un se conduire ainsi sans jugement et sans réflexion? Avant d’agir, l’homme prudent doit toujours examiner et prévoir les conséquences de ses actions ; quand on agit avec précipitation, ou sans prévoir les suites de ses entreprises, on s’expose aux plus grands maux, comme fit un jour un barbier.

C’©rj)l)flin , le Oarbier et les iHenîriatts.

Dans la ville appelée Fissahla-Poura , vivait un marchand qui avait acquis des richesses considérables par son industrie et son travail. Sa femme, après être restée long- temps stérile, obtint enfin des Dieux le don de la fécondité, et mit au monde un garçon; mais malheureusement cet enfant naquit sous une constellatiou très-mauvaise , qui ne présageait que des mal heurs pour lui, et pour les personnes qui l’avaient sous leur garde.

Le père et la mère, épouvantés par les mauvais augures qui accompagnaient la naissance de leur fils, résolurent de l’abandonner à son malheureux sort, et allèrent l’exposer sur le chemin public. ; \ . . /, -

ai8 l’orphelin, le barbier

Une pauvre femme vint à passer par cette route; elle aperçut cet enfant abandonné et exposé à périr bientôt; touchée d’une tendre compassion , elle le prit avec elle, le porta à sa maison , s’attacha à lui, et l’éleva avec autant d’affection que s’il eût été son propre fils.

Lorsque cet orphelin fut devenu grand, et qu’il eut atteint lage de raison , la femme qui l’avait élevé , et qui menait elle-même une vie misérable, lui raconta l’histoire de sa naissance, et la manière dont il était tombé entre ses mains. Elle lui parlait souvent des richesses que possédaient ceux qui l’avaient mis au monde, et de letat d’abondance dans lequel ils avaient toujours vécu , ajoutant qu’il était destiné à être l’héritier de toutes ces jouissances temporelles, si les péchés d’une génération précédente ne lui eussent pas attiré le malheur de naître sous une constellation contraire, dont les augures dé- ’ favorables avaient porté ceux de qui il tenait l’existence à l’abandonner.

Le récit souvent répété de cette femme produisit dans l’esprit de cet orphelin le$ sentimens de la plus vive douleur; il apprenait d’elle qu'il était né pour vivre dans les délices, et il se voyait réduit à végéter dans un état de misère affreux. Les réflexions qit’il ne ces-

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