DD GOUROU PAU AM ARTA. U
temps; m&is si vous consentez à me donner cinq faftons.d’or, pour cette modique somme, seule et dernière dépense que vous ayez à faire, je me charge de délivrer votre cheval de ce maléfice.et vous n’aurez plus rien à craindre.
Le gôurou, quoique peu disposé à faire de nouvelles dépenses , céda cependant aux avis et aux sollicitations de ses disciples , et consentit à faire; encore celle-ci dans l’espoir que ce serait la dernière.
Le vallouven, après avoir reçu les cinq fanons, s’approcha du cheval et tourna plusieurs fois autour de lui, faisant en même temps toutes les grimaces et les contorsions d’un conjureur; tantôt il lui tâtait les différens membres depuis la tète jusqu’à la queue; tantôt il lui arrachait le poil en diverses parties du corps ; quelquefois il levait la tête en l’air avec des yeux égarés; d’autres fois, il la baissait, et les regards fixés sut* la terre, il paraissait méditer profondément: sortant ensuite de sa rêverie,' il regardait fixement le cheval avec des yeux hagards ,■ criant tout haut : Ah! oh! om! hram ! croum! et prononçant d’autres mots baroques.
A la fin , après avoir. fait bien des grimaces, il s’arrêta tout d’un coup d’un air pensif dû côté de la seule oreille qui restait au cheval, et l’ayant
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prise plusieurs fois entre ses mains, il se tourna tout-à-coup vers les spectateurs, qui l’observai«it avec un respectueux silence, et leur dit, dans un transport de joie ; fai enfin découvert le sort ! Il réside dans cette oreille , et pour l’enlever , il faudra couper l’oreille à rase tète.
Il ordonna aussitôt qu’on creusât un trou profond dans la terre, à quelque distance, pour y enterrer l’oreille avec le maléfice dbnt elle était atteinte; et s’étant fait apporter une faucille, il commença par la bien aiguiser, après quoi il s’approcha du cheval, le fit lier, et lui coupa rase tête , avec sa faucille , la seule oreille qui lui restait. Aussitôt qu’il l’eut coupée, il la porta, en courant de toutes ses forces, vers le trou qu’on venaij de creuser, et l’y ayant vite déposée, il la couvrit bien de terre, afin que le maléfice qui y était fixé ne pût pas s’échapper , et aller s’attacher à quelque autre objet
Le lendemain matin , le gourou remonta sur sa vieille rosse sans oreilles; mais fatigué de tant de contradictions, au lieu de continuer son voyage, il reprit la route de son mata, où il arriva enfin sans autre accident,