‹ Le panthéon canadien, (choix de biographie.) Dans lequel on a introduit les hommes les plus célèbres des autres colonies britanniquesChapitre 3 sur 26 · YS · texte numérisé non relu

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nature envoyés d'Europe en ce pays. Les principes et les thèses seulement sont en latin ; les développemens et les notes historiques sont en français. Il a eu en 1844 une polémique animée avec son confrère le Grand- Vicai* re Maguire au sujet du Manuel de Locutions Vicieuses de ce dernier. Cet ecclésiastique utile à son pays avait refusé l'épiscopat.— Modeste Demers, évêque de l'Ile de Vancouver , a porté l'Evangile presque jusques au pôle.

Denaut [Pierre] dixième évêque de Québec, fondateur du collège de Nîcolet, était né à Montréal en 1743, fut ordonné prêtre en 1787, et élu Coadjuteur en 179i, sous Mgn Hubert après la mort de Baiily de Messein évêque de Capse ; lord Dorchester l'ayant agréé au nom du Roi, le pape Pie VI confirma cette élection en le nommant évêque de Canathe. Il fut sacré à Montréal, qui parut devoir donner des évêques à la capitale, car Denaut devenu évêque titulaire en 1707, choisit pour Coadjuteur Joseph Octave Plessis. Les officiers de la Couronne Monck et Sewell ayant dénoncé devant les cours comme contraire aux lois pénales d'Angleterre l'Ordonnance du Conseil Législatif [1791] renouvellant les pouvoirs de Pévêque de Québec comme Surintendant de l'Eglise Catholique, ce prélat adressa au Roi le 18 juillet 1805 une vSupplique [imprimée dans le sixième volume de Christiejj qui aurait pu être une imprudence sans l'habileté de son successeur. " Ni votre suppliant, y est-il dit, qui conduit depuis huit ans cette église, ni ses prédécesseurs de* puis la conquête, ni les curés de paroisse (*) n'ont eu de la part de V. M. cette autorisation spéciale dont ils ont souvent senti le besoin, pour prévenir les doutes qui pourraient s'élever dans les cours de justice touchant l'exercice de leurs fonctions civiles." Ryland rit de cette requête la base de son pian pour l'assomption du patronage par le Roi. 11 mourut dans la baronnie de Longueuil le 17 Janvier 1806 et fut inhumé dans son église paroissiale. De son temps encore, les évêques étaient obligés pour subsister, d'occuper une cure. Messeigneurs D'Ës* glis, de Messein, eu avaient fait autant. Monseigneur Denaut passait pour savant.

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<*) L'acte de Québec établit le contraire.

Denis, famille canadienne illustre dans la marine dont les branches sont Denis de La Ronde, de Bonaventure, de Vitré, de St. Simon, de Morampont.

Le Sieur Denis de La Ronde, Chevalier de St. Louis, se signala en Acadie et à Terre-Neuve, fut député à Boston, battit le colonel Marck et le força de lever le siège de Port Royal. Il obtint une seigneurie en 1733 et fut nommé commandant de Chagouamigon. En 1735, MM. Beauharnais et Hocquart lui adressèrent un mémoire pour lui servir d'instructions, et lui recommandèrent, ou ù. son défaut au voyageur Guillory, Forster, père et fils, mineurs envoyés par le Roi pour exploiter les mines du lac Supérieur. Il eut ordre en même temps d'étudier la topographie des veines, et de dresser un journal exact des observations de Forster, père, par le moyen du fils, qui savait le français. Tandis que le chevalier de La Ronde servait ainsi utilement son pays dans ces régions lointaines, ses ennemis fesaient réunir sa seigneurie au domaine du Roi, sous prétexte qu'elle n'avait pas été mise en valeur. Ce contre temps ne l'abattit pas, et il continua à servir. M. de Vaudreuil ayant tiré des troupes de la marine, dont Denis de La Ronde était capitaine, deux compagnies de grenadiers pour la défense du Canada les donna aux Sieurs de St. Martin et de La Ronde. Celui-ci fit les dernières campagnes et fut tué glorieusement à Ste. Foi. Son fils fut un des membres de la Compagnie du Nord-Ouest. Gaspard Denis de La Ronde, son petit-fils, ruiné par un procès, dans lequel il a obtenu jugement de Sir James Stuart en 1842, sans qu'il ait jamais été exécuté, a été réduit à demander à la Législature une indemnité de £500 pour émigrer aux Etats-Unis avec ses dix enfants* — Denis de Bonaventure, frère du chevalier de La Ronde, secourut son frère, assiégé au Fort Royal en Acadie par le colonel Mark et fut le compagnon du fameux d'Iberville dans ce pays et dans ses autres expéditions, où il commanda successivement un vaisseau de la Compagnie des Indes et le vaisseau du Roi le Profond. Il prit le commandement do l'Acadie après la mort de M. de Brouillan en 1705 es rendit compte au ministre ; mais M. de Snbercase fut nommé Gouverneur.— Denis de Vitré, capitaine de frét gâte, fait prisonnier par les Anglais, fut obligé de leur

servir de pilote dans le Golfe St. Laurent. Un autre reçut une gratification du Roi pour avoir établi une pêche au marsouin. — Le Sieur Denis de Moramponi fut Prévôt de la jurisdiction des maréchaux de France en Canada. — Les Denis de St Simon ne furent pas la branche la moins remarquable de cette maison, et fournirent aussi deux prévôts des maréchaux de France. Un Sieur de St. Simon fut envoyé par Talon avec le P. Albanel, à la découverte de la baie d'Hudson par le Saguenay, et la reconnut par terre en .1672, selon Léon Guérin, qui le fait voyager sous les aus-

Ïûces du baron d'Avaugour. Cet auteur moderne dit que e vicomte d'Argenson avait envoyé Desprez Coutures (•) et le P. Dreuilletes en 1661 par une autre voie. Us pénétrèrent jusque au lac St. Sacrement et, refoulés par les Iroquois, revinrent à Québec . M. de St. Simon laissa un journal soigné de son voyage. Ce ne fut pas le seul voyageur que produisit cette famille. Carlo Carli, parlant du voyage de Bougainville amour du monde en 1765, dit : " L'Etoile était commandée par le Sieur Giraudais, qui avait à son bord le Sieur de St. Simon, capitaine d'infanterie, fort versé dans les langues et les usages des Sauvages. Il était né au Canada." En 1759, il avait pénétré à Montréal avec les dépêches du gouvernement français, malgré la prise de Québec. Brigadier-Général sous Rocliambeau à York-Town, il commanda une attaque. — Lui ou un autre membre de cette maison éraigra en Espagne lors de la révolution française. Il était devenu marquis, commanda une division de 7000 hommes dans l'invasion de la France en 1793 ; puis dans la défense du territoire espagnol en 1794* En 1801, il commanda contre le Portugal le corps espagnol dénommé l'armée du Nord, et repoussa une irruption. Napoléon, par qui il fut pris les armes à la main à la défense de Madrid, allait violer le droit des gens en le fesant fusiller puisqu'il était Officier-Général au service d'un Souverain, quand Mademoiselle de St. Simon obtint sa grâce par son héroïsme.

Dénis (Jean Olivier) fils de Denis,seigneur de la Baie des Chaleurs et de Percé, fut un des premiers Canadiens

(•) Séaécbal de la Côte Beaupré.

qui entra dans l'ordre réformé de St. François. Ordonné eu 1690, mort en 1742. Il bâtit une église et une maison de son ordre à Percé.

De Quen (Jean) de la Compagnie de Jésus, Missionnaire de Sillery, puis Supérieur-Général des Missions de la Nouvelle-France et Recteur du collège de Québec, membre né du Conseil politique de' la colonie , gouverna spirituellement toute l'église du Canada au nom de l'archévêqUe de Rouen, qui avait alors juridiction sur ce pays, en qualité de son Grând -Vicaire. Il était venu dans le pays en 1634: Plus tard, M. de Quèylus le supplanta. Le P. De Quen reconnut de bonne grâce ses pouvoirs et lui -céda ; mais bientôt aj>rès l'archevêque restreignit le Sulpicien à Montréal. Le P. de Quen n'usa pas longtems de ses nouveaux pouvoirs pour Québec et Trois-Rivières, car il mourut .ou laissa le pays en 1659. François de Laval Montmorency était au reste arrivé dans le pays" avec le titre et les pouvoirs de Vicaire-Apostolique du Saint-Siège. Le J?. De Quen décoiN vrit en 1647 le lac St. Jean, où le Saguenay prend sa source.

Deschamps de Boishébert (Charles) allié aux De Léry et aux de St. Ours, successivement gouverneur de Niagara et de Louisbourg, homme actif ët officier habile, joua un grand rôle dans les affaires de PAcadie, se fortifia sur la rivière St. Jean après la paix d'Aix-la-Chapelle et en défendit l'errtrée contre le colonel Mascareene puis lord Cornwallis. Il brûla St. Jean plutôt que de rendre le fort. A la défense de Québec, il commandait le corps de réserve, composé de 1400 soldats, 3*50 Canadiens et 450 Sauvages. Il eut part à la victoire de Montmorency. Ayant laissé le Canada lors de la conquête, il fut impliqué dans le procès Bigot et acquitté. Une fille de cette tauuJle es* morte comtesse de Germini en 1851, et le comte ue Germini, son fils, a été*<mniftre des finances sous le prince Louis Napoléon,

Hksjardins Philippe Jean Louis) Grand-Vicaire de Paris et de Québec et archidiacre de Ste Geneviève, né en 1753 à Mcssas, dicqùn d'Orléans, fut successivement reçu docteur de SonboBe (1783) Qfficial de* Bâyeux, puis Grand-Vicaire de l'évêque d'Orléans. En 1792, jl passa à Londres) oû Edmund Burke, à la requête de Mgr." De

La Marche, évêque de St. Pol de Léon, lui donna la mit» sion auprès des gouverneurs du Haut et du Ba?-Canada de trouver place pour les prêtres français réfugiés en An*gleterre. Il fut quelque temps l'hôte des Jésuites de Québec. Ce fut lui qui prononça l'oraison funèbre de Mgr. Hubert. Etant repassé en France en 1802, il fut d'abord nommé curé de Meung près d'Orléans ; mais il fut appelé bientôt auprès du Cardinal Caprara, Légat du Souverain Pontife. Il fut ensuite nommé à la cure des Missions Etrangères à Paris. Une lettre que lui écrivait le duc de Kent, qui l'avait connu à Québec, le rendit sus* pact à la police impériale ; il fut retenu prisonnier à Fer nestrelles avec le Cardinal Pacca, qui en parle avantageusement dans ses Mémoires, Elargi plus tard, il refusa l'évêché de Blois, comme il avait refusé celui de Québec que le gouvernement lui avait offert, et mourut à Paris le 21 Octobre 1833. L'abbé Olivier prononça son oraison funèbre et l'archevêque de Quélen fit mettre une inscripr tion latine sur sa tombe. Louis Joseph Desjardins, son frère, ordonné en 1788, venu au Canada en 1794., y est mort.

Dollard Descormitrs et non Daulac, citoyen de Ville- Marie qui, avec 16 Montroyalistes et quelques Sauvages, aux Chaudières de l'Ottawa, résista pendant plusieurs jours à 700 Iroquois qui devaient fondre sur Ville-Marie et Québec, où l'on fortifia les couvens et les maisons. Il succomba, mais son héroïsme sauva la Colonie de grands ravages. Ce fait, comparable aux Thermopyles, a échappé à Charlevoix (1658.)

Dollier de Casson (François) docteur en théologie, Supérieur et Seigneur de Montréal, Grand-Vicaire de Mgr. de Laval, né en Bretagne, fut d'abord militaire et servit sous Turenne en qualité de capitaine de cavalerie. Reçu à St. Sulpice en 1657, jl passa en Canada en 1665, fit un voyage au lac Ontario en 1670, et tenta d'établir de* ^manufactures de toile et autres étoffes : le comte de Frontenac le loue de ce dessein dans une dépêche de 1673. Il fut Supérieur en 1678 pour la seconde fois prit un grand soin dés Sauvages, et mourut à Vil{é-Marie le 7 Septembre 170I. 1 On conserve de lui à la Bibliothèque Mazarine et en Canada une Histoire de Vile de Montréal, dans laquelle jl est loin dé se montrer bon écrivain, M. de Belrnont et lui

peuvent bien-être regardés comme les premiers instituteurs «les Canadiens dans Part de mal parler et de mal écrire leur langue,

Bonnacona, Agohannaou chef de Stadaconé, contemporain de Jacques-Cartier, qui l'enleva pour l'emmener en France et lui faire confirmer en présence de François 1 lui-même, les merveilles qu'il avait racontées aux Français touchant le Saguenay, Le chef partit au milieu des regrets les plus manifestes de son peuple. Il répéta dans l'audience qu'il eut du Eoi tout ce qu'il avait dit. Un livre fut publié à l'occasion de son baptême, qui eut lieu avec pompe à Rouen, mais le climat de l'Europe lui fut contraire, et il mourut bientôt ainsi que Taiguragny et Domagaya, deux de ses conseillers. Cet enlèvement est une tache dans le caractère de-Cartier.

Dorchester (Guy Carleton, lord) Chevalier de l'Ordre du Sain, général habile et gouvernant aimable, né à Strabane en Irlande, en 1724, fut fait Lieutenant- Colonel dans les gardes en 1748. En 1758, il fut Quartier-Maître Général d'Amherst à Louisbourg, puis de Wolfe à Québec, en 1759. Il fut encore Officier-Général à la conquête de* la Havane sous le comte d'Albemarle en 1762. Durant les longues années qu'il fut gouverneur et Capitaine-Général de la Province de Québec puis des "Canadas, il fut le meilleur ami des Canadiens ; leur assura leurs lois et protégea le clergé et même les ordres religieux. Lors de l'introduction de la constitution anglaise, il alla au dev^t de privilèges populaires que la Chambre d'Assemblée ne fut pas assez prompte à saisir et qu'on lui contesta depuis ; tels sont les droits bursaux ou de contrôle des dépenses de l'état. Il ne fut pas plus compris quand, voulant nommer Panet Juge, il avertit par message l'Assemblée de choisir un autre Président. N'était-ce pas lui montrer du doigt que la magistrature était incompatible avec l'attribut du légis/ateur. Cependant, ce point ne fut réglé que sous Craig et non d'une manière paisible. Durant 1^% guerre de l'Indépendance Américaine, il sut s'attacher noblesse canadienne et les habitans de Québec la noblesse arrêta cinq mois les Américains sur la frontière, Carleton échappa à Montgommery par un bonheur merveilleux, après avoir fait captif le fameux Ethan-Allen. Il eut le temps de mettre Québec en défense et repoussa

finalement- l'invasion, qui coûta la vie à son adversaire* . Il prépara ensuite par une victoire navale et par ses*, soins désintéressés l'expédition de Burgoyne. Enfin il parvint au généralat d'Amérique, que les négociations pour la paix rendirent infructueux en évènemens miiitais res. Déjà décoré de l'Ordre du Bain, .il fut élevé à la Pairie en 1786 et mourut en 1808. > Ha eu un fils qui a joué un rôle secondaire dans la politique. Comme gouvernant, Çarleton a marché — et cela à la tête d'un peuple étranger, sur les traces des Antonin et des Marc-Aurèle. Comme guerrier, son humanité lui a valu l'éloge des Botta et des Carlo Carli. . Jos. Frs.. Perrault, notre agronome, nous apprend qu étant en Augleterre pour surveiller l'acte constitutionnel, il envoya ici de la graine de Ruta Baya ou navet de Suède, qui est une plante hardie et précieuse dans les climats froids comme le Canada, où elle est bien répandue depuis cette époque. On trouve un portrait de lord Dorchester dans la collection du Com-. ruaàdeur Viger. Lady Carie ton, épouse de ce gouvernant chéri des Canadiens, était, d'après la tradition, une. singulière dame. Elle s'habillait souvent comme un homme plutôt que comme une femme, se rendait sujvie de gros chiens sales, chez certaines Québecquoises, qui n'étaient pas si grandes dames qu'elles auraient bien pu se dispenser d'aller frapper à la porte, du Château, et Pesait bien d^autres malices. On prétend qu'elle avait beaucoup d'empire sur le général, son mari. A en juger par les actes de celui-ci, cette circonstance ne ferait pas de tort à la réputation de laMilady Carleton y comme on l'appelait à Québec. .

Bosquet (Pierre Herman) quatrième évêque de Québec, nù à Lille, entra d'abord dans la Société de St. Sulpice, exerça le ministère* à Ville JNIarie, puis fut Supérieur à Lieieux. La Société de, St.* Sujpice le céda plus tard à celle dos Missions Etrangères. L'abbé Brisacier l'en- „ \»ya à Pvome où il remplit les fonctions de Procureur des . 'Vicaires Apostoliques des Indes. Benoit XIII le sacra lui-même le jour ae Noël de 1725, évêque de Samos, et le nomma Assistant au Trône Pontifical. Monseigneur . De Momay le nomma en 1729, Administrateur dé l'E- . glise de la Nouvelle-France. En.eette qualité, il se brouilla comme François de Laval avec, l'autorité tempo- .

felfe au sujet de la traite de l'eau ' dè vie. L'évêque de Québec ayant résigné en 1733, Dosquet lui succéda et résigna lui-même en 1739. Il exerça les fonctions de Vicaire-Général de l'archevêque de Paris et monrut âgé de S6 ans le 4 Mars 1777.

Douglas (Louis Archambault, comte de) né à Montréal en Canada en 1746, Chevalier de la Légion d'Honneur, de St. Jean de Gérusalem, de St. Maurice et de St. Lazare de Piémont, ancien député, membre du Conseil Général de l'Ain, décédé au château de Montréal en Bugey le 27 Février 1842 à 95 ans, avait succédé l'an 1770 à son oncle, Charles Joseph de Douglas, comte, et seigneur de Montréal en France, qui, avec un de ses frères, accompagna le prince Charles Edouard dans sa tentative chevaleresque de recouvrer ié trône de ses ancêtres, et fut fait prisonnier à la bataille de Culloden. De Rameaay, gouverneur de Montréal, était l'aïeul maternel de Louis Archambault»^ Il n'y a pas eu en Ecosse de plus illustre maison que celle de Douglas.

Draper (l'honorable W. H.) contemporain, légiste et homme d'état, premier ministre en lo44, actuellement Juge-en*Chef du Canada Supérieur, a été envoyé du gouvernement canadien à Londres pour faire valoir les droits du Canada au Territoire de la Baie d'Hudson. On a de lui, outre le Rapport de ses négociations/ un ouvrage sur le droit criminel du Haut-Canada. Il a été Président de l'Institut-Canadien de Toronto.

Duberger (Jean-Baptiste) célèbre ingénieur, géographe et mécanicien canadien, après avoir fait un* cours d'études classiques au Séminaire de Québec, devint dessinateur dans le corps des Trgénieurs Royaux, et exerçait cet emploi en 1814, durant la dernière guerre. Dès 1S09 le voyageur Lambert écrivait : " Avant que je quitte le sujet des arts en Canada, pays plus capable en apparance de soutenir que de créer le génie, (*) je ne dois pas omettre de faire mention d'un monsieur du nom de Duberger, natif de ce pays, et officier dans le corps des ingénieurs et dessinateurs militaires, pour lui rendre le tribut d'éloge qu'il mérite à si juste titre. C'est un homme qui s'est créé lui-même son génie, si l'on peut ainsi par-

£«J Ce devrait êtie l'inverse.

1er, et qui n'a eu pour s'instruire d'autres avantages que* ceux que lui fournissait la Province, car il n'est jamais sorti de son pays. Il excelle dans les arts mécanique» et dans les plans et dessins de mesurage militaire. Plusieurs de ses grandes esquissewu pays sont déposées au Bureau du Génie. La seule carte correcte du Canada qui ait été publiée, par Faden à Londres, au nom de M. Vondenvelden, a été dressée par Duberger et un autre Monsieur (Charland). Mais le plus important de ses ouvrages est un beau modèle de Québec, qu'il a fait, aidé du capitaine Byson, son compagnon de collège. Il a plus de 35 pieds et comprend une partie considérable des hauteurs d'Abraham, jusque à l'endroit on Wolfe fut tué. Le tout est entièrement taillé dans le bois et modelé sur une certaine échelle indiquant la forme même et la projection du Cap, les élévations et les déclivités dans la ville et dans les plaines, particulièrement les éminenoes qui commandent la garnison. Tout est d'une exactitude et d'un fini qui ne laissent rien à désirer." Ce modèle fut envoyé en Angleterre et déposé à l'arsenal de Woolwich en 1813. Marmier, dans son Voyage en Amérique, attribue à Duberger la principale part dans les travaux de fortification de Québec, et prétend que d'autres se sont attribué ce qu'il a fait en ce genre. On voit par l'Almanach de Québec pour 1814", que J. B. Duberger, jeune, était assistant-dessinateur dans le corps des ingénieurs en même temps que son frère.

Dubois et Champagne, habiles horlogers canadiens, le premier sous Ja domination française, et le second soua la domination anglaise. — Dubois avait aequis une éducation élémentaire. Il fut obligé de faire lui-même tous les outils dont il se servait, ou de les inventer pour ainsi dire. Il fit de fort bonnes horloges et d'un assez bon goût. Champagne en laissa une qui, à chaque heure, fesait entendre un air, au moyen de timbres de grandeur différente. On remarque avec justice dans la Bibliothèque Canadienne, que, quoique ce soit chose commune en Europe, il y avait un effort de génie à faire pour exécuter une pareille pièce de mécanisme, dans un pays où il y avait peu ou point de modèles. Ces faits étaient d'autant plus glorieux et à l'appui du témoignage de l'Intendant Hocquart qui accorde aux Canadiens le. génie des arts, que. Con-

dorcet, dans la vie de Voltaire, ne place que sous Fan 1756 l'extension de l'horlogerie même en Europe. Un horloger de la Rivière Chambly, Doray, a assez bien introduit dans une de ses horloges lé lever et le coucher du soleil et de !a lune» ^

Ducalvet (Pierre) une des plus considérables figures de nos annales politiques, s'était acquis une grande fortune par le commerce des pelleteries sous la domination française, et n'abandonna point le pays après la conquête. Le Canada fut administré selon les lois françaises jusque à la paix de Versailles, en 1763. L'année suivante, il fut soumis aux lois anglaises, et les Canadiens éloignés des charges à cause de leur religion. Huguenot, Ducalvet ne partagea point leur disgrâce et fut fait Juge à Paix ou magistrat. Ses compatriotes ne pouvaient être avocats au barreau ; pour remédier à cette injustice, il se mit à accorder les parties, comme autrefois l'Iutendant Raudot. Son tribunal était l'âme de la justice, qui était déniée aux Canadiens partout ailleurs. Mais c'est surtout comme moteur de la Constitution que Ducalvet est célèbre parmi nous. Il fit une guerre ouverte au système administratif qui régnait sous le Conseil Législatif, comme entaché, selon lui de doctrines despotiques, puis à Sir Frederick Haldimand personnellement ; il demanda à grands cris pour les Canadiens les droits de sujets anglais comme il les entendait, et rédigea un plan de constitution en tout semblable à celle qui fut octroyée en 1791 moins l'Université et le régiment de deux bataillons ; encore ce régiment fut-il levé en 1796. 11 osa poursuivre en Angleterre Haldimand, qui ne l'avait incarcéré que sur des preuves écrites de sa trahison, et réclamer en même temps de Benjamin Franklin à Paris le paiement de ce qu'il avait fourni au Congrès. Il publia à Londres la Lettre aux Canadiens et V Appel à la justice de PEtat 9 adressé au Roi, au prince de Galles, aux ministres et aux membres du Parlement. Ces écrits sont pleins de force et d'une éloquence rude et inculte. L'ex- Jésuite de Québec, Roubaud passe pour l'avoir aidé dans ce travail. Ducalvet alla deux fois en Angleterre, la première en 1783, en compagnie de son fils unique, né en 1773 et âgé de 10 ans : son épouse, Louise Jusseaume était morte en îf7*." Il laissa son enfant â Londres. Il se trouvait en

Canada dans l'hiver de 1785 à 1786, et repartit- au motà de Janvier pour l'Angleterre, afin d'y donner suite à ses accusations contre Haldiraand, mais il paraît avér j que le navire sombra en mer. F. Ducalvet, fils, demeuré a Londres, y vivait encore en 1796. On voit donc qu'il ne fut pas jeté à la mer, et. que sa mère ne fut point rendue folle par de cruellesr terreurs, comme

jugera pas Ducalvet au même point de vue. Ceux dont la loyauté au gouvernement établi est à l'épreuve, le trouveront en fkute, et ceux qui n'admiient pas la constitution anglaise ou qui déploient le résultat qu'elle a eu ou qu'elle aura en Canada, lui auront peu de reconnaissance, et se iapf)èlefont qu'il s'allia pour la demander aux Bretons de la Colonie et aux Loyaux Américains. Ceux au contraire qui aiment cette forme de gouvernement, croiront la lui devoir ; ils se souviendront que ce fut pour la leur obtenir qu'il ruina sa fortune, et que même il périt à l'occasion de ses efforts dans cette cause politique. " Petit de taille, beau de figure, noble d'attitude, loyal de caractère, chaud de cœur, il était taillé dans le granit des héros de Borne et de Sparte dans leurs meiU leurs tems" dit un de ses partisans.

Dudiaîne (l'abbé) savant clerc mineur décédé dans un âge avancé en 1854, a été durant de longues années le seul Canadien qui s'occupât exprofesso des sciences exactes en dehors des collèges de la Province. Après avoir enseigné la théologie dans le Canada Supérieur, il fit plusieurs inventions ou perfectionnements, construisit des ponts et fournit les églises et édifices publics de paratonnerres. Il prépara aussi durant longues années le calendrier. Il traduisit, compila ou composa de nombreux traités sur la Grammaire, la Géographie, la Chronologie, l'Histoire, les Belles-Lettres, les Mathématiques, l'Astronomie et la Physique qui, malheureusement, ne servirent qu'à lui-même dans sa carrière enseignante, car il n'a jamais publié de livres. Sur la question de l'Instruction Publique, il précéda ceux qui s'en sont occupées, comme le docteur Meilleur et le juge Mondelet, et même M. Perrault, témoin son pian remarquable imprimé dans V Encyclopédie Canadienne, cahiers de Janvier et Février 1843 et alors déjà vieux de vingt ans. M. Barthe dit du Clei-

son

ne

,gé Canadien dans le Canada Reconquis^ publié à Paris - " Ce corps a compté parmi ses savans un abbé modeste qui a vécu et est mort dans la retraite,— Pabbé Duchaîne voué à l'instruction de la jeunesse et à l'étude silencieuse des sciences, dont il approfondissait les arcanes, comme cet évêque d'Avranches, Huet, au sujet duquel les paysans, qui le trouvaient toujours à l'étude, exprimaient si naïvement leur surprise qu'oh leur eût envoyé un évêque qui n'avait pas encore terminé ses études."

Dudouyt (Jean) Chanoine Promoteur de l'Officialité de "Québec et Grand-Vicaire, d'une ancienne famille de Hauteville, au diocèse de Coutances, dans la Bretagne, exerça le ministère en Canada de " 16*59 à 1689. "U fit connaissance cle Mgr. Laval de Montmorency à Caën, chez l'hermitè De Bernières, frère de celui qui vint en Canada et suivit ce prélat. Ce fut lui qui donna le permis pour construire à. Montréal la célèbre chapelle de Bonsecours.

Duhamel du Monceau (Louis-Henri) Membre de l'Académie des Sciences de Paris, et botaniste de réputation vint en Canada en 1740 et y tint un journal d'observations météorologiques de 1Î41 à Ï744. 11 avait été reçu à l'Académie en 1728. Nous avons aujourd'hui un météorologue distingué dans le professeur Smalhvood M. D. et L. L.D., qui a figuré avec avantage daus les congrès scientifiques d'Albany et de Montréal.

Dunn (l'honorable Thomas) Ecuier, seigneur de St. Armand, Juge Puîné de la Cour du Banc du Roi, membre des Conseils Législatif et Exécutif, deux fois Prési- ^ dent de la Province du Bas-Canada, fut un des colons anglais qui surent le mieux apprécier les Canadiens, et se fit Canadien lui-même pour ainsi dire, ayant épousé dame Henriette Guichaud. Il fut Commissaire pour l'administration des biens des Jésuites puis pour pourvoir à la réparation et à la construction des églises. Se trouvant le plus ancien membre de l'Exécutif, il prit, sous le nom de Président, les rênes du gouvernement Provincial lors du départ de Sir Robert Shore Milnes, en 1805. Le 20 lévrier 1806, il ouvrit le Parlement et annonça la victoire de Trafalgar ; puis le 21 janvier 1807, où il mentionna la conquête du Cap de Bonne-Espérance* Les Etats- Unis prenant une attitude hostile, il émana le 12 août, une proclamation prohibant l'exportation des munitions

de guerre. Le 19 Octobre, en conséquence des prépara^ tifs par delà les lignes, il ordonna la levée du cinquième de la milice de l'âge de 18 à 50 ans. Cette levée s'exécuta avec un zèle admirable, et lui donta occasion de publier que dans ancune parfie des domaines britanniques il n'avait été déployé un plus grand zèle pour la défense du gouvernement. Il admit Mgr. Flessis à prêter serment malgré Ryland, qui voulait qu'on ne le fît qu'après que ce prélat aurait souscrit aux conditions que le gouvernement anglais lui imposerait en conséquence de la requête de son prédécesseur. Le sixième volume de Christie contient une lettre du Secrétaire qui annonce piteusement au lord évêque de Québec, Mountain, la détermination du Président. Dans le procès entre le curé Bertrand et le paroissien Lavergne, où les officiers de la Couronne Sewell et Monck voulurent faire déclarer nulle l'Ordonnance de 1791 comme contraire à un Statut pénal d'Elizabeth , M. Dunn empêcha que cette affaire n'eût de suite et s'opposa ainsi à cette prétention monstrueuse (*). C'était en un mot un homme de l'école de Carleton, et qui s'était annoncé en s'opposant aux projets d'anglification du grand juge Smith. De nouveau Président de la Province depuis le départ de Craig jusque à l'arrivée de Sir George Prévost, il donna l'agrément de l'autorité temporelle à l'élection de Mgr. Panet à la Coadjutorefie, et honora de sa présence les exercices littéraires du Séminaire de Québec— Robert Dunn, souslieutenant au llème régiment de hussars dans la guerre d'Orient, décoré de l'ordre de Victoria ou de la vertu mi- * iitaire, pour avoir sauvé la vie au sergent Benthley en 18f)4, est le même, croyons-nous, qui est devenu 'major du 100e et qui vient d'être décoré de l'ordre musulman de Medjidié.

Duplessis (François-Xavier) de la Compagnie de Jésus célèbre prédicateur, né à Québec en 1693, mort à Paris, annonça assez de talens pour être appelé en Europe par ses confrères. Après avoir professé la philosophie à Ar-

[•] Tbrough the intervention of Mr. Président Duun the suit in question was not brou^ht to a final décision.— Henrjr Witrius Hyland à Sir R. Peel.

ras, il fut Missionnaire Apostolique dans la Flandre Française, et s'y signala par ses missions et prédications. Son livre intitulé : " Avis et pratique pour bien profiter de la mission" a eu, dit-on, beaucoup de cours. On conserve en Canada quelques exemplaires de son Calvaire ou : Représentation de la Croix Miraculeuee plantée sur le rempart de la ville d'Arraspar les soins du R. P. François- Xavier Duplessis de la Compagnie de Jésus et Missionnaire Apostolique, dédiée à Madame la duchesse iïAyen par son Très Humble et Très Obéissant serviteur J. JB. De Poilly : se vend à Paris chez Daumoni.

Duplessis de Mornay (Louis François) troisième évêque de Québec, de la même famille que Duplessis Mornay qui disputa contre Du Perron à la Conférence de Fontainebleau en présence de Henri IV,— né à Vannes en Bretagne, entra dans l'ordre des Capucins. Choisi pour Coadjuteur par Mgr. de St. Vallier, il administra la Louisiane ainsi que l'archidiocèse de Cambray, dont l'ordinaire était absent. Il fut sacré sous le nom d'évêque d'Eurnémie par le cardinal de Rohan. Devenu évêqne de Québec en 1728, il se déchargea du soin de son diocèse sur Mgr. Dosquet, ne vint jamais en Canada, et se démit en 1733. Il mourut en 1741 écrasé par la chute d'un édifice.

Eckford (Henry) mort à Constantinople le 20 Novembre 1832, constructeur des vaisseaux du Grand Sultan, commença par être apprentif de John "Black de Québec, constructeur et membre du Parlement. John Goudie, plus tard un des plus riches bourgeois de cette ville, était son compagnon. Pendant la guerre de 1812, Eckford construisait les navires de guerre américains sur une rive du lac Ontario, tandis que Goudie construisait ceux des Anglais- sur la rive opposée. Québec, New- York et Bysance ont partagé la vie de Henry Eckford.

Ecuyer (Charles) fils du capitaine Ecuyer qui entra dans le régiment de troupes légères à quatre bataillons créé par le duc de Cumberland et qui défendit Pittsburg contre Ponthiac, et frère du capitaine Ecuyer, des Voltigeurs, ordonné prêtre en 1783, entra dans la Communau-

*é dé SU Sulpice, et se signala -comme musicien. ïlcom* posa un Sançtus à trois parties et mit en musique les pseaumes de vêpres. Curé de Repentigny en 1794, il passa de là finalement a Yairrachiche, où il est mort le 29 Mat 1820. MM. Ec»yer> Guillerain, Borneuf et Latour Dézéry furent les premiers Canadiens qui furent admis dans la Société de St, Sulpice.

Edouard (S. A. R. le prince) fil» de George III, et père de la reine Victoria, duc de Kent, fut successivement commandant des troupes à Québec et gouverneur de Gibraltar. Quand Napoléon annonça son dessein de passer en personne dan» la Péninsule, il demanda héroïquement au roi le permis de se rendre à son 1 poste. Bonchette, notre géographe, lui dut une généreuse protection. - Edwards (Guillaume Frédérick) membre de l'Institut de France on de la Société des Sciences Morales et Politiques, qui en fait partie, né à la Jamaïque en 1777, mort en 1842, fut le principal fondateur de la Société Ethnographique. Il a laissé : Des Caractères Physiologiques des Races Considérés dans leur Rapport avec V Histoire.

Effiat (Antoine Coefiier Ruzé, maréchal d') Surintendant des Finances, un des Cent Associés de la Nouvelle- France, commanda en Piémont en 1630, et mourut l'an 1(532, en allant commander en Allemagne. En moins de cinq à six ans, il avait acquis de la réputation dans les armes par sa valeur, dans le conseil par son jugement dans les ambassades par sa dextérité, et dans le maniement des finances par son exactitude et par sa vigilance.

Eguillon (Charlotte de Combalot duchesse d') fondatrice en 1638, et protectrice de l'Hôtel-Dieu de Québec. — Elle obtint de la Compagnie des Cent Associés des seigneuries et terres considérables à la seule charge de faire célébrer chaque année une messe du Saint-Esprit ; le gouverneur ou son lieutenant, et les" principaux habitans présens ou invités, pour prier Dieu qu'il lui plût inspirer à la Compagnie des résolutions qui tournassent à sa gloire et à l'honneur de la France.

Elgin (James Bruce) comte d'Eigin et de Kincardine, baron de Torry, Chevalier du Très Noble Ordre du Chardon, ci-devant Gouverneur-Général de l'Amérique Britannique du Nord, et actuellement plénipotentiaire en Chine, où il a conclu un traité de paix glorieux et mémo-

ïable avec l'empereur céleste, est un rejeton de la famiU le royale de Bruce et fils du lord Elgiu qui, comme lord • Arundel, a donné son nom à des marbres, précieux.

England (Sir Richard) contemporain, Lieutenant-Général, Commandant des Forces en. Irlande, Grand Croix du Bain et de la Légion d'Honneur, est natif du Canada Supérieur, et a été un des meilleurs Officiers-Généraux de la guerre d'Orient.

Eric, évêque du Groenland au XTIe* siècle,, visita le Vinland l'afa 1 171, et doit être regardé comme le premier apôtre de l'Amérique. Le prêtre Jean y avait été martyrisé avant la mission de ce prélat. •

Eschambault (Fleury d') maison canadienne, alliée a celles de Choiseul, de Vaudreuil de Longueuil et de Steiguer.- I. Jacques Alexis de Fleury, Ecuyer Sieur d'Eschambault, de St. Jean de Montai g u au diocèse de Luçondans le Poitou, né en 164«2, Conseiller du Roi, docteur en lois, avocat au Parlement ; et en Canada, d'abord Procureur du Roi à Montréal, épousa en ce^pays Marguerite de Chavigny, veuve de Thomas Douaire, Sieur de Bondy,qui s'était noyé en 166*7 prés de l'île d'Orléans, et fille de noble homme François de Chavigny de Berche*eau et d'Eléonore de Grand-Maison. Il se signala dans la grande expédition du comte de Frontenac contre les Iroquois. Plus tard il fut bailli puis Lieutenant-Général Civil et Criminel de la jurisdiction de Montréal après, le Sieur Juchereau en ÎTW. Il était allié à M. 4e Ramezay, Gouverneur de Montréal, et donna son .nom à la seigneurie d'Eschanibault qu'il eut de sa belle-mère, Eléonore de Grand- Maison, à qui. elle avait été concédée par M. de Lauzon l'an 1652. IJ épousa en secondes noces Marguerite Renée Denis, veuve de M. de Lanaudiàre, et mère de Thomas Tarieu, Sieur de la rérade,, époux oroyons^nous, de la fameuse Marie Madeleine de Verchéres* De. ce second mariage il n'eut point d'enfans, mais il laissait du premier, à sa mort.arrivée vers 1715 :

lo. Charles Fleury d'Eschambâult ou Charles d'Eschambault Fleury, comme il signe-, qui passa en France et se flTa'à La Rochelle. Il y fesait en 1705 les affaires de. la Compagnie du Canada. f

£0,. Josçph de .Fleury, Sieur de Ja .Gorgendière, q" . .

resta en ce pays, et qui est proprement la tige de la maison canadienne.

3o. Simon Thomas Fleury de la Jannière, qui alla «'établir à la Martinique, et qui se trouvait à Québec au mois de septembre 1716, cédant ses droits successifs au précédent qui, à son tour, au mois d'août 1719, renonçait aux biens de Jacques Alexis d'Eschambault situés en France, en faveur de Charles Fleury d'Eschambault, de La Rochelle, qui renonçait de son côté aux biens du Canada.

4o. Jacques Alexis Fleury d'Eschambault, prêtre de la Société des Missions Etrangères, tonsuré le 19 Décembre 1692, minoré le 1er février 1093 et fait sous-diacre le S Mars de la même année. Il dut être ordonné prêtre en France, d'où il revenait le 27 Août 1694 avec ce caractère. Il était «ans doute allé fortifier ses études. Il était né au Canada et non à Saintes en France, comme le veut le Grand- Vicaire Noyseux, qui l'appèle encore Louis Honoré , et qui le fait repasser en France pour ne plus reparaître, en 1696. Le fait est qu'il passa en Acadie et qu'on trouve de lui dans les Docuraens de Paris la relation d'un combat livré aux Anglais par les Sauvages, à, Pemaquid.

IL — Joseph de Fleury, Sieur de la Gorgendière, cidessus nommé, second fils de Jacques Alexis d'Eschambault et de Marguerite de Chavigny, né le 20 Mars 1676 épousa le 11 Mai 1702, demoiselle Claire Jolliet, fille de l'illustre Jolliet d'Anticosti, alors âgée de 22 ans et morte en 1760. (Voyez ce nom). Il était en 1722 un des principaux négociansdu Canada, et devint même Agent-Général de la Compagnie des Indes, Le marquis de Beauharnois lui concéda le 23 Septembre 1736 une seigneurie de trois lieues de front sur deux de profondeur sur les deux rives de la rivière Chaudière, en même temps que ses gendres, Thomas Jacques Taschereau, Conseiller au Conseil Souverain, et Pierre François Rigaud de Vaudreuil, frère du marquis, étaient également favorisés» Dame Taschereau était née en 1705, le 28 août. M. de la Gorgendière obtint du Conseil Souverain une sentence qui le maintenait dans le patronage de l'église. Il mourut le 25 Septembre 1749. Sa veuve vécut jusqu'au 19 Février 1797.

;A part de. deux filles que nous venons de mentionner, Joseph Fleury laissa trois fils.

lo. Louis Fleury de la Gorgendière, né le 31 août 1705. Il épousa demoiselle Athalie Boudrault le 7 Janvier 1764, et hérita ou devint possesseur des deux seigneurie d'Eschambault et de Vaudreuil. Il eut un fils, Louis Henry de la Gorgendière, et une fille, Louise Fleury de la Gorgendière. Le premier naquit le 9 novembre 1764* et fut le dernier Fleury qui fut propriétaire des seigneuries de ses ancêtres, à la réserve du domaine pourtant. Celui-ci eut un fils qui fut médecin et qui servit dans la guerre de 1812.

2o. Joseph Fleury d'Eschambault, dont on parlera au paragraphe suivant.

3o. Ignace Fleury de la Gorgendière, qui épousa demoiselle Prost, et mourut vers 1753. Sa fille Marie Elisabeth Geneviève épousa le 13 mars 1772 le vicomte de Choiseul, émigra durant la révolution et mourut à Brennan, ville libre de la basse Saxe le 21 Février 1797. Le 31 Décembre 1796, elle avait fait son testament par lequel elle léguait les deux cinquièmes de ses biens en Amérique et à St. Domingue particulièrement, à ses cousins germains du Canada.

III. — Joseph Fleury d'Eschambault, deuxième fils de Joseph Fleury de la Gorgendière et de Claire Jolliet, naquit le 1er Mai 1709, et épousa demoiselle Marie Catherine Véron de Grandmenil. Il devint comme son père Agent-Général de la Compagnie des Indes. Dans un temps où les agens coloniaux se livraient en masse à des concussions inouies, on dit de lui dans l'histoire de Bibaud : " Plusieurs citoyens se firent un devoir de seconder l'Intendant dans ses efforts et particulièrement M. D'Eschambault, agent de la Compagnie des Indes, qui offrit généreusement tout l'argent qu'il possédait et alla même en personne, dans différentes paroisses, afin d'y acheter du blé et de la fïi ri ne pour les troupes." Après la conquête on îe voit agent des Vaudreuil et vendant en leur nom le château Vaudreuil, à Montréal, à M. de Lotbinière. Il fut tuteur de la baronne de Longueuil, sa petite fille, et Cugnet l'accuse d'avoir en cette qualité, lésé les Bou- .cher de Ni ver vil le et anglifié sa maison et celle de Longueuil. Madame d'Eschambault se distinguait surtout par

sa-piété, et lors de la grande obscurité qui eut lieu kr ; Montréal en 1785, les dames allèrent la prendre pour aller à, leur téte réciter des prières à N. D. de Bonseconr. Ils laissèrent trois fils et trois filles. Les fils sont :

lo. Etienne FJeury d'Eschambault qui se signala à St. Jean et fut fait prisonnier par les Américains avec le chevalier da Montescon et le Sieur Sabrevois de Bleury. Après avoir été capitaine dans les Volontaires Canadiens Royaux, il se retira à Longueuil,- où il remplissait les fonctions de juge à paix, et mourut vers 1815.

2o. Louis Joseph Fleury d'Eschambault, dont on parlera au long dans un autre paragraphe, et Antoine Fleury d'Eschambault. Les filles :

lo. Marie Catherine, qui épousa en premières noces Charles Jacques Lemoine, troisième baron de Longueuil, et en secondes, William Grant Ecuyer. (Voyez Longueuil).

2o. Marie Claire, qui épousa le capitaine et juge Jean Fraser, et qui eut trois filles, qui devinrent les dames James Cuthbert, Chaussegrois de Léry et Floyart. Ce dernier était le capitaine Ployart, du régiment de Watteville. William Ployart,, Jeur fils, est mort au service de l'Angleterre dans l'Inde.

3o. Madame Dunbar, mère des dames Bruyère et Selby , la première, mère des dames O'Sullivan, Pothier, et de Fleury Bruyères de Deal, près de Douvres en Angleterre, lequel a épousé Dlle. Factor, fille d'un banquier anglais. Madame Selby, épouse du docteur 'Selby, qui avait étudié n Paris avec James Cuthbert, «fils, ne laissa qu'un garçon, qui épousa demoiselle Baby, mère des darnes Desbarra ts, -Montesquieu &c.

IV.-r-Louis Joseph Fleury d'Eschambault, r né à Montréal le 20 Février 1756, fut conduit en France par le chevalier de Vaudreuil, étudia au collège de La Flèche, fut page de ftouis XVI et servit comme officier dans le régiment dit de la Couronne. Rappelé par son père lors de la révolution française, il épousa à Boucherville, le 6 Octobre 1792 «demoiselle Giles Boucher Labrùèrè de Montarville, fille de Joseph Boucher Labrnère de MontarvjJUe et de Catherine Pecaudy de Contre-cœur, et fut norrimé sur la recommandation de ses beaux-frères, enseigne dans le 2ée régiment anglais, commandé par le généraJL

Taylbr. H devint pins tard Major, puis Lieutenant-Colonel <i# 109e régiment. Carleton "l'avait nommé Inspecteur de la Milice en 1777. Sir Robert Shore Milnek: le nomma Député Agent des Indiens, et Sir Robert Preé^ cott, Surintendant des Abénaqw de St. François et -de Bécancour. Enfin il fat Surintendant des Postes. Il eut à Longueuil avec S. A. R. le prince Edouard, un combat simulé, bataillon contre bataillon. Lors de la dernière' guerre il fut créé par Sir George Prévost, Quartrer-iMaîtrei «Général de la Milice, se trouva avec 6000 hommes -sur fc' chemin du général en Chef des Américains, Dearborn, et le vit renoncer à son invasion après le combat infiniment glorieux de Lacolle. On le voit servir d'intercessèifr dans l'affaire de la Pointe-Claire. Il mourut à Montréal en 1824», et fut inhumé avec les honneurs militaires. Il lais-' sait quatre fils, Louis Flenry d'Eschambault, qui lui sticcéda par droit d'ainesse, et qui épousa demoiselle Nôyellë« de Florimont ; George Fleirry d'Eschambault, un des Associés de l'honorable compagnie de là Baie d'Hu&son, Guillaume Fleury d'Eschambault de Montréal, deetëfcr'êfr" 1 médecine de la Faculté de Paris, qui &' épousé ? dém65àëllë 11 Esther ftaymotad, fille de Jean-Baptis'te, mérnbre' du Par^H îement pour le comté de Htmtfngdoiiï, et sdèifr dé madame J Massori, (^fondatrice 'du collège MasSon, èttàritè de Mgr: 11 Pinsor/rmiilt; évêque de' London. Le 1 cfnatrîème est HeriryS' Fleury d'Eschambault qui a été un des directeurs du Canâf .• Chambly. Ces quatre frères ont eu deux sœurs , dont l'une était Madame de Steiguer d'Eschambault, épouse de Rodolphe de Steiguer, capitaine au régiment capitulé de Watteville et aide-de-camp du général de èe nom, décédéè le 5 Juillet 1858 ù. Mount Clément dans*' l'Etat de Miohigan. Déjà petite nièce d'un VaudreurlJ' elle était devenue par cette alliance petite fillé dta l'a--* voyer De Steiguer. i .

Esglis (Louis Philippe Mariacheau d') huitièmeévêqùe*' de Québec, né en cette ville ert 1710, était fils cfiin lien-/ 1

(*j Veuve de l'honorable Joseph Masson fondateur î ff , Me i pnïssanté '* maison de commerce, Membre du Confieil Législatif,, et <uti< deg prèiniera Présidents de la Société Nationale de St. JeavPlptjate. Il se signala encore par sa munificence au profit des incendiés de -Québec Lord Metcalfe et le Séminaire de Montréal donnèrent rfriq cenia louia «bacon, et M. Masson, sept cents.

tenant au détachement des gardes du corps servant an* près du Gouverneur et Lieutenant-Général de la Nou-* velle-France , et frère de François Mariachea* D'Esglis, chevalier de St. Louis et Lieutenant de Roi des Places et gouvernement des Trois-Rivières , à la mort duquel le Grand - Vicaire Chartier de Lot-' biniêre adressa à la cour, un mémoire sur ses services et le mérite de sa famille. Son frère fut élevé pour l'église. Ordonné prêtre en 1734, il fut le premier Canadien qui porta la mitre, ayant été éluCoadjnteur de Mgr. Briand en 1770 et agréé pour le Roi par Carleton. Le pape Clément XIV, par une bulle de 2772, le nomma évêque de Dorylée in partibus. Briand s'étant démis, il fut reconnu évêque de Québec le 29 Novembre 1784, et prit possession le 2 Décembre. Il mourut à St. Pierre, Ile d'Orléans, le 4 juin 1788 à 78 ans, et fut inhumé danscette paroisse, dont il était curé depuis cinquante quatre ans. Il réunissait à une grande simplicité de mœurs un zèle et une charité sans bornes.

Eyre (Sir William) Commandant des Forces dans l'Amérique Britannique du Nord, Administrateur du gouvernement durant le voyage de Sir Edmund Head en Angleterre, Commandeur des ordres <Ju Bain et de la Légion d'Honneur, est un héros de la guerre d'Orient et a pénétré avec son régiment dans la K arabe! naja lors de l'attaque infructueuse du maréchal Pelissier eoatrc Sebastopol.

Faillon (l'abbé) de la Société de St. Snlpiee, aateur la Via de M. Ollier, evt v«nu à Montréal en 1854, en qualité de Visiteur, et a écrit les vies de Marguerite Bourgeois, de Mademoiselle Manse et de Madame d*Yeuvillc, Apres un voyage en France, il est venu se fixer en Canada, o$ il travaille à l'Histoire de l'Ile de Montréal. Comme Charlevoix, l'abbé Faillon est diffus et manque ée précision, co qui ne l'empêche pas de donner de l'intérêt à ses récits, qu'on lit avec plus de plaùir que ne semblait le comporter le sujet : il a répandu presque toute l'histoire du Canada dans ses biographies.

Falardeau (le chevalier) illustre peintre Canadien de

"Florence, né à Québec. — Parvenu en Italie, il y a environ treize ans et n'ayant que $300 pour toute fortune, it se vit exposé à les dépenser avant que de pouvoir gagner par son travail, et dut se borner à un repas par f jour, régime qui nuisit à sa santé. Quand il eut quelque succès et qu'il sortit de la misère dans la terre classique dès beaux arts, grâces à son génie, il lui fallut endurer des persécutions, parce qu'il ne voulut point participer aux événemens politiques de 1848 et se prévalut de sa qualité d'étranger pour demeurer tranquille. Cette ligne de conduite, qui faillit le perdre, lui a valu finalement le respect et la protection des Grands, et il a vu dans Son atelier Don Carlos, prétendant à la monarchie des Espagttès et les grand-ducs de Toscane et de Parme. Il refusé à Don Carlqs une Sainte Famille, sous prétexte qu'il devait la porter avec lui à Québec. Sa conduite prudente ayant attiré sur lui l'attention du Grand-duc de Toscane, celuici se rendit avec le duc de Parme dans son atelier polir lui acheter quelqu'une de ses études. Une entre autres frappa le duc de Parme, la duchesse surtout, qui se prit de passion pour elle. C'était une petite fantaisie de la façon du. peintre, représentant deux Cupidons qui se qii'érellent pour une rose. Le duc offrit un prix que Falàrdeau refusa ; puis il fut prié de mentionner le sien, ce qu'il refusa de même. Mais voyant la manière dont la duchesse brûlait pour son œuvre, il offrit galamment tfe lui en faire don, ce qui fut accepté. Peu après le duc fui remit de sa main une épingle t te en diamant d'un très grand prix et ajouta à ce cadeau princier le brevet de l'Ordre de St. Louis. Le grand duc de Toscane, qui a obtenu la Sainte Famille, l'a créé Chevalier Toscan : notre compatriote en porte la décoration, qui est une bague précieuse ornée de brillants. Depuis lors, les commandés arrivent en foule à son atelier ; ou l'a vu à f*œuvre pttur le compte de M. Bright, l'homme de la paix, et il aî'ftht deux tableaux pour le vainqueur de Chapultepec. De venu opulent, il a fait de sa résidence un pfetft paradis terrestre, orné à l'intérieur par ses meublés pfécienx' èt ses tableaux, et en dehors, de fleurs et de cages d'oiseaux. Outre ses originaux, Falardeau est le premier copiste du jour ou qui ait jarna s existé peut-être, cÇtr'il rtind an par- , lait toutes les écoles au point qu'on ne peut .distinguer

souvent la copie de l'original, dont il imite jusque à l'ancienneté. Il a destiné une salle aux copies qu'il a fiâtes de chaque Ecole, et les a ainsi disposées suivant le rapport du juge Black, qui vient de visiter l'Italie. Première salle.-r— Une assez nombreuse collection des portraits des premiers maîtres, tels que Leonardo Vinci, Raphaël, André del Sarte, Je Guide, Rubens, Van Dyck, Titien, Paul Veronese, Sir Joshua Reynolds. Seconde salle. — Plusieurs petits tableaux flamands et hollandais qui font l'admiration des visiteurs pour leur fini et l'expression particulière à chaque copie de maître diffèrent, une des qualités * précitées du chevalier Falardeau, qui saisit la manière de chaque maître et oublie ce qu'il sait lui-même pour s'identifier avec son modèle. Troisième et quatrième salles. —rl*à sont des tableaux de la plus grande importance des différentes écoles d'Italie, où l'Ecole florentine domine, si.qe n'est que celle de Rome est représentée par une magttifique copie de la Madone à la chaise de Raphaël. Le dessin en est admiré, ainsi que le clair obscur des tons et chaque teinte rendue avec infiniment de talent. Une Flore d'après le Titien, dont la couleur est si bien rendue que ce tableau ne semble pas peint par une rnain moder-» ne. Deux grands tableaux dont l'un, le Christ en Croix, d'après le Guide, et peint en 1851, bien qu'il semble vieux d'un siècle ; l'autre, qui est la mort de St. Joseph, est d'après Franceschini. Une Judith d'après Christophe Afiori, une tète de Méduse et des paysages d'après Salvator Rosa et Claude Lorrain. Cinquième et sixième salles. — rUn très beau martyre de St. Barthélémi, de Ribeira (Spagnole.tto), un Christ en Croix d'après le Guide, Apollon et Marsias d'après Pierre .de . Cor ton e, St. Jean-Baptiste baptisant Jésus-Christ par Baroccio, un paysage de Poussin* des fruits et des rieurs de Lopez. Les meubles de ces six salles sont ce qu'il y a de plus rare, tous du quinzième siècle, admirablement seulptés et venant des premières familles de la Toscane, lelles que les Medicis,* les Strozzi, les Guicciardini, les Martelli, les Pucci et même du temps de la République de Florence* Il a re-* fusé pour ces meubles plus de 1,000 liv. sterling sans les lustres antiques en verre de Venise et les candélabres. Ou admire aussi des tentures brochées d'or et d'argent, des Damas, des christeaux, des bronzes, des monnaies,

des médailles, plats des plus célèbres fabriques d'Ufbin, de Pezana, de Faenza ejt de Forli, dont un seul est estimé à £100. Dirait-on un jeune Québecquois sans ressources poussé vers l'Italie par la seule inspiration du génie, avec lequel souvent on ne se fait pas jour même dans son propre pays ! * 1 •

Faribault (C. JB.) contemporain, Secrétaire Perpétuel de la Société Littéraire et Historique de Québec, s'jest rendu infiniment utile à cette* association et a été chargé par le gouvernement provincial de faire en France de concert avec l'Etat de New- York, les achats que nécessitaient la destruction de la bibliothèque du Parlement par l'incendiât de 1849, et les besoins de la Province voisine de l'Union Américaine. M. Hovius, maire de St. M&lo, donna à la Société Littéraire et Historique par son intermédiaire, au nom des Malouins, un tableau de Jacques-Cartier, précurseur de Champlain. On doit à M. Faribault, outre les éditions annotées de plusieurs Mémoires historiques publiés par cette Société et obtenus par lui ou par l'abbé Holmes et M. Papineau : l'excellent Catalogue (V Ouvrages sur V Histoire de P Amérique et particulièrement sur celles du Canada, avec notes bibliographiques et littéraires, en trois parties, par C. B. Faribault, avocat, Québec, des presses de William Cowan, 1837.

Fénélon (François de Salignac de) frère de l'illustre archevêque de Cambray et missionnaire en Canada, arriva à Québec le 27 juin 1667, non encore prêtre. Ordonné par Monseigneur de Laval l'année suivante, il êta*blit une mission sauvage à la baie de Quinté, lorsqu'enfin Françoisde Laval permit au Sulpicien de se joindre aux Jésuites pour prêcher l'Évangile aux tribus (1668). Le roi lui donna une seigneurie " en considération de la passion . qu'il a montrée depuis plusieurs années pour la propagatipn du christianisme, et pour le convier à continuer le zèle qu'il a eu, et qui l'a porté à abandonner les établissemens considérables que sa naissance e* son mérite pouvaient lui faire espérer en France, et à fonder un établissement pour élever de petits sauvages selon les mœurs françaises. 9 ' ■ Cette mission n'eut pas de succès bien que l'abbé de Fénélon fut aidé par MM. Trouvé et de Cissé, • et elle fut abandonnée. Il devint curé d'office de Ville - . Marie, prit parti pour M. Pe*rot, gouverneur de Montréal

contre le comte de Frontenac, et fut arrêté avec fui et traduit devant le Conseil Souverain, en présence duquel il montra beaucoup de fierté. L'affaire alla jusque de* vaat le Conseil d'Etat, ou Louis de Bnade n'eut pas gain de cause. L'abbé de Fénélon repassa en France en 1673 r en compagnie. de Marguerite Bourgeois. ,

Ferland (l'abbé J. B. A.) contemporain, docteur ès lettres, membre de la Société Américaine pour l'avancement de la Science, professeur nommé t dJbistoire d'Amérique et. du Canada à la Faculté des.A|ts de l'Université Laval, est né à Kingston, et a fait ses\éVides au collège de Nicolet, dont il a été Principal.. I) a t fait un voyage en France en 1856 pour y recueillir (les matériaux sur l'histoire ecclésiastique du Canada* Qutre qu ? il est un des éditeurs des Relations des Jésuites, l'abbé Ferland a publié une réfutation aussi solide que spirituelle de 4 l'Histoire du Canada, et de ses Missions par l'abbé» Brasseur de Bonrbourg, et des Notes sur le Régître de N. D. de Québec. 11 est de retour d'un voyage >à la côte du Labrador, y >

Flèche (Josué) de Langres, premier prêtre e,t par conséquent apôtre de l'Acadie, était Vicaire-Général de |'archévêque de Rouen, de l'archidiocèse duquel toute la Nouvelle-France était alors une dépendance. Il baptisa l'an 1610 le Grand bagamo Membertou et vingt cinq de ses sujets, qui furent les prémices de la cbrètienté abénaquise.

Fcrbin 3 an son (Monseigneur CJiarlcs Auguste de) prédicateur marquant, d'une maison qui a fourni de temps immémorial des cardinaux à l'église romaine, en son vivant évêque de Nancy et de Toul, Primat de Lorraine, célèbre par une mission à Constanjinople sous les Bourbons et par l'œuvre de la Sainte Enfance, né a Paris le 3 Novembre 1785, fut ordonné prêtre à 24 ans par l'évêque de Gap, et fut promu à l'épiscopat en 1823. J^e 30 juillet 1830, son palais fut dévasté par la populace. 11 est connu encore par ses prédications fructueuses en Canada, où il a planté un monument religieux sur le Mont St. Hilaire et donné 24,000 fr. pour le retour des exilés politiques de la terre de Van Diemen. Il est mort près de Marseille en juillet 1844 et a été inhumé i Paris. Il a eu un service funèbre â Montréal.

Fotsyth (Gervar T.) de Montréal, capitaine an 57èrae régiment d'infanterie anglaise dans la guerre d'Orient, erèè Chevalier de la Légion d'Honneur par l'empereur Napoléon III.

Foucher (l'honorable Louis Charles) né en 1760, année de la conquête dans une famille de robe, entra au barreau en 1784. Membre cUi Parlement Provincial pour ht ville de Montréal en 1796, il Art de l'opposition et mérita ainsi d'être nommé Sollicitetw-Général, ou officier de la Couronne, dignité qui ne s'accordait guères à des Canadiens. Il ne s'arrêta pas là. Nommé Juge résident des Trois- Biviéreseu 1803, il devint Juge Puîné de la Cour du Banc de la Reine en 1812. Ce fut en vain que la Chambre d'Assemblée l'accusa de hauts crimes et délits dans l'exercice de la magistrature, car le prince régent d'Angleterre lui donna gain de cause. Il est mort le 26 Décembre 1820. Le juge Foucher remplit longtems la charge publique de Commissaire du Roi pour je soulagement des personnes aliénées.

Fournel (Louis) Géographe canadien, d'abord négociant a Québec et seigneur de Bourg Louis sons Beauharnois et Hocquart en 1741, découvrit en 1743 la baie de Kenessakton ou des Esquimaux.

Franckère (Gabriel) contemporaiu, voyageur de renom, fondateur et président de la Société de St Jean-Baptiste à New- York, fit partie dans les années 1810, 1811, 1812, 1813 et 1814, d'une expédition d'explorateurs qui visitèrent les îles Malouines ou Falkland, doublèrent le cap Horn, atteignirent les îles Sandwich et parvinrent non sans périls à l'embouchure du grand fleuve de l'Ouest, reconnaissant des contrées nouvelles et remarquant des mœurs et des croyances jusque alors inconnues. Ils remontèrent ensuite POrégon appelé aussi rivière Colombia, traversèrent le grand désert de l'Amérique, la haute et large chaîne des Montagnes Rocheuses, et au moyen des rivières et des lacs de l'intérieur, la vaste région située entre ces montagnes et le lac Supérieur. M. Franchère a donné de ce voyage, en 1820, une relation qui, quoique dépourvue de l'apparat scientifique, ne laisse pas de se faire lire avec un grand intérêt. L'édition française est malheureusement épuisée. On vient de le traduire en anglais. Le môme auteur a donné des notes sur l'histoi-

re de Ja Baie d'Hudson publiées dans le Pays de Montréal. L'Institnt-Canadien dé cette ville possède un beau portrait de. ce Canadien distingué.

Frontenac (Louis, de Buade) Chevalier, Comte de Palluan^titre qui fut porté par le maréchal de Clérembault,) puis de Frontenac, a été;le plus illustre gouverneur de la Nouvelle^ France sous la domination française. Il en eut deux fois l'administrât i«n, en 1*672 et en 1689. Mestne de camp au régiment de Normandie, à 17 ans, il fut fait maréchal dè camp après douze ans de service, et commanda des détachemens en Italie, en Flandre et en Allemagne, tandis que la comtesse de Frontenac, amie de Madame de Sévigné et de Madame de Maintenon,se rendit célèbre à la Cour. Recommandé par Turenue , il fut le dernier défenseur de Candie, qu'il fat obligé d'évacuer* Ce fut alors qu'il fut nommé Gouverneur et Lieutenant-Général de la Nouvelle?-!' rance. Sa première administration ne fut pas heureuse ; il se fit' despote, se brouilla avec tout le monde, fit usage de lettres de cachet comme le monarque lui-même, incarcéra ou exila les premiers personnages de la Colonie, se fil appèler* 4 Haut et Puissant Seigneur" et avait, comme le Vice-Roi De Tracy, l'usage d'une compagnie des gardes du corps. Il fut rappelé et apprit à être plus modéré. Revenu en Canada à l'époque du massacre de Lachine, ce désastre le força d'abandonner un projet d'invasion de la Nouvelle- York. Il porta néanmoins la guerre dans la Nouvelle-Angleterre et au centre du pays des Iroquois, et se couvrit de gloire par sa défense de Québec contre l'amiral Phi pps : Louis XIV fit frapper une médaille en mémoire de cet événement. Les Sauvages en particulier, le regardaient comme un homme plus qu'humain, et les Sioux, dont oh n'avait guères oui parler, lui envoyèrent des ambassadeurs. Louis de Buade était grand de tête et de cœur. On lui a reproché avec droit d'avoir trop aimé à commander et d'avoir porté trop loin les prétentions du pouvoir ; mais ces défauts disparurent avec l'expérience et avec l'âge. C'est ce qui permet â Léon Guérin, dans son livre sur Marins de la France, d'en tracer ce portrait : " Il avait, toutes les qualités du grand homme ; la fermeté qui sait imposer la retenue, avec la douceur et la magnanimité qui savent se faire chérir. Il était généreux,

il avait l'aplomb et la magnificence d'un roi. C'était a Québec un digne reflet de Louis XIV à Versailles : un 3eul mot, un seul regard de lui électrisait le Canadien, qui était toujours soldat ; il était l'amour, les délices de la Nouvejle-France, la terreur des Iroquois, le père des nations alliées des Français; son activité n'avait d'égal que son courage." Ce portrait ne s'éloigne point de celui qu'en lait l'historien Bacqueville de La Potherie. Frontenac mourut à Québec l'an 1698 ; et fut inhumé dans l'église des Récollets, qui n'existe plus. Il n'aimait pas les Jésuites et protégeait les Récôllets, dont le Commissaire ou Supérieur Goyer, prononça son oraison funèbre. Ce morceau d'éloquence sacrée, avec le nom de Buade, donné à une rue de Québec, et de Frontenac, à un comté du Canada Supérieur, sont les seuls souvenirs qui restent au pays de cette grande célébrité.

Gambier (James, lord) un des plus grands marins de l'Angleterre, né aux Iles Bahamas en 1756, mort à Iven près d'Uxbridge en 1833, s'acquit une réputation solide dans la guerre d'Amérique et aida à repousser les Français de l'Ile de Jersey en .1781. Dans les campagnes de la République, il commandait la Défense de 74-, à la bataille d'Ouessant livrée par lord Howe le l»r juin 1794, et fut fait contre-amiral pour l'anniversaire de cette grande journée. Durant l'empire, il commanda en chef à la prise de Copenhague, en 1807, et à l'attaque de la flotte française à l'Ile d'Aix en 1809. Cette flotte fut en par- , tie incendiée. Il négocia la paix de Gand. On le vit depuis premier Lord de l'Amirauté, et il fut créé Amiral de la F/ctie à l'avènement de Guillaume IV. On lui doit un nouveau code de signaux.

Gamelin (Emélie Tavernier, veuve) fondatrice et première Supérieure de l'ordre des Sœurs de la Providence ou des Sœurs de la Charité à Montréal en 1844, décédée le 23 Septembre 1851, à près de 52 ans, avait donné un commencement àsonjœuvre dès 1828, en se chargeant des femmes âgées et infirmes. Elle la généralisa davantage en 1836. Depuis l'érection de la Communauté en 1844, il a été fondé plusieurs missions dont une, destinée

>pour POrégon,a été ensuite transplantée au Chili, où Mgr* Valdiviesca, archevêque de San Yago, Ta accueillie à bras ouverts. Le Président de la République a même fait pour les sœurs l'achat d'une propriété coûtant 72,000 piastres.

Garakonlhié, fameux chef civil du canton d'Onnontaguê, qui eut des relations diplomatiques avec le vicomte d'Argenson, le baron d'Avaugour, le marquis de Tracy, M. de Conrcelle et M. de La Barre. Il fut la prémice de la chrétienté dans les Cantons et y introduisit en 1669 les Jésuites, qu'il logea et auxquels il construisit une chapelle. A l'occasion d'une ambassade, François de Laval Montmoreucy, Vicaire- Apostolique du Pape, le baptisa avec pompe à Québec. Il eut pour parrain le Gouverneur et Lieutenant-Général et pour marraine Mademoiselle de Bouteroue, fille de l'Intendant. Tiouateskon, capitaine des Agniers, suivit son exemple ainsi que l'ancien Assendassé, l'ancien d'Onnéyouth Soenrese,"et Rontagantoua, qui fit un voyage en France. Sa réputation se fonde surtout sur ses négociai ious et son éloquence Pleurant à la manière de son pays le P. Lemoyne en présence du Vice-Roi Tracy, il dit à ce sujet des cho- «es si touchantes et si bien pensées, que ce seigneur et les assistans en demeurèrent tout étonnés. 11 était du type de ces diplomates des forêts dont Louis de Buade écrivait à un ministre d'état : " Vous auriez assurément été surpris, Monseigneur, de voir l'éloquence et la fines» se avec laquelle tous les députés me parlèrent, et si je n'avais peur de passer pour ridicule auprès de vous, je vous dirais qu'ils me firent en quelque sorte souvenir des manières du Sénat de Venise, quoique leurs peaux et leurs couvertures soient bien diflèrentes des robes des procureurs de St. Marc." Il lutta avec énergie contre les superstitions payennes de ses compatriotes. " Garakonlhié, dit une relation, qui est ce brave capitaine chrétien dont ou a tant parlé, s'est opposé de tout son pouvoir à ces superstitions, desquelles il témoigna bien dernièrement avoir de l'horreur en présence des plus considérables du bourg. C'est pour cela qu'il fit trois festins solennels. Dans les deux premiers, il déclara d'abord qu'il n'avait pas songé ces festins auxquels il avait invité ceux à qui il parlait, et qu'il avait renoncé a toutes ces supers-

lïtions inutiles. Ensuite il déclama fortement contre les excès de bouche qui se font dans les festins à tout manger. Dans le troisième, comme il est fort vieux, il chanta sa chanson de mort. 11 salua le maître de la vie, qu'il reconnaissait pour le souverain de nos fortunes, et de qui dépendaient notre vie et notre mort, et non pas desjsonges Il y salua aussi Monseigneur l'évêque du Canada et les autres personnes considérables du pays, leur disant, comme s'ils eussent été présens, qu'il voulait mourir chrétien et qu'il espérait qu'ils prieraient Dieu pour lui. Ensuite il fit publiquement sa profession de foi et désavoua toutes les erreurs dans lesquelles il était avant son baptême. Pendant toirt son discours lesconviés mangeaient en grand silence et l'écontérent avec une attention admirable- Ses ennemis et les infidèles ne goûtèrent pas cette sorte de chanson. Ils disent que la foi lui a renversé l'esprit et font ce qu'ils peuvent par leurs méchans discours pour le rendre odieux et méprisable ; mais il se soutient toujours par la force de son esprit, et conserve son rang et sa réputation, qui est telle que, quand on parle de lui, on se contente de dire l'Ancien, le Considérable sans le nommer." Tous les historiens ont loué ce pacificateur. Mon pére dit dans l'Ode des Grands Chefs :

Salut, O ! mortel distingué

Par la droiture et la franchise ;

Dont la candeur fut la devise,

Honneur d'Onnontagué :

Ce que j'estime en toi, c'est bien moins l'éloquence,

L'art de négocier, que la sincérité, Que la véracité, Et des mœurs, chez les tiens, l'admirable décence.

Garneau (F. X.) contemporain, notaire de profession, et Secrétaire de la Municipalité de Québec, Président honoraire de l'Institut-Canadien de la même ville, né en 1809, a voyagé en Europe, où il a travaillé pour M. Viger à Londres. Il y fut admis dans lu Société des Aruis de la Pologne en 1832, et se trouva dans une de ses réunions avec le général Pac et le prince Czartorinski. De retour en Canada, il a écrit lo. Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, Québec 1845, 8 vols.

m 8vo., puis une seconde édition. 2o. Récits de voyages €it Angleterre et en France dans les an?iées 183 1, 1832 et 1833 Québec 1855 in-12, ouvrage supprimé après l'impression. 3o. AIrrégé de T Histoire dû Canada depuis sa, découverte jusqu'à 1840, Québec in-12, écrit dans un meilleur esprit que l'ouvrage en trois volumes. On a encorp de M. Garneau des poésies reproduites dans le Répertoire National de Huston. Homme de génie, M. Garneau s'il ne s'était instruit tout seul, et surtout s'il se fût formé dans une Université de l'Europe, serait un des premiers hommes de son temps. Son Histoire, au lieu de n'être qu'une grande ébauche, déparée pur une philosophie inconsistante, un style disparate et injurieux à la grammaire et à. l'idiome, non moins que par une fouie d'erreurs de faits et de dates, de contradictions &c, serait un vrai monumert national, car le travail y est. Telle qu'elle est, elle a obtenu les suffrages de M .M. De Puibusque, Ampère, Gaillardet, De Belvèze, Margry, Bancroft et Chauveau. M. De La Roche-Héron ne lui a reproché que sa partialité pour les huguenots, à l'exemple de M. Pelletier et de M. Moreau, qui y a découvert de plus de V archaïsme dans le style et qui en conclut que la maniree des auteurs canadiens est celle du seizième siècle! M. F. X. Marinier y a à peine vu quelques fautes de langage ; voyez pourtant : Le Charlatanisme dans l histoire ou Revue Critique de F Histoire du Canada de F. X. Garneau, Montréal 1855, Sénécal et Daniel Imprimeurs, et pour l'abrégé, le troisième appendice du Dictionnaire Historique des Ho?nmes Illustres du Canada et de V Amérique. 11 est digne de remarque que la poésie de M. Garneau n'offre point les défauts de sa prose : celle-ci en a tous lesenjambemens sans en avoir les grâces. Le discours préliminaire de la grande histoire est pourtant plus soigné que le reste, et doit passer pour un beau morceau en ce genre. Il y a dans le Répertoire une pièce de poésie qui a presque l'importance d'un poëme.

Garonhiaguera, chef Iroquois, fut le principal et l'orateur des dix ambassadeurs des Cantons qui rirent la paix avec le Marquis de Tracy par traité conclu le 25 Mai de l'an 1666. Il présenta onze presens dont il donna l'ex^plication, et chaque tribu partie au traité mit son sceau, Dans ce pacte et un autre de la même année figurent J^a

urtûôiries de neuf tribus— celles de La Tortue ( Atiniathin) * du Renard (Enanthayonni), de l'Ours (Atiniooguin), dn Castor (Guey Niotiteshegué) du Chevreuil (Canendeshé) de la Patate (Tehoneichioronon), du Grand Pluvier (Otinanchahè), du Petit Pluvier [Asco}, de l'Aigle [Canonciahonronon].

Gratien, famille canadienne qui remonte au Sieur Catien, que le marquis de Beauharnois et l'Intendant Hocquart chargèrent en 1731 de visiter l'ardoiserie du Grand Etang appartenant aux Sieurs Sarasin et Hazenr, afin de donner une nouvelle forme à son exploitation.— Félix Gatien, né à Québec le 28 Octobre 1776, mort au Cap Santé le 18 Juillet 1844, fît de brillantes études au Séminaire de Québec, fut ordonné prêtre en 1800, et après avoir été vicaire du curé de St. Éustache de la rivière du Chêne, il desservit le Détroit jusqu'en 1806, qu'il s'agrégea au Séminaire des Missions Étrangères à Québec. Il y fut Préfet des Etudes puis Professeur de Théologie. Donc d'une haute intelligence et passionné pour l'étude, il regrettait avec amertume la position fâcheuse que fesait aux hommes instruits la rare f é des livres en cette province ; aussi poussait-il à la reproduction des bons ouvrages ceux qui le visitaient. Il publia lui-même le Manuel du Chrétien in- 12 et une Semaine Sainte, et laissa un manuscrit historique. Le collège de Québec lui doit la fondation de quelques bourses pour de pauvres écoliers.

Gaulin [Remigius] deuxième évèque de Kingston, né a Québec en 1787, décédé en 1857, doyen des évêques dé la Province ecclésiastique des Canadas, fut d'abord commis-marchand.' Ayant ensuite été appelé à l'état ecclésiastique, il suivit les Voltigeurs Canadiens durant la dernière guerre, établit un hôpital à Kingston et acquit des connaissances précieuses en médecine dans un temps où les hommes de l'art manquaient. Le Commandeur Viger parle en termes fort élogieux de l'abbé Gaulin dans sa Saberdache. Thomas Weld, Coadjuteur de Kingston, ayant été promu-an cardinalat, M. Gaulin lui succéda, et fut nommé en 1833, évêque de Tabraea en Numidie. Evôque de Kingston en 1841, il se déchargea bientôt, à cause de ses infirmités, de l'administration sur son Coadjuteur et se retira en 184$ à l'Assomption, où il exerça les fonctions de Président du Collège, de curé et de

Grand-Vicaire de l'évêque de Montréal. Celà n'était pas sans exemple : on a vu que Monseigneur Dosqnet, ancien évêque do Québec et Assistant au Trône Pontifical, avait été Grand-Vicaire de l'archevêque de Pari». Etant ensuite retourné dans le Canada Supérieur, il sacra en 184-8, Eugène, premier évêque de Bytown, et quoique paralytique, il parut au premier Concile de Québec en 1851. Il est mort dans le diocèse de Montréal, où ses restes mortels ont reçu tous les honneurs funèhres avant leur translation à Kingston, où la population protestante a suspendu les travaux et le commerce lors de l'arrivée du convoi. Tl repose dans sa cathédrale. Ce prélat lisait admirablement le latin. On retrouve de lui la relation d'une mission chez les Sauvages dans les Rapports des Missions du diocèse de Montréal publiés en 1839, et des Lettres dans les Annales de la Propagation de la Foi.

Gauthier y nom commun à plusieurs hommes illustres dans les annale* de la Nouvelle-France,

T. — M. Gauthier, Médecin du Roi à Québec et Académicien, qui fit en Canada des observations botaniques, météorologiques et médicales de 1742 à 1743. Il découvrit le thé du Canada et démontra à l'Académie des Sciences la supériorité de notre capillaire sur le capillaire français, qui n a rien, dit-on, des qualités précieuses de la plante du Cauada. Il parla en même temps de notre thé, qu'il désigna comme un breuvage excellent, aromatique, sans acreté ni amertume. Énonçant sa propriété diurétique, il le donna comme très utile aux personnes que les- affaires ou les infirmités retiennent sédentaires, et qui sont par là exposées à l'attaque de là pierre. L'Académie fut si satisfaits du Mémoire, qui se trouve dans le quatrième volume de ses Transactions, qu'elle voulut nue cette plante portât le nom de M. Gauthier et qu'elle fut appelée Gualtherîa. Alors il y eut fureur en France pour avoir do notre thé et de notre capillaire, et cea deux substances étaient envoyées tous les ans des Trois-Rivières en quantités considérables. Après la prise du pays, les Anglai* s'apercevant que l'exportation de ce thé naissait à l'importation dti thé étranger, la prohibèrent arbitrairement et firent tomber ainsi cette, ville dans é l'insignifiance non moins que par la suppression du gouvernement des Trois-llivières, j

II. — On connaît les Gauthier de Varennes, do La Vé~ rendrye, de Comporté.

Ré né Gauthier de Varennes, qu'on a confondu mal à propos avec M. de Valrennes, arriva simple lieutenant dans la Nouvelle-France ; mais il épousa une fille de l'illustre famille de Boucher, — la fille même du chef de cette maison canadienne, et devint gouverneur des Trois- Rivières, poste qu'il occupa durant vingt-deux ans jusque à sa mort. Jean-Baptiste Gauthier de Varennea, ordonné prêtre le 3 Décembre 1700, mort en 1726, fut chanoine à Québec, le 18 Octobre 1702, Grand Pénitencier le 26 Novembre 1716 et enfin Conseiller Clerc au Conseil Souverain. Un Gauthier de Varennes périt en passant en France en 1761»

Pierre Gauthier, Sieur de La Vérandrye, fils de Réné Gauthier, servit dans la Nouvelle-Angleterre en 1704 et A Terre-Neuve en 1705. Il passa ensuite en Flandre dans les grenadiers du régiment de Bretagne, ou son frère aîné, tué plus tard en Italie, était capitaine, et gagna par neuf blessures le grade inférieur de lieutenant. De retour en Canada, il s'occupa avec le marquis de Beauharnois des moyens de compléter la découverte du continent jusque à ses dernières limites occidentales. 11 forma une compagnie commerciale afin de payer les dépenses, et partit de Moqtréal en 1731. Prenant la route du lac Supérieur, il passa par Karainistiquia, poste établi par le Sieur Robutel de La noue en 1717, construisit des fortins sur les lacs La Pluie, des Bois, Ouinipeg et sur la rivière St. Pierre, marchant à la découverte de la mer de l'Ouest. Il avait perdu dans une île du lac des Bois un de ses fils, le P. Aunean et plusieurs de ses hommes, massacrés par les Sioux (1736). Il parvint cependant en 1738 chez les Mandans, puis en 1742 vers le haut Missouri, et en 1743, il atteignit les Montagnes Rocheuses, 60 ans avant Lewis et Clarke. Le gouvernement refusant de faire de nouvelles avances, M. de la Vérendrye, déjà bien endetté, retourna a Québec, pour remettre sa commission, et devint Capitaine de la Garde du Marquis de La Jonquière. Bientôt les amis de ces découvertes étant parvenus a engager le ministre de la rua rime à faire d« nouveaux efforts afin qu'on les poussât jusque» à l'Océan Pacifique, ce voyageur infatigable allait se mettre en rou-

te, quand il mourut le 5 Décembre 1749. Un Chevalier* de L i Y'érendrie périt avec l'Auguste en 1761.

Philippe Gauthier, Ecuyer, Sieur de Comporté, fut Prévôt de la jurisdiction des maréchaux de France en Canada. Il eut un démêlé avec la Prévôté ou justice ordinaire de Québec, où il voulait avoir séance et faire juger les cas prévôtaux. Cette querelle ton ma à la gloire de la charge dans ce pays, car Louis XI V décida que, n'y ayant point de Présidiaux, ils seraient jugés au Conseil Souverain, et que le Prévôt des Maréchaux y aurait séance après les conseillers. Le célèbre Talon, ex-Intendant, Payant traduit devant le Conseil d'Etat à Paris, Je Conseil Supérieur en prit occasion d'arrêter, le 10 Novembre 1681, que le Roi serait supplié d'ordonner qu'aucune personne domiciliée en Canada ne fût à l'avenir traduite en France ni devant d'autres juges que ceux du pays. Le marquis de Denonville fait son éloge dans une lettre au ministre de la marine en 1686.

Giffard [Robert] Ecuyer, Conseiller et Médecin Ordinaire du Roi, seigneur de Beau port en 1635, obtint d'autres inféodations et eut pour vassaux en 1647, les Jésuites pour le lief de St. Gabriel ou des deux Lorettes. Il jura par. devant Bras de Fer sire de Chàteaufort, Lieutenant du Car dinal de Richelieu, d'observer les lois et Ordonnances qui lui seraient signifiées. 4 On le dit ancêtre dés Duchesnay et des Salaberry. Il se rendait pour la première fois à Québec avec des hommes et des provisions pour faire un établissement, en 1628, quand il fut capturé par les Anglais. La Compagnie des Cent Associés ayant recouvré le pays, l'indemnisa en le fesant sei- . gneur.

Girouard [Jean Jacques] homme de loi profond et patriote honnête et désintéressé, décédé en 1856, était notaire à St. Eustache de la Rivière du Chêne. Il représenta le comté des I)eux Montagnes au Parlement Provincial de 1830 à 1834?, et fut incarcéré durant les troubles* Depuis l'Union des Canadas, quand l'Angleterre, après avoir voulu agir autrement d'abord, désespéra de pouvoir ; gouverner le Canada sans se jeter dans les bras des partisans de M. Papineâu, M. Girouard reçut l'offre d'un portefeuille ministériel et eut la grandeur d'âme de le refu-», ser, quelque désir que pût avoir de ses services Sir Char*

le* Bagot, qui écrivait à M. La Fontaine :— " -Mr. (% "rouoid has been represented 0 me as a gentleman possessing administrative faculties of a high order, and ai the same time, the confidence qf his countrymen. He can mutually assist in forwarding my objeci in this respect and 1 have tïurefare determined, if I skoidd be suçcessful in inducmg you to accept my proposition, on ofering him the situation held by Mr. Davidson vàtk a seat in the CounciL. M. Girouard avait aussi, dit -on, un talent singulier pour la mécanique. On lui doit la fondation de l'hospice Youville à St. Benoit.

Glandelet (Charles de) ecclésiastique qui exerça le ministère en Canada de 1675 à 1722, était d'abord Théologal, puis. Doyen du Chapitre de Québec, et laissa des manuscrits qui furent utiles à M. de Montgolfier. On l'a accusé dernièrement de Jansénisme ; mais l'abbé Faillon Tan a lavé avec succès.

Glapion (Augustin Louis de), de la Compagnie de Jésus, dernier Supérieur -Général des Missions et Recteur à Québec, descendait d'une famille noble de Normandie originaire d'Arras, et vint en Canada en 1747. Il demeura en possession même après la suppression de l'ordre, avec l'agrément du bon lord Dorchester, qui vint trouver Mgr; Briand avec la bulle de suppressien et lui dit de n'en pas faire bruit, se fesant fort de le maintenir. Le prélat écrivit à Rome que les Jésuites du Canada avaient été prêts à quitter l'habit et à se disperser en toute obéissance ; mais qu'il en était autrement en conséquence d'un accord entre le pouvoir civil et lui. Il mourut le 24? Février 1790. Il était spirituel et très instruit. Ce fut sous lui que fut fait le cadastre des biens par les Commissaires Royaux. Pour lui il aurait été prêt à les transmettre aux Canadiens, et tenta même de l'effectuer autant que faire se pouvait, comme on le voit par sa Lettre de 1789, imprimée dans l'Appendice de nos Institutes Historiques. Il a laissé des sermons manuscrits.

Gosford (lord) Gouverneur-Général de l'Amérique Britannique du Nord après lord Aylmer et Commissaire Royal pour examiner les griefs des Canadiens avec Sir Charles Grey et Sir George Gipps, décédé lord Lieutenant d'Armagh «a 1849, a été l'ami des. Canadiens niaU

gré l'insuccès de son administration. 11 les défeudit cha» leureusement dans la Chambre de* Lords, en dépit de l'ingratitude dont il aurait pu accuser leurs chefs, et il s'opposa à, l'Union. Archibald, vicomte Acheton, son fils, Ini a succédé dans le comté de Gosford.

Gosselin (Jean-Baptiste) ecclésiastique qui a exercé le ministère en Canada depuis 1734, année de son ordination, Jusque à 1759, ;fut chanoine de la Cathédrale de Québec et se mêla de botanique. Il fit en 1742, avec le Sieur Cugnet, Receveur-Général du Domaine Royal, un voyage d'exploration aux Postes du Roi ou Côte Nord, et enrichit le Jardin des Plantes de Paris.

Grasset Saint Sauveur (Jacques) célèbre littérateur français, nô à Montréal le 6 Avril 1757 d'André Grasset Saint-Sauveur, Secrétaire du marquis de Vaudreuil, et de Marie Joseplite Quesnel-Fonblanche, mort à Paris en 1810, avait émigré à la conquête, et fut Consul de France en Hongrie sous la République. Lebrun dit dans le Tableau, Statistique et Politique des deux Canadas que Paris a recherché un moment ses ouvrages composés de 1784 à 1805, et qui jouirent de la vogue qui s'attachait aux livres composés dans l'esprit de cette période de la littérature française. Ce sont Io. Costumes civils et actuels de tous les peuples connus, 1784. II. Tableaux de la Fable représentés par 'figures et accompagnés d'explications. III. Tableaux Cosmographiques de l'Europe, de PAsie, de fAfrique et de P Amérique, 1787 in 4to. IV. L'antique Rome ou Description Historique et Pittoresque de tout ce qui concerne le peuple romain dans les costumes civils, militaires et religieux, dans leurs mœurs publiques et privées, depuis Romulus jusqu'à Auguste, 1796 in-4to. V. Les Amours du comte de Bownerval,pach*i à deux queues, connu sous le nom d'Osman 1796 in- 18. VI. Le Shail ou Histoire des Intrigues Secrettes et Amoureuses du Grand Seigneur, 1795 en deux volumes. VII. Fastes du peuple français, ou tableau raisonné de toutes les actions héroïques et civiques du soldat et du citoyen, 1796 in-4to. VIII. Warundc, Jùlia et Zelmire, histoire véritable, traduite de P anglais, 1796 in- 12. IX . Voyage dans les Iles Vénitiennes, S volumes in- Svo avec Atlas in-4to. X. Voyage dans- les Iles Baléares. XI. Encyclopédie des Voyages, 5 volume» in-4to< XII. Les Archives de V Honneur où Notices sur les générdux et

ifficiers de tous grades qui ont fait te campagnes de la Révolution, 8 voium.es ui-8vo. XIII. Le Muséum de la guerre. C'est donc à tort que le Tableau des Deux Canadùs, ne lui attribue que onze ouvrages.

Green [ William} Secrétaire de la Société Canadienne pour l'encouragerne-nt des Arts et des Sciences fondée à Québec par lord Dalhousie, et membre Correspondant de la Société des Arts de Londres, est auteur de plusieurs écrits imprimés dans les Transactions de la Société Littéraire et Historique, à laquelle la Société des Arts s'est réunie, et entre autres de celui sur certaines couleurs produites dans cette colonie, description reproduite dans la Bibliothèque Canadienne de Bibaud. Il lui obtint en 1829 de la Société de Londres la Médaille d'Or d'Isis.

Griffin (Henry) contemporein et membre estimable du bareau de Montréal, dont il a été Syndic. Il a publié Junius Discovered , Boston 1854-, ouvrage canadien de littérature transcendante, puisque l'auteur a pris part à la polémique qui a divisé et divise encore les érudits de l'Angleterre sur le véritable auteur des fameuses Lettres de Junius. M. Griffin les attribue au gouverneur Pownal, père de Sir George Pownal, qui figure dans notre histoire.

Gruercheville (Antoinette de Pons marquise de) qui obtint en concession une partie de l'Acadie et y fonda quelques établissement au commencement du XVIIé siècle, repoussa Htnri IV et procura à Richelieu la protection de la reine, dont elle était dame d'honneur. Elle épousa en premières noces Henry de Sully comte de la Roche-Guyon, puis en secondes, Charles Duplessis, seigneur de Liancourt, gouverneur de Paris. Elle s'intéressa surtout aux missions de la Nouvelle-France, où elle introduisit les Jésuites, dont elle fut une grande protectrice.

Haliburton (T. C. Brenton) contemporain, ci-devant juge en Chef de la Cour Suprême de la Nouvelle-Ecosse, publiciste, historien et romancier célèbre, dont on a 1. Ait historical and staiistical account of Nova Scotia ; With amapof ihe Province and- several engravings 2 voisin

— lift—

avp Halifax 1829, 11. Rule md Msrule of ihe Englvfc in America 2 vols in-8vo Londres 1857 III. A Reply to> tlie Report ofjhe earl of Durkam, Londres 1839 in-8vo IV.. The Bubbles of Canada, London 1839 80o*V. Observa-, tionsonthe importance of tke North Américain colonies to Oreat'Brtiain. London 1831. VI. The attaché-, or Sam Sljck in England, London 1843, 2 vols in-8vo. VII. The Americam at home; or by-imys, c&ck woods and prairies. London 1854 3 vols 8vo. V III. Nature and human na- . turc. London 1855 2 vols 8vo. &c. &c. Son histoire de la Nouvelle-Ecosse a été utile à Bibaud père, à l'endroit, des malheureux Acadiero. -^J

Hamel (Théophile) peintre contemporain VWn des écoles d'Italie, a peint les Orateurs ou Présidens des . Conseils Législatifs et des Assemblées Législatives des deux Canadas et du Canada-Uni, et le portrait du Lord El gin r lithographié à New- York par Davignon. Il excelle dans, le portrait, et ceux de D. 13. Viger, L. II. Lafontaine, Etienne Parent ne lui font pas moins d'honneur que cette galerie nationale, dans laquelle on remarque MM. Panet et de Lotbinière, Sir David Smith et Sir William Campbell, le grand Juge Elmsley, L. J. Papineau et autres.

Hardinge [Henri vicomte] dernièrement décédé maréchal et commandant des Forces en Angleterre, avait étudié les mathématiques à Québec sous l'abbé Kairnbauit. Il fit gagner la bataille d'Albuera en Espagne, sur le maréchal Soult, était commissaire anglais à l'armée de Blucher en 1815, et fut en Angleterre Grand-Maître do l'Artillerie puis ministre de la guerre sous l'administration Wellington. Vice-roi des Indes, il . voulut servir sous Gough, le commandant des Forces, comme autrelois le maréchal de Bouflers servit sous Villars, qui était moins ancien, et il gagna avec ( lui les grandes batailles qui rétablirent les affaires des Anglais. Le prince Gorts-, ehakoff a^fait son éloge.

Harla?/ (François de ) de la maison des marquis de ( 'hampvallon, archévêijue de Rouen, au diocèse du quel fut réunie la Nouvelle-France.— Il y fit exercer la juridiction spirituelle par le Supérieur-Général des Missions de la, Compagnie de Jésus r auquel il accordait à cette effet 4es Lettres de Viçariat-Général, et s'intéressait fort à çea.çpntrées, o\i il envoyait de temps à autres des re T

<erûes d l habitans ; qu'il choisissait avec le plus grand soin. ' Il mourut Pan lj&3; On lui doit des Observations sur rEpitre aux Romains, qu'il fit imprimer au château dé «Graillon en 164*1.

— (François II de) neveu et successeur du précédent, mais beaucoup moins recommandante par ses mœurs.-^- Sous lui les Supérieurs des compagnies de Jésus et de St. Sulpice turent tour-à-tonr ou simultanément Vicai- *es-*Généraux du Canada. Quand François de Lavai Montmorency fut nommé Vicaire- Apostolique par le pape, il prétendit demeurer l'Ordinaire de la Nouvelle-France, conserver ses grands-vicaires, et s'appuya de ce que les bulles de ce prélat mentionnaient ces pays comme fesant partie de l'archi-diocèse de Rouen. Mais Louîs XIV envoya l'ordre d'empêcher l'abbé de Queylus ou autres d'exercer aucune jurisdiction en son nom. Ces prétentions firent accuser De Harlay de jansénisme. Il mourut -d'apoplexie en 1695, dépossédé depuis longtems de sa jurisdiction sur ce pays et devenu archévêque de Paris. Il tenait des conférences de morale, donnait des régiemens salutaires, publiait des mandemens et présida plus de dix assemblées générales du Clergé tout en vivant mal. Mascaron s'excusa de faire son oraison funèbre. Deux choses, dit Madame de Sévigné, la rendaient difficile, la vie et la mort. Le P. Gaillard, qui l'entreprit, fut obligé de se jeter dans les lieux communs. Son éloge fut prononcé dans l'Assemblée du Clergé.

Harvey (Sir John) héros de la dernière guerre américaine, membre de la Compagnie des Terres du Canada Supérieur, ancien Député Adjudant-Général, commandait sous Morrison à. la défaite du général Boyd, et se signala encore plus par son attaque nocturne du camp des Américains à Stoney Creek. Ils avaient 3000 fantassins, 250 cavaliers et 9 canons. Il y pénétra avec 800 hommes et enleva trois généraux, 150 hommes et 4 canons, le 4- juin 1812. Ce coup de collier paralysa tous les' efforts du général en Chef Dearborn, qui se Tit bientôt bloqué dans lé fort George. Jue général Jdmini dit de la poursuite de nuit des Prussiens* a Waterloo : " les alliés ap-

S rirent à Napoléon que la nuit peut n'être pas le terme es opérations du jour ; " qu'airrait-il dit de l'entreprise «le Sir John Harvey/ Après la guerrè, le héros, comme

un autre Cincinnatus, devint planteur dans le Haut*Ca» nada et y vécut durant longues années jusqu'à sa nomination au gouvernement de la Nouvelle-Ecosse.

Hébert, honorable famille canadienne, qui commence à Louis Hébert, sieur de Lespinay, le patriarche des seigneurs du Canada, puisque la première concession fut faite en sa faveur, l'an 1623, par le Maréchal de Montmorency, Vice-Roi. Cette terre était située sur la rivière St. Charles. L'an 1626, Henri de Lévi duc de Ventadour, l'érigea en fief noble sous le nom de St. Joseph, par égard pour ce colon, " le premier qui ait habité la Nouvelle-France, y ayant transporté de Faris tout ce qu'il avait (dés l'an 1600) et quitté ses parents pour s'arrêter sur le fleuve St. Laurent." Marc Lescarbot fait aussi l'éloge de ce premier défricheur de la jeune France. — Lors de l'érection de la jurisdiction de la Vice-amirauté à Québec, l'an 1717, le comte de Toulouse, Grand- Amiral de France, nomma Lieuteuant ou juge de ce tribunal, le sieur Hébert de Lespinay, descendant du premier. — Sir George Prévost ayant créé un corps des Guides en 1312, en confia l'organisation et le commandement au capitaine Joseph Ignace Hébert.

Heney (l'honorable Hughes) habile publiciste canadien, né en 1790, étudia au collège de St. Raphaël ou château Vaudreuil, où il fut compagnon de classe de Michel Bibaud, qui lui a adressé une de ses Epitres. Il fut membre du Parlement Provincial pour Montréal de 1820 à 1829, et fut réélu en 1830. On le voit ensuite Clerc en Loi ou rédacteur des Statuts et Lieutenant-Colonel de Milice. Il fut appelé au Conseil Exécutif en 1830 et le fut de nouveau en 1842. On lui doit l'excellent commentaire sur PActe Constitutionnel du Haut et du Bas-Canada Montréal 1832. Nommé finalement Commissaire pour la revision et codification des Statuts avec l'habile Alexandre Buchanan et Gustavus Wicksteed, il mourut avant la fin du travail à Trois Rivières, le 13 janvier 1844, à 54* ans. Dans leur rapport de 184*5 à Lord Metcalfe, les deux commissaires restant exposent " qu'au mois de janvier 1844, ils furent privés .des secours d'un collaborateur habile et zélé, par la mort de M. Heney qui, dans cette circonstance comme dans toutes les antres charges publiques qui lui Ont été confiées, ne s'est épargné aucu»

travail pour rendre utiles à son pays ses talents si éminens. 99 On avait encore de lui : Etat de la prison d'état delà Nouvelle- York, manuscrit in-8vo dans l'ancienne bibliothèque de la Chambre d'Assemblée.

Hemot (Sir George) né à Jersey le 2 janvier 1766, mort à Drurnmund-ville à sa résidence de Confort-Hall en 1844, peut-être regardé comme le fondateur de ce bourg canadien, étant allé s'y établir des premiers avec des soldats des régi mens licenciés en 1816. Il était Député Maître général des Postes de l'Amérique du Nord au commencement de ce siècle x étudia le Canada et en publia en 1804 une Histoire en deux volumes in-4to, Entré au service à 15 ans, il était lieutenant-colonel à 27. Second de Salaberry dans l'organisation et le commandement des Voltigeurs, il reçut une médaile d'or pour ses services à Chrystler's Farm. Il était chevalier compagnon de l'ordre du Bain et colonel en 1830. La reine Victoria le créa général Major à l'occasion de la naissance du prince de Galles. Il avait aussi été aide camp Provincial membre du Parlement pour le comté de Drummuud, et membre du Conseil Exécutif.

Hertel, illustre maison canadienne sortie du régiment de Carignan Salières, et divisée depuis en diverses branches, — Hertel de ïtouville, de Chambly, de La Frenière, de St. Michel, de St. Louis, de Moncourt, &c.

Jean-Baptiste Hertel, Sieur de Rouville, un des preux du régiment de Carignan, dont les exploits furent si nombreux, reçut une seigneurie du comte de Frontenac. Il obtint des Lettres de noblesse pour ses services à la défense de Québec, puis fut fait chevalier de l'ordre militaire de St. Louis. La même année 1690, il prit Sementels. Il se trouva à Kaskobay sous le baron de Portneuf. En 1703, il battit les Anglais et leur fit 130 prisonniers : Haverhill tomba sous ses coups eu 1708. On le retrouve fesant une incursion vers le lac Champlain avec 250 hommes, puis dans l'expédition de M. de ïtamezay. Il alla en 1710 reconnaître l'armée du général Nicolson à la tête de 200 hommes. En un mot, il fut peut-être le plus terrible Canadien de son temps après D'Iberville ; et comme lui, il n'était pas seulement propre à la guerre, et remplit une mission politique à Boston pour le Marquis de Vaudreuil, en compagnie du Major Dupuy, son compa-

triote.— Hertel de Rouville, commandant dé Chambly, fut impliqué dans le procès Bigot. Un autre était Lieutenant-Général Civil et Criminel des Trois-Rivières.

Sous les Anglais, cette branche a fourni des Officiers Supérieurs de Ta Milice, plusieurs sénateurs, un juge &c. On a plusieurs fois accusé la conduite de J. B. Hertel de Rouville dans l'exercice de la magistrature ; mais on doit se rappeler qu'il combattit pour son Roi et avec l'ancienne bravoure de ses ancêtres contre les Américains, dont il fut le prisonnier, et que, Commissaire Royal pour le cadastre des biens des Jésuites, il réclama, comme M. Taschereau, contre la partialité des commissaires anglais. Il siégea au Conseil Législatif, et sa fille épousa Salaberry, le Léonidas canadien.

Hertel de Chambly fondateur de Chambly, capitaine au régiment de Carignan, après s'être signalé en Europe, surtout contre les Turcs, passa en Canada et obtint une seigneurie. D'abord de service aux Trois-Rivières, il en partit avec des troupes le 10 août 1665 pour construire le fort Pontchartrain, auquel il donna bientôt son propre nom. Un mémoire du temps l'appèle " Monseigneur de Chambly, gouverneur de la place." Commandant du Château de Pentagoët en Acadie, il fut obligé de se rendre aux Anglais en 1674. Il n'en devint pas moins commandant de l'Acadie deux ans après (1676) en remplacement du chevalier de Grand- Fontaine, et fut ensuite gouverneur de la Martinique.

h* Il y a plusieurs Hertel de La Frenière. — Joseph Hertel, Ecuier, Sieur de La Frenière, prête foi et hommage pour la seigneurie de Chambly entre les mains de l'Intendant Bochard de Champigny-Noroy. Ce fait indique que la branche des Hertel de Chambly ne prit pas de profondes racines en Canada. Quant aux La Frenière, ils s'allièrent par mariage aux Boucher de Niverville, qui étaient seigneurs de Chambly dès 1723, qu'ils prêtaient foi et hommage entre les mains de l'Intendant Begôn. Un Hertel de La Frenière, le même probablement, commandait au fort Frontenac, aujourd'hui Kingston, en 1709. Ses descendants paraissent avoir émigré ù, la Louisianne, où un membre de cette branche fut le dernier Procureur- Général du Roi de France dans cette Province, et mourut en 1765 victime de son amour pour

les lois françaises, qui l'entraîna dans une résistance obstinée aux innovations des Espagnols. Le Capitaine-Général O'Reilly le fit arqttebuser en 1765.

Hincks (l'honorable Francis) contemporain , Gouverneur-Général des Iles du Vent, habile financier et homme d'état canadien, assez fin politique pour avoir fait une dupe de lord John Russell lui-même à l'endroit du gouvernement responsable, durant plusieurs années ministre d'état provincial avec le portefeuille d'Inspecteur des Comptes Publics ou d'un des ministres du trésor, a écrit sur les ressources du pays et fait deux voyages en Angleterre pour mieux asseoir le crédit de la Province. Malheureusement, — et c'est une grande tache à sa réputation — l'infidélité de son administration en a égalé l'habileté; M. Hincks a été le Walpole canadien. 11 a été Présisident du Comité Exécutif du Canada créé pour assurer une digne représentation de l'industrie canadienne à l'Exposition de Paris. Son frère est membre du haut clergé anglican. M. Hincks avait commencé sa carrière politique en fondant l'Examiner à Toronto, puis le Pilot il Montréal. Le trop famenx Grand Trunck est encore son ouvrage.

Holmes (l'abbé Jean) Géographe, Naturaliste et Orateur sacré, né aux Etats-Unis en 1799, fut d'abord élevé pour être ministre Wesleyen ; mais ayant fait sa philosophie au collège de Montréal, il s'y convertit, et fut un des premiers professeurs du collège de Nicolet. Etant passé à celui de Québec en 1828, il y introduisit l'étude du grec, et remplit les charges de professeur de philosophie et de Préfet des Etudes. Il passa en Europe en 1S36 avec la mission d'y engager des instituteurs d'Ecoles Normales, et revint en Canada avec M. Regnaud et M. Findlater. Membre de la Société Littéraire et Historique, il lui procura aus3i plusieurs manuscrits qu'il avait fait copier. On doit à ce savant : Io des Abrégés d'Histoire Ancienne et

Histoire Romaine qui valent ceux que l'on enseigne ailleurs. IL des Traités de Géographie d'Amérique ttdu Canada très bien écrits et les plus charmants que nous connaissions. Ils ont été traduits en anglais et, dit-on, en allemand. III. Les Conférences de N. D de Québec$Pre* mière Série, Avent et Carême de 1848-49. La mort (Lorette, 1852) l'a empêché de pousser plus loin ce magnifique

et glorieux travail, et il lui a à peine été donné de voir l'aurore de l'Université Laval dont il était la plus belle base. On connaît aussi le docteur A. T. Holmes. Président du Collège des Médecins et Chirurgiens du Bas-Canada et Doyen de la Faculté de Médecine du Collège Universitaire de McGill, qui lui doit des collections pré- . cieuses dans les différentes branches de l'histoire naturelle.

Horan (Monseigneur Edouard Jean) contemporain, quatrième évêque de Regiopolis ou de Kingston dans le Canada Supérieur, ancien professeur d'histoire naturelle au collège de Québec puis à l'Université Laval, dont il a été- Conseiller et Secrétaire, avait accepté la charge de Principal de l'Ecole Normale Laval lors de sa fondation. Durant son professorat des sciences naturelles il a découvert un fossile auquel M. Billings a donné le nom d'aciàaspis Horani et appartenant au terrain silurien du Canada, au sous-règne des articulés, à la classe des crustacés et au genre acidaspîs.

Houdet (Antoine) de la Société de St. Sulpice, auteur de la grammaire latine si logiquement raisonnée de Montréal, qui a remplacé celle de MM. Rivière et Thavenet, • était fils d'un Président à Mortier. Chassé de son pays natal par la révolution, comme eux, il arriva en Canada en 1796 et occupa, entre autres, la chaire de philosophie au Collège de St. Raphaël puis à celui dit de Montréal, qui le remplaça en 1806, après l'incendie de 1802. 11 fut obligé de faire lui-même quelques uns des instruments ou modèles d'instiumens nécessaires à ses démonstrations. Le célèbre astronome Tiarcks, envoyé pour régler les limites entre les Etats-Unis et les Provinces Britanniques et qui a découvert une planète, ne dédaignait point ses conversations scientifiques. Cet habile professeur et philologue est mort le 7 Avril 1826.

Hougoaho, le premier homme selon la tradition des Hurons et des lroquois.

Hubert (Jean François) que h P. Œapion appêle à tort François- Xavier, neuvième évéque de Québec, était né en cette ville le 3 Février 3739. Ordonné prêtre le 20 jfcrin 1766,, il s'agrégea au Séminaire des Mission» de cette ville, et fut élu Supérieur après Urbain Boiret. Elu Coadjnteur.de Mgr. D'Esglis le 30 Novembre 1784, et '*

agréé par l'autorité civile, il fut nommé évêque d'Almyte inpartibus et Coadjoteur de Québec par une bulle du pape Pie VI, datée du 4 juin 1785. Il fut sacré sous ce titre par Mgr. Brian d, ancien évéque de Québec, le 29 Novembre 1786. Mgr. D'Esglis étant mort le 4» Juin 1788, il lui succéda et prit possession de son siège le 12 Juin de. la môme année. Il accueillit les prêtres français proscrits et l'on retrouve des traces de sa correspondance û cet effet avec les évêques français réfugiés en Angleterre, et en particulier avec Mgr. de La Marche, évêque de Fol de Léon. Il proposa aussi au Saint Siège l'érection d'un évêché à Montréal. En 1796, il sacra dans sa cathédrale Mgr. O'Donell, premier Vicaire- Apostolique de Terre-Neuve. Sa belle Lettre au Capitaine-Général et au Conseil Législatif au sujet de l'érection projetée d'une Université, nous le montre prélat éminemment patriote. Il éleva des premiers la voix pour assurer les biens des Jésuites à la Province. S'étant démis en 1797,il mourut peu après à l'Hôpital-Général âgé de 58 ans et 8 mois, et fut inhumé dans sa cathédrale à côté de Mgr. Briand. L'abbé Desjardins, ancien Officiai de Bayeux et docteur de Sorbonne, prononça son oraison funèbre. Il eut deux coadjuteurs, — .Bailly de Messein, qui le précéda au tombeau, et Pierre Denaut, son successeur.

Hudon (Hyacinthe) en son vivant Vicaire-Général du diocèse de Montréal, Doyen du chapitre, chanoine honoraire de la cathédrale de Chartres eu France, Président de la Société de Tempérance, Supérieur des Dames du Bon Pasteur et Président du Bureau Catholique des Examinateurs pour l'admission des instituteurs. — Né à la Rivière Ouelle, diocèse de Québec, il fit ses études classiques et théologiques en cette Ville et fut ordonné prêtre le 9 Mars 1817. Presque aussitôt il fut chargé de l'importante desserte du faubourg St. Roch, où il dirigeait quelques ecclésiastiquos et avait sous ses soins les écoles fondées par Mgr. Plessis. Afnrès avoir signalé ensuite son zèle dans les Missions du Golfe, il était curé de Boucherville, quand Mgr. Bourget l'appela à, un canonicat dans le chapitre de St. Jacques le Majeur érigé à Montréal en 1841. Ayant fait un voyage en Europe, il revint de Rome porteur du paUium de Mgr. Signay, premier archevêque de Québec, et le lui remit solennellement dans l'é-

gtise cathédrale le 24 Novembre 1844. Doué d'un courage apostolique et civique à toute épreuve, il s'était en 1847, chargé de presque tonte l'administration des Sheds, eu gisaient les pestiférés Irlandais, et de payer les employés : il fut victime de son dévouement et expira après treize jours de fièvre typhoïde que fous les efforts des médecins ne purent surmonter. Ses funérailles furçnt imposantes par le concours du clergé et du peuple. — Hyacinthe Hudon n'était pas seulement un des patrons de l'éducation ; — il l'était particulièrement des beaux arts, et songea k attirer en Canada des artistes italiens et à réformer nos églises, d'où il voulait faire disparaître beaucoup de mauvais tableaux, qui n'en sont pas de véritables ornemens. On a admiré unanimement son Sermonpour la Fête Nationale de St. Jean-Baptiste. Il passait pour l'homme le plus spirituel du clergé canadien.

Hunt (T. Sterry) contemporain, élève du collège de Yale, Docteur ès Sciences, Membre de la Société Géologique de France et de l'Académie Américaine des Arts et des Sciences, Chimiste et Minéralogiste de la Commission Géologique du Canada, Professeur de Chimie à l'Université Laval, s'est trouvé à Paris en 1855. Ses notes sur les sources acides et les gypses du Haut-Canada et sur les volumes atomiques y ont été lues au sein de l'Institut par MM. Dumas, de Sénarmont et Boussingault, et le prince Napoléon l'a agrégé au jury international pour la classe des minéraux. Enfin l'empereur l'a fait chevalier de la Légion d'Honneur. Il est Vice-Président de l'Institut Polytechnique, et a succédé à l'auteur de ce volume à la présidence de la classe des Sciences, qu'il occupe pour la deuxième fois. Il s'est trouvé il y a deux ans à la session de la Société Américaine pour l'avancement des Sciences à Albany, et a été un des membres les plus actifs du Comité pour la session qui a eu lieu à Montréal l'année suivante. On lui doit, outre ses rapports en qualité de chimiste et minéralogiste, provincial, la Carie Géologique et V Esquisse Géologique du Canada qu'il a publiée avec Sir W. Logan, Paris 1855, chez Hector Bossange et Fils, Quai Voltaire, 25. Il prépare aussi un Rapport où il réunira tels détails sur l'application des minéraux canadiens que les circonstances et l'expérience acquise à l'Exposition de Paris lui ont suggérés. Ainsi l'on voit

que co jeune savant, dont la capacité avait été vivement attaqués d'abord, surtout par le comte de Rottermund, s'est enfin acquis une réputation confirmée et sanctionnée aux principaux foyers de la Science. *

Iberville (Pierre I/e Moine Sieur d') seigneur haut justicier, chevalier de St. Louis et chef d'escadre,— fondateur et premier gouverneur de la Louisiane, fils de Charles Le Moine et frère de M. de Bien ville et du premier baron de Longueuil,— le plus grand homme de guerre qu'ait produit le Cauada, vit le jour à Montréal 20 juillet 1661. Garde marine à M ans, il fut peu après porteur des dépêches de M. de La Barre à- la Cour. Ce gouverneur le recommandait au ministre de la marine pour le grade d'enseigne de vaisseaux comme étant un excellent marin qui avait déjè fait plusieurs voyages de long cours. Il était Commandant à la Baie du Nord en 1689, et l'an- . née suivante, il obtint une seigneurie avec haute justice. La Nouvelle- Angleterre, l'Acadie, la Baie d'Hudson, Terre-Neuve furent tour-à-tour le théâtre de ses actions et de ses exploits. Jl fit sss premières armes comme volontaire sous le chevalier de Troye à la Baie d'Hudson, se trouva à la prise des forts Monsoni et llupert, prit avec neuf hommes un bâtiment monté par 14 Anglais, découvrit et aida à enlever le fort Quitchitchouen , qu'il défendit avec succès l'année suivante, et brûla enfin celui de Charleston. Devenu commandant, après avoir été volontaire, il prit sans perdre un seul homme un vaisseau de 24- canons et enleva le fort Pemaquid défendu par le colonel Chubb. Il fit deux expéditions glorieuses à la Baie d'Hudson avec une promptitude surprenante. A la suite de la première il passa en France après avoir rendu compte à Monsieur de Frontenac par l'euvoi d'un canot qui arriva à Québec le lendemain de la retraite de l'amiral Phipps. Ses exploits, nombreux dans l'île de Terre- Neuve* d'où, avec une poignée d'hommes, il chassa presque entièrement les Anglais, étonnent à bon droit Bacqûeville de laPotherie, un dés historiens dë la Nouvelle- France. Dans une de ses expéditions à la Baie, où il prit le fort Nelson et cinquante canons et chargea soa

nom en celui du fort Bourbon, (•) il gagna avec son seul vaisseau sur trois vaisseaux anglais, un combat qui n'a rien de plus glorieux dans la vie de Jean Berth lui-même. Dans ees vastes étendues de pays qu'il parcourut l'épée à la main, il enleva d'emblée un grand nombre de places fortes et St. Jean dé Terre-Neuve elle-même, ainsi que les trois forts qui protégeaient cette capitale. Si l'on considère les moyens avec lesquels il agissait, ses actions sont incroyables nonobstant que Charlevoix remarque avec vérité qne ses Canadiens étaient pour lui comme la 10e légion était à César, et prêts à le suivre au bout du monde. Ils marchaient, dit M. Léon Guérin, par les terres, les lacs et les rivières, traînant leurs canots avec leurs vivres, souvent à travers les bois, souvent dans les marais et toujours par des chemius difficiles et non frayés, supportait avec une force de cœur et de tempéramment dont étaient seuls capables des Canadiens, d'incroyables fatigues, des privations et des souffances de toutes sorles: on avait piques, pioches, pelles, gabions et béliers. C'était la guerre antique, que rappelaient encore les cuirasses de nos preux. (") Vrai chelier, et en cela supérieur à Jean Barth, DUberville, en 1692, dépensa avec Denis de Bonaventure 554 livres tournois pour la rançon, non d'hommes vigoureux propres à le servir, mais de femmes et d'en fini s. Le retour de la paix lui fournit de nouvelles occasions de servir son pays natal et la métropole. Il restait à reconnaître par mer .l'embouchure du Micissipi et a profiter des découvertes, que l'on avait déjà laites. Etant passé en France, cet homme capable de fonder comme de détruire, proposa l'expédition à M. de Pontchartrain, ministre de la marine, et en obtint deux vaisseaux. On lui associa le brave Château Morand, neveu du grand Tourville. Avec ces faibles moyens, il réussit dans son projet et établit la Louisiane, où il bâtit trois ou quatre forts et particulièrement Mobile, qui fut quelque temps capitale du pays, et qui en est encore une des villes principales. Une autre ville de la Louisiane porte le nom de ce grand homme. Lors de

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la. guerre de Succession, le héros qui avait été fait capitaine de frégate en 1692, chevalier de St. Louis en 1699, et capitaine de vaisseaux on 1702, fut appelé en Europe fait commandant de Rochefort un instant, el ensuite mis à, la tête d'une flotte considérable. Parti avec 10 vaisseaux, 3 frégates et 3 flûtes, il devait tenter la conquête de la Jamaïque ; mais il trouva les Anglais sur leurs gardes. Après leur avoir enlevé les Iles de Nièvres et de St. Christophe, défendues par le colonel Abbot, il prit des troupes espagnoles à la Havane, et des flibustiers, et partit pour attaquer la Caroline, quand il mourut en mer, en 1706. " D'Iberville fut l'un des plus grands marins a la fois et l'un des plus habiles navigateurs que la France ait jamais eus" dit Léon Guérin dans l'Histoire de la Marine Française. Voyez de plus dans les Docnmens de Paris I Lettre d'Iberville à M. de Pontchartrain (1697) dans laquelle il lui rend compte de son expédition à la Baie. II Copie de la relation du voyage de Messieurs d'Iberville, Château Morand et de Surgères dans la rivière Micissipi, envoyée à M. de Pontchartrain 30 juin 1699. III. Mémoire d'Iberville sur la situation de Boston, New- York &c avec un projet détaillant les moyens qu'il y aurait de les attaquer et ruiner. Sa veuve, Dame Thérèse Pollet de Laccmbe Pocatière, épousa en secondes noces le comte de Béthune, Lieutenant-Général des armées du Roi, d'une maison d'où sont sortis les Sully et plusieurs maréchaux de France. Il laissa une fille qui porta le nom de Grandive de Lavtnaic. Le Lieutenant- Gouverneur Hutchinson, dans son Histoire du Massachusetts, distingue mal à propos deux hommes de guerre canadiens du même nom. Les Mpitres Satires & de Bibaud contiennent à l'honneur du héros une Ode qu'on trouvera dans l'Appendice, ainsi que la courte notice que AI. Barré lui a consacrée dans sà Biographie Classique.

Incarnation (la Mère Marie de 1') célèbre religieuse Ursuline, née à Tours l'an 1599, y composa pour l'instruction des novioes, un fort bon livre intitulé: VEcde Chrétienne. Appelée par la grâce à l'instruction des filles en Canada, elle passa à Québec l'an 1639, et établit une maison de son i Ordre. Ses Lettres furent imprimées J'on 1671, et eile mourut Tannée suivante. Dom

Claude Martin, son fils, et le P. Charlevoix écrivirent la vie de cette veuve, dont les écrits ascétiques respirent cette onction'sublime qu'où ne trouve que dans les saints et ses Lettres ont l'importance de très bons M émoires sur l'histoire de son temps durant 36 ans de séjour dans la Colonie. On trouve son portrait dans l'Album du commandeur Viger.

Inglis (Sir Robert) défenseur de Lucknow, est né à la Nouvelle-Ecosse de même que le héros de Kars. Il est entré comme enseigne dans le 32e. régiment d'infanterie a fait la guerre du Punjaub en 1848, et était Lieutenant Colonel, quand il a fait cette admirable défense de Lucknow contre l'armée révoltée de l'Inde durant six mois. Il a été créé chevalier du Bain et général Major, et s'est signalé depuis comme Lieutenant de Sir Colin Campbell.

Irving (Paulus Emilius) décédé général à Carlisie en Angleterre, le 1er février 1828, ancien Président du Conseil Législatif, fut Administrateur du gou vernement en 1766 lors du départ du général Murray. Sous Carleton, il prit part à la défeuce de Québec, et au mois de juin 1777, il se trouve avec Craig au combat glorieux livré aux Américains sur les rives dix lac St. Pierre. Il était de l'ordre du Bain,

Jogues (Isaao) le phu intrépide martyr de la Compagnie de Jésus en Canada, affreusement mutilé par les Iroquois en 1642, fut sauvé de la mort par Arendt Van Curler, Commandant d'Orange pour le Patron Van Ranssaelar, qui l'envoya au Directeur Général Withelm Kieft Celui-ci le fit passer en Europe. Ses mains étant mutilées , il ne pouvait dire messe sans dispense ; mais il l'obtint facilement du Pape Innocent X. Indignum essct Gkristi Martyr em, Christi non bibere sanguinem, dit ce pontife. Il revint dans ces régions chercher la mort, et ia trouva.

Johnson (Sir William) Baronet, Colonel dans l'armée anglaise, Major-Général provincial, Colonel des six Nations et Surintendant^Géné/al des Indiens, fut l'Européen qui acquit la plus grande influence sur les tribus indi-

gènes, Il était neveu de l'amiral Sir Peter Warren, qui îe fit passer en Amérique en 1754, et assista an congrès des Colonies où fut mûri un plan de campagne contre les Français. Il sauva le fort Edward, vainquit complètement et prit le baron Dieskau au lac George, puis érigea le fort William-Henry. Les remerciraens des deux chambres du Parlement, l'honneur de la chevalerie et un don de cinq mille louis furent sa récompense. Il avait été nommé Surintendant-Général des Indiens dans l'assemblée des gouverneurs tenue à Alexandrie, où se trouvaient l'amiral Keppel et le général Braddock. Le ministère anglais le consulta sur le plan de campagne de 1755. Il succôda au général Prideaux, tué par un éclat d'obus durant le siège de Niagara, gagna une victoire complète sur M. Aubry venu au secours de la place, et s'en empara malgré la belle défense de l'ingénieur Pouchot. Enfin il commanda une partie de l'armée conquérante d'Amherst et 1000 guerrier iroquois. Dans la lutte de Ponthiac avec les Anglais, il fut le pacificateur. Vingt deux nations firent par son entremise la paix avec le grand Roi au Sault Ste Marie. Décédé en 1774, il laissa deux fils, les colonels John et Guy Johnson. Sir John, l'ainée, seigneur d'Argenteuil, qui lui succéda au titre de Baronet, fut chassé de Johnson-Hall dans le pays des Iroquois, par les Américains rebelles, et se retira en Canada, où il figura comme sénateur et comme guerrier. On voit encore sa maison au courant Ste. Marie. Il fut comme son père Surintendant des Indiens. Dans la guerre de l'Indépendance, il battit et tua le général Herkimer à Oriskany, sous l'administration de Carleton ; et sous celle de Haldimand, il s'empara, après plusieurs combats heureux, de Schohary et de Stone Arabia. Dans la dernière guerre, il commanda la divi-iou de milice desTownseips. Il était membre du Conseil Législatif. Le troisième Baronet ne sut pas soutenir la dignité de son titie. La seigneurie d'Argenteuil est encore cependant dans les mains d'un membre de cette famille.

Joliet (TAntùmti (Louis) illustre voyageur et géographe canadien, était fils de Jean Joliet, natif de Picardie et négociant à ' Québec, et de Marie d'Abancourt. Il fut baptisé le 21 Septembre 1645 par le R. P. Vimont, Supérieur des Jésuites, et fit «es études dans leur collège.

A 17 ans, le 10 août 1662, il fut tonsuré, avant que d'avoir fait sa philosophie. On lit dans le journal des Jésuites: "le 12 Juillet 1666, les premières disputes de philosophie se font dans la congrégation avec succès. Toutes les puissances s'y trouvent. M. l'Intendant, entre autres, y a argumenté très bien. M. Joliet et Pierre Francheville y ont très bien répondu de toute la logique." Il prit l'habit de novice en 1667, mais le quitta et fut chargé par le conte de Frontenac de la découverte ou de l'exploration du Micissipi. Après avoir laissé la Compagnie de Jésus, il s'était enfoncé dans les régions de l'Ouest afin d'y chercher fortune par le commerce des pelleteries,, apprit les langues et acquit les connaissances et l'expérience qui engagèrent le gouverneur à le désigner pour cette grande entreprise. Le P. Marquette fut invité ,selon ses propres expressions, à accompagner le jeune explorateur. Ils explorèrent en effet le grand fleuve et firent dispara itre les doutes sur la direction de son cours. En revenant, Joliet perdit tous ses papiers dans les Rapides au dessus de Montréal, et fut obligé de faire de vive voix son rapport au gouvernement. Il le remit cependant par écrit, et l'accompagna d'une carte tracée de mémoire, qui fut transmise au grand Colbert. Le 7 Octobre 1675, il épousa Claire Françoise Bissot. Ayant reçu en seigneurie avec haute justice Fîle d'Anticosti. "en considération de la découverte que le dit Sieur Joliet a faite du pays des Illinois, dont il a envoyé la carte, depuis transmise à Monseigneur Colbert, ainsi que d'un voyage qu'il vient de faire à la Baie d'Hudson dans l'intérêt de la ferme du Roi," il avait dessein d'y établir des pêcheries et de commercer avec les Antilles, et y bâtit un fort, qui dut se rendre à l'amiral Phipps en 1690. Joliet fut échangé à Québec ainsi que M. M. Trouvé et Lalande. Le3 Anglais ayant détruit ses espérances, il obtint en échange d'Anticosti la seigneurie Joliet sur îa rivière des Etchemins. Le marquis de Denonville l'avait recommandé en 1686 pour enseigner la navigation ; il fut en effet nommé hydrographe du Roi. En 1693, il écrivait à M. de Lagny, lui lésant la description des Sauvages du Labrador, et lui envoyait une carte du golfe St. Laurent. L'époque de sa mort a embarrassé M. Shea,Pabbé Ferland et le docteur O'Callagnan, qui donnent pour époque approximative

* «ntre 1700 et l702."Le fait est que,<lès 1700 les Jésuites s'offraient pour le remplacer dans l'enseignernen* de la navigation, comme nous le voyons par les Documensde Paris. L'enseignement leur fut confié en etfet ; mais le successeur immédiat de Joliet fut le Sieur Franquelin. Nous connais sons deux filles de Joliet. LNne épousa Pierre François Rigaud, Marquis de Vaudreuil, et l'autre, M. D'Eschambault.

II. — [l'honorable Barthélémi] successivement membre du Parlement, du Conseil Spécial et du Conseil Législatif, fondateur du village d'Industrie et de la Compagnie du Chemin de Fer d'Industrie à Lanoraie, né en 1789, mort en 1S50. — L'honorable Peter McGill prononça l'éloge de ce grand citoyen au sein du Conseil. . . . On lui doit l'église d»i lieu et le collège Joliet, qu'il confia aux clercs de St. Viateur, appelés d'Europe pour y donner une éducation moins élevée, mais plus pratique que celle de nos collèges classiques- Il reçut les remercimens du Saint Siège dans une lettre du Cardinal Franzoni. On a publié son portrait lithogiaphié à New- York par Wm, En- «dicott.

Judiereau, honorable famille canadienne, dont le premier membre connu paraît être le Sieur Noël Juchereau des Châtelets, licencié en droit, membre du Conseil de la Colonie et Commis-Général de la Compagnie des Cent Associés. Il mourut en 1649 en allant de Québec en France. — Nicolas JuchereaU, son fils, épousa en 164-7 Marie GifTard, fille du fameux seigneur de Beauport, et ce fief tomba depuis dans la famille des Juchereau. C'est le même qui, en 1690 défendit malgré son grand âge, Quebec à la tête de ses censitaires, et, qui mérita par sa conduite des Lettres de noblesse et le titre d'Ecuyer. Il mourut à Beauport en Octobre 1692 à 66 ans.

On connait Jean Juchereau, Sieur de More, Conseiller au Conseil Souverain, un ancien conseiller, employé sous Carleton à revoir et rédiger les anciennes lois nationales avec Cugnet et Pressard, et un Lieutenant-Général Civil et Criminel de la Jurisdiction de Montréal avant le Sieur D'Eschanibault.

Cette maison s'était partagée comme tant d'autres, en . plusieurs branches, — Juchereau Duchesnay, de St. Denis, de More, La Ferlé &c.

La Mère Juchereau de St. Ignace [Jeanne Françoise J«chereau de La Ferlé] Supérieure de l*Hôtel-Dieu &e Qiiébec, en écrivit l'Histoire, in- 12, publiée à Paris et à. Wontauban. Née eh 1650, elle fut admise en qualité de pensionnaire en 1662, entra au noviciat en 1664, fit profession en 1666, et mourut le 14< Janvier 1723, âgée de •près de 73 ans.

Le Sieur Juchereau de St. Denys, fils de Nicolas Juchereau annobli en 1691, fut employé quatorze ans à f la ïibuisianne comme guerrier et comme négociateur, aprèsavoir tén té d'établir une colonie à l'embouchure de l'Ohîo en 1700, — fut chargé de deux missions importantes auprès du Vice-Roi du Mexique, et fut fait Chevalier de St. Louis à la paix. Il avait eu beaucoup d'aventures de toutes sortes, était homme d'esprit comme de cœur, et écrivit d'intéressans mémoires.

Les Juchereau de St. Denis émigrèrent à la conquête et devinrent barons, comtes ou marquis.

Le premier marquis Juchereau de St. Denis eut plusieurs filles, — Louise Mélanie, qui épousa le baron Le Coq d'Harvey, Maréchal de Camp, ancien Intendant Militaire à Rouen et Directeur du Chemin de Fer deSîrasbotirg, mort au Château de Bréhaut le 18 Décembre 1844 à 56 ans, et une antre, qui devint la comtesse de Marne. Elles paraissent avoir été sœurs du présent marquis [Àmédée] qui doit être âgé de 95 ans, et du comte Charles, qui fut Aide-de-Camp du duc de Berry en Espagne et Colonel des lanciers. Lie premier marquis est mort en 1856.

Madame d'Harvey laissa pour héritiers le baron Léon Juchereau d'Harvey, qui a publié Les Révolutions de la Sicile eu 1856,-Lorette d'Harvey épouse du comte Franck de Noé, philantrope et homme de lettres, mort en 1858 à 81 ans, et Sophie d'Harvey, épouse de Joseph Clément. Irénée Trénée comte de Luppé, ancien membre des Assemblées Constituante et Législative.

L'homme le plus célèbre de cette maison canadienne a été le Général baron Juchereau de St. Denis. Il vint à Québec durant la révolution, entra chez un avocat, et n'ayant pu obtenir de l'emploi du général Prescott, il repassa en France avec Alexandre de Léry et remporta plusieurs prix à l'école polytechnique. Ayant servi sous Marniont en Dalmatie,ou sous Sebustiani,il devint Directeur

<lii génie de l'empire ottoman,et épousa une grecque dans le pays de laquelle il fut plénipotentiaire. Son épouse lui donna une fille qu'il a mariée au Général d'Espinas$e. Ayant été Chef d'État Mdjor du Maréchal de Bourmont en 1830, cette circonstance lui a donné occasion de publier un livre sur la conquête d'Alger, en 1844. Eustache son neveu, aussi excellent diplomate, a épousé Demoiselle A. Ottar de La Grange. Il est venu à Santa Fe &e. Bogota en qualité de chargé d'affaires, et est retiié en Corse.

Les Juchereau Duchesnay é migrèrent en partie lors de la conquête. XI a d'eux fut Lieutenant-Colonel d'artillerie, commandant de Charleville, et périt dans une émeute en 1792. H était fière du marquis.

En Canada, l'honorable A. L. Juchereau Duchesnay fut membre du Conseil Exécutif en 1794 ; et l'honorable A. Duchesnay, membre du Conseil Législatif en 1810. Les seigneuries de Fossambault et de Gandarville étaient dans leur famille.

Juchereau et Chevalier Duchesnay servirent dans le 60e régiment de troupes légères à quatre bataillons fondé par le duc de Cumberland, comme Bouquet, Ecuyer, Salaberry, puis devinrent capitaine dans les Voltigeurs. On connaît leurs services dans ce corps immortel. Ils devinrent tous deux Lieutenant-Colonels, et Chevalier Duchesnay fut aussi Député Adjudant-Général. Nommés Inspecteurs de la Milice avec MM. De Bellefeuille et Heriot par un Ordre général du 2 avril 1828, ils reçurent les remercimens flatteurs de lord Dalhousie avant son départ définitif pour l'Angleterre. " Le Gouverneur en , Chef, est-il dit, croit de son devoir de remarquer que le Lieutenant-Colonel Chevalier Duchesnay a présenté d'excellens diagrammes de chaque bataillon sous son inspection, sans aucuns frais pour le service public ; et S. E. les regarde comme une addition prédeuse à être déposée dans le bureau de l'Adjudant-Général, afin qu'on puisse y avoir recours en tout temps."

Jumonvïlte (Vilïers de) jeune officier canadien tué par les Anglais dans la dispute des deux nations pour le territoire de l'Ohio, tandis qu'il agissait comme parlementaire, et immortalisé par le poème de, l'Académicien Thomas, intitulé : La mort de JumonvUU.-- Voyez Viliers.

Juneau (Salomon) fondateur de Milwaukee dans TOuiV ccmsin, mort eh novembre 1856, était Canadien et naquit à Repentigny sur la rivière de l'Assomption en 1792. Il se fit remarquer de bonne heure par la force de sa volonté et cet esprit d'entreprise dont sa carrière avantureuse fournit un exemple si frappant. Jeune homme à l'âme fortement trempée, il laissa son paysan printemps de 1828 et atteignit les contrées de l'Ouest. Durant deux années de vie solitaire, il se levait avec le soleil et se couchait avec lui, n'importe où, mais toujours à la belle étoile, tantôt sur l'herbe, tantôt sur un rocher, et quelquefois dans le creux d'un vieil arbre, comme il le disait dans ses lettres à sa famille. Vers le printemps de 1830, il alla s'établir sur les bords du Milwaukee avec deux trappeurs qu'il avait rencontrés sur sa route. Aidé de ces pionniers, comme lui infatigables et hardis, il abattit quelques arbres, les dégrossit tant bien que mal, et construisit d'abord deux ou trois cabanes informes à l'endroit même où cette belle Milwaukee étale aujourd'hui des deux côtés de la rivière, ses mille maisons élégantes et coquettes. Tl fesait la traite avec les Sauvages. D'autres coureurs de bois vinrent se joindre à lui $ chaque mois la hache des travailleurs reculait la forêt. Salomon, chef de la nouvelle République, traçait lui-même les rues, organisait le travail. En 1837, Milwaukee comptait une population de 700 âmes. Quatre ans plus tard, le chiffre des habitans avait quintuplé. En 184*6, la population s'éleva à 9,655 individus, et l'année suivante à 14,05 1. Dès lors elle marche a pas de géant, on l'incorpore et Juneau est élu maire par acclamation. Milwaukee compte aujourd'hui plus de 30,000 âmes. Elle a un palâis de justice, un hôtel-de- ville, un bureau des terres, une université, une académie pour les demoiselles, 30 églises dont 5 sont catholiques, 3 asyles d'orphelins, une banque, 10 imprimeries, deux journaux mensuels et 16* gazettes. Salomon Juneau tomba malade dans son dernier voyage le 12 Novembre 1856. Il dit à un ami qui t'accompagnait : " j'espère être bientôt à Milwaukee, je serai heureux de la revoir, car je ne pense pas y avoir un seul ennemi." H n'eut pas cette consolation. Mais le 28, les citoyens lui tirent des obsèques publiques. Le général Grant commandait les troupes, Pévêque catholique officiait et le R*

P. Teardon prononçait le panégyrique du défunt. Les indiens lui avaient donné un tombeau temporaire, une sauvagesse lui avait pris les mains en pleurant, et priant tout bas, y avait imprimé plusieurs baisers 1 , puis l'avait quitté silencieusement ; une autre avait coupé une mèche de ses cheveux. — La fondation de Milwaukee par Salomon J un eau nous rappèle celle de Dubuque par un Canadien, le Sieur Dubuque, de St. Pierre les Becquets, District des Trois-Rivières. Les Indiens lui avaient donné un grand lit de terre dans l'Iowa, et Dubuque se fondait tandis qu'il revenait mourir dans sa paroisse. Cette ville a déjà un évêque.

Kelley (Jean-Baptiste) Gran d-Vicaire et chanoine honoraire du diocèse de Montréal, né à Québec en 1783, décédé en 1855, fut honoré de ces dignités en récompense d'un voyage qu'il fit à Rome, d'où il rapporta en Canada des reliques des saints. Ordonné prêtre en 1806 par Monseigneur Plessis, dont il fut sous-secrétaire, il eut d'abord la mission de Madawaska dans le Nouveau- Brunswick, rentra en Canada en 1810 pour occuper la cure de St. Denis ; et obtint en 1817 la cure importante de Sorel, qu'il ne quitta qu'en 184-9, pour être mis à la retraite.

Kempt (Sir James) Général et gouvernant anglais, mort à Londres le 21 Décembre 1854, avait reçu sa commission dès le temps que le marquis de Granby était Commandant des Forces. Il se signala fort dans la Péninsule, où il prît par escalade La Picurina et le château de Badajos, força la Bidassoa &c. A Waterloo, il commanda l'aile gauche après la mort de Picton. Successeur de Dalhousie en Canada, après avoir gouverné la Nouvelle- Ecosse, il plut à M. Papineau et concilia les esprits. Son succès était sans doute dû à ce qu'il connaissait le pays. Il avait été Quartier-Maître-Général sous l'ombrageux Craig. Sir George Prévost, qui lui donna le commandement à Kingston, fait son éloge dans une lettre du 26 août 18 H. Sir James Kempt fut plus tard commandant en Chef du Matériel de l'armée en Angleterre, et refusa un portefeuille. *

Kertk (Sir David) huguenot, amiral des vaisseaux du roi d'Angleterre et l'un des premiers baronets de la JNouvelle-Ecosse, créés p»r jacques 1er, conquit l'Acadie et le Canada en 1628 et 29.

Kidd (Adam) poète, né en 1802, mort à Québec le § juillet 1831, a publié à Montréal à peu près en même temps que Bibaud, père, un volume de poésie dédiées à Thomas Moore , le célèbre barde d'Erin. Ce qu'il y a de plus considérable est le poème intitulé " The Hnron Ghief" qui n'est point dépourvu de beautés.

Kitchi- Manitou, déité des anciens Sauvages du Canada, qui lui attribuaient tout le bien,

Kondiaronky ou selon Lahontan et les Anglais, Adario, Grand Chef Huron et capitaine dans l'armée française, homme de guerre, diplomate et orateur, joua aux Français traitant de la paix avec Teganissorens, cette fameuse pièce de supercherie dont on trouve les détails dans Charlevoix et Raynal. Celui-ci l'appèle un Machiavel né dans les forêts, surnommé le Rat par les Français à. cause de sa finesse, et qui était le Sauvage le plus intrépide, le plus ferme et du plus grand génie qu'on ait . jamais trouvé dans l'Amérique Septentrionale. En 1687, il suivit avec 400 guerriers le marquis de Denonville dans le pays des Iroquois, et dans le temps que Haskouaun, leur chef convenait d'une trêve avtc ce général, il continuait à harceler leur pays, et attaquait Teganissorens et les ambassadeurs, puis leur donnait à entendre que c'était les Français eux-mêmes qui l'avaient envoyé pour leur dresser une embuscade. Il fit des prodiges de valeur avec Ouréhouré au combat mémorable de Laprairie de la Madeleine et gagna un combat na- Tal sur le lac Ontario. Cette défaite et la mort de la Chaudière Noire, le foudre de guerre des Cantons, arrivée dans le même temps, forcèrent cette République à demander la paix. Kondiaonk prit part aux négociations de l'an 1700. Lorsque les députés Iroquois arrivèrent à Montréal, on les reçut au bruit d'une décharge de boîtes, ce qui choqua fort les alliés de la colonie, qui se demandaient les uns aux autres si c'était ainsi que les Français devaieut accueillir leurs ennemis. Le généreux yfcioqueur des Iroquois fit cesser ces wurmures et signa les préliminaires du 8 Septempre en disant : " j'ai

toujours' écouté la voix de moir père, et je jette ma hache à ses pieds ; je ne doute point que ies gens d'en haut n'en fassent de même. Iroquois, imitez mon exemple; " Une nouvelle cou fé renée fut convoquée pour l'an 1701. Montréal se vit remplie de Sauvages de toutes les nations au nombre de plus de 2000. M. de Callières, alors gouvernenr-géné*al, fondait, sa principale espérance pour le succès de ses desseins sur le chef Huron, a qui l'on avait presque tonte l'obligation de cette réunion et de ce concert jusque alors inconnu pour la paix générale. Il se trouva mal au milieu delà conférence: on le secourut avec empressement. Quand il fut revenu à lui, il manifesta le désir de dire quelque chose ; on le fit asseoir dans un fauteuil au milieu de l'assemblée, et tout le monde s'approctiB pour l'entendre. 11 fit avec modestie et dignité le récit de ses démarches pour amener une paix universelle «t durable. Il appuya beaucoup sur la nécessité de cette paix et les avantages qui en reviendraient à toutes les nations, en démêlant avec une étonnante adresse les intérêts des uns et des autres. Puis, se tournant vers le gouverneur-général, il le conjura de justifier par sa conduite la confiance qu'on avait en lui. Sa voix s'afliriblissant il cessa enfin de parler. Doué au suprême degré de cette éloquence pleine d'images des enfans de l'Amérique, il reçut encore dans cette imposante circonstance ces vifs applaudissemens qui couvraient sa voix chaque fois qu'il l'élevait dans les assemblées publiques. S'étant trouvé plus mal à la fin de la conférence, il fut porté a l r Hôtel-Dieu, où il mourut le lendemain, vers deux heures du matin. Son corps fut exposé en habits militaires, le gouverneur-général et l'Intendant allèrent les premiers lui jeter l'eau bénite, puis le gouverneur de Montréal et M. de Joncaire, à la tête de 60 guerriers du Sault St. Louis, qui, le pleurèrent et rirent des présens à sa famille. Le lendemain, on fit ses funérailles, qui eurent quelque chose de raanifique et d'imposant. Monsieur de St. Ours, premier capitaine, ouvrait la marche avec 60 soldats j venaient ensuite seize guerriers hnrons, marchant quatre à quatre, vêtus de longues robes de castor, le visage peint en noire, et le fusil sous le bras. Le clergé précédait le cercueil, soutenu par six chefe de guerre, et couvert d'un

poêle semé de fleurs, sur lequel on avait mis un chapeau, un hausse-col et une épée. Les frères et les enfans du défunt suivaient, accompagnés des chefs des nations, et M. de Vaudreuil gouverneur de la ville, fermait la marche avec Pétat major. Il fut inhumé dans l'église paroissiale, et l'on mit sur sa tombe : " Cy-Git le Rat, Chef Huron. " " Kondiarenk " eût signifié infiniment plus! Après les funérailles, M. de Joucaire mena les Iroquois de la Montagne faire leurs condoléances aux Hurons, auxquels il présentèrent la figure d'un soleil et un collier de porceleine, en les exhortant à conserver l'esprit et à suivre les vues du grand homme qn'ils venaient de perdre. Cette mort causa nue affliction générale. L'influence de Kondiaonk et le cas qu'on fesait de ses conseils dans sa nation étaient tels, qu'après la promesse que M. de Calliôres avait faite à ce chef mourant, de ne jamais séparer les intérêts de sa nation de ceux des Hurons, ceux-ci gardèrent toujours aux Français une fidélité inviolable. Jamais Sauvage n'avait montré plus de génie, plus de valeur, plus de prudence, plus de connaissance du cœur humain. Des mesures toujours bien combinées sinon toujours justes,, les ressources inépuisables de son esprit, lui assurèrent des succès constans. Il brillait autant dans les conversations particulières que dans les assemblées publiques par ses reparties vives, pleines de sel et ordinairement sans réplique. Il était le seul homme en Canada qui pût, en cela, tenir tète au comte de Frontenac, qui l'invitait souvent à sa table, afin de procurer à ses officiers le plaisir de les entendre ; ei il ne craignait point de dire qu'il ne connaissait parmi les Français que deux hommes d'esprit, — ce général et le P. de Carheil. Quel génie que l'enfant de la nature non éduqué dont une telle assurance vis-à-vis de tels hommes était tolérable ! L'estime qu'il avait pour ce jésuite fut dit-on, ce qui le détermina à embrasser le christianisme. Je ne puis mieux terminer cet article que par ces vers de l'ode des Grands Chefs :

Entre ces guerriers, quel est donc Ce Chef à la mâle figure, A la haute et noble stature ?

ÀJM c'est Kondiaronk i

Ce guerrier valeureux, ce rusé politique Ou, pour dire le mot, ce grand homme d'état,

Cet illustre Yendat, Presque digne£du chant de la muse héroïque.

De quel esprit est-il doué,

Quand deux fois par sa politique,

Et par son adroite rubrique,

L'Iroquois est joué ?

Quand pour le mot plaisant, la fine repartie Laissant loin en arrière Voiture et Balzac,

Le seul De Frontenac Peut avec lui lutter à pareille partie ?

Kondiaronc fit donc mentir le vers de Boileau : Est-ce chez les Hurons, chez les Topiuambous &c.

Kussick ( David ) Iroquois Tuscarora qui a publié : Esquisse de VHistoire Ancienne des Cinq Nations comprenant lo le récit fabuleux ou traditionnel de, la fondation de la grande île maintenant l'Amérique Septentrionale de la création du monde et de la naissauce des deux enfans. II. L'établissement de l'Amérique Septentrionale, et la dispersion de ses premiers hab.tans. III. L'origine des Cinq Cantons Iroquois, leurs guerres, les animaux du rays &c &c, Lewisîon (Canada Supérieur) 1829.— Kussick était un viellard qui, devenu invalide par accident, se dédommagea de la chasse en devenant l'historien de sa nation. Ii a rapporté en langage figuré mais peu intelligible, les légendes et les traditions non moins que l'histoire des Iroquois, dont il trace avec un air de bonne foi qui peut en imposer, la suite des Grands Chefs à partir d'Atotarho, leur premier héros. Son livre est illustré de gravures grossières représentant les géans et les monstres humains dont il parle dans son étrange récit. Cet échantillon de littérature sauvage est certainement une des plus curieuses productions de l'impremerie.

Laberge (Charles) avocat, Conseiller de la Reine et un B moment Solliciteur-Général lors de la formation du cabi-

net Brown-Dorion, est un de nos orateurs les plus distingués. Voici ce qu'en ont dit ses ennemis eux-mêmes. " Il n'est guères possible de posséder une plus grande facilité d'élocution, et si tute argumentation nerveuse et serrée manque presque toujours à ses discours, la période accomplie, heureuse et sicéronienne ne lui fait jamais défaut. Son geste a de la grâce, sa diction de la pureté, sa voix, de l'harmonie." La question des écoles séparées lui a fourni une belle occasion de signaler son éloquence, et seul entre les membres du parti démocratique, il a conservé constamment des principes religieux, que l'on n'a pas le droit de dire qu'il aurait abandonnés si le ministère qui l'a élevé avait pu se maintenir. Ayant accepté l'office de Solliciteur-Général, quoiqu'il ne l'ait gardé que quelques jours, il a dû briguer de nouveau les suffrages du collège électoral d'iberville ; mais il vient d'être réélu par une grande majorité.

Labrie (Jacques*) célèbre patriote, instituteur et publiciste canadien, docteur en médecine et membre du Parlement, né en 1783, fit ses études classiques au Séminaire de Québec, puis ses études médicales à Edimbourg, où il fut gradué. Un des premiers zélateurs de l'éducation en Canada, il fonda sur un grand pied à St. Eu s tache des écoles modèles ou académies pour les deux sexes, et lés surveilla sans cesse. Il établit et rédigea le Courrier, de Québec en 1807. Député au Parlement vingt ans après, il s'y montra laborieux et donna au public : Les premiers rùdimens de la constitution britannique traduits de l'anglais de Brooke, précédés d'un précis historique, et suivis d'observations sur la constitution du Bas-Canada. Il rit plus, il écrivit la première Histoire du Canada ; mais il mourut à St. Eustache de la rivière du Chêne le 26 Octobre 1831, avant que d'avoir pu la publier. Dès le 30 novembre, M. A. N. Morin proposa à la Législature d'allouer JB500 pour cette publication de 3 ou 4 volumes in- 8vo, en observant que, depuis Charlevoix, plus d'un siècle s'était écoulé sans que le Canada eût eu véritablement un historien ; il fut chargé de publier cette histoire, mais nos troubles politiques survinrent, et le manuscrit a déplorable ment péri chez feu M. Girouard, au sac et à l'incendie de St. Benoit. " Heureusement, disait XsjdÔVe Lebrun, M. Morin écrit avec gout le français, car ce tf&i •

point. par son style que M. Labrie peut mériter le surnom dé Tite-Live canadien, que des amis lui ont décerné." Cet écrivain français se montre ici bien sévère ; Jacques Labrie avait un style élevé ; je n'en veux pour preuve que les fragmens précieux qu'il a. fournis à la Bibliothèque Canadienne sur les premières années de la domination anglaise. Tout chaud Canadien qu'il était, Labrie se sépara de M. Papineau sur la question des subsides.

Laclede (Pierre de) Officier canadien, servit à la Louisianne, quitta la Nouvelle-Orléans en 1763, et alla fonder St. Louis de Missouri, aujourd'hui ville puissante de la Confédération américaine. Pierre Chouteau, allié & la famille canadienne des Céré, l'accompagnait.

Laeorne.— Cette famille sort de celle de De Chapt qui se divisa en De Chapt de Lavaltrie, de Laeorne &c, et Jabranche de Laeorne se subdivisa elle-même en Laeorne La Colombière, Laeorne St. Luc &c. — Pierce de Chapt Ecuier, Chevalier de Laeorne, était de l'ordre militaire de St. Louis. Après s'être trouvé à la défaite du Colonel Noble, il commanda eu Acadie, où il s'opposa au major Lawrence, et y bâtit le fort Beauséjour. En 1756, il battit les Anglais au fort Lydius, puis il alla reconnaître l'armée d'Amherst jusque à Oswego, où il éprouva quelque perte. Il commanda enfin aux Rapides, et disputa pied à pied le terrain à ce général. Ayant émigré à la conquête, il devint l'ami et Je compagnon d'armes du fameux bailli de SufFren St. Tropez, dans ses campagnes navales. Les La Corne et les Lanaudière du Canada se trouvèrent parmi les réclamans lorsque la France fut obligée de faire droit aux réclamations des alliés en 1815, parce que le chevalier de Laeorne avait placé des fonds sur la Municipalité de St. Mâlo. Son portrait se trouve dans l'Album du Commandeur Viger. Il est en cuirasse, décoré de l'ordre de St. Louis, et a perdu un œil à la guerre.— Maurice Dubreuil de Laeorne, ordonné prêtre en 1739, fut chanoine à Québec, et Conseiller Clerc au Conseil Souverain en 1749. Il passa en France en 1757.

Luc De Chapt de Laeorne St. Luc, aussi chevalier de St. Louis et homme influent parmi les nations sauvages, membre du Conseil Législatif sous les Anglais, prit le fort Clinton eu 1747. Il se trouva à Carillon et enleva a. Abercrouibie un convoi de 150 chariots. Après la perte

de Québec, il commandait les Sauvages -à Montréal. Les Mémoires publiés par la Société Littéraire et Historique disent que " M. de St. Luc, le Canadien qui avait sur eux le plus d'influence et aux sentimens duquel ils déféraient volontiers, avait été chargé de les engager à ne pas se rebuter." Il les mena à la bataille de Ste. Foye. Il voulut émigrer en 1760, comme le chevalier de Lacorne ; mais il fit naufrage et fut obligé de revenir dans son pays, comme on le voit par sa relation publiée à Montréal chez Fleury Mesplet en 1778. Il fut un des premiers sénateurs de la Province de Québec, combattit à St. Jean et commanda les Canadiens et les Sauvages dans la campagne de Burgoyne ; les uns et les autres finirent par abandonner la partie, ce qui occasionna plus tard une guerre de plume entre le général et auteur anglais et notre compatriote. An Conseil, M. de St. Luc ne voulait point de la constitution anglaise ; il dénonça les Loyaux Américains et l'opposition, et soutint autant qu'il put celle de 1774. Cette tactique, qui le rendit alors odieux à quelques-uns, doit de nos jours lui mériter la reconnaissance publique, car si nous eussions conservé cette première constitution, le Canada serait encore un pays presque exclusivement français. Il épousa en premières noces Demoiselle Her vieux, mère de Madame Major Campbell d'autrefois, puis Madame veuve St. Pierre et enfin Demoiselle Boucher de Boucherville, mère de Marie Marguerite Lacorne De Chapt de St. Luc, née à Montréal le premier jour de l'an 1775, qui épousa en 1794», l'honorable lieutenant depuis le Major Lennox, fils de lord Alexander Lennox, comte de Lennox et de Marche, qu'elle suivit en Angleterre puis à la Barbade, où il mourut en 1802 lui laissant cinq enfans. Elle épousa en secondes noces le Commande ur Viger, devint mairesse de Montréal et mourut le 27 Mai 1845.

Un De Chapt de Lavaltrie fut tué par les Iroquois en 1692. Un autre commandait au Sault St. Louis en 1747.

La Ferté (Jacques de) parent du maréchal de ce nom, Abbé de Ste. Marie Madeleine de Chateaudun et Chanoine de la Chapelle du Roi, un des Cent Associés et Directeur de cette fameuse compagnie, fut aussi un des grands seigneurs immédiats de la Nouvelle-France. Les Jésuites devinrent ses vassaux pour le fief de Batiscan,

qu'il leur concéda en "fief absolu, pour l'avancement du christianisme, à foi et hommage avec une croii d'argent de la valeur de 60 suis tous les vingt ans.

Lafitau (Joseph François de) de la Compagnie de Jésus, missionnaire en Canada depuis l'année 1700 jusque à 1717, découvrit dans les forêts de la Nouvelle-France le gingseng, qu'on croyait particulier à la Corée et à la Tartarie Chinoise, et écrivit un savant Mémoire sur cette plante. Il est encore célèbre par son livre sur les mœurs des tribus sauvages comparées à celles des anciens peuples. L'abbé Verreau, Principal de l'Ecola Normale Jacques-Cartier, vient de faire réimprimer son Mémoire au duc d'Orléans sur le gingzeng, précédé de sa biographie et de sun portrait, gravé d'après celui qui se trouve encore à la mission du Sault St. Louis.

L'honorable Louis Hypolyte La Fontaine, légiste et homme d'état contemporain, Baronet du Royaume- Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, Commandeur de l'ordre romain de St. Sylvestre de la Milice Dorée, membre du Conseil des Patrons de l'Ecole de Droit, deux fois chef responsable du pouvoir exécutif, et actuellement chef du pouvoir judiciaire de sun pays, né à Boucherville en 1807. — Etant entré fort jeune au Parlement, il y montra néanmoins quelque sagesse en exhortant lord Gosford à convoquer encore une fois les chambres et en se portant garant de la bonne conduite de l'Assemblée dans le casoù ce gouvernant aurait pris ce parti. Il fut recherché de lord Durharn. Quelque soit le jugement que portera de sa politique l'histoire, qui lui reprochera peut-être d'avoir accepté l'Union,( )il est de fait constant qu'après avoir proscrit la langue française et entendu faire des deux Canadas une province tout anglaise, l'Angleterre fut obligée de recourir à lui ; et qu'après une tentative de se passer de ses services pour adopter un milieu, il fallut le rappeler au pouvoir. Si Sir Charles Bagot eût vécu, il est pro-* bable qu'il n'y aurait jamais eu de malentendu quant à

Je crois fermement que quand l'Angleterre se vit réduite il appeler au pouvoir ceux qu'elle aurait voulu pendre, elle se serait soumise à tout. Il ne lui en coûta pas beaucoup pour gagner les chefs canadiens ; cependant M. Gimuard dédaigna ses faveurs, et Towsaint Peltier avait refusé de dîner avec lord Sydeaham !

la distribution des offices publics, et que l'administration de M. La Fontaine n'aurait point été interrompue, comme elle le fut, par ses démêlés avec lord Metcalfe. Sons lord Elgln, le bill extraordinaire d'indemnité lui prépara bien des soucis, ainsi qu'à ce gouvernant : ia paix publique fut même troublée, les Gliambres et leurs bibliothèques incendiées, et le parti soi-disant libéral, encore inaccoutumé a teuir les rênes du pouvoir, parut un peu gauche a l'œuvre à. cette époque d'effervescence publique, et peu^apable de rétablir la tranquillité. D'autres difficultés survinrent. M. La Fontaine n'eut pas seulement pour adversaires les torys. Ici comme en Angleterre, les sectes politiques se réunissent contre l'ennemi commun, les rouges et les torys se tinrent par la main. Si M. Papineau et lui ne s'entendirent plus, il faut avouer que, vu la position qu'il occupait , la jalousie , si jalousie il y eut, était plutôt attnbuable à M. Papineau. Quoiqu'il en soit d'ailleurs, il faudra toujours accorder à M. La Fontaine le mérite d'avoir fait rehabiliter la mémoire de son ancien chef, et de l'avoir rappelé dans son pays. Le ministre du Bas-Canada, trouva dans Robert Baldwin Procureur-Général pour le Haut-Canada, un collègue dévoué, intègre et laborieux. M. Baldwin a été créé- Commandeur Civil de l'Ordre du Bain en 1854». Je n'ai pas voulu séparer deux noms que l'opinion a unis en désignant leur cabinet sous le nom de ministère LaFontaine- Bafdwin. M. La Fontaine sut se retirer à temps de la vie politique et avec une dignité qui aurait dû servir d'exemple à ses successeurs ! Après un intervalle durant lequel il ne dédaigna point de reprendre sa pratique an barreau, il succéda à Sir James Stuart en 1853. En sa qualité de Grand Juge, il a présidé la Cour Seigneuriale. Il avait fait deux voyages en Europe ; le second a été profitable pour la bibliothèque du barreau. On doit au Juge en Chef V Analyse de l'Ordonnante du Conseil Spécial sur les Bureaux aV Hypothèques Montréal 1842 in-8vo. Il y fait bien l'anatomie de ce corps mal organisé. Aussi les Observations sur les Questions Seigneuriales. — Voyez Bedini, Viger.

Lamothe-Cndillac (Antoine de) seigneur de Bouaguat et du Mont Désert dans le présent état du Maine, fondateur du Détroit, aujourd'hui capitale du Michigan, était

capitaine des troupes de la marine avant de venir en Acadie, puis en Canada. En 16W», il succéda à M. de Louvigny dans le commandement de Michillimakinac et fonda le Détroit en 1701. Il vainquit les Miamis en 1707. On le retrouve Gouverneur de la Louis ian ne en 1712, où il tenta, mais sans succès, d'ouvrir un commerce avec le Mexique. En revanche il étabHt un poste au milieu des Indiens de l'Alabama, puis un autre à Natchitochès, pour servir de barrière contre les Espagnols. Il retourna en France en 1717, et mourut entre 1718 et 1719. Les Documens de Paris sont remplis de Mémoires qui prouvent son habileté comme économiste.

Lamartine (Alphonse de) le prince des poètes contemporains de la France, homme d'état comme homme de lettres, a fait un appel aux Américains et aux Canadiens en faveur de son "Cours Familier de Littérature. Il est associé étranger de l'Institut Polytechnique de Montréal. — Voyez l'Appendice de cet ouvrage.

Lancaster (Joseph) dont le nom est célèbre parcequ'il s'attacha à un système d'enseignement dit mutuel, qu'il propagea— résida à Montréal de 1829 à 1833. Il était venu en Canada après avoir éprouvé des malheurs dans la Colombie. La Législature avait dès 1824, fait imprimer et répandu un exposé analytique de sa méthode dans le but de la faire adopter dans les écoles élémentaires. Il ouvrit une école à Montréal, mais elle n'offrit pas de résultats satisfaisants. Le Parlement Provincial lui fesait une allocation annuelle de £V00 y qui ne lui suffisaient pas, puisqu'il publia en 1833 un rapport des résultats obtenus, et fesait appel à la bienveillance des citoyens éclairés pour continuer son éeole et faire connaître au public le résultat final de ses essais. Il alla mourir à, New- York.

Langloiserie (Marguerite Piot de) dite sœur St. Hypolyte, neuvième Supérieure de l'Institut enseignant de Marguerite Bourgeois en 1768, née à Varennes en 1702, était fille de Gaspard Piot de Langloiserie, seigneur des Mille Isles en 1710, Chevalier de St. Louis et Major puis Lieutenant de Roi des Places et gouvernement de Québec, et de Marie Thérèse Dugué. Elle eut peur parrain Christophe Du Frost de La Gemmerais, père de la Mère cKYoïwille. Entrée à&la Congrégation eu Î720, et une

première fois Supérieure, elle l'était pour la seconde foi» à l'époque de la conquête, et montra de la dextérité dan a ses rapports avec les gouverneurs anglais. On a de ses Lettres à M. Consturier et autres supérieurs généraux de St. Sulpice, ainsi qu'à l'Abbé de l'Ile-Dieu. Elle mourut en 1781.

Langy Montegron, habile officier canadien partisan. — Ayant la bataille de Carillon, il découvrit l'armée d'Abercrombie sur le lac St. Sacrement et la reconnut bravement avec^un seul canot. La relation officielle porte que " M. de Montcalm organisa un détachement de 130 volontaires sous les ordres de l'enseigne Langy Montegron, des coloniaux, officier de la plus haute réputation." Il fut blessé en côtoyant l'avant-garde sous lord Howe. Ayant surpris cinquante hommes des American Rangers aux environs du fort Lydius, il en tua 23. L'année suivante, il condui&it un corps de Sauvages à l'Ile aux Noix. Il alla reconnaîtra l'ennemi jusque à une lieue d'Albany et prit un caporal qui le mit au fait de la force de l'armée du général Amherst. En 1760, il fut chargé de défendre les approches de l'île de Montréal. L'auteur des Mémoires publiés par la Société Littéraire et Historique dit qu'il était distingué par sa bravoure, actif, vigilant, toujours prêt à marcher et à se signaler.

La Peltrie (Marie Madeleine de Chavigny dame de) jeune veuve qui, non-seulement fonda l'établissement des Ursulines à Québec, l'an 1639, mais sacrifia ses biens et sa personne même à ce qu'elle croyait être le bien de la Colonie. Elle poussa son zèle et sa charité jusque à se dépouiller du peu qu'elle s'était réservé pour son usa,ge, — à se réduire à manquer parfois du nécessaire et à cultiver la terre de ses mains, pour avoir de quoi soulager les nécessiteux et les enfans pauvres qu'on lui présentait. L'auteur de Y Histoire du Canada sous la domination française trouve un tel zèle excessif et même peu éclairé, mais il ajoute qu'on n'en doit pas moins priser sa bonne œuvre, dont le fruit s'est perpétué jusque à nos jours au grand avantage de la ville de Québec et de celle des Trois-Ri* viêres. Madame de La Peltrie assista à la fondation de Ville- Marie. On a son portrait dans l'Album des Souvenirs Canadiens du Commandeur Viger.

Lartigue { Jean- Jacques) premier évêque de Montréal,

tïaqtirt en cette ville le 20 juin On a parlé clans

le vie de la Sœur Bourgeois d'un Sieur Lartigue qui s'intéressa à l'établissement de son Institut à Louisbourg, et un abbé Lartigue, contemporain de notre évêque, se signale ou s'est signalé en France comme prédicateur Jean-Jacques fit ses études au collège de St. Raphaël puis à celui dit de Montréal, où il fut professeur et entra dans la Communauté de St. Sulpice. Monseigneur Hubert avait déjà proposé l'érection d'un évêché à Montréal. Pie VII voulut donner suite à ce projet en érigeant le siège de Québec en métropole, et profita de la présence à Rome de Joseph Octave Plessis, qui menait avec lui l'abbé Lartigue, que l'on regardait comme le plus digne d'occuper le siège qui devait être érigé à Montréal. La jalousie du gouvernement anglais retarda l'établissement formel d'une province ecclésiastique, bien que ce que l'on fit fut quelque chose du genre ; car les prélats qui furent chargés de Montréal, de Kingston, des provinces du Golfe et de la Rivière Rouge, ne furent point appelés coadjuteurs, mais sufFragans et auxiliaires de l'évêque de Québec. Dans le Mandement par le quel ce pontife les installait, il leur accordait les mêmes honneurs dont il jouissait lui-même, tels que ceux de la crosse et du dais : en un mot ils devaient officier avec le même cérémonial que l'évêque métropolitain, et l'ont fait généralement malgré l'opposition partielle qui eut lieu dans le District de Montréal, opposition dont le Séminaire de St. Sulpice était la tête, et le curé de Longueuil, l'organe. Le grand Vicaire Cadieux défendit les nouveaux évêques. Jean Jacques Lartigue avait été nommé par Pie VII le 1er. février 1 820, évêque de Telmesse en Lycie , suffragant et auxiliaire de l'évêque de Québec pour le District de Montréal, et il fut sacré par Plessis, le 21 janvier 1821, dans l'ancienne église paroissiale, de Montréal. Il fit la dédicace de la basilique actuelle en présence de l'Administrateur, en chef Sir James Kempt. Une des gloires de St. Sulpice, Monseigneur Lartigue résida d'abord au Séminaire ; mais en conséquence du mauvais accord dans lequel ce prélat M. Roux et M. Lesaulnier eurent chacun leurs torts et leurs raisons, il se rétira d'abord & l'Hôtel Dieu, puis s'établit avec l'aide dp MM. Viger et Papineau, ses puissanj cousins. Il fonda l'église, la

maison épiscopale et l'école de St. Jacques ; il. établit' aussi des classes de théologie dans sa maison, où se sont formés nombre d'ecclésiastiques distingués. Toute opposition cessa quand Montréal fut définitivement érigé en siège épiscopal indépendant en 1835. Ce siège releva de Rome, dont Mgr. Lartigue devint sufFragant Le procès que lui intenta M. Naud, et dans lequel les tribunaux civils se déclarèrent en quelque sorte incompétens, ne contribua pas peu à établir le principe de l'arao- Tibilité des curés, contre le quel s'était élevé M. Chaboyez. Ce procès, occasionna de part et d'autre la publication de plusieurs brochures, d'une part par le curé Naud, et M. La Fontaine son avocat, et de l'autre par l'évêque, qui publia un savant mémoire du Supérieur Roux, enrichi de ses propres additions et annotations, et de la réfutation des notes de M. La Fontaine. Durant nos troubles politiques> Monseigneur Lartigue sacrifia ses alliances à la doctrine théologique concernant la soumission à l'autorité, et exhorta dans un mandement plein de doctrine et digne d'un publiciste autant que d'un pontife, les Canadiens à demeurer paisibles. Son sucesseur eut à exécuter des projets qu'il méditait pour lé bien de s»on église, quand il mourut à l'Hôtel-Dieu le 23 Avril 1840. — Jean-Jacques Lartigue prêchait savament et conversait encore mieux ; aussi voyait-il chez lui, outre ses cousins, les premiers personnages de la Province et les gouverneurs, qui prisaient fort son commerce. Il s'était rendu habile dans la jurisprudence. Très petit de taille son chef annonçait du caractère et une sévérité que démentaient son bon cœur ; et une charité, pour . laquelle satisfaire, il avait parfois exposé sa personne ou fait des actes extraordinaires d'humilité. L'abbé Laroque a publié l'oraison funèbre de ce prélat éminent, . dont le Supérieur Quiblier prononça aussi le panégyrique. Le service funèbre qui eut lieu à l'église paroissiale fut le plus pompeux qu'on eût vu en Canada ; l'inhumation se fit à la cathédrale. Après l'incendie de 1852, les Sœurs de l'Hôtel-Dieu dont, il avait été l'hôte, obtinrent la translation de ses restes dans leur chapelle. Le meilleur portrait de ce Canadien illustre est celui de l'Album du commandeur Viger, par James Diincan.

La. Salie (Robert Cavelier de) (Jpmicihe & Montréal

comme agriculteur et commerçant, était Id'abord vénu en Canada pour y chercher, par le nord de ce pays, un passage aux Indes et à la Chine. Un accident qui lui arriva à trois lieues de Montréal,fit donner à l'endroit le nom de la Chine, en dérision de son projet de se rendre dans l'empire de ce nom par le Canada. Après le retour du Sieur Joliet, il changea de projet ; et persuadé que le Micissipi se déchargeait dans le Golfe du Mexique, il résolut de le reconnaître lui-même jusque à sa source. Il s'en ouvrit au comte de Frontenac, qui l'encouragea à passer en France, où le marquis de Seignelay accueillait favorablement sa proposition. La Salle obtint du Roi la seigneurie de Cataracouy à condition qu'il y bâtirait un fort en p : erres, et reçut des pleins pouvoirs et des fonds pour continuer les découvertes commencées. Il quitta La Rochelle en 1678. Il s'embarquait sur le lac Erié l'année suivante, accompagné du Récollet Hennepin, suivit une route différente de celle battue par Marquette et Joliet, et atteignit le Micissipi le 2 février 1682. Il poursuivit jusque au Golfe du Mexique le cours de sa navigation, et le nom de Louisianne fut donné aux contrées qu'arrose le grand fleuve* Il reconnut alors que l'entrée de ce pays par le golfe était la plus directe et la plus courte, et repassa à Québec, puis en France, d'où il revint avec quatre vaisseaux. On sait qu'il périt dans cette nouvelle entreprise victime d'un guet-à-pens,ei que d'Iberville eut la gloire de compléter son œuvre.

Latériere (De Salles) famille canadienne qui a fourni un Directeur des Forges de St. Maurice, chaud partisan des Américains en 1775, un membre influent du Conseil Législatif et un publiciste — En effet l'honorable Marc Paschal de Salles Latérière, membre du Parlement Provincial pour la cité de Québec de 1825 à 1829, et pour le comté de Saguenay de 1830 à 1834, sommé au Conseil Législatif en 1832, et du Conseil Spécial en 1S38, a écrit sur le régime féodal dont il s'est montré un des plus zélés défenseurs. Son frère, le docteur Pierre De Salles Latérière a publié à Londres en 1833, un écrit politique aussi remarquable que volumineux intitulé : À political Account of Canada 8vo. Le famenx J. A. Roebuck, membre du Parlement Impérial avait traduit l'original français. L'auteur n'était de retour dans son pays que

depuis quelques mois, quand il mourut chez ion frète? aux Eboulements, le 15 Décembre 1834.

Latour (Charles de St. Etienne Sire de) renommé par sa fidélité aux Roi en résistant au Cap de Sable à son père m Ame, lorsque toute la Nouvelle-France tombait au pouvoir des Anglais, obtint ensuite une concession d'une

Sartie de PAcadie et nommément le fort et habitation e La Tour, ainsi qu'une concession de dix lieues pour Claude , son père , bien qu'il eût accepté la chevalerie en Angleterre, épousé une fille d'honneur de la reine, et levé la guerre contre la France. Charnizê et Denis étaient après Charles de La Tour les plus grands seigneurs de l'Acadie. Tous trois jouèrent le rôle des châtelains du moyen âge. LaTour, attaqué au fort St. Jean par Charnizé, obtint du gouverneur de Massachusetts le permis de lever des gens de guerre, repoussa son antagoniste et le poursuivit jusque sous ses murailles 5 mais l'Anglais fit bientôt un traité avec Charnizé, et St. Jean fut de nouveau assiégé. Madame LaTonr, fameuse héroïne de ces temsde chevalerie, le repoussa cette fois; mais au troisième siège, elle dut se rendre après avoir souffert les dernières extrémités, à des conditions honorables^ qui furent violées par le vainqueur : Charnizé fit pendre la garnison et força l'héroïne à assiter au supplice la corde au cou. M. de LaTour erra en diverses parties de l'Amérique. Il vint à Québec en 1646 5 il fut salué à son arrivée par le canon de la ville et logé au château St. Louis. La fortune devait lui sourir de nouveau. On le retrouve plus tard, par un assez bizarre caprice du hazard, Baronet de la Nouvelle- Ecosse sous Cromwell et en possession non seulement de St. Jean, mais du Port Royal et de la veuve de soa rival. — Voyez Menou, Vandôme.

II (Louis Bertrand de) docteur en droit, homme notable dans les annales ecclésiastiques du Canada, naquit à. Toulouse vers 1700. Il arriva à Québec en 1729, pourvu de Lettres Patentes qui le créaient Conseiller clerc au Conseil Souverain, charge qui le fesait en même temps grand Vicaire ad hoc de l'évôque. Monseigneur Dosquet lui donna un canonicat et le revêtit même des dignités d'Official et de Doyen. Il quitta le pays en 1731 et non en 1736, comme l'a fait voir M. le Commandeur

Viger, qui a prouvé l'inexactitude des dates du grand vicaire Noyseux, qui fait arriver ce dignitaire en 1706. Il écrivit sur monseigneur de Laval Montmorency des Mémoires qui laissent beaucoup à désirer (Cologne 1761.) et aussi une oraison funèbre de l'Abbé Dominique Antoine Réné Thaumurde la Source, raissionnairê zélé.

Lauzon, puissante maison française liée à l'histoire de la Nouvelle-France. On connaît :

I. — ( ) Conseiller du Roi en ses Conseils d'Etat et Privé, Président au Grand Conseil, Maître des Requêtes ordinaires de l'Hôtel du Roi, Intendant de la Compagnie de la Nouvelle -France on des Cent Associés.

II. — (François Louis de) Gouverneur et Lieutenant- Général de la Nouvelle France pour le Roi et la Compagnie. Il se fixa en Canada et eut la garde noble des L enfens du suivant après sa mort.

ITL— (Messire Jean de) son fils, Chevalier de Charuy, seigneur sur la rivière de l'Assomption en 1652, Grand Sénéchal de la Nouvelle-France. Il servit dans les régimens de Navarre et de Picardie, posséda l'estime du duc d'Epernon, et fut tué dans un combat par les ïroquois en 1660. — Charles de Lauzon Charny, épousa d'abord Demoiselle GifTard, fille du fameux seigneur de Beauport. Cette dame étant morte en 1656, il passa en France, revint en 1657, et embrassa l'état ecclésiastique après avoir été Commandant-Général de la Colonie ou Gouverneur- Général, ainsi que son père prétend l'instituer par sa commission. Il fut Officiai et Grand- Vicaire de Mgr. de Laval Montmorency, et mourut le 22 avril 1673.

V. — (François ) Conseiller au Parlement de Bordeaux, qui reçut une concession de soixante lieues de pays en Canada, et qui est désigné seigneur de La Citière et de Gandar ville. Il eut le premier des vassaux, — les Jésuites à La Prairie de La Madeleine, les Le Moine à Longneuil et la Compagnie de Montréal dans l'!le de ce nom. M. de La Dauversière obtint de lui le traité de concession en 1640, à Vienne en Dauphiné.

Le Ber (Jeanne) célèbre recluse canadienne, cousine germaine du premier baron de Longueuil et fille du plus riche négociant du Canada, excellait dans les ouvrages de broderie et travailla le drapeau avec lequel son cousin marcha contre les Anglais en 1710. Elle quitta le

monde, donna son patrimoine à la Congrégation de No** tre-Dame et se renferma dans une cellule où elle mourut en odeur de sainteté en 1714. Le P. Charlevoix devait publier sa vie à la suite de son journal, mais il ne le fît point. M. de Belmont prononça son oraison funèbre, puis écrivit son Eloge, dédié à M. Le Pelletier, Abbé de St. Aubin : il la compare à Ste* Rose de Lima. Bacqueville de la Potherie la mentionne dans son Histoire, et M. de Montgolfier a écrit sa vie. Entre autres objets on conserve d'elle à la Congrégation, un riehe devant d'autel. Le jeune Le Ber Duchêne, tué en fesant des prodiges de valeur à la téte des Canadiens, au combat de La Prairie de la Madeleine, était son parent, sinon son frère. Un autre frère de cette sainte, Pierre Le Ber, entra dans l'ordre des frères Charron, où il mourut en 17Q7.

Leclerc (Chrétien) missionnaire Récollet né en Artois vers 1630, fut envoyé en Canada en 1655. Après s'y être adonné avec zèle au travail des missions, il retourna en France, où il devint Gardien du couvent de Sens. Outre son Histoire de la Gaspésie, on a de lui un ouvrage plus précieux, l'Etablissement de la Foi dans la Nouvelle- France. Quoique cet ouvrage ait été effacé par celui de Charlevoix, il contient des renseignemens et des détails utiles et intéressans.

Lefebvre. — Outre François Lefebvre, arrivé à Québec er* 1672, Supérieur et Seigneur de Montréal après M. Dollier de Casson, et Grand-Vicaire de Messeigneurs de Laval et de St. Vallier, on connaît Lefebvre de Labarre et les Lefebvre de Bellefeuille.

Antoine Joseph Lefebvre, seigneur de La Barre, Lieutenant-Général et Gouverneur de la Nouvelle-France,, mort en 1688, avait été successivement Maître des Requêtes, Intendant du Bourbonais, de l'Auvergne puis de Paris, et Gouverneur de la Guiane en 1663. Il conquit Cayenne sur les Hollandais et y ionda les établissent ens français. Il battit les Anglais aux Antilles en 1667. On sait qu'il fut moins heureux en Canada, où il fut humilié par les Cantons Iroquois. On a de lui : lo Description de la Nouvelle-France 1666 in-4to et Journal d^un Voyage à Cayenne 1671, 2 vols, in-12. M. de Belmont le désigne : u M. de La Barre, Intendant d'Auvergne, capitaine de vaisseaux, qui avait donné un beau combat aux Iles et

<yui se feit appeler M. le Général." La seigneurie dé La Barre fut depuis érigée en marquisat.

La famille canadienne Lefebvre de Bellefeuille a fourni un zélé missionnaire, dont on a une relation, et des officiers supérieurs de la Milice. Charles Lefebvre de Bellefeuille, avant d'entrer au centième régiment anglais avait servi Napoléon III en Crimée et contre les Kabyles d'Afrique ; puis dans la cavalerie de Montréal, dont il a reçu un sabre d'honneur.

Legardeur, puissante maison canadienne divisée en plusieurs branches, — Legardeur de Repentigny, de Tilly, île St. Pierre, de Montessnn &c. et descendue de Jean Legardeur Sire de Croysille, annobli l'an 1510. Un autre Sieur de Croysille devint baron de Portneuf par alliance avec une Bécancour.

**" Cette famille arriva en Canada en 1637, selon M. de Belmont. Pierre Legardeur, Ecuier, Sieur de Repentigny, alla en France en 1645, pour régler avec les Cent Associés leurs difficultés avec les habitans de la Nouvelle-France, et y conclut un compromis par lequel la Compagnie leur abandonnait la traite des pelleteries avec les Nations sauvages à la charge de payer les dépenses de l'administration politique et un tribut d'un millier pesant de peaux de castor. Il commanda souvent la flotille qui allait de Québec en France, et on lui donnait dans ces circonstances le nom d'amiral, comme on le voit par les Lettres de la Mère de l'Incarnation. En 1647, il obtint en toute propriété, seigneurie et justice le fief de l'Assomption.

Jean-Baptiste Legardeur, Ecuier, Sieur de Repentigny obtint plusieurs seigneuries, et Pan 1663 (7 octobre), quani les Canadiens tentèrent d'implanter en Canada le régime municipal, il fut élu maire de Québec. Le Conseil Souverain l'admit au serment, mais lui retira depuis ses pouvoirs de l'avis de Tracy et Talon. Si cette plante populaire avait pu s'acclimater dans les circonstances où le pays se trouvait, elle lui aurait été plus salutaire qu'elle ne peut l'être de nos jours, — car le Canada était situé à peu près comme l'Europe aux temps pour lesquels l'illustre Robertson a pu dire avec vérité ■: " l'institution des villes en communautés, corporations ou corps politiques , et l'octroi à elles fait du privilège de la jurisdiction muni-

cipale, contribua peut-être plus qu'aucune autre cause è introduire un gouvernement régulier, une bonne police et les arts." Un Legardeur de Repentigny établit une manufacture en 1704.

Pierre J. B. F. X. de Repentigny, Chevalier de St. Louis, était lieutenant des troupes en 1748, quand il obtint un billet de logement chez le Sieur Philibert, qui ayant voulu résister à l'ordre, fut tué par lui d'un coup d'épée i travers le corps. M. de Repentigny s'enfuit en Acadie, puis en France, où il obtint du roi des Lettres de grâce et de pardon qui furent entérinées au Conseil Supérieur le 29 Septembre 1749. C'est probablement le même qui nous a laissé la relation d'une expédition qu'il rit entre Orange et Saratoga en 1746. A 34 ans, le 30 Janvier 1753, il épousa à Montréal, Demoiselle Catherine Archange Payen de Noyan. Il était alors devenu capitaine d'infanterie. Dans la dernière campagne de Montcalm, il commanda un bataillon de la Milice de Montréal, et à Montmorency, où Wolfe échoua contre le camp de Beaupor*, il soutint le principal effort de l'ennemi. A Ste. Foie, il commanda une brigade du centre qui fut la seule qui se soutint toujours contre les Anglais. Elle arrêta l'ennemi, repoussa deux corps détachés de Paile droite anglaise, et donna aux grenadiers délogés du moulin Dumont la facilité de se rallier. Il fut ensuite établi commandant à la Pointe aux Trembles, puis au fort Jacques- Cartier. Ayant émigré en 1760, il mourut commandant de Mahé dans l'Jnde en 1776.

Louis Legardeur, Ecuier, Sieur de Repentigny, Chevalier de St. Louis, son frère cadet, né à Montréal le 5 août 1721, épousa à Québec le 20 Avril 1751 Demoiselle Marie Madeleine Régis Chaussegros de Léry. Il émigra à. la conquête, après s'être signalé sous Montcalm et Lé vis, fit la guerre d'Amérique sous Rochambau et devint Gouverneur du Sénégal, Brigadier-Général et comte. Il mourut à Paris le 9 Octobre 1786, ayant eu de son épouse, Louis Gaspard, né à Québec le 10 juillet 1753, mort le 2 juillet 1808 à, Pointe-à-Pitre de la Guadeloupe, où cette maison possède de grands biens. Il avait épousé Demoiselle Duquesnal, qui épousa en secondes noces le comte de Marchais. M. Violet, Procureur des Repentigny, est venu en Canada ces années dernières pour y recueillir des

titres propres à faire valoir leurs réclamations snr certaines terres des Etats-Unis, dont ils ont été en partie remis en possession. Par l'impoli tique de l'Angleterre, ces terres avaient fini par se trouver enclavées dans la province de New- York.

II — Louis XVI nomma en 1674 un Legardeur de Tilly conseiller au Conseil Souverain, et en 1728, un autre était Commissaire ordonafeur ou subdélégué de l'Intendant. Un troisième émigra à la conquête, se signala dans la marine et devint comte de Tilly. Commandant la Concorde de 26 canons en 177*9, il surprit le 18 février un corsaire de 14 canons et fut blessé dangeureusement dans un combat avec la frégate anglaise Congrès, qui fut obligée de prendre la fuite. Le 22 août, il prit la frégate Minerve, puis le Romulus, en 1782, dans la Chesapeake. Il assista dans les mêmes eaux à la bataille livrée par l'amiral Destouches à l'amiral Arbuthnot, puis à celle de Trinquemale sous SufFren, dans l'Inde. Il y fut encore blessé avec plusieurs Canadiens. — D'Aillebout de Perigny les sieurs de Marigny, de Linière et autres. Le chevalier Legardeur de Tilly, différent du précédent, fut tué avec M. D'Estknauville. Une demoiselle Tilly de Repentigny avait épousé en Canada le sieur Desbordes de Landrief, d'abord garde du corps de Louis XVI et chevalier de St. Louis, puis chevalier de la Légion d'honneur et aide-de-camp du duc d'Aremberg qui, à la restauration, lui laissa l'Hôtel d'Aremberg à Paris.

III. — M. Legardeur de St. Pierre fut chargé par le marquis de la Jonquière de renouveller la tentative de Varenne de la Verendrye pour découvrir la mer de P Ouest. Il était associé au sieur Marin, capitaine redouté et qui avait fait des actes de bravoure dignes des flibustiers. S'ils firent peu de découvertes, ils réalisèrent d'immenses profits pour eux et pour le gouverneur, dont le lucre mercantile était l'ambition. Qttant à M. de St. Pierre, c'était selon l'auteur des Mémoires " un officier renommé par sa valeur et une certaine intrépidité qui le taisait craindre et aimer des natiens, et qui joignait à la connaissance parfaite du commerce des Sauvages, une grande intégrité." Washington, qui eut une entrevue avec lui au fort Le Bœuf, dont il fut commandant, vante sa politesse et son air martial.

TV. — Xe garde ur de Mon tesson, un des héros de Carillon, chevalier de St. Lonis, se trouva en 1748 à une conférence tenue par le comte de Galissonière avec les sauvages au château St. Louis, fit les campagnes de Montoalm, et commanda à Kamouraska en 1759, un poste * signaux. Quand les Français se désistèrent de garder nie d'Orléans, ils Py laissèrent avec un détachement et une batterie. Il resta dans le pays malgré la conquête, combattit contre les Américains à St. Jean, et mourut leur prisonnier On connait Madame de Montesson, que le duc d'Orléans épousa avec le consentement de Louis XV, et qui, après avoir émigré, rentra en France sous le consulat de Bonaparte. Un Sieur de Montesson avait été tué par les Iroquois eu 1693.

Légarê (Phonorable Joseph) célèbre paysagiste canadien décédé membre du Conseil Législatif, s'était fait lui-même ce qu'il était, n'ayant eu pour guide que son i^énie, qu'annonçait en lui un chef très remarquable. Il recueillit une galerie de peinture dont il a publié le catalogue en seize pages, Québec 1852. On ne connait guères d'artistes devenus sénateurs: M.Joseph Légaré a eu cela de commun avec le peintre David. L'abbé Légaré, du séminaire de Québec, étudiant à l'école des Carmes de Paris, avec MM. Beaudet et Hamel pour occuper ensuite une chaire è l'Université Laval, a brillé par un travail sur l'autorité temporelle des papes au moyen âge dans un séance présidée par l'archévêque de Paris et où se Irouvait M. Villemain, Mgr. Boudinet,} évêque d'Amiens, et Mgr. de Montréal.

Leif, fils d'Erie le Rouge, navigateur Danois qui peut passer pour celui qui a vraiment découvert l'Amérique, avant le douzième siècle. Il descendit dans le Vinland. Thorwald, son frère, et Thorstin, son fils commercèrent avec les Esquimaux.

Le Moine, célèbre famille canadienne originaire de Normandie, où les le Moine remontent jusque à Guillame le Conquérant.

Le premier le Moine du Canada, qui fut le père ou l'aieul d'un grand nombre de héros, est Charles Le Moine, Ecuier, sieur de Longueuil et de Chateauguay, qui vint de France, en 164rl et fut interprète des langues à .Montréal. François de Lauzon lui concéda cinquante

arpensen fief avec haute, moyenne et basse justice, çfn 1657. De Lauzon Charny y ajouta l'île Ste. Hélène, l'île Ronde Pan 1664, et ces concessions furent encore étendues par les Intendans Talon et' Duchés Dean. M. de La Barre, dans une dépêche qui fut portée en France par d'Iber ville, son fils, conseillait au ministre de la marine, de le nommer au gouvernement dè Montréal comme étant l'homme du Canada qui avait le plus fait à la guerre contre les Iroquoisr et contribué d'avantage à la paix qui avait été conclue avec eux. Il avait une grande influence sur. les nations, qui l'appelaient Akouessan ou la perdrix, et ce fut lui qui amena les chefs vers M. de la Barre. Le marquis de Denonville le loue dans une dépêche. Il alla en France en 1691. Charles le Moine fut encore plus illustre par sa. nombreuse et puissante postérité que par* lui-même. Il douna naissance à Charles Le Moine, premier barron de Longueiûl, à Jacques, Sieur de Ste. Hélène, Pierre, sieur d'Iberville, Paul, Sieur de Marieour, François, Sieur de Bien ville, Joseph, Sieur, de Séxigny,. Louis, Sieur, de Chateauguay &c. (Voyez ces noms) En parlant des services div second Sieur de Chateauguay à Louisbourg, Léon Guéri») historien de la marine française, écrit: " c'est ainsi que du golfe St. Laurent au golfe div Mexique, de la, France équinoxiale à la Nouvelle-Franoe, continua longtems encore à jeter son. éclat, la plus glorieuse famille peut-être, qui ait jamais brillé aux colonies." Marie Anne fille de Charles le Moine née à- Montréal le 1& août 1678^ épousa le 18 Octobre 169°* le chevalier J. B. Brouillac de la Chassaigne, gouverneur ou commandant de Montréal. Marguerite le Moine, troisième Supérieurs de PInstitut de Marguerite Bourgeois, née a Montréal, était cousine germaine de ces héros*. A près avoir fait place à, la sœur Charly, elle fut élue une seconde puis une troisième fois.

Léry, une des plus illustres maisons canadiennes, issue peut-être de ce baron de Léry et vicomte de Gueu qui tenta en vain de s'établir en Canada Pan 1518 et dont Lescarbot dit " qu'il avait le courage porté à de hautes choses et désirait donner commencement à un établissement de Français par delà les mers. "

Le premier Léry dont il est ensuite parlé dans notr«

Histoire, est le Sieur Gaspard Chaussegros de tiéry, In» génieur en Chef du Roi dans les places de la Nouvelle- France. Elève de Vauban, il servit au siège de Turin avant de venir (1716) en Canada, où il épousa Demoi* selle Legardeur de Beauvais en 1717. Il fortifia Québec, ses plans, envoyés à la cour, ayaut été préférés à ceux des Sieurs Beaucourt et Levasseur (1720.) On conserve au ministère de la Marine, en France, son Mémoire sur la situation de Montréal (1717,) qu'on résolut aussi de fortifier. Il en fît un plan qui est, dit-on, le plus beau spécimen de topographie du temps. On n'estime pas moins comme travail hydrographique sa Carte du St. Laurent depuis Catarocoui jusque à Kamouraska. On a encore de lui " uu projet pour former un commencement de ville à Chambly " une carte de la Baie St. Paul, indiquant les lieux où se trouvent des mines ou des eaux sulfureuses, et le plan d'un mantelet blindé pour servir à prendre un fort sauvage. Il mourut en 1756. Sa fille / épousa le Marquis de Lotbinière. Joseph Chaussegros de de Léry, fils, du précédent dénommé iS Ingénieur du Roi, " Chevalier de St. Louis, construisit le fort Beauséjour en Acadie. Il obtint une seigneurie, en 1732. Homme de main comme de science, il commanda un détachement à l'attaque du fort Oswego, prit les forts Bull, Bridgeman et Clinton, et commanda un poste à signaux dans l'île du Portage en 1759. Surpris par Wolfe à Beaumont, il perdit tous ses papiers. En 1760 une partie de cette maison passa en Ftance ; mais l'autre resta en Canada. Ce furent le chevalier et la chevalière de Léry qui portèrent à George III l'hommage de ses nouveaux sujets. (*)

Benoit Chaussegros de Léry, neveu de l'élève de Vaubau, fut contre amiral et commandant de Toulon sous la République Française.

(•) His Ma jesty George III. dit Madame Roy, bad the gratification of receiring the bornage of his new subjets. The chevalier Chaussegros de Léry aod bis lady were the tiret of his Oanadian subjects tbat bad the bouour of beiog presented at Court. The young and gailant tnonarch onrcceiving Madam de Léry, who was a very beautiful woman, obserred to ber : " If ail the ladîes of Canada are as baûds orne as yourself, I tare indeed made- a conques*» *

François Joseph Chausseur os de Léry, célèbre ingénieur sous Napoléon, baron d'Empire, puis vicomte, Grand Croix de la Légion d'Honneur et Commandeur de l'ordre de St. Louis, né à Québec le 3 1 Septembre 1754, était fils de Gaspard Joseph Chaussegros de Léry, écuier, (f) capitaine des troupes de la marine, et de Marie Louise Mar telle de Brouages. (§) Il commença à huit ans ses études à, Paris. Le génie des fortifications était héréditaire dans sa maison. Admis à l'école du génie à quinze ans, il en sortit lieutenant en 1773. Il servit en Amérique en 1781 et 1182, assita à la bataille navale qui eut lieu entre le comte de Guichen et l'amiral Kempenfeldt, à celles du 9 et du, 12 avril, puis mit,la Guadeloupe en état de défense. Décoré de la croix de St. Louis en 1790, le premier germinal en III, Léry était nommé chef de bataillon et sous-directeur des Fortifications. L'an IV, il devenait chef de brigade, puis Directeur des Fortifications le 6 ventôse de l'an VI. L'an VIII, 5 floréal, le premier consul le nomma Inspecteur des Fortifications et Commandant du génie en Hollande: il le créa général de division le 1er février 1805, et l'on sait qu'il refusa ce grade à Jomini* Léry savait diriger les colonnes comme les travailleurs. L'an III de la Republique, il disposa les ouvrages pour le passage du Rhin à Dusseidorf et à Vandangen. L'an IV, il commanda le siège de Biberach et le blocus de Cas*eL L'année suivante, il suivit jourdan, qui allait débloquer Manheim. Il fit ensuite les campagnes du Danube et du Rhin, et servit dans le pays des Grisons. L'an XII, il fut de l'armée des Côtes de l'Océan, et de la grande armée l'année suivante : il se trouva à Ulm et à Austerlitz. Officier de la Légion d'Honneur en 1805, il commanda le génie en Italie. En 1809, il commanda en chef cette branche

(f) Chevalier de St. Louis, «eigneur de Gentilly, et de St François de la Beauce, membre des Censeils Exécutif et Législatif, le même qui alla eu Angleterre.

[§] M. de Brouages seigneur au Labrador, maria ses filles à M. de Léry, au général Johnson, gouverneur de Woolwicb, au colonel Hughes de l'artillerie, et à M. Lecompte Dupré. Une Demoiselle Lecompte Dupré épousa le général Lemoy ne/ aussi de l'artillerie.

«tu service au grand état major de l'armée d'Espagne. IL conduisit particulièrement le siège ou blocus de Cadix, et les ouvrages gigantesques des Français autour de cette ville sont d'une célébrité qui ne le cède qu'à celle des travaux de lord Wellington à Torres Vedras en avant de Lisbonne. Il conduisit aussi le siège de Badajos et en doubla les fortifications, ainsi que celles de Ciudal Rodrigo. On trouve dans le livre Intitulé Exploits of Wellington une lettre de Lèry au général Kel 1er maori sur la prise de* Badajos. Mais il fut tiré de la Péninsule pour commander le génie dans la campagne de Russie, c'est-à-dire un corps d'ingénieurs proportionné à une armée de six cent mille homme. 11 échappa au désastre et reparut en Espagne en 18234 En 18 14, il commanda de nouveau le génie sous les yeux de Napoléon. Il avait été créé baron d'Empire en 1811 avec une dotation en Westphalie. A la restauration, Louis XVIII le créa Grand Croix de la Légion d'Honneur Commandeur de St. Louis, membre du conseil de guerre et vicomte.. Napoléon retraçant dans les Mémoires de Ste; Hélène ses grands projets défensifs de 1815 dit : " les travaux de la défense de Lyon avaient été confiés au général du génie Léry. Le 25 juin, ils étaient élevés et armés." Jonvini ajoute dans le Précis Politique et Militaire de la campagne de 1817 : " Le général Léry eut la tâche de présider aux travaux dé&nsifs- de Lyon ; ils étaient poussés avec vigueur : 450 pièces de gros calibre en fer, amenées de Toulon, et 250 pièces en bronze, armaient les remparts- ou servaient de réserves." Malheureusement, Napoléon rendit inutiles les travaux sous Paris et Lyon en allant se faire écraser d'une seule fois dans les champs belgiques. Louis XVIII remonté une seconde fois sur son trône, n'en voulut pas encore à, M. de Léry et le créa Lieutenant-Général. Mis à la retraite le 1er. août 1818, il reçut Mgr. Plessis à Paris en 1820; et écrivit à ce sujet une lettre touchante à Madame de Beau*jeu, sa sœur. Il mourut le 5 Septembre 1824* à Char** trelle près Melun, chez le comte de Marchais, son parent, (dans les bras du baron Atalin, son aide de camp, qui le fut plus tard de Louis Philippe,) d'une apoplexie foudroyant?. Le jour même de sa mort, il était sur la liste des officiers-généraux qui devaient

être créés- maréchaux de France. Le maréchal duc" de Valmy, dent il avait épousé la fille, prononça l'éloge funèbre sur sa tombe. On retrouve son portrait aux Invalides et son nom sur l'Arc de Triomphe de la barrière de l'Etoile, voûte de l'ouest. Ces honneurs lui étaient dus par la milice française comme à un des lieutenans de Bonaparte qui lui furent plus fidèles. — Gaspard George Roch, frère du précédent, né à Québec le 22 Décembre 1774, fut baptisé le même jour par Messire Dosque, et eut pour parrain et marraine Louis Roch de St. Ours Deschaillons et Demoiselle Angélique Chaussegros de Léry. Il étudia au Séminaire, où Edmond Burke,depuis Vicaire Apostolique de la Nouvelle-Ecosse, fut son professeur ; puis il passa en France. S'étant échappé de l'Ecole de Méziére sous le règne de la terreur, il fit la campagne des princes comme ingénieur-volontaire, ainsi que l'atteste le certificat du Maréchal de Broglie daté de Dusseldorf le 26 Mai 1793* Depuis lors, il servit tour à tour dans cette branche l'Autriche et la Russie. Etant entré dans le corps du prince de Condé, il y commanda son arme jusqu'à la paix de Carapo Formio. Ce corps étant alors entré au service de la Russie, il le suivit en Volhynie et se retira du service le 12 avril 1797, avec l'estime et le regret de ses compagnons d'armes, selon le certificat qui lui fut donné à Dubno par les commandans de ce corps. Devenu ensuite précepteur d'un prince impérial, il visita avec lui la piupart des cours et obtint des marques d'estime de la plupart des souverains, ainsi que les ordres de St. Louis et du Lys.- Il est mort à Grodno, en Pologne, en 1830, sans postérité, ne s'étant jamais marié. Il n'avait jamais rien demandé à sa famille, qui a même reçu après sa mort des objets de grande valeur par l'intermédiaire du baron de Kilchen, Consul-Général de Russie aux Etats-Unis. On peut consulter encore sur François Joseph Notice Biographique du Lieutenant- Général, vicomte de Léry, par le vicomte de Léry, son fils, Paris, Imprimerie de Ca^pentier Méricourt, 1824?. Ce dernier (Gustave d'Estienne Chaussegros de Léry) qui a aussi rédigé le Corsaire et le F*u Follet, fût d'abord dans les Gardes du Corps puis dans l'état-major, parvint au gradé dé colonel du 49e de ligne fut blesse à la prise du Txocadero à Cadix, sous S» A* R, le duc d'Aiigoulême, et

4écorè de l'ordre de la Légion d'Honneur. Il a été aussi chargé d'affaires à Hambourg. Il a épousé en 18S2, Marie Rose Ernestine de Somery, fille de Louis Marie de Johanne de Lascar, Marquis de Somery.

Alexandre André Victor Chausscgros de Léry, frère dei deux ingénieurs, après avoir fait des études distinguées au Séminaire de Québec, où il brilla surtout en mathématiques, étudia le droit et entra au barreau ; (*) mais eutraîné par Juchereau de St. Denis, depuis baron et général, il passa en France, où il rejoignit François Joseph et devint Colonel du 46ème, qui participa aux deux défenses de Badajos, que son frère avait fortifiée. Wellington fut vaincu à la première attaque ; mais y ayant mis de nouveau le siège, il prit la place après avoir perdu 6000 hommes. Alexandre de Léry mourut en 1816 Commandant à St. Pierre de la Martinique. Catherine Chausse gros de Léry, sœur de ces trois frères, née k Québec, épousa l'honorable Jacques Philippe Saveuse de Beau jeu, et est morte à Montréal le 23 Février 184*7 à 76 ans.

En Canada, l'honorable Louis Ré né Chaussegros de Léry fut Grand Voyer, puis sommé au Conseil Législatif en 1818. L'honorable Charles Chaussegros de Léry fut Député Quartier-Mattre-Général de la Milice durant la guerre de 1812 et membre du pouvoir exécutif en 1826, et C. E. Chaussegros de Léry a été enfin membre du Conseil Spécial en 1838.

Lescarbot (Marc) né à Vervins, d'abord Avocat au Parlement de Paris, quitta le barreau, pour suivre ses penehans, qui l'entraînaient vers une vie avantureuse. Il t'embarqua pour la Nouvelle-France, où il se rendit fort utile au dire de Charlevoix. En parlant de la prospérité de la Colonie, cet historien dit que Lesearbot ne contribua pas peu à mettre et à maintenir les choses dans cet heureux état. Il animait les uns, piquait les autres d'émulation et ne s'épargnait lui-même en rien. Tous les jours il inventait quelque chose de nouveau pour l'utilité publique, et jamais on ne comprit mieux de quelle ressource peut être, dans un nouvel établissement, un esprit cultivé par l'étude, et que le zèle de l'Etat engage à ss

[•] 11 était encore à Québec en 1S00.

•servir de ses talens et de ses connaissance?. Lescarbot publia en 1607, la relation de ce qui s'était passé sous ses yeux en Àcadie, accompagnée de pièces de vers, où il loue en particulier et à juste titre, MM. de Monts, de Pontrincour et Du Pont ; en 1816, " La conversion des Sauvages", et en 1612, différentes poésies qu'il dédia au chancelier De Sylleri, en le priant de considérer que si elles étaient mal peignées et rustiquement vêtues, c'était parcequ'elles avaient été composées dans un pays inculte, sauvage, hérissé de forêts et habité de peuples vagabonds. L'érudition est trop prodiguée selon le goût des XVI et XVIIème siècles. Étant ensuite passé en Suisse à la suite de Pierre de Castille, ambassadeur de Louis XIII, il écrivit un Tableau des Treize Cantons, en vers héroïques.

Lesaulnier (Michel Candide) de la Société de St. Sulpice, né en 1758 près Coutances, instruit à l'Université de Caen, fut ordonné en 1782, et arriva en Canada en 1793. 11 succéda aussitôt dans la cure de Montréal, à M. Latour Dézéri, prêtre canadien mort la même année. Il soutint M. Roux dans son démêlé avec l'évêque de Telmesse, et mourut en 1830. La grande église paroissiale de Montréal est particulièrement due à son zèle. C'était un homme spirituel et facétieux. Il répliqua à quelqu'un qui l'informait que l'église de St. Jacques [à laquelle beaucoup d* ouvriers travaillaient sans salaire] s'élevait à vue d'œil : je n'en suis pas surpris, tout le monde leur jette la pierre !

Lt sueur, voyageur canadien de quelque réputation, qui suivit les traces de Nicolas Perrot. Ses voyages et ceux du Sieur Juchereau de St. Denis servirent à lier une alliance avec les Illinois, qui se trouvant placés entre le Canada et la Louisianne, étaient utiles aux relations des deux pays.

Lé vis-Léran [François de] connu dans l'histoire du Canada sous la désignation du " Chevalier de Lévis" né en 1720 au château d'Anjac en Languedoc, était de la même «maison que Lévy de Ventadonr [Voyez Ventadour] Vice- Roi de la Nouvelle-France, et y vint en qualité de commandant en second sous Montcalm. Il eut une grande part à l'impérissable victoire de Carillon, où il commandait sur la droite, et aux conquêtes qui, précédèrent cettt

bataille. Avant l'invasion anglaise de 1759, il visita ton* les postes militaires de la Colonie avec une étonnante activité, et avait le commandement immédiat au glorieux combat de Montmorency, qui frustra le dessein de WoJfe de se rendre maître du camp retïanchà qui couvrait Québec. Quand Montcalm succomba, Lévis était de nouveau malheureusement à visiter les points faibles du pays, et ne fut pas là pour le remplacer. Le marquis de Vaudreuil l'appela à l'armée et on fit de concert ce qu'il fallait pour sauver la capitale ; mais ceux qui en avaient la charge la rendirent au moment où le secours allait y entrer. Notre compatriote n'était pas homme à résister aux Anglais après la chûte de Québec ; mais Lévis était le Mars de l'armée d'Amérique et possédait le véritable feu de la guerre. Non-seulement il se prépara à défendre les gouvernemens des T rois-Rivières et de Montréal, au grand étonnement de Raynal et de l'Europe ; mais il tenta même de reprendre Québec. L'é.vènement aurait sans doute justifié sa témérité sans l'avanture du oanonnier français, qui est bien connue. Il vengea du moins la défaite d' Abraham dans la plaine de Ste. Foie. Il défendit ensuite pied à pied le paya contre les armées d'Amherst, de Johnson, de Murray et d'Haviland, qui vinrent converger sur Montréal, alors place de guerre. Lévis proposa de se retirer dans l'île de Ste. Hélène pour la dêfenlre jusque à l'extrémité, mais le marquis de Vaudreuil capitula sagement. Amherst exigea les drapeaux : Lévis les brûla. En Europe, on le retrouve à la victoire de Johannisberg remportée sur le prince Ferdinand- par. le prince de Condé en 1762. Ses services furent récompensés par le gouvernement de l'Artois^ il fut créé maréchal le France en 1783, duc et pair l'année suivante. Il mourut en allant tenir les Etats à Arras en 1787. Ils lui décernèrent un mausolée dans la cathédrale. On trouve un beau portrait de ce capitaine dans la collection du Commandeur Viger. Le duc de Lévis, fils, émigra à la révolution, se trouva à l'expédition de Quiberon et fut sauvé blessé par une chaloupe anglaise. Il a écrit sur les institutions de l'Angleterre.

iÀgneris (Marchand de) un des plus illustres guerriers qu'ait produits le Canada, eut d'abord un commandement dans l'expédition abortive de M. de Ramezay contre la..

'Nouvelle-York, en* 1709. 'Les Outagamis étant devenus redoutables à la Nouvelle-France en 1729, il marcha contre eux, les défit en plusieurs rencontres et détruisit leurs bourgades et leurs forts. Le P. Crespel servait d'aumônier à son corps d'armée. Il commandait en troisième à la fameuse journée de Mononghahela et succéda à M. Dumas dans le commandement du fort Duquesne. Il avait, avant cette époque, commandé sur la droite à l'attaque d'Oswego par Montcalm. Menacé dans le fort Duquesne par le général Forbes, il battit à plate couture son avant-garde sous le colonel Grant, et se rétira avec ses prisonniers art fort Machault, qu'il commandait encore en 1759. Ayant reçu ordre de l'abandonner pour marcher au secours de Niagara, il fut pris par Sir William Johnson dans ce dernier effort pour la défense de son pays, à laquelle il avait si longtemps contribué. Il avait épousé Anne, fille de Claude Robutel de St. André, Sieur de Lanoue, voyageur de quelque renom. La Liste Ecclésiastique nomme un M. Marchand de Ligneris.

Logan (Sir William E.) célèbre géologue contemporain né à Montréal, Directeur de la Commission Géologique du Canada, membre de la Société Royale de Londres, des Sociétés Géologiques de France èt d'Angleterre, de la Société Américaine pour l'avancement des Sciences, et membre honoraire de l'Institut Polytechnique de Montréal pour cette classe,' Chevalier du Bain et de la Légion d'Honneur. — Après avoir étudié au High School et à l'Université d'Edimbourg, il préluda à sa réputation en devenant l'assistant de Sir Henry De La Bêche, auquel il se fit connaître par une carte géologique. De retour en Canada il fut nommé Géologue Provincial par Sir Charles Bagot. Depuis cette époque, il a fait, assisté de MM. Murray et Hunt, l'exploration géologique de presque toute la Province, et consigné ses travaux dans ses impérissables Rapports, qui forment aujourd'hui plusieurs volumes, et qui ont été accueillis avec un vif intérêt à la Société Géologique de Londres èt à l'Institut de France, dès avant les expositions de 1851 et de 1855. Il était commissaire canadien et membre du jury international à celle de Paris. A l'une et à l'autre, il a fourni la plus belle «ôllection géologique et minêralogique et remporté

les grandes Médailles d'Honneur. Celle de Wollaston lui a aussi été adjugée. Sir Roderick Murchison et M. Dufresnoy ont fait son éloge en Angleterre et en France de manière à ne pas laisser douter que l'exploration géologique du Canada ne soit un des plus grands évènemens dans les annales de cette science, et son nom se trouve au niveau des plus grands noms de l'Europe. Il a dressé la carte géologique du pays et résumé avec M. Hunt ses travaux par V Esquisse Géologique du Canada pour servir à n?itelligence de la carte géologique et de la collection des minéraux économiques envoyés à F exposition universelle de Paris, Hector Bossange et fils, Quai Voltaire, 25, 1855. Sir W. Logan a été un des représentai du Canada au Congrès Scientifique d'Albany en 1856, et il a travaillé pour celui de 1857 à, Montréal.

Longueuil (les barons de)— La seigneurie de Longueuil fut érigée en Baronnie en 1700 en faveur de Charles Le Moine, Ecuier, fils de Charles Lemoine, Ecuier, Sieur de Longueuil et de Château guay, " en reconnaissance des services qu'il avait rendus et qu'il rendait tous les jours à la colonie, et en conséquence de ce qu'il avait érigé sur sa seigneurie un fort en pierres ù, quatre bastions." Il naquit à, Montréal le 10 Décembre 1656, et épousa en 1683, Demoiselle Elizabeth Souart d'Adancourt, sœur du chevalier Dominique, mort en 1740 maréchal de camp et gouverneur de Bayonne. Il fut l'homme qui eut le plus d'influence sur les Sauvages après Sir William Johnson. Il alla avec eux reconnaître lesmouvemens de l'amiral Phipps, entra en communication avec d'Iberville, son frère, revenant de la Baie d'Hudson, battit, avec M. de Ste. Hélène, son autre frère, les troupes anglaises de débarquement, et fut blessé. Il visita les eaux de Barége en France, pour se rétablir, et servit en Flandre en qualité d'aide de camp du maréchal d'Humières. Devenu baron et gouverneur du Détroit en 1700, puis gouverneur de Montréal, il quitta cette ville en 1710, pour aller garder la tête de la colonie contre le général Nicolson. Il fesait porter devant lui une banière brodée par sa cousine, Demoiselle Le Ber, et qui lui fut remise solennellement dans l'église paroissiale par le Supérieur et seigneur De Belmont : ; on le compara à

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Machabée. (•) Nicolâon fut obligé de retiuiter en partie & cause de la bonne contenance de la poignée d'hommes du baron de Longueuil, et principalement à cause des désastres arrivés à la flotte anglaise. Il fut fait chevalier de St. Louis. En 1726, malgré tout ce que put faire Burnet, gouverneur de la Nouvelle- York, il persuada les Iroquois de souffrir qu'on bâtit ou qu'on rétablit dans leurs pays le fort Niagara. On a sa correspondance avec ce gouverneur à ce sujet, et son compte rendu au ministre de la marine sur le voyage qu'il fit à Oswego et à Ounontagué, dans les Documens de Paris. Il était Administrateur ou Contmandaut Général de la Colonie, et le fut du 10 Octobre 1725, en conséquence de la mort du marquis de VaudreuiJ, jusque au 2 Septembre 1726, époque de l'arrivée du marquis de Beauharnois, qui écrit an ministre en 1727 qu'il a chargé' le baron de Longueuil de veiller aux intérêts de la compagnie des Indes. Il mourut à, Montréal à 72 ans et six mois, et fut inhumé dans l'église paroissiale le 8 juin 1729.

II. — (Charles) fils du précédent, deuxième baron en juin 1729, était né au château de Longueuil le 18 Octobre 1687. Il fut aussi gouverneur de Montréal, où il mourut à 67 ans, le 17 janvier 1755, après avoir été Administrateur ou Commandant Général de la Colonie comme son père, depuis la mort du marquis de la Jonquière, le 17 Mai 1752, jusque à l'arrivée du marquis Duquesne de Menneville, le 6 août. Il avait épousé en premières noces en 1720, Demoiselle De Gouât Desgrez puis Dame Marguerite Legardeur veuve de Monsieur Pierre de St. Ours, en secondes.

III. -(Charles Jacques) troisième, baron né de la première au château de Longueuil le 26 juillet 1724, eut pour par-

(•] Le baron de Longueuil, surnommé avec raison le Macbabée de Montréal, jugeant qu'il ne fallait pas laisser arriver les Anglais jusque à Ville-Marie sans leur dresser quelque embuscade, se résolud'aller avec une poignée de monde les attaquer proche de Chambly où ils devaient passer. Il fit porter devant lui un étendard qui était l'image de la Vierge avec uue inscription composée par la sœur Le Ber, sa cousine germaine, fameuse recluse de la Congrégation, que M. de Belmont bénit solennellement et remit lui-même dans les mains du brave capitaine en présence de tout le peuple : «• Elle est terrible comme une armée rangée en bataille i?- L'abbé Failloa.

ràîn le héros de Mononghahela, M. de Beaujeu, avec 011e. Damours de.Clignancourt. Il épousa Dlle. Marie Catherine d'Escharabault et devint baron le 17 janvier 1755, jour de la mort de son père. Il se trouva à la défaite du brigadiergénéral Howe et à la bataille du Lac George, et périt dans la retraite, au portage du lac St. Sacrement, entre les forts Edward et Lydius le 8 Septembre 1758. Il n'était âgé que de 31 ans. Il est à présumer qu'il fut commandantgénéral de la colonie entre la démission du marquis Desquesne de Menneville et l'arrivée du marquis de Vaudreuil, car on trouve dans les documens féodaux publiés par la Législature la concession de trois lieues dans la baie de Cataracoui aux sieurs Desgrais et de Maricourt, faite à Québec le 12 juin 1755 et signée Longuenii et Bigot.

IV. — (Paul Joseph) Chevalier de Longueuil, * frère du second baron et prétendant à la Baronnie après la mort du troisième baron, était né au château de Longueuil 4 le 17 Septembre 1701. Il épousa Demoiselle Marie Geneviève Joybert de Soulange, fille du Chevalier de Soulange. Dès 1718, on le trouve Lieutenant au régiment de Normandie, et lieutenant d'une compagnie détachée de la marine en 1726, avec une expectative de commission de capitaine, qu'il eut la même année, avec le commandement au fort Frontenac. En 1728, il fit la campagne contre les Renards. En 1739, il commandait au fort St. Frédéric. Il commanda six ans au Détroit depuis 1743, y reçut la croix de St. Louis avec dispense de réception (1744) déjoua un complot des Sauvages pour tomber sur la Colonie et brûla leur camp. Il fut aussi Major de la villé de Québec en même temps que Gouverneur du Détroit. En 174-9, il est Lieutenant de Roi des Places et gouvernement de Québec. En 1757, il fait la campagne d'hiver sur le lac St. Sacrement avec Rigaud de Vaudreuil. Gouverneur des Trois-Rivières la même année, il fit cependant la campagne sous M. de Montcalm, puis celle des Rapides sous M. de Lé vis. L'auteur des Mémoires dit qu'il n'en cédait pas à Rigaud de Vaudreuil pour la bravoure, qu'il avait de l'esprit et entendait assez bien son métier. En 1759 et 1760, il s'employa dans son gouvernement des Trois-Rivières, et émigra à la conquête, ne pouvant se résoudre à vivre avec les Anglais. Il se

iixa à Tours. Ayant obtenu congé de venir en Canada, pour y vendre ses propriétés en 1767, il repassa en France en 1768 avec le jeune de Beaujeu, depuis comte, et mourut le 12 Mai 1778, non à Tours, où il résidait, mais au Port Louis, où la baronne Germain, sa nièce, l'avait iait venir pour lui prodiguer ses soins. [•]

V.— [l'honorable Joseph Dominique Emmanuel] fils du précédent, seigneur de Soulange et de la Nouvelle Longueuil, né au manoir de Soulange le 2 Mai 1738, fut baptisé par le célèbre Père Crespel. Enseigne en 1755, par commission datée du Palais de Versailles, il servit sous M. de Viliers. M. de Contrecœur l'envoya ensuite du fort Duquesne pour conduire les Hurons de Lorette à la Belle Rivière et les mettre aux ordres de M. de Beaujeu. En 1758, il était enseigne en premier des troupes de la marine. Montcalm le nomma second de M. de Montesson à Carillon. Son père le laissa eh Canada à la conquête. Il parait avoir été le favori des Anglais. L'abbé Paillon nomme le baron de Longueuil à la pose de la première pierre de Bonsecours ; cela est inexact, car ce ne pouvait être que celui dont il s'agit dans cet article. Mon père commet la même erreur concernant la défense du fort St. Jean. Tl y combattit contre les Américains et fut prisonnier à Bristol,aux Etats-Unis. Carleton le nomma Inspecteur-Général de la Milice. En 1796, il fut Lieutenant-Colonel Commandant le bataillon Bas-Canadien du régiment de réguliers dit les Volontaires Canadiens Royaux. On le retrouve Commissaire pour l'embellissement de Montréal et pour faire disparaître ses fortifications. Enfin, il fut membre du Conseil Exécutif et du Conseil Législatif. Il mourut à Montréal le 19 Janvier 1807. Il avait épousé Dame Prudhomme, veuve du Chevalier De Bonne de Lesdiguièxes, tué au siège de

(•) Demoiselle Agnès Le Moine de Longueuil, fille de Charles Le Moine depuis baron de Longueuil , épousa en Canada à 17 ans, Joseph Germain, -capitaine an régiment de la Reine» depuis baron Germain, qui émigra à la conquête et devint Gouverneur de Port Louis, puis de Lorient. Les époux eurent au château de Longueuil, en 1*760, une fille, qui eut pour parrain Armand de Méziére de Maironelle, Gouverneur ou Commandant de Jlfontréal, avec Demoiselle Agathe de Longueuil. Il avait un fils dans les Lanciers en 1819. On cannait le comte Germain, né à Paris le 21 avril 1421.

Québec, et fille du colonel Prodhomme, qui comtnandk 1 > la milice de Montréal à Abraham et à. Ste. Foie, et il recueillit un quart de la succession de M. de Bienville, qui fit son testament à Paris en 1765.

VI. — [Marie Charles Joseph] baronne de Longneuil, fille de Charles Jacques, née à Montréal le 21 Mars 1756 baronne par la mort de son père le 8 Septembre 1758, fut pourvue d'un tuteur dans la personne du Sieur Fleury D'Eschambault, épousa à Québec, en 1781, le capitaine David Alexauder Grant, [*] et mourut à Montréal le 17 Janvier 1841 à plus de 85 ans. Elle était connue sous le nom de la baronne et se signalait à la tête de toutes les institutions charitables. De son mariage est issue Madame de Montenach, dont les demoiselles ont épousé les colonels White et Pritchard et M. Perrault de Linière. Son fils a été officier dans l'armée.

VI. — [Charles William] cinquième baron, fils de David Alexander Grant et de la baronne, né à Québec, le 4 Février 1782, décédé à Alwington House, prés Kingston le 5 Juillet 1848. Il était du Conseil Législatif depuis 1815*

Vlil.—r [Charles James Irwing] sixième baron, né à Montréal le 1er avril 1815, instruit et marié en Angleterre, Il s'intéresse aux expositions industrielles du Canada Supérieur, et a été induit par la passation de l'acte seigneurial de 1854 à demander au gouvernement une reconnaissance formelle de son titre, auquel il a un droit incontestable, surtout si l'on considère qu'en Canada, les fiefs de dignité ont été érigés en faveur des postérité» masculine et féminime. Il y a un Marqim de Longueuil demeurant au château de Fourranges près Gannat, dé^ partement de l'Allier, qui porte trois roses dans son ècusson comme les barons du Canada, et qui se dit de la même race.

Lotbmiêre, illustre famille canadienne alliée à" celle de Vaudreuil. — Elle commence à Réné Louis Léandre Chartier Ecr. Sieur de Lotbinière, nommé lieutenantgénéral Civil et Criminel du Canada par la Compagnie des Indes, qui croyait qu'on lui laisserait la justice, qui

[ # ] Déjà la baronne douairière avait épousé Whk Grant, Eot. -

lui était donnée par son titre. Le Conseil Souverain fnt f maintenu, mais xMons. De Lotbinière fut Lieutenant- Général en la Prévôté de Québec. Quand De Mesy prétendit révoquer le Procureur-Général Bourdon, il nomma à sa place le Sieur Chartier de Lotbinière, que Louis XIV créa Conseiller en 1674* L^intendant Duchésneau le loue dans une dépêche en I60O. Ce gentilhomme ayant obtenu une seigneurie qui appartenait aux Récollets, la leur remit de bonne foi. (Deux membres de oette famille entrèrent dans cette ordre. — EustacheJChartier de Lotbinière, qui exerça le ministère de 1746 à 1776, et Valentin Chartier de Lotbinière.) Il descendait, de Mathieu Chartier second du nom, seigneur d'Alainville et de Lacy, et de Françoise de Montholon, sœur de celui qui fut Garde des Sceaux en 1588. Il épousa une Demoiselle Damoure de Clignancourt. Mari« Françoise Chartier de Lotbinière, sa fille, épousa M. De Marson de • Soulange, Commandant de l'Acadie, et mourut à Paris le 17 avil 1732, laissant pour fils le chevalier Jacques Joybert de Soulange, seigneur du baillage de Vitry et capitaine des vaisseaux du Roi.

Louis Eustache Chartier de Lotbinière, chanoine archidiacre de Québec, ordonné le 14 avril 1726, mort le 14février 1749, ,jrit possession du siège de Québec pour Monseigneur Duplessis de Mornay en 1728, et pour Monseigneur Dosquet en 1734, et eut un démêlé avec le chapitre au sujet des obsèques de Monseigneur de St. Vallier. Un autre Louis Eustache Chartier de Lotbinière, ordonné en 1741, mourut le 17 octobre 1786.

Cette maison a fourni un ingénieur notable, Michel Alain, qui fortifia Carillon et qui éleva ces retranchemens de l'île aux Noix, les quels firent perdre une campagne à Amherst. On voit par les Documens de Paris, qu'il envoya à, la Cour une relation de la bataille de Carillon et qu'il demanda la croix de St. Louis. 11 devint Marquis et épousa Demoiselle Louise Madeleine Chaussegros de Léry.

Après la conquête l'honorable Michel Eustache Gaspard Alain Chartier de Lotbinière, fils du Marquis, devint acquéreur des- seigneuries de Vaudreuil, de Rigaud et de Beauharnoie, et en 1767, M. Fleury D'Eschambault, Procureur de la maison de Vaudreuil, lui vendit en leur»noiu>

le château Vaudrenil, qui passa plus tard à la fabrique de Montréal. ' Il combattit à St. Jean, parut avec le baron Mazères, le Grand Juge Hey et le général Carleton devant un comité de la Chartbre des Communes d'Angleterre au sujet des affaires du Canada, et fut 'élu membre du premier Parlement Canadien par le collège électoral du comté d'York. Il fut élu Orateur ou Président en 1793 sur la proposition de M. Frôbisher secondé par M. Richardson. Il y a de lui une harangue remarquable, reproduite par M. Garneau. Le roi le somma au Conseil Législatif en 1797. Durant la -dernière guerre, il fut Colonel de la division de milice de Vaudreuil. Le docteur J. B. Curtius Trestler, étudiant à Edimbourg, lui dédia sa thèse inaugurale (*). lia lignée masculine de cette maison est éteinte. Trois Demoiselles De Lotbinière sont Mme. Robert Unwin Harwood, seigneuresse de Vaudreuil, Madame Bingham, seigneuresse de Rigaud, qui réside à Paris depuis nombre d'années, et Madame Joly, seigneuresse de Lotbinière. M. de Lotbinière Joly, « petit-fils de M. de Lotbinière, a été tné à l'assaut do Delhy, dans l'Inde.

Luc [frère] dont le nom de familie était Lefrançois, arriva diacre en Canada avec le P. Allard en 1670. Les chroniques de l'ordre des Récollets, auquel il appartenait, disent qu'il avait un vrai talent pour la peinture, et que ses huiles étaient eonmies.par toute la France. On a dit cependant, que si frère Luc était bon dessinateur, il était compositeur* médiocre et mauvais coloriste. Il fit une Assomption pour l'église des Jésuites, et un Ecce Homo pour l'Hôtei-Dieû. La liste ecclésiastique ne le mentionne point.

Lusignan. — La Nouvelle-France, qui fut, au dire de Louis XIV lui-même, la colonie qui posséda le plus d'ancienne noblesse française, eut aussi une branche de cette illustre, sinon auguste maison. En 1692, M. De Lusignan, capitaine réformé tomba dans une embuscade et fut tué par les Iroquois dans une île de la rivière Richelieu. Paul Louis Dazemard de Lusignan, son fils, né au

{•) Viro honorabUi Michadi Eustdchio Gaspardo Ckartier de Lotbinière, Domino lotbinière et Rigaud, Beditum ProofeeU.

pays en ]69\ f fut enseigne de la marine en 1622, seigneur de la baie de Missiskoui en 1733 r commanda à St. Joseph des Illinois, en 1735, et revint en Canada en 1739. Il y commanda à Carillon, puis à St. Frédérick. où il était en 1749 y dans le temps où le savant Suédois Kalm, passa dans ce pays. Ce voyageur décrit le fort de St. Frédéric et surtout la haute et massive tour où M. de Lusignan fait sa demeure. La place avait 22 canons, un mortier et 18 pierriers en 1749, Il commanda à l'Ile aux Noix en 1759 et à St. Jean en 1760. Il y a un autographe de lui dans l'Album des Souvenirs Canadiens du Commandeur Viger. Il avait épousé Demoiselle Louise Giles d'Avaise Desmeloise. On trouve le Sieur De Lusignan, jeune, parmi les officiers qui donnent leur opinion dans le conseil de guerre qui précéda la capitulation de Québec.

Maguire (Thomas) né à Halifax, décédé Grand Vicaire à. Québec en 1855, est le père de la critique en Canada. Ordonné prêtre en 1800, il a été tour à tour vicaire à Québec, Principal du collège de St Hyacinthe, et Chapelain des Ursulines, et iut deux fois député a Rome pour les affaires du Canada. On a de lui lo. Une critique bien écrite, mais acerbe de l'Histoire du Canada de l'honorable William. Smith, II. Le Clergé canadien vengé par ses ennemis ou critique du Tableau des deux Canadas de Lebrun. III. Un livre d^ plaiu-chant. IV. Doctrine de P église catholique concernant la soumission aux autorités civiles. V. Manuel de jurisprudence à Vusage des ecclésiastiques. VI. Manuel des difficultés les plus communes de la langue française , adajHé au jeune âge ei suivi d'un recueuil de locutions vicieuses. Québec 1841. Ce dernier ouvrage l'entraîna dans une polémique fort vive avec le grand vicaire Demers. Bibaud, père, intervint dans l'Encyclopédie Canadienne, et favorisa ce dernier. VII. Critique de l'Histoire du Canada de Bibaud, dans les Mélanges Beligieux.

Mailloux (Alexis) grand vicaire du diocèse de Québec et Prédicateur de la Tempérance, ci-devant Principal du collège de Ste« Anne Lapocalière, a été envoyé dans lUHinois pour prêter main forte à Monseigueur CPRegao*»

♦ contre le chisme du trop fameux abbé Chiniquy. On lui doit lo. un excellent écrit contre la philosophie profane, 1850, imprimé dans la Minerve. II. Manuel des parens chrétiens, ou devoirs des pères et des mères dans V éducation religieuse de leurs enf ans, Québec 1851,in-8vo. III. La croix présentée aux diverses conditions, Québec 1852, in-

Maison-Neuve [Paul Chomedey de] gentilhomme champenois, fondateur de Montréal en 1642, avait déjà paru dans l'île et préparé le terrain. Il repassa en France et en amena une recrue de 108 hommes. On fit des prières publiques à Québec pour son heureuse arrivée, et il fut appelé le libérateur de la Colonie, dont le peuple . était encore très peu de chose. Il eût été à désirer que ce bon accord continuât ; mais sous le vicomte d'Argenson et le successeur du baron d'Avaugour, la Compagnie des Cent Associés fut travaillée d'une violente jalousie coutre la Compagnie de Montréal: Jeanne Manse avait d'abord suivi M. de Maison-Neuve ; Marguerite Bourgeois s'attacha à ses pas. La victoire de Dollard jDescormiers sur les Iroquois aux Chaudières de l'Ottawa est le plus bel événement de son gouvernement de Montréal. Après avoir pu être Lieutenant-Général du pays en 1647 et avoir fait nommer M. D'Aillebout, il succomba sous les persécutions de M. de Mesy, qui prétendit le chasser ignominieusement en le déclarant incapable. Le Séminaire de Paris fit une pension à ce héros de la propagation de l'évangile et de l'humilité chrétienne.

Manse (Jeanne) fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal, suivit M. de Maison-Neuve en 1642, intéressa la duchesse de Bullion à son œuvre et mourut en odeur de sainteté, comme Marguerite Bourgeois, avec laquelle elle se lia d'une amitié constante. Voir sa Vie par l'abbé Faillon.

Marchand, nom de deux prêtres canadiens de mérite, — Etienne Marchand, auteur du poëme héroï-comique La ^Querelle de PEglise, relatif aux troubles de l'église du Canada en 1728. Il fut ordonné en 1732 et est mort en 1774 :— Jean-Baptiste Marchand, de la Communauté de St. Sulpice et membre du grand Conseil du Séminaire, ordonné en 1782. Il fut Principal du collège de St. Raphaël après M. Cuiateau de la Blaiserie, et est mort cuié

'du Détroit, capitale du Michigan, en 1825. M. Roux nous apprend qu'il était Canadien dans son rapport au gouvernement en 1799. Le Principal actuel du collège de Montféal est ainsi le deuxième Canadien qui ait occupé cette charge.

Maricour (Paul Le Moine Sieur de) fils de Charles Le Moine, père, — guerrier et diplomate, était né le 15 Décembre 1663, et fut brûlé par les Iroquois dans une maison, avec 4>0 Français ou Canadiens, en 1704, selon Léon Guérin, ou mourut de fatigues selon d'autres, à Montréal, à l'époque susdite, le 21 Mars. Il se signala à Québec, puis à la Baie d'Hudson, sous le chevalier de Troye d'abord, puis sous D'Iberville, son frère* Il commandait les Iroquois et les Abénaquis domiciliés dans la grande expédition du comte de Frontenac contre les Cantons, où il alla en embassade avec M. de Joncaire (•) et le P. Bruyas en 1699, et eut beaucoup de part à la paix qui fut conclue sous M. de Callières. Il avait épousé en premières noces Demoiselle Dupont de Neuville,et en secondes, Demoiselle Catherine Aubert de Lachenay, qui épousa ensuite un pair de France. En 1755, le troisième baron tie Longueuil, Commandant-Général de la Colonie, et l'Intendant Bigot, inféodaient une terre, à Cataracoui en faveur des Sieurs Desgrais et de Maricour.

Martin, première famille canadienne dit-on. — Le 24 Octobre 1621, le P. Denis, Récollet, baptisa un fils et une fille [Abraham Amador et Marguerite] d'Abraham Martin dit l'Ecossais et de Marguerite Langlois. Une curieuse coïncidence, c'est qu'en 1689, une seigneurie était concédée à Mathieu Martin, qui est dit dans l'acte premier né de PAcadie. Martin, père, était pilote du Roi pour le fleuve St. Laurent et donna son nom aux plaines d'Abraham. Le parrain du fils fut ce La Tour, de si fameuse mémoire en Acadie. Il devint le second prêtre canadien et chanoine lors de l'érection du chapitre de Québec. S'il ne fut que le deuxième prêtre, il fut le premier musicien, car on lit dans les Annales de la Mér*

(•) M. de Joncaire, longtemps le principal diplomate employé anprés des nations. Sa famille se divisa en plusieurs branches. On connaît M. Joncaire de Glausone et Joncaire Chabert, Commandant de JTiegara, impliqué dans le procès Bigot.

Morin qu'il composa tout un officè divin, mots et musique. Il fut envoyé a Santeuil, qui fut content do- latin de notre compatriote. Le célèbre botaniste Sa r raisin épousa une fille de cette famille, et Hélène Martin épousa Médard Chouard Desgroseillers, connu par ces entreprises à la Baie d'Hudson.

Philippe Martin, né en Canada en 1752, quitta le pays après le traité de Versailles, entra dans la marine et était contre amiral sous la République. Il commanda Toulon et l'armée navale de la Méditerranée, destinée à reconquérir la Corse. Il enleva à l'amiral Hotham le Berwic de 74 canons. Dans deux combats snbséquens, qui furent des victoires pour les Anglais* mais dont Nelson était fort mécontent, il perdit trois" vaisseaux. Entre ces deux évèîiemens, il avait réduit aux abois Nelson qui commandait dans le Golfe San Fiorenzo les vaisseaux légers de la flotte anglo-napolitaine et l'Agamemnon, de 64», quand son amiral arriva à son secours. Cette rencontre donna lieu à l'affaire de Fréjus. Martin fut créé vice-amiral sous l'empire, et mourut en 1810.

II.— (le R. P. Félix) de la Compagnie de Jésus, littérateur, linguiste et artiste distingué, membre correspondant de la Société Historique, de New- York, recommence en 184-2, après avoir servi en Espagne, en Suisse &«••., la liste des Supérieurs et Recteurs de cette illustre société interrompue en Canada depuis la mort du P. de Glapien en} 1790. On a de lui, outre quelques notices biographiques et des opuscules de piété : T. Relation des Jésuites sur les découvertes et les autres évènemens arrivés en Canada et au nord et à V ouest des Etats- Unis (161 1-1672) par le doeteur E. B. 0 K €àllagtou ; traduit de V anglais, avec quelques notes, additions et corrections, Montréal, 1850. II. Relation abrégée de quelques missions par le R. P. Bressani S. J. traduit de Vitalien et augmenté d'un avantpropos de la biographie de Vauteur, de beaucoup de notes et de izravures. Montréal 1852, et la relation malheureusement inédite d'un voyage d'exploration dans le Canada Supérieur ornée de dessins que ce religieux a fait colorier. C'est surtout une étude de l'ancien pays des Hurons, les Jésuites, en arrivant ici, n'ayant eu rien de plus pressé que de relier connaissance avec ces sites si glorieux pour leur ordte. Le P. Martin est aussi le colk*

borateur zélé du commandeur Viger dans ses travaux arché logiques. Il ne faut pas le confondre avec le R. P. Arthur Martin, son frère, mort en 1856, et dont les travaux artistiques et archéologiques ont été couronnés par l'Institut de France. Sans être aussi éminent que lui dans les arts, le P. Félix Martin cultive avec goût le dessin et l'architecture. Il était en qualité de Recteur membre du Conseil des Patrons de l'École de Droit avant que de lai ser la supériorité pour entreprendre le voyage qu'il vient de faire en Europe dans l'intérêt des établissemens de la Compagnie en ce pays, et chargé d'une mission du gouvernement canadien pour l'obtention de nouveau manuscrits relatifs au Canada.

Mangue (Marie Josephte) onzième Supérieure-Générale de l'Institut de la Congrégation de Notre-Dame, et la plus digne d'être connue après Marguerite Bourgeois,fut sœur en 1758, et succéda à Madame de de Langloiserie en 1781, Elle montra de la dextérité dans ses rapports avec l'administrateur Cramihé et avec le général Carieton, fit transférer le corps de la fondatrice de l'église paroissiale à la chapelle de la Congrégation, pour laquelle élie obtint des privilèges du pape Clément XIII, rédigea le Coutumier de la Congrégation, vit brûler son établissement, et le reconstruisit.

McDonald (Ronald) premier instituteur des sourds et muets en Canada en 1831 .-Gallaudet et Leclerc avaient introduit ce bienfait aux Etats-Unis quelques années avant. Né en 1798, il porta d'abord l'habit ecclésiastique, et Monseigneur Plessis le destinait dit-on à devenir son suffragant et auxiliaire à Halifax. Il fut longtems rédacteur de la Gazette de Québec, et rédigeait depuis onze ans le Canadien à l'époque de sa mort arrivée en octobre 1854». L'abbé Lagorce a embrassé depuis l'œuvre de l'enseignement des sourds et muets.

McDonell (le docteur Alexander) premier évêque catholique de Kingston ou du Canada Supérieur, membre du Conseil Législatif Provincial, naquit en 1762. Ordonné prêtre en 1794, il alla en Irlande en 1798, en qualité de Chapelain des Glengary Fencibles. Missionnaire et Grand-Vicaire de l'évêque de Québec dans le Haut-Canada dèsl803,il rendit de grands services au gouvernement durant la guerre avec les Etats-Unis. Pie VII et Mjk JPlea^

sis ayant assimilé autant que possible t*Arnérique Britannique à une Province Ecclésiastique, il fut créé le 12 Janvier 18 1 9, évêqne de Rhésine en Mésopotamie, s ufî ni gant et Auxiliaire de l'évêque de Québec pour le Canada Supérieur, et sacré dans l'église des Ursulines de la capitale du Bas-Canada en 18*20. 11 ne fut donc pas sacré par le pape en 1826, comme ledit M. Hodgins. Le Haut- Canada ayant été érigé en évêelié indéperdant par Léon XII en 1826, IVîgr. McDonell eut pour Coadjuteur Mgr. depuis le cardinal Weld, puis, à sa promotion au cardinalat, Mgr. Gauliu. 11 mourut à Du m fric en Ecosse, chez le Révd. William Reid le 14 Janvier 1840. Ses restes furent portés en Canada et inhumés dans la voûte de famille au comté de Glengary. Kous avons vu à. une parade, les officiers s'empresser autour de lui ; c'était un homme très distingué.

McEachern (Bernard Angus) premier évêque de Charlotte-Town, né ea I7r>9 à Inverness en Ecosse, lit ses études à l'Université de Valladolid en Espagne, et arriva en Canada en 1789. Kommé en 1819 évêque de Rose in partibus, sufTragant et Auxiliaire de Mgr. Plessis pour les provinces et îles du Golfe 8t. Laurent, il fut sacré à St. Roch de Québec le 17 Juin 18*21. Charlotte-Town dans l'île du Prince Edouard, fut érigée en évêché indépendant en 1829. Ce prélat est mort eu 1835, et a eu pour successeur Mgr. Bernard Donald McDonald, né en 1797.

McGill (l'honorable James) fondateur du Collège Universitaire qui porte ce nom, né à Glasgow en Ecosse en 1744, émigra jeune en Canada, et épousa en 1776 Charlotte Guillemin veuve Trottier Des Rivières, et fille de Guillaume Guillemin, ancien Lieutenant du Grand Amiral de France en l'Amirauté de Québec et Conseiller au Conseil Supérieur. Il fut Commissaire du Roi pour le cadastre des biens des Jésuites, puis pour l'enlèvement des fortifications de Montréal , membre du Parlement Provincial en 1792, du Conseil Exécutif en 1793, pui3 du Conseil Législatif; enfin Commandant d'une division de milice en 1812, bien que noud ne croyions point qu'il ait reçu comme on l'a dit, le brevet de brigadier-général. A sa mort, le 19 Décembre 1813, il laissa de quoi doter le collège, la dotation réversible néanmoins à François Trottier Des Rivières, fils de son épouse, en cas d'inexécution.

4e «on généreux projet. L'hoontable Peter McGill a été maire de Montréal et membredes Conseils Spécial, Exécutif et Législatif. Les Des Rivières ont hérité en partie de l'honorable James McGill à la condition d'adopter son uom et ses armes, seul genre d'adoption du droit romain qui paraisse être aamise dans notre droit.

McKtnzie (Sir Alexander) illustre voyageur, était originairement un des marchands canadiens ( ) fondateurs de la Compagnie du Nord-Ouest, qui fut loi>gtems rivale de celle de la Baie d'Hudson. Il s'était d'abord établi à Montréal. En 1789, il entreprit un voyage dans le but de pénétrer à l'Océan polaire nord. Il entra dans la rivière qui porte aujourd'hui son nom et ajouta ainsi un nouveau lien à la chitine de découvertes faites dans ces régions. Au mois d'octobre 1792, il s'engagea dans un voyage plus difficile encore à travers le continent jusque -à la rive nord du Pacifique, qu'il atteignit près du cap Mcuzies, au 52ème degré de latitude. Etant passé en Angleterre eii 1801, il reçut l'honneur de la chevalerie alors moius prodigué que de nos jours. " Les deux voyages de McKenzie, utiles à la Compagnie du Nord-Ouest, .sous le rapport du commerce, enrichirent aussi jusque à certain point, la géographie et l'ethnographie," dit Bibaud, père. Bellchiimber n'a pu se procurer la date de la mort de ce voyageur. Nous Tignorons aussi ; seulement, nous savons qu'il vécut assez pour être à la tête du comité qui employa Robert Mitchell, de Londres', à faire le plan de la colonne Nelson qui se trouve sur la place Jacques-Cartier à Montréal.

McLaughlin, famille canadienne d'origine irlandaise, qui a produit Marie Louise ou Révérende Mère St. Henri, Supérieur des Ursulines de Québec, décédée le 3 juillet 1845 après 46 ans de profession, et distinguée par ses taiens, la noblesse de ses manières et les charmes de sa conversation, — le docteur James McLaughl in, aussi né en Canada, et qui a pratiqué avec distinction la médecine a- Paris, et le docteur John McLaughlin, né à la Rivière du Loup. Etant entré au service de la Compagnie du Nord- Ouest en qualité de médecin, il en devint associé et fut

(*) OriginaUy a Canadian mer chant in the north~v>e$t fur trade dit le biographe Bellcharaber.

t'ai tgou ver neur du fort William. Après la destruction de cfe fort et la réunion des Compagnies du Mord-Ouest et de ht Baied'HiKlson>il fut chargéde gouverner lespostes à l'ouest des Montagnes Rocheuses, et d'y surveiller le commerce. Il fonda le fort Vancouver, qu'il commanda jusque en 1844. H alla alors s'établir à Oregon City, qu'il avait fondée dès 1829. Il appela du Canada les Blanchet et les Deniers en 1838, établit des écoles, et fut à la tête du mouvement civilisateur dans ces régions. Il est mort à Oregon City en 1857.

McNab (Sir Alan Napier) contemporain, guerrier et homme d'état, né à Niagara en 1798, étudiait encore en ÎÔ12, quand les Etats-Unis déclarèrent la guerre : il quitta le banc pour courir aux armes, et était sur le vaisseau du commodore Yeo à Sakett's Harbour. Il passa bientôt du service de mer au service de terre, fut admis comme enseigne dans le 48e de ligne et se trouva à. l'assaut de Niagara et à Plattsbur^h. Mis à la demi-solde en 1817, il entra au barreau et devint Conseiller du Roi. Ce fut en 1829 qu'il entra au Parlement. Il s'y est rendu savant dans l'étude traditionnelle et les formes de la constitution anglaise : M. Todd lui a dédié son livre sur ce sujet. En 1839, il a été élevé à la chevalerie pour son activité prodigieuse et ses signalés services contre les insurgés et les sympathiseurs Américains. Sa carrière et celle de quelques autres fait naître la réflexion que les Montagnards de Fraser ont peuplé le Haut-Canada de héros, comme autrefois le régiment de Carignan répandit une ardeur vraiment belliqueuse chez nos ancêtres. Sous l'empire de l'Union, on l'a vu Orateur ou Président de l'Assemblée Législative, puis premier ministre. Depuis, il s'est retiré de la vie publique, et a été créé Baronet du Royaume Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande. Sa demoiselle a épousé le vicomte Bury. Comme le duc de Wellington, Sir Allan McNabs mettait de temps à autre à la portée ceux de ses collègues qui n'obéissaient pas au mot d'ordre avec assez de souplesse.

Meilleur (Jean-Baptiste) M* A. M. D. & L L. D., membre honoraire de l'Institut Polytechnique , classe des Sciences, Président de la Société de Construction du District de Montréal et membre fondateur de la Corporation du Collège de l'Assomption, né à St. Laurent, dans PU*

de Montréal, le 9 Mai 1796, descend d'un capitaine a» régiment de Carignan qui s'établit à la Rivière des fraises et dont la fille épousa le docteur ou chirurgien militaire pe Bonne, dont on a parlé plus haut. Après avoir fait la plus grande partie de ses études classiques au collège de Montréal en même temps qu'un fils du Patron d'Albany, que U petit fils de lord Lennox et que l'abbé Brien, il commença l'étude du droit, qu'il interrompit pour aller étudier la Médecine au collège de Castletown dans l'état de Ver mon t. Il fit en même temps sa philosophie à Midlebury, sous le célèbre professeur Hall, élève de l'abbé Hauy, qui lui enseigna, entre autres branches la minéralogie et la géologie. Il obtint le degré de docleu* en médecine le 14. Décembre 1825, et aussi des diplômes du collège de Midlebury et de l'Université de Dartrnouth, à Hanovre (*) dans le New Hampshire, où il fut quelque temps professeur de français. Il écrivit alors son premier opuscule, qui est une analyse de l'alphabet français. La Société Médicale et Philosophique de l'état de Vermont Padmit dans son sein. De retour en Canada, il fut un des principaux collaborateurs du journal de Tessier, qui cite avec éloge un traité du docteur Meilleur sur le charbon, et de la Bibliothèque Canadienne de Bibaud, dans laquelle il écrivit le premier sur la géologie (f) et l'application de la chimie à l'agriculture. Ce dernier écrit était un supplément au traité d'agriculture de Valère Guillet. H publia aussi en 1833 le premier traité de chimie, intitulé : Couru abrégé de Leçons de Chimie, contenant une exposition précise et méthodique des principes de cette science. L'introduction, concernant la physique, la chimie, la minéralogie et la géologie, est très remarquable. Il avait été nommé membre correspondant de 1% Société d'Histoire Naturelle de Montréal, la même année et ce fut aussi la même année qu'il publia à St. Charles,

(*) Elle porte ce nom parcequ'elle fut fondée par le comte de Dartrnouth,

ft] Cet écrit, qui a été depuis réimprimé dans le Répertoire Mdional de Huston, fut traduit aux gUNfrtfoii pur fëncien pro* fesseur du docteur Meilleur, Frederick Bail, qui l'a fait précéder d'une appréciation, dans laquelle il remarque qu'il contient (tes idées ingénieuses et toutes neuves.

o* l'honorable P. D. Debartzch avait établi un journaf, dont le docteur fut un moment rédacteur, la première édition de sa Nouvelle Grammaire anglaise rédigée d'après les meilleurs auteurs, Tl ne faut pas oublier non plu» V Extrait du Recencement du comté de l 'Assomption , qui est la géographie, la topographie et la statistique de ce comté, où le docteur Meilleur fut un des fondateurs et des professeurs du collège, et dont il fut élu représentant au Parlement le 6 novembre 1834. Ce dernier écrit est loué dans l'Encyclopédie Canadienne, cahier de Décembre 184-2. A la Chambre, il fut chargé de classer seîon Pordre des trois règnes et des genres et espèces propres le Musée Chasseur, dont elle venait de faire l'acquisition, parla et écrivit sur l'éducation, dont l'Assemblée s'occupait aussi alor> et, admirateur plus modéré de M. Papineau que d'autres, il lui fit éprouver nue défaite dans le comté de l'Assomption. Après la suspension de la constitution et sons l'empire de l'Union, il écrivit ses Lettres sur l'Education considérée dans ses divisions et dans son application générale et particulière ; et sur les principaux moyens propres à la répandre d'une manière pratique et profitable à V individu et à la société, à la réquisition de lord Durham,eut au routien de l'abbé Duchuîne une polémique avec l'abbé Desaulniers au sujet de l'électricité, et s'était engagé à faire les lectures de fondation de la Société d'Histoire Naturelle, quand il fut nommé Surintendant de l'Instruction Publique par Sir Charles Bagot,avcc la promesse de la part de ce gouverneur, que cette situation ne serait ^oint politique. Il fit deux fois le tour du Bas-Canada pour s'assurer de ce qui existait, l'augmenter et créer ce qui manquait 5 et durant plus de tieize années qu'il a occupé ce poste élevé, il a contribué des fonds du département à la fondation de quarante-cinq établissemens d'éducation supérieure, demandé l'enseignement normal et presque tout ce qui se fait actuellement, de l'aveu impartial de son successeur — conclu même le marché d'achat d'un bâtiment pour Ecole Normale. " Dire ce qu'il a f >llu à mon prédécesseur d'efforts inteliigens et continuels, de persévérance opiniâtre, de patience pour bien dire surhumaine, pour seulement parvenir à mettre en opération une loi malheureusement impopulaire dans le principe, ce serait entreprendre un récit pres-

qu'aussi pénible à subir, que les- épreuves mêmes qu'il re- • tracerait. Il est seulement étonnant que le succès, si limité qu'il puisse paraître, qui a couronné ses efforts, n'ait pas aveuglé celui qui* mieux que tout autre, était à même d'en apprécier la valeur, au point de l'empêcher de découvrir tout ce que son œuvre renfermait encore d'imperfections inévitables, de lacunes difficiles à remplir ; il n'est cependant presque point de réforme importante reclamée aujourd'hui par l'opinion publique, qui n'ait été indiquée et même demandée avec instance par le Surintendant dans ses rapports", dit M. Chauveau. Mais les rouges, qui ont été servis comme les grenouilles de la fable, voulaient les écoles mixtes, le gouvernement montra d'abord de l'apathie, et les rapports, projets de loi &c. du docteur Meilleur, énumérant les réformes désirables furent enfouis, soustraits à la vue aussi longtems que possible, tandis que les démocrates criaient qu'il ne fesait rien. Il n'y eut pas seulement que de l'apathie, il y eut de l'hostilité. Du temps que M. Drummond avait encore de l'influence, MM. Sicotte et Turcotte particulièrement, firent avec l'aveu et la signature de membres et d'amis du gouvernement une opposition inqualifiable au Surintendant. Le rapport du comité de l'éducation est remarquable par ses erreurs, ses contre-vérités et une insigne mauvaise foi. On a nommé des inspecteurs d'écoles, par exemple, et on reproche au Surintendant de n'avoir pas visité les écoles ! L'administration, toujours plus ou moins influencée par les rouges, en vint enfin à l'engouement pour les écoles mixtes et voulut même les faire agréer aux évêques, qui avaient pour eux le Surintendant. M. Cayley, qui avait puisé dans le fonds des écoles communes, pour un autre objet, en contravention à la loi, se querella avec lui. Enfin, plusieurs individus, soutenus par des membres de l'administration, se disputaient la Surintendance. Alors, le docteur Meilleur, dont on rendait la position de plus en plus désagréable, demanda un office qui lui donnât du repos, et accepta celui de Directeur de la Poste à Montréal, qui lui fut offert (6 octobre 1855). Au moins l'exécutif ne lui manqua-t-il point d'égards lors de ce changement, puisque Sir Edmund Walker Head, qui ne l'avait pas parfaite» ment traité lors de la maladministratign de M. Cayley,

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le remercia officiellement die ses longs service». Quant

an pays, il ne les oublia pas non ptas, puisque en 1857, lë docteur Meilleur fut élu président de la «Société Natiunale de St. Jean -Baptiste en reconnaissance des services distingués qu*il avait rendus au pays dans la cause de l'instruction publique. Le premier rapport officiel du docteur Meilleur est de 1843, et le dernier, de 1854. L'Université de Vermont lui envoyait le degré honoraire de Maître és Arts en 1854, et l'Université de St. Jean de New- York, les degrés honoraire de L L. D. l'année suivante. Il avait refusé le degré honoraire de M. D. du collège McGitt. Une circonstance remarquable de sa présidence de la St. Jean-Baptiste est l'envoi que M. de Piu busqué fit par l'entremise de l'honorable P. J. O. Chauveau, son ami, au président d'alors, d'une pièce de ven potur la fête canadienne. Durant sa surintendance de l'instruction publique, il fournit les écoles de bons livres élémentaires, publia : A treatice of the pronounciatûm qfthe French language with practical irregularities examplified , 1841, puis un petit traité de l'art épistolaire, et enfin une deuxième édition de sa grammaire anglaise. Il donna aussi occasion à la composition du Guide de V Instituteur par sa circulaire No. 12, ce livre n'étant que la réponse à la série de questions qui s'y trouve sur les diverses branches d'instruction prescrite par la loi des écoles. Ce fut lui qui fit imprimer la première édition de ce livre rempli de mérite, n'en déplaise à ceux qui ont voulu le décrier. A une époque de fermentation politique, le docteur Meilleur a dû faire preuve d'un courage moral peu commun pour empêcher la loi de l'instruction publique d'être altérée au gré des partis, et pour la rendre stable conformément aux principes : une loi qui change toujours n'est que désordre dit le Chancelier Bacon. Il a peut-être signalé le premier les causes regrettable» de Pémigration canadienne vers les autres pays.

Memàertou, fameux sachen Aty naquis dont* Lescarbot chante une expédition dans ses ver», était à la fb» bon politique et habite guerrier. Il se fit baptiser en 1610. M. de Poutrincourt, qui le tint sur les tons baptismaux le nommât Henri, comme le roi de France. Laët dit qu'il avait alors cent ans, et Lescarbot prétend qu'il avait vil Jacques- Cartier. Il faudrait pour cela qtfil eût été en-

voyé en ambassade auprès de, eew de Stadaconé* le même auteur rapporte qu'il voulait qu'on kii fît; l'honneur de tirer un coup- de canon quand il venait à. Port Royal, parce qu'il voyait que cela se pratiquait pour le chef fiançais. On publia à Paris eu 1610 : Lettre missive touchant la conversion du Grand Sagamo de la NouveUe* France, qui en était avant Purrwéé* des Français, le chef et le Souverain. Il ne régnait tout au plus que sur PAcadie, et encore y avait-il des peuples a> combattre. Avant que de se convertir, il avait été autmoin ou jongleur parmi les siens ; il était donc à la fois le chef civil et religieux : c'est comme cela, que fait l'autocrate de Russie. La conversion de Merubertou n'en est que plus méritoire.

Menard nom de dettx Canadiens qui se sont illustrés dans les pays étrangers, — Pierre Ménurd, qui fut Lieutenant-Gouverneur du Missouri, et Michel Branamour, son neveu, mort à Galveston en 1855. Né à La Prairie le 5 Décembre 1805, il s'engagea à. seize ans dans la traite des pelleteries, au 'service d'une compagnie américaine établie au Détroit. Trois ans plus tard, il se joignait à son oncle et fesait pour lui la traite avec les Sauvages. Il se fixa parmi eux, fut élu Grand Chef par les Shaouanis, négocia avec le Congrès la translation de toutes les nations dans l'Utah et la Californie, et fut près de réussir : il eût commandé alors à plus de 200,000 sujets. Ayant émigré au Texas en 1833, il fut fait Colonel, empêcha les naturels de prendre parti pour les Mexicains, fut membre de la convention qui déclara l'indépendance du Texas et qui posa les bases de la constitution de la République.

Menoui (Charles de) Sire et d'Aulnay-Charnizé, le puis farouche châtelain connu dans les annales de l'Acadie, s'empara de presque tout le pays, força la colonie du Massachusset à abandonner le parti du célèbre LaTour, qu'il déposséda, ainsi que l'estimable Denis, et fit d'abord approuver sa conduite à la cour de France. Ses succès en Acadie réagirent su* toute la Nouvelle-France, car la Compagnie des Cent ne pouvant réduire ce fier vassal» fttt obligé d'invoquer le secours de Louis XIV, qui replaça le sieur Denis dans son gouvernement. LaTour rentra également dans ses possessions et Charnizé tomba comme il était s'était élevé, Voy»z cependant l'article Vandôme:

Mcssein (Charles François Barlty de} Coadjuteur de * Québec, était d'extraction noble, et naquit à Va rennes en 1740. Il fit de lionnes études en Europe, entra au noviciat des Jésuites et revint en Canada en 1762, lors de l'expulsion de l'ordre de Ja France. Il acheva sa théologie à Québec et fut ordonné prêtre en 1767. En revenant des missions du Golfe, il fut blessé dans un combat entre des Canadiens loyaux et des Cunadiens amis des Américains, en voulant servir de médiateur probablement. Lord Dorcherter le fit précepteur de ses fils. Elu Coadjuteur de Monseigneur Hubert en 1788, il fut nommé évAque de Capse par le pape Pie VI, la même année, et sacré 'année suivante. Ami très chaud des Anglais, il aurait, probablement, s'il fut devenu évêque de Quebe, commis des faiblesses dont ceux qui ont occupé ce siège ne se sont point rendus coupables. Voir en effet son E pitre à lord Dorcherter et au Conseil Législatif à propos du projet d'ériger une Université en Canada, qui jmrle plus en faveur de son talent et de son érudition, que de son jugement et de sa piété. Il mourut à l'Hôpital Général le 30 Mai 1794, et fut inhumé à la Pointe aux Trembles, dont il était curé depuis seize ans. Il était âgé de 53 ans et 6 mois.

Meulande (Louis de Cissé de) d'une famille noble de Bretagne, étudia au séminaire de îSt. Sulpice, puis passa en Canada vers l'an 1668, et y fut le colloboratenr de l'abbé de Salignac Fénélen dans les missions sauvages. Etant repassé en France en 1677, il fut nommé Vicaire- Apostolique pour le royaume de Siam et sacré vers l'an

Miramichiy dieu des eaux ou Neptune, connu particulièrement des anciens Outaonais.

Monck (Sir James) successivement Procureur-Général, membre du Conseil Exécutif, Juge en Chef de Montréal et Administrateur de la Province du Bas-Canada. — Ses projets d'à ngli fi cation obligèrent Carleton à sévir contre lui et à employer Cugnet, quand il refusa d'enployer le procédé français de saisie-arrêt contre les marchands qui devaient au fisc. Quoiqu'il eût une réputation comme légiste, on peut juger combien peu elle était mérités en se rappelant qu'en 1803, il déclara l'esclavage inconpatible avec la constitution du pays, bien qu'on trouve un

statut impérial qui confirme le droit maintenu par la capitulation (*) de Montréal, et que dans sa consultation où il prétend que l'Ordonnance du Conseil de 1791 quant aux pouvoirs de l'évêque, est contraire à un statut pénal d'EIy^abelh (qui n'avait pas été fait pour le Canada ,) il prouve contre lui-même (f) Le Mémoire de 1814 au soutien de la Requête des ha bilans du Bas-Can;>da à Son Altesse Royale le Prince Régent, ne lui fesait pas moins de peine que l'Ordonance de 1791, comme on peut le voir par ses remarques sur ce Mémoire dans le sixième volume de Christie. Ce fut en conséquence do la mort du dnc de Richmond qu'il administra la Province ad intérim. Il fut honoré de la chevalerie.

Montgolfier (Etienne de) septième Supérieur de St. Sulpice dans l'île de Montréal, était de la famille des grands aëronautes. Ordonné prêtre en 1750, il arriva en

[*] 11 y a dans ce royaume un règlement fon-lé *ur ime certaine coutume rhé'ienne, p'utôt que sur une loi forme qui porte que Iwrsq fini e<ol ve étranger ahorde en Ancien r; « il devient libre au*uiôt ipi'il a nus pied à terre.— -Gregorio Lclt, Vie de Cromwfill

(f) Nor do I confine m y grounds of belief solely to the circumstiiiicf'8 above stated. A Provincial statute pas: « d in the 3-lth yeiirs of Hi8 MMjesty's leign •* for division of ihe Province of Lower Canada for nwnrriiiig ih** jiidifhture thncof, and for repealmg certain laws therein mentioned. " In the 8îli section, it is expressly déclarée! that the Onlînnncf» al><ve cited " For building and repairing chnrrhes" shall not be by ilie said statute revoked or repealed, which eanies at last, a hi-al implication of législative approbation, for it is to be nb-e-ved, that this provincial statute was reseived in he ternis of ihe Canada Act, chap, 31, s. 22, 'or His ivljtjr ^iy's approbation • and the Royal npproba ion «vas pranted and puhlicly aimuunred in the terms of ihe law, by the Governo , lord DorchesKnVx proclama* tion, and messages to the two l>ranch»'s o f the Provincial Parliammt. Nor hâve the arguments for His Maje-tv 9 .* pr^umed sanction to the above O'dinnnee rested here;the Govern r or Lieut Covernor rielejwed Hii» Maje>t\ 's power, veMed in the Governor, to CommisMonera to ' arrv the Ordinan* e mto eflect and proceedings rave b»en had tlcrein, and ratified by n course of leg»i! coiuroveray in Hi$ M jistv's couits, to efF«*otuate tne powers granted to the Rouiun catholic Bishnp, or ^uperinten* dant of the Roroish chorch " by the said Otdinance.

Canada au mois de juin de la même année et succéda plus tard à M. Norman t du Faradon. L'évèque de Québe lui expédia des Lettres de Vicaire-Général. Elu évêaûe après la conquête, la jalousie du gouvernement anglais l'empêcha a accepter, et il désigna lui-même Jean Olivier Briand. Il mourut le 27 août 1791, et eut pour successeur Gabriel Jean Brassier. On a de lui plusieurs vies de personnes mortes en odeur de sainteté à Ville-Marie. Celle de Marguerite Bourgeois fut publiée par M. Roux en 1818. Ce fut entre lui et le Supérieur- Général Couturier que fut fait Pacte d'abandon par le Séminaire de Paris à celui de Montréal en 1664, de tou tes prétentions sur les biens s ; tués en Canada.

Montcalm (Louis Joseph de St. Véran, Marquis de) Lieutenant-Général des armées du Roi, Commandeur honoraire de l'Ordre de St. Louis et commandant en Chef en Amérique, naquit en 1712, d'une famille du Rouergue qui a produit le Grant-Maître de Malte Gozon. Colonel du régiment d'Auxerrois en 174-3, il reçut trois blessures à la bataille de Plaisance, et deux à l'affaire de l'Assiette. Brigadier en 1747, et maréchal de camp en 1756, il reçut le commandement en Amérique, arrêta le général Loudon, prit Oswego, Ontario, et William- Henry avec un immence matériel de guerre. Le froid et la faim accablèrent ses soldats depuis l'automne de 1757 jusque au printems de 1758: il les soutint dans cette extrémité. Ce qui diminue de son mérite, c'est qu'il assiégea Oswego sur l'ordre du marquis de Vaudreuil, et contre son opinion. M. de Vaudreuil pensait qu'il aurait pu prendre aussi le fort Lydius, et ne s'ôta jamais cette idée de l'esprit. Le Marquis de Montcalm le prit de suite sur un fort haut ton avec lui à l'endroit de la conduite de la guerre, bien qu'il n'eût figuré lui-même en Europe que comme brigadier, grade qui n'oblige point à savoir la guerre. Dans sa défense du Canada en 1759, il laissa trop facilement Wolfe s'établir à la Pointe Lévi, d'où il domina Québec, Les feintes de ce général avant de surprendre l'Anse du Foulon, lui firent prendre le change au point qu'il laissa jusque à la dernière heure Bougainville trop loin de lui avec l'élite de ses troupes. Quand à la bataille d'Abraham, il la présenta avec une précipitation indicible à la tête de 4000 hommes,malgréuue

riOte âe M. de Vandreuil lui mandant d'attendre la concentration des troupes, et qu'il marchait en personne pour le rejoindre avec les bataillons de Montréal. L'officier canadien qui nous a laissé la belle relation des opérations qui est à la fin des Documens de Paris, dit qu'il n'agit pas ainsi par caractère, mais toujours par jalousie. Voici le portrait qu'il trace de ce général : " Plein de talent, mais ambitieux sans mesure ; plus brillant en conséquence de l'avantage d'une mémoire cnltivée, que profond dans les sciences relatives à l'art de la guerre, dont il ne possédait pas même lesélémens, il était peu capable de commander les armées. Sujet à des accès de passion, il était encore indiscret et divulguait volontiers ses pl&tis. Avait-il quelque chose sur le cœur contre quelqu'un, il ne pouvait s'empêcher de le rabaisser et d'en parler avec la dernière légèreté en présence du soldat et même de ses domestiques : c'est ainsi qu'il déprécia le Marquis de V r audreuil anx yeux de tous. Il voulait le supplanter. Ajoutons que, bien que brave, il n'était rien moins qu'entreprenant ; il n'aurait jamais attaqué Chouaguen par exemple, s'il n'y avait été forcé pour ainsi dire par les reproches que lui fit de sa timidité M. de Rigaud, homme borné il est vrai, mais plein de bravoure et de hardiesse ; il aurait abandonné celui du fort George presque aussitôt qu'il l'eût commencé, si le chevalier de Lévis ne lui eût donné l'exemple de la fermeté d'âme. " L'auteur de cette relation lui reproche les entraves qu'il mit aux opérations administratives de l'Intendant Bigot à l'heure suprême. quand celui-ci s'employait enfin avec un zèle véritable et de bonne foi, par jactance, et par l'andiscipline et l'extravagance qu'il encourageait chez l'officier et le soldat ; et il a f oujours été difficile de le laver du blâme de • la cruelle violation de la capitulation de William-Henry,

qui a fourni des armes au génie pour le flétrir, témoin Fénimore Cooper. Malgré tout cela, il vivra dans l'histoire, pareeque sa bataille de Carillon, remportée le 8 juillet 1758 est la première où la Franoe ait vaincu dans l*s mêmes proportions que l'Angleterre à Crécy, Poitiers et Agincourt, les Français n'étant que 4000 contre 18000. C'est toujours beaucoup d'avoir au front l'éclat d'un pareil triomphe, bien qu'il n'eût pas cru pouvoir le poursuivre, que le général vaincu ait con&ervé en quelque sorte

.l'offensive, et qu'il ait refusé de manœuvrer pour déloger

•l'armée anglaise au moyen des opérations que le marquis de Vaudrcuil voulait qu'il fit sur ses communications avec la milice du Canada, qu'il voulait lui envoyer. Montcalm attrait abandonné les lacs sans des ordres absolue du jrui vcriif ur. Tué à Abraham, on a dit qu'il fut enterré dans un trou qu'n no bombe avait fuit au mur des Ursiihn» .s. iî nourrissait l'espoir d'être admis à l'Académie (i- s Inscriptions et Belles-Lettre. Lord Dalhousie a fait él«'V<T à Montcalm e b à WoLfe un mouument commun. \S Eloge de Montcalm publié dans le Marcure de France, vjtui d'être réimprimé à Québec avec son portrait.

Montra igny (Charles Huanlt de) Chevalier de Malte ou de £t. Jean <i< j Gérusalem, (gouverneur de la Nouvelle- France pour la Compagnie des Cent Associés et Lieutenant-Général pour le lioi après Chasteaiifort, administra avec succès, et le Roi le continua même contre son gré dans le commandement sur les ins aïues de la Compagnie. Il bâtit le lort Richelieu eu 1642, et mit beaucoup de dignité clans ses relations avec les nations sauvages. Les Iroquois eux-mêmes le respeclèreat. Ces peuples ayant demandé ce que signifiait son nom, on leur répondit Grande Montagne \ depuis lors les Iroquois, et par imitation les autres peuples, aj pelèrent M. de Monimaguy, puis tous les gouverneurs, Ononthio, et le Roi de France, Grand Ononthio. Lcrd ÉJgin a remarqué à propos que Montmagny appartient à l'âge héroïque de la Nouvelle- France.

Montmorency (Henri II duc de) Amiral et Maréchal de France, immolé par Richelieu eu 1632, acquit en 1620, du prince de Condé, son beau-frère, la Vice-Royauté d-u Canada, et la céda lui-même cinq ans après au duc d*i Veutadour, son neveu. Il laissa son nom à plusieurs lieux du pays et fit quelques inféodations. Il avait été tournatour la terreur des huguenots et des Espagnols, et l'on disait de lui qu'il était l'homme de la France le mieux fait et le plus aimable, — le plus brave et le plus magnifique. Révolté contre le Roi et ne pouvant inspirer son courage au duc d'Orléans, chef du parti, en présence de l'armée royale sous les maréchaux de La Force et Schomberg, il se jetta dans les rangs ennemis. Au procès, les juges

interrogeant Gniteaux pour savoir s'il avait vu le Duc , combattant contre le Roi, cet .officier répondit les larmes . aux yeux : le feu et la fumée dont, il était couvert m'ont em- . péché fPtùhord de le distinguer ; ?nais voyant un lu)?nmequi t , après avoir rompu six de nos rangs, tuait encore des soldats au sept ième, f ai jugé que ce ne pouvait être que M. de Montntorenn/ \je ne fui su certainement que quand je Vai vu à terre sous son cheval mort. Une de nos plus belles chûtes dVun retient encore son nom.

II.- (François de Laval de) premier évêipie de Québec, d'une branche de la maison de Moninwency qui . avait f rc dnit trois marc-chaux de France, éiait fils de Hughes de Laval de Mon'n.orency, seign vr de Montigny, et naquit à Laval dans le Maine, en 162tî. 11 fit ses études an collège des Jésuites à Lafleche, devint Archidiacre d'K\ reux et Abbé de rVloniigny. Le j a| e Alexaudre VII ayant sépiré la Nouvelle-France de l'i£»li*e de Rouen, -voulut y envoyer un Vicaire-Apostolique et jeta les yeux sur lui, en 16Ô8. Il fut sacré par Je Nonce-Apostolique sous le titre d'évêque de Fétrée in partilïus. Il arriva à Québec en 1 6*59. De Harlay. archevêque de Rouen, voulut vainement s'opposer à lui et se prétendre encore l'Ordinaire du pays. Conseiller du Roi en ses Conseils et membre né de celui de la Colonie, il eut aussi une très grande influence sur ses affaires, fut le censeur des fautes des gouverneurs et mit tour-à-tour à la raison le baron d'Avaugour et M. de Mesy. Il s'opposait surtout avec force à la traite de l'eau-de-vie , ce fléau des naturels. Il eut Ja gloire de baptiser l'illustre chef Iroquois Garakonthié. Le 26 Mars 1663, il érigea à Québec le Séminaire des Missions Etrangères, érection qui fut confirmée par Lettres Patentes du Roi. Ami et protecteur des Jésuites, il leur réserva longtems la prédication de l'Evangile aux nations et eut des démêlés avec M. de Queylus ; mais il finit par permettre aux Sulpiciens de se joindre à eux. Tandis qu'il érigeait son séminaire, il devenait un des grauds dignitaires civils de la Colonie par l'érection du Conseil Souverain, où le prince lui assigna la première place après son Lieutenant-Général et avant l'Intendant. Cette qualité le met à couvert des attaques mal dirigée» de plusieurs écrivains qui n'ont considéré en lui que le pontife, taudis qu'ils auraient dû ne pas faire abstraction

de sa qualité de membre du gouvernement. L'abbé Faillon lui-même ne l'a pas parfaitement traité sous ce rapport. L'érection de Québec en évèché se poursuivait i Home dès Pan 1670 ; mais elle fut retardée par les prétentions opposées de Louis XIV et du souverain pontife, qui exigea que le siège de Québec dépendît îmimmédiatement du Saint Siège. L'affaire fut terminée en 1774 et Clément X expédia les bulles à son sufîraguant. Les revenus de l'abbaye de Maubec furent réunis à l'évêché en cette occasion. Monseigneur de Laval s'érigea un chapitre en 1684. Les premiers chanoines furent Henri de Bernières, Doyen, Ango des Maizerets, Archidiacre, Charles de Glandelet, Prébendier des Théologiens, M. M. Soumande, Pinguet, Buisson, de la Colore bière, Levallet, Deleuze et Germain Morin. Quoiqu'il se démît à Paris le 24 janvier 1688, il continua cependant à résider à Québec au séminaire, qu'il vit brûler deux fois avant sa mort, arrivé le 6 Mai 1708. Il fut inhumé devant le maître-autel de la cathdérale, où M. de La Colombière Serré prononça son oraison funèbre, qui offre des passages remarquables. Prélat digne de la primitive église, il ne ménageait nullement sa personne et s'imposait des courses pénibles pour visiter spirituellement son immense diocèse, souvent au cœur des rudes hivers de ce temps- là, et en partie à pied, suivi d'un traîneau portant son nécessaire. Sa reconcilation avec l'Abbé de Queylus et avec M. de Mesy, contre la mémoire duquel il empêcha que les commissaires du Roi fissent rien, fait honneur à ce grand homme. Le petit séminaire de Québec, qui eut son commencement sous son épiscopal, a été érigé en université sons son nom en 1852. — Voyez Queylus.

Moquin (Louis) habile légiste canadien né en 1787, fut élevé par un de ses oncles, marchand à Varennes, qui le plaça à 13 ans au séminaire de Québec, où il étonna par son intelligence. 11 fit son cours d'études en cinq ans, mais malgré qu'il passât ainsi dans les classes su- ]>érieures, il laissait derrière lui les plus valeureux. Le Discours de Bossuet sur l'Histoire Universelle lui étant tombé sous la main et n'ayant pu se le procure! dans les boutiques dé Québec, il l'apprit par chœur. 11 entra chez un médecin, mais il quitta bientôt cette bianche pour

étudier le droit et fut admis au barreau en 1813. Le zèle qu'il mettait à l'étude de ses causes, sa franchise et ses belles qualités, comme ses talens supérieurs, lui rirent une grande réputation et une clientelle profitable ; mais une maladie de langueur le conduisit au tombeau le 23 juin 1825. Le Grand-Vicaire Deniers chanta son service funèbre, et le Grand Juge Seweli prononça un éloge sur sa tombe. Il y a de lui un portrait à l'huile dans un Album de feue Madame Alexandre de Lusignan.

Morgan (le général) originairement perruquier à Québec, passa dans le camp américain, fit des prodiges de valeur et fut blessé au siège de cette ville ; — se signala ensuite à l'armée du Nord contre Burgoyne, puis dans le Sud, où il eut 1 a Hoire de battre à plate couture le fameux chef de la cavalerie anglaise, Tarleton, qui se vantait d'avoir violé pius d'Américaines, que les insurgés ne lui avaient tué de cavaliers. C'était un des premiers hommes de son temps pour le coup de main.

Marin (Germain) premier prêtre canadien, baptisé le 15 janvier 1646, ordonné en 1665, fut Secrétaire de Mgr. de Laval, chanoine en 1697, et mourut en 1702. — Marie Morin, religieuse de l'Hôtel -Dieu de Montréal, écrivit en 1725, les annales de cette maison, conservées dans cette Communauté et à La Flèche en France. Née à, Québec en 1649, elle fut le même jour présentée au baptême par le gouverneur Louis D'Aillebout de Coulonge. Hospitalière en 1664, elle fut Supérieure de 1693 à 1696, puis de 1708 à 1711, et mourut en 1731.

II. — (L'honorable Augustin Norbert) LL. D., Juge de la Cour Supérieure*et Doyen de la Faculté de Droit de l'Université Laval/né à St. Michel, comté de Bellechasse, en octobre 1803, commença sa réputation par une Epître au juge Bowen à propos de l'emploi de la langue française dans les brefs des Cours de Justice, imprimée dans la Bibliothèque Canadienne. Il n'était encore qu'étudiant en Droit. Elu jeune député au Parlement, il fut chargé de l'impression de l'Histoire de Labrie et fournit à Isidore Lebrun, de Par», des données pour son Tableau des Canadas;— eut une grande part aux quatre- vingt douze résolutions et fui député en Angleterre en 1833. Sous l'empire de l'Union il fut Juge de la Cour des Prérogatives, et fut élu Orateur de l'Assemblée Législative. M. Morin était alors au

faite de sa réputation, qui n'a pas augmenté depuis. Quand J a populace incendia les chambres, il était sur le fauteuil présidentiel cpmme ces anciens sénateurs romains devant les Gaulois, et ne voulut point le quitter avant qu'on eût mis devant lui une motion d'ajournement. Il a été depuis Secrétaire Provincial, puis Président du Bureau des Terres sous un ministère corrompu, et. a été défait dans son comté de Terrebonne. Cet incident a amené sa retraite et sa nomination à la magistrature. Il a encore fait par* tie du Comité Exécutif de l'Exposition Canadienne à Paris, et est membre du Conseil des Patrons de l'Ecole de Droit, liée au Collège des Jésuites. On- reconnait à M, Morin des connaissances remarquables en plus d'une branche.— Voyez Papineau, Labrie, Cauchon.

Mountain (Le Très Révérend Jacob) DD. premier lord évêque de Québec en 1793, membre des Conseils Exécutif et Législatif, mort à Marchmont près de Québec en 1825, avait été nommé sur la recommandation du docteur Tomline, évêque de Winchester. Le Christian Remembrancer de Londres pour 1825, contient un magnifique éloge de ce prélat, qui était dit-on, un homme modéré sur lequel Mgr. Plessis prenait facilement le pas dans les assemblées publiques, et qu'on croit n'avoir appuyé que faiblement les démarches de quelques gouverneurs contre le culte catholique. Mais sa Lettre de 1799 à Sir Robert Shore Milnes, dans le sixième volume de Christie, montre qu'il voulait s'emparer de l'éducation du peuple canadien, et sous Craig, en 1810, et II, il excita Herraan Witrius Rylandt à dénoncer les Mandemens où Plessis usurpait son titre selon lui. — Il signa aussi le mandat d'arrestation de Bedard et des autres patriotes. — Le docteur J. G. Mountain, troisième lord évêque de Québec, ancien Officiai du premier, a transporté son siège à Montréal lors de l'Union, puis est retourné à Québec. Il a publié des poésies et contribué à la fondation du collège Bishop à. Sherbrooke.

Murray (James) général anglais, lieutenant de Wolfe* était fils de lord Elibank, pair d'Ecosse, suggéra dit-on à ce capitaine l'escalade par laquelle il surprit les plaines d'Abraham, et défendit avec succès Québec contre le chevalier de Lévis. Il prit ensuite le, fort Jacques-Cartier, et opéra sa jonction avec Amherst devant Montréal.

Laissé par celui-ci à la tête du gouvernement de Québec, il interpréta la capitulation de Montréal favorablement, 1 tandis que le marquis de Vaudreuil, dans une lettre à M. de Bellestre, l'interprétait contre nous, quant aux lois françaises. Il fut ensuite Gouverneur en Chef de la Province de Québec en 1763, et fut rappelé en 1766 pour avoir montré trop d'estime pour les Canadiens. II emporta avec lui les félicitations du clergé, de la noblesse et du peuple, et interrogé par un comité du Parlement, il dévoila impitoyablement l'iniquité du pouvoir envers le peuple conquis. Commandant à Minorque avec un autre général contre le duc dé €rillon, il défëhdit durant sept mois le fort St. Philippe, et refusa un milionet la pairie française qu'on lui offrait s'il voulait livrer la place. Il mourut Général en 1799. Son fils était Général-Major dans la Péninsule sous Wellington.

II. — (Sir George) guerrier, diplomate et écrivain, successivement Quartier-Maître-Général de Wellington dans la Péninsule, Président du Canada Supérieur, Chef d'Etat-Major des armées de la coalition à Paris, Ministre des Colonies et Commandant des Forces ad interum, éditeur des dépêches de Marlborough. Il négocia la capitulation de Copenhague et la convention de Cintra, et promit aux Canadiens de mettre en pratique les recommandations du comité de la Chambre des Communes d'Angleterre; occasionnées par l'administration arbitraire de lord Dalhousie.

Muy (Danneau de) illustre famille canadienne qui commence à ce Danneau de Muy qui rallia les Français et les Canadiens surpris par Peter Schuyler et les Iroquois à La Prairie de La Madeleine, etqui remporta la victoire. Nicolas Danneau de Muy Ecuier, épousa Demoiselle Marguerite Boucher , fut Gouverneur du Détroit après Céloron de Blainville, puis de la Louisianne. Marie Charlotte, sa fille, religieuse Ursuline à, Québec, a écrit la vie de Madame de Pontbriand, mère de l'évèque. C'est un abrégé de celle de Dom Trottier, et elle a été retrouvée au Séminaire de Montréal parmi les papiers du prélat. On connait encore Jacques Pierre de Muy, Ecuier, seigneur en 1752, et capitaine d'infanterie. Un Danneau de Muy était officier dans la Milice en 1814.

Neilson (l'honorable John) qu'on a appelé quelquefois le Franklin du Canada, sans doute parce qu'il commença comme lui par être imprimeur, fut propriétaire de la Gazette de Québec publiée en anglais et en français. Il fut élu membre du Parlement pour Québec en 1820, et fut réélu jusqu'en 1830. 11 représenta alors le comté de. Québec jusque en 1834. Il appartenait aux rangs populaires ainsi que James Stuart. L'administration voulut séduire ces deux hommes qui prêtaient le secours de leur nom aux Canadiens-Français. Elle gagna Stuart, et offrit à Neilson pour son journal le titre de Gazette Officiel' le ou d'organe du gouvernement. Il refusa pour lui-même, mais accepta pour Samuel Neilson, son fils. Bientôt quelques articles suspects, attribués au père, s'étant glissés dans la Gazette, lord Dalhousie la rejeta, et fonda la Gazette Officielle de Québec, qu'il confia au docteur Charlton Fisher, alors rédacteur de l'Albion de New- York. Neilson combattit l'Union, et alla en Angleterre avec M. Papineau porter la requête des Canadiens. On a de ce» députés : Letler to Hù Majesty*s under Secretary of State on the subject of the proposed Union of Upper and Lower Canada, Lon don 1824, 8 vo. Le 4 Janvier 1832, il fut présenté à M. Neilson une coupe travaillée en reliefs et en bossages. Dans un compartiment, les agens présentent la requête au Roi, assis sur un Trône» Dans un autre, un militaire déchire d'une main l'acte constitutionnel, et présente de l'autre des chaînes au Canada, que le Lion Britannique et un génie protègent, placés entre le militaire et le génie de la Province, Sur un autre compartiment, Cincinnatus laisse la charrue pour prendre la dictature. Sur le quatrième, deux génies portent des palmes autour de l'inscription, qui est ainsi conçue : " A John Neilson, Ecuier, M. P. P. Député dèux fois auprès du Parlement Impérial, pour défendre les Droits des Canadiens. «Ce léger tribut de reconnaissance lui est offert en mémoire des services qu'il a rendus au pays, et comme hommage à ses vertus civiques, Québec 1832.' y — Sur le pied, la maison même de M. Neilson se trouve représentée au naturel, ainsi que plusieurs emblèmes indicatifs des mœurs jiu pays, tels qu'une traîne attelée et

chargée de bois, un canot d'écorce et une famille sauvage. On sait qu'il fut encore député en Angleterre avec Jocelyn Waller en 1834. En 1835, il fut chargé d'aller aux Etats-Unis étudier le régime des Pénitenciers avec M. Mondelet ; ils publièrent leur rapport, Québec in-4to. Sous lord Gosford, il se sépara de Papineau. Il refusa un siège au Conseil Exécutif, mais entra au Conseil Législatif. Il fut aussi du Conseil Spécial en 1838. Après l'Union, il représenta de 1841 à 1844, le comté de, Québec au Parlement-Uni, et est mort dans la retraite à un âge fort avancé.

Nelson (le docteur Wolfred) Inspecteur des Prisons et Pénitenciers , et ci-devant maire de Montréal , ancien membre du Parlement pour William-Henry ou Sorel de 1827 à 1829, se montra l'homme le plus capable de commander l'insurrection à St. Denis, où il repoussa le colonel Gore. Il se signala après la victoire par son humanité envers les soldats anglais blessés, auxquels il donna les secours de son art : le major-général improvisé ne put oublier sa profession. Echappé à travers mille dangers et misères, il rentra dans son pays à l'avènement des méoontens au pouvoir, profita fort par le bill d'indemnité, adhéra à leurs nouveaux principes, et lutta pour eux contre M. Papineau, qui n'en fit pas autant. Depuis qu'il est Inspecteur, il a cherché à adoucir le sort des prisonniers par un rapport humanitaire. Il ne faut pas le confondre avec le fameux docteur Robert Nelson, le plus audacieux de tous les chefs de l'insurrection, Commandant en Chef des Forces de la République, et qui supplanta Papineau à l'Assemblée de Midlebury dans le Vermont, où il publia une déclaration d'indépendance. Il avait autant de génie qu'il avait peu d'éducation.

Newton (Gilbert Stuart) artiste éminent, né à Halifax, capitale de la Nouvelle-Ecosse, en 1794, étudia en Italie en 1820, puis à l'Académie Royale d'Angleterre. Il se livra surtout à la miniature et orna les Annuaires et autres publications élégantes. Ses figures de femmes ont une expression frappante d'innocence et de beauté. Il est mort en 1855.

Nisbet (Frances Herbert) veuve américaine, fille d'un Président de Nevis, épousa en secondes noces en 1787, Horatio Nelson, commandant de la station navale des

Iles et depuis si célèbre. Le prince William- Henry, depuis Guillaume IV, leur servit de père. Nelson était venu à Québec, y avait lié amitié avec un marchand nommé Davidson, et avait été sur le point de s'y marier. Elle devint baronne et vicomtesse, mais le ménage fut brouillé par les amours du grand marin avec la fameuse lady Hamilton, ambassadrice de Naples. Josiah Nisbet, beau fils de Nelson, retint longtemps ce héros aveuglé, mais enfin les époux divorcèrent. Lady Nelson fut néanmoins créée comtesse après bataille de Trafalgar. On sait que son mari a un monument à Montréal.

Noiseux (François-Xavier) père de la biographie en Canada, né à Québec en 1748, décédé curé des Trois-Rivières et Grand-Vicaire le 18 novembre 1834, entra au Séminaire de Québec en 1765 et se distingua dans les mathématiques. Ordonné prêtre en 1774, il fut envoyé à la' Pointe aux Trembles et à la Longue Pointe, puis à Belœil, qu'il desservit pendant 21 ans. Il passa aux Trois- Rivières en 1796. U avait assez d'influence dans les affaires ecclésiastiques pour que Craig, écrivant à *on secrétaire Ryland, lui dise que Plessis est monté aux Trois- Rivières pour consulter Calonne ou Noyseux (•). Cet ecclésiastique était un homme très instruit et possédait une belle bibliothèque dans un temps où il était difficile de réunir beaucoup de livres dans cette Province. Il a écrit le premier sur la biographie, se bornant au clergé. Son manuscrit intitulé :

est d'une belle écriture, mais n'est pas tout-à-fait aussi soigné pour les dates et antres circonstances. On veut même y trouver des personnages imaginaires. Il a été attaqué en effet par le Commandeur Viger, le R. R. Martin, l'abbé Faillon, l'abbé Ferland et Mgr. de Tloa, et défendu, autant qu'il peut l'être, par le Juge Law et l'auteur de ce volume.

(•) He then told me tbat he was to go to Three Rivera a day or two after, and requested to defer entering more particularly into it till his return. Whether be conaulted Noiseux or Calonne xbr both, I know not ; but when he returned, 1 found hira entirely changed, for his conscience would by no means permit bim eten to consent to tbe Crown nominating to the livings.

Normaux du Faradon [Louis] sixième Supérieur de St. Sulpice à Montréal et Grand-Vicaire, né en 1681 au diocèse de Nantes, entra au Séminaire d'Angers en 1701, et passa à celui de Paris en 1706. Etant passé en Canada en 1722, il succéda dix ans après à M. de Belmont, et mourut en juin 1759. Il fut le premier bienfaiteur et comme le fondateur des Dames Grises, et sous lui le fief Bourcherain fut ajouté aux trois seigneuries de Montréal, de St. Sulpice et du lac des Deux Montagnes.

Noyan [Payen, Chavoy &c. de] illustre famille répandue dans toutes les colonies françaises, et allié à celle de Daillebout, de Repentigny, de Longueuil et de Beaujeu. — En Canada, Pierre Jacques Payen, Ecuier, Sieur de Noyan, capitaine des troupes de la marine, épousa en premières noces Demoiselle Catherine Le Moine de Longueuil , sœur de MM. d'Iberville et de Bienville, puis en secondes, au château de Longueuil le 17 novembre 1731, Demoiselle Louise Catherine Daillebout de Mantet. Il se signala par la défense du mauvais fort de Frontenac contre le général Bradstreet, qui fut obligé de le bombarder. Il fut impliqué dans le procès de Bigot et est désigné Pierre Jacques Payen de Noyan, Chevalier de St. Louis, Lieutenant de Roi des Trois-Rivières. Pierre de Chavoy, Ecuier, Sieur de Noyan, né à Montréal le 7 Avril 1731, Major de la ville le 7 janvier 1754, était sans doute son fils ; quoiqu'il en soit, de son premier mariage avec Demoiselle De Longueuil, il eut des fils connus sous les noms de Chavoy l'aîné et cadet ; Chavoy l'aîné, guillotiné sous Robespierre, avait un fils dans la légion de Bourbon en Espagne en 1797, et un autre qui périt à 22 ans a Quiberon, parcequ'il ne voulut pas faire un menson- . ge et dire qu'il n'était pas majeur. Chavoy cadet ou Hughes Payen de Chavoy, s'était sauvé par l'émigration i étant alors Chevalier de St. Louis et Lieutenant-Colonel ; du régiment de Béarn. Il était à Londres le 7 Décembre 1797 à Southampton Court, d'où il écrivait au colonel De Longueuil. Il avait été page de Louis XVI en 1763. Il fit la campagne de 1792 avec les princes, commanda en Angleterre un corps de gentilshommes cadets et fut chargé par Monsieur, en 1799, d'une mission en France,(laquelle lui ayant réussi, il fut nommé Colonel au nom du Roi. Il vivait encore en 1820 à son château de Chavoy, dé-

partement de la Manche. Sa sœur épousa le comte de Mallet. Le général Christie Burton était devenu acquéreur des seigneuries des Noyan, qui paraissent avoir tous quitté le Canada à la conquête ; cependant une Payen de Noyan était encore Supérieure de l'Hôpital-Général de Québec en 1802 : elle avait un cousin germain qui, après avoir été officier de cavalerie, était prêtre à Londres. Charly de Noyan, qui avait épousé une Demoiselle de Beaujeu, fille du héros de Mononghahela, fut Gouverneur de la Guianne. A la Louisianne un Payen de Noyan, gendre du malheureux Hertel de La Frenière, fut victime du dévouement qu'il lui outra, et arquebusé par ordre du Capitaine-Général O'Reilly. Un autre Payen de Noyan, périt dans la révolution de St. Domingue avec Madame de Repentigny, fille de M. de Noyan du Canada.

Odelin (Jacques) nétaphysicion canadien, né à St. Constant et ordonné prêtre le 4 février 1816, professa la philosophie à Nicolet. Il est surtout connu par sa polénique avec les ecclésiastiques du nouveau séminaire de St. Hyacint he au sujet des doctrines de Lammenais. A une époqu e où une grande partie du Clergé canadien s'engouait, comme celui de France, pour les nouvelles idées, il lutta avec une grande force contre plusieurs adversaires habiles, entre autres M. M. Prince et Raymond, et l'opinion lui donnait déjà la victoire, quand 1' encyclique de Grégoire XVI vint finir la cause. L'abbé

O delin mettait le sceau à sa réputation par ses pensées théologico-philosophiques, publiées dans les Mélanges Relu

gieuz, quand la mort l'enleva à son pays le 8 juin 1841. 1 '

(TDonell ( J acques Louis) premier Vicaire Apostolique de Terre-Neuve en 1796, fut nommé évêque de Thyatire par le pape Pie VI, et sacré à Qu ébec par Monseigneur Hubert. Promu à l'évèché de Der ry, en Irlande, en 1817, il eut pour successeur Monseigneur Thomas Gillow. L'architecte de la basilique paroissiale de Montréal, dont la façade est si remarquable, est un O'Donell, qui vint en Canada en 1824 , et qui se convert it avant de mourir

en 1829. Ce fut Messire Richards, converti lui-même, qui l'administra. Il fut inhumé dans le temple qu'il avait construit, près de la première des grandes colonnes qui soutiennent le dôme, et l'on a mis sur sa tombe une épitaphe convenable.

Olier (Jean Jacques) Abbé de Pébrac, fondateur de la société de St. Sulpice à Paris et à Montréal, de la Compagnie de laquelle île il était aussi un des membres fondateurs, fut l'ami de St. Vincent de Paul, et mouru t en odeur de sainteté. Il avait refusé l'évêché de Châlons sur Marne, que lui offrait le cardinal De Richelieu. Sa vie écrite par l'abbé Faillon a fait oublier l'abrégé du P. Giry.

Oroboa héroïne algonquine de la tribu des Muscogules. Prisonnière de guerre chez les Iroquois, elle fut déposée dans une cabane pieds et mains liés, et demeura dix jours dan& cette position, sans prendre de nourriture que ce qu'il fallait pour l'empêcher de mourrir. La douzième nuit, pendant que ses gardes dormaient auprès d'elle, elle parvint à dégager un de ses amis, et bientôt après à se détacher tout-à-fait elle-même. Son premier soin fut d'assurer sa liberté par la fuite 5 mais elle ne put se resourdre à laisser ainsi s'échapper l'occasion de la vengeance. Elle rentra dans le wigwam qu'elle venait de quitter, saisit un tomahawk, assomma celui des guerriers iroquois qui se trouvait le plus à sa portée, s'élança dehors et s'alla cacher dans le creux d'un arbre qu'elle avait remarqué. Elle attendit là que la police du Canton fut passée et, dirigeant sa course d'un autre côté, elle s'enfonça dans les bois. Elle y errait depuis deux jours, quand elle s'aperçut que ses ennemis suivaient ses traces. Elle se plongea aussitôt dans un étang couvert de roseaux et y demeura dans une attitude qui lui permettait de respirer sans être aperçue. Durant trentecinq jours elle parcourut les forêts et les déserts, vivant de racines et de fruits sauvages. Parvenue à une rivière large et rapide, elle fit avec des osiers une espèce de radeau qui lui servit à la traverser. Enfin rencontrée par des guerriers de sa nation, elle fut reconduite en triomphe dans son village au milieu des chants de guerre.

Ouikka, l'Ecole des Exquimaux, fait naître les tempêtes, renverse les pirogues et rend inutiles les plus gé-

néreux efforts de leurs conducteurs. Ceux qui découvrirent les premiers l'Amérique, n'avaient point avec eux de Camoëns. Dans la Lusiade, par ce grand poète, quand Vasco de Gama est près de doubler le Cap des Tempêtes, tout-à-coup l'on aperçoit nn personnage formidable qui s'élève au fond des mers ; sa tête touche aux nues, les vents, les tonnerres sont autour de lui, ses bras s'étendent sur la surface des eaux ; le génie est le gardien de cet Océan, dont nul vaisseau n'a encore fendu les ondes, il menace la flotte, il se plaint de l'audace des Portugais, qui viennent lui disputer l'empire de ces mers, et il leur annonce toutes les calamités qui doivent traverser leur entreprise. Cette fiction est une des plus belles qu'on ait à opposer aux anciens.

Ouréhouaré, chef de guerre Iroquois, fut attiré à Catarocoui avec les autres chefs par René ae Brisay, Marquis de Denonville, saisi traîtreusement, et envoyé en France pour servir sur les galères. Louis XIV eut le bon sens de le renvoyer en Canada avec Frontenac, qui se l'attacha et l'admit même à son conseil. Il devint un homme aussi poli que valeureux, et bien qu'il combattît plusieurs fois contre les siens, il put encore être utile auprès d'eux pour les relations diplomatiques. Il fut à la tête de deux ambassades du Canton des Goyogouins et de celui des Onneyouths en 1694 et en 1695. Lors de la seconde, il mourut d'une pleurésie à Québec. Un père Jésuite lui parlant des opprobres et des ignominies de la passion de Jésus-Christ, il entra dit-on dans un si grand mouvement d'indignation contre lès Juifs, qu'il s'écria : " Que n'étais-je là? je les aurais bien empêchés de traiter ainsi mon sauveur. " Il fut enterré avec les honneurs militaires.

Oureouati, fameux chef de guerre et Orateur Iroquois vulgairement appelé en Canada La grande Gueule à. cause même de son éloquence, fut la terreur des Outaouais et de Ville-Marie naissante, humilia M. de Labarre et participa au massacre de Lachine. Le gouverneur Colden nous a conservé la mâle et fière harangue qu'il prononça â l'Anse de la Famine. C'est un beau morceau d'éloquence. Dans sa vieillesse, en 1712, il conclut un traité de neutralité.

Painchaud (Charles François) philosophe et ami de l'éducation, né à l'Ile aux Grues le 9 Septembre 1783, étudia les mathématiques sous l'abbé Raimbaud au presbytère de L' Ange-Gardien avec Henry Hardinge, depuis pair d'Angleterre et Commandant des Forces à la mort du duc de Wellington. Après avoir fait son cours de théologie au Séminaire, il fut ordonné le 21 Septembre 1805 et fat employé comme Vicaire à N. D. de Québec, Ensuite, il fut envoyé dans les missions de la Baie des • Chaleurs, où il desservit des Acadiens, des Irlandais et les Sauvages de Ristigouche. Nommé à la cure de Ste. -Anne La Pocatière par Monseigneur Plessis en 1814-, il y fonda un beau collège, qui fut ouvert aux élèves en 1829. Il dut s'imposer bien des sacrifices pour doter l'établissement d'une bibliothèque et d'un cabinet de 'physique. Il mourut à Ste. Anne le 9 février 1838. Il y a plusieurs cantiques de lui dans le Cantique à Pusage des Missions de l'abbé Boncher-Belleville, entre autres "** jEnfans, la Jeunesse" " Nouvelle agréable" et il a laissé ^en manuscrit des remarques sur la philosophie du comte de Bonald, des observations sur les théories du comte de Maistre et des recherches sur le magnétisme animal,

Panet, maison canadienne qui s'est élevée depuis la conquête. — Elle a produit un Gardien des Archives du Gouvernement de Québec et Greffier-en-Chef du Conseil de Guerre on Conseil Supérieur sous Murray. (Jean Claude Panet, auteur d'une relation du siège de Québec) quatre Juges, un Grand- Voyer, un Coronaire, un Orateur de la Chambre des Communes, un évêque et un membre de l'Exécutif.

Jean Antoine Panet, né en 1751, entra au barreau aussitôt que l'Angleterre leva la proscription qui pesait sur les Canadiens, ainsi que Pierre Panet qui, avant d'être juge, exerça à Montréal les deux professions de notaire et d'avocat. Il se fit une très grande clientelle. Elu député par la haute ville de Québec en 1792, après l'octroi de la constitution, il eut l'honneur d'être le premier Président des Communes, où il présenta une requête des citoyens de Québec pour l'abolition de l'esclavage. Lord Dorchester, ayant résolu de l'élever à la magistrature, re-

commanda aux Communes d'élire un autre Orateur en 1793, et la Chambre choisit M. de Lotbinière ; mais M. Panet résigna bientôt son siège à la Cour des Playdeyers Communs pour ne pas venir résider à Montréal $ il fut réélu et toujours porté au fauteuil, jusqu'en 1815, qu'il fut sommé à la Chambre Haute. Son élection à la Présidence en 1792 avait été un véritable triomphe pour la nationalité canadienne française, car M. Richardson prétendait que les Canadiens étaient liés par la reconnaissance à adopter la langue anglaise, et il était appuyé, le croirait-on ? par Pierre Louis Panet, qui fut juge en 1794. Son élection à cette époque et à chaque Parlement postérieur prouve le mérite extraordinaire de ce grand citoyen. Il mourut la même année, 1815, le 17 Mai, et fut inhumé dans la cathédrale par Mgr. Plessis. Il avait été Commissaire du Roi pour le cadastre des biens des Jésuites, et adressa alors à lord Dorchester un protêt en forme de Mémoire contre la partialité des Commissaires anglais et l'illégalité de leurs procédés. Une pension fut accordée à sa veuve par ta Législature. Craig, qui ne s'accordait avec personne, lui avait ôté son grade de Lieutenant-Colonel de la Milice parcequ'il était un des fondateurs du Canadien, s'imaginant que dans un gouvernement constitutionnel la majorité de la population ne devait point avoir de journal ! — Voyez l'article suivant.

Bernard Claude Panet, né à Québec le 9 Janvier 1752, ordonné prêt re en 1778, fut élu Coadjuteur de Plessis en 1806. Le pape Pie VII le nomma évêque de Salde en Mauritanie la même année, et il fut sacré l'année suivante. Evêque de Québec en 1825, il prit possession le I2i Décembre et gouverna jusqu'en 1832, qu'il se retira à l'Hôtel-Dieu de Québec, où il mourut en 1833, âgé de plus de 80 ans. Il fut inhumé à côté de Monseigneur Plessis. Un employé du gouvernement disait de ce prélat, qu'il était le seul Canadien qu'il connût qui eût conservé son innocence baptismale, que sa physionomie annonçait en effet. Mais celà même, dans un Canadien, ne suffisait point pour satisfaire le Secrétaire Herman Witrius Ryland, qui écrivait au lord évêque de Québec au sujet de l'approbation royale donnée à Mgr. Plessis par le Président i)unn : " 1 informed your lordship, that in conséquence of the dtath of Mr. Denaud, the Président hcul deter-

(*) Nos Orateora semblaient faire les évêques, car Mgr. Lartîgtie, était, sinon frère, du moins cousin de M. Papineau. (•) L'bonorabU P. A. De Bonne.

mined to admit the Rev. Mr. Plessis to take the oath of allegiance in Council as R. C. Bislwp of Québec, and I Jtave now to mention ihat heison like manner determined to admit the Rev. Mr. Panet to take the oath as Coadjutor, vrithout either waiting for Ris Majestés pleasure, or for any other sanction whatsoever ! Ttiis step, ht whoever might be the objeot of his choice, I cannot but consider as in the highest degree injudicious, particularly as the knotvledge whidi Mr. Plessis had of the measures that are in contemplation, a fards so fair a pretezt for delay, and for referring; the appointment to His Majesttfs décision. But where is the layman sufficiently free Jrom vanity, who at seventy' three years of âge would let slip an opportunity of making a BisJwp ? In the présent instance 1 am truly sorry to observe that the impolicy of the choice is almost equal to that of filling up the appointment at ail. Mr. Panet, Iam tdd, is br other to the Speaker, (*) and your lordship knows enough of tJiis mari* s character to judge of the conséquence which may naturally be expected front giving such great additional influence to him and his connexions. If on the 24>th June 1792, according to a?i affidavit made in December 1794, which I have ever since had in my possession, he felt himself bold enough publicly to déclare at the Church door of Charlebourg, " q,ue s'il pouvait faire entrer Monsieur Berthelot dans* la Chambre d'Assemblée, il foulerait les Anglais sous les pieds," what may be not ventured on, tahen he sees the wlwle patronage of the Romish Church throughout the Province, and the prodigious influence attending it, eventnally vested in his own family ! But it is said his broêher is a mighty good sort of a mon ! — Oh ! those mighty good men, those very loyal subjects, so dévot ed to His Mafesty*ê service, make my contempt and indignation rise to a height that almost chokes me ! Your lordship knows very weil there is not a man to be found, from Mr. Speaker himself down to the fellow who holds a lucrative office in the Court of K. B., (•) and who has lately sent hi son tojoin the banditties of Mr. Bonaparte, wiio is not

vlien he thinks it will suit his pwrpose, brim full and runnmg over with loyalty : but yovr lordshipis too dear-sigkted and too well acquainted wtth the real sentiments of thèse people tobe cafoled by their fair speeches ; vxmld io heaven that this taere tke case with every man who may have it in his power eitfier to support, or to compromise tke interests of the Crown in this Province.

Papineau, famille canadienne dans laquelle les grands talens oat été héréditaires comme dans celle de Bedard.

Joseph Papineau, un de nos patriarches constitutionnels, a exercé la profession de notaire à Montréal depuisr 1780 jusque à 18*1, année de sa mort. Il était si profond en loi, que ses opinions étaient citées au Palais, et que le Supérieur Roux cite sa manière de penser au sujet de la propriété des seigneuries de St. Sulpice, à côté de celle du baron Masères, de M. D'Outremont, magistrat à Londres, et de M. Dupin. " Telle est aussi, dit-il, l'opinion de M, Papineau, qui lient le premier rang parmi ses compatriotes, et qui connait parfaitement l'organisation de St. Sulpice." Propriétaire de seigneuries, il protesta en 1790, par des motifs généreux et désintéressés, contre le projet de commutation du chevalier Charles de Lanaudière. Elu membre du Parlement Provincial pour Montréal lors de l'octroi de la constitution, il fut réélu en 1797. Il présenta une requête de» citoyens de Montréal pour l'abolition de l'esclavage* Un, des chefs de l'opposition, il souffrit sous Craig avec- Pierre Bedard, et le défendit, ayant eu plusieurs entrevues avec cet ombrageux capitaine, lie gouverneur l'accuse de ruse, en parlant d'une adresse de la Chambre : It was the cunning of the elder Papineau, who wor dédit in tfie manner in which it tvas présent ed. Il ajoute de ses etforts pour obtenir la liberté de Bedard ; Bourdages, Borgia and Xhat set were as violent as ever, but Papineau had someJiow contrived to get the direction of the business in his own Juznds. Viger joined Papineau. The latter, before ht would venture to présent tlie Résolutions, requested a conférence vrith me, which I readily granted. It lasted an Jvour and a half. Nothing could be more correct than every opinion that he uttered ; but I soon saw that his whole aim was to get the release of Bedard, byany means by which it was possible toattainit, knoiving full well wluxt the im*

pression upon Vie Province would alway s be, and that thcy would take cars to représenta that it was an act to which thcy had çompelled me. Igavehimto under stand that, if the Resolutions were presented to me, there was tnuch of botJi sophistry and of ambiguity in them, upon which I should thirik myself obliged to animadvert, Wïth respect to Bedard I told him very plainty that no considération thould induce me, as fur as Tarn concemed, to consent to his release during the sitting of Parliament ; and Idid not hesitate to tell him that the grounds of my resolution in this respect were, that I considered the state of the Province to be such that it was become indispensably necessary for the dignity, and even the securiiy of the King*s Government, that it should be distinct" ly mode. manifestât was not the House of Assembly that. was to govern it. We parted very good friends, though I saw he was much struck with my observations on the Resolutions, which I believe he had himself suggested, though I do not know whether it was him or Bourdages drew them up. On a imprimé ce parallèle de Bedard et de Papincau nos premières grandes figures parlementaires : " Une stature élévée et imposante, une voix pleine et sonore, une éloquence plus véhémente encore qu'argumentative, telles étaient les qualités dont Joseph Papineau était doué , qualités nécessaires pour faire de l'effet dans les assemblées populaires. Il conserva jusque à la fin de ses jours un patriotisme pur et la confiance de ses concitoyens, qui aimaient à entourer de leur respect, ce respectable vieillard, dont la tête droite et couverte d'une longue , chevelure blanche, qui flottait sur ses larges épaules, conservait encore le caractère de l'énergie et de la force. M. Bédard était loin d'offrir les mêmes avan- . tages physiques* A une figure dont les traits, fortement prononcées, étaient irréguliers et durs, il joignait une pause peu gracieuse et une tenue très négligée. Bizarre et insouciant, il prenait peu d'intérêt à la plupart des sujets qui se discutaient dans la Chambre, il parlait en général assez mal ; mais lorsqu'une grande question attirait son attention et l'intéressait vivement, il sortait de cet état d'indifférence apparante avec une agitation presque fiévreuse, et embrassait d'un coupd'œil toute la profondeur de son sujet ; il l'entamait par des paroles qui sortaient d'abord de sa bouche comme en s'entrecho*

quant et avec effort ; mais bientôt, sa voix devenait pi as assurée et plus forte, — ses idées prenaient de l'ordre dans sa tête ; il abordait ses adversaires avec une puissance irrésistible de logique : rien alors n'était capable d'intimider son courage, ou de vaincre son opiniâtreté." Joseph Papineau mourut avec la douleur de voir son fils proscrit et dans l'exil. On lit sur sa pierre tumulaire une inscription latine remarquable. Isidore Lebrun, dans le Tableau Politique et Statistique des deux Canada*, lui attribue à tort une brochure sur les droits des Canadiens à la conservation de leurs institutions, qui est de M. Viger.

II — (l'honorable Louis Joseph) son fils, né. en 1786, étudia au collège de Montréal, où il ne fut pas un des meilleurs élèves ; mais il apprit en son particulier l'histoire. On raconte de son enfance, qu'un jour, son père 1 ni ayant interdit la table, attendu qu'il n'avait point encore de barbe au menton, il dit au chat de la maison: vas te placer à côté de papa, toi qui en as. Admis au barreau, il entra très jeune encore au Parlement en 1809, ayant été élu par le collège électoral de Huntingdon qui le conserva jusqu'en 1815. Il accepta la charge de jugeavocat de la milice en 1812. Elu pour Montréal en 1815, il fut porté à la présidence en conséquence de la retraite de M. Panet, sommé à la chambre haute. Il était recommandé, dit mon père, par ses talens oratoires naissans, et plus encore, peut-être, par le nom et la réputation de son père. Comme Panet, il devait être toujours réélu, si ce n'est en quelques circonstances où il ne put agir lui-même en cette qualité* Il était à l'époque dont nous parlons admirateur anthousiaste de la constitution de son pays ; aussi fut-il appelé au Conseil Exécutif en 1820. (Voir la vie de lord Sydenham et le volume inédit de Bibaud, où on le montre tour-à-tour admirateur et improbateur outré de cette charte.) Le biographe de lord Poulett Thompson et Montgommery Martin citent sa harrangue de 1820 aux électeurs de Montréal comme preuve de sa bienveillance envers l'Angleterre. Plus tard encore, il disait: u Notre excellente constitution fut, à l'époque de sa promulgation en cette Province» présentée à ses habitans comme l'œuvre du génie et de la bienveillance,— elle fut accueillie par eux comme ua

bienfait inestimable. Depuis ce temps jusque à oe jour» les gouverneurs de la colonie, le conseil législatif, & Chambre d'Assemblée, les tribunaux de justice, les , grands jurés, toutes les autorités constituées, tout le . Clergé, tous les corps, tout le peuple avaient uniformément professé le plus fort attachement pour cetfe cous* , titution. Qui sont donc les hommes modestes, qui viennent nous révéler en 1823, que tous nous avons été dans Terreur 1 Nous avions cru que ce don nous engageait à la reconnaissance envers la Grande Bretagne ; écoutez les, ils vont nous détromper sans doute. En 1822, des pi/g mé es ont prétendu attaquer la magnifique fabrique élevée en 1791 par la main des géans." Mais les successeurs de Sherbrooke et le bureau colonial firent de grandes fautes, ils dénièrent à la chambre bas?e ses attributions financières les plts essentielles, et complottèrent même ' l'union des Canadas. M. Pa pin eau se mit dès lors et avec raison en entagonisme avec l'exécutif, qui ne Pavait appelé dans son sein que pour le nullifier, et porta en Angleterre en 1823, la requête de 60.000 Canadiens contre l'Union. Vallières de St. Réal le remplaça en cette occasion au fauteuil présidentiel. Il avait dans cette députation |»our collègue, John Neilson ; ils publièrent à Londres en 1824»: A letter to His Majestés under Secretary of State on the subjert of the proposed union of Upper and Lower Canada, by L. J. Papineau and John Neilson. Lord Dalhousie, qui était le plus chaud partisan de l'Union, entra alors dans une lutte personnelle avec Pex-orateur, et voulut l'empêcher d'être réélu à la Présidence. . Il fit une harangue incisive et acrimonieuse à laquelle Papineau répliqua, avec MM. Heney, Cuvillier et Quesnel, dans une adresse au peuple. Les élections leur furent favorables. Dalhousie voulut désapprouver l'Orateur: la chambre se refusa à en élire un autre etie gouverneur voulut se passer de Parlement ; mais un comité du Parlement Impérial inculpa toute son administration, et le duc de Wellington, qui venait au pouvoir, dut le rappeler pour l'envoyer commander dans l'Inde, les troupes et non les peuples. Sir James Kempt ap- : prouva M. Papineau comme Orateur et, non content de ('inviter à sa table, il accepta de lui un déjeuner. Le rôle de ce citoyen était beau alors. Mais, les nouvelles

fautes des Anglais aidant, ces triomphes firent bientôt de lui, non plus un Orateur ou Président de la chambre, niais un tribun populaire sans cesse haranguant, puis un dictateur omnipotent pour le malheur de ses compatriotes. (♦) Il fut sans doute un orateur, — orateur populaire ai Ton veut, car sans celà, comment eût-il remué les niasse* et maîtrisé ses collaborateurs ?

Un grand modèle Je vois eu l'a pineau i Quand, daus sou zèle.

Par du neuf et du beau, Il tonne, il grêle Contre le plan nouveau.

dit la chanson Les Orateurs Canadiens, à propos de l'Union. 11 eut du nerf dans ses paroles, et ne perdait point le fil de ses pensées complexes; cependant^ ses harangues furent telles 411e reproduites par M. Garneau,elles ne sauraient supporter l'impression. — Les choses s'envenimèrent jusque à Lord Gôsford, qui promit tout et qui avait bonne volonté. M. Papineau, qui semblait viser à la puissance souveraine, et qui redoutait un accommodement, continua la lutte quoique abandonné par les Neilson, les Cuvillier, les Van Felson, les Debartzch et les Caron. 1! se trouva daus une fause position; mais Sir Francis Bond Head le tira d'embarras en publiant ses instructions secrètes et en y mAkint celles de lord Gosford. Malheureusement aussi, M. Morin et M. Berthelot lui demeurèrent dévoués. Il méprisa alors les conseils de Joseph Hume, organisa le couseil central et permanent Qt les fils de la liberté, démoralisa la milice et prétendit faire élire des officiers et des magistrats par le peuple, bommé, en qualité de major dans la milice, de répondre

( /VVhigïjgetTorys, par un tacite accord, laissent de côté le dédale d embarras et d'obstacles où ce qu'ils gomment la fataitaa pousse l'Angleterre, Ils ne disent pas que Papineau,

dÎA^X lat H Ur p e ™ roé »<i uedu Nord, préside la Chambre d Assemblée du Bas-Canada, et combat victorieusement leur

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de ses actes, il fit une réponse incivile autant qu'audacieuse. L'Assemblée des Cinq Comtés le précipita dans la révolte. Lord Gosford ayant proclamé la loi martiale après nue longue léthargie, et émané des mandats d'arrestation, Papineau changeant de ton, écrivit à l'autorité qu'il espéruit qu'on ne le rendrait point responsable des troubles qui éclataient dans la l'rovince, que le peuple ■eul s'était décidé à maintenir ses droits, qu'il ne pouvait rien sur la volonté du peuple; mais il gagna en même temps le foyer de l'insurrection et se trouva avec le docteur Wolfred Nelson à St. Denis avant la lutte; delà néanmoins, il gagna les Etats-Unis sans combattre, et sut se soustraire ainsi à l'orage qu'il avait amoncelé sur les chaumes de son pays. Il chercha à engager le gouvernement américain dans la lutte, mais sans succès, et fut supplanté à l'assemblée de Midlebury, dans le Vërmont, par le docteur Robert Nelson, dont il ne voulut pas signer l'acte d'indépendance parceque, a-t-on dit, il contenait une clause contre le système féodal. Il paraît qu'il avait eu jusque-la le titre de Président de la République Canadienne, que son collègue assuma alors. Il gagna la France, où il vit Lammenais, Benjamin Constant et d'autres démagogues ; mais les radicaux anglais qui* allèrent passer la belle saison à Paris, et entre autres M. Hume, s'abstinrent de le voir. Il publia daris le recueuil parisien, La Revue du Progrès la première partie 4e son Histoire de V Insurrection Canadienne, qui n'a rien d'historique, mais qui se laisse lire comme pampnlet politique. Quand il n'avait pas encore quitté l'Amérique, il reçut de lord Durham des ouvertures par le canal de son agent Wakefield, mais il les accueillit avec fierté. A l'avènement de ses anciens partisans au pouvoir, il fut fort caressé et recherché par l'administration La Fontaine ; il lui fut passé de l'argent pour faire à Paris des recherches dé manuscrits sur le Canada, il put rentrer dans sa patrie en J844, et on lui fit payer tous les arréragés de son salaire en qualité d'Orateur. Sous M. Viger, une chaire «de botanique fut improvisée au collège McGill pour un de ses fils, qui avait fait de fortes études dans les pays étrangers ; un autre fut protonotaire. Il prit tout et ne s'ouvrit point ; mais ensuite, il se mit à lancer au vent des manifestes et à appeler la République. On

disait alors de lui comme des Bourbons, qu'il n'avait rien oublié ni rien appris : il avait appris pourtant que la constitution ang/aise n'est point une magnifique fabrique élévée par des* mains de geans. S'en suivit une polémique retentissante entre le docteur Wolfred Nelson, son ancien collègue, et lui, au sujet de sa fuite, au moment du danger en 1837. M. Papineau vaincu dans le collège électoral de Montréal, s'est depuis retiré de la vie politique et a eu pour successeur en 1854, M. A. A. Dorion, qui a été en état de faire une* opposition qui eût plus verdeur, car M. Papineau n'avait plus'de parti dans la Législature :il était presque complètement isolé. Il s'est trouvé à l'installation du Président Buchanàn. M. Papineau a été un grand talent sans être en rien spécial ; il n'a été ni un homme d'état ni un politique habile. Sans avoir la bonhomie de Lafayette, il a été aussi inepte dans les momens de crise et toutes les fois qu'il s'est agi de reconstituer, sa philosophie politique ne consistant également que dans la décheanes des pouvoir : leur rôle a été purement négatif, mais il a eu de prodigieuses consêqueuces. M. Papineau triompha de lord Dalhousie et tua l'Union en 1823, et en 1837, il nous l'a préparée involontairement ; des révolutions et des remaniemens plus déplorables encore vont sans doute achever d'accomplir les destins qu'il nous a faits. Il a une notice biographique dans le Dictionnaire de la Conversation, ouvrage publié à Paris par une société d'hommes de Lettres. L'honorable Denis Benjamin Papineau, son Trêre, accepta le portefeuille de ministre des Terres de la Couronne dans le cabinet de M. Viger.

Paquin (Jacques) né à Deschambault, en son vivant curé de St. Eustache de la Rivière du Chêne et archiprêtre,fut ordonné le 24 Septembre 1814. Il montra beaucoup de courage civique durant les troubles politiques de 37 et 38, et a laissé un journal des événemens arrivés à St. Eustache, une oraison funèbre de Monseigneur de Forbin-Janson et la première histoire ecclésiastique de son pays, qu'on a déplorablement perdue.

Pattinson (le major Richard) Gouverneur d'Héligoland dans l'Océan Germanique, est fils de Richard P. Pattinson Je ^andwhich dans le Canada Supérieur, f 1 fit ses études aux Universités f* j ^iasgow et de Cambridge, puis

«ervit quinze ans aux Indes. Il était Adjutant-Général de la cavalerie a Alliwal, se trouva à la bataille de Mahragepour en 1843, fit la campagne du Sultledge, eut un cheval tué sous lui au combat de Buddewally et st trouva à Sobraon. Il eut trois médailles. "Few officers of his standing have had the good fortune to have seen so mue h hard fighting with such brilliant resuit s," dit le colonel Lockyar. Il est revenu en Canada en 1850, a servi en Orient, où il a été un des organisateurs du contingent anglo-turc, et a été fait gouverneur d'Heligoland en 1857.

Parent (Etienne) depuis nombre d'années Assistant- Secrétaire-Provincial, situation où il a mérité des employés du gouvernement un tribut de reconnaissance et d'estime, est né à Beau port le 2 Mai 1801. Il a été membre du Parlement, et rétablit le Canadien, dont il a été durait quatorze ans rédacteur. Au Canadien, M. Parent a fait deux choses : il s'est accoutumé à écrire très purement, et bien que très vif de caractère, il abandonna à temps M. Papineau, et retint le District de Québec sur le penchant du précipice. Ses séries de lectures sur l'économie politique, le travail, le progrès, doivent le faire regarder comme un des plus beaux esprits de l'Amérique. 11 y a un excellent portrait de lui par Hamel. M. Parent a été membre du Comité Exécutif de l'Exposition Canadienne à Paris.

Parkman (Francis) de Boston, littérateur contemporain «t associé étranger de l'Institut Polytechnique de Montréal, auteur de la Conspiration de Ponthiac, livre qui réunit le mérite des recherches au mérite littéraire. M. Parkman s'occupe de recherches sur l'histoire de la colonisation française en Amérique, et est venu en Canada pour s'y procurer des documens.

Périnault (Pierre-Joseph) mort a Montréal le 29 Juin 1821, était natif de la même ville. Il alla étudier à Tours en France, chez un de ses oncles, Chanoine Grand-Chantre de cette métropole, et fit avec succès sa théologie dans la même ville. A la nouvelle de la révolution, son père l'alla chercher et ils se trouvèrent tous deux à Paris le jour du martyre de Louis XVL De retour en Canada, il fut ordonné prêtre au mois d'août 1794. Homme pourvu des dons de la nature, de grands talents et de biens patrimoniaux qui lui donnaient J5500 de revenus, l'évéque de

Québec l'envoyait partout on il y avait de» constructkm» à fiiire, et ce bon ecclésiastique se prêtait aux vues de ses supérieurs malgré les réclamations de la nature et de faux amis, qui lui conseillaient une vie de repos et de jouissances. De la Rivière des Prairies, il fut envoyé à Kingston, et est mort curé de St. Roch de l'Achigan ; mais il demanda à être inhumé à la Rivière des Praineti.

Perrault (Joseph François) père de l'agronomie en Canada, en son vivant protonotaire du District de Québec, un des plus beaux caractères auxquels Québec ait donné le jour, était fils d'un traitant puissant dont les affaires s'étendaient aux colonies anglaises et à St. Domingue. Il fut commis de son père et voyagea avant d'étudier. Quand il se livra à l'étude, il y avait peu de livres dans le pays ; il en copia ou fit copier, en traduisit ou compila d'autres. Il traduisit Burn's Practice et la Lez Parlior ment-aria de George Petyt, donna un Dictionnaire Portatif des Règles Parlementaires, des Extraits des Régîtres du Conseil Supérieur et de la Prévôté de Québec, dédiés à Sir Francis Nathaniel Burton, un Abrégé de l'Histoire du Canada, plusieurs traités d'agriculture et un Système d'Education, sans parler de son Autobiographie, dédiée à. lord Aylmer, et de grand nombre de manuscrits reliés. Il fonda des écoles d'après le système de Lancaster et des fermes modèles. Malheureusement, les livres de M. Perrault sont écrits sans aucune pureté ou correction de langage. Il paraît cependant qu'il faut faire une exception pour son traité de la grande et de la petite culture couronné par la Société d'Horticulture de New- York, car le savant Pascalis dit dans son Rapport : " Il paraît tirer la philosophie de son art d'une grande expérience ; il enseigne une pratique judicieuse et une théorie saine. Il traite son sujet avec une charmante simplicité ; il joint une méthode claire à une telle pureté de langage, que son ouvrage mérite d'être mis au rang des livres classiques. Son esprit d'humanité ne se borne pas à son seul pays ; il entretient une correspondance avec les agronomes américains qui, pensons-nous, seront charmés de s'unir à lui dans ses travaux philosophiques, et qui seront heureux de répandre parmi nos fermiers les instructions de cet auteur." Quoi qu'il en soit, si l'on feit la part des teins et

iffc des circonstances dans lesquels Joseph François Perranlt

m: a travaillé pour son pays, on peut certainement répéter

itu ce que dit mou père à la fin de l'éloge qu'il a consacré à

ce patriarche canadien dans l'Encyclopédie, cahier <Peercrj: tobre 1842 : fortunate senez, certe. tua facta manebunà M

(jij reste surtout le père de l'agronomie en Canada et un dés?

fc. grands zélateurs de l'éducation. Ses œuvres se conti-

nuent dans sa postérité. Joseph Perrault, son petit-iife, iC f Secrétaire du jtfureau d'Agriculture et rédacteur du jour-

fa nal depuis la mort de M. Evans, est élève du collège

Royal de Cirencester et de l'Ecole Impériale de Grignon. Il a été Commissaire-Adjoint pour le grand concours agricole de 1856, à Paris, et chargé de l'achat des animaux pour l'Ecole Impériale.

Perrot (Nicolas) célèbre voyageur canadien d'une famille honorable, (qu'il ne faut point confondre avec Perrot^ neveu par mariage de l'Intendant Talon, gouverneur de Montréal en 1672 et de l'Acadie en 1684, seigneur de l'Ile Perrot, et fameux par son duel avec M. de Ste. Hélène et ses démêlés avec le comte de Frontenac, puis avec les Sulpicieos, et qui alla finalement se faire tuer à la Martinique), — avait une intelligence remarquable et dut un bon fonds d'éducation aux Jésuites. Il amena beaucoup de guerriers sauvages à M. de La Barre revenant de sa malheureuse expédition contre les Cantons Iroquois. Après avoir cru participer à la victoire, il ne lui resta plus qu'à persuader à ces hordes d'observer la paix, et ce n'était point chose facile. Il n'avait pas peu contribué à les ranger sous l'obéissance du gouvernement de la Nouvelle-France et avait été le précurseur de M. de St. Lusson, s>ubdélégué de l'Intendant Talon pour prendre possession du pays ; il lui avait préparé les voies. Il fit le premier connaissance avec les Miamis et Tetinchoua, leur chef, qui le reçut en guerrier, envoya au devant de lui et lui donna le spectacle d'un combat simulé. Perrot rapporte que ce Sachem avait 4000 hommes de guerre disponibles et une garde personnelle de 40 guerriers. Il faillit périr chez ce peuple, en 1696, et ne fut sauvé que par les Outagamis. Homme d'esprit et doué de grands talents naturels, il rendit de grands services a la Nouvelle-France comme voyageur et comme diplomate. On le retrouve interprète à la paix de 1701* Il

adressa au marquis de Vaudreuil un Mémoire relative* ment aux intérêts des Français dans l'ouest et laissa un manuscrit intitulé : Mœurs, Coutumes et Religion des Sou» vages dans l'Amérique Septentrionale, qui a été utile à M. de La Potherie et même à Charlevoix. On lui doit la découverte des mines de la Rivière des Moines dans l'Iowa. Perrot avait un fort au lac Pépin. Un Canadien, redeve-

' nu Français, le général Perrot, était colonel de cavalerie en 1848, s'est avancé durant la deuxième révolution, et était Commandant-Général de la Garde Nationale de Pa-

' ris en 1851. Il vient de repousser un collège électoral de France qui voulait l'élire dans la croyance qu'il s'engagerait à se ranger sur les bancs de l'opposition à Napoléon III.

Phelan (Patrick) troisième évêque de Kingston, n'a été titulaire qu'environ un mois, étant mort d'une maladie contractée aux obsèques de Monseigneur Gaulin, son prédécesseur. Né en Irlande en 1793, il suivit ses parens aux Etats-Unis, et Monseigneur Cheverus, depuis archevêque de Bordeaux et cardinal , mais alors évêque de Boston, l'envoya étudier au Collège de Montréal. Ordonné prêtre en 1825, au lieu de retourner à Boston, il s'agrégea à la Communauté de St. Sulpice. Nommé d'abord évêque de Carrhae et Coadjuteur de Mgr. Gaulin, il fut oréé Administrateur Apostolique en conséquence des infirmités de ce prélat par bref du pape Pie IX (1852) et signa en cette qualité les actes du concile de Québec, deuxième. Il a été le fondateur ou le bienfaiteur du collège de Regiopolis.

Pierron ou plutôt Péarron (*) (André) de la Compagnie de Jésus, le premier peintre connu en Canada, y arriva

' le 12 Juillet 1663. Il alla évangéliser les Iroquois. La Mère de l'Incarnation dit de lui dans ses Lettres : " Le père Pierron fait merveille chez les Agniers avec ses ta-

' bleaux. Il est bon peintre ; — les Sauvages sont ravis de ses tableaux." En 1668, il vint a Québec à pied à la raquette. L'année suivante, on écrit qu'il gouverne le pays des Agniers, où il passe pour le plus grand génie du monde, — qu'il a écrit aux gouverneurs anglais contre les abus

(•) Voir la liste Ecclésiastique. ' ' '

de la traite de Peau de vie et que ce bon Pére prêche le jour et peint la nuit. La liste dit qu'il fut tué an mois de Mars 1673, d'où l'on peut conclure qu'il souffrit le martyre.

Pigeon (François) ara i des arts et de l'éducation, fut ordonné prêtre le 16 Janvier 1803. Après avoir été Directeur du Séminaire de Québec, il devint curé de St. Philippe et fonda dans sa paroisse en 1826, une gazette appelée le journal de St. Philippe, qui se soutint six mois ou peut-être une année. On lui doit diverses autres publications, telles que des livres de prières, ses drames de Berquin à l'usage des enfans des Ecoles et sa réponse à Deshons Montbrun, avanturier français qui, pressé de se marier en Canada, et ne pouvant obtenir de dispenses de bans de M. Roux, se fit marier par un ministre protestant en tenant le Supérieur responsable de son acte. Cet ecclésiastique estimable est mort le 4 octobre 1838.

Picquet [François] de la Société de St. Sulpice et Docteur de Sorbonne, fondateur d'Ogdensburg dans le Canada Supérieur, né à Bourg en Bresse le 6 Décembre 1708, vint en Canada en 1733 et fut envoyé sept ans après à la mission du lac des Deux Montagnes, où il construisit un fort, dont on voit encore les restes. Il y réunit les tribus errantes des Algonquins et des Nipissingues. Ce fut en 1749 qu'il établit une nouvelle mission pour les Troquois à. La Présentation, aujourd'hui Ogdensburg, et M. Hodgins le signale comme le fondateur de cette ville. En 1752, il rassemblait 400 Sauvages qui se donnaient à la France et au christianisme par son entremise, dans un traité figuré par les dames canadiennes sur un guidon qui se conserve encore à la mission du Lac, le baron de Longueuil étant Commandant-Général de la Colonie, M. Boucher de LaPérière,Gouverneur de Montréal,(ârwô^ma<w, et le chevalier de Lacorne, interprète. L'Intendant Hocquart l'appèle i'apêtre des Iroquois, Duquesne disait que sa personne valait dix régimens, et les chroniqueurs des colonies anglaises l'appèleuterronément le Jésuite de l'Ouest. Il passa à la Louisianne en 1760 et y séjourna deux ans. De retour en France, il reçut du Clergé, en 1766, une gratification qui lui fut renouvelée en 1770. Il alla à Rome en 1777, et travailla jusque à sa mort pour le bien de l'humanité. Aussi le pape lui fit-il compter 5000 francs ; et

1* soi de France rémunéra de môme ses services. C'était &ire la charité au père des pauvres et des affligés de toute sorte, car il n'en était pas plus riche. Il mourut le 15 Juillet 1781, chez sa sœur, à Venjon, petit bourg du département de l'Ain Il paraît que Lalandc, l'incrédule, fit sou éloge à l'Académie. Voir de plus, les Lettres Edifiantes.

Piskaret, surnommé l'Achille du Canada, le plus grand chef connu des Algonquins ou même de son temps ^armi les tribus du Nord selon le biographe Thatcher, n'ayant pu, à la tète de 700 guerriers attirer les Iroquois au combat, se mit à la tête de petits partis, et à fair« dans les Cantons des expéditions du génie de celles de Dioméde et d'Ulysse dans le camp des Troyens. Dans un combat naval sur la rivière du Nord, il tira des armes à feu plus que les Français n'en savaient faire eux-mêmes, et imita la mitraille par un expédient ingénieux qu'on trouvera décrit dans Bacqueville de La Potherie ou dans mes Sagatnos Illustres. Il n'avait qu'un canot contre cinq, qu'il détruisit tous. Logé dans un arbre creux au centre du pays des Iroquois et en plein hiver, il alla trois différentes nuits, faire mains basses sur des Iroquois endormis et échappa à toute poursuite. Les chroniqueurs nous diseat qu'il prenait l'élan à la course. Il portait des raquettes et les avait chaussées le devant derrière, ce qui trompa encore ses ennemis. Il parul aux conférences de 1646 r et ratifia la paix en disant : " Voici une pierre que je mets sur la sépulture des guerriers qui sont morts, durant la guerre, afin que nul n'aille remercier leurs os, ni ne songe à les venger." Dans une nouvelle guerre, un jour qu'il revenait seul de la chasse, il fit rencontre de six éclaireurs iroquois qui, n'ôsant l'attaquer ouvertement, entonnèrent à son approche le chant de paix. Il les prit pour des ambassadeurs allant aux Trois-Rivières ou à Québec, et fit route avec eux. Mais il y en eut un qm resta en arrière, sous prétexte de se reposer : le retardataire revînt tout-à-coup sur Piskaret, et le renversa mort, d'un grand coup de tomahawk sur le derrière de la tête. Ainsi finit ce terrible Algonquin.

Ptit (William) le plus grand ministre qu'ait en l'Angleterre, -Dans la constitution qu'il donna au Bas-Canada en 17^1, il fut aussi, libéral que possible 5 mais à com-

mencer par le duc de Portland, on se mit à gâter son ouvrage. Fêlant allusion au commerce de bois &. il mit pour exergue sur le sceau provincial ces mots latins : Ab ipso ducit opes, animunque ferro.

Flessis (Joseph Octave) le plus grand homme qui ait occupé le siège de Québec depuis François de Laval Montmorency, le. premier Pontife canadien qui soit allé à Rome, et le seul qui ait été yoramé par le Roi au Conseil Législatif, naquit à Montréal le 3 Mars 1762, d'un forgeron selon Hertuan Witrius Ry'aud, et fut ordonné prêtre à Québec le 11 Mars 1786. Il fut tour à tour professeur d'humanités au collège de St. Raphaël, employé au Sécrétariat de l'évêché de Québec et curé de la capitale. Le 6 Septembre 1797, il fut élu Coadjuteur de Monseigneur Denaut, et obtint l'agrément royal donné par Sir Robert Prescott ; mais le vénérable pontife Pie VI avait été traîné en captivité par les sans-culottes, et après sa mort, l'église fut quelque temps sans chef. La nominatien de Monseigneur Plessis, qui s'était fait attendre si longtems, fut un des premiers actes du pontificat de Pie VII, exalté à Venise à la faveur des victoires de Souwarow puis de Melus. Les bt.lles, datées du 26 avril 1800, le nommaient évêque de Canatte en Palestine, avec la succession au siège de Québec. Il prononça à Québec en 1799, n'étant encore qu'élu, l'allocution à l'occasion de la bataille navale d'Aboukir. Sacré le 25 janvier 1801, il s'interressa durant sa coadjutorerie à la fondation du collège de Nieolet, (au quel il obtint plus tard une charte royale) et d'écoles primaires à Québec, et discuta les prétendues prérogatives royales quant au patronage et autres matières avec les officiers de la Couronne. Ryland nous a conservé un entretien a. ce sujet entre ce prélat et Sewell, publié dans e sixième volume de Christie. Il succéda a Monseigneur Denaut et prit possession de son siège le 17 janvier 1806. On vit en lui un pontife à la fois loyal, ferme et politique, qui eut besoin de toute son habileté dans ses relations avec certains gouvernans. Aussi le gouvernement anglais fut-il lent à lui accorder la confiance qu'il acquit plus tard. Craig, qui le travailla beaucoup pour lui Élire accepter de grands honneurs etémohimens moyennant la reconnaissante de la su pré mac ie du Roi, qui nomme-

fait aux bénéfices, le croyait en correspondance avec les évêques d'Irlande et le célèbre Milner, évéque de Cas» tabula: il l'écrivait au ministère anglais. Sous Prévost, Plessis commença à recueillir les fruits de sa constance et de ses services, et triompha au moins partiellement de l'opposition qu'on avait faite à l'ordonnance provinciale de 1791, puisque Sir George reconnut d'abord son titre de Surintendant de PEglise Catholique Romaine, puis, à sa demande, d'Evêque Catholique Romain de Quéàec, se fondant, dit M. Christie, sur une dépêche dans laquelle lord Bathurst semblait reconnaître sa qualité. Quand Pie VII, délivré de captivité, rétablit les jésuites, Plesais voulut former des sujets à Québec, et écrivit en Russie pour se procurer un religieux propre à devenir Finstituteur des Canadiens qui entreraient dans l'ordre, mais ce beau dessein ne réussit pas. Il fut sommé par le Roi au Conseil Législatif en 1818, et l'on trouva en lui un sénateur à la fois patriote et loyal. En 1821, quand la majorité du Conseil Législatif enrégistra une résolution de ne concourir à aucun bill de la chambre basse relatif à la liste civile qui contiendrait des items, ce prélat fut d'un avis contraire avec le juge Olivier Perrault ; il jugea cette résolution prématurée ou trop générale et ne contenant pas une spécification précise des objets compris sous le nom de liste civile. L'infatigable pontife méditait l'érection de toutes les colonies anglaises en une province ecclésiastique, dont Québec serait la Métropole. Il partit pour l'Angleterre et pour Rome en 1819. Les services éminens qu'il avait rendus à l'Angleterre durant la révolution française puis durant la guerre de 1812, — sa qualité de Conseiller du Roi, lni ménageaieiit un accueuil distingué de lurd Bathurst, avec qui il eut plusieurs conférences à sa maison de campagne. (*) S'il ne put le faire consentir à l'érection formel-

- (*) Although His Grâce (le duc de Richeroond) were to remain entirely inactive, it ta very certain that neither the gentlemen Oi the Seminary, nor the Nuncio who ia now on his way to England, w il l continue ao. The inordinate ambition ot the one, and the aeal of bigoiry of both thèse parties nuy assure you of this.

H. FF. Ryland.

le d'un archevêché à Québec, et d'évêchés a Montréal f Kingston &. il put avoir des éréques régionnaires k Kingston, à la Rivière Rouge, dans les provinces du Golfe &; leurs bulles ne les dénommaient point seulement auxiliaires, mais suffragans de l'évêque de Québec, qui fut ainsi assimilé aux évêques Mé tro polit *ins des premiers siècles de l'Egl ; se, avant qu'on ne connût le titré d'archévèque. Quant à. la Nouvel le- Ecosse, le souverain pontife y avait ^lacé un Vicaire- Apostolique, Ce fut Monseigneur Edmond Burke, ex-grand Vicaire de Plessis, qui Pavait sacré en 1818,, avant son départ pour l'Europe. Durant son séjour à, Londre-, il se lia d'amitié avec le célèbre docteur Poynter, Vicaire Apostolique de cette capitale, qui lui écrivit en 1823, sur les difficultés de l'adminis f ration eclésiastique en Canada, une lettre que notre premier pasteur fit publier et répandre. Il fut de retour à Québec le 16 août 1820, et fut reçu avec de grandes démonstrations de respect et d'affection par les habitans de Québec» Il était accompagné de l'abbé Laïtigue, nommé sufragant et auxiliaire pour le District de Montréal, où déjà Monseigneur Hubert avait voulu faire ériger un siège épiscopal. Il l'y sacra dans l'ancienne église paroissiale en 1821, et le soutint dans ses difficultés avec le Séminaire. Le Mandement d'installation émané par Monseigneur Plessis accordait aux svffragans auxiliaires les mêmes honneurs qu'à lui. Le séminaire de St. Sulpice^l'abbé Chatoyez firent de l'opposition ; le grand Vicaire Cadieux et un autre jouteur, sous le pseudonyme d'Hospice Bedard, défendirent le bref du pape et le Mandement, qui étaient également attaqués. On Fait que cette querelle ecclésiastique alla très loin et qu'elle aurait été digne d'un Lutrin, des hommes aussi éminens que Monseigneur Plessis, Monseigneur Lartigue, le supérieur Roux et M. Le Saulnier y ayant eu chacun leurs torts. Joseph Octave Plessis mourut à l'Hôpital- Général de Québec le 4 Décembre 1825, âgé de 62 ans et 9 mois, et fut inhumé le 7 avec tous les honneurs religieux et civils, les troupes de la garnisson formant une double haie sur le passage du convoi, que suivait lord Dalhonsie avec son état major et tous les dignitaires de la Colonie. Son'cercueuil fut placé dans le sanctuaire de la cathédrale au lieu où l'on chante l'Evangile. Son

cœur fat déposé le 14 âa même raoib dans le mur d'unè des chapelles de l'église St. Roch, et un monument dé marbre fut élevé auprès de ce lieu. Un marbre tumuîaire a aussi été placé le 2 Décembre 1833 dans le sanctuaire de la cathédrale audessous de sa tombe. On conserve la correspondance de ce prélat, qui est des plus importantes» et une série de sermons latins pour les réunions du Clergé. Parmi les pièces curieuses ae la bibliographie canadienne, se trouve le sermon à l'occasion de la victoire remportée par les forces navales de S. M. B. dans la Méditerranée les 1er et 2 Àoàt 1798 sur la flotte française, prononcé dans r église cathédrale de Québec le 16 Janvier 1799 par Messire J. O. Plessis, curé de Québec, Coadjuteur élu, et précédé du Mandement de Mgr* Denaut, Québec 1799. On a la gravure du portrait en pied de J. O. Plessis. La figure est belle et imposante. La plus grande gloire de ce grand homme se perpétua dans ses œuvres et les. ecclésiastiques éminens qu'il forma, — les Lartigue, les Provencher, les Burke, les McEachern, les McDonell, les Demers, les Maguire et tant d'autres. Voici le jugement que porte sur ce prélat la. Revue Canadienne [Canadian Review\ journal anglais du temps. " Tîu death of the protestant Dis/iop did not long précède that of Mgr. Joseph Octave Plessis, ttie Roman Catholic Bishop of the Province, icho, on the 4&h of December, at Québec, terminated his mortal career. In the decease of this prelate, his church has to lament an able, temperate, yet zealous indefatigable chief ; his flock a human, benevdent and charitable pastor, ever olive to thcir wants and prompt to administer, and the king a tried and loyal subject ; there was in short among ail classes and persuasions but one sentiment of regret for the loss, — and respect, and vénération for the memory of this benevolent Christian and truly exemplary cliaracter. His remains were conveyed xcith ail the civil and military honors from the Hospital-General, where he had closed his life, to the Chapel of the Hôtel- Dieu, and from thence, on the day of interment to the Parish Churcli of the Upper Town, were hetoas interred on the right of the altar, in présence of the Governor-in Chief and heads of ail the variou* departments and an immense concourse of inhàbitants, who ail toislied to express tlie high opinion they entertained qftH* zeal, charity and loyalty for which hewas not more àonspi-

fies sauvages et craignant un assaut, voulait se retirer & Niagara et n'en fut empêché que par les Canadiens. Cependant Sir B. Devers fut battu en voulant secourir la place. Une flotille parut ensuite à la vue du fort. La garnison monta aussitôt sur les bastions et Ton entendit •en même temps le sassaJcoue* ou cri de guerre des Outaouais. Ponthiac s'était allé poster à la Pointe Pelée. Trente bateaux chargés de troupesfurent attaqués et pris à la vue du fort. Les guerriers remontèrent la rivière en triomphe, contraignant les Anglais de ramer, et passèrent devant la place. La garnison fut plus heureuse au mois de juin. Un vaisseau* de guerre ayant paru de«r Vant le fort, Ponthiac arma ses canots et crut le prendre 4 l'abordage ; mais le capitaine, qui avait fait cacher les soldats à fond de caie, les envoya tout-à-coup sur le pont et jeta d'une seule décharge, les assaillans sur le carreau. Le Sachera, surpris, n'abandonna pas cependant encore l'espoir du triomphe. IL fit faire des radeaux avec des débris de maisons, et les chargea de matières combustibles en guise de brulôts ; mais ses guerriers ne comprirent rien à cette nouvelle invention, qui n'eut pas d'effet, et le Détroit fut ravitaillé et secouru. Le 22 juin, 300 hommes arrivèrent et on se résolut à une attaque générale sur «le campement de Ponthiac. Celui-ci mit en sûreté les femmes et les enfans, et dressa deux ambus> cades. Il laissa les Anglais s'avancer jusques au pont qui a retenu le nom de Bloody Bridge ; mais la petite armée n'y fut pas plus tôt arrivée, qu'elle se vit assaillie par un feu bien nourri et masqué. Le commandant tomba frappé à mort et les troupes furent mises en désordre : elles se rallièrent, et toutes les ambnscades furent balayées à la bayonnette. Ponthiac «revint néamoins à 4a charge et les Anglais rentrèrent avec une perte •énorme de cent-dix hommes tués ou blessés. Il resta sous les murs du Détroit jusque au 18 août, mais le vieux général Bradstrect marchait à la tête de 3000 hommes, le brigadier Bouquet remportait une victoire et 600 hommes venaient du Canada. Ponthiac retraita furieux et en combattant avec le major Wilkins, jusque aux Illinois. Il conserva dans son alliance les Miamis et les Mascoutins, et demeura redoutable. Le major Loftus, .envoyé, pour le soumettre, fut repoussé ; le Keuten-ent

Frazer fut réduit eu captivité av4c le détachement qu'iT ' conduisait, La douceur réussit mieux ; le gouvernement , dans la vue de ce rattacher, lui ât une pension considérable, tout en continuant a le craindre, comme les Romains avaient craint Annibal. Le major Rogers lui envoya un jour de de l'eau de vie. Quelques guerriers, qui l'entouraient, frémirent à la vue de cette liqueur, qu'ils croyaient empoisonnée, et voulurent le dissuader d'en boire : — " Non, leur dit Ponthiac, celui qui recherche mon amitié ne peut songer à m'ôter la vie ! " et il prit la boisson avec l'intrépidité d'Alexandre prenant la potion de son médecin Philippe. Il finit en 1767, prés de St. Louis, où il fut assassiné par un-Péoria, corrompu par un Anglais. Le commandant de St. Louis, Laciéde, l'enterra dan le fort aveeles honneurs militaires, et ses guerriers lui firent un terrible holocauste en exterminant presque toutes les tribus des* Ulinois. Le biographe Thatcher dit qu'il est probable que son influence et son génie furent sans précédent dans l'histoire de sa race. L'histoire, ajoute-t-il,— loin d'ajouter à l'idée que s'en forment les tribus du Nord, le réduit à nos yeux à ses justes proportions ; mais la tradition le mesure aux Hercules de la Grèce. (*) Cet incompréhensible Sauvage chercha à mettre ses sujets en état de manufacturer les draps et les étoffes comme les Anglais, et offrit au major Rogers une partie de son territoire, s'il voulait entretenir quelques Outaouais dans les manufactures d'Angleterre. 11 étudia la tactiqne de nos troupes, et en raisonnait avec une sagacité peu audessous de la science. Ce qui est plus étonnant encore, il établit une sorte de banque à sa façon. Elle donnait des billets de crédit qui portaient l'image de ce qu'il voulait qu'on lui donnât, et son sceau, qui était la figure d'une loutre. En s'eraparant du Détroit, il voulait en faire le siège de sa domination, qui aurait sans doute été redoutable aux nouveaux possesseurs du Canuda. L'auteur qui a parlé le plus au long de Ponthiac est M, Francis Parkman daus La Conspiration de Ponthiac . Il cite Ponteah, cr

. (♦) ErM. Thatcher aurait du ©jouter que la mythologie a beaucoup exagéré la puissance dea héros*

the Savages of America, a Tragedy, London, Printed for the autlwr, and sold by S. Millan opposite the admiraity, Wkitehall 1766, pièce qu'il attribue à Rogers lui-même.

Potherie ( Leneuf Bacquevilie et Le Roy de la) tous trois seigneurs en Canada. — Jacques Leneuf de La Potherie gouverneur des Trois-Rivières et Lieutenant de M. de Mesy, fut corn mandant- général du pays à sa mort, jusque à l'arrivée du marquis de Tracy et de M. de Courcelie, et eut de grandes difficultés avec le Conseil Supérieur, qui voulut ne le regarder que comme commandant des troupes et non comme gouverneur ad-interim. — Bacquevilie de la Potherie, né oux Antilles, est bien connu comme historien de la Nouvelie-France. — Le Roy de La Potherie, Commissaire Ordonnateur à Montréal, se distingua comme administrateur par deux Mémoires au ministre de la Marine au sujet du gouvernement et de l'industrie.

Power (Michel) premier évêque de Toronto, né à Halifax en 1803, fit ses études classiques à Montréal , et ses études théologiques au Séminaire de Québec. Ordonné prêtre au mois d'août 1827, il fut employé successivement à Drummondville, à la Petite Nation et à La Prairie, où il fut créé chanoine honoraire et Grand-Vicaire par Mgr. Jîourget. La partie la plus à l'ouest du Canada Supérieur qui avait fait partie du diocèse de Kingston, ayant été érigée en évêehé par Grégoire XVI le 17 Décembre |84 1, Michel Power fut nommé premier évêque du nouveau diocèse avec le pouvoir d'en désigner les limites, de fixer son siège dans le lieu qui lui paraîtrait le plus couvenable, et de prendre son titre de la ville où il s'établirait. Ce prélat fut sacré le 8 Mai 1842, et marqua le même jour les limites du nouveau diocèse, qui comprend toute cette partie du Haut-Canada située à* l'ouest du District de Newcastle et au nord-ouest des lacs et rivières connus sous le nom de Moon et Mnskbgo. Il prit aussi le même jour son titre de la ville de Toronto où il lixa son siège, [dont il prit possession le 26 juin de la même année,] avant de quitter La Prairie, où il fut sacré, et Montréal, où il bénit la première pierre du monastère de la Providence. Le 15 Septembre, Sir Charles Bagot fit, au nom de la Reine, et en vertu d'une dépêche 4 U jwwistre des Colonies, la reconnaissance civile du nouvel

évêque. Le 20 du même mois, le souverain pontife con r firma tout ce qui avait été fait par ce prélat pour rétablissement du nouveau diocèse et reconnut son titre d'évêque de Toronto. Mpiiseigneur Power régla son diocèse dans un synode : il construisit une cathédrale et un. palais épiscopal, et appela à lui les Jésuites, qui l'aidèrent puissamment. Après avoir fait un voyage en Europe dans l'intérêt de son église, l'actif et zélé pontife succomba, victime de son dévouement auprès des pestiférés Irlandais, le 1er Octobre 1847.

Pressard (Colomban Sébastien) dixième Supérieur du Séminaire des Missions Etrangères à Québec et Grand- Vicaire, était de la famille d'un Conseiller au Conseil Supérieur ^ et se rendit lui-même habile dans la jurisprudence. Né en 1713, il vint en Canada en 1741 avec quatre autres prêtres, entre autres, Jean Olivier Briand, et fut élu Supérieur après François Sorbier de Villars. Lord Dorchèster l'associa à Cugnet pouj? la rédaction d'un code de lois qu'il voulait que l'Angleterre sanctipnnât pour cette Colonie en 1773. Il mourut à l'Hôpitaï-Général le 27 Octobre 1777. M. Gravé de La Rive lui succéda $ans la sttpériorité.—Voyez Çugnet.

Prévost (Sir Austin) né en Suisse, d'abord Major dans l'armée conquérante du Canada puis membre du Conseil Supérieur, devint ensuite général et chevalier, s'immortalisa par ses conquêtes dans le Sud et sa défense de Savannah contre les 8000 Américains du général Lincoln et la flotte de vingt vaisseaux de ligne de l'amiral comte D'Estàing, soutenue par 3000 soldats français de débarquement.

II (Sir George) fils du précédent, Lieutenant-pénéral et Baronet, habile capitaine et gouvernant aimable, né à New- York le 19 Janvier 1767, épousa le 19 mai 1789, Catherine, fille de John Phipps, Ecuier. H défendit avec succès la Dominique contre l'amiral Missiessy, et conquit la Martinique et la Guadeloupe sur Napolécin. Sa récompense fut le titre de Baronet, en 1805, puis la lieutenarjce de la Nouvelle-Ecosse. A l'approche de là guerre avec les Etats-Unis, en 1811, il remplaça l'odieux Sir James fcraig, sous lequel les Canadiens auraient refusé de mardier | défense du pays, et qui ne songeait qxt%

fce renfermer dans Québec. Il en fut bieû autrement iivec Prévost. Ce général, qui trouva le pays divisé ei*/ deux factions au dedans avec une guerre imminente au dehors, gagna de suite les cœurs des Canadiens. 11 n'avait point de troupes* ïes légions britanniques étaient occupées sous Wellington. Il crut les Canadiens capables de défendre leur pays, et les Canadiens se rangèrent avec dévouement sous ses drapeaux et, sous la conduite des mêmes hommes qui avaient paru des traîtres à son prédécesseur. Son Parlement l'auiorisa à incorporer et â mettre sur pied, en cas d'invasion, toute la milice canadienne, et ainsi, la Législature fit ce que n'avait pu faire Cafjeton lui-même -de tous les Canadiens autant de soldats. Elle fit plus. . . .elle autorisa le général à émet* tre des billets d'armée au montant de £250,000 pour subvenir aux frais de la guerre, et les déclara monnaie courante et légale. Dans ses attaques de Sackett's Harbour ét de Plattsburg, où il marcha avec une armée de 14,000 hommes, Sir George Prévost se montra pour l'offensive capitaine indécis et inepte, — tout-a-fait incapable en urï mot dans cette ligne. Mais l'organisation et laphysiofio* mie des divers corps canadiens qu'il créa, — Voltigeurs, Guides &c. et la manière dont il échellona ces troupes pour prévenir ou repousser à deux reprises l'invasion des armées américaines, prêtes à percer de trois côtés à la fois, le mettent au premier rang comme organisateur et général propre à la défensive. Il avait certainement mae spécialité précieuse en ce genre. Bien diffèrent des Braddock et des Dieskau, on doit le regarder comnie 1& capitaine qui a le mieux compris le système de guerre que suggère la nature du terrain en Amérique. Organiser, savoir occuper le terrain n'étaient pas encore des g*ges suffisans de succès ; il fallait souffler dans les cœurs de soldats improvisés le feu de la guerre, ou ranimer du moins l'ancienne ardeur martiale des Canadiens. Pe*»v sonne ne s'y montra plus propre que Sir George Prévost dont les ordres-généraux sont des modèles après ceux de Bonaparte et de l'archiduc Charles. En un root, le eo*? cours inoui de tout un peuple d'origine française avec lui pour une défense qui eut un aussi étonnant succès»: est tuie époque grande et mémorable dans notre histoire et dans l'histoire militaire. Si donc Sir James Lucas Yeo,

nsoii lieutenant à* la -tête des forces navales, (*) l'accusât . plausiblement de la perte de la flôtille du lac Champlain et le fit rappeler pour aller se disculper en Angleterre, il semble qu'il y avait des raisons d'état assez puissantes pour la Grande-Bretagne de surseoir à l'examen de l'accusation, et pour ne pas arracher à un peuple qui venait de bien mériter d'elle, un gouverneur chéri, auquel Bourdages proposa même de voter, une statue équestre. Mais le danger était à peine passé, que lord Bathurst reconn mença â maltraiter les Canadiens. Le Parlement, Je Clergé et les citoyens s'adressèrent à l'envi au prince régent pour faire la louange du bien-aimé gouverneur qu'on nous ravissait et pour affaiblir le poids des accusations portées contre lui. (J) Mais Prévost avait régné dans les cœurs de tout un peuple ; — il avait défendu victorieusement ses foyers et s'était attendu à vivre en conséquence dans la postérité. Le passage trop soudain des espérances de gloire aux appréhensions de la flétrissure que pouvaient lui infliger ses ennemis, le mit au tombeau avant que la Cour Martiale ne se fût assemblée. Les lientenans et les vieux soldats de Wellington, qu'il conduisit à la défaite, mettant en contraste leur honte avec les gloires des jeunes miliciens Canadiens, s'exclamaient unanimement contre lui, et plusieurs avaient brisé leurs armes d'indignation dans la retraite de Plattsburg. Il était donc probable qu'en Angleterre, l'opinion lui serait contraire. Il est cependant digne de remarque que le jugement de Wellington ne lui était point défavorable, si même il n'était pas en sa faveur. Quoi qu'il en soit, cette mort sera toujours un événement tragique aux yeux des Canadiens ; mais ils apprendront avec joie qu'elle désarma ses accusateurs et que la mémoire de l'illustre soldat qui leur était cher ne fut point flétrie. Au contraire, le prince régent honora ses services en accordant,

(*j Le Gouverneur-Général joint à la qualité de Capitaine-Gé^ néral oelle de Vice-Amiral.

. (t) Sir George Prévost reconnut à Plessis non-seulement la qualité de Surintendant de V Eglise Catholique Romaine, mais aussi .celle d'Évêque Catholique de Québec.

•comme «tous l'apprend le célèbre historien Alison, une augmentation dans les armoiries 4e «a famille.

Prince ( Jean. Charles) contemporain et premier évéque de St. Hyacinthe, avait été successivement Principal du Collège de cette villcy un des premiers membres du chapitre de St. Jacques le Majeur de Montréal et rédacteur des Mélanges Religieux^ puis Coadjuteux de Montréal sous le titre de Martyropolis. Il eut l'administration en l'absence de Monseigneur Bourget et Ait député à Rome pour y déposer entre les mains du souverain pontife les actes du premier Concile de Québec. En revenant, il eut, ainsi que Monseigneur de Cydonm, une audience de l'empereur Napoléon III, dont il obtint quelques secours pour les incendiés de Montréal. Depuis qu'il occupe le nouveau siège de St. Hyacinthe* ce .prélat a eu quelques temps pour hôte Monseigneur Bedini, Nonce Apostolique auprès de l'empereur du Brézil. Il s'est distingué dans la littérature et la philosophie. — Voyez Odelin.

Proulx (Louis) né à St. Antoine de la Baie du Febre dans le District des Trois-Rivières, fut ordonné prêtre le 28 Septembre 1828, après avoir fait ses études à Nicolet. Il remplaça, ad-interim l'abbé Maguire, dans la principauté du collège de St. Hyacinthe en 1829, et au retour de cet ecclésiastique, il passa à celle du collège de Ste. Anne La Pocatière, qu'il occupa quatre ans. Il a desservi successivement depuis les paroisses de St. Pierre les Becquets, de St.Antoine de Tilly,de Québec après l'élévation de Messire Baillargeon à l'épiscopat, et est actuellement curé de Ste. Marie de Beauce. - On a de lui : Défense de la Religion et du Sacerdoce, Québec 1853.

[*J H is personnal courage was undoubted ; tbe mtldnesa and eoneiliatory spirit of hia goverument had justly endeared bim tu tbe Canadiens ; and tbe prudence and judgment whicb he bad «vinced, in strqggling auccessfully with very scanty meansag ainsi the formidable invasion of 1813, nad gained for him g-eneral applause. From; ah équitable sensé of thèse important pervic«s, tbe prince regent, afler Sir George Prevot's death, publicly expreesed bis high sensé of bis conduct, and, in teMimony of it, cou ferred additional armoriai bearingson bis family»— Hittory oj Europe. \oll\.

Ptovencher (Joseph Norbert) apôtre de la Rivière Rouage, décédé en 1853 évêque de St. Boniface, était né le* 22 février 1787, à Nicolet dont il était la principale- gloire, ainsi que du collège de ce lieu. Après avoir 'fait sa théologie an grand séminaire de Québec, il fut ordonné prêtre le 21 Décembre 1811, et desservit Kamooraska puis Yamachiche. Il laissa le pays en 1818, et porta l'évançile dans le Nord Ouest avec l'abbé Du mou lins. Il s'agissait de convier» à la for les peuplades errantes des prairies, et de porter les secours de la religion aux nombreux voyageurs, employés de la Compagnie de la Baie d'Hudson, et aux colons habitués* à ces régions. Pie Ville nomma deux ans après, tant ses prédications furent fructueuses, suffragantek Auxiliaire de Uévêque de Québec pour le District du Nord Ouest, et J. O. Plessis le sacra aux Trois-Rivières, le 12. Mai 1822, sous le titre de Juliopolis en Galatie. Lors de l'érection finale de Québec en.archévêché en 1844, le territoire de la Rivière Rouge fut détaché de l'église du Canada et érigé en Viricat Apostolique, en faveur de Monseigneur Provencher, puis en évèché en 1847 ; St. Boniface fut choisi pour siège épiscopal et l'ardent apôtre en a été le premier titulaire. Il était passé en Europe dès 1835 pour intéresser le Bureau de l'Œuvre de la Propagation de la Foi de Lyon à ses mission», et s'était également rendu à Rome, où il avait été bien.aceueiUi de Grégoire XVI. . Il repassa encore deux fois-Ja mer, adressa divers Mémoires et Lettres au Bureau Central i de Lyon, document qui se retrouvent dans les Annales de là Propagation de là Foi> et instruisit: les Sauvages au moyen d'un livre ou - l'histoire sainte leur est mise sous les yeux en images ou expliquée par des symboles. Mgr. Provenchef officia à la translation des restes de Mgr. de Pontbriand, et prononça une allocution remarquable à la prise de possession du siège de Montréal par Mgr. Lartigue. Eminent prédicateur, il était encore d'une stature à commander le respect des jieuplades aux yeux desquelles les avantages physiques ou les dons de la nature ne sont pas indiôérens. La Compagnie de la Baie d'Hudson . l'honorait ' et favorisait ses missions. — Voyez TadU.

Puibusque [Adolphe de] célèbre littérateur contemporain, qui a fait connaître la littérature espagnole eaiEran-

Oêetqui a été créé Commandeur de IMDrdfe de Charles HI par la reine Isabelle. — Ayant épousé une anglo-canadienne qui possède de vastes terres en ce pays, il a rési^ dé trois ans à Montréal et à Québec, agi comme Commis-* saire honoraire de l'Exposition à Paris et travaillé a la nomination d'un Consul-Général de France en Canada. Quelques ocrits détachés sur ce pays, qu'il affectionne* sincèrement, sont sortis de sa plume. Infinimeut superficiels, ils ne donnent point d'idée delà réputation qu'il s'est faite en Europe par sa connaissance approfondie des lettres espagnoles.

Quesnel [Joseph] ancêtre do la famille Quesnel et créa' leur des jeux scéniques en Canada, mort à Montréal à 59 ans, le 3 Juillet 1809, était né en France, mais obtint des Lettres de naturalisation de Sir Frederick Haldimand. Littérateur, poète, musicien, il composa en 1788, Colas et Colinette ourle Bailli dupé, comédie en trois actes et en prose, mêlée d'ariettes. Elle fut imprimée à Québec et jouée à Montréal en 1790. Lucas et Cécile, opéra, avec la musique $ VAnglomaniè, comédie en vers ; Les Républicains Français, comédie en prose ou mise en scène des Sans-Culottes, imprimée a Paris ; un traité sur- l'art dramatique écrit en 1805 pour les amateurs de Québec, plusieurs symphonies à grand orchestre, des" quatuors et des duos,* et plusieurs motets et morceaux de musique sacrée composés pour l'église paroissiale dé Montréal et qui doivent se retrouver au répertoire de l'orgue. La Bibliothèque Canadienne contient plusieurs dé* ses pièces fugitives. Mon père dit de lui dans ses Epè* très, Satires Sec : " Il n'est aucun Canadien tau t soit peu instruit qui n'ait lu au moins quelques unes des productions de feu Joseph Quesnel, et qui n'yait remarqué un vrai génie poétique. Malgré "quelques négligences, quelques fautes même de versification, c'est bien de cet aima<ble et spirituel rimeur qu'on peut dire qu'il était né poëte." Un autre versificateur 'disait 'de lui, - en- fesant allusion r ksa ' chanson dn petit bonhomme :

Quesnel, le père des ^amours- Semblable à son petit bonhomme Vit encore* et vivra toujours*

2te —

' Quelques années après lui, Prudbomme, élève de Talma* Je grand mime, dirigea les amateurs canadiens a Montréal. Messieurs Quesnel, fils, ont figuré dans la politique. Feu Jules Quesnel, Ecuier, doyen des échevins de Montréal, fut, ainsi que le suivant, un des chefs du parti canadien, du temps que ce parti conservait de la modération. Il fut du Conseil Spécial.— L'honorable Frédérick August3 Quesnel, connu par la pureté remarquable de son langage, a brillé au barreau et au Parlement, où il s'opposa a l'Union en 1823. Elu par le collège électoral de Mont* rnorency après l'accomplissement de cette révolution politique, il a été appelé à la chambre haute en 1848.

Quevillon [Louis] né en 1749, décédé le 9 Mars 1823, à St. Vincent de Paul, lieu de sa naissance, est loué dans la Bibliothèque Canadienne pour avoir fait revivre en Canada la sculpture en bois et l'art architec tonique, à la fin de la domination française ou sous les Anglais. Il dut l'idée do cultiver son talent à des amis éclairés. Ayant mis Ja main sur le traité et les plans du maître italien Vignole, il en tira un immense profit, ouvrit une classe du soir, et forma d'excellens élèves, entre autres Pépin et Labrosse. Il orna à neuf l'ancienne église paroissiale de Montréal et d'autres temples d'un bout du pays à l'autre. Une partie des sculptures de l'ancienne église paroissiale et le baldaquin entier du maître-autel, se retrouvent à N. D. de Bon secours.

Queylus [Gabriel de] docteur en théologie et Abbé de Loc-Dieu, premier Supérieur et seigneur de l'Ile de Montréal, où le Séminaire nommait le Gouverneur, le bailli et les curés de l'île, appartenait à une maison influente : on connaît Queylus, favori de Henri III. L'abbé *le Queylus travaillait dans le Vivarais à convertir les Calvinistes, avant que M. Olier ne l'envoyât en Canada avec les premiers Snlpioiens qui y vinrent, en 1657. Il avait déjà été proposé pour être évêque du Canada et supplanta le Supérieur des Jésuites dans la qualité de Vicaire- Général de l'archevêque de Rouen au gouvernement spirituel du pays. Il fit suspendre la construction commencée de la célèbre chapelle de N. D. de Bonsecours ; mais il approuva que Marguerite Bourgeois allât choisir des compagnes en France. Ses pouvoirs do Grand- Vicaire .furent bientôt restreints à l'île de Montréal, le Supérieur

des Jésuites ayant reçu de nouvelles Lettres pour Québec. Il continua ses travaux, augmenta la population de Ville- Marie, et chercha à y attirer les Hospitalières de Québec. A l'arrivée de François de Laval Montmorency en Canada, il cessa tout acte de jurisdiction et alla à Québec pour le saluer ; mais l'archevêque de Rouen, qui prétendait demeurer l'ordinaire du Canada, lui ayant expédié de nouvelles Lettres de l'aveu, dit-on, de la cour de France, il fit part au Vicaire-Apostolique de sa résolution de s'en prévaloir. Mais si la cour de France donna véritablement de la contenance à François de Harlay, elîe dérogea presque aussitôt à ses premières intentions, et ordre fut donné au vicomte d'Argenson d'empêcher les Grands- Vicaires de l'archevêque de Rouen d'exercer aucune jurisdiction en son nom. A la faveur d'une lettre de cachet qui lui avait été expédiée à l'effet de faire re passer l'Abbé de Queylus en France, le Gouverneur alla en personne le saisir à Montréal à la tête d'un parti de soldats. Mais l'abbé devait donner beaucoup à faire à Mgr. de Laval. De France, il se rendit à Rome, où il obtint du pape, avec l'aide du cardinal Bagni, ancien Nonce en France, une commission pour ériger une cure à Ville-Marie et en être le premier curé, puis partit de nouveau pour le Canada. L'obtention de cette commission n'était pas un bon office rendu à Mgr. de Laval, et on peut se demander de plus si l'abbé de Qusylus ne défiait pas l'autorité du Roi, qui l'avait fait repasser en France : il lui fut même signifié en vain une nouvelle lettre de cachet lui défendant de sortir de France. Arrivé incognito à Québec, il alla cependant voir Mgr. de Laval, et n'ayant pu obtenir son agrément, sans doute parce que le prélat jugeait que l'obtention à Rome d'une commission par M. de Queylus était due à une impét ration obreptive, il par-» tit de nuit en dépit des monitions du Vicaire-Apostolique. Il fut alors déclaré suspens et de nouveau expulsé. Ce fut au grand détriment de la Colonie de Montréal, qu'il avait beaucoup augmentée et à laquelle, on ravit en son absence, ses plus beaux privilèges, tels que ceux de la nomination des officiers de la justice et du gouverneur par les seigneurs. Mais Mgr. de Laval finit par consentir au retour de M. de Queylus en Canada, lui rendit se% bonnes grâces et l'établit même Grand- Vicaire. Il per-*

liait enfin am Sulpicieos de se joindre aux Jésuites pour prêcher l'Evangile aux Nations, œuvre qu'il avait jusque alors obstinément réservée aux premiers, au préjudice du but de l'association des Messieurs et Dames de la Compagnie de Montréal. En 1672, M. de Queylus avait porté a 1500 âmes le chiffre de la population de Ville-Marie. Il s'intéressa aussi à l'instruction des Sauvages des deux sexes. L'abbé Faillon l'a lavé avec succès de l'accusation de jansénisme portée contre Ini, sinon de celle dV voir été un ecclésiastiqce fort turbulent. Mais cet esprit d'intrigue qu'on peut bien attribuer à M. de Queylus, la prédilection de Mgr. de Laval pour les Jésuites, ses précepteurs, et la jalousie des attentats contre son autorité, très forte chez ce prélat, ne suffisent point pour rendre compte de tout ce (jui se passa, si on ne remonte à la jalousie que la Compagnie des Cent avait conçue de celle de Montréal, dans la crainte que ses vassaux ne . devinssent plus puissans qu'elle. En 1666, Ville-Marie était plus peuplée que Québec, où l'on cherchait fort à retenir les recrues de toute sorte destinées pour l'île de Montréal : celà explique la conduite du vicomte d'Argenson, puis de M. de Mesy, quoique la Compagnie des Cent n'existât plus sous ce dernier. Québec et Montréal se regardaient avec des yeux jaloux ; rivales elles étaient, et lé sont encore.

Quiblier (Joseph Vincënt) dixième Supérieur' de la" Communauté de St. Sulpice à Montréal, mort à Pariff' après avoir desservi l'église française à' Londres, fut ordonné prêtre en 181Ô, et vint en Canada en 1825. Il fut Principal du collège de Montréal après le vénérable M. Roque, Vice-Supérieur durant la longue maladie de M. Roux, et lui succéda à sa mort, en 1831. Il fonda plusieurs écoles, améliora l'enseignement de la Congrégation' introduisit en Catiada les Frères des Ecoles Chrétiennes, et obtint de l'Angleterre la confirmation finale des titres des Sulpiciens aux seigneuries de l'île de Montréal, de St. Sulpice et du laCdes Deux* Montagnes. Les Irlandais lui doivent aussi la spacieuse* église de St. Patrick. On lui doit dë bons traités d'histoirè sacrée et profane Piisage du collège. Doué de tous les avantages de l'esprit et du corps, distingué dans ses manières, il était estimé et recherché des gouvernails, et entouré d'attention»

p&r les principaux citoyens anglais, avec lesquels il con* courut aussi bien qu'avec les Canadiens, toutes les fois qu'il s'agissait de zèle civique. Les incendiés de Québec en sentirent les effets. Ses sermons, en eux-mêmes remarquables, fesaient peu d'impression ; mais ses conférences de la neuvaine annuelle de St. François-Xavier plaisaient davantage par l'abondance de traits historiques bien choisis qu'il y répandait : on aurait pu les recueillir comme modèles d'érudition. Il n'est pas indigne de remarque que le Supérieur de St. Sulpice jouissait du privilège de donner an peuple la bénédiction papale le jour de la clôture A la neuvaine. Un grand nombre de pré-? îats, — Messeigneurs de Forbin Janson, Fenwick, Raizey, McDonell et Gaulin, Provencher et le R. P. Vincent, Supérieur des Trappistes de la Nouvelle-Ecosse, ont éprouvé l'agrément de sa société et la munificence de son hospitalité. Ce religieux obtint que les trappistines qu*il voulait établir à Trocadie, fussent formées chez les dames de la Congrégation, dont M. Quiblier était Supérieur.

Raimbault (Jean) célèbre instituteur né h Orléans, en 1770, était en 1791, professeur de philosophie au collège de cette ville, quand on exigea le serment civil du Clergé. Forcé, par la conduite de l'évêque constitutionnel, Mgr. de Jarente, de quitter son emploi, il étudia la médecine chez un docteur, qui l'accueillit en qualité de précepteur de son fils. Ayant pris ses degrés, il échappa d'abord à la conscription ; mais à la troisième levée, en 1793, il dut accompagner un cprps en qualité de chirurgien. S'étant échappé par Liège, il se rendit en Belgique et trouva une place dans leSéminaire fondé par quatorze évêques réfugiés. C'est là qu'il connut le célèbre Père Rosaver. Il passa de là en Angleterre, où il demeura près d'un an, enseignant le français et la musique. Un de ses élèves était M. Murrough, dont le père était marchand en Canada. Ce négociant le décida à le suivre en ce pays, en 1795, ce qui était d'autant plus facile,

Îue Mgr. Hubert envoyait des fonds pour faire passer les ecclésiastiques réfugiés en Canada. Il mit pied à Jerre à Québec au mois de iu#let, et rencontra Mgr.

Denaut, qui se rendait de Longueuil à Québec, pou* prêter serment en qualité de Coadjuteur. Ce prélat l'emmena à Longue u il, le fit sous-diacre, diacre et prêtre peu après. Ce fut la première ordination de Mrg. Denant. Employé comme professeur au Séminaire de Québec, sa faible santé le força de quitter ce poste pour prendre la cure de l'Ange-Gargien. Mais il s'y dévoua encore à l'enseignement, et y eut pour élève l'abbé Painchaud, fondateur du collège de Ste. Anne, et Henry Hardinge, depuis célèbre, dont il fut le professeur de mathématiques. Dans la suite, il prenait un singulier plaisir à suivre " son cher Harry" par tous les dégiés de sa fortune; et s'il ne vécut pas assez ppu r ie voir maréchal et Commandant des Forces, il eut la joie d'apprendre par les journaux ses services dans l'Amérique du Sud et en Espagne, sa mission à l'armée prussienne, et son élévation à la charge de ministre de la guerre. L'abbé Raimbault composa à l'Ange-Gardien une belle prose à l'honneur de St. Louis de Gonzague ; et on a aussi de lui l'oraison funèbre de Monseigneur Plessis, qu'il prononça dans l'église des Trois-Rivières, et la Notice Bh> graphique de l'abbé de Calonne publiée dans VAmi de la Religion de Trois-Rivières. Curé de Nicolet dès 1807, il y est mort en février 1841.1

Ramezay ou Rarasay, maison canadienne aujourd'hui éteinte, était de la même race que l'élève de Fénélon, et alliée à la maison de Douglas.

Claude de Ramezay obtint le fief du Monnoir en 1708, et celui de Ramezay, en 1710, de Vaudreuil et Raudot. II fut chevalier de St. Louis, gouverneur des Trois-Rivières, puis de Montréal, après le chevalier Callières, et môme Commandant-Général de la Colonie durant une absence du premier de Vaudreuil. Frontenac l'envoya à Montréal pour requérir M. de Callières de marcher au secours de Québec. Il commandait la milice canadienne dans la grande expédition du premier contre les Cantons Iroquois. Chargé, d'une expédition contre la Nouvelle- Vork en 1709, il retraita après avoir dispersé une avantgarde de cent hommes. L'année suivante, il fut envoyé avec 603 hommes, au secours du baron de Longueil, qui allait bravement s'opposer au général Nicolson à la tête M la jeunesse de Montréal.. Ce fut lui qui érigea i'Hfr*

tél du gouverneur, aujourd'hui l'Ecole Normale Jacques - Cartier ou le Bureau de l'Instruction Publique, à Montréal, Il mourut en 1739. Des seigneuries furent données avec profusion à Géneviève, Angèle, Louise et ÎEly- .zabeth de Ramezay, ses filles, qui montrèrent un ^re dévouement aux habitans de Montréal dans une épidémie.

Jean-Baptiste Nicolas Roch qui fut aussi Chevalier de * St. Louis et Gouverneur de Montréal, puis de Québec, que l'histoire l'accuse d'avoir, de concert avec De Bernetz, Chevalier de Malte, remise précipitamment aux Anglais, après la défaite d'Abraham, au moment même où M. De La Roche-Beaucourt, s'y annonçait avec des secours. — Chargé de coopérer à la tète do 150Ô Canadiens avec le fameux armement du duc d'An ville, destiné contre Louisbourg et l'Acadie, il bloqua d'abord Port- Royal. A la nouvelle des désastres de la flotte, qui prévinrent le débarquement du Général De Potnmeril, il retraita à Beaubassin ; mais il trouva encore néanmoins f l'occasion de se couvrir de gloire par une victoire signalée remportée aux Mines sur le Colonel Noble, qui fut mis hors de combat avec le tiers de ses troupes, tandis que le reste ne retourna à Port-Royal qu'en vertu d'une capitulation. Le combat fut livré le 11 Février 1747 dans la matinée, et se prolongea jusque à trois heures du soir. Il est digne de remarque qu'il se passa au milieu d'une tempête de neiges, que les Canadiens rirent usage de raquettes et qu'on observe qu'elles leur donnèrent un grand avantage sur les Anglais.

Raudot père et fils, Intendans de la Nouvelle-France conjointement. — Raudot père, qui avait été Conseiller 4 la Cour des Aides, succéda à François de Beauharnois en 1 705, et arriva le b' Septembre sur le Héros, commandé par le comte d'Argaian. Il fut un des plus habiles Administrateurs de la Colonie. Ce fut lui qui suggéra dans un Mémoire remarquable la colonisation de St. Jean et du Cap Breton. Il obtint aux Canadiens le permis d'avoir, pour leurs premiers besoins, quelques manufactures, et les voyant se ruiner en procès, il se mit à concilier luimôme les parties. Il adoucit aussi en leur faveur les rigueurs de la féodalité. Son Mémoire , mentionné par mou père, mais oublié, était lu devant la- Société de? •

Sciences Historiques de l'Yonne, en 1853, et i apporté en 'Canada par le grand juge La Fontaine. Il fut rappelé en 1711 pour être fait Lieutenant-Général du Commerce. Raudot, fils, d'abord Inspecteur de Marine, précéda son 'père en France, en 1710, et devint Intendant des classes de la Marine. Il était dit ou d'une égalité d'esprit surprenante.

Razilli illustre famille française, originaire de Tourraine, qui fit revivre sous Richelieu la gloire de la marine française, négligée depuis Henri III. Elle se.compo sait de trois frères, issus de François de RazïïH, chevalier de l'Ordre du Roi, et Gouverneur de Loudun, et de Catherine de Viliers de Lauberdiére, de l'illustre fnaison de Viliers de Pile-Adam. Ces trois frères sont François de Razilli, seigneur des Aulnets, gentilhomme de la Chambre de Louis XIII, chevalier de l'Ordre du Roi, Lieutenant-Général aux Indes Ocidentales et terres du Brézil ; Claude de Ramezay, seigneur de Launay, qu'on a confondu avec le troisième, Isaac de Razilli, Commandeur de l'ordre de St. Jean de Géruzalem. Cette confusion vient de ce qu'ils figurèrent tous deux en Acadie. — Le commandeur Isaac, premier gouverneur de l'Acadie et un de cent associés de la Nouvelle- France, était un des premiers marins de son temps. Il combattit contre les Rochellais en 1620, et leur enleva 30 navires L'année suivante, il garda les côtes de Picardie , de Normandie, de Bretagne et de Guienne. On ne saurait dire si ce fut Isaac ou Claude qui, à la bataille navale livrée par Henri II de Montmorency en 1625 , montait le St. Louis, enleva le vaisseau La Vierge et perdit un <sil. En 1629, le Commandeur alla châtier les Barberesques et est appelé " le très illustre Commandeur de Razilli , premier capitaine de l'Amirauté de France , chef d'escadre des vaisseanx du roi T. C. dans la Province de Bretagne, et Amiral de la flotte qui est à présent devant Salé. " Il écrivit un Mémoire qui fit établir la Compagnie de la Nouvelle-France. Les Anglais s'étant emparé du pays, il commanda l'escadre de six vaisseaux destinée à appuyer les négociations pour sa restitution, qui eut lieu par le traité de St. Germain en Laye. Le roi lui concéda l' Acadie et l'en établit gouverneur. Il y mourut vers 1635. Léon Guérin dans ses Marins d$

France, dit que Claude de Razilli fut Lieu tenant- Général de l'Acadie après lui ; mais la relation de Denis dit au contraire , qu'après la mort de Razilli, Messire d'Aulnay Charnizé lui succéda par accord ayec son frère, c-à-d. Claude, commandant de Pentagoët sur un arrière-fief de la concesssion d'Isaac* Claude de Razilli suivit son aîné au Brézil, secourut Toiras, bloqué par les Anglais dans l'île de Rhé, contribua à la prise de la Rochelle et à la défaite des Anglais, fut fait gouverneur d'Oléron, puis chef d'escadre des côtes de Bretagne, et fut enfin Vice-Amiral de l'archévéque de Bordeaux, nommé amiral contre les Espagnols. Il commanda en cette qualité dans le canal de Fontarabie. Il contribua, en Acadie, à la fondation de La Héve.

Reeves (Charles) -poète, né à- Québec en 1812, mort à, Montréal en 1834, entra jeune au collège de Québec, où il se signala par son goût exquis pour la littérature et les beaux arts. Son père s'étant fait protestant en 1825 et livré à bien des folies, ces . aberrations paternelles imprégnèrent l'imagination et les poésies déjà suaves de ce jeune athlète du Parnasse, d'une tristesse et d'une mélancolie qui ne sont pas. non plus sans charmes, et qui lui méritent la sympathie dé ceux qui ont l'occasion de les lire, d'autant plus que ce Tyrtée s'abandonna trop à sa muse et perdit la raison.

Richelieu (Armand, Cardinal de) Grand Maître et Surintendant de la Navigation et du Commerce de France, véritable créateur de sa marine, [•] extermina la race

(*) It was cardinal Richelieu, uneaey at the growth of British nhipping, tbat firet caused France to be ambitious of raising a marine power and taught her tbat the Fleurs de Lys could flourish at sea as wejl as on land, and adorn the stems of his new buitt ships with this prophétie inscription :

Florent quoque lUia ponto !

Àlter reducing the pewer of the great nobility, of France, this prudent minister earnestly promoted manufactures and maritime commerce which Morisot, in his Orbis Maritimus, justly calla thesplendour of kîngdoms whilst in peaee, and tbeir main sup-. po« in war. To this end, be incorporated a society of one honoS

dea Vice-Rois de la Nouvelle-France, et s'y forma une

sorte de souveraineté» qa'il exerça à k tête te Compagnie des Cent Associes, dont il était le maître» Ce ne sont pas tant les droit» régaliens accordés la Compagnie par la Charte de 1627 et les Lettoea d'Attache du Cardinal ajoutées aux Lettres Patente* du Roi, qui prouvent cette souveraineté, que la qualité que prepd par exemple Marc Antoine de Bras de Fer, Sire de Chasteeufbrt, qui est désigné Lieutenant-Général en P étendue du fleuve St. Laurent y en la Nouvelle-France, pour Mgr. le Cardinal duc de Richelieu &c. Après sa mort, la Compagnie languit et expira de pléthore et d'acxacie, et Louis le Grand se mit en possession de pays beaucoup plus éten^ dus que le reste de son empire. Richelieu a laissé son nom à plusieurs lieux de ce bord-ci de l'Atlantique.

Rigauville [Charles Régis des Bergères de] ecclésias-* tique canadien, ordonné prêtre le 20 Septembre 1749 avec six autres diacres, fut admis plus tard dans le chapitre de Québec, et mérita d'être connu par son dévouement pendant le siège de Québec et à, la bataille de Ste. Foie. La religieuse qui nous a laissé une relation lui rend pleine justice. " Il [M. Ijriandj se chargea avec M. de Rigauville, Aumônier de notre maison, prêtre d'un mérite et d'une vertu distingués, d'administrer les sacremens aux malades et de veiller jour et nuit auprès des moribonds." Et elle ajoute à propos du combat de Ste. Foie : " M. de Rigauville voulut suivre le Grand-Vicaire sur le champ de bataille. Il n'était pas sans inquiétude ; Monsieur, son unique frère, et plusieurs de ses proches étaient dans l'armée. Ils eurent la consolation de voir l'ennemi tourner le dos et prendre la fuite." Le frère du chanoine est probablement le même qui, sous les Anglais,

red rnerchants for traffic, both to the east and west, by sea and land ; and to this obmpany, he committed the whole trade of Canada, which may be said to have been the source of the naval power of France. He aUo prudently resolved to mainUin thiee sqpaQ>ons of shipa in constant pay ; two (or the protection of tbe Frençh coasts, and the tbir.d> to remain ready in the porta of Gas» . coigne for cpnveyjng the French raerchant ahipa trading to Ca-*

combattit à St. Jean et qui avait commandé au fort St. Frédéric. Le chanoine mourut le 26 Décembre 1780 .

Robinson (Sir John Beverley) ci-devant Procureur» Général, Président du Conseil Législatif, puis Juge-en- Chef du Canada Supérieur, né eu 1791, a été nommé Grand- J uge en 1829. C ompagnon Civil de l'Ordre du Bain en 1850, il a été créé Baronet du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande en 1854, en même temps que M. La Fontaine. On a de lui : Canada and the Canada Bill, London 1840, et sa correspondance avec le Très Honorable Sir R. Wilmot Horton au sujet d'un pamphlet intitulé : Ireland and Canada, Son portrait, par Hamel, fait partie de la Galerie des Orateurs.

JRohault de Gamache (Ré né) de la Compagnie de Jésus, était fils du Marquis» de Gamache, et entra dans l'ordre en 1625. Il offrit presque aussitôt au Père Mutis Vitelleski, Général, 6000 écus d'or pour la fondation d'un collège à Québec. Malgré la conquête du pays par les Anglais, ce beau projet ne ' fut qu'ajourné, et fut exécuté après le traité de St. Germain en 1635. Ce monument dure encore, mais les Anglais l'ont converti en caserne. Un drame qui y fut joué en 1658 pour la réception du vicomte d'Argenson, les disputes de philosophie qui y eurent lieu en 1666, et la charge de professeur d'hydrographie que le Recteur eut après MM. Joliet et Franquèlin, prouvent que ce collège a prospéré, comme tous ceux de 2a Compagnie de Jésus.

Rolette (Frédérick) héros canadien, décédé en 1825; tour-à-tour fantassin, marin, artilleur, ouvrit la guerre de 1812 par un coup-de-main surprenant. Le 3 Juillet, commandant le briçantin General Hunter, ainsi baptisé en l'honneur du Lieutenant-Général Hunter, qu'on trouve sur la liste des Lieutenant-Gouverneurs du Canada Supérieur, il aborda dans sa chaloupe et accompagné de six hommes seulement le Cayuga Facket, goélette américaine montée par quarante hommes, y compris plusieurs officiers, et s'en empara. A la bataille navale du lac Erié entre Perry et Barclay, devenu commandant du Lady Prévost par la mort du capitaine Bucfyanan, il continua à combattre avec une bravoure héroïque jusque à. ce que, ayant été blessé dangereusement et brûlé considérablement par une explosion de poudre qui tua ou ble*~

sa plusieurs de ses gens, il lui faillit rendre^ à l'ennemi son vaisseau tout désemparé et prêt à couler bas. Dans une expédition sur terre» il commanda l'artillerie. Le Parlement Provincial accorda une pension à sa veuve. Joseph Rolette, son frère, se trouva aux expéditions de Michillinakinac et du fort Shelby.

Romain (Robert) contemporain , célèbre mécanicien canadien, inventeur de la charrue ou cultivateur à vapeur, l'a exposé à Paris, où il était conservateur des effets canadiens avec George Perry, dont les pompes à incendie ont eu tant de succès. Quoique typographe de profession, Romain a consacré sa vie et son génie pour la mécanique à cet instrument, qu'il porta % à Paris encore très impartait. Il s'écoula plusieurs mois de travail incessant de la part de l'inventeur, avant de pouvoir en faire les premiers essais. " La tentative fut finalement heureuse, dit le chevalier Taché, en autant que le mécanisme principal était concerné ; mais l'espace de temps durant lequel le fonctionnement s'opérait, était limité à quelques minutes, en conséquence d'un vice d'application dans la construction de la chaudière à vapeur." Plusieurs ingénieurs et agronomes de distinction furent admis aux expériences, et ils furent d'avis que le principe de la machine était bon, et donnait la solution du problème de la charrue à vapeur ; le point en défaut était une simple affaire de détail. Sur les nouvelles qui se répandaient de ces expériences, la maison Croskill d'Angleterre expédia à Paris des agens qui offrirent à notre compatriote d'acheter son invention en exigeant qu'elle fût d'abord retirée du concours. La machine conserve dans le contrat de vente le nom de Cultivateur Canadien à vapeur de Romain. Le mécanicien français Coré, auteur de l'Histoire de la Mécanique du XIXe siècle, s'exprimait ' ainsi au banquet spécial de l'agriculture, le 25 octobre 1855 : — " J'éprouve, messieurs, un bonheur que nous partageons tous, en apprenant que le problème de l'application de la vapeur à la charrue est complètement résolu par un mécanicien du Canada qui s'honore de son origine française. J'ai vu, ces jours derniers, fonctionner cette importante machine, cette charrue menée par la vapeur, et l'expérience laisse peu de chose à désirer."

Rottermund (le comte de) Inspecteur des Mines pour \e ministère des Terres de la Couronne, a étudié ïes sciences naturelles à Paris et épousé en Canada une demoiselle de l'honorable P. D. Debartzch. On se souvient des attaques qu'il a dirigées en 1850 contre la réputation naissante de M. Hunt. Il s'est attaqué depujs à Sir W. Logan et a combattu la théorie de ce savant, qui prétend qu'il n'y a point de mines de charbon dans le Bas-Canada. Selon lui, il y en a à Québec et dans le District de Gaspé. Dans un voyage à Paris, où il a eu une audience privée de Napoléon III, il a soumis des échantillons aux savans Elie de Beaumont, Brogniart et D'Orsigny, qui ont répondu qu'ils annonçaient la présence du charbon dans les lieux d'où ils avaient été tirés. Outre deux rapports officiels en sa qualité d'Inspecteur des Mines, on a de lui Rapport géologique de M. de Rottermund à 'Son Honneur le maire de Québec, sur la nature du minerai combustible qui se trouve dans la ville de Québec, Québec 1855.

Roux (Jean Hénri Auguste) neuvième Supérieur du Séminaire de St. Sulpice à Montréal, et Vicaire-Général, fut ordonne prêtre le 5 juillet 1784, s'expatria durant la révolution et parvint en Canada le 1er Septembre 1794?. Le gouvernement anglais, qui n'avait pas souffert que le Séminaire se recrutât en France, modifia ses volontés durant la révolution, et envoya en Canada ceux des prêtres proscrits qui étaient Sulpiciens, et beaucoup d'autres encore. Grâces, à cette détermination, la communauté du Canada vit venir à elle les meilleurs sujet! de celle de Paris, — les Chicoineaux, les Roque, les Lesaulnier, les Rivière, les Houdet &c. M. Roux, qui était le plus éminent, succéda à M. Brassier en 1798. Il eut à déployer une grande habileté dans ses rapports avec les gouverneurs au sujet de la propriété de la seigneurie de Montréal, que la Couronne disputait aux Sulpiciens, avisée par ses agens coloniaux surtout, imbu* de l'esprit de Sir James Marriot. Il leur adressa plusieurs Mémoires dans lesquels il met au néant les opinions non seulement des officiers coloniaux de la Couronne, qui n'ont guères -été des jurisconsultes, mais de ceux de l'Angleterre, — Sir Christopher Robinson, Sir Vicary Gibbs et Sir Thomas Plumer* Le Sécrétaire Ryland avait surtout a

cœur la spoliation des Àulpiciens et. traitait értn'grâts'«es> émigrés sans pain et sans iwJbit que M. Fut avait recueillis. De son côté, M. Roux osait écrire au colonel Ready, secrétaire militaire du duc de Richemond " que les Canadiens étaient alarmés par la perspective de voir leurs

S lus anciens établissemens spoliés, et que les richesses 'un Roi ne consistent pas dans les dépouilles de ses sujets, mais dans la possession de leurs cœurs." (Voir le sixième volume de Christie.) Il citait l'opinion de Mazères et celle de M. d'Outremont, magistrat, à Londres, en faveur du Séminaire, et passait à Paris, où il se procurait celle de Dupin. Ces opinions embarrassèrent singulièrement le pauvre Ryland, qui avertit à regret les officiers de la Couronne d être sur leurs gardes et de se remettre au travail sur la question légale. M. Roux eut ensuite avec l'évêque de Telmesse des démêlées dans les quels il ne serait sans doute pas allé aussi loin, si le Gallicanisme eût à cette époque, autant que de nos jours, perdu de son influence. (*) De son côté, Plessis soutint son suffragant et menaça d'empêcher le Séminaire de se recruter, fces difficultés purent contribuer à précipiter la vieillesse du Supérieur, qu'il devint invalide et languit jusque au 7 avril 1831, jour de sa mort. — :M. Roux n'écrivait pas toujours bien ; mais il était prédicateur, thèolo-

(*J Nous mentionnons ici un fait que nous tenons de bonne source, et qui suaprendra peut-être nos lecteurs ; c'est que la communication des Lettres Apostoliques dont il s'agit, fut offerte à Messieurs du Séminaire de Montréal au commencement de Mars 1821, et qu'ils ne daignèrent passe la procurer. Elève du Séminaire de Montréal et comme tel rempli de reconnaissance et de respect pour tous les membres de cette illustre mai*son, nous ne nous permettons aucune réflexion sur cette conduite extraordinaire; mais du moins est-il vraisemblable que si ces messieurs eussent pris connaissance de la pièce, ils auraient eu de quoi satisfaire cette portion du Cierge du District qui croit bonnement qn'on a voulu en faire un mystère.— Le grand Vicaire Cadieua;.

Mais heureusement pottr cet deux évêques {de Rhésine ei de Rose) que ni la cure de Longueuil, ni une certaine maisons ne se sont rencontrée» dans leur juriôdiction> car alors, adieu leuc

canooicité - *.-«**

gien et jurisconsulte profond, et tant le pays le regardait comme un homme du premier ordre. Les légistes atiglart à gages le sentirent bien, et lorsqu'il alla à Paris, ttcconvpagné de feu Mess ire John Jakson Richards, de ministre américain devenu Sulpicien, il fut reçu avec la jttus grande distinction par ses confrères de la capitatol*!»Ûn a de ee Supérieur lo. La Vie de la saur Bourgeois par M. de Montgolfier, Montréal 1818. Un traité des notes de P Eglise, manuscrit. III. Ses Mémoires sur les droits du Séminaire. IV. Traité sur P Amovibilité des curés èti Canada, publié et augmenté par Monseigrieur Lartigue, avec une réfutation des Notes de *JA, La Fontaine, avocat de M. Nau, sur l'inamovibilité prétendue des curés. — Sa belle Lettre de 1812 pour porter les Canadiens, à une levée en masse contre les Américains. Voyez Lartigue, Plessis.

Sablé (Du.) famille canadienne dont le premier menbre paraît être Adrien Dandonneau, Sieur Du Sablé. Les Edits et Ordonnances Royaux font foi d'un procès entre Demoiselle Du Sablé et le Sieur Radisson (nom connu dans les annales de la Rivière Rouge avec celui de Des Groseillers) au sujet de quelques îles du lac St. Pierre. Il paraît que le fief Du Sabbé, partie de la ville de Trois-Rivières, fut érigé en marquisat en faveur des Dandonneau, avant la conquête, et que les' Hart en ont fait depuis l'acquisition.

Sackeuse, Esquimaux doué d'un courage, d'une droiture et d'une intelligence qui font honneur à sa race, né vers 1797, fut conduit à Leith en Ecosse, en 1816. Etant retourné l'année suivante dans son pays, où il n'avait qu'une sœur et -l'ayant trouvée morte, il renonça à sa patrie. Il étudia la peinture et le dessin sous Nasmyth, à Edinbourg, et fit des progrès. Il rendit d'éminens services dans le premier voyage de Ross dans les mers arctiques en 1818. Au retour de cette navigation il passa à Londres et y attira beaucoup l'attention. L'Amirauté, qui l'appréciait, lui donna tous les moyens d'achever ou de perfectionner son éducation, et il s'y livra, avec ardeur, mais en vain, car il mourut en 1819 en4é-

pit des soins des premiers hommes de la profession médicale. Son sort rappèie celui de Keraboa, que mentionnent les Beautés de P Histoire d? Amérique. En 1796, y est-il dit, un gentilhomme canadien pénétra dans le La* brador, et dans ces régions incultes arrosées par la baie à laquelle le pilote Hudson donna son nom. Il visita le» huttes de quelques cantons peuplés d'Esquimaux, demeura quelques jours au milieu d'eux, et s'en fit aimer par sa douceur et sa complaisance. Il fit à ces Sauvages une telle peinture du bonheur que l'on goûte chez les peuples civilisés, qu'il parvint à émouvoir l'imagination froide d'un jeune homme. Meraboa abandonna sa hutte, ses filets, son canot d'écorce et la Kéralite qui partageait ses travaux, pour suivre l'étranger à Québec. A la vue d'une cité régulièrement bâtie, de grands édifices, et de tous les prodiges de l'art européen, l'enfant de la nature est d'abord frappé d'étonnement et d'admiration. Le luxe des maisons et de la table, une foule d'objets dont il ne soupçonnait pas même l'existence, ravissent son esprit et entretiennent sa surprise. Mais, bientôt il s'accoutume : la vie molle des riches, l'esclavage des pauvres, cette bassesse et cette corruption de tous, maintenant viennent frapper ses regards. Il redemande ses rivières poissonneuses, ses monts glacés, l'indépendance de sa vie errante. Il court, il s ? agite, il gravit les montagnes les plus escarpées : là, durant tout le jour, ses regards cherchent le pays où il a laissé ses frères, la compagne qu'il ne reverra plus, ses lacs, son océan, sur lesquels il s'élançait dans un frêle canot, malgré les tempêtes. La nuit, il va s'étendre tristement au boid d'une rivière glacée, qui lui offre du moins une image de la patrie. Il verse d'amères larmes ; ses plaintes et ses soupirs troublent le silence des ténèbres, et le sommeil fuit loin de ses yeux creusés par la douleur. Enfin il devient la victime de son désespoir ; une funeste langueur dessèche ses viscères, et va tarir dans son cœur les sources de la vie. Sa poitrine ne peut être arrosée de larmes de ceux qu'il a laissés, ni le sol natal recevoir ses os. Keraboa meurt sans songer à " cette dernière consolatiou ; mais la cruelle pensée qu'il va s'endormir sous un ciel étranger empoisonne ses derniers soupire. *

Sagard (le frère Gabriel Théodore) de l'Ordre desFxan-

oiscains Réformés, qui aida les Missionnaires Réeoltete et Jésuites chez les H lirons, et dont on a : Histoire du Canada et Voyages que lesfrères Récollets y ont faits pour la conversion des infidèles, où est amplement traité des choses principales arrivées dans ce pays depuis Pan 1615 jusqu'à la prise qui en a été faite par les Anglais : des biens ét commodités qu'on en peut espérer : des manias, cérémonies,créances, lois et coutumes merveilleuses de ses habit ans. Sagard est intéressant dans 'ses détails et écrit avec soin.

Salaberry, illustre maison canadienne issue des Salaberry, seigneurs d'Irumberry en Navarre, dès le XVe siècle, et alliés à la famille espagnole castillane de Sans- Per, dont un membre reçut l'épée de François 1er à Pavie. En France elle esi alliée aux maisons de Charost et de Lavaux. Un Salaberry figure sur les bancs de la noblesse dans un lit de justice tenu par Louis XV, comme on le voit dans les Èdits et Ordonnances Royaux, et un autre a écrit l'Histoire de l'Empire Ottoman, Paris, 1817, 4 vols. in-8vo.

Le premier Salaberry du Canada est Michel de Salaberry, qui vint à Québec en 1735 sur la frégate l'Angiesea,commandée par le capitaine Goruain .11 y épousa dame Rouer de Villeray et devint commandant d'une flûte du Roi, puis lieutenant de vaisseaux, et est dénommé capitaine des vaisseaux du Roi dans un acte subséquent. De son mariage avec Dame Rouer Je Villeray, il eut deux filles, et épousa en secondes noces Demoiselle Juchereau Duohesnay, dont 11 eut celui dont nous parlerons dans l'article suivant. Il fut fait Chevalier de l'ordre militaire de St. Louis en 1766 et mourut vers 1772. .

II.— (L'honorable Michel-Ignace-Louis- Antoine de) Seigneur de Beauport, Commandant d'une division de Milice, était fils du précédent etpère du héros de Chateaugnay, et naquit en 1752. On a dit qu'il fut le premier élève admis au petit Séminaire de Québec postérieurement à la conquête ; mais il ne dut pas y rester bien lungtems,*i l'on en croit sa notice nécrologique, qui dit qu'il fit d'excellentes études en Europe. De retour en Canada, il marcha à la défense de la frontière, et fit à' ses frais la campagne de 1775 et celle de 1776, puis le reste de la guerre comme officier à pleine paye. En 1792, lors.

de l'octroi de la constitution, de la Cité de Québec et xtrt autre comté l'élurent à l'envi Député au Parlement Pr<H vincial. Quatre ans plus tard, il fut fait Major du bataillon bas-canadien des Volontaires Canadiens Royaux, régiment de réguliers levé dans les deux Provinces. S. A. R. le duc de Kent le rit nommer Surintendant des Indiens, et sa notice néchrologique lui attribue aussi la change de Maître des Eaux et Forêts. En 1812, il fut utile avec son fils, le colonel St. George, le lieutenant-colonel D'Eschambault et le major De Courcy, pour l'organisation de la Milice. Il forma et organisa le premier bataillon de Milice d'Elite et Incorporée à la Pointe-aux- Trembles, et marcha à la frontière, menacée par le général Dearborn-. Ce vétéran avait été sommé au Conseil Législatif en 1810, sur la recommandation de Sir James Craig. Voici ce que ce gouvernement dit de lui : " As tJie want of a sufficient number of members ofthis Board is attended with great inconvemence, particularly as to the sittings bf the Court of Appeals, (♦) Ibeg to recommend M. Louis de Salaberry to supply the deficiency occasionned by the circumstance that has secured with respect to Mr. Craigie, as %oell asbythe necessity that gentleman is under of going home for the settlement of his accounts. Mr. de Salaberry is a very respectable Canadian Gentleman, whose best services have always been at the disposai of His Majestés govemment. He is a member of the House of Assembly and Ms been so in every Parliament since its establishment. He meant to have retired from it on the présent élection, but tvas induced to stand again at my désire." (Dépêche à. lord Castlereagh). Aucun gentilhomme ne fit jamais de plus grands sacrifices pour le service de son prince. A part des sommes considérables qu'il dépensa à la guerre, il eut quatre fils dans l'armée du Eoi, et celui dont noas allons donner la notice survécut seul aux dangers des batailles. Le père mourut en 1826 à 76 ans.

III. — (L'honorable Charles Michel d'Irumberry de) C. £. seigneur de Beaulieu, membre du Conseil Législatif, surnommé le Léonidas Canadien, vit le jour au, manoir

[*] Qui était composée alors dès Juge* en Chefs et de ObtoleH- 1er».

de Beaufjbrt, le 19 NoVénibrè 1778. îlépoiisaOemOîsel* le Hertèl de Rou ville, et suivit, comme on l'a déjà annonce, la profession des armes ainsi que ses frères. Il servit d'abord durant onze années aux Indes Occidentales sous Sir Robert Prescott et Sir Charles Grey. au siège du fort Matilda, sous Prescott, ce général le chargea, quoiqu'il n'ent que seize ans, de surveiller l'évacuation de la forteresse par l'ennemi. En 1795, il servit à Ta tête des grenadiers à la eonquôte de la Martinique* Devenu Aide-de-Camp du général baron de Rottemburg, il l'accompagna à l'expédition d'Anvers, et servit avec les troupes légères au siège de Flessingue. Il alla ensuite achever d'apprendre la guerre à la meilleure école, — sous lord Wellington, dans la Péninsule. Il servit au siège de Badajos, que l'ingénieur canadien de Léry avait fortifiée et y perdit un de ses frères ; il en perdit un autre à la fameuse bataille de Salamanque ou des Arapiles, à laquelle il eut l'honneur de se trouver, ainsi qu'à la conquête de Madrid. Il était devenu Major du fameux régiment de troupes légères à quatre bataillons, 60e Rifles ou Royal American, fondé par le duc de Cumberland, dans lequel plusieurs Canadiens ont servi comme lui, quand les évènemens le rappelèrent dans son pays, où le peu de temps qu'il lui fallut pour former les Voltigeurs, lui fît le plus grand honneur comme organisateur. Lieutenant-Colonel, Commandant et Surintendant de ce beau corps, il fut aussi choisi pour être un des Chefs de l'Etat-Major de la Milice. Attaqué à Lacolle, à la fin de 1812, avec la garde avancée de M. D'Eschambault par 1400 Américains de l'armée de Dearborn, il combattit jusque au soir : en voulant le cerner, ils tirèrent les uns sur les autres, ce qui détermina bientôt leur retraite. Telle fut la première victoire de Salaberry et des Voltigeurs. Une partie - de ce corps participa à la défaite non moins humiliante de l'armée américaine à Chrystler's Farm. Dearborn et Wilkinson déjoués ainsi dans leurs projets d'invasion, il restait le général Hampton. Salaberry, qui alla le reconnaître, embarrassa devant lui, les chemins d'Odelrown à l'Acadie, par des abattis. Après plusieurs escarmouches, l'Américain n'osant hasarder une action générale dans les bois, se retira à Four's Corner. Son adversaire fit une irruption dans son camp à la tête de 200 Volti-

geurs et de 150 guerriers des tribus sauvages du Bas-Ca~ nada, et y sema le désordre, sans éprouver lui-même aucune, perte. Hampton, repoussé sur la route d'Odeltown, résolut sagement d'opérer sa jonction avec son général en Chef en prenant la route de Chateauguay, qui l'en rapprochait, et qu'il croyait ouverte ; mais on l'avait prévenu partout et les routes avaient été embarrassées et couvertes d'ouvrages de campagne. Salaberry était trop sagace pour ne pas deviner ce point stratégique, vrai chemin par lequel Hampton devait chercher à se réunir à Dearborn. Le premier balayait cependant devant lui les piquets anglais, et le major Henry avait peine à le retarder, quand Salaberry opéra habilement un changement de position et se jeta sur la route pour faire face à ce général. Le héros Canadien, qui avait eu l'avantage de reconnaître tout le pays au dessus de Chateauguay dans une incursion sur la frontière américaine, quelques semaines auparavant, remonta donc la rive gauche de la rivière Chateauguay pour gagner l'autre extrémité d'un bois où il savait qu'il y avait une excellente position, sur un terrain uligineux et coupé de ravins profond, sur quatre desquels il établit autant de lignes de défense l'une après l'autre ; la quatrième était à peu près à. un demi mille en arrière et commandait sur la rive droite de la rivière un gué qu'il était très important de défendre afin de protéger la rive gauche. 11 fit faire sur chacune de ces lignes une espèce de parapet qui s'étendait à. quelque distance dans le bois, pour garantir 6a droite. Le parapet sur la première ligne formait un angle obtus à la droite du chemin. Toute la journée fut employé à fortifier cette position, qui avait l'avantage de forcer l'ennemi, s'il était disposé à attaquer, de traverser une grande •étendue de terrain inhabité et de s'éloigner de ses ressources; tandis qu'au contraire, les Voltigeurs avaient % tout à souhait et étaient bien soutenus, car en seconde ligne, après les Voltigeurs et les Indiens, venaient -les "\v"atteville. Sir George Preyost était en troisième li- .gne à Caughnawaga, pour s'opposer à la. jonction des armées américaines, avec quelques troupes et la milice du District de Montréal, qu'il avait entraînée avec lui eh descendant de Kingston. Salaberry ne borna point son Attention aux, ouvrages ci-dessus. Il ordonna à un .parti

de 30 bûcherons de la division de Beauharnois dese por» ter en avant de la première ligne afin de détruire les ponts et de faire des abattis. Tous les ponts furent détruits sur l'espace d'une lieue et demie, et il fut fait ud abattis formidable à environ un mille en avant de la première ligne, s'étendant du bord de la rivière à trois ou quatre arpens dans les bois, où il joignait, sur la droite, une terre marécageuse ou savanue qu'il était presque impossible diB passer. Les quatre lignes étaient ainsi complètement à couvert, et on. ne pouvait pénétier avec du canon. C'est à la force de la poskion choisie et fortifiée de la sorte, non moins qu'à l'héroïsme, que fut due la victoire qui devait suivre. Les talens et l'habileté d'un commandant ne se distinguent pas moins, sans floute-, dans le choix et l'emploi de son terrain avant le combat^ que dans la disposition et la conduite des troupes au fort de la mêlée. Aussi le Générai-Major de Watteville, qui vint voir le camp de Salaberry, approuva-t-il toutes ses dispositions. Il y eut d'abord quelques escarmouches, à la suite desquelles les travailleurs et leur escorte retraitèrent au camp à environ deux lieues au dessous du coufluent de la petite rivière des Anglais et de celle de Chateauguay, appuyé à gauche à la rivière Chateauguay, en front et à droite par les abattis et des espèces de chevaux, de frise. Le 24« Octobre, ayant ouvert un large chemin à travers les bois et les marécages jusque à la distance de quatre à cinq milles du campement canadien, dans lequel Salaberry, à la tête de 300 Voltigeurs, Fencible et guerriers de race rouge, venait d'être renforcé par quelques compagnies de la milice sédentaire, le général américain, qui s'avançait à la tête de 7000 fantassins, 400 chevaux et 12 canons, envoya durant la nuit le Colonel Purdy, pour s'emparer du gué et tourner la position ; mais cet officier s'égara dans les bois. Le lendemain Hampton s'avança lui-même vers les abattis avec 3500 hommes, et en donna 1500 à Purdy pour tenter de nouveau de tourner les Canadiens, laissant en réserve le reste de ses troupes. Salaberry, averti de ce mouvement

Sar le feu fait sur les piquets avancés, voyait maintenant evant lui un ennemi avec lequel il s'était deux fois efforcé d'en venir aux mains ; il marcha en ava 2t donna le signal du combat, se plaçant lui-mémo t :entre ùe

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