AVANT PROPOS
En refondant mon œuvre biographique, je dois omettre 4a plupart des hommes qui s'agitent de nos jours sur la scène politique. En effet, si leurs actes attirent les regards, ils sont loin toutefois de mériter l'apothéose. Ces hommes ne mettent-ils pas en avant à la vue des peuples des principes pernicieux, — indignes de la patrie commune / L'occasion de dire le vrai sans fard et sans arrière pensée est belle pour celui qui peut dire avec Tacite : mihi Galba, Otho, Vitelliwt nec bénéficie- > nec injuria cogniti. Siège du gouvernement, représentation du peuple, double majorité, droit de propriété au territoire de la Baie d'Hudson, chemin de fer international, tarif, confédération des Provinces, — l'areine politique est remplie de sujets de la plus haute importance pour l'avenir de ce pays. Les temps sont propres à faire surgir des jouteurs politiques qui soient à la hauteur de la situation. Vontils paraître ?.. • .Les uns ont voulu voir l'homme nécessaire dans George Brown ; les autres dans M. Galt ! Comme il arrive très souvent dans les gouvernements mixtes, les deux camps qui se disputent le pouvoir ont tort également, et les gouvernans ne maintiennent plus qu'à grand' peine la dignité de leur situation. Sous lord Elgin, le peuple seul lui a manqué de respect, mais le célèbre orateur D'Arcy McGee s'est rangé à la téte des contempteurs du représentant du Trône quand il a dit dans l'enceinte législative même : such a one tvould deserve to have his arms reversed and to have the sivord that dubbed him by the title he tvears iroken before his face. La majesté royale ne vient-elle pas elle-même d'être comproraiseî-D'une part les séides de la sombre démocratie,après avoir avocassé successivement le rappel de l'Union et
l'annexion à la République constellée qui nous avoisiuer se rabattent sur l'Union avec la représentation bâsée sur la population et les écoles mixtes. Leur première alliance contre le parti soi-disant libéral, a été avec les torys du Bas-Canada, et nous les voyons aujourd'hui liés avec les Anglo-Saxons les plus exigeans du Canada Supérieur dont, — Canadien-Français qu'ils sont, ils ne craignent pas de stipuler la suprématie politique ! Mais leur prétention n'est pas seulement antinalionale— elle est absurde en premier lieu, parce que si le Haut Canada jouit d'une vigueur matérielle remarquable, il doit cet avantage au Bas- Canada, qui partageait jadis avec lui ses droits de douane, et qui, avenant l'Union, a du payer sa dette ; et en second lieu, parce que la fondation des empires étant une œuvre plus que séculaire et le fruit de longs travaux et vicissitudes, personne, de sensé n'ose dire que les émigrans qui \ arrivent dans un pays doivent dominer aussitôt sur les occupans du sol natal. Si les Blanchet, les Papineau père et les Bédard eussent ainsi pensé , il y a longtemps que les Canadiens seraient un peuple d'ilotes.
Ce n'est pas au reste le nombre d'hommes obscurs qu'il faut faire représenter avec une exactitude mathématiquement rigoureuse ; mais ce serait les établisremens nationaux de tout genre, et en particulier nos universités et collèges incorporés ou constituant des corps politiques, comme il se pratique dans la Grande-Bretagne.
Dans l'autre camp, voici la mesure de la Confédération, offerte de gaîté de cœur à Albion, qui craignait sur ce point, de dévoiler ses desseins. Ce parti, pour prolonger son règne, a promu et veut bien promouvoir à l'avenir toutes les utopies qu'il reçoit de seconde main du parti démocratique, qui les lui impose une à une. La seule révolution que les bons patriotes puissent désirer est le rappel de l'Union, et ils le doivent d'autant plus naturellement que les deux Canadas conservent deux zones d'opinions distinctes malgré la prétention de nos charlatans politiques de les assimiler, —prétention qui se dévoile dans toutes les harangués du Trône,— Pour me servir du langage d'Emile Souvestre à l'endroit du régime parlementaire : " On ne croit pas plus à ce que l'on
<*efe S d .qu'a ce que, l'on, ftttaaue. opinions sont dey
ua meOleur. Xusr les luttes ont eftes pl^dWra^e que de réalité: oq se combat comme au, tjieatre, ep. ayamsoia te ne pas se blesser, et seulement poù^occuper la galerie. SSfjd ne porte de coups dangereux, de peur d'en recevoir ; les adversaires d'aujourd'hui seront nos alliés de demain ; la cocarde que nous sifflons, celle que nous porterons à notre chapeau : cette prévision tient lieu d'indulgence, et si chacun tire d'un côté diffèrent, c'est avec la modération d'un coursier de fiacre payé à l'heure. Croyez-vous que nous soyons au temps où l'on demandait aux peuples de payer leurs députés ? Nous avons compris ce qu'une pareille prétention avait de décourageant pour le zèle électoral, et nous l'avons retournée. Aujourd'hui c'est le député qui paye l'électeur. Chaque nomination est mise à la criée publique ; les candidats présentent leurs soumissions, et la place est cédée au dernier enchérisseur. De cette manière, plus de pièges, plus d'intrigues : chacun débat ses conditions et sait ce qu'il a. Aussi faut-il voir l'empressement des électeurs l quelques-uns se font porter mourans jusque aux urnes du scrutin pour déposer leurs votes et en recevoir le prix. Grand exemple de l'énergie politique qu'entretiennent des institutions fondées sur le seul principe vraiment social, le dévouement à soi-même. Quant aux partis, le plus nombreux est celui des équUibristes, composé des gens qui savent se maintenir sous tous les ministères, et dont l'opinion se résout en un bordereau d'appointements. On les appelé aussi conservateurs, vu l'ardeur qu'ils mettent à conserver leurs places, leurs fournitures et leurs pensions. Ils ont pour adversaires les aspirans, comprenant tous ceux qui ont été ministres ou qui comptent le devenir. Après eux viennent une douzaine de factions tantôt unies, tantôt séparées, espèces d'appoints parlementaires qui servent à déposer les majorités, et grâces aux
Quelles Ja chambre contredit aujourd'hui ses décisions 'hier." — " Comme on ne renvoie un ministère que parceque ses principes ne plaisent pas à la majorité, son successeur, pour être le bienvenu, doit adopter d'autres principes. Au milieu de cette éternelle variation de principes et de méthodes, que devient le gouvernementysi-
non un effroyable gâchis, qui ferait mal au cœur, si on n'avait la force d'en rire " dit l'auteur de Platon Polichinelle. Il y a peu de Canadiens qui soient prêts en ce moment à s'égayer à ce sujet.
Parlons de nos gloires religieuses, littéraires, artistiques ; ceîles-là ne font pas mal au cœur !
Bïbaud.
Montréal, 20 Août, 1858.
AgoHa, chef Subalterne de Stadacone du terh jjs de Jacques-Cartier, Tut laissé dans le commandement par Donacona, emmené en France. Au retour de Cartier, l'an 1540, et devenu Agohanna ou chef suprême, il prit des mesures prudentes, harrassa incessamment le camp de Charlebourg Royal et força les Français d'abandonner le pays. Son intéressante nation ne disparut pas moins de la terre, puisque Champlain ne la retrouva plus.
Ahasistari, un des plus grands chefs de la nation huronne, fut gagné au christianisme par les jésuites et fut suivi par la plus grande partie de la nation. Le P. Bressani l'appelle "l'illustre chef." Il défendit bravement son pays et fut fait captif avec le P. Jogucs, auquel il dit : "je te l'avais bien juré mon Père, que je devais vivre ou mourir avec toi." Il subit un martyre affreux. Ses ennemis lui coupèrent les deux pouces, et, par la plaie de la main gauche, il lui enfoncèrent jusques au coude un bâton très aigu. Ils le brûlèrent ensuite à petit feu dans le village de Teorontogen. 11 exhorta en mourant les Hurons à ne pas faire la paix avec les Iroquois, et montra jusque au bout une constance héroïque [1642.] Ce que le poëte Adam Kidd dit de ce Chef est fabuleux.
Alexander (Sir William) propriétaire de la Nouvelle- Calédonie sous Charles et Jacques 1er, fit instituer par ce dernier l'ordre de chevalerie des Baronnets de la Nouvélle-Ecosse, qui constituait une noblesse foncière. Il fut depuis comte de Stirling et est compté parmi les
meilleurs littérateurs de la Grande- Èïetagne. —Voyez Selkirck.
Amérique, ainsi nommée d'Amerigo Vespucci, qui traça le premier une carte de cette partie du monde. On la peiut comme une femme au tein olivâtre, coiffée de plumés, et armée d'arcs et de flèches. La pêche et la chasse, principale occupation des Américains, sont désignées par deux enfants chargés, l'un de gibier, l'autre de poisson. Lebrun l'a exprimée par une femme de carnation olivâtre qui a quelque chose de barbare. Elle est assise sur une tortue et tient d'une main une javeline, et de l'autre un arc. Sa coiffure est composée de plumes de diverses couleurs; erle est révêtue d'une espèce de jupe qui ne la couvre que de la ceinture aux genoux.
Amherst (Jeffrey, lord) chevalier du Bain, baron de Montréal, maréchal et commandant des Forces, né dans le comté de Kent en 1717, se dévoua de bonne heure à la profession des armes et fut enseigne à 14 ans, en 1731. A 25, il servit en qualité d'aide de camp de lord Ligonier a la bataille glorieuse de Dettingue, ainsi qu'à Fontenoi et à Rocoux. Il entra alors dans l'état major de S» À. Rle duc de Cumberland et fut son principal aide-de-camp dans les journées de Lawfeldt, Carlisle, Culloden et Hastenbeck. Il fut fait général major et quitta l'arméecontinentale en 1748. On lui confia en 1758 la grande expédition de Louisbourg, Il partit de Portsmouth le 1S mars avec 16003 hommes de débarquement, et arriva le 2 juin, dit Raynal, à la vue de ce boulevard de l'Amérique, pourvu d'une garnison de 4000 hommes. Amherst masqua habilement ses desseins et opéra sa descente a l'anse de Cormoran, échappant à une embuscade de 2000» soldats et Sauvages : il s'empara d'un rocher par où il dominait la place. En vain M. de PEtenduère Desherbiers parvint à jeter du seoours dans la ville : en vain Madame de Dru/court continuellement sur les remparts, voulut disputer à son mari la gloire de la défense : Louisbourg dut se rendre. Le Cap Breton et St. Jean, le grenier de la Nouveile-Franoe eurent le même sort. Les drapeaux pris à cette éxpédition furent portés en triomphe du palais de Uampton Court à St. Paul, où il y eut un jour d'a.ctions de grâces. Commandant des forces en Amérique le ï% juillet Amherst commença habile-
ment son généralat en dpmptant les Chérokls et les^ Apalaçhes, et marcha ensuite aux Français. Quoique cetu^-ci eussent envoyé Bourlamague à Carillon, et que le chevalier de Lévis eût visité les places, Niagara tomba après un combat : Carillon qui avait résisté à 20,000 hommes, fut évacué ainsi que La Présentation. $L Frédéric se rendit après quelques coups de canons, après quoi Amherst alla prendre ses quartiers d'hiver à Alhany, et les Français passèrent cette saison à élever des retranchements dans l'île aux Noix el à fortifier les E.aj?ides, Il se remit en campagne au printems, franchit les Rapides avec toute son armée et enleva le fort Oraconenton défendu par M. de Lacorne et M. Pouchot. Il perdit 60 bateaux dans le passage des Rapides, une des opérations les plus périlleuses qui aient jamais été tentées, et qui prouve qu'Amhersl possédait cette force d'àme qui fait les grands capitaines. Les retranchemens de l'Ile-aux-Noix cédèrent à une de ses colonnes, qui s'empara aussi de St. Jean et de Chambly et poussa M. de Bougainville jusque dans la baronnie de Longueuil. Amherst arriva en personne aux environs de Ville Marie et vint asseoir son camp sur les versans du Mont Royal, d'où il dominait la place : Mnrray arrivait de Québec, et avec la colonne de l'autre côté du fleuve, il y avait 32,000 hommes. "Jamais en Amérique, dit un auteur moderne, on n'avait vu de plus belles conbinaisons militaires ni tant de forces réunies sur un môme point et dans UO môme instant." L'armée française capitula le 7 Septembre 1760, et le conquérant exigea que les troupes livrassent leurs drapeaux. Le Détroit et tout le Nord-Ouest furent compris dans la capitu ation, et le fameux partisan Rogers fut envoyé pour en prendre possession : ce fut ce qui donna lieu à la guerre de Ponthiac. Amherst reçut le titre de Capitaine Général des pays conquis et peut ainsi être regardé comme le premier gouverneur du Canada, où il conserva la division du pays en trois gouvernemens ou lieutenances et les lois et toutes les institutions établies. Il laissa l'Amérique en 1763, fut gouverneur de Guernesey en 1771, pair en 1776 sous le titre de baron de Holmesdale en Kent, puis de Montréal eu 1787 : il devait avoir pour soutenir son titre les biens des Jésuites du Cana-
' da en apanage, mais la Couronne finit par l'indi ranisér et par se réserver cette proie. Il fut élevé au grade suprême de Commandant des Forces en 1782. S. A. R. le duc d'York le remplaça plus tard ; mais il fut réinstallé le 22 janvier 1793 lors de la guerre contre la République Française. Remplacé finalement par le duc d'Yok le 10 janvier 1795, il fut créé field-marshal en 1796, et mourut à son château de Kent le 3 août 1797 à 80 ans. Ce guerrier avait une fort belle tête, comme on le voit par ses portraits. On retrouve aussi de lui un portrait en pied peint sur verre dans la collection du Commandeur Viger.
Areskoué, dieu de la guerre chez les Hurons et les Troçuois, avait sans doute été un de leurs héros. On peut lire dans nos Sagamos Illustres la mâle prière que les guerriers de ces nations lui adressaient avant que de se mettre en campagne.
Argenson, (Voyer d') illustre race parlementaire franse, qui commence à figurer en Pierre de Voyer, chevalier, seigneur d'Argenson, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi. Réné de Voyer, son fils, né en 1596, chevalier, seigneur d'Argenson, Conseiller au Parlement de Paris, eut plusieurs intendances et ambassades, et mourut ecclésiastique. — Réné i!e Voyer, son fils, chevalier, seigneur d'Argenson, et c. mte de Rouffiac, Conseiller au Parlement de Rouen, mourut ambassadeur à Venise en 1651. Il y eut Marc Réné, de puis Marquis d'Argenson et vicomte de Mouzé, successivement Lieutenant-général de Police, Garde-des-Sceaux et ministre d'Etat j il était écrivain illustre et membre de l'Académie Française et de celle des Sc ences. Marc Pierre, fils de ce dernier, comte d'Argenson, collaborateur de D'Aguesseau dans la rédaction de plusieurs ordonnances, Surintendant des Postes puis ministre de la guerre, fut chef du Conseil de Régence sous le duc d'Orléans et fonda l'école militaire.— Pierre de Voyer, chevalier, vicomte d'Argenson, Conseiller d'Etat, fils de Réné de Voyer de Paul mi, comte d'Argenson né en 1626, avait été destiné à l'état ecclésiasfque et fut tonsuré à l'âge de dix ans, en 1636 ; mais il fut ensuite homme d'épée et se signala^ au siège de Bordeaux et â la bataille de Lens Après avoir été bailli du pays deTouraine, il fut nommé*
Gouverneur et Lieutenant-Général de la Nouvelle-, France, et prêta serment en cette qualité le 27 janvier 1657. On a en mémoire de son gouvernement : Drame intitulé La Réception de Monseigneur le vicomte d * Argent son par toutes les nations du pays de Canada à sonjentrée au gouvernement de la Nouvelle France^ représenté à Quebec au collège de la Compagnie de Jésus le 28 juillet 1658. Malgré cet accueil, les Iroquois furent sous lui la terreur de la Colonie. Les can tous s'étaient cependant prêtés à, des négociations pour la paix, quand il Fut remplacé par, le baron d'Avangour* Ij mourut vers 1709» Sa maison paraît avoir subsisté jusqu'à nos jours. En 1815 M. d'Ar^ genson Fut envoyé au quartier-général des souverains à Haguenau, pour tenter, des négociations de paix.
Armstrong,(S* Richard) Général Major, Chevalier du Bain, de la Tour .et del'Epée, et de San.Beni.to. de Asiz, quelque temp Commandant de» Forces en,. Canada, avait servi dans l'armée anglo-portugaise sous lord Wellington, et commanda. depuis lç contingent anglais dans les guerres civiles, du Portugal.
Arnaud (Marguerite) de Montréal, membre de l'Institut, de Marguerite Bourgeois sous le nom de sœur Ste. Arsène, Fonda une maison de cet ordre à Louisbourg. Dépos-. sédée par. les Anglais, elle dut se réFugier en France, où„ elle vécut à La Rochelle des libéralités du duc d'Orléans et des secours de Pierre de La Uue^ Abbé de l'Ile Dieu, Grand Vicaire pour le Canada,. Elle exerçait les Fonctions de Supérieure de sa Communauté, qui ne contenait que deux autres sc&urs, Mademoiselle. Kobichaux, dite sœur St. Vincent, et la sœur converse Ste. Geneviève. La soeur, Ste. Arsène mourut en 1764, la sœur St. Vincent succé la, et après sa mort, la sœur. Ste. Gène viève.rappelée au Canada par Madame dî Langloiserie, n'y put passer et Fut placée dans une communauté Française. Ainsi s'éteignait en France, vers 1766, une corn-. munauté canadienne.'
Arthur (Sir George) né à Plymouth en 1784, Major Général et dernier Lieutenant-Gouverneur du Canada Supérieur avant l'union, gouverneur de la présidence de Bombay en 1841, est mort en 1854. Il était de l'état jnajor de Wellington à Waterloo.
Atthentsick, nom de la première Femme chez, les Hn-.
•toiis et les Iroquois. Le Grand Esprit la précuite du ciel pour avoir péché ; mais une tortue la reçut sur son dos, et le limon de la mèr s'étant amassé autour, forma la terre.
Àicthùala, nom du créâtëur du monde dans Tés mythes de certaines peuplades rivèraines autrefois du St. Laurent.
Âtbtarho, le premier Grand- Chef des Iroquois sëkm le livre de Russie k, le Tuscarora, publié dans le Gtoiada Supérieur en 1829.
Aube-Rivière (François Louis de Pouroy de P) cinquième évêque de Québec, docteur de Sorbonne fut agréé par le pape Clément XTI en 1739. 11 arriva en Canada en 1740, et mourut huit jours après son arrivée, d'une maladie contractée en exerçant son zèle apostolique sur an navire infecté de la peste. Il n'était âgé que de 29 ans, et il était fils d'un Président à mortier au Parlement de Grenoble.
Aubert maison canadienne dont on contrait deux branches, — Aubert de Gaspé et Aubert de Ladhénay. (•)
Aubert de Dieppe, qui mena le premier en France, Pan 1508. des naturels de l'Amérique Septentrionale, ^t'aiV'engagé dans la pêche près des attéra ges de Tèrretféu've, et^visitala naie ae fcàchebé, d'ékiîs GaSpé,bù il leip l rit.^uben; ëeoVètaire dû 'ttoi, fut tm des Cent Associés ét' Directeur de la Compagnie.
^L'an I70o\ "Aubert et Compagnie" concluaient a vécues Habitants du Canada,par l'entremise du Sieur Riverin,réur .député, un accord par lequel ils s'obligeaient à acquitter les dettes de la Colonie, montant à un million huit cent douze mille neuf cent quarante livres, à condition qu'ils auraient le commerce exclusif des castors jusqu'à l'année 1707.— Un Sieur de Gaspé se signala à la tête des milices canadiennes qui eurent la gloire de décider les Anglais à la retraite à l'impérissable victoire de Carillon ; il fut depuis commandant du fort St Frédéric—Ignace *de Gaspé, seigneur de St. Jean, Port Joly, sous les An-
(*> Cette branche fournit un Conseiller au Conseil Souverain 4e
Québec.
glw, encouragea la navigation ,et posséda un grand nombre de navires. Il commanda plusieurs bataillons de milice dans la dernière guerre et fut sommé par Son roi ait Conseil Législatif.
Entre les fils de l'honorable Philippe Ignace de Gaspé, çx-shérif de Québec, Philippe Aubert, mort à Halifax, se distinguait par ses talens littéraires précoces et publia en 1837: V Influence d'un Livré, Roman Historique, dédié à Thos. C. Aylwin, aujourd'hui juge puiné de la cour du Banc de la Reine. Thomas Aubert, frère cadet, a embrassé l'état ecclésiastique, et Atala, sœur de ces messieurs, a pris le voile. Comme on le lit dans le Voyage en Orient de l'abbé Gingras, cette maison canadienne est liée par les femmes à celle de Viliers de l'Ile Adam, qui a fourni un Grand-Maître de Malte, Madame Saveuse de Beaujeu est née Demoiselle de Gaspé.
Aubigny, (Charles Lennox duc de Richmond et d') de jrace royale, pair de France et d'Angleterre, Gouverneur pt Capitaine-Général de l'Amérique Septentrionale Britannique, en 1818, avait été lord Lieutenant d'Irlande et grand paître de l'ordre, de St. Patrice. Il n'eut que le te,mps ,d<3 , donner , aux Canadiens un avant-goût de. ses 4isnpsi^ions r^uUbéraïesà hmr £gard. car l*annèe suivant îje, j\ ,mpurut dans le townsTiip de JRichinond sur l'Otfawa, de Ja morsure d'un petit chien favori atteint de la rage, au milieu de la visite qu'il faisait des points' stratégiques au pays, en compagnie de lord Dalhousie, sir Peregrine Maitland et sir Charles Carmichaël Smith. Ses obsèques se firent à Québec avec une pompe extraordinaire. Le duc de Wellington succéda m sa charge de gouverneur de Plymouth.
Aubry, nom illustre dans nos annales. — On connaît, outre Jacques Charles, digne émule de Cochin au bar* reau français, et son fils, qui défendit avec Gerbier, les ■officiers et employés accusés d'avoir administré infidèlement le Canada, un frère de ce dernier, chevalier de St. Louis, qui servit avec réputation au Canada et à la Loui- -sianne. Il retarda la prise du fort Duquesne par une •victoire signalée remportée sur le Colonel Grant, lieutenant du Général Forbes. Ce colonel tomba en son pouvoir avec 20 officiers. Moins heureux dans son entrer prise poiu* secourir Jîiagara, il fut fait prisonnier par le
général Johnson. Commandant dans la partie de la- Louisianne que la France se réserva en cédant la Nouvelle Orléans à l'Espagne, il eut à remplir un rôle délicat. Les habitants, excités par le conseil souverain, refusèrent de se soumettre aux Espagnols et insultèrent le gouverneur Ulloa. Aubry dut prêter ses bons offices aux envoyés du roi Catholique. Il périt en mer, en se ren-. dant en France, le 24 Février 1770. — Le R. P. Aubry, Jésuite, immortah-é par le génie de Chateaubriand et le pinceau de Girodet, rendit des services en Acadie et à la tiOiiisianne. Si le gouvernement de France eût écouté ses sages conseils quant aux limites de la première province, il eût évité peut-être, la guerre qui lui enleva la Nouvelle France. Ce religieux prévit les réclamations du cabinet de Londres trente ans avant qu'elles n'arrivassent. On a de lui dans les Documens de Paris une carte de l' Acadie, une lettre à M. de Vaudreuil quand il était missionnaire à St. François, et ce Mémoire sur les limites de la Nouvelle France et de la Nouvelle Angleterre, 1720; — Messire J. Aubry, anpien professeur de théologie au Séminaire de Québec, un des premiers Canadiens qui aient reçu le bonnet de docteur lors de la création de l'Université Laval, et maintenant professeur de cette science à Ste. Thérèse de Blain ville, après avoir visité les Chartreux du Kentuckey et exercé quelque temps le ministère dans le diocèse des Trois-Rivières, dont les fidèles.lui ont présenté une flatteuse adresse.— F . X. Aubry, le colonel Mènard et Salomon Juneau ont surtout soutenu à l'étranger dans ces derniers tems l' honneur du nom Canadien. Aubry, né à Maskinongé le 4 Dé-cembre 18*24, célèbre par ses voyages d'exploration dans les deux Amériques, s'est livré,. après avoir acquis une immense furtune, à de vastes, entreprises* Celle d'un, chenrn.de fera occasionné sa mort dans une rixe avec un major américain en 1834». Un journal de St. Louis remarque qu'on a élevé d. j s. mqnu mens à des hommes moins marquans. On rapporte que, dans. le cours de ses voyages dans le Sudj il a combattu au milieu d'une sierra des Sauvages qui tiraient avec des balles d'or.
Aviugour, (Dubois baron d) Gouverneur et Lieutenant Général de h Nouvelle-France l'an 1661 après le vicomte. d'Argenson, fit le tour de tout son gouvernement,.
adressa au ministère un rapport remarquable sur la beauté du St. Laurent et les ressources du pays, et rit une paix honorable avec les Iroquois. Mais son différend avec l'Evêque de Pétrée au sujet de la traite de l'eau de vie, occasionna son rappel eu 1662. Ce fut un événement regrettable, car ce gouverneur possédait la vigueur nécessaire pour faire respecter la Colonie par les barbares,, et M. de Mesy, son successeur, s'accorda encore moins avec les autorités ecclésiastiques. Il fut tué l'an 1664 en défendant le fort de Sérin contre le grand Vizir Koprogli.
Aylurin, (L'honorable Thomas Cushing ) L L. D. membre de la société américaine pour l'avancement d(S sciences,. Juge puîné de la cour du Banc de la Reine, ou cour d'Appel au civil et au criminel, est, depuis la mort de Vallières de St Réal, le magistrat qui mérite le mieux la réputation de bel esprit. C'est un de plus habiles hommes de l'Amérique du Nord. Il a autrefois joué un rôle dans la politique et fait partie du cabinet Lafontaine- Baldwin en qualité de Sollicieur-général. Comme juge il remplit le rôle principal au criminel, et un des premiers au civil. Il a siégé à la cour seigneuriale où il s'est montré favorable aux seigneurs, a eu un démêlé avec le Procureur-Général au sujets de ses substituts, [*] et traité le pouvoir municipal comme il le mérite. P. A. De Gaspé, son ami de jeunesse, lui dédia son roman de mœurs canadiennes intitulé : L'influence d'un Livre. Il a accepté le titre de professeur en droit constitution el et criminel au collège McGill et a même lit un auteur aux élèves. Le légiste anglais le plus connu du Bas-Canada après le Juge Aylwin, est M. Black, Juge de l'Amirauté à Québec, et L L. D. honoraire de l'Université de Harvard»
Bàbineau, ou plutôt Robineau, famille qui joue un grand rôle dans l'histoire du Canada, venait de Pierre Babineau, Trésorier général de la Cavalerie Légère de France et l'un des Directeurs de la compagnie des Cent
[*] N'est-ce pas un malheur que la charge de Procureur-Général soit devenue exclusivement politique Z
Associés à laquelle Louis XIII céda la Nouvelle Franc* ou France Septentrionale en quasi-souveraineté.— Ré. né, fils du Directeur èt chevalier de l'Ordre du Roi, Grand-Voyer de la Nouvelle France et appelé dans l'his» toire baron de Bécancour (•). Il s'acquit de l'influence sur les naturels du pays, qu'il commandait dans la grande expédition du comte de Frontenac contre les Cantons Iro» quois, mourut le 12 Septembre 1695 et fut inhumé à Québec dans l'église des Récollets. — Un autre Réné Babineau mourut Grand Voyer en 1729. — M. de Bécancour eut trois fils, — Réné, baron de Portneuf en 1681, aussi Grand Voyer. Il prit Kaskobay sur les Anglais en 1690, Le chevalier de Villebon,d'abord compagnon d'armes du célèbre d'Iberville. Il chassa les Anglais de l'Acadie dont l'amiral Phipps s'était emparé en 1691, et les repousr sa plus tard de Naxoat. On a de lui plusieurs mémoi^ res sur les affaires de l'Acadie ; enfin M. de Manneval, qui fut Gouverneur de Port-Royal. La baronie de PorU neuf fut érigée en 1681 en faveur de Jléné Babineau, Ecuyer, sieur de Bécancour. Le titre, après avoir parlé des distingués services de feu Pierre Babineau, en son vivant Trésorier général de la Cavalerie Légère de France et l'un des intéressés en la Compagnie de la Nouvelle France, de même que de ceux de son fils en possession de deux terres considérables, savoir : le fief terre et seigneurie de Portneuf, consistant en manoir seigneurial décoré de toutes les marques de noblesse et seigneurie, accompagné d'une belle chapelle où se célèbre le service divin, tant pour le dit seigneur et safamil^ le, domestiques, qu'habitants de la dite seigneurie, de plusieurs autres bâtiments pour le logement de ses domestiques, chevaux et équipages, é tables, granges, parc, jardins, bois, moulins, et une autre terre et seigneurie appelée les Iles Bouchard, les dites terres et seigneuries étant de présent en si bon état que le dit sieur n'a pas fait difficulté de céder au sieur François Babineau, Ecuyer, sieur de Fortelle, son frère ainé, chevalier de
• On the river Bécancour, dwelt a baron bearing tbe title of that river, and holding the office of Ingpector of Eigways tbougt be iited almost in a désert.
J en net Rot.
notre ordre de St. Miehel,et notre Conseiller et Maître d'Hôtel ordinaire, qui a pareillement contribué an dit établissement, plusieurs grands avantages qu'il avait e* ' celny notre royaume, pour faire son habitation ordinaics audit pays de la Nouvelle France, en ses dites terres et seigneuries, où il demeure depuis ,36 ans, et y vit forée honorablement, étant pourvu de la dignité de Grand Voyer au dit pays, auquel il s'est marié, ayant une femille nombreuse de neuf enfans, le second des quels après avoir passé en France et nous y avoir servi dans nos a*xnées l'espace de dix années consécutives en qualité de volontaire, et depuis en celle de capitaine de Dragons» repassa au dit pays de la Nouvelle -France pour y seconder son père, qui a eu l'honneur de commander un camp volant, entretenu pour notre service au dit pays, pour/le garantir des courses des Sauvages, avons cru qu'il était de notre justice non seulement de décorer la principale terre et habitation du dit sieur d'un titre d'honneur convenable à sa qualtié et mérite, mais encore de lui donner quelque marque de distinction qui passe à la postérité, et soit un sujet d'une louable émulation à ses ennuis et postérité d'imiter sa vertu et suivre son exemple, — à ces causes et autres à ce mouvans, avons créé, érigé, élevé et décoré, créons, érigeons, élevons et décorons la dite terre et Seigneurie de Portneuf en titre, nom «t dignité de Baronnie. Voulons qu'ils se puissent dire, nommer et qualifier Barons, qu'ils jouissent des droits d'armes, blazons, honneurs, prérogatives, rang et prééminence en fait de guerre, assemblées de noblesse et autres, ainsi que les autres Barons de notre Royaume. Et avons permis et octroyé, permettons et octroyons audit sieur et ses descendans, d'ajouter dans leurs armes six étoiles, le tout relevant de notre Couronne à une seule foi et hommage, sans aucun changement de ressort (pour la justice) ni contrevenir aux cas royaux." — En 1759, l'abbé de Portneuf curé de St. Joachim, harcela, dit-on, les Anglais à la tête de ses paroissiens. Ils le mirent a mort.
Baby, honorable famille canadienne alliée aux Lanaudiére, Cugnet et autres, a eu des branches distinctes établies dans le Bas et dans le Haut-Canada ou au Détroit. L'honorable François Baby (le même croyons-nous, qui fut longtemps Adjudant-Général ou Commandant de la
Milice) fut membre du Conseil Exécutif du Bas-Canada^ en 1791, et du Conseil Législatif l'année suivante, et l'honorable James Baby a été Orateur, ou Président du. Conseil Législatif du Canada Supérieur. On a son portrait par Hamel dans la galerie des Orateurs. Une. dame de cette branche a grandement contribué, à, l'établissement des dames du Sacré-Cœur.
Le premier Baby du Détroit fut l'ami du fameux Ponthiac et est mentionné dans i'ouvrage de M. Francis Farkman.
On connait M. François Baby, de Québec, ses steamers, les services qu'il a rendus avec munificence au chevalier De Belveze, et le tribut honorable de gratitude à lui envoyé par l'empereur des Français. Ce roi de ia t navigation en Canada, a rendu le compliment en donnant le nom du Napoléon III à un de ses plus beaux navires.
Bagot (le Très Honorable Sir Charles) .allié. au duc de. Wellington, membre du Conseil-Privé, Ambassadeur à* La Haye puis à Paris, Gouverneur-Général de, l'Amérique Septentrionale Britannique après la mort de lord, Sydenham, arrivée à Kingston en 1841, fut si chéri des Canadiens, que les curés se mirent à dire des messes pour, le rétablissement de sa santé et qu'il y eut plusieurs pièces de vers écrites en son honneur lois de sa maladie, dans^ la quelle il eut un mieux trompeur :..
Nos vœux sont exaucés. • . .11 vivra donc encore Celui que tout un peuple à juste titre adore,; Celui qui. parmi nous a ramené la paix Et nous en fait déjà goûter tous les, bienfaits.
disait M. La Violette. Cette homme, dont la belle, figure annonçait la bonté et la mansuétude, dut trouver, doux de mourir au milieu des regrets manifestes de tout, un peuple. (1843.)
Baillargeon (CharlesrFrançois) ancien curé de Québec K évêque de Tioa in partibus et Administrateur de l'archidiocèse de Québec, a été nommé Coadjuteur à la suite du, premier concile provincial, et sacré à Home par le cardinal Fransoni, Préfet de la Propagande*
Baldivin — Voyez La Fontaine..
Barbier (Marie) deuxième Supérieure^ Gténéral de Plnstitut enseignant de la Congrégation de Notre-Dame,
" naquit à Montréal en J6©$, et fut supérieure du vivant même de la sœur Bourgeois, «dont elle était assistante en 1692. Sarrasin, Médecin du Roi la guérit d'un cancer en 1700. Elle mourut en 1739 à 77 ans. Elle correspondait avec l& célèbre Tronson. M. de Montgolfier a
• écrit sa vie.
Barre (François Charron de la ) fondateur en 1701 de l'Hôpital-Général de Ville-Marie et de l'ordre canadien des Frères Hospitaliers, vulgairement appelés Frères Charron. Leur Supérieur avait obtenu une seigneurie ^n 1699, et l'ordre devint enseignant au moyen d'une gratification de 3000 francs, que lui fit avoir l'Intendant Raudot en 1722. On rétrouve dans les Documens de Paris le ' Projet du Sîeur Charron pour l'enseignement de l'histoire et des métiers: il tenta aussi d'établir des manufactures. M. de Pontchartrain, ministre d'état, avait défendu les vœux aux Frères en 1705. M. Charon alla en vain à Versailles. L'ordre ainsi contrarié, cessa d'exister avant la conquête et l'Hôpital passa aux Sœurs de charité ou Dames Grises. M. de La Barre avait amené 60 hommes de France à Montréal j M. de Belnront l'appèle un grand hypocrite. — Il ne faut pas confondre ce fondateur avec le Sieur Charon, Echevin à Québec, lors de l'établissement momentané du système municipal en 1664, puis Syndic des habitans, charge dans laquelle le Sieur Jean Le Mire lui succéda. — Voyez Lefebvre.
Beauchène (R. Chevalier dit de) dont Lesage a fait le héros du roman intitulé : . Les avantures de M. R. Chevalier dit de Beauchène, Capitaine de flibustiers de la Nouvelle-France. On le trouve dans le quatrième volume des œuvres deXesage édition d'Amsterdam, 1783.
Beaucours. — Voyez Créqui.
Beauhamois (François de) Chevalier, seigneur de La Chaussay, Beau mont et «autres lieux, Conseiller du Roi en ses Conseils, septième Intendant de la Nouvelle- France. Louis XIV -érigea «n Baronnie en sa faveur, l'an 1707 le Port Maltais en Acadie, sous le nom de Beauville. On a confondu • mal à propos ce dignitaire avec « Charles, Marquis * de Beauharnois, fils naturel de Louis
XIV; gonvcineurafoBi^iM^TGéaéral d« la Nouvelle* France.
Beaujeu, maison canadienne du sang le plus illustre de France.-^Le premier membre qui se soit fait connaître en Canada est Daniel Liénard de Beaujeu, Chevalier uV l'ordre Militaire de St. Louis, capitaine des troupes de la marine, né vers 1710, seigneur sur |a rivière Chambly en 1733. Il eut, le 9 juillet 1755, la gloire de préserver par une victoire signalée le Canada attaqué par fie; fameux général Braddock, élève de Marlborough, et recommandé spécialement pour cette entreprise par S. A. R. le duc de Cumberland. Ce vieux général, parti a la tète de 3000 hommes, s'avançait hardiment à travers les forêts et les montagnes, quand le chevalier de Beaujeu lui dressa une embuscade avec 350 Français et Canadiens et le double de Sauvages sous les chefs Athanase et Ponthiac, ceMernier depuis si fameux. Il s'alla poster < à Mononghahela, dans un défilé où Braddock devait passer, à trois lieues du fort Duquesne. Ce capitaine, inaccoutumé à la guerre d'Amérique, continua à s'avancer sans méfiance en dépit des prudens avis de Washington et des officiers provinciaux, et vint donner tête baissée dans (Lejpiége. Les Canadiens et les Sauvages, inaperçus, firent une décharge générale sur l'avant-garde, qui se replia précipitamment sur le corps de bataille. Braddock eut trois chevaux tués sous lui avant que d'avoir pu remédier au désordre, et reçut un coup mortel, Le colonel Washington, destiné à devenir une des principales figures de l'histoire, retraita alors précipitamment entraînant dans sa fuite le colonel Du m bar et l'artillerie, qui n'avaient pas combattu. Il ne s'arrêta qu'à Albany, où il ramena 1600 hommes. Mais les instructions de Braddock» le bagage et une partie du canon restèrent sur le champ de bataille avec près de la moitié de l'armée expéditionnaire. Les uns disent que le chevalier t)e Beaujeu fut grièvement blessé ; d'autres, qu'il fut tué en remportant cette impérissable victoire où les siens étaient un contre trois. Le fait est qu'il mourut de ses blessures et fnt inhumé le 12, comme le porte un ancien •'registre du fort Duquesne dont le Commandeur Viger possède une copie. Il avait communié avant la bataille, •ta relation de Mr, Erancisjarkman dans la Conspiration
de Pontkiat mérite d'être citée en partie. — Scouts and lti* dian runners had brougkt the tidings of Braddodâs approacH
to Oie French at fort Duquesne. Their disntay was great and Contrecœur, the commander, thoughi otyij of retreat ; wheri Beaujeu, a captain in the garrison mode the bold proposai of leading out a party of French and Indians, to waylay 1 the English in the woods and harrass or interrupt their march. The offer was accepted and Beaujeu alone hastened to the lndian camps. Around the fort were the bark lodges of savage hordes, wlwm the french had mustered from far and near : Ojibwas and Oitawas, Huron and Caughnawagas, Abenakis and Delawares. Beaujeu called the warriors togeîher, Flung a liatchet to the ground, but •the boldest stood aghast at the péril, and none would accept the challenge. A second interview took place with no better success, but the French man was resolved to carry his point. " I am determined to go " lie ezdaimcd. " What ! will y ou suffer your Jather to go alone 1 " His daring spirit proved contagious. The warriors hesitated no longer ; and tohen, on Oie morning of the ninth of July, a scout ran with Oie news thaï the English army was near, Oie lndian camps were at once astir with the iurmoil of préparation. Chiefs harrangued their yellingfollowers y braves bedaubed themselves with war -point c lucng feathers in their scalplocks, and whooped and stamped till they had wrought themselves into a delirvum of vodor.
Daniel Liénard de Beaujeu, fils, lieutenant dans les troupes de la marine, obtint une nouvelle seigneurie et recouvra celle de son père, qui avait été réunie au domaine du Roi, faute sans doute d'avoir été mise en valeur; le vainqueur de Mononghahela n'avait donc pas été traité aussi favorablement que Regulus. Louis Liénard de Beaujeu, Ecuyer, capitaine d'infanterie fut aussi seigneur sur le lac Champlain avec haute, moyenne et .basse-justice. — Lors de la conquête du Canada par les Anglais, quelques membres de Gette maison passèrent en France et y furent de plus en plus élevés. L'un d'eux que nous avons peut-être nommé plus haut, car il s'agit encore d'un officier de marine, après s'être distingué dans la Colonie,fut le compagnon d'armes de Lapeyrouse à l'expédition de la Rivière Rouge en 1782, en qualité d'aideinajor des troupes. En 1793, il fut l'un dès 80 gentils-
"hommes qui défendirent si héroïquement la recloute clê Béthune contre les Républicains, et mourut comte de Beaujeu. — En Canada, un des descendons du vainqueur de Mononghahela s'acquit la réputation d'un grand patriote en 1775, et tant que les Américains eurent un pied dans le pays. Malgré la répugnance que les censitaires montrèrent généralement à prendre les armes sous leurs seigneurs, son influence fut telle, qu'il en réunit près de mille avec lesquels le capitaine-général Carleton partit de Montréal pour tenter de descendre sur l'autre rive du fleuve,où étaient les avant-postes de Montgommery. Il partagea en cette occasion le désappointement du général, mais loin de se décourager de cet insuccès qui eut dû, ce semble, étouffer le mouvement à son principe, il conserva ou rallia 3ï)0 "hommes sous sa bannière, s'attacha avec eux aux pas des Américains, et les suivit jusque à Québec. Il les harcela constamment sans se rebuter du mauvais esprit d'une partie de la population et parvint même à lier ses opérations avec celles du général. C'est un témoignage que lui a rendu Roux de Rochelle, ministre de France aux Etat-TJuis, dans son livre sur l'Amérique : (t Un détachement que ce gouverneur fit passer sur la rive droite du St. Laurent, se joignit à quelques compagnies de volontaires canadiens commandés par Beaujeu, et leur active vigilance surprit en effet plusieurs convois américains." J. P. Saveuse de Beaujeu fut sommé au Conseil Législatif par le Roi en 1829 sur recommandation de Sir James Kempt. L'honorable George Réné Saveuse de Beaujeu, son fils, aussi membre du Conseil, Seigneur de Soulange et de la Nouvelle Longueil, propriétaire de plusieurs Townships et chef actuel de cette maison, a succédé au dernier comte de Beaujeu mort à Paris il y a quelque douze ans.
Bedard, famille canadienne fertile en hommes de talents, a fourni deux juges, un Supérieur du Séminaire de Québec, et un membre distingué, de la communauté de St. Sulpice. Pierre Bédard, célèbre patriote, né à Québec en 1763, s'opposa en 1790 au projet de changement de la tenure des terres. Il entra au barreau quand les Canadiens, d'abord proscrits dans leur propre pays, purent y être admis, et fut élu membre du premier Parlement Canadien en 1792, Devenu chef de l'opposition sous le
gouvernement de Craig, fl fut un des fondateurs cLe Ut gazette publiée sous le nom de Canadien^ et dont l'apparition jeta l'alarme dans le parti anglais. Il y répandît ,des connaissances constitutionnelles considérables pour Pépoque,et donna le premier l'idée d'appliquer à la Colonie leprincipe du gouvernementresponsable. D'ailleurs il remplit ou laissa remplir sa gazette d'écrits violens, de sarcasmes et d'épigrammes dirigés contre le peu endurant général et ses créatures. Elle fut saisie illégalement le Î7 Mars 1810, et Bédard incarcéré en vertu d'un ordre signé par trois membres de l'Exécutif. On sait qu'il demanda constamment et sans crainte son procès, et qu'il résista longtems aux séductions de Craig, qui finit par s'en trouver embarrassé, et qui voulut l'élargir sans passer par les formes de la justice. Ce tyran lui envoya son frère, curé de St. Joachim ; mais Bédard répondit par écrit, que s'il pouvait être convaincu de faute par homme au monde, il en ferait l'aveu ; mais que n'étant point convaincu, il n'avait qu'à se résigner à son sort. Ce patriote fie preuve en cette occasion d'une grandeur d'âme peu commune ; mais le gouvernement finit néanmoins par le gagner en le nommant juge résident des Trois-Riviôres. Devenu dès lors impopulaire, il fut accusé, mais sans succès, de ■hauts crimes et délits dans l'exercice de la magistrature par cette même Chambre d'Assemblée où il avait ré^né (1818.) Toute cette famille a fait preuve de talent pour la philosophie : la politique et la magistrature n'empêchèrent point Pierre Bédard de s'y livrer, et Lebrun, dans Je Tableau Statistique des Deux-Canadas, mentionne ses Observations Critiques sur les ouvrages de l'abbé de Lamnienais et de M. De Bonald, et sou Traité du Droit Naturel démontré par des formules algébriques, à peuprès comme Bodin, dans sa République, prétend démontrer sa politique harmonique. Cet illustre Canadien mourut en 1827. Isidore son fils, membre du Parlement Provincial pour le comté de Saguenay, mourut à Paris en 1833. Il décelait un beau talent poétique. — Elzéaf, membre du Parlement Provincial et père putatif des 92 résolutions, premier maire de Québec, Juge puîné de la Cour du Banc de la Reine, se déclara avec le juge Panet en faveur des demandes tfHàbeas Corpus eu 1838 en subtituant le statut de Charles II à l'Ordonnance Provinciale
de 1784. Jl fut suspens, puis réhabilité, lorsque l'Angle» terre, après du sang et force argent dépensés, se crut obligée de se soumettre à ceux qu'elle avait prétendu réprimer. U passa alors de Québec à Montréal, où il eût une dispute de préséance avec l'honorable Charles Déwey Day, laquelle fut portée en Angleterre. Le premier ministre Lafontaine lui apporta sur son lit de mort, durant la dernière apparition du choléra, la décision du gouvër* nement anglais en sa faveur.-— Voyez Papineau.
Bedini (Cajelan) gouverneur civil de Bologne durant les troubles des états pontificaux, archevêque de Thèbes, Nonce Apostolique auprès de l'empereur du Brésil en 1853, était en même temps Missionnaire Extraordinaire aux Etats-Unis. On se souvient de la violation honteu* se du droit des gens à son égard par nos voisins, et de l'accueil glorieux qu'il a reçu en Canada et de la part des catholiques et de celles des protestants. C'est par suite de la visite de ce prince de l'église dans ce pays, que trois de nos concitoyens ont été honorés de dignités dans les ordres romains de St. Grégoire le Grand et de St. Sylvestre.
Bedout (Jacques) célèbre marin canadien au service de la République française, était fils du Sieur Bedout, conseiller au Conseil Souverain de Québec et seigneur en 1752. Il naquit en cette ville le 14 janvier 1751, et passa en France à douze ans lors de la cession du Canada à l'Angleterre (1763) en compagnie de plusieurs autres cn&ns, destinés comme lui à devenir des hommes célèbres. Ses dispositions le portèrent à embrasser la vie de marin , et il se signala tellement dans la guerre d'Amérique, de 1776 à 1782 , qu'il obtint une frégate. Sous la République il devint capitaine de haut bord. L'action malheureuse de l'île Croix, en 1756, lui mérita cet éloge de Fox dans la Chambre des Communes d'Angleterre :— " Le capitaine du Tigre, combattant pour l'honneur de sa patrie, a rivalisé en mépris de la mort avec les héros de la Grèce et de Rome. Il a été fait prisonnier, mais couvert de gloire et de blessures ! " Il combattit contre trois vaisseaux. (•) Délivré à la paix d'A-
(*) Tbe Tigre was brougbt to action by the Sans Pareil, and the London and Queen also taking part, the Frenoh ahip surrendered,— Allen'8 Battles of lh< Britith Navy,
miens, il s'attira l'estime des Bruix, des Décrès et des Jaucourt, qui occupèrent successivement le ministère de la marine, et mourut contre-amiral en 1816 Âgé de 67 ans. Bedout ne fut pas le seul Canadien qui honora la marine française à cet époque. Outre le marquis de r Vaudreuil et le vice-amiral Martin, dont on pourra lire les articles, André de l'Echelle, né i Montréal le 2 Décembre 1759, mourut en 1818 capitaine de vaisseaux, et Michel Péloquin, né à Québec en 1753, mourut la même année et dans le même grade à Brest.
Begm (Michel) Chevalier, Conseiller au Parlement de Metz, huitième Intendant de la Nouvelle-France, [1712] était parent de Colbert. Le marquis de Seignelay lui procura successivement l'Intendance des Iles Françaises et la nôtre. 11 est célèbre par son cabinet de médailles, d'antiques, d'estampes et de coquillages recueillis dans les quatres parties du monde, par sa bibliothèque, et pour avoir fourni à Perrault les matériaux pour l'Histoire des Hommes Illustres de France. Les plus inrtruits l'estimèrent et les peuples l'aimèrent comme un des Intendans les plus désintéressés, dit la Biographie Universelle.
Belestre (Picoté de) maison canadienne dont le premier membre connu vint de France à Ville-Marie en 1659 selon M. de Belmont. Il figura dans deux affaires contre les Iroquois. Un autre quitta Québec pour servir à Terre-Neuve en 1706 avec MM. de Beaucourt, de Linetôt de Villedéné et cent Canadiens. On trouve son éloge dans une lettre de M. de Costebelle contenue dans les Documens de Paris, ce qui n'empêcha pas qu'il ne fut pris par les Anglais avec son détachement et conduit à St. Jean. Il fut échangé et s'empara de la baie de la Trinité en 1710. — Son fils se signala tellement qu'il devint chevalier de St. Louis, et commandant du Détroit et des postes qui forment aujourd'hui l'état du Michigan. Il fit des courses dans le pays ennemi, battit les Anglais dans une sortie en 1756, et conserva ce poste à la France. Mais en 1760, il fut enveloppé dans le malheur général. Le major Rogers, lieutenant d'Amherst, lui ayant envoyé l'officier Brehm, pour l'induire à se rendre, il méprisa cette sommation et harangua les Sauvages ; mais le capitaine Campbell, deuxième envoyé, lui ayant apporté
^a capitulation de Montréal avec une ' lettre du "marqûft de Vaudreuil, il se rendit le 29 Novembre. M. de Vandreuil lui donnait de bonnes nouvelles de la santé de Madame de Belestre, demeurée à Montréal, et lui disait qu'il espérait le revoir en France avec tous ses officiers Cette lettre se retrouve dans la Saberdache du Commandeur Viger. Le chevalier de Belestre ne quitta point son pays. Tant que les Canadiens furent éloignés des charges publiques, il cultiva son champ comme Cincinnatus, et dans les jours meilleurs, il fut sénateur ét Surintendant des Voies Publiques. On le trouve à la pose de la première pierre de N. D. de Bonsecours avec deux autres -chevaliers de St. Louis en 1773. En 1775, lors de l'invasion américaine, c'en était fait du Canada, si l'ennemi eût pu se saisir du poste frontière de St. Jean, où il n'y avait point de garnison. Il offrit ses services à Carleton et la noblesse voulut marcher sous les ordres de ce vétéran, sans en excepter M. de Longueuil. Les De Lolbinière, De Rouville, De Boucherville, De St. Ours, De Lacorne, De Labruère, De Montigny, D'Eschambault, de La Madeleine, de Florimont, Des Musseaux le suivirent ; puis MM. de Montesson, de St. Luc, Duchesnay, De Rigauville, De Lorirmer, de Tonnancour et de Salaberry. Parmi les professions et la ' bourgeoisie , MM. Perthuis, Hervieux, Moquin, 'Gaucher, Giasson, Beaubien, Campion, Lamarque, Foucher rivalisèrent de zélé avec la noblesse. Picoté de Belestre reprit St. Jean, qui était tombé aux mains de Pavant-garde américaine et reçut les remercîmens publics de Carleton, Il remit alors le poste au major Preston, envoyé avec des troupes ; mais il resta au poste du danger avec ses compagnons d'armes, repoussa dans un combat le général Schuyler, qui abandonna son armée, et défendit pendant 45 jours contre Montgommery* maître du fort Chambly, cette bicoque, qui avait fait éprouver cinq mois de retard à l'armée envahissante : St. Jean était un fort en bois ! "Les Ordonnances relatives à la défences des places ? fortes sont défectueuses dans toutes les armées, dit l'archiduc Charles, parce qu'en appliquant des règles géné- > raies à des cas individuels, on perd de vue le principe ' fondamental qui exige la plus longue et la plus vigougoureuse résistance possible. Ici on absout un comman-
dant quand il a capitulé après avoir soutenu un assaut' sur la brèche; là on le trouve irréprochable quand il a supporté la disette jusqu'à une certaine période établie ; . et cependant il est prouvé par des faits que dans ces deux cas, les- ressources d'un homme de tête et de- cœur ne sont pas toujours épuisées, et qu'on a fié fendu des places au delà" du terme que la loi reconnaît pour extrême. Tout commandant qui, dans une position désespérée, et sans qu'on n'ait plus le droit de s ? y attendre ; trouve dans son esprit et dans l'élévation de son âme des ressources là ou la fermeté abandonne les courages ordinaires, se rend digne des distinctions les plus honorables, et des récompenses les plus- éclatantes* " Le chevalier De Belestre vit la constitution et fut du nouveau Conseil Législatif. Sa demoiseHe épousa le major MoDoell, de l'armée régulière.
Bellerive (Le Sieur St. On ge de) gentilhomme canadien, guide du P, Charlevoix, qui parle de lui avec éloge, demeura commandant du fort' Chartres et du pays des Illinois après la conquête, par le départ de Noyon de Viliers pour la Louisianne. Sa position était difficile puisque, avant que de pouvoir remettre son poste aux Anglais, il eut à amuser par de feintes négociations le farouche Ponthiac, qui voulait l'engager dans la lutte con-tre la Grande-Bretagne. Il se tira habilement d'affaire et mérita les remercîmens du général Gage pour les efforts • qu'il fit pour sauver le major Loftus, vaincu par les Indiens. Après la cession de la Louisianne à l'Espagne, il offrit ses services aux Espagnols* saocéda à M. de Laclède dans le commandement de St. Louis et donna une sépulture à Ponthiac assassiné. On a : Harangue faite à la nation Illinoise et au chef Pondiak par M. de SU Onge, Capitaine, Commandant au pay6 des Illinois pour & M. T. C, au sujet de la guerre que les Indiens font aux Anglais, le 18 avril 1765; dans les Dociimens de Londres. M. Francis Parkman, auteur de la Conspiration de Ponthiac, a eu sous les yeux la correspondance de cet officier avec MM. d'Abbadie et Aubry, et en a tiré plusieurs éclaircissemens sur les motifs de cet guerre.
Belnumt (François Vachon de) Bachelier de Sorbonne^. Vicaire-Général, quatrième Supérieur et Seigneur de Montréal après Messire François Lefebvre, notait pas*
encore prêtre quand il vint dans le pays, et fut le premier instituteur des Sauvages de la Montagne. Ce fut lui qui, -en 1683 ou 4 fit construire le fort en pierres dont on revoit les restes et dont une des courtines était attenante 4 une enceinte en pieux qui renfermait une chapelle et une maison des sœurs de la Congrégation. Cette enceinte avait été faite par M. Galinier pour la sûreté de» néophytes. En 1710, M. de Belmont bénit solennellement le drapeau avec lequel le baron de Longueuil marcha aux Anglais. 11 écrivit maussade meut lo Eloges de quelques personnes mortes en odeur de sainteté à Montréal en Canada, 1722, dédiés à M. Le Pelletier, Abbé de St. Aubin, et depuis supérieur-général de St. Sulpice. 2o. une petite Histoire du Canada, qu'on retrouve à la Bibliothèque Royale. 3o. La guerre des Iroquois. Il mourut en 1732.
Belveze (le chevalier De) contemporain, connu par son voyage en Canada sur la corvette la Capricieuse (1855). On ne connait qu'imparfaitement le but de sa mission,racilitée par l'alliance de la France et de l'Angleterre ; mate elle a mis ce marin, dont la tournée en Canada a été une continuelle ovation, à même de bien informer Napoléon III au sujet des ressources du pays.
Berrey (Félix de) dernier Supérieur et Commissaire Général des Franciscains Réformés en Canada,était d'extraction noble et fils de François de Berrey Sieur des Essaits, officier dans les troupes de la Colonie. Il naquit a Montréal en 1720 et fut baptisé le 10 juin, non sous le nom de Félix, comme le remarque le Commandeur Vi* ger, mais sous ceux de Claude-Charles. Ordonné prêtre en 1743, il desservit St. François du Lac puis Chambly avant^ue d'être élevé à la première place, réclama contre la proposition de M. de Lacorne St. Luc d'exclure les Communautés religieuses du bénifice de VHabeas Corpus, et mourut à Québec le 18 Mai 1800, âgé de près de 80 ans et après 56 ans de prêtrise. C'était un homme de grands talents et doué d'une vaste érudition. Sa mémoire est attaquée dans le Canada Reconquis. Je ne puis que je ne dise à ce sujet que je ne conçois pas comment un homme d'esprit comme M. Barthe n'a pas saisi de suite que l'emploi de la maison des religieux comme prison par Sir Frédérick Haldimand n'était pas plus à
leur gré que le service de leur église au culte protestant, jet que l'idée de faire persécuter un huguenot par un Récollet ne pouvait guères venir au gouvernement fana* tique d'Angleterre à cette époque. Le témoignage de Masères n'y fait rien.
BertheLot , ancienne famille canadienne — François Berthelot, Conseiller du Roi, Secrétaire Général de l'Artillerie, Poudres et Salpêtres de France, fut comte d'Orléans ou de St. Laurent en Canada, île qu'il avait achetée de l'évjêque de Pétrée, et qui fut érigée en sa faveur en fief de dignité vers l'an 1700 sous le nom de comté .de St. Laurent. « Voulons et nous plait qu'il se puisse dire comte de St. Laurent, et qu'il jouisse des prérogatives, armes, blazons, rang et prééminence tel et tout ainsi que les autres eomtes de notre royaume ; que les vassaux, arrière-vassaux et autres tenant noblement le reconnaissent pour comte et lui fassent foi et hommage en cette qualité. Avons aussi confirmé le droit de justice haute, moyenne et basse, pour la dite justice faire exercer en qualité de comte, et en outre établir prisons, fourches patibulaires à quatre piliers et un pilier à carcan portant ses armoiries, à la charge de tenir le dit comté de nous à cause de notre fort de St. Louis de Québec à un seul hommage lige, sans que le dit comté puisse être réversible à notre domaine pour aucune cause que ce soit, nonobstant les édits &c. " Il eut pour vassaux à l'Ile Jésus les Jésuites, qui lui dévoient prestation d'écu d'or tous Jeadix ans.— Berthelot de Beaucourt, qui commanda souvent les milices canadiennes, fut gouverneur de Montréal eu 1733; et l'était encore en 1744.— Les Berthelot d'Artigny se signalèrent aussi à la guerre, Amable, bibliomane et érudit, membre de la Société Littéraire et Historique de Québec, avait fait en Canada et en France l'acquisition d'une magnifique bibliothèque, précieuse surtout pour les ouvrages concernant l'Amérique. Excellent parleur au Parlement Provincial, dont il était membre, s'il ne sut pas plus que d'autres prévoir les suites inévitables d'une politique outrée, il les déplora à temps et mourut retiré en 1848. Il recueillit les matériaux d'une histoire du Canada, et on a de lui : lo. Dissertation sur le canon de bronze que l'on voit dans le Musée Chasseur, Québec 1830. IL Dissertation sur la décou-
verte des restes de la Petite Hermine, avec une carte de Québec, 1844. III. Essais d'analyses grammaticales suivant les principes de l'abbé Girard, Québec 1847. C'est une savante grammaire. Dans son bon morceau de critique de 1830, il prouve que Jacqties-Cartier n'a pas fait naufrage sur un rocher auquel la tradition à conservé le nom de Roche de Jacques-Cartier. Sa demoiselle a épousé M. La Fontaine et son fils est Bâtonnier de l'ordre des avocats à Montréal.
Bihaud. — Ce nom remonte à la concession que Louis le Grand fit l'an 1664 à la Compagnie des fridfes Occidentales des pays de la terre ferme de l'Amérique depuis la rivière des Amazones jusques à l'Orénoque, — les Antilles, l'Acadie, le Canada, Terreneuve, en seigneurie propriété et justice, avec pour armes " un Ecusson en> champ d'azur semé dB fleurs de lys d'or sans nombre, deux Sauvages pour support, et une couronne tréflée. " Un Biband se trouvait parmi les Directeurs de cette Compagnie suzeraine, et sa signature se lit fous deux actes imprimés dans les Edils et Ordonnances Boyaux publiés en Canada en 1S03 et en 1854*. — Michel Bibaud premier historien canadien-français du Canada et restorateur de la presse à Montréal, où il est mort le 3 août 1857, était né à la Côte des Neiges, près cette ville, le 20 Janvier 1782. 11 entra au collège de St. Raphaël, ancien Château Vaudreuil, aussi tard que 1800, M- Chicoisneau étant Principal, et poursuivit ses études après l'incendie de cet établissement jusqu'à l'ouverture du nouveau collège sous M. Roque. Le Grand Juge O'Sullivan, le Commandeur Viger, l'honorable Hughes Heney, les Grand -Vicaires Vian, Deniers, Cadieux, MignauK et St. Germain furent ses condisciples. Michel 0*8ulhran lui disputait seul la première place. A peine eut-il terminé ses classes qif il ??e livra à l'enseignement et aux lettres. Parmi ses élèves se trouvent les Juges La Fontaine, Morin et Brnneou et les demoiselles de lord Selkirck. Après avoir contribué à la rédaction du Spectateur, établi en 1813, i! fonda en 1815 ou 16 V Aurore des Canadas (un volume in-folio et deux volumes in-8vo.); Suivit le Spectateur- Canadien, au milieu de nos luttes politiques. La politique eu fut modérée, comme il s'en*
vante lui même dans sa poésie intitulée : Etrennes du Spectateur-Canadien pour le 1 Janvier 1829 :
Du moins notre Spectatrice Tenant un juste milieu, Et, pour lui rendre justice*, Exempte du double vice Et du trop et du trop peu.
Evitant de faire schisme Dans la population, L'aveugle patriotisme S'y convertit en civisme Eclairé par la raison.
Puisse son humeur égale, Son esprit indépendant, Sa diction libérale Et sa marche impartiale, Plaire à tous également.
" The editor of the Spectateur Canadien, disait le célèbre £Jocelyn Waller, éditeur du Canadian Spectator is not only a learned and able man, but a good nature d and a complaisant man also. " Il avait cependant combattu l'union très fortement dans ses vers, et on lui donna un diner publio. Il publia ses poésies, qui sont le premier volume canadien du genre. Isidore Lebrun le mentionne honorablement dans le Tableau Statistique des Deux Canadas, et le critique assez sévèrement dans la Revue Encyclopédique de Paris, tout en reconnaissant que des poètes de Province en France, publient des recueils bien inférieurs à celui du poëte ca-f nadien. L'auteur répondit dans le Magasin du Bas- Canada (2 tomes in-8vo) journal qui suivit la Bibliothèque Canadienne ou Mictllanées Historique, Scientifiques et Littéraires, en plusieurs volumes, belle collection nationale commencée en 1825, et qui est malheureusement devenue très rare. Après le Magasin, qui diffère peu de la Bibliothèque, si ce n'est en ce qu'il est plus européen, vint ^Observateur Canadien en trois volumes, œuvre moins littéraire, Michel Bibaud travailla depuis k la
M>inerve puis à Y Ami du Peuple y mais il né fat plus pro* prié taire d'aucune feuille jusque à l'année 1842, qu'il publia V Encyclopédie Canadienne en deux tômes. L'iibeille qui lui est souvent attribuée, est de Mézière. Le premier jet de son Histoire du Canada avait paru dans la Bibliothèque. Lia domination française parut en volume en 1837, puis une secondé édition en 1844, suivie du premier volume de la domination anglaise. Le deuxième est inédit et écrit tout du long de sa main, à l'exception des dernières pages transcrites durant sa dernière maladie par son fils. Il fut nommé magistrat durant le» troubles politiques. MM. Va t te mare et De Puibusque le visitèrent. La traduction du journal d'Agriculture et des Rapports de la commission géologique occupèrent ses dernières années. Il avait conçu au collège du goût pour les sciences exactes, comme on peut en juger par sa poésie consacrée aux Savans de la Grèce et son ArifhmétiqueVulgaire, Marchande, Scientifique et Curieuse publiée en 1816. La traduction des rapports géologiques, qui lui fait le plus grand honneur, l'obligea de devenir l'élève de Sir W. Logan, et il s'enthousiasma de l'étude de la géologie et de la minéralogie. Celle de la langue grecque ne lui plaisait pas moins, quoiqu'il en eût.vu trèa peu de chose au collège. Le plus agréable de ses ouvrages littéraires est le Voyage de Franchère dont la rédaction lui est due. Il a été dernièrement traduit en anglais. Ses fils ont fondé l'un, l'Ecole de Médecine, et l'autre PEcole de Droit et l'Institut Polytechnique, dont il fut aussi un des premiers membres honoraires dans les classes des Sciences et des Lettres. Il avait eu la douleur de perdre en 1839, Charles Edmond, son dernier fils, qui, à 13 ans, possédait l'histoire, était plein d'Homère, de Fénélon, de Lafontaine et de Fenimore Cooper, et commençait à versifier avec une facilité remarquable. On trouve de courtes notices de cet auteur dans le Journal de l'Instruction Publique de Paris et dans le Dictionnaire Bibliographique et Critique d'Alibone de Philadelphie, et sa famille conserve un bon portrait de lui.
Bienville, branche de la fameuse maison de Le Moine — François Le Moine, premier Sieur de Bienville, fils de Charles Le Moine Sieur de Longueuil et de Châteauguay, né à Montréal le 10 Mars 1666, fit captifs 80 Iro-
quois en 1691, et fut tué à Repentigny dans un combat contre ces peuples le 7 juin de la même année à Page de 25 ans. — Jean-Baptiste, deuxième du nom, fondateur -de la Nouvelle-Orléans, né le 23 février 1680, fut d'abord garde-marine et rit sept voyages de long cours sous d'Iberrille, aux ordres an quel il combattit bravement sur terre et sur mer. Il passa en France, puis à la Louisianae (1699) et y servit durant vingt-sept ans. Gouverneur- Général de ce pays et Directeur de la Compagnie d'Oc-, cident, il fonda la Nouvelle-Orléans en 1717, — cette ville destinée à devenir une des grandes cités du monde» et fit avec bonheur la guerre aux Sauvages et aux Espagnols. Il défit l'escadre d'Alonzo Carascosa et reprit Pensacola. La guerre avec l'Espagne se termina en 1722, et il mit fin en 1730 à celle contre les Natchez, qu'il dompta ainsi que les Alibamons et d'autres tribus. On sait que le Chef Suprême des premiers, le Soleil, se pré* tendait comme les Incas et l'empereur de la Chine, descendu de cet astre. M. de Bien ville le força de construire pour les Français, au cœur de son pays, un fort auquel il donna le nom de Rosalie en l'honneur de l'épouse du comte de Pontchartrain, qui protégeait les Le Le moi ne. On trouve le portTait de cet illustre Canadien dans l'Album du Commandeur Vigers il est revêtu d'une cuirasse et décoré de la croix de St. Louis.
Manchet (François) mort en 1830, connu dans sa profession et dans la politique, étudia la médecine et fut gradué à New* York, où il publia un livre sur l'application de la chimie à la médecine. Membre du Parlement, il fut de l'opposition, eut part à la rédaction du Canadien et fut arrêté par Craig avec P. Bédard, Papineau, le fameux major Laforce et MM. Taschereau et Corbeil. Sir George Prévost, qui opérait sur d'autres principes que Craig, le crut propre à remplir le haut emploi de Surintendant des Hôpitaux de la Milice. On a de lui outre son ouvrage sur la Médecine : Appel au Parlement Impérial et aux habitans des Colonies anglaises de V Amérique du Nord sur les prétentions exorbitantes du gouvernement exécutif et du Conseil Législatif du Bas-Canada, par un membre de V Assemblée Législative, Québec 1824. Tranquille sous les administrations populaires de Prévost et de Sherbrooke, il recommança la lutte sous Daihousie.
— J. B. Blanchet, né te 17 Mars 1785 a St. Pierre dè la- Rivière du Sud, passa en Europe après avoir terminé sesétudes au Séminaire de Québec. Depuis 1818, il étudia à Paris sous Dupuytren et Laney, et sous Sir Astley Cooper à Londres, où il obtint le diplôme du Collège des. Chirurgiens. De retour en Canada, il fut élu au Parlement pour le comté de Québec en 1834» et fut successivement Médecin Visiteur à l'Hôpital des Emigrans et à; l'Hôpital de Marine (184-7). Après avoi» été professeur de Chirurgie à l'École de Médecine, il devint Doyen delà Faculté de Médecine de l'Université Laval, lors de son organisation, et professeur de pathologie générale et. d'Institutes de Médecine. La ville de Québee le députa, au Parlement en 1855. Il est mort le 22 avril 1357. Le Journal de l'Instruction Publique a reproduit son portrait.— Dans l'état ecclésiastique, les frères- Blanchet ont fondé l'église de POrégon aux Etats-Unis. L'archevêque François Norbert, est le véritable apôtre de ses régions, et s'est associé Augustin Magloire son frère, chanoine Grand Chantre de Montréal avant son élévation à l'épiscopat,-qui a pris d'abord le titre d'évèque de Wallà-VValla, puis de Nesqually.
Boiret (Urbain) Supérieur du Séminaire des Missions* Etrangères à Québec avant Mgr. Hubert, était de Sentis, et vint en Canada en 1754 malgré les instances que fit pour le retenir Mgr. de Roquelaure, son évéque, membre de l'Académie Française. Il professa avec distinction, lçi théologie au Séminaire durant 25 ans, et mourut à. Québec au mois de Décembre 1774-.
Bois (L. E.) prêtre, curé de Maskinongé et de St Justin au diocèse des Trois-Rivières, né à Québec le 12 Septembre 1813, ordonné en 1837, archéologue distingué et compilateur ou éditeur de plusieurs publications a étudié aux collèges de Québec et de Ste Anne ou il a été professeur, Les notices biographiques des^évêques de Québec Laval et St. Vallier, du Commandeur de Sillery et du docteur Sarrasin, et l'Eloge de Montcalm avec l'Etat deéglise et la collection complète des Relations des Jésuites a la quelle il a eu une grande part, forment déjà> en dépit de quelques erreurs, une collection plus variée, plus^org*et autrement importante que les fragmens archéologiques mis au jour en Canada avant lui. Il aura encore le mi,*.
'tite d'agir fourni beaucoup de données pour le Panthéon Canadien. r
Boisbriand (Dugué de Boisbriand et Boisbriand de La ï)urantaye) illustres familles ëanadiennes— M. (Je Bel- Craont parle beaucoqp d'un Dugué qui commanda les milices canadiennes dans maintes expéditions, mais spécialement dans celle du marquis de Denonville contre les Iroquois : il rallia le 'bataillon de Berthier dans l'embuscade et rétablit le combat (168^.) On ne doit probablement pas le confondre avec Dugué de Boisbriand, compagnon d'armes du fameux d'Iberville, qui le laissa commandant au fort Bourbon. Celui-ci se signala encore dans les guerres de la Louisianne, particulièrement en 1722, et fut gouverneur du pays des Illinois. — Le premier Boisbriand de La Durantaye connu était commandant de Michillimikinac en 1686, quand le marquis de Denonville l'appela à lui avec les Outaouais pour prendre part à sa fatale expédition. En 1687, il fit captifs le chef Crêgoire et ses guerriers et 60 Flamands qui fesaient la traite au détriment des Français et qui auraient nullifïé leur système d'alliances avec les nations, incités par Lafontaine Marion, (*) que Denonville fit fusiller, et d*autres traîtres. Il mourut du scorbut à Niagara en 1688» Un autre Boisbriand de La Durantaye fut aussi Commandant de Michillimakinac et des Outaouais et Chevalier de St. Louis. L'Intendant de Champigny fesait son éloge dans une lettre de 1691 reproduite dans les Documens de Paris. Cette famille est aujourd'hui bien déchue*
Bonne (l'honorable Pierre Amable de) célèbre magistrat canadien au commencement de ce siècle, seigneur de St. François, Choisy et autres lieux, descendait du Sieur De Bonne de Mizèle, capitaine au régiment de Condé et seigneur canadien, neveu du marquis de La Jonquière. Il fut aussi seigneur, juge, colonel de la milice de Beauport durant la dernière guerre, membre du Conseil Exécutif en 1794, et aussi de l'assemblée Législative, où il s'opposa à la motion de M. Cuthbert pour l'abolition de l'esclavage. Il fut plusieurs fois réélu. La majorité vit en lui le chef du parti canadien du Château en Chambre, et agita la question de l'expulsion des juges, comme créatures du gouvernement Elle rédigea
' l # ) Jeune Canadien qui possédait touiea les laogues Sauvages. (
lia Ml * cet effet. Le Conseil Législatif l'amenda,' L'Assemblée, piquée, l'abandonna et se présuma de déclarer vacant par un simple vote le siège du juge De' Bonne, qu'on avait attaqué personnellenent par le bill, car il était le seul magistrat qui fut membre. Craig n'hésita point à dissoudre une chambre à prétentions aussi i exorbitantes, mais M. De Bonne ne se fit pas reélire et tira ainsi Sir Geerge Prévost, son successeur, d'un grand embarras. Il eut avec le grand juge Osgood un autre démêlé dans lequel Sir R. S. Milnes lui donna gain de cause. Quoiqu'il eût été à la tête du comité nommé pour présenter une adresse à S. A. R. le prince Edouard,et qu'il votât avec le gouvernement. M. Ryland ne l'aimait pas et lui fait un crime d'avoir envoyé son fils servir sous Bonaparte. Un boulet de canon pourvut sans doute à tous ses besoins, puisque le père mourut sans enfanà et que sa grande fortune a été l'objet d'un long litige en Canada et en Angleterre. Le juge De Bonne était' un bon Orateur dans son temps et il eut du mérite dans* la rédaction des lois, qui étaient plus passables alors que de nos jours* On connait encore le docteur De Bonne" qui après avoir été gradué en Europe, fut médecin de l'Hôtel-Diéu et engagé par le gouvernement pour traiter les patiens attaqués du mal dit de la Malbaie.
Borgel (Rosalie*) ou sœur Marie St; Maurice, fondatrice de la maison des Sœurs de la Présentation dé Marie au diocèse de St. Hyacinthe en 1843 î Cet Institut fut fondé au milieu même de la révolution française par' Marie-Anne Rivier.
Borgia (Joseph Levasseur) patriote canadien, d'origine italienne, avocat de profession élu, de plusieurs parlemens provinciaux, fut un des membres les plus modérés de l'opposition, bien que Craig le destituât de son grade dans la Milice en 1810. C'était un sage. Plus taciturne que Bourdages, il sut s'abstenir de tout excès. Il ne vota point pour l'expulsion des juges ; mais il fut pour celle de M. Christie. Il fut membre du comité du badget en
Boucher (Pierre) Sieur de Grosbois, gouverneur des TrOis-Rivières, Lieutenant-Général du Grand Sénéchal de la Nouvelle-France en la Sénéçjiaussé de cette ville, fuis Juge Royal, ancêtre des Boupfoerville, signe ainsi
lûi-mème dans la concession d'une seigneurie par lui faîte. Ce fut la défence de cette ville naissante contre les Iroquois, qui lui valut des lettres de noblesse. " L'aïeul de tant d'honorables familles du Canada, le capitaine Pierre Boucher, s'y est couvert des lauriers de
Roche-Héron. Le baron d'Avaugour l'ayant choisi en 166 1 pour porter ses dépêches à la Cour et supplier Louis XIV de prendre la Colonie sous sa protection, il obtint de ce prince un secours de quatre cents soldats. C'est ce que portent ses propres Mémoires, quoiqu'on ait dit. que ce furent les habitans du pays qui le députèrent en France. Il profita de ce voyage pour publier r V Histoire Naturelle et véritable de la Nouvelle-France dite Canada Paris chez Florentin Lambert, petit in-12. Elle est précédée d'une Epitre à Monseigneur Colbert datée au Trois- Rivières le 8 Octobre 1663. " C'est une notice assez superficielle mais fidèle du Canada " dit Charlevoix. Ce qui en fait le principal mérite est la simplicité naïve du style. Ce patriarche canadien mourut en 1717 à un âge fort avancé, mais sur lequel eeux qui ont écrit sont peu d'accord, laissant quinze enfans» Sa postérité devint un grand arbre. La branche ainée conserva le nom de Boucherville. Les autres furent les Boucher de Montarville, de Nivetville, de Verchèses, de Labraère, de La Périère, de Labroquerie, de Montizambert, &c Le Père Lelonget l'abbé Langlet ont confondu mal à propos Pierre Boucher avec lie P. Boucher, Jésuite. François Pierre de Boucherville, son petit-fils, né à Boucherville le 9 juin 1687, épousa a Montréal le 14 septembre 1731 Demoiselle Marguerite Raimbault, et mourut à Boucherville le 10 septembre 1767.Ses services militaires lui méritèrent le gouvernement du Détroit et l'ordre de St. Louis. On a de lui dans la Bibliothèque Canadienne de Bibaud : Relation des avantures de M. de Boucherville à son retour des Siauz en 1728 et 29, suivie d'observations sur les mœurs des Sauvages. M. de Boucherville, sans être puriste, écrit avec cette facilité et cette aisance ordinaires aux gentilshommes. On trouve dans sa relation quelques faits remarquables, et il fut témoin de l'assassinat de Pemoussa, chef qui s'était fait un grand renom.— Réné Antoine, son
fils, né à Catamcony le 12 Février 1736, épousa à Mont^ réal le 6 juin 1770 Demoiselle Madeleine Raimbault St. Blain, se signala contre les Américains dans la première guerre américaine et fut chargé par la noblesse de faire valoir ses réclamations auprès du Courrier de Londres, Il fit partie de l'ancien Conseil Législatif puis de la chambre haute, sous l'empire de Pacte constitutionnel, remplit la charge de Grand Vbyer, et mourut à Boucherville le 2 Septembre 1812.— Pierre A. B., son fils, mort le 30 Novembre 1857, était né à Boucherville le 23 octobre 1780, et avait épousé le 4 octobre 1812 Demoiselle Marguerite Amélie Sabrevois de Bleury. Il fut Aide-de- Camp Provincial sous Sir George Prévost et^tait un des membres les plus influens du Conseil Législatif. Thomas Réné Boucher Verchères de Boucherville, seigneur de Verchères, par alliance sans doute avec l'illustre famille de ce nom,était son frère et est mort quelques jours seulement après lui. Il fut employé à la compagnie du Nord- Ouest et fut blessé en 1812 à côté du fameux Tecumseh, qui était son ami.— Boucher de LaPérière, qui se signala fort contre les Anglais en 1708, est peut-être le même qui fut gouverneur de Montréal. — Boucher de La Broquerie appuya par mer les opérations du marquis de Montcalm. — Le chevalier de Niverville partagea tous les dangers de Carleton dans sa flûte merveilleuse de Montréal à Québec en 1775. Cette branche fut ruinée par les procédés frauduleux et partiaux de l'Arpenteur- Général Collins, comme on le voit par une consultation de Cugnet. — La cathédrale anglicane de Québec contient un obélisque en marbre d'Italie érigé à la mémoire de George E. Montizambert, major au centième régiment d'infanterie de S. M. tué en encourageant ses soldats à l'assaut glorieux de Moultan sous lord Gough. Il était entré au service en 1831 et avait fait la guerre de l'Afghanistan. — La postérité de Pierre Boucher ne se répandit pas seulement sur toute la surface du Canada, mais aussi à la Louisianne par alliance avec la famille De Muy, originairement canadienne.
Boucher-Beleville (Jean-Baptiste) né à Québec en 1761, étudia au séminaire de cette ville et fut ordonné en 1787. Il a été durant 47 ans curé de Laprairie, où il est mort le 6 Septembre 1839 dans sa 78ème année. On lui doit lo.
te Cantique à V Usage des Missions qui a en 01125e Mitions» et, dont la première fut dédiée à Mgr. D'Esgly, puis la seconde à Mgr. Denaut. Dans ce recueil, "Nous vousr Invoquons tous" et quelques autres cantiques sont de lui. 2o. Manuel abrégé de controverse, traduit de P Anglais de< J. Mannock, Québec 1800, imprimé aux frais de Mgr- Plessis. 3o. un volumineux recueil d'homélies et d'instructions familières, manuscrites. Il eut aussi part au catéchisme de ce dernier évêque.
Bouchette (C. L.) père de i'Arpenteiu>Général, étant capitaine du brigantin Le Gaspé, eut une heureuse part à la conservation du Canada en 1775, en sauvant le général Carleton des mains de Montgommery, qui lui avait coupé la retraite sur Québec. Il lui fit prendre le costume d'un habitant de la campagne, ou d'un pécheur, selon M. Adolphus, et le fit embarquer dans un esquif ou bateau léger dont il avait eu la précaution de faire couvrir les bords de même qu'une partie des rames avec de la flanelle, et en voguant ainsi sans bruit au milieu de l'obscurité, on put traverser la flotille américaine et parvenir sans accident aux Trois-Rivières, tandis que le général Prescott était fait prisonnier avec les troupes. L'hôtellerie où le gouverneur descendit se trouva remplie d'Américains, mais grâces au ton familier que sut prendre avec lui l'ingénieux et loyal Bouchette, il ne fus pas reconnu et put partir pour Québec. Le gouvernement ayant établi un dépôt de marine dans le Haut-Canada en 1784, le capitaine Bouchette commanda sur les lacs avec le. rang local de Commodore .—Joseph, son fils, Lieutenant- Colonel de la Milice, Arpenteur-Général, Membre Correspondant de la Société des Arts de Londres, qui lui présenta une médaille d'or, Président de la Société pour l'encouragement des Arts et des Sciences, Vice-Président puis Président de la Société Littéraire et Historique, naquit à Québec le H Mai 1774. Son père le destinait à la marine et l'emmena sur les lacs, où il employait ses loisirs à lever des plans, ayant été employé comme dessinateur au bureau de l'Arp. Gen. en 1790, En 1796, il commanda un navire de 30 hommes d'équipage entre Montréal et Québec. Il entra la même année dans le régiment des Volontaires Canadiens Royaux, où il devint Lieutenant. On l'envoya à Halifux avec un détachement
en 1799, li passa de ce régiment dans le septième des Fusiliers, où il fut adjudant. Ayant quitté l'armée eh 1802, il fut nommé Député Arpenteur, puis Arpentent Général Tannée suivante en 1804, qu'il reçut sa commission sons le seing manuel du roi. Il travaillait dès lors à ses cartes. S. A. E. le duc de Kent l'honora de son amitié et de sa protection et le mit à même de faire les plus vastes recherches sur la géographie et la topographie de son pays. Le 26 avril 1816, il fut présenté au Prince Régent par le vicomte Sidmouth, et en eut une audience privée à Carlton-House. C'est à tort que la notice bio* graphique du Commandeur de Sillery le fait chevalier du Bain. Il fut un des fondateurs en 1827, de la Société pour l'encouragement des arts et des sciences, qui s'est réunie depuis à la Société Littéraire et Historique. Lord Dalhousie, qui était membre de la Société Royale d'Edimbourg, en fut le Patron, et lui, Président. Il mourut subitement à Montréal au mois d'avril 1841 à l'âge de 67 ans. On a de lui lo. Plan qf de Water communication from Montréal to Kingston and Sackett's Harbour on each side ofthe river St. Lawrence, Compiled from actual surveys in 1813, Dedicated to Sir George Prévost (manuscrit.) II. Plan qf tke exploring survey of a line running true North from the monument ai tke source qf the river Ste Croix, by the survey ors employed on the part of the British government and the United States qf America, under instructions qf the commissioners appointed for dstermining the boundary between the British colonies and the territory qf ihe United States of America, under the Mh bth 6th and Ith articles qf the treaty of Ghènt, Surveyed by iÀeut.-Col. Bouchette, his Majesty's Surveyor- General, appointed for ihat purpose by the British government, Québec 1817, (manuscrit.) III. Topographical Map qf the Province of Lo~ ioer- Canada, Dedicated to H. R, H. the prince Regeni of the United Kingdom, Engraved by J, Walker and sons, Publishedby W. Faden, London 1815. IV. Map ofthe Provinces of Lower and Upper Canada, with the adjacent parts of the United States qf America, Compiled from the latest survey s, and adjusted from the most récent and approved astranomical observations, 1815, publié par le même. V. Description topographique de la Province du Bas-Ca* nada, avec des remarques sur le Haut-Canada et sur les
telations des deux provinces avec les Etats- Unis (P Amérique, enrichie de plusieurs vues y plans de ports, de batailles, êcc, 'Londres, Davidson, Lembard Street 185, 8vo. On y trouve le portrait de l'auteur. VI. Topographical Map of the Districts of Québec, Three Hivers, St. Francis and Gaspé, Lower Canada, Dedicated to His Majesty William IV, Engraved by 3. and C. Walker and published by J. Wyld, Geographer to the King, London 1831. VII. Topographical Map of the District of Montréal, Lower Canada, also a large section of Upper Canada London 1831. VIII. The British Dominions in North America, or a topographical and statisticùl description of the Provinces of Upper and Lower Canada, the hlands of Newfoundland, Prince Edward, Cape Breton, êrc. And a topographical Dictùmary of Lower Canada. To which is annexed, Ûie statistical table and tables of distances published with the author's topographical maps of Lower Canada in conséquence of a vote of the Provincial Législature ; Embellished with vignettes, Views, Landscapes, Plans of towns, harbours, battles, êfC r London, Longman, 1831, 3 vol. 44o " of the map which accompatïy this work, dit la Revue de Westminster, we can speak in terms of unmeasured approbation. They depict ail that is known of the northern part of the great continent of America. . . «with accuracy and clearness, while the information they afford is variousand minute."* Cet ouvrage, dit M. Faribaut, est une extension considérable de celui que l'auteur avait publié en 1815. Il fui porté à entreprendre cette deuxième publication par rengagement que contracta la législature du Bas-Canada, en 1829, en autorisant l'exécutif à faire l'acquisition de cent exemplaires de l'ouvrage et des cartes pour une somme de cinq cents guinées* M. Bouchette, fort de cet encouragement généreux, se rendit aussitôt à Londres, où il s'est occupé pendant près de trois années à surveiller la publication qui a été faite avec tout le luxe de typographie et de la gravure par d'habiles artistes de la métropole. Sous l'autorité d'une loi subséquente, on a fait la distribution de la plus grande partie des cent exemplaires dans les bureaux publics ainsi que dans les collèges et les autres maisons d'éducation. Il est à regretter qu'un ouvrage national qui est, ainsi que l'annonce l'auteur, le résultat de trente années de travaillait
été publié d'une manière si jcoàteuse, qu'il n'a pu avoir qu'un faible débit parmi, nous, à qui il est plus particulièrement utile. — Plusieurs souverains en retinrent des ex* emplaires.Les écrivains étaient rares en Canada du temps du colonel Bouchette ; cependant le style de l'ouvrage de 1815 et de celui de 1831 est relevé. La Revue de WesU minster, journal populaire» comme on sait, en a pris oc;casion de traiter l'auteur d'éprivain courtisan et de lui reprocher un éloge à la comtesse de Dalhousie amené d'une manière flatteuse, tout en reconnaissant l'immense mérite de l'ouvrage. Mais une reconnaissance natu* relie rend les écrivains courtisans de ceux au moins qui les ont comblés d'un aussi grand bienfait que de les mettre en état de publier leurs travaux, surtout quand ils ont l'importance de ceux de M. Bouchette. En effet le style, ces descriptions neuves et pleines d'intérêt de batailles qui viennent par occasion, les cartes et les plans, l'immensité des recherches et le luxe de l'exécution font de l'ouvrage de 1831 une des plus belles publications qui aient jamais été faites. Cela n'a pas empêché l'auteur, connu pour un homme du Château, d'avoir beaucoup d'envieux dans sa patrie ; mais son mérite a été amplement reconnu en Europe, où son nom est -cité entre les premiers en fait de géographie, témoin : A Map of North America from 20 to 80° of North latitude, exhibiting the récent discoveries, geographical and nautical, drawn chiefly from the anthorities of Humboldt, Pike, Lewis and Clarke, McKenzie, Hearne, Bouchette, Vancouver, Ross &c Faden, London 1820. — Joseph Bouchette, fils, digne élève de son père et héritier de sa réputation, a continué ses travaux. Un de ses frères a été employé aux Indes en qualité d'ingénieur.
Bov gain ville (Louis Antoine de) célèbre navigateur, né à Paris en 1729, fut destiné au barreau. Pendant son cours de droit, il s'appliqua aux mathématiques et publia même un ouvrage sur le calcul intégral. En 1753, il entra dans l'armée et en 1754, il fut attaché à l'ambassade de Londres. Nommé en 1756 aide de camp de Mont» cal m, il partit pour le Canada avec le grade de capitaine de Dragons. Plus tard, il commanda en chef à l'Ile aux Noix et brûla une flotille anglaise. A Québec, il commandait un camp volant de 1500 hommes, qui parut sur
les plaines d'Abraham trop tard pour changer 1e* sort de ta journée. Il avait été envoyé en France pour, en obtenir des secours pour la défense du Canada et en était revenu chevalier de St. Louis*, Pendant qu'il était encore* en Canada, il fut parrain de Vassal de Montviel, depuis Adjudant-Général de la Milice canadienne. Après la conquête, il repassa en France et fut employé à l'armée d'Allemagne. La paix de 17631 le jeta dans une autre carrière, — celle pour laquelle il avait de véritables dispositions. Il entra dans la marine avec le rang de capitaine de vaisseaux, et s?en gagea dans une suite de voyages et d'excursions maritimes qui ont illustré son nom. Son voyage autour du monde le retint sept ans hors de sa patrie : on en a Ja relation. L'Académie des Sciences se l'agrégea. Il prit part en qualité de Chef d'escadre à plusieurs batailles navales de la guerre de l'indépendance américaine, particulièrement a celles de la Chesapeake et de la Dom;nique contre les amiraux Graves et Rodney. La première fut une victoire et la seconde, une défaite. Bougain ville fut accusé de faiblesse et impliqué dans le procès des officiers-généraux de l'armée vaincue ; mais il en sortit sans tache et reçut même les complirnens de Louis XVI, comme on le voit dans le livre récent de Guérin. On le retrouve gouverneur de Brest en 1790. Il mourut le 31 août 181 1 à 82 ans.
Bourdagw (Louis) notaire de profession, fameux patriote canadien et le plus redoutable adversaire de l'administration sous Craig (•) et Dalhousie, décédé en 1833, se fit connaître tout-à-coup le 7 Mars 1806, lorsqu'il appuya la motion de Bédard contre la Gazete de Montréal " pour libelle faux, scandaleux et calomnieux." L'éditeur, M. Cary, fut obligé de s'humilier. Ce fut lui qui, dans la session suivante, proposa l'exclusion des juges par une loi : on sait que cette proposition était dirigée contre M. De Bonne, qui était le seul juge qu'on rencontrât dans l'enceinte de la Chambre. Il perdit sa motion ; mais il se montra tenace et parvint à mener à fin son bill en 1810, dans l'Assemblée, a la grande indignation d'abord
(•) Bonrâag'8, Borgia and thatset were as violent as ever, écrit Craig à Rjland, Janvier îail,
du général Craig. BotiTdages n'aurait peut-être pas eu gain de cause, mais l'Angleterre s'attendait à la guerre avec les Etats-Unis, rappela Craig. Prévost le caressa et de fit colonel de la milice. Il surpassa en fcèle ses soldats, qui l'empêchèrent d'être réélu dans son comté de Richelieu. (His great zeal for ihe défense of the country ai the head of his baltalion^ and ihe unavoidable mfferings of his militians, diminished his considération wità them, dit le Canadian Spectator.) Il eut recours au comté d'Yamaska. Il fit peu de bruit sous Prévost, Sherbrooke et le duo de Hichmond, mais reparut sous Dalhousie, et tonna contre le projet d'union des deux Canadas. Il fut proposé pour Orateur ou Président au Parlement de 1823, mit en regard l'administration de lord Dalhousie avec celle de Prévost, prépara une série de résolutions réprobatrices contre le premier et fit proposer l'érection d'une statue équestre au second ; mais il est digne de remarque qu'il vota pour l'octroi des subsides, ce qui prouve que l'esprit de parti ne l'aveuglait point. Il reprocha aussi un jour à Papineau de répéter toujours et à satiété les mêmes choses dans ses philippiques contre la Grande-Bretagne. Il avait quelques traits de ressemblance avec Lanjuinais ; mais, sans érudition ni é locution, il est bien peint dans ce couplet :
Ah! siB.. ......
Prenait un autre ton.
Il parle en sage
Mais j'abhorre le son
Qui fait tapage
Et tonne en feux bourdon.
Bourdon Jean) Sieur de St. Jean et de St. François, ingénieur et homme de loi, un des premiers colons de la Nouvelle-France, obtint plusieurs seigneuries pour avoir mis la ville naissante de Québec à couvert des attaques des Iroquois par de nouvelles fortifications. Le vicomte d'Argenson érigea en manoir sa maison de St. Jean l'an 1661. Il eut plusieurs vassaux. La Compagnie des Cent Associés le fit son Procureur Fiscal, et il occupa la charge de Procureur-Général sous le gouvernement royal. Ce pionnier avait pour hôte, afeii et précepteur de ses enfens, l'abbé Lesueur de St. Sauveur, prêtre nor-
raand, dont il parle en termes fort élogieux dans ses Ordonnances de dernières volontés.
Bourgeois (Marguerite) de Troyes en Champagne, fondatrice et première Supérieure de l'Institut enseignant de la Congrégation de Notre-Dame à Ville-Marie. Ses premières Demoiselles pensionnaires furent en 1681 Madeleine de Varennes, Louise Migeon de Braussat, Christine de Hautmesnil, Jeanne Dufresnoy de Carion, qui épousa depuis Jacques Le Moine, sieur de Ste Hélène, et deux autres. Elle eut pour assistante en 1692 la sœur Barbier, renonça même à la supériorité, et mourut le 12 Janvier 1700, on odeur de sainteté, quoique la France ne l'ait guères connue. Deux oraisons funèbres furtsnt prononcées en son honneur par MM. Dollier de Casson et De Belmont. Le chevalier de Calliéres, Gouverneur-Général, et M. de Vaudreuil, Gouverneur de Montréal, assistèrent à ses obsèques. La mère Marie Paul de Blaigny, Supérieure de la Congrégation de Troyes, MM* de Lava4 et de St. Vallier, le R. P. Bouvard, Supérieur des Jésuites, Madame de Champigny, épouse de l'Intendant, et la Mère de l'Incarnation écrivirent des lettres de condoléance aux religieuses qui l'avaient perdue. En 1728, M. Ransonnet donna une vie de la Sœur Bourgeois dédiée à Mgr. Dosquet ; M. de Montgolfier en écrivit une antre, publiée par M. Roux en 1815 et enfin l'abbé Faillou en a donné une troisième, beaucoup plus étendue que les deux autres.
Bourget (Ignace), contemporain, deuxième évêque de Montréal, né à la Pointe Lévi, près Québec, le 30 Octobre 1799, ancien régent au collège de Nicolet, puis Secrétaire de Mgr. Lartigue, évôque de Telmesse et Coadjuteur de Montréal en 1837, a fait ériger un chapitre, introduit les ordres religieux dans son diocèse, érigé luimême plusieurs communautés de religieuses, fondé une institution pour les souris et muets, fait trois voyages à Rome et entrepris d'ériger une Cathédrale sur le modèle de St. Pierre de Rome. M. Victor Bourgeau, notre habile architecte a visité l'Italie à cet effet. Dans son dernier voyage, où il représentait la Province Ecclésiastique de Québec au Concile Général convoqué pour définir le dogme de l'Immaculée Conception, il a baptisé Rascid Bey, officier de l'armée ottamane, assisté à ses
derniers momens, le théologien Bouvier, évêquede Mans et prononcé une allocution dans une réunion imposante. Pie IX Ta nommé Assistant au Trône Pontifical, honneur qui avait été fait jadis à Mgr. de St. Vallier et à Mgr. Dosquet. Il est membre du Conseil des Patrons de l'Ecole de Droit, et patron de la Banque d'Epargnes. Outre dei mandemens remarquables sur l'incendie de Québec, les Sociétés Secrettes, la fondation du collège des Jésuites, N. D. de Bonsecours, le magnétisme ani-» mal &c on a de cet illustre prélat : Le Cérémonial des JSvëgues, commenté et expliqué jtar les usages et les traditions de P Eglises Romaine , ouvrage sur lequel on peut voir une notice critique et la réponse de l'auteur dans la Revue Théoiogique de Paris*
Bourlamaque (le brigadier-général) mort gouverneur de la Guadeloupe, fut un des meilleurs lieutenans de Montcalm et vint en Amérique en qualité de colonel du génie. Il commandait l'aile gauche à Carillon, où il fut blessé, ainsi qu'à Montmorency, Ste Foy et partout où il 6e trouva. Ce fut lui qui érigea les retranchemens de Pile au Noix, où il commanda avant M. de Bougainville, •t qui firent perdre une campagne à Amherst. Le che-r valier de Lé vis le chargea des travaux du siège de Qué* bec.
Brassard- Descàenaux, famille distinguée du District des Trois-Rivières dont le premier membre connu est le sieur Brassard, Secrétaire de l'Intendant Hocquart. Il naquit à Québec d'un cordonnier, apprit à lire d'un notaire qui logeait chez son père, et s'avança peu à peu. Après avoir servi Hocquart, il eut aussi la confiance de l'Intendant Bigot et lui fît faire bien des fautes. Selon l'auteur des Mémoires publié par la Société Littéraire et Historique, il était laborieux, d'un caractère rampant, et si avide que de se vauter qu'il prendrait jusque sur les autels. Si la tige de l'arbre ffct si chétive, les branches n'en ont ont pas moins porté d'excellens fruits. Son fils est mort juge au Trois-Rivières le 30 décembre 1802, et deux ans avant, l'abbé Louis Marie Brassard, ordonné en •1749, d'abord missionnaire au Cap Breton, puis curé de îïicolet durant longues années, mort en 1800, prépar tait par son testament et ses actes la fondation du collér ge f le plus ancien du Canada après peux de Je Montréal
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èt de Québec. Il date de 1804». Les trois Districts de. Québec, de Montréal et de Trois-Rivières eurent alors chacun leur collège. On a aussi connu le grand Vicaire Brassard-Deschenaux, curé de l'Ancienne Lorette, qui avait réuni une bibliothèque de plusieurs mille volumes dès le commencement de ce siècle.
Brébeuf (le P. Jean de) de la Compagnie de Jésus, le plus illustre des martyrs de cet ordre dans les régions de la Nouvelie-France, était oncle du traducteur de laPharsale de Lucain, et naquit à Çayeux en 1593. Il entra dans la Compagnie en 1617, et reprit en 1625 l'œuvre des Franciscains Réformés, qui avaient tenté d'attirer les Hurons à la foi. Après bien des travaux inutiles en apparance, la conversion d'Atironta, prélude, de celle d'Ahasistari, promit de meilleurs fruits. Il reprit en 1640 les voyages d'exploration de Champlain et compléta la reconnaissance de la grande vallée du St. Laurent. Cet apôtre des Hurons tomba entre les mains des Iroquois, acharnés à la ruine de cette nation, et souffrit un martyre dont les circonstances furent bien cruelles (164-9). Sa famille fit faire un magnifique reliquaire, qu'elle envoya au collège de Québec, et qui a été conservé à l'Hôtel-Dieu. La tête du martyr se tiouve dans un pied d'estal en ébène * richement orné, qui supporte un buste en argent de grandeur naturelle. Champlain fit imprimer son Catéchisme Huron à la suite de ses Voyages de la Nouvelle-France Occidentale, dite Canada, 1632.
Brcssani (Le P. François- Joseph) de la Compagnie de Jésus, né à Rome, passa en Canada en 1642, fut employé par fe P. Vimont à Québec, puis aux Trois-Rivières, et fut un des missionnaires des Hurons en 1644. Il fut horriblement mutilé parles Iroquois et recueilli par Wilhelm Kieft, pirecteur-Général de la Nouvelle-Belgique, qui lui donna les moyens de repasser en Europe, et ses recomraandationsjpour tous les gouverneurs et commandans. Il reparut une seconde fois en Canada, fut' témoin de la ruine des Hurons, et repassa finalement en Europe. Il mourut à Florence en 1672, laissant une re~* lation dédiée au fameux cardinal De Lugo et qui fut publiée avec l'approbation de Goswin Niçkei, général de la- Compagnie. Elle a été traduite de l'Italien en français 4 éif 18f>2, par le R. P. F. Martin, de la même compagnie.
Briand (Jean Olivier) huitième évêque de Québec, né à Plérin au diocèse de St. Brieu en Bretagne, suivit M. de Pontbriand, son compatriote, en qualité de Secrétaire. Il fut aussi professeur au Séminaire, puis théolagal et Doyen du chapitre. M. de Pontbriant ayant suivi les irouvernans et l'armée à Montréal, après la prise de Québéc, nomma Olivier Briand Vicaire-Général pour cette ville. La religieuse dont nous, avons une relation du siège de Québec, dit : " Le choix qu'on fait de lui dans un temps aussi critique en dit assez. Je dirai seulement qu'ayant été choisi par feu M. de Pontbriant qui le connaissait parfaitement, l'ayant toujours eu auprès de lui, jl le chargea de la conduite de son diocèse pendant sa maladie. Il s'en acquitta si dignement, qu'à la mort de ce saint évêque, le chapitre le nomma Vicaire-Général (capitulairè) à la satisfaction des Français et des Anglais, qui l'ont fait passer Tannée dernière à Londres, pour le faire sacrer dans quelque province et revenir prendre possession de son diocèse." Premier évêque élu sous la domination anglaise, il passa en Angleterre à la fin de 1764, et après avoir reçu l'agrément du Roi par l'entremise du marquis de Rockingham, il reçut ses bulles de Clément XIII, le 21 janvier 1766 et fut sacré le 16 Mars dans la chapelle de Ste Marie de Méry par Demay de Termont, évêque de Blois, à ce autorisé par Christophe de Beaumont, archevêque de Paris. Il r» passa de nouveau en Angleterre et débarqua a. Québec le 28 juin, au milieu des honneurs que son humilité lui permit d'accepter. Pierre de La Rue, Abbé de Pile-Dieu, un des Grands-Vicaires du Canada, résidant à Paris, avait déjà annoncé l'heureuse issue de cette grande affaire. Mgr. Briand prit possession le 19 juillet. Ce prélat eut à soutenir une lutte périlleuse avec le gouvernement anglais, auquel Sir James Marriot avait conseillé de changer peu à peu notre liturgie. Quand ce gouvernement en vint à charger le général Murray de le sommer de pourvoir le ministre Montmollin de la cure de Québec, il fit réponse que le général pouvait bien avoir la tête de Briand mais non lui faire faire une lâcheté ; et le pape lui ferait écrire par le cardinal Secrétaire-d'Etat Antonel!i, que le Saint-Siège manquait d'expressions assez fortes pour reconnaître suivant leur mérite les signalés services
qu'il avait Tendus à l'Eglise par sa fermeté dans son administration. Il se démit de l'évêché en 1784?, et se retira au Séminaire, où il vécut jusqu'en 1794».
Brock (Sir Isaack) chevalier de l'ordre du Bain, Major- Général et Président du Canada Supérieur lors de la dernière guerre américaine, était de l'île de Jersey, et avait servi en Amérique, à Copenhague et dans plusieurs autres expéditions. Principal héros de cette dernière lutte, il repoussa le général Hull, qui avait commencé la première invasion, sauva Amherstburgh et entra dans Tétat du Michigan avec une poignée de braves. Tout cet état tomba en son pouvoir avec le Détroit et l'armée américaine. Il mourut au sein de la victoire à Queenstown, en repoussant une seconde invasion. Un monument lui a été érigé sur les hauteurs où il tomba. Son fils a écrit sa vie. Il était brave, franc, affable, — un vrai chevalier sans peur et sans reproche. Le modèle de son monument, restauré depuis peu, à figuré à l'exposition de Paris et a été donné à la famille du générai à Jersey.
Bruyère, honorable famille canadienne. — ït. II. Bruyère, Lieutenant-Colonel du génie, était commandant en Chef de cette arme dans la dernière guerre américaine. L'Album du Commandeur Viger contient de lui un dessin de fortification. L'abbé Bruyère , du diocèse de Toronto est connu par sa polémique avec le Surintendant Ryerson. Mgr. de Charbonel lui a envoyé d'Europe, en reconnaissance de ce service, des Lettres de Grand- Vicaire avec l'administration du diocèse en cas de mort de l'Ordinaire. On a publié cette polémique sous ce titre : Controverse between Dr. Rytrso?i, Chief Superintendant of Education in Upper Canada, and the Rev. J. M. Bruyère, on the appropriation of tlve clergy Réserves Funds ; Free Schools versus state Sclwols ; publie iibraries and common scïuxds attacked and defe?ided. To which is appended a Letler from Oie Right Rev. Dr. Finsonnault, Bishop of London, C. W. To?onto 1857.
Burke (Edmond) un des plus grands écrivains et des plus grands hommes d'état de l'Angleterre, favorable aux Américains dans leur lutte avec l'Angleterre, conseilla la division du Canada en deux provinces, jugeant absurde d'unir ensemble des peuples de mœurs, de nationalité et de religion différentes !
Burke (Edmond) premier évêque de la Nouvelle- Ecos* x se, était né à Kildare en Irlande en janvier 1753, étudia dans les Universités de l'Europe où il se rendit habile dans les langues latine, grecque, hébiaique et syriaque et devint curé de sa patrie. Mais le zèle dès missions l'attira en Canada en 1787. L'évêque dé Québec l'employa cependant îiu Séminaire comme professeur de philosophie et de théologie. Il fut ensuite sept ans missionnaire chez les Sauvat^es,puis Grand-Vicaire de l'évêque de Québec pour la Nouvelle-Ecosse. Le gouvernement demanda lui-même son élévation à i'épiscopat et sur le témoignage que le pape reçut de Monseigneur Plessis du zèle et de la capacité <iu sujet, il le nomma en Ï817 évêque de Sion et Vicaire Apostolique. Monseigneur Plessis le sacra le 5 juillet ISIS. (I mourut à Halifax le 1er Décembre 1820, et eut pour successeur Monseigneur William Frazer, sous lequel Halifax lut érigé en siège épiscopal. Monseigneur Burke a laisse trois volumes sur la controverse et la doctrine. Une femme payenne la renversa un jour de l'autel, et le traîna par les cheveux tandis qu'il célébrait le sacrifice : il tiitendit, au lieu de repousser cette mégère, que les assistants vinssent le dégager.
Bullioji (Angélique Faure, duchesse de) épouse de Claude de Bullion, Intendant des finances dans le Maronnais mort en 1640, était membre de la Compagnie de Montréal et devint la bienfaitrice de l'Hôtel-Dieu, pour ierjueî on calcule qu'elle dépensa 180,0Û0 livres.
Burton (Sir Francis Nathaniel) Lieutenant-Général, Chevalier Grand Croix de l'ordre gueiphique de Hanovre, Lieutenant-Gouverneur du Bas-Canada, Président de la Société Littéraire et Historique de Qitébec, était de la même famille que le Colonel Burton, Lieutenant de Wol- K\ qui força à. la retraite M. de Bôugainville venant au recours des vaincus d'Abraham, et qui fut gouverneur des Trois-Itivières puis de Montréal. Il enleva à Dalliousie le cœur des Canadiens, si jamais -ce gouverneur les posséda. Dalhousie étant passé en Angleterre en 1824, le laissa Administrateur sans lui donner sa confiance^ Burton tenta de la manière . la plus délicate d'obte- nir de lui les renseignemens nécessaires pour conduire le gouvernement sans rien compromettre $ mais le gouverneur hii<iit qu'il n'avait de Downing Street aucunes ins*-
* tructions que les instructions usuelles envoyées aux gouverneur-généraux, lui cachant, comme s'il eut voulu par jalousie, le faire tomber dans un piège, deux dépêches de lord Bathurst relatives aux subsides. Sir Nathaniel, qui devint le favori du parti canadien, ne connaissant pas ces instructions, sanctionna le fritl de subsides porté presque à l'unamite par les deux chambres, et en instruisit le ministre, qui répondit par une censure. Comme elle était basée sur les instructions spéciales, l'Administrateur n'eût pas de peine à se disculper, et lord Bathurst rétracta ie blâme ; mais Burton avait quitté le Canada quand cette dépêche y arriva, et elle tomba aux mains de Dalhousit, qui ne la communiqua pas à la Chambre bien qu'il jugeât a propos de lui faire part de la censure. Mais les cheis du parti populaire en avaient eu quelque vent, et la demandèrent indirectement. Lord Dalhousie répondit qu'il n'en avait point d'autre que celle dont il avait donné communication ; la Chambre insista et Sa Seigneurie répondit qu'il ne communiquerait que ce qu'il croyait expédient. Sir Nathaniel, justement ulcéré, crut devoir écrire à Lord Bathurst pour lui demander les movens d'obtenir réparation. Cette conduite odieuse de lord Dalhousie envers un frère d'armes plus populaire que lui, non moins que l'obstination avec laquelle il soutint jusque aux dernier moment Sir John Caldwell coupable de péculat, déshore à jamais la mémoire de ce soldat qui, comme gouvernant, eut ses torts et ses qualités. S'il donna l'essor aux arts d'agrément et de nécessité, et s'il se prêta à l'établissement de nouvelles paroisses, en politique, il ne fut qu'un violent chef de parti. Lord Bathurst lui ordonna d'instruire la Chambre du contenu de la dépêche du 30 Septembre à Sir Francis Burton, ce qu'il fit le 30 Janvier. 1827 par un message qui se terminait par ces mots : " le Secrétaire d'Etat enjoint au gouverneur en Chef de dûment notifier que Sir F. Burton est entièrement lavé du blâme d'avoir agi contrairement, à ses instructions." Ce général était bien propre à inspirer de la jalousie à Dalhousie, par son affabilité et -son impartialité. Devenu Administrateur, il voyait beaucoup les chefs du parti canadien. Il tira du trésor la somme
, 1,805 en sus de son salaire de £3,000 par année. 11 eu informa lord Bathurst, et le ministre recommanda nue
cette somme lui fût allouée comme un don de la Légis* lature. Voici comment l'opinion publique se traduisait à ce sujet : " En l'absence du Gouverneur-Général, Sir Francis avait conduit l'administration : il avait encouru toutes les dépenses de ce poste élevé ; il avait entretenu les chefs de départemens, les membres de la Législature, des étrangers de distinction ; il avait soutenu la dignité et la splendeur de sa charge ; la gracieuse et élégante hospitalité qui distingua le siège du gouvernement durart son administration est bien connue, il avait tiré ce qui était alloué à un gouverneur pour ces objets essentiels. Ces 1,805 devaient lui être laissés, mais aussi être déduits du salaire du gouverneur-général." Le vénérable J. F. Perrault lui dédia ses " Extraits des Régistres du Conseil Supérieur et de la Prévôté de Québec."— Le Général Christie Burton, lieutenant d'Amherst, juge a Montréal sous le gouvernement du genérul Gage, se fixa dans ce pays, acquit les seigneuries de Léry, Lacolle, Noyan, Sabrevois de Bleury et Repentigny dés 1790 ou 1791 et a transmi ces fiefs à ses héritiers.
Cabot (Sébastien) surnommé le Grand Marin, né à Bristol d'un pilote vénitien découvrit sous les auspices de Henri VII, le continent de l'Amérique, et reconnut en particulier le Labrador. Ayant servi quelque temps l'Espagne, il fonda 8a u Salvador sur la rivière Plata. 11 fut crée Pilote Major et eut le même titre en Angleterre sous Edouard VI. Il fut aussi gouverneur de la Compagnie des Marchands Aventuriers et de la Compagnie de Russie. Ses actes se retrouvent dans Hawkluyt.
Cadet (Le sieur Jean) Munitionnaire-général sous les Français, était fils d'un boucher, et garda dans sa jeunesse les animaux d'un habitant de Charle bourg. Il devint boucher lui-même. L'intendant Hocquart le chargea de ses levées, tt sous Bigot, il devint Munitionnaire-Général le 1er. janvier 1757. On fut surpris de le voir passer tout-à-coup du couteau à l'épée. Il conserva toujours la rudesse de ses manières ; cependant l'auteur des Mémoires publiés par la Société Littéraire et Historique dit qu'il allait de pair ave© le chevalier de Lévis, menant un train de général.
Cadieux (Louis Marie) Grand Vicaire du diocèse de Québec, né à Montréal en 1785, fréquenta le collège de St. Raphaël en même temps que Michel Bibaud et Michel O'Sullivan, et fut ordonné prêtre en 1810. Après avoir été Directeur du collège de Nicolet, il fut successivement curé de Beauport, des Trois-Rivières (où il fut créé Vicaire Général) et de la Rivière Ouelle où il est mort le 13 juin 1838. Il fit le sermon pour le jour du sacre de M£r. de Sydime, écrivit plusieurs articles dans VÂmi de la Religion, et du Roi, Journal imprimé aux Trois- Rivières et qui eut dix numéros, mais surtout sa savante brochure intitulée : Observations sur un écrit iniitulé Questions sur le gouvernement, ecclésiastique du District de Montréal par un prêtre du diocèse de Québec, Trois- Rivières, Imprimé par Ludger Duxernay Rue Royale, 1823, dans laquelle il réfute avec succès M. Chaboyez.
Caën (Guillaume et Emeryde) oncle et neuveu, gentilshommes huguenots et négocians, auxquels le duc de Montmorency, vice-roi de la Nouvelle-France, confia le Canada en 1622, mandant à Champîain de leur prêter main forte. Mais il ne s'occupèrent guères que de leur monopole commercial. Guillaume est appelé Général des vaisseaux du roi, et le Cap Tourmente fut érigé en baronnie en sa faveur. Il le perdit par suite de l'organisation de la Compagnie des Cent Associés, l'an 1627 ; mais l'an 1640, le roi l'indemnisa en érigeant en baronnie en sa faveur plusieurs îles dans les Tndes Occidentales " en conséquence de ce qu'il avait, été dépossédé de la baronnie du Cap Tourmente, située en noire pays de la Nouvelle-France, lequelle lui avait été donnée et érigée par des titres illustres d'honneur, et en considération des grands périls, hasards et aventures qu'il a courus, tant pour prendre entrée et -habitude en notre dit pays de la Nouvelle-France, que pour la conservation et tuition d'icelui : "
Calliéres (Hector chevalier de) Membre de la Compagnie de Montréal, gouverneur particulier de cette ville puis gouverneur et Lieutenant-Général et de la Nouvelle- France en 1799, montra beaucoup de sagesse dans ses guerres et ses relations avec les Iroquois, et conclut la paix mémorable 1701 à Montréal. Il avait servi 29 ans en Europe, et Charlevoix n'hésite pas à le proclamer le meilleur général qu'ait possédé le Canada. Il était de
Torigny dans la Basse-Normandie. . François de Cal,liéçes> son fils,fut plénipotentiaire au congrès de Ryswik.
Colonne ( Jacques Ladislas Joseph de) célèbre pré-* dicateur, frère du ministre de Louis XVI, était né à Arras, eu 1743, devint Officiai de Cambray et conseiller au Parlement de sa Province avant la révolution, qui le força de passer à Londres, où il fonda le Courrier de l'Europe avec JV1. de Montlosier, et vint de là en Canada au nîuis d'août 1799. En 1807, il fut fait chapelain des Ursulines des Trois-Riviêres et eut assez d'influence pour que Craig, voulant imposer à, J. O. Plessis ses volontés au sujet des affaires ecclésiastiques, écrivît à Ryland que ce prélat était monté aux Trojs- Rivières pour consulter De Callonne et NoyseuA*. Il mourut le 16 octobre 1S'2*2 à plus de S0 ans. On trouve dans le tôme XXVIIème. de P Ami de la Religion une lettre de l'abbé De Calonne au cardinal Beausset, qui révoquait en doute clans sa Vie de Fmèlon l'existence d'un ostensoir donné par l'immortel archévêque à son église métropolitaine en mémoire de .son adhésion au bref papal qui condamnait son livre des Maximes des Saints.
Cartier (Jacques) fameux navigateur de St. Màlo. — On lui attribue à tort la découverte du Canada ; mais dans xruis voyages consécutifs vers ce pays sous les auspices de François 1er de 1534 à 154-2, il parcourut une bonne partie du Canada, et fit connaissance avec les naturels, dont Stadaconé, près de Québec, et Hochelaga, dans l'île où est maintenant Montréal, étaient les chefs-lieux. Il construisit le château fort àe Charlebourg-Royal, au Cap Rouge, conduisit en France Donnacona, le plus marquant des chefs du pays, et revint à son fort, où il /ut tellement harcelé par le scorbut et par les naturels, vis-à-vis des quels il ne s'était pas fort bien comporté, qu'il l'abandonna pour retourner en France, et rencontra le Vice-Roi Roberval qui lui donna ordre de revenir ; mais ils ne tardèrent pas à se perdre de vue, et Cartier se hâta de cingler vers St. Màlo. Cet acte n'est certainement pas tout à l'honneur de ce marin ; mais il conserve la gloire d'être le premier navigateur qui eût assez exploré le Canada pour qu'on puisse dire qu'il a frayé le chemin , à ses successeurs " Cartier, dit le Dictionnaire Historique $le Liège, fit plus que découvrir; il visita tout }e paj^
avec beaucoup de soin, et laissa une description exacle des ils, côtes, clétroits ; ports, golfes, rivières et caps qu'il .reconnut. Nos marins se servant encore aujourd'hui de la plupart des noms qu'il donna à ces endroits " Il pré-, senta lui-même sa relation à François 1er magnifiquement reliée et couverte de velours bleu tenu par des omemens d'or. Sa mémoire, toujours en respect en Canada, s'est tout-à-coup réveillée plus vivace, ces années dernières, à l'occasion d'un tableau représentant ce marin, présenté à la Société Littéraire et Historique de. Québec par le maire de St. Mâlo, et l'enseignement normal vient d'être inauguré à, Montréal sous son patronage : une des écoles porte son nom. Les arméniens de François Jer étaient bien insuffisans. 4 établir le Canada malgré tout ce qui se trouve d'imposant dans les Patentes. Dans son second voyage, Cartier était "capitaine-général de l'expédition et Pilote-Major, avec bon nombre de navires et de toutes qualités, arts et industries, pour plus avant entrer ès dits pays, converser avec les peuples d'icelui et avec eux habiter si besoin est." Les rois de France continuèrent à s'attribuer la propriété du Canada, et Henri III octroya à Jacques Noël et au Sieur Chaton, petits neveux de Jacques Cartier, le commerce exclusif du golfe et du fleuve St. Laurent ; un Sieur Pvavillou leur succéda et visita le Saguenay l'an 1591. Jacques Cartier fut annobli par François 1er. Le premier ministre canadien d'aujourd'hui porte spn nom.
Cauchon (l'honorable Joseph) contemporain, né à Quebec, fondateur et pendant quatorze ans rédacteur eu Journal de Québec. Il personnifiait alors les partisans de l'influence ecclésiastique comme M. de Montalembert en Frauce. Il devint membre du Parlement, puis ministre, après d'incessantes polémiques au milieu desquelles il fit energiquement son chemin. Dans le cabinet il s'est fan. connaître par deux actes, celui qui l'a entraîné dans un conflit avec Mgr. de Charbonnel et l'épiscopat au sujet des écoles mixtes, et son rapport sur le département des Terres de la Couronne, important par lui-même autant que par les cartes précieuses qui l'accompagnent, et dont le Montréal Witness a dit qu'il est destiné à être placé. coté des rapports de Sir W. Logan. M. Cauchon se tenant entre l'administration et l'opposition sous. .M*!L
McDonald et Cartier, a prêté à celle-ci un appui très fort \ mais il a refusé de se charger d'un portefeuille dans le cabinet Brown-Dorion. Outre son Rapport , important pour la Science, on lui doit des Leçons de Physique et un pamphlet remarquable sur le projet de la Confédération des Provinces. Accusé de malversations dans son ministère des Terres, il a prouvé que les actes qu'on lui reprochait étaient ceux de son prédécesseur. Loin d'avoir dilapidé M. Cauchon avait réformé son département.
Casot (Jean Joseph) dernier Jésuite du Canada, n'était que frère coadjuteur quand il vint dans ce pays à l'âge de 27 ans. Mais il avait des talens naturels ; le P. De Giapion lui donna la charge de Procureur et le fit ordonner en 1766 (*) C'était après la conquête, et par conséquent il n'eût pas eu qualité pour succéder à la jouissance des biens de la Compagnie ni par son état ni comme Canadien, sans la bienveillance marquée de l'autorité temporelle : On sent que Carîeton était là. Ce gouvernant permit de l'ordonner. Il était né à Port Louis ville forte et maritime de Bretagne. A sa mort arrivée le 16 Mars 1800 dans la 71ème année de son âge, le Roi se mit en possession des biens des Jésuites, bien qu'ils fussent réclamés par les Canadiens. Il a fallu plus tard regorger tout ce pillage. Jean-Baptiste Noël mort en 1770, fut ordonné en même temps que le P. Casot, et Alexis Macquet, dernier Jésuite ordonné, le fut l'année suivante (1767). Il mourut le 2 Mars 1775.
Céloron de Blainville (le Sieur) gentilhomme canadien qui prit possession en 1748 du pays contesté entre l'Angleterre et la France en qualité de subdélégué du vicomte de La Galissonière. Parti à la tête de 300 hommes, il pénétra presque aux monts Apalaches ou Alleghanis. Il lui fut fourni des plaques de .plomb, sur lesquelles étaient gravées les armes de France, et qu'il avait ordre d'enterrer à des stations particulières, ce dont il devait être dressé des procès- verbaux signés de lui et des officiers qui l'accompagnaient. Céloron s'acquitta ponctuellement de sa commission malgré les murmures de diverses tribus sauvages, le vicomte envoya les procès-verbaux en France, et deux ans après, son subdélégué fut lait gouverneur du Détroit avec le rang de Major. Il finit par se retirer à Montréal. Ce fut une perte pour le corps
des officiers canadiens dit l'auteur des Mémoires sur le Canada. Il ajoute, qu'il eut des ennemis qui 1r perdirent. Selon lui, il était brave, intelligent et capable de commander ; mais sa hauteur ne lui permit pas de prendre des biens. Cette famille émigra à la conquête et la marquise de Villeneuve, qui a envoyé des fruits et des fleurs de ses serres à Abdelkader et reçu les hommages de cette célébrité, est une Céloron de Blainville.
Céré (Henriette) fondatrice avec Eulalie Durocher et Mélodie Dufresne de l'Institut enseignant des Sœurs des S. S. Noms de Jésus et de Marie, établi à Longueuil en 1843. Il y a aujourd'hui cinq missions outre la maisonmère.
Chaboillez (Augustin) fameux Gallican, fils d'un notaire, fut ordonné prêtre en 1796 par Mgr. Denaut, dont il devint le Secrétaire. Il fut ensuite curé de Longueuil, où il se fit connaître par trois brochures en faveur de la. prétendue inamovibilité des curés et du parti qui s'opposait à l'administration de Mgr. Lartigue en qualité d'Auxiliaire et sufîragant de l'évêque de Québec (1823]. Il fut réfuté par le Grand- Vicaire Cadieux et par une autre adversaire dont P. H. Bedard, avocat, fut le prête-nom. Il est mort le 28 août 1834».
Champlain [Samuel de] fondateur de Québec et de la Nouvelle-France, pour ainsi d re,-car avant lui la France n'eut point d'établissement régulièrement assis en Canada, et il établit encore les Trois-Rivières et projeta d'établir Montréal,— était natif de Brouage dans le ^aintonge, et avait le titre de Géographe du Roi. Il servit sons Henri IV aux ordres des maréchaux d' Au mont, de St. Luc et de Brissac, et fut engagé pour le voyage du Canada par le Commandeur de Chatte. Il fit alliance avec les nations f auvages, parcourut en tous sens ces va>tes contrées et donna son nom à un de nos grands lacs. Lts plus grands obstacles se rencontrèrent sur son chemin, les Anglais s'emparèrent une fois du pays, après que ce fondateur les en eût tenu éloignés un an par sa bonne contenance, et il dut passer plusieurs fois la mer pour raviver l'œuvre coloniale en France. Ce grand homme eut pour tombeau, l'an 1635, le majestueux promontoire sur lequel il avait fondé en 1608 la ville qui devint plus tard le boulevard de l'Amérique, laissant après lui la ré-
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puîation d'un .grand navigateur, d'un- génie infatigable et bien propre, à fonder un «nouvel état, et d'un écrivain assez poli pour son siècle, quoique son style soit moins agréable que celui de Jacques-Cartier. Il gouverna la Nouvelle-France sous le Roi, nous les vice-rois et sous -la Compagnie des Cent Associés. Le catalogue des viceans du Canada [de 16' 12 à 1627] est une difficulté de notre histoire d'autant que Champlain lui-même en compte cinq, parce que durant la prison du prince de Condé, Ponce de Cardaillac de Thémines, connu sous le nom de maréchal de Thémines en H27, s'était fait nommer par lu monarque. Mais, d'après l'idée que je me fais de la nature et de l'étendue des pouvoirs et propriété ées vicerois de la Nouvelle-France, cet acte était injurieux aux droits du prince. CharLevoix, qui ne parle point, que je •sache, de M. de Thémines, nous dit que Condé céda pour 12000 couronnes sa vice-royauté à son beau-frère, Je maréchal de Montmorency, qui fut effectivement Vice-P^oi, et qui en traita lui-même plus tard avec le duc de Ventadour son neveu. . La Vice-Royauté était donc une espèce de propriété qui .fut presque exclusivement dans les mains d'une famille, jusque à ce que le Cardinal Richelieu abattît cette puissance. Voyez de plus l'article Cahi. Champlain gouvernait sous eux avec le titre de Lieutenant.
Chanbonnd [Armand de] contemporain , deuxième évèque de loronto , issu d'une illustre maison française qui compte plusieurs personnages historiques, sans parler de la fameuse Tricline de CarboncL Ce prélat, <jui a été consacré a. Rome par Pie IX lui-môme, était ci-devant de la Communauté de St. Sulpice et a été jirofesseur de théologie dogmatique au graud Séminaire de Lyon. Il s'est fait connaître à Montréal comme prédicateur, et s'est signalé sur son siège par son zèle dans la cause des écoles séparées. Il est de retour d'un voyage durant lequel il a visité plusieurs parties de l'Europe recrutant des coopéraient et des professeurs pour son collège de St. Michel.
Ckarland (Louis] décédé en 1813 à l-'ûge de 40 ans, géographe et antiquaire, passait aussi pour le premier de ses compatriotes eu fait de .mathématiques. Il était Inspecteur des Ponts et Chaussées à Montréal. Ce fut lui qui dressa
avec Dubergef la première carte correcte du Canada, publiée a Londres par Faden, sous le nom de Vondenvelden. Il fouilla aussi le premier parmi les documents féodaux enfouis dans les archives de la Province et publia : Ez > îraita des Titres de concession de Terre en Seigneuries par W. Vondenvelden et Louis Charland, Québec 1803. Le Commandeur Viger a été son digne élève.
Cliarlevoix [Pierro François Xavier de] de la Compagnie de Jésus, né à St. Quentin l'an 1682, historien de la Nouvelle-France, de l'Ile St. Domingue, du Japon et du Paraguay, visita le Canada, fut durant plus de vingt ans un des rédacteurs ou collaborateurs du journal de Trévoux, et mourut en 1761. Le P. Charlevoix manque de précision dans le style ; mais il a presque toutes les autres qualités de l'historien. On lui doit encore la vie de la Mère de l'Incarnation. Tout le monde sait son nom en Canada.
Charly [Marie-Catherine] dite Sœur du Saint Sacrement, quatrième Supérieure- Générale de l'Institut de Marguerite Bourgeois, née à» Ville-Marie en 1666, avait été Assistante de la Sœur Barbier puis Maîtresse des novices'. Ce fut sous sa supériorité que le ministre De Pontchartrain défendit les vœux. Après avoir écrit en vain à cet hom me d'état et à Madame de Maintenon, elle adopta', avec l'assentiment de ^'Intendant Raudot, le milieu de faire faire des vœux secrets pour un an. Elle mourut en odeur de sainteté en 1717, après avoir été élue une seconde fois supérieure. Elle avait eu une maladie durant laquelle la Sœur Bourgeois s'offrit à Dieii eti sacrifice à sa place.
Charnock (John) célèbre écrivain militaire, né à la Barbade en 1763, reçut sou éducation eu Europe. Il entra ensuite dans la marine, mais fut en proie au malheur et mourut dans la prison du Banc du Roi en 1807. Parmi ses nombreux ouvrages on estime la Vie de Nelson, la Biographia Nakalis K eti six volumes, le Supplément aux Vies des Anliràtlx de Campbell et Yltistoîre de V Architecture Navale.
Chasseur (Pierre) mort au mois de juin 1842, célèbre» naturaliste' canadien o^ii, avec le secours de son g«aie e>
sans autre instruction qu'une éducation élémentaire, (•) car il était originairement sculpteur et doreur à Québec, — recueillit un beau cabinet d'histoire naturelle, qui fut acheté par la Législature en retenant le nom de Musée Ctiasseur, et qui a fini par être en tout ou en partie la proie des flammes. La Gazette de Québec publiée par autorité disait en 182G : " La cité de Québec doit s'énorgueillir de posséder dans son sein un citoyen dont les travaux doivent nécessairement tourner à la gloire de sa patrie. Mais si l'industrie et la persévérance de M. Chasseur ont droit à nos éloges, la manière dont il conduit son ouvrage n'est pas moins digne de notre admiration. 11 rassemble autant que possible, autour de chaque objet, tout ce qui tend à le caractériser, de manière à nous donner touta-la-fois, en quelque sorte, l'histoire et les habitudes de Tanirnal en vue. Pour atteindre ce but, il a dû suivre la nature a la piste, et pour ainsi dire la prendre par surprise, et il lui a fallu la chercher dans les bois, sur le sommet des montagnes, dans les marais et jusque sur les rochers les plus escarpés."
Chùteaufort ou Chasteaufort (Marc Antoine de Bras de-Fer, Ecuyer, Sieur de) gouverna le Canada après M. de Champlain et avant le chevalier de Montmagny. Ce devient un fait avéré, quoiqu'il ait échappé à Charlevoix et à nos historiens modernes. Il est désigné " Lieutenant-Général en toute l'étendue du fleuve St. Laurent en la Nouvelle-France," et GifTard, seigneur de Beauport, jure devant lui d'observer les Ordonnances qui lui seront signifiées.
CJiateauguayj branche de l'illustre maison des Le Moine. — Louis Le Moine, second Sieur de Chateaugnay, Charles Le Moine, son père ayant porté ce titre, né le 5 janvier 1676, se signala sous Iberville, son frère, au fort jjt Nelson, et fut tué à 18 ans, le 4 Novembre 1604-, en combattant auprès du héros, — héros lui-même.
Antoine Le Moine, troisième Sieur de Chateaugnay, né le 7 juillet 1683, guerrier habile, se signala en Floride, a. la Louisiane en Acadie et aux Antilles. Il servit
(•) M. Pierre Chasseur, quoique dépourvu d'instruction, est parvenu par son Bêlé infatigable, à composer un cabinet d'bistoire naturelle à Québec— Lebrun, " Tableau des Deux Canadas."
sous d'Iberville, de 1705 à 1706, année de la mort de ce héros. Dans la guerre contre l'Espagne il prit Pansaco la en 1719, fut fait gouverneur de Mobile à, la paix et commandant en second du pays. Il fut employé depuis à la Martinique, puis nommé gouverneur de la Guyanne. Il participa à la défense de Louisbourg de 174-5 à 174-7, année de sa mort. Cette branche de la maison de Le Moine paraît s'être conservée en France.
Chaumonoî (Pierre Joseph Marie) de la Compagnie de Jésus, fils d'un vigneron, naquit en 3611. Il étudia au collège de Châtillon sur Seine, puis au noviciat de St. André à Rome, en 1632. De là, il fut envoyé à Florence, où il professa, et repassa à Home pour y faire sa théologie sous le P. Poucet, qui était en correspondance avec le P. de Brébeuf. Jl obtint la permission de passer en Canada et partit à pied pour Lorette où il fit vœu de butir une chapelle sur les mêmes dimensions que la Casa Sa?icta. Arrivé à Québec en 1639, il partit pour le pays des Hurons et y évangélisa pendant onze années. Après leur dispersion, il suivit ceux qui trouvèrent un refuge dans l'île d'Orléans. Après une mission chez les Montagnais en compagnie du P. Dablon, il fut employé à Ville-Marie, où il établit la dévotion à la Sainte Famille. Rappelé à Québec par Mgr. de Laval, il reprit soin de la . pauvre nation huronne jusqu'en 1666, époque où il dût suivre M. de Tracy dans sa grande expédition. Il préluda à, ce voyage en desservant les forts nai>sans de Richelieu et de Chambly. Il revint ensuite retrouver ses Hurons à Ste. Foye près de Québec. En 1674-, il les mena à l'endroit où il bâtit la chapelle qu'il avait fait vœu de construire. Il célébra à Québec sa cinquantième année de sacerdoce en 1689, et y mourut en février 1693. Les Relations des Jésuites font mémoire de ses travaux. Il laissa quelques écrits.
Ckauveau (l'honorable Pierre J. O.^ L. L. D., (du collège McGill,) contemporain, membre de l'Institut Polytechnique classe des Belles-Lettres, membre correspondant de l'Académie des Sciences delà Nouvelle Orléans et membre de la Société Américaine pour l'avancement des Sciences, Surintendant de l'Instruction Publique, né à Québec le 30 Mai 1820, étudia au séminaire de cette ville et entra ensuite au barreau. M. Hamei a fait un charmant per-
irait de M. Chauveau au sortir du collège. Lancé dans le inonde au plus fort de la mêlée dans notre tourmente politique, " il fut poète, dit M. de Puibusque, et l'indignation fit son vers selon la formule de Juvénal. Albion dont il était le sujet, et dont il fut plus tard le ministre ; lui doit une médiocre reconnaissance pour certaines strophes qui firent tressaillir les cœurs des victimes. Quand la guerre civile fut éteinte par ce compromis que lord Sydenham nomma l'Union des ProVincés, M. Chauveau crut voir dans cet arrangémèht un marché frauduleux qui livrait" les hommes de sa racé au monopole de quelques nababs, et* sa verve ironique s'épancha dans une satire dont le début rappelé la manière incisive de l'auteur des ïambes :"
C'est le jour des banquiers, demain sera notre heure.' Aujourd'hui c'est le joug, demain la liberté ; Aujourd'hui l'on fustige un peuple entier qui pleure, Demain l'on voit de'bout tout un peuple ameuté. Aujourd'hui le forfait, demain la vengeance ; Aujourd'hui l'or est roi, demain règne le fer ; Aujourd'hui le pouvoir et demain l'impuissance. Aujourd'hui c'est l'orgie et flemain c'est l'enfer ; Demain n'est 'pas à vous ; il est à Dieu qui veille,' Et Dieu laisse toujours l'espoir d'un lendemain Aux pauvres nations qu'on mallraitait la veille.
Cependant Bagot app#la lé partfcanadien au pouvoir, et cette réaction dut faire taire la lyre du poète, qui moula' ii la tribune 'aux harart^iïes : on doit dire qu'il est rel'ommé parmi nos orateurs. Membre du Parlemènt pour' Je comté de Québec depuis 1848, il fut Solliciteur-Général sous M. Hincks, puis Secrétaire Provincial ou Chancelier. Il se montra partisan ardent de l'abolition du régime féodal, comme on dèvaU'l aUéndre' de l'auteur de Charles Guérin, premier es^ài canadien considérable dans le genre roman, qui fut publié" par M. Hy.pHyte Cherrier* erï 185*2. M. de Puibusque ëh a développé les beautés et les défauts dans un écrit sur "la littérature canadienne im-' ]frimé dans l' Union de Paris. M. Chauveau, sacrifié par *es collègues sous Sir Allan McNab, sut leur inspirer des cramtes f il -succéda- au do'ctéûr Meîiieû? à la tête dfl dé^' '
parlement de l'Instruction Publique. Depuis son installatioB, il a inauguré renseignement riormal, fondé la bibliothèque du département et commencé la publication du Journal de l'Instruction Publique en français et en anglais. Il a signé l'appel de Lamartine aux Canadiens et introduit M. Desplace, son délégué, à la société de Montréal. Outre son Charles Guérin, on a de M. Chauveau : Discours à la mémoire des braves tombés sur la plaine a^Abrahamyjrrononcè\le 18 juillet 1855 par P. J, O. Chauveau 9 Imprimerie de Frechette 1855. Les lieux, le concours de ce qu'il y avait de plus éminent dans le pays, et la présence d'un envoyé de la France, fournirent à l'orateur la plus heureuse occasion de déployer son éloquence naturelle ; cette harangue en fut un bel effort. M. Chauveau fut aussi correspondant du Courrier des Etats- Unis sous M. Gaillardèt, et ce n'est pas son moindre titre de gloire. Les connaisseurs voudraient voir ce Canadien illustre appréciateur plus difficile en fait de travaux historiques ; mais on convient qu'il est meilleur juge en ce qui constitue plus proprement la belle littérature.
Christie (Robert) né à Windsor dans la Nouvelle-Ecosse, décédé en 1856, vétéran politique et écrivain laborieux, étudia au collège du Roi à Windsor, lieu de sa naissance, avec Sir James Stuart. Il vint jeune en Canada, alla de là en Angleterre et passa aux yeux de Craig pour être l'entremetteur entre J. O. Plessis et les évêques d'Irlande et d'Angleterre. Il se fixa en Canada et fut envoyé au Parlement par le District de Gaspé. Dénoncé comme espion par le parti populaire, il fut expulsé de la Chambre, mais les Gaspéziens tinrent bon, le reélurent et en agirent ainsi itérativement. Comme il a écrit des annales parlementaires dans lesquelles son nom revient nécessairement souvent, il serait trop long de retracer ici sa carrière politique, et nous y renvoyons. M. Christie rédigea le Télégraphe en 1820.. Il écrivit ensuite des Mémoires de la dernière guerre entre les Etats-Unis et l'Angleterre, qu'Alison cite plusieurs fois dans son beau chapitre de l'Histoire de l'Europe qui a trait à l'Amérique. Son Histoire du Canada en six volumes est simplement une histoire politique ou parlementaire commençant en 1791, et elle est plus utile qu'attrayante ou littéraire. Il y a tout un volume de pièces que l'auteur a
connues trop tard pour s'en servir à leur place : elles sont très importantes pour notre histoire, surtout pour l'administration du farouche Craig. Sir James Stuart conserva jusque à, la fin une étroite amitié pour son ancien condisciple.
Clarke (le général Sir Alured) Gouverneur de la Jamaïque , puis Lieutenant-Gouverneur du Bas-Canada, inaugura le régime constitutionnel en 1792. Il avait accepté la îieutenance dans l'espojr que lord Dorchester résignerait bientôt la Capitainerie. Il conquit depuis, assisté par Sir James Craig, le Cap de Bonne-Espérance fut vice-président du conseil de Régence à Calcutta, et aida le marquis de Wellesley à combiner les vastes plans de campagne dont l'exécution fut confiée à Wellington et à lord Lake. 11 parut comme témoin au procès du fameux colonel Despard.
Closse (Lambert) Major de Ville-Marie et Gouverneur en l'absence de M. de Maison-Neuve, fut un des premiers habitants, défit en 1653 200 Iroquois qui s'étaient approchés de la place quoiqu'il n'eut que 34 hommes et deux pièces, leur tua 20 guerriers et en blessa cinquante. Il mourut de la mort qu'il avait ambitionnée en combattant ces nations. Un arrière fief de la seigneurie de Montréal porte son nom.
Collet (Mathieu Benoit) Procureur-Général de S. M. T. C. au Conseil Souverain de Québec, qui offrit en 1717 de rédiger un Code Civil pour les colonies, et qui fut refusé par le ministre de la marine. — 'Charles An gèle Collet chanoine de Québec, fut forcé à retourner en France par les Anglais en 1-760. — Luc son frère, Récollet, né en Canada, aumônier dans les troupes, ayant été fait prisonnier en 1759, conduit en Angleterre et élargi un an après, ne revint pas dans sa patrie, mais mourut en France dans une des maisons de son ordre.
Co'ombière (Joseph Séré de la) natif de Vienne en* Dauphiné, exerça le ministère en Canada de 1682 à 1723 et ne doit pas être confondu avec Guillaume Daniel, qui servit de 1698 à 1728. Joseph fut Grand-Vicaire, Archidiacre , Grand Chantre et Conseiller Clerc au Conseil Souverain. Ce fut en 17*2 qu'il succéda à M. Des Maizerets dans la dignité de Grand Chantre par provision royale enrégistrée au Conseil. On lui doit l'oraison fu-
trèbre de Mgr. de Laval Montmorency, dont un passage remarquable est reproduit dans l'Encyclopédie Canadienne. Il mourut à PHÔ*el-Dieu de Québec.
% Compain (Pierre Joseph) natif de Québec, étudia là médecine à Montréal sous le docteur Feltz, Chirurgien Major des troupes, et acquit de la réputation dans sa profession, qu'il quitta néanmoins pour le sacerdoce. Ordonné en J 774 et successivement curé à Ste. Anne, à l'Ile aux Coudres et à Beaumont, il mourut en avril 1806 à St. Antoine de la rivière Chambly.
Condé (ÏJenri II prince de) deuxième Vice-Roi propriétaire de la Nouvelle-France, succéda à Charles de Bourbon, comte de Soissons. Il céda en 1620, pour 12000 couronnes, sa vice-royauté au maréchal de Montmorency, son beau-frère, plus occupé lui-même des troubles de l'ancienne France que des affaires de la nouvelle.
Contrecœur (rierre Claude de Pecaudy, Ecuier, Sieur de) fils de Pierre annobli en Canada par Lettres Patentes du mois de janvier 1661 suivant les Mémoires publiés par la Société Littéraire et Historique, eut une assez grande 1 influence sur les évènemens de son temps et la bonne fortune de vaincre par ses lieutenans le général Braddock, à la bataille de Mononghahela, et Washington au fort ÏVccessity. Il ne commanda pas seulement au fort Duquesne, puis sur le territoire contesté de l'Ohio, mais aussi en Acadie, dont on disputait une partie à l'Angleterre. Les initiales qu'on lit en téte des Mémoires, pourraient les lui faire attribuer, ou à un des siens. Cette famille ne disparut pas encore après la conquête, et l'auteur de la Vie de Marguerite Bourgeois cite un seigneur de cette famille qui se signala par sa charité et sa munificence. Le dernier rejeton a été victime d'un accident à la chasse.
Courcelle (Daniel de Bemy de) gouverneur de la NoiW velle-France après M. de Mesy, fut d'abord subordonné au marquis Je Tracy, Lieutenant-Général du Roi dam les Deux Amériques, et dont le séjour en Canada fut de 18 mois. M. de Courcelle gouverna avec sagesse et fermeté, et se fit aimer des Sauvages. Il est le véritable fondateur de Kingston (Cataracoui.)
Courcy (les frères de) contemporains, écrivains français. Canadiens par leur mère,— Pol de Courcy a écrit ij
Nobiliaire de Bretagne ou l'histoire de la noblesse bretonne. Charles, plus cormu sous le nom de La Roche-Héron, a donné une Histoire Ecclésiastique des JStats-Un?s r Les Servantes de Dieu en Canada, une critique de ¥ Histoire du Canada et de ses Missions de l'abbé Brasseur de Bourbourgj et des articles détachés qui devront contribuera éclairer l'opinion chez nos voisins. Il est un descollaborateurs de l'Univers. *
Créqui (Jean Antoine Aide) premier peintre canadien était né à Québec et fut ordonné prêtre le 24 Octobre 1773. Il mourut le 7 Décembre 1780. Une de ses toiles ornait encore la chapelle Ste. Anne de Québec en 1825, et V Annonciation du maître autel de l'église de la paroisse de l'Islet est aussi de lui. Le premier Canadien qui ait étudié en Europe et qui y ait remporté un prix, est Beaucours, dont le Commandeur Viger conserve le portrait danssa collection, et dont l'auteur de ce livre a vu la veuve dans son enfance. Il voyagea dans la plus grande partie de l'Europe et vit même la Russie.
Crespel (Le R. P. Emmanuel) de l'ordre réformé de St. François, Supérieur-Général et Commissaire de sor* Ordre en Canada, mort à Québec en 1775, est atiteur de deux relations intéressantes. Il avait beaucoup voyagé er servi en qualité d'aumônier, M. de Ligneris dans son expédition contre les Ouragamis.
Croysille (Le Sieur de] gentilhomme bas-normand en faveur duquel Lebrun {Tableau des Deux Canadas) prétend que fut érigée la baronnie de Portneuf, mais qui ne devint baron du lieu que par alliance avec une fille de la maison des Bécancour.
Cugnet, famille canadienne illustre dans la robe, et qui comprend André Cugnet, Procureur-Général du Roi au Conseil Supérieur (Jos. Frs. Perrault loue sa science), Frauçois Etienne, premier conseiller en 1733, qui fut Receveur-Général du domaine du Roi, fit plusieurs voyages, essayage commerce de la laine du bœuf Illinois, et fut commissaire pour visiter et rétablir la haute justice du Château Richer Thomas-Marie, le premier Canadien qui, après avoir suivi les Conférences da* Procureur-Général, reçut des Lettres Patentes de conseiller assesseur en 1754 j Guillaume André, prêtre le 22' Septembre 1753 chanoine de la cathédrale de Québec^ mort en. 1758
3?rançois Joseph, . dont on va donner Particle, Thomas, . son frère (le même peut-être que Thomas-Marie) qui passa en France après la conquête et fut conseiller honoraire en Cour Souveraine à Blois, et J. F. Çugnet. — François Joseph Cugnet, Ecuier, seigneur de St. Etienne, jurisconsulte et feudiste, parraît avoir été conseiller au Conseil Supérieur sous les Français, et l'avoir suivi à Mont- K Téal en 1759, après la bataille d'Abraham. Le général Amherst avait laissé au Canada ses lois 5 le général Murray, son lieutenant à Québec, nomma le 2 Novembre 1760 M. Cugnet Procureur-Général et Commissaire de Ja Cour et Conseil de guerre dans toute V étendue de la cote du Nord de son gouvernement comme homme de bonnes mœurs et capacité en fait de loi. Sur lui tombait tout le poids des affaires, les militaires, constitués juges, ne connaissant pas les lois françaises ; aussi l'attribution de Commissaire se trouvait-elle jointe à celle de Procureur- Général. Le Roi ayant proclamé les lois anglaises en 1763, notre compatriote perdit sa place et les Canadiens furent effacés ; mais il éleva la voix et publia ses Observations sur le plan d*acte du Parlement proposé par M. François Masères. Il devint Secrétaire du Sénat créé sous le nom de Conseil Législatif. Carleton ne l'apprécia pas moins que Murray, et il fut sous lui le principal rédacteur de VExtrait des Messieurs ou réforme de la Coutume de Paris, que ce général le chargea de faire avec MM. Juchereau et Pressard, et qui fut imprimé à Londres en 1773, après avoir été revu par Sir James Marriot, Avocat-Général, et Thurlow et Wedderburne, Procureur et Solliciteur-Généraux d'Angleterre. Il est di- .gne de remarque que les légistes canadiens étendirent leur travail au droit criminel. Cugnet refit seul son travail sur la partie civile et le publia sous le titre de Traité -des anciennes lois, coutumes et usages de la Colonie du Canada Québec 1775, chez Will Brown. On le trouve quelquefois relié avec un petit traité de Police et des Extraits Rai son nés des Edits, Déclarations et Règlements des rois et des Ordonnances et Jugements des Intendants, qu'il publia pour appuyer ses traités et pour répondre à des -critiques envieux. Dams ce travail partiel, mais qui dut •encore hu* coûter beaucoup de peine, il disait : " il serait à .souhaiter que le .gouvernement les lit imprimer, parce
qu'ils sont une partie de la loi coutumière de cette Pré* vince." Ce conseil fut suivi sous Sir Robert Shore Miïnes. Son ouvrage le plus considérable après sa Coutume fut son Traité des Fiefs qui, bien qu'il paraisse avoir été ignoré ou du moins négligé par les législateurs anti-fëcw daux des derniers tems, est extrêmement bien fait et infiniment précieux pour l'histoire de notre pays. L' Extrait des Messieurs me semble être le meilleur et le plus clair travail existant sur la Coutume de Paris. Il est bien écrit ; mais il n'est pas dû à la seule plume de Cagnet, et fut revu. La Coutume de Cugnet en diffère beaucoup sous ce rapport. Un auteur de droit fesait autrefois peu d'attention au style, et c'est ce que fit aussi notre juriste canadien, qui avait pourtant des dispositions à écrire clairement et agréablement. Son style peut quelquefois servir de modèle ; d'autres fois, il est tellement coupé, incorrect, qu'il est inintelligible. Ayant suivi les conférences que le Procureur-Général donnait sous les Français, il avait été mis sur la voie de l'étude du droit romain sans laquelle on n'est point jurisconsulte, et la lecture de ses ouvrages fait voir qu'il s*y était rendu profond. Depuis lui, il n'y a plus eu de jurisconsultes dans le pays et les écoles de droit pourront seules en former de nouveaux. Dans un temps où toutes les procédures anglaises devenaient à la mode, Cugnet fut utile au gouvernement dans PafTaire de l'agent Cochrane, et sur le refus du Procureur- Général depuis Sir James Monck, de le poursuivre, il guida le Solliciteur-Général Williams et fit recouvrer .£100,000 par le procédé français de saisie-arrêt qu'on adopta. Il fut un temps où les Canadiens ne pouvaient se faire jour au barreau ; mais Cugnet pratiqua toujours, du moins en qualité .d'avocat-consultant. A en juger par sa consultation pour MM. de Ni ver ville, seigneurs <ie Chambly, seî consultations égalaient en méthode et en clarté celles des avocats français de réputation. Celle-ci est d'une belle, très belle petite écriture semblable à celle du beau manuscrit des œuvres de ce Canadien illustre que possède l'honorable Pierre J. O. Chauveau. Cugnet était éminemment patriote, il se prononce énerv giquement en faveur des droits d'une famille dépossédée en quelque sorte par les Anglais ; il fustige les juges et 4'Arpentéur-Généjsal, et dans son traité de Police,, il
grette les sages Ordonnances de la domination française, et <]tëplore le désordre qui leur a succédé. Il eut assez d'influence pour en faire remettre quelques unes en vigueur. Le Canada le perdit au mois de Septembre 1789. Son frère, Conseiller Honoraire à Blois, lui survécut, et vivait encore en 1800. J. F. Cugnet, fils de François Joseph, est loué comme un des élèves dont le Séminaire de Québec s'honore dans la Lettre de Mgr. Hubert au Conseil Législatif concernant le projet d'ériger une Université. Il devint traducteur des lois, et doit être appelé fe père du français plus que barbare des traducteurs de l'Assemblée Législative. Beau jeune homme, il ne répondit pas aux espérances de ses instituteurs, visita l'Angleterre et la France, fit le grand seigneur, et dissipa le bien que son père lui avait laissé.
Curateau de la Blaiserie (Jaan-Baptiste) de la Communauté de St. Sulpice, ordonné le 24 Mai 1755, fut envoyé à la Longue-Pointe par le Séminaire, qui nommait alors aux cures de llle de Montréal. Il y donna origine au collège de Montréal en 1773, dans le presbytère îde cette paroisse. Les classes furent transférées ensuite à la ville dans le château Vaudreuiî, qui prit le nom de collège St. Raphaël. Curateau mourut en 1790, et eut pour successeur M. Marchand.
Cuthberth, honorable famille anglaise établie en Canada peu après la conquête. — James C uthberth acquéreur de la seigneurie de Berthier, fonda pour ainsi dire en 1766 la paroisse de St. Ciithbert, en donnant pour y bâtir une église, soixante arpens de terre, outre deux cloches et un tableau de St. Cuthbert, à la seule condition que la nouvelle paroisse portât son nom, tandis que des seigneurs catholiques retiraient des donations faites sous les Français. Membre du Parlement, il proposa l'abolition de l'esclavage. L'honorable James Cuthbert, son fils, a été membre du Conseil Législatif et du Conseil Spécial, et l'honorable Robert Cuthbert l'a été du Conseil Exécutif.
Ross Cuthbert, Ecuier, membre du barreau de Québec, publia un pamphlet en réponse à celui que M. Viger venait de publier en 1S09, puis un système assez ingénieux sur les marées qui eut l'honneur d'une critique dans le JLondon Quarterly Revietv.
Çuvillier (l'honorable Augustin) habile financier ca-
nadien et fondateur d'une grandë maison de- commérôe, fut élu membre du Parlement Provincial pour le comté de Huntingtdon en 1815, et devint Pâme âes comités sur le budget. En 1828, il fut délégué avec l'honorable D. B. Viger et Phondràble John Neilson pour présenter au Parlement Impérial une siippliaue de 87,000 Canadiens se plaignant de la privation cfe leurs droits politiques. Interrogé par un comité spécial, ses réponses furent précises et marquées au coin de Phabileté et de la connaissance des affaires. Mnis il n'alla pas jusque à approuver les 92 résolutions et perdit en conséquence son siège en 1834. Réélu en 1841, sous Pacte d'Union, il fut porté à la présidence de l'Assemblée Législative ; cependant, il ne partagea point les vues de l'administration La fontaine Baldwin à propos de la rupture de ces messieurs avec lord Metcalfe, se retira de la rie publique et mourut peu de temps après. Un journal anglais de Montréal a proclamé que, dans quelque pays que M. Cuvillier eût pû naître et dans quelque sphère qu'il eût pu se mouvoir, il n'aurait pas manqué de devenir un homme distingué, aucun de ses contemporains n'ayant surpassé son talent pour les affaires.
Dation» — Outre noble lwmme Simon Dablon, Syndic de la ville de Dieppe, un des Cent Associés, on connaît le R. P. Claude Dublon, de la Compagnie de Jésus, Supérieur-Général des Missions de la Nouvelle-France, Recteur du collège de Québec et membre du Conséil de la Colonie. Il arriva en Canada l'an 1641 et mourut l'an 1680. Ce fut lui qui tenta le premier de reconnaître le Mississipi, découvert et oublié par les Espagnols.
D'Aillebout, très illustre famille canadienne dont il paraît subsister encore des individus dans le District des Trois-Rivières et à- la Rivière Rouge ou à la baie d'Hudson. Elle se divisa en différentes branches, — D'Aillebout de Musseaux, D'Aillebout de Coulonge, D'Aillebout de Mantet, d'Argçnteuil, de Périgny, de Cuisy. Les D'Aillebout étaient dé Champagne, et ce qui les attira en Canada fut qu'ils étaient membres de la Compagnie de Montréal. Louis D'Aillebout, vint à Ville-Marié aved 60
hommes en 1645, et en fut commandant en 1646, en Pabsence de M. de Maisonneuve. Il fit beaucoup pour asseoir Ville-Marie naissante sur des bases solides. Il devint Gouverneur et Lieutenant-Général de la Colonie en 1647, après le chevalier de Montmagny et grâces au désintéressement de M. de Maisonneuve, Il chercha en vain à se liguer avec le Gouverneur de la Nouvelle-Angleterre contre les Iroquois, et à opposer une digue au torrent qui menaçait de ce côté : ces peuples franchirent toutes les bornes sous ce gouvernant et son successeur. Remplacé en 1651, il se fixa dans le pays, et mourut à Québec en 1660. Devenu Directeur de la traite de la JNouvelle-France, après avoir été Gouverneur, il obtint en 1656, de la Compagnie des Cent, que sa seigneurie de Coulonge fût érigée en châtellenie. Il est dit :" Désirant reconnaître les bons services qu'Elle a ci-devant reçus, et ceux qu'Elle espère recevoir ci-après du Sieur D'Aillebout, à ces causes Elle a érigé la terre de Coulonge, ses circonstances et dépendances, en titre de Chàtellerie avec justice haute, moyenne et basse, suivant la coutume de Paris, pour en jouir par lui et les siens ou ayans cause au dit titre de Châtellerie, mouvant de Québec par un seul hommage lige." Un châtellain. son descendant se signala dans les guerres de la Louisiane. La châtellenie de Coulonge appartient de nos jours à Messieurs du Séminaire de Québec. Barbe Boulogne, épouse de Louis D'Aillebout, Gouverneur de Montréal et de la Colonie, se retira à Québec après sa mort, et fixa sa demeure à PHôtel-Dieu pour y vivre au milieu des malades et des pauvres^refusant la main de M.de Courcelle et cellede l'Intendant Talon. Elle mourut en odeur de sainteté le 7 juin 1685 âgée de près de 70 ans, laissant quelques écrits et les fiefs de Coulonge, des Grondines et d'Argentenay et la terre de Villemay au profit des pauvres,— -D'Aillebout de Musseaux, neveu de D'Aillebout de Coulonge, commanda un camp volant en 1649 et fut Gouverneur ou Commandant de Montréal en 1652. Le vicomte d'Argenson, nommé Gouverneur en 1657^i'étant venu que l'année suivante, M. de Lauzon Charny, puis M. D'Aillebout commandèrent intérimairement la Colonie.— D'Aillebout de Mantet surprit avec le chevalier de Vaudreuil le fameux Chef Iroquois La Chaudière .Noire en 1693. Il flt aussi une
incursion dans la Nouvelle-Angleterre et saccagea Coriar* Gordien d'Aillebout de Cuisy se signala durant la première guerre américaine, et signa la réclamation de la noblesse contre un article du Courrier de Londres qui dépréciait les services ou les motifs de ce corps.
Daly (Sir Dominick) contemporain, durant longues années Secrétaire Provincial ou Chancelier, Chevalier de POrdre du Bain, ci-devant Gouverneur de Tobago et actuellement de Pile du Prince Edouard.
Damours, famille canadienne que le P. Crespel appéle illustre, et qui se divisaen plusieurs branches, -Dam ours de Plaine, de la Morandière, de Freneuse- Deschaufîburs, de Clignancourt. — Mathieu Damours, Sieur Deschaufîbur, Conseiller, estdésigné premier Garde-Scel du Conseil Souverain. UnDamours de Freneuse fut aussiConseiller. Dans l'histoire d'Acadie, on connaît une Dame de Freneuse qui y 4 fit beaucoup de bruit et qui en fut expulsée. Damours de Freneuse, commandant du navire La Renommée, avec lequel il périt dans un naufrage, était un habile navigateur selon le P. Crespel, qui loue sa fermeté. — Un Damours de Plaine se signala dans les guerres de la Louisiane. — Abel Robert Damours, Sieur de la Morandière, visita le Gouvernement de Montréal pour faire construire des forts en pierre dans les côtes, dressa une carte ou plan pour le projet d'un canal à Lachine et construisit le fort St. Jean en 1749. Ces services lui méritèrent en 1753 un brevet royal d'ingénieur avçc mandat à l'Intendant Bigot de lui faire tenir ses appoiritemens. Il avait obtenu la même année la commission de capitaine d'infanterie. Il fit les dernières campagnes et demeura dans son pays après la conquête. Ralph Burton, Gouverneur de Montréal, le nomma capitaine de la deuxième compagnie d'un corps de 300 hommes envoyé contre Ponthiac, qui assiégeait le Détroit. Un membre de cette famille est mort il y a peu d'années, et il en reste un autre. Ludger Duvernay, fondateur de la Minerve et de la Société Nationale de St. Jean- Baptiste, auquel on a élevé un monument , était allié aux La Morandière.
Daulé (Jean Denis) ordonné prêtre à Paris en 1790, passa en Canada en 1796 et fut employé comme vicaire à la cure de Québec avant que d'être nommé curé de §t. Jean des Ecureuils. Rappelé à Québec en 1806 pour de-
^nir Directeur des TJrsnlines, il occupa ce poste durant 26 ans, et est mort aveugle à Lorette en 1852 à 86 ans et trois mois. Il publia è grands riais un nouveau Recueil de Cantiques dont les airs sont notés et gravés sur cuivre. Il était musicien et poète.
Dauversière (J. Leroyer de La) membre de la Compagnie de Montréal, en fut le premier moteur et l'agent-général. M. Olier et lui se signalèrent à l'envi dans la fondation de Ville-Marie, et l'on doit particulièrement à M. de La Dauversière celle de l'Hôtel-Dieu. 11 mourut en 1660. C'était un homme d'une singulière sainteté, tel qu'il s'en trouait en France au XVIIème siècle, et comme il ne s'en est plus \r° uve depuis entre les citoyens. Le baron de Renty, autre associé de Montréal, marcha sur ses traces.
Datvson (J. W.) F\ G. ci-devant Surintendant de l'Instruction publique a la Nouvelle-Ecosse, y est né en 1820 et a fait ses éludes à l'Académie de Pictou , puis à l'CInivéteité d'Edimbourg. De retour en Amérique* en 1841, il voytgea avec Sir C. Lyell et explora sous sa direction diverses parties de la Nouvelle-Ecosse, travaux tteritil rendit oqmpte dans les Transactions de la Société Géologique (^Angleterre, dont il est membre. Principal du Collège Universitaire de McGill et de l'Ecole Normale de ce nom, professeur d'histoire naturelle, éditeur du journal intitulé Canadian jVoturalist and Geologist, il a été président de la Société d'Histoire Naturelle et fut député à Albany en 1856 pour assister à la réunion de la Société Américaine pour l'avancement des Sciences. Il ne s'y accorda pas avec Agassiz sur la prétendue pluralité des espèces chez l'homme. A la réunion de cette société à Montréal, l'année suivante, il a fourni deux essais : Gnihe varietiesand mode of préservation of the Fossils Known as Sternbergiae et On the newer Pliocène Fossihof the St. Lawrence valley
Subliés à Cambridge (1858) avec ceux des autres savans. *n a encore de lui : Acadian Geology : the geological structure and minerai resources of Nova Scott a, and portions of neighbouring Provinces, Edimburgh 1855 8vo.
Day (Fhon. Charles Dewey) contemporain, Président de la Cour Supérieure à Montréal et du Bureau des Gouverneurs du Collège Uaiversitaire de MeGiU, Solliciteur-
Général pu» Conseiller Exécutif avant l'avènement du iparti canadien au pouvoir, a eu une dispute de préséance avec le juge Bedard. On lui doit la réforme du : droit criminel canadien par l'introduction des Statuts de Sir Robert Peel (Jblack statutes) dont la contre-façon canadienne est connue sous le nom de Statuts de M. fiay.
Debartzch (l'hon* P. D.) chef d'une illustre famille canadienne et possesseur de plusieurs riches seigneuries, membre de l'Assemblée Législative en 1810, et du Conseil Législatif en 1815, fut de l'opposition dans le Sénat, protégea Amury Girod et fonda un journal qui contribua beaucoup à amener l'explosion de 1837,4 une époque où ce patriote, détrompé tardive ment, aurait bien voulu arrêter le torrent s'il eût été possible de le faire. Tl eut à se plaindre des insurgés, reçut et traita chez lui le colonel Wetterall et sa colonne. Ses demoiselles ont épousé MM. Drummond, Moak, Kierkowsky et le comte de Rottermund. Quand les Juges furent accusés par l'Assemblée en 1816 et que le Conseil, à l'instar de la Chambre des Lords, fut saisi du procès, ce Sénat canadien, non moh»s timide qu'ignorant de ses prérogatives, exprima un doute sur un privilège qui aurait été d'une importance incalculable pour nous, si on avait pris au mot le prince Régent ; mais le ministère anglais se prévalant de la faiblesse inespérée et absurde du Conseil, puisque c'était le prince lui-môme qui reconnaissait son droit et qu'il n'était plus permis dès lors de le mettre en question, le priva d'une prérogative si belle, mais dont il semblait ignorer le prix. Il ne tint pas à M. Debartzch qu'il en fût autrement, et il prononça en cette occasion un discours qui fait honneur à sa sagacité. Il est imprimé au long dans le sixième volume de Christie. " Peut-on supposer, y estM dit, que l'ignorance des mandataires publics à Vègard des privilèges dont ils sont revêtus pour promouvoir le bien de l'état, pourrait les anéantir ? Non • La réponse de Son Altesse Royale le Prince Régent n'est qu'explicative de Pacte constitutionnel ; de laquelle réponse on ne peut tirer des conséquences qui lui seraient diamétralement opposées, sans justement encourir le déplaisir de S, A, il." *Si on n'encourut point le déplaisir, du moins encourut-on la j)itié du prince et des gouvernans de la métropole ! Il
combattit l'Union en 1823, et c'est de lui que mon père dit dans la Chanson des Orateurs Canadiens.
L'aréopage
Malgré lui, me dit-on, Envoie un sage Ici donner le ton.
Ah ? Oj'est Debarge, C'est l'orateur profond ,
Delorme ou de l'Orme (Pierre Joseph Thierry Hazeur, de 1') Grand- Vicaire et Chanoine, Grand Pénitencier du diocèse de Québec, né en cette ville, ordonné en 1700, fut curé de Champlain de 1707 à 1722, et Supérieur des Ursulines des Troi^-Rivières. Le 24 février 1740, Mgr. de l'Auberiviére lui adressa de Paris une procuration l'autorisant à prendre possession du siège épiscopal de Québec en son nom, ce que ce dignitaire fit le 20 juin. Il mourut vers 1742.
Deniers [Jérôme] décédé Grand- Vicaire de l'archidiocèse de Québec en 1854 à 79 ans était né à St. Nicolas, le 1er août 1774. Ordonné prêtre le 24 août 179** après avoir étudié l'arpentage dans le monde, il s'agrégea le 11 août 1799 au Séminaire des Missions Etrangères à Québec, et fut élu Supérieur en 1808 après M. Robert. Dévoué durant 58 ans à l'instruction de la jeunesse, il fut tour à tour professeur de philosophie et de théologie. Ses talens supérieurs, joints à une constitution robuste, qui hii permettait un travail prolongé, le mirent en état d'approfondir, outre les sciences naturelles, les mathématiques, la philosophie et la théologie. Il n'a pas peu contribué à répandre en Canada le goût de la belle architecture, et le grand nombre d'églises au plan et à la décoration desquelles il a contribué par ses conseils, attestent par leur élégance et leur régularité, combien son goût était sûr et éclairé. La sculpture et la peinture lui doivent aussi des encouragemens bienveilkns. Le collège d* Québec lui doit beaucoup, car les livres étaient rares de son temps, et il compila et fit copier des traités de physique, d'architecture, et a publié un livre d'Institutions Philosophiques plus orné d'é/udi* fion et plus instructif que la plupart des livres de cette