‹ Le Pantcha-TantraChapitre 80 sur 114 · DE JUMENT · texte numérisé non relu

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je m’intéresserai pour vous auprès du propriétaire, pour qu’il vous en donne un des plus gros à ce prix. Ainsi, seigneur gourou, ajouta Badaud en finissant son récit, voilà une belle occasion pour vous procurer à bon marché un cheval d’excellente race; à mon avis, il vaut beaucoup mieux pour nous acheter un cheval encore dans l’œuf, qu’un cheval déjà tout formé., Ce dernier pourrait être vicieux, ou d’un mauvais naturel, tandis qu’il nous sera facile de façonner et d’élever comme il nous plaira un jeune poulain qui n’a pas encore vu le jour; nous pourrons lui faire prendre les plis et les allures que nous voudrons.

Le récit de Badaud fut entendu avec des transports de joie par Paramarta et ses disciples. Ces derniers furent tous de son opinion. Aussitôt Lourdaud fut adjoint à Badaud pour l’accompagner et l’aider à porter l’œuf de jument; et le gourou ayant remis à Badaud cinq pagodes pour en acheter un des plus gros œufs, le renvoya sans délai au lieu où il^avait vu les œufs précieux, lui recommandantbien défaire toute hâte, de peur que s’il perdait du temps en route, le propriétaire ne vînt à disposer ailleurs de ses œufs , et qu’ils ne manquassent une occasion favorable de se procurer à si bon marché un excellent cheval.

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Quelque temps après que Badaud et Lourdaud se furent mis en route, il se présenta à l’esprit du disciple Idiot une objection, qu’il proposa aussitôt à résoudre à Paramarta et aux autres disciples restés auprès de lui.

Nous avons envoyé , dit-il , deux de nos gens pour nous acheter un œuf de jument. Voilà qui est fort bien, en supposant qu’ils nous l’apportent; mais pour avoir un cheval de cet œuf, il faudra auparavant le faire éclore; pour le faire éclore , il faudra le couver : or comment couver un œuf d’un pareil volume? Badaud nous a dit lui-même - que ces œufs étaient si gros qu’un homme aurait peine à en embrasser un avec ses deux bras , et quand vous mettriez vingt poules sur un œuf de cette taille, elles ne suffiraient pas pour le couver ; d’ailleurs il ne serait pas possible de les faire rester. Quels moyens avez-vous donc pour couver cet œuf et le faire éclore? Pour moi , je n'en vois aucun.

Paramarta et ses disciples furent si embarrassés par cette objçction inattendue , et si en peine d’y trouver une solution, qu’ils restèrent long-temps la bouche dose et les yeux tout grands ouverts à se regarder les uns les autres en silence , et avec un air tout déconcerté.

Le gourou se retira seul pour réfléchir en

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particulier sur cette difficulté et tâcher d’y trouver une solution. Enfin, après trois heures de profondes réflexions, il revint, et rassemblant de nouveau les disciples encore tout déconcertés : J’ai mûrement réfléchi, leur dit-il, sur la difficulté qui m’a été proposée par l’un de vous, je n’aperçois qu’une seule voie pour l’aplanir, il faut absolument que l’un de nous se cliarge de couver lui-mème l’œuf de jument que vos deux confrères sont allés acheter. Si ce moyen ne nous réussit pas, je n’en vois pas d’autre.

Lorsque les disciples entendirent la proposition de leur maître, ils baissèrent tous la tète, couverts de confusion, et furent long-temps sans lui répondre.

A. la fin, l’un d’entre eux rompant le silence: Quant à moi, dit -il, vous 4 evez tous savoir qu’il m’est- impossible de me charger d’une occupation si pénible;, c’est moi qui suis obligé d’aller chaque jour à la rivière plusieurs fois pour en apporter le tirtam ( eau bénite ) nécessaire pour purifier le mata et laver nos dieux domestiques. Je n’ai pas plutôt rempli cette tâche qu’il me faut aller au loin chercher le bois pour le feu et les autres usages. Tout mon temps se trouve si bien employé, qu’il me reste à peine assez àe loisir pour prendre mes repas; jugez, d’après

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cela, si je puis me charger du soin de couver l’œuf de jument.

Je ne puis m’en charger non plus, dit un.des autres; j’ai assez d’autres occupations sans cela. C’est moi qui suis chargé de faire la cuisine et d’apprêter à manger non-seulement aux personnes de la maison, mais encore aux allans et venans, dont le nombre est souvent considérable; jour et nuit, je suis obligé d’être auprès du feu pour faire chauffer de l’eau , faire cuire du riz , apprêter deux ou trois espèces de ragoûts ou sauces , broyer sur une pierre le piment, la moutarde, le poivre, le gingembre, l’anis, et tous les autres ingrédiens qui entrent dans mes ragoûts , et faire des gâteaux de diverses espèces. Après que tout cela est fini, je me retire à demi rôti par l’ardeur jlu feu, et j’ai à peine pris quelques heures de repos qu’il faut vite me lever pour recommencer la même besogne : si accablé d’ouvrage , comment pourrais-je me charger de couver l’œuf de jument ?

Le couvera qui voudra , dit le troisième, mais ce ne sera pas moi ; vous connaissez tous la multitude d’affaires que j’ai sur les bras et qui me laissent à peine un instant de repos dans la journée. A peine levé , il me faut aller à la rivière, où, après avoir soulagé la nature, je dois

Digitizea^:

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nie frotter et me purifier les dents, me bien rincer la bouche; me laver le visage, les bras , les mains et Içs pieds, me nettoyer en détail toutes les parties du corps , m’orner le front avec de la pâte de sandal (1). Ma toilette finie (qui me retient un long espace de temps), je vais au jardin de fleurs; là, je fais choix des plus belles, j’en remplis une corbeille 'et je les' apporte au mata; il faut ensuite les attacher ensemble, et en faire plusieurs guirlandes dont j’orne nos dieux domestiques; je suis, outre cela, obligé d’assister et d’aider à tous les sacrifices que notre gourou fait plusieurs fois le jour. Dites-moi , après cela , si une personne, surchargée de tant d’affaires importantes, peut encore entreprendre celle de couver un oeuf de jument.

Les diverses excuses que venaient d’alléguer les trois disciples pour se dispenser de la charge de couver l’œuf de jument, parurent si plausibles au gourou Paramarta, qu’il ne put faire autrement que de les approuver. Tout ce que vous venez de me dire est très-juste, leur dit-il, et les deux autres disciples que nous avons députés

(1) Toutes ces pratiques , et un grand nombre d’autres encore, sont usitées et font partie de la bonne éducation parmi les Indiens.

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pour acheter l’œuf de jument, ne sont pas moins que vous surchargés d’autres affaires, ils ne peuvent pas non plus se charger de le coi\ver.

En effet, l’un d’eux a la charge de recevoir les étrangers et les visites qui viennent presque journellement au mata, de tenir la conversation avec eux , d’écouter leurs plaintes et de terminer leurs différends: c’est plus d’occupation qu’il n’en faut pour remplir tout son loisir.

L’autre ne manque pas non plus de besogne , puisqu’il a le département des provisions; il faut qu’il coure de village en village, de marché en marché, pour nous acheter les toiles pour nos vêtemens , et les provisions pour notre nourriture. Ainsi chacun de vous, en particulier, a assez d’affaires pour se dispenser de l’entreprise très-importante de couver l’œuf.

Quant à moi , je n’ai presque rien à faire de toute la journée, ainsi je me charge d’employer mon loisir à couver l’œuf moi-même. Pour cela, je le tiendrai constamment serré entre mes bras. Je l’appuierai bien doucement sur ma poitrine; je soufflerai assidûment dessus avec mon haleine, et pendant tout le temps de l’incubation, je ne me nourrirai que d’alimens fortement épicés avec de l’ail, du piment, du gingembre, de la cannelle , de Xassa-fœtida , et d-autres substances

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échauffantes, afin fie me procurer le degré de chaleur convenable pour le faire éclore. 11 m’en coûtera, à la vérité, de me livrer à un pareil régime, pour mener à fin une entreprise aussi difficile; mais peu m’importe: pourvu que je voie éclore le poulain, je serai content, et je me croirai amplement dédommagé de mes fatigues et de mes peines.

Pendant que Paramarta et ses disciples faisaient toutes ces réflexions, et roulaient tous ces projets dans leur esprit, Badaud et Lourdaud arrivèrent à l’endroit où l'on vendait les œufs de jument, c’est-à-dire à la digue sur la pente de laquelle Badaud avait vu auparavant les grosses citrouilles qu’on lui avait fait croire être des œufs de jument. Ils furent ravis de joie en apercevant qu’ils s’y trouvaient encore, car ils avaient fort appréhendé qu’on n’en eût disposé ailleurs durant leur absence. Le propriétaire était à peu de distance, ils l’abordèrent, et lui dirent, en montrant beaucoup d’empressement, qu’il fallait absolument qu’il leur vendît un de ses plus gros œufs de jument.

Oh! oh! répondit d’un ton de surprise celui à qui ils s’adressaient, savez-vous bien que ces œufs sont d’une qualité supérieure, et que * nulle part ailleurs on n’en trouve de semblables?

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Je les vends très-cher, et vous ne m’avez pas l’air de gens à pouvoir faire cette dépense.

Quoi ! répondirent les acheteurs, croyez-vous que c’est la première fois de notre vie que uous marchandons des œufs de cette espèce? Nous prenez-vous pour des sots? Nous connaissons fort bien le prix de ces œufs, on les a par-tout pour cinq pagodes la pièce. Donnez-nous-en donc un des plus gros , et recevez nos cinq pagodes.

Cinq pagodes! reprit le propriétaire, je pourrais les vendre beaucoup plus cher à cause de leur excellente qualité; cependant comme vous me paraissez de braves gens qui n’aimez pas à marchander, par égard pour votre franchise et vos bonnes dispositions, je veux bien consentir à vous en donner un des plus beaux pour ce prix , mais à une condition : c’est que vous 11e direz nulle part que vous les avez eus à si bon marché ; car si on venait à savoir dans le public que je vous ai donné un œuf de jument de cette qualité et de cette taille pour cinq pagodes, on se moquerait de moi par-tout, et cela pourrait d’ailleurs nuire beaucoup à mon commerce.

Après que les acheteurs eurent promis au propriétaire un secret inviolable, le premier leur choisit une des plus grosses citrouilles qu’il pût trouver, reçut les cinq pagodes, et congédia

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ses acheteurs en les invitant à emporter vite cet œuf de jument. . •

Lourdaud , aidé de son confrère Badaud, chargea avec beaucoup de peine la citrouille sur sa tête, et ils se mirent en route pour retourner au mata, transportés de joie l’un et l’autre d’avoir réussi au-delà de leur attente dans leur négociation. '

Pendant qu’ils faisaient route ensemble , Lourdaud portant l’œuf de jument sur sa tète, et Badaud marchant devant lui pour lui montrer le bon chemin , ils se mirent à citer diverses sentences et proverbes pour se féliciter mutuellement de l’heureux marché qu’ils venaient défaire. Lourdaud ouvrit la conversation par ces paroles:

Ah! ah! dit-il, nos pères ont bien eu raison de dire que celui qui fait pénitence travaille à son bonheur. Nous voyons maintenant de nos propres yeux l’accomplissement de cette maxime, et nous ne saurions douter que ce ne soit par le mérite de la pénitence austère à laquelle se livre notre vertueux gourou, que nous avons aujourd’hui trouvé l’occasion d’avoir, pour la somme modique de cinq pagodes, un cheval qui , dans peu , en vaudra plus de cinquante.

11 n’y a pas le moindre doute à ce que tu viens

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de dire, repartit Badaud: Nos ancêtres n’ont-ils pas dit aussi qu’il n’y à de profit que dans la pratique delà vertu, et que tout le reste n’est que vanité? Cela signifie qu’on n’éprouve des douceurs et des avantages que dans la vertu , et que toutes les autres jouissances sont accompagnées d’amertumes. Nous sommes maintenant témoins nous-mêmes de la vérité de ce proverbe, et ce sont, nous n’en saurions douter, les .yertus éclatantes de notre gourou qui nous ont fait trouver à un si bas prix un objet d’une aussi grande valeur. -éÊl

Rien de [Jus certain reprit Lourdaud : N’entendons-nous pas dire tous les jours que celui qui sème de la bonne semence recueillera de bon grain, et voici une preuve que celui qui pratique le bien , reçoit le bien pour récompense ?

En s’entretenant ainsi en proverbes, Badaud et Lourdaud avaient déjà fait une bonne partie du chemin ; ils vinrent à passer sous un arbre touffu , dont les branches descendaient fort bas. Gomme ils marchaient très-vite, et qu’en fièrement absorbés par la conversation sérieuse dans laquelle ils se trouvaient engagés, ils ne faisaient attention à aucun des objets extérieurs qui les environnaient, celui qui portait la citrouille ne pensa pas à se baisser en passant sous une des

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plus basses branches; heurtée fortement contre la branche , la citrouille fit perdre l’équilibre au porteur, qui tomba par terre d’un côté, tandis que la citrouille tomba de l’autre auprès d’un buisson, et se fendit en plusieurs parties.

Par hasard, un lièvre était gité dans le buisson auprès duquel tomba la citrouille; l’animal, réveillé et épouvanté par le bruit, prit la fuite à l’instant.

. Badaud et Lourdaud virent en même temps leur citrouille éclater en morceaux et le lièvre sortir du buisson et se sauver de toute sa vitesse : pleins de surprise et d’admiration; Le voilà! s’écrièrent- ils, le voilà, le petit poulain qui est sort|,de l’œuf, et qui cherche à nous échapper ! Courons vite après lui, et tâchons de l’attraper, dusSions-nous y perdre la vie.

Aussitôt ils se mirent à courir de toutes leurs forces après le lièvre: la route que ce dernier avait prise était une campagne toute couverte de bruyères; mais les deux disciples, acharnés à sa poursuite , ne faisaient aucune attention aux ronces et aux buissons au milieu desquels il leur fallait passer , ni aux épines et aux cailloux sur lesquels ils posaient leurs pieds nus; ils couraient toujours à perte d’haleine après le lièvre , et ne cessèrent de le poursuivre que lorsque la

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peau des jambes, toute déchirée par les ronces, la plante des pieds toute couverte de longues épines et meurtrie par les cailloux , les vétemens en lambeaux, le coeur palpitant avec une vitesse telle qu’il n’eût pas été possible d’en compter les battemens, les oreilles bouchées par l’excès de la fatigue, les intestins presque adhérons à l’épine du dos, les cuisses et les jambes toutes dégoûtantes de sang, et le corps couvert de sueur, ils perdirent tout d’un coup la respiration , et tous deux tombèrent par terre sans connaissance, et entièrement épuisés de fatigue et de souffrances.

Après avoir repris haleine pendant quelque temps, ils se relevèrent déterminés à reprendre la poursuite du lièvre; ils le cherchèrent longtemps des yeux, mais en vain, leur petit poulain avait déjà disparu. Ne sachant quelle route il avait prise, force leur fut de se désister de sa poursuite. Alors, quoique à leur grand regret, ils tournèrent leur attention à arrêter le sang qui ruisselait de leurs jambes toutes déchirées par les ronces; et après avoir arraché quelques-unes des plus longues épines qui leur étaient entrées dans la plante des pieds , ils reprirent la route de leur mata, où, clopin clopant, ils arrivèrent enfin fort tard, touf couverts de honte, accablés

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de souffrances , et épuisés de faim ; car ils étaient à jeun depuis trois jours.

Ils ne se virent pas plutôt de retour au mata , que ramassant tout ce qu’il leur restait de forces, leur premier mouvement fut de se rouler par terre, de se frapper la poitrine, de s’arracher les cheveux , et de donner plusieurs autres signes de désespoir, faisant en même temps retentir le mata de leurs cris et de leurs lamentations.

L’alarme aussitôt se répandit dans le couvent. Paramarta et ses autres disciples accoururent tout effrayés ; et ne comprenant rien aux grimaces dont ils étaient témoins, voyant en même temps les deux disciples les pieds enflés, les cuisses et les jambes déchirées et encore dégoûtantes de sang, les vêtemens tout lacérés, leur consternation ne fit qu’augmenter ; ils essuyèrent les larmes des deux affligés, lçs serrèrent étroitement entre leurs bras , et après leur avoir donné mille témoignages d’amitié et de compassion , ils leur demandèrent avec beaucoup d’empressement ce qu’ils avaient, et quels malheurs leur étaient survenus; ils les conjuraient en même temps de se calmer et de ne pas augmenter leurs maux par ces signes alarmans de désespoir.

Après que les deux disèiples eurent été encouragés par cette réception bienveillante, Ba-

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daud prenant la parole, raconta dans le plus grand détail, et sans omettre la moindre circonstance tout ce qui leur était arrivé depuis leur départ jusqu’à leur retour au mata. Son récit fut fort long: lorsqu’il l’eut achevé, s’adressant au gourou du ton d’un homme qui a vu s’échapper de ses mains un bien qu’il croyait tenir: Ah! si vous avicz-vu, s ecria-t-il, quelle espèce de cheval nous avons perdue, vous jugeriez si nous avons tort de nous désespérer. De ma vie je n’en ai vu de semblable. Quelle vivacité! quelle ardeur! quelle vitesse! quel emportement !

Au moment même où l’œuf en tombant par terre s’est brisé, nous en avons vu sortir un petit poulain, d’environ une coudée de longueur, bien proportionné dans sa taille, de couleur cendrée , qui , dressant aussitôt deux belles oreilles , retournant sur son dos sa petite queue, et allongeant tout-à- la-fois les quatre jambes, .s’est mft à courir ventre à terre. Ses mouvemens étaient si prompts, qu’à peine pouvait-on distinguer s’il courait ou s’il volait; en un mot, quoique petit poulain à peine sorti de l’œuf, il est impossible d’exprimer la vivacité et l’ardeur qu’il faisait paraître.

Quand Badaud eut fini de parler , Je gourou

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