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la première ligne, et confiant la seconde au Lieutenant- Colonel McDonell, le même qui avait pris Ogdensbourg. Le feu fut vif de part et d'autre, mais mal dirigé d'abord par les Américains. Ils tirèrent mieux ensuite ; cependant, entendant sans cesse lu son des cors placés à din%rens intervalles, ils crurent que les Canadiens s'avançaient sur eux en grande force, et leur ardeur se ralentit. La colonne du colonel Purdy, parvenue au gué pendant le combat, fut repoussée et mise en désordre par Salaberry, qui avait porté son attention de ce côté-là. Voyant son plan déconcerté par la défaite de cette division, Hampton prit le parti d'ordonner la retraite. Salaberry coucha sur le champ de bataille et, le lendemain au point du jour/ii fut rejoint par la compagnie des Voltigeurs du capitaine De Rouville, son beau-frère , les grenadiers Watteville et quelques guerriers indigènes. Le 28, il envoya en reconnaissance, le capitaine Ducharme, héros .de Beaverdam, et 150 guerriers, qui s'assurèrent que l'armée américaine avait abandonné son camp de Piper's Itoad pour retourner à Plattsburg. Wilkinson, qui était à Cornwall, ayant appris la défaite de son collègue, se retira à la Rivière aux Saumons et s'y fortifia. Chateauguay permit encore au baron De Rottemburg, puis à Sir Gordon Drummond, son successeur, de reprendre l'offensive dans le Canada Supérieur. La Grande-Bretagne commémora la victoire par une médaille d'or, les Voltigeurs reçurent soljWiuellflment des drapeaux ornés de devises, et Salaberry, outre la Médaille, eut l'Ordre du Baiu transmis avec une. lettre autographe de S. A. R. le Prince Régent. Les deux Chambres du Parlement Canadien lui votèrent les remercimens du pys. Les Voltigeurs eurent encore part à la seconde victoire de Laçolle, en Mars 1814. De la carrière des armes, SalaJberry passa à celle de sénateur : il fut sommé au Conseil Législatif en 1818 en même temps qu% Mgr. Piessis. Il mourut à Chambly, le 26 Février 1829, 51 ans, et fut inhumé dans l'église neuve du lieu, qui a remplacé celle que le feu détruisit en 1806. On doit au Commandeur Viger son portrait , peint en 1824 par Dickin^on et gravé par Durand. Salaberry est représenté revêtu de l'uniforme des Voltigeurs, décoré de la Médaille de Çhajteauguay et 4e la Croix du Bain, le sabre sous le bras. On voit aussi
les armes de sa^ famille. L'éousson de notre compatrio'e porte le motto qui convient au parfait chevalier : Force à Superbe ; Mercy à Faible. Un médaillon représenta un combat en plein bois. Sur un tronc d'arbre renversé est écrit : Ckateauguay, 26 Octobre 1813. Un serpent se mordant la queue, symbole de l'immortalité, entoure le médaillon. Quant à la Médaille anglaise de Château guay, on y voit la Grande-Bretagne tenant à la main une palme et couronnant un lion couché à ses pieds. Sur le revers est gravé, Ckateauguay. Salaberry aurait été un merveilleux officier de troupes légères même dans les armées de Bonaparte, et serait certainement parvenu aux premiers grades. On l'a admirablement peint en deux vers :
Au camp, Léonidas, au champ, Cincinnatus :
Thémistocles, au Conseil, à table, Lucullus.
Son fils, est Député Adjudant-Général de la Milice pour le Bas-Canada. On connaît encore l'honorable Melchior Alphonse, sommé au Conseil Législatif en 1837, et Char- • les, qui a été employé dans l'expédition exploratrice dernièrement (organisée à la Baie d'Hudson. On trouve sur le héros canadien dans V Héroïne de Château guay jpar H. E. Chevalier, des détails qui ne sont pas.sans intérêt»
Sarrasin (Michel) membre de l'Académie des Sciences, Médeoin du Roi de Québec, et /Conseille» au Conseil Supérieur, épousa en Canada Marie- An ne Haseur, et en eut un fils qui étudia à Paris et qui devait avoir la survivance de sa charge ; mais il mourut dans la métropole ea 1739. Au Conseil Souverain, Sarrasin fut garde du Sceau du Roi en 1733, après le conseiller Delino. 11 movrut à Québec le 9 Septembre de Pannée suivante a 75 ans. Charievoix s'étonnait de voir dans un colonnie un homme d'un mérite aussi universel. On a de lui : lo Description du Castor dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1704, page 48. II. Une lettre sur les eaux minérales du Cap de la Magdeleme dans les Mémoires de Trévoux, année 1736, page 95j6. III. Description du Rat d? eau d'Amérique ou rat musqué dans les Docuniens deJ?aris 9 et la description de la niante qu'il découvrit, et qu ? il appela sarracenia purpurea, description
copiée par Charîevoix, Sa famille s'est perpétuée dans le pays.
Sebron (T.) peintre Canadien contemporain. — Son plus beau morceau est la famile royale d'Angleterre dans kt chapelle du château de Windsor, peint pour , le rorde Hollande. Un premier groupe se compose de* la reine, du prince Albert et du chapelain, qui s'avance au devant d'eux la tête un peu inclinée. Sur sa figure le respeet pour sa souveraine s'allie bien à la gravité et à cette expression de bonté et de mansuétude qui sied à son ministère. Derrière la reine, se trouve un autre groupe composé du duc de Wellington et de deux dames d'honneur et derrière ceux-ci on- reconnait Sir Robert Peel. Get inférieur de chapelle gothique toute pavoisée, est du plus bel effet ; la lumière entrant par les vitreaux coloriés, répand ses plus chatoyantes teintes sous ces voûtes imposantes, qui s'étendent au loin ; elle se joue bien dans les boiseries en estompe les sculptures et donne au tout un magnifique relief. Ainsi deux artistes canadiens, Sebron et Falardeau, nous font honneur en Europe» Sebron est mentionné comme habile peintre décorateur dans un des Manuels de l'Encyclopédie Rqbret;
Selkirick (Thomas Alexander comte de) mort en 1820, est connu comme fondateur- d'une colonie à la Rivière Rouge et par des écrits sur la politique.— Voyez Alexandre Bibaud, Stuart.
Serigny (Joseph Le Moine, Sieur de) frère du cheva-* lier D'Iberville et marin célèbre, naquit le 22 juillet 1668. Il prit part aux actes de son frère à la Baie d'Hudson, et servit plus tard' à la Louisianne et en Floride. Il repoussa Don Alonzo Carascosa de l'île Dauphin et prit Pensacola en 1719. Il mourut en 1734, gouverneur de Rochefort. Jean Honoré le Moine de Sérigny. peutêtre son fils, fut exécutai re testamentaire de M. de Bienville ex-gouverneur de la Louisianne, et mourut le, 17 août 1792, laissaintun fils, Henni Honoré) ingénieur maritime, mort en 1818, et une fille connue sous le nom de Louise Claire de Brou il lac de Piim.
Amédée Honoré Ferdinand Marie Le» Moine de Sérigny, petit fils de Jean Honoré, mort à son château de Luret le 31 Mars 1843, brilla à l'Ecole Polytechnique, où il remporta plusieurs prix, et devint officier supérieur
4u génie maritime et chevalier de St. Louis et de la Légion d'Honneur. Il avait pour cousine germaine la comtesse de Bouchiat née de Nesraond, de la famille du preux chevalier et petite nièce du grand Duquesne. Gustave son fils, est né en 1821.
On connait encore Jean-Baptiste Le Moine de Sérigny, capitaine de frégate et chevalier de St. Louis, en son vivant demeurant à Rochefort.
Michel Joseph, décédé sans postérité à La Rochelle en 1797, frère de Louise Elyzabeth, dame de l'Estrade, •décédée en 1791, laissant deux garçons qui sont vivants, — Auguste Pierre, au château de Périgord, et Joseph Louis Auguste, à La Rochelle.
Un Le Moine de Sérigny a servi dans l'expédition d'Alger en 1830, et le rapport de l'amiral Duperrez daté 4 bord de La Provence, baie de Sidi Ferruch, le 23 juin 1830, exalte le mérite du vice-amiral Rosamel, du baron Hugon, du capitaine Le Moine, chargé du commo.ndemen et de la conduite de la réserve et de tous les capitaines de 4'armée, navale. *
Honoré François-Xavier Le Moine de Sérigny de Loire, mort le 12 Mai 1812, a laissé un fils, employé dans la marine à Rochefort et ingénieur des ponts et chaussées.
Sherbrooke {Sir John Coape) général et gouvernant respectable, se signala dans l'Inae à la conquête de . Seringapatan, puis à Talavera de la Reyna et à Cadix en Espagne, où il devint même le second de Wellington. Dans la guerre d'Amérique, il s'empara de l'Etat du Maine. Après avoir été Lieutenant-Gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, il devint gouverneur et Capitaine-Général de l'Amérique Britannique du Nord en 1816. Il se montra moins machiavélique que lord Bathurst, admit l'Assemblée à payer la dépense de la Province, secourut les peuples dans la disette, et rendit aux Américains les ceudres de Montgommery. Il résigna pour cause de maladie, étant devenu paralytique.
Signay (Joseph) premier archevêque de Québec, né en cette ville le 8 Novembre' 1778, fut ordonné prêtre à Longueuil par Monseigneur Denaut, curé du lieu, le 28 Murs 1802. Après avoir été curé de la capitale, il fut élu Coadjuteur de Monseigneur Panet le 13 Décembre
1825, nommé évêqae de, Fussala en N«OM<jie pan Léen
XII le 15 Décembre 1826, et consacré sous ce titre dansla cathédrale par Monseigneur Panet, le 20 Mai 182Î
11 fut nommé Administrateur le 16 Octobre 1832, devint évôque de Québec à la mort de Monseigneur Tanet et prit, possession le 19 Février 1833% Comme ses prédécesseurs, il avait des suffragans ou auxiliaires sans être honoré du titre d'archevêque, qu'il reçut le premier le
12 juillet 184-4 de Grégoire XVI, qui lui envoya le pal- Uum (Voyez HucUm.) Il tétait choisi pour Coadjuteur en 1834, Pierre Flavien Turgeon, archévêque actuel. On loue beaucoup Monseigneur Signay de» grands sacrifices qu'il fit pour donner aux. quartiers les plus misérables comme les plus populeux de Québec des écoles pour les quelles il dépensa, dit-on, cinq mille louis. Il appela les Frè res des Ecoles Chrétiennes et les établit à Près de Ville. Quoique ee prélat ne passât point pour un homme supérieur, sa figure et toute sa personne étaient fort imposantes, et ses manières très distinguées.
Sillery (Le chevalier Noël Brulart de) prêtre, Commandeur de l'Ordre de St. Jean de Jérusalem, né en 1577,. descendait de Nicolas Brulart de Sillery, Chancelier de France. Il entra dans la Compagnie des Cent Associés et fonda la mission sauvage de Sillery, prés de Québec, qui fut organisée par le P. Le Jeune. Il mourut en 1640 et St. Vincent de Paul prononça son oraison funèbre. Voir de plus sa Notice Biographique par Messire Bois».
Simcoe (Le général) Lieutenant-Gouverneur du Canada Supérieur lors de l'octroi de la constitution (1791) fonda York ou Toronto. Il servit depuis à St. Domingue et dans la Méditerranée, et devait conduire 12000 hommes à la défense du Portugal, si le prince régent de ce pays eût voulu se jeter dans les bras de l'Angleterre. Un des lacs du Haut-Canada porte son nom.
Simpson (Sii George) de la paroisse de La Chine dan» le Bas-Canada, Gouverneur-Général de la Baie d'Hudson était originairement marchand a Montréal. Il vient de paraître devant le comité de la Chambre des Communes aw sujet de la Charte de l'honorable Compagnie, que le Canada veut lui faire retirer, et s'est rendu utile au parti d'explorateurs envoyé par son avis entre la rivière Bouge et les Montagnes Rocheuses. Voyageur des plu* c$îè-
bres, Sir George a, fait son voyage le plus extraordinaire de 1841 à 1842. Dans l'hiver de 1841 à 1842, il traversa le continent de l'Amérique Septentrionale depuis les comptoirs de la Baie d'Hudson jusque à l'embouchure de la rivière Columbia : de là aux étabhssemens russes de Sitka, de Sitka aux établissemens espagnols de la Californie, puis aux Iles Sandwich, d'où il revint à Sitka. Il s'y embarqua en 1842, et naviguant au Nord par Onolaska et le Kamschatka, il arriva au commencement de juillet à Otchotsk dans la Sibérie Orientale, et traversa la Russie jusque à St. Petersbourg. Le 29 Octobre 1842, il était à Londres. Il avait parcouru 36,850 milles, dont 18,7000 par paquebot ou bateau à vapeur, 5,165 par terre et en voiture, 2,150 en canot, 3,750 en chaloupe, 6,985 à cheval et 160 milles à pied. Voyez Narrative of a Voyage round the World in 1841-42, 2 vols. in-8vo Londres
Souard (Gabriel) bachelier en droit canon, de la Communauté de St. Su lpice, avait d'abord été Médecin. Il vint en Canada dès 1657 avec l'Abbé de Queylut, et exerça les fonctions de Supérieur durant ses absences forcées. Il cumula à Ville-Marie les fonctions de médecin de l'âme et du corps et laissa ses biens, au montant de 80,- 000 livres, pour le soutien de diverses œuvres de charité ou nommément pour les pauvres de PHôtel-Dieu de Montréal. La liste le dit parti en 1692. 11 était par sa mère .neveu du Père Récollet Le Caron, apôtre des Hurons.
Soulange (Joybert de) honorable famille du Canada qui descendait d'un échanson de Charles VII et dont la généalogie, enregistrée au Conseil Supérieur en 1672, est réimprimée dans les. documens seigneuriaux publiés par l'Assemblée Législative. Elle commence en Canada à Pierre de Joybert seigneur de Soulange. De Marson, Commandant de l'Acadie, épousa une demoiselle de Lotbinière et en eut deux fils et une fille. Louise Elysabeth, épousa à Québec le 10 Septembre 1705, Messire Philippe de Kigaud, Marquis de Vaudreuil. Un de ses fils tué au siège de Québec, avait marié sa fille au chevalier de Longueuil, fih du deuxième baron, et qui a une notiee dan» ce volume. Le chevalier Jacques de Joybert, ton frère, seigneur de Vitry en Champagne, et capitaine
de vaisseaux, commanda le Sphinx à la bataille d'Ouessant en 1778, et dans plusieurs autres affaires.
Soulbièche, l'être suprême chez les Alibamons, ancienne peuplade de la Louisianne.
St. Castin (le baron de) natif d'Oléron en Béarn, un des héros du régiment de Carignan Salières» se jeta parmi les Sauvages après la réforme de ce régiment. Il se maria à la fille du Grand Chef Madockawando, préférant dit Lahontan, les forêts de l'Acadie aux monts Pyrénées. Il vécut avec eux de manière à s'en faire estimerai! delà de ce qu'on peut dire. Ils le firent Sagamo r [Grand Chef], ce qui est comme le souverain de la natiou, et peu à peu, il travailla à se faire une fortune en retirant de ce payslà deux ou trois cents mille écus qu'il avait dans ses coffres en belles monnaies d'or. Il ne s'en servait qu'à acheter des marchandises pour faire des présens à ses confrères les Sauvages, qui lui faisaient ensuite, au retour de leurs chasses, des présens de castors de triple valeur. Les gouverneurs-généraux du Canada le ménageaient et ceux de la Nouvelle-Angleterre le craignaient. Ayant eu plusieurs filles, il les maria toutes très avantageusement et leur donna à chacune une riche dot. Il contribua à la défense heureuse de Port-Royal contre le Colonel Mark, défit 400 hommes dans une sortie, et appuya d'Iberville sur terre et sur mer dans ses faits d'armes en Acadie. Après la conquête du Port-Royal par le général Nicolson, le marquis de Vaudreuil le nomma son Lieutenant en Acadie. Celui-ci tipt la place bloquée tout l'hiver, bien que l'invasion du Canada projetée par les Anglais empêchât le Gouverneur-Général d'envoyer à son secours le marquis d'Aloignies, comme il le lui avait promis. Mais on sait que l'Acadie fut cédée par le traité d'Utrecht. Il se trouva à Kaskobé avec le baron de Port neuf. Le baron de St. Castin fils, fut gouverneur de Penobscot en 1710. Une ville du Maine porte son nom.
Ste. Hélène [Jacques Le Moine, Sieur de] fils de Charles Le Moine, Sieur de Longueuil et de Chateauguay, naquit le 16 Avril 1659. Après avoir eu un duel avec le bouillant Perrot, Gouverneur de Montréal, il suivit le chevalier de Troye à la Baie d'Hudson, et enleva les forts. Rupert et Quitchitchouèn [1686]. Dans l'expédition du marquis de Denonville contre les Iroquois, il commandait
300 Sauvages Chrétiens, et après l'irréussite de cette campagne, il fut envoyé pour tenter de ravitailler Cataracoui et en vint à bout. En 1690, il pénétra dans la Nouvelle- Angleterre et prit Schenectady. An siège de Québec par Phipps, il pointa tous les canons et fut blessé mortellement au combat du 20 octobre, où il défît avec M. de Longueuil, son frère aîné, les troupes anglaises de débarquement, et enleva ieur artillerie. Il expira le 4 Décembre. Charlevoix dit que ce guerrier canadien était un les plus estimables chevaliers et un des plus braves hommes qu'ait jamais eus le Canada. D'Iberville, son frère, fut son élève !
St. Ours, noble maison canadienne dont la ligne mas— culine est maintenant éteinte, date en Canada du régiment de Carignan-Salières, dans lequel le premier Sieur de St. Ours était capitaine. Quand ce fameux régiment fut licencié, il s'établit dans le pays et vécut à la sueur de son front. Le marquis de Denon ville écrivait au ministère de la marine et des colonies en 1686 : " Je dois rendre compte à Monseigneur de l'extrême pauvreté de plusieurs nombreuses familles qui sont à la mendicité et toutes nobles ou vivant comme telles. La famille de St. Ours est à la tête. IL est bon gentilhomme du Dauphiné [et parent du Maréchal d'Estrades], chargé d'une femme
et dix enfans Le père et la mère me paraissent
être dans un véritable désespoir de leur pauvreté. Cependant ses enfans ne s'épargnent pas, car j'ai vu deux grandes filles couper des blés et tenir la charrue." Il était pourtant seigneur ; mais quels travaux ne fallaitil pas pour mettre les concessions en valeur dans le Canada à cette époque, bien que nos agitateurs de l'abolition du système féodal ne s'en soient point douté. Il obtint le fief de St. Ours en 1672, et y est dénommé chevalier Roch de St. Ours. Une seigneurie fut aussi accordée, la même année, à M. de St. Ours, fils : " m considération du 7èam à lui imposé en celui du Roi sur les fons baptismaux." Plusieurs îles furent jointes à la seigneurie du père en 1674. M. de St. Ours est dit premier capitaine aux funérailles de Kondiaronk. Le fief D'Eschaillons fut aussi accordé à M. de St. Ours, et Ton vit bientôt deux branches de cette famille, dont l'une fut appelée St. Ours D'Eschaillons. Un Sieur de St. Our« D'Eschaillons se
trouva à la prise d'Haverhill en 1708, puis à l'expédition de Monsieur de Ramezay dans la Nouvelle- York l'année suivante, et Roch de St. Ours, Ecuyer, Sieu» D'Eschail* Ions, tendit avec succès des embuscades aux Anglais sur la Rivière Chambly eu 1759, Mais le plus célèbre membre de la maison de St. Ours sous les Français fut celui qui brilla à la tête de la milice canadienne à la bataille de Carillon. 11 fut fait chevalier de St. Louis et fut bles» sé mortellement à la bataille d'Abraham, où il fesait l'office de Brigadier-Général et commandait en troisième après MM. de Montcalm et de Sennesergues. Il avait conduit au combat de Montmorency, gagné sur Wolfe,et durant toute la campagne, la brigade du gouvernement de Québec, forte de 3,500 hommes.
Sous les Anglais Quinson de St. Ours, Chevalier de St. Louis, combattit à St. Jean et fut Commissaire du Roi pour le cadastre des biens des Jésuites. Il quitta ensuite le pays, servit les Français et eut un commandement a St. Domingue. Il avait épousé une demoiselle de Beaujeu. . L'honorable Paul Roch de St. Ours, Ecuyer, fut membre du Conseil Législatif de la Province de Québec, puis membre du pouvoir exécutif en 1791'. Lors de l'octroi de la Constitution, l'année suivante, il fut sommé par le Roi au nouveau Conseil. L'honorable Charles de St. Ours eut le même honneur en 1810. Les charges d'Aide-de-Camp Provincial et de Sheriff ont aussi été dans cette famille, et Madame de St. Ours est une des bienfaitrices de l'établissement des Dames du Sacré Cœur.
Stewart (Le Très-Révérend Charles James) D. D. deuxième lord évêque de Québec, né en 1775, décédé en 1837, était le troisième fils du comte de Galloway. Il fut admis membre du collège de Ail Soûls à Oxford en 1795. Présenté a l'évêque Mountain par l'évèque de Lincoln en 1807, il fut nommé à la cure de St. Armand dans la baie de Missisquoui. Il était allé en Angleterre négocier l 'érection du Canada Supérieur en évêché* quand le docteur Mountain mourut ( 1 825.) Il le remplaça, et fut sacré à Lambeth par l'arché7êqne de Cafttorbery le 1er Janvier 1826. Il était dénommé, avant d'être évêque, l'honorable et révérend Charles Stewart
E>.T>. Il mottrut à Londres chez ie comte de <3àllcn**y,
•son neveu*.
Strachah (Le Tres-Révé rend docteur) premier lord évèque de Toronto, fut instituteur dans sa patrie (l'Ecosse) «et y ^utpour -élève Sir David Wilkie.Àpp<*é dans le Canada Supérieur par le Lieutenant-Gouverneur Simcoë pour y organiser ira collège, projet qui était prématuré, il ouvrit la première école de grammaire à Kingston et y ^eut pour élèves les juges en Chef Robin son et Macaulay. Recteur d'York en 1812, il fut sommé au Conseil Législatif, en 1818, devint archidiacre en 1825, <et évéque de Toronto en 1839. L'Université de Toronto ou col lègedn Roi fut fondée vers 1*828. -C'était un collège Anglicain, et comme le Haut Canda «l'appartient guéres quant aux idées au parti aristocratique ou au parti de la hante église, Pévéque Strac-han a été assailli de toutes part, le collège du Roi*est devenu le sujet ♦d'une enquête parlementaire et renseignement réformé $ mais n on »de l'aveu •■du prélat, qui a Abandonné sans retour l'établissement. Il s'est rendu ^en Angleterre malgré son grand âge, y a obtenu des fonds considérables et a érigé une nouvelle université plus magnifique, mieux administrée et fournie «d'élèves que le collège ♦du roi.
Stuaft, famille ^canadien ne originaire des Etats-Unis, •qui commence au Révérend John Stuart D. D. successivement Recteur de Kingston et Officiai du lord évèque de Québec pour le Haut-Canada. Il avait émigré des Etats-Unis à Kingston *à 1a paix de 1783, et y avait eu •deux fils, George, depuis archi-diacre à Kingston, et Jaryes Andrew, dont »nous parlerons plus bas. Quand
II — (Sir James) Baronet du Royaume-Unis de la •Grande-Bretagne et d'Irlande et juge en chef du Bas- 'Canada, il naquit au fort Hun ter le 14 Mars 1780, *et ^t ses études avec Robert Christie, son ami, au collège du Roi (depuis Université)! Windsor dans la Nouvelle- Ecosse. Rappelé par son père en Canada, il fut clerc •chez M. Reid, depuis j*tge en chef et alors protonotaire, puis chez le ProcuareuavGénéral Seweli : il n'y avait pas tilors d'écoles de droit. ♦Cependant ses talents étaient si transcendans que Sir Robert Shore Milnes le fit son as- «istanUseciétaire avant .la fin de sa cléricature ; puis
Solhciteur-Général peu de temps après qu'il eût été reçjr avocat. Il y a lieu de croire qu'il était de là politique de Milnes, son patron ; mai» Cvaig ne' Payant pas caressé suffisamment, et même ayant nommé Procure ur-ffénéral M. Bowen (actuellement juge en Chef de la- Cour Supérieure) au lieu de le promouvoir lui-même, Use joignit au parti canadien ou naiional dans le Parlement-Provincial. Craig le destina alors en laveur de Stephen Sewell, frère du Juge en Chef. Mais James Stuart s'aquit des richesses au moyen d'une immense clientelle. Il fut réélu au Parlement en 1810, et devint de plus en pins le favori de la Chambre d'Assemblée en se fesant l'accusateur des juges Sewell (son ancien patron) et Monck. Elle le nomma agent pour poursuivre l'affaire en Angleterre ; mais le Conseil Législatif refusa son concours. La Chambre Basse en fut indignée et témoigna avec éclat sa confiance envers cet homme de parti , qui s'était offert cependant à Sherbrooke, lequel fut autorisé a l'acheter par lord Bathurst. L'appât de la charge de Procureur-Général le portait à changer de politique, et bien qu'en 1820, la Chambre exprimât sa confiance inaltérable dans les talents, l'intégrité et le dévouement de cette girouette politique, il se fit zélateur du projet de PUnion et porta en Angleterre en 1823, la supplique de ses fauteurs. Lord Bathurst le caressa beaucoup cette fois, et en 1824, que Stuart reparut en Angleterre avec lord Dalhousie. Le ministre le nomma Procureur-Général en remplacement de Normann Uniack, qui succédait à l'honorable C. L. Foucher sur le Banc. A la demande de Dalhousie, il se fit porter au Parlement par le bourg de William Henry et s'y montra le serviteur obséquieux de ce gouvernant, mais à son propre détriment, car la Chambre perdit enfin confiance, le docteur Welfred Nelson lui enleva son siège, et sa patronne, ne se trouvant pas assez vengée d'un ami infidèle, le fit suspendra par lord Aylmer. Il suivit M. Viger à Londres et se défendit : on vit alors aux prises deux des premiers hommes du barreau canadien. On a dk du Mémoire de Stuart, qui est à peu près sa seule production, qu'il est un monument remarquable d'érudition, de logique et d'une habileté prodigieuse : mais M. Viger aussi était étudit et disert,, et il est de fait qu'il triompha et q,«e
îttîart fut destitué.. Il revint en Canada en 1634, «it 3© émit à pratiquer comme avocat. Ne se tenant pas enore pojr convaincu, malgré la sanction de lord Goderich, . échangea avec lord Aylrner des lettres violentes, et lui nvoya même un cartel. Cependant la Chambre d'Asemblée se mettait rapidement dans son tort et les prosrits de la veille pouvaient devenir les favoris du jour, kms le ministre Stanley, si M. Ogden put se faire nomiierProcureur-Général grâces à sa parenté avec lord Lyndlurst, on offrit à Stuart la charge de juge en Chef de ferré-Neuve, qu'il refusa. Il fit bien, car lord Durhara e créa Grand juge de la Province. Il fut Baronet sous lord Sydenham, Député Gouverneur et Président de la Cour d'Appel sous Sir Charles Bagot. Il est mort à Québec le 14 Juillet 1853, et a eu pour successeur M. La Fontaine. Il a laissé une fille et trois fils légitimes. Sir Charles l'ainé, Maître es Arts du collège Universitaire de Cambrige, en Angleterre et membre de l'honorable société de Inner Temple, né à, Montréal en 1825, lui a succédé dans le titre de Baronet. Il a dernièrement visité l'Italie. Un autre de ses fils a fait la guerre d'Orient et est chevalier de l'ordre musulman de Medjldié.
Sir James Stuart a joui d'une réputation colossale, mais sujette à contestation. S'il n'avait été qu'avocat, on ne saurait nier qu'il ne fût, comme tel, fort brillant par son éloquence et son érudition, et lord Sel kir ck lui-même, disait au sortir d'une de ses plaidoieries, qu'il n'avait rien entendu de mieux en Angleterre ; mais comme Officier de la Couronne et comme Juge-en-Chef, il a prêté le rlanc à la critique, non moins que comme politique. Il avait de très belles facultés, une mémoire heureuse et une vaste lecture du droit anglais et français ; mais on ne voit nullement que ces notions fussent bien classées dans son esprit ou qu'il eût de la méthode, chose si indispensable dans l'étude de la jurisprudence. Son Ordonnance des Bureaux d'Hypothèques est étrangement indigeste. Il «test trompé dans son opinion non motivée en faveur de l'amovibilité des curés ; et dans sa décision sur les titres des Sulpiciens en sa qualité de Procureur- Général, il prétend que la capitulation de Montréal leur refuse des droits qu'au contraire l'article XXX IV leur reconnaît expressément, sans parler des Instructions de
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îord Dorchester. Il avance i faux que les ecclésiastiques n'instruise nt plus les Sauvages selon leur but primitif, et ue si [contre son opinion] une Corporation a continué 'exister en Canada après la conquête, ce ne pouvait être aue du vivant des derniers membres qui s'étaient tronvés dans le pays en 1759, et qu'elle ne pouvait se perpétuer, comme si le gouvernement anglais ne l'avait pas perpétuée par son fait en y envoyant les Salpiciens victimes <ie la révolution française. Son opinion n'est qu'un tissu de sophisroes de la sorte. Quant aux Règles de Pratique son grand cheval de bataille contre les juges Sewell et Monck, il devait savoir que le Parlement Provincial luimême avait fait la folie de les autoriser par un statut à les foire : on s'en aperçut bien en Angleterre, car les magistrats inculpés n'oublièrent pas de le dire,bien que M.Stuart ne s'y attendît apparemment pas, sans quoi il n'aurait point fait de démarches aussi inconsidérées. Ses contemporains, et M. Christie, son ami de collège, ont donc exagéré son mérite. Il n*était pas époux aussi exemplaire qu'il le dit. En politique, il ne consultait que son avantage et ses ressentimens personnels : il manqua de patriotisme en 1312, dans son opposition à Sir George Prévost, et compromit toujours sa réputation par son inconsistance. Il n'avait pas de principes ; violent au point •d'être factieux, comme député, ii a manqué de calme et •de dignité comme magistrat. Malgré ses défauts et ses torts |<ourtant, il a eu une belle fortune et son nom est célèbre.
IIL— (James Andrew) né à Kingston, décédé Solliciteur-Général, a été un génie beaucoup plus universel que le précédent. — Il fut élu au Parlement pour Québec en 1815, puis réélu en 1820 et en 1830. Quand M. Caron eut la faiblesse de résigner son siège, il fut élu par la Haute-Ville de Québec en 1836. Son éloquence raisonnée, sa logique pressante, sonibon sens politique, ses talents oratoires en un mot, sont loués dans l'Histoire du Canada et des Canadiens sous la Domination Française. Il fut le plus redoutable adversaire de M. Papineau. Commissaire pour l'exploration du Saguenay en 1830, il fit un rapport qui fut imprimé en un volume in-8vo, et fournit à la Société Littéraire et Historique, dont il était membre, des écrits fort variés dans leurs sujets, embras-
sant les voyages, Tétymologie, les Etrusques, Tyrrhénietjs ou Toscans et la civilisation. Il écrivit dans un autre sens que Vallières de St. Real sur la question de VHabeas Corpus. Enfin il est auteur de deux traités sur la politique coloniale, savoir : Notes upon the South Western Bourdary Line of New Brunswick and tîie United States of America, Québec 1830 in-8vo ; et Review of the procee~ dings of the Législature of Lotver Canada in the session of 183 1, urith an Appendiz containing some important documents now first given to the public, Montréal 1832, in-8vo. Il était avocat du Séminaire de Montréal. On a des Relatoria de G. Okill Stuart , maire , puis Bâtonnier de Tordre des avocats à Québec. Henry Stuart a été Bâtonnier à Montréal.
St. Voilier (Jean -Baptiste de Lacroix Chevrière de) deuxième évêque de Québec, d'abord Aumônier de Louis XIV (*), naquit en 1653 à Grenoble, d'une maison qui fournit à cette ville un Président au Parlement et deux évêques. François de Laval l'ayant désigné de bonne heure pour son sucoesseur, il vint en Canada eu qualité de son Grand-Vicaire, visita l'Acadie en 1686, repassa eu France et publia : Etat présent de F Eglise de la Nouvelle- France, que vient de republier Messire Bois. Il fut sacré à St. Sulpice de Paris par Jacques Nicolas Colbert, archevêque de Carthage et Coadjuteur de Rouen (1688). Il reparut en Canada la même année,, fonda l'Hôpital- •Général de Québec en 1691, et les Ursulines des Trois- Rivières en 1697. Il passa plusieurs fois l'Océan et tomba aux mains des Anglais : ses vertus attirèrent l'attention de la reine Anne. En 1702, il était à Rome, où le Souverain Pontife le créa Assistant an Trône Pontifical. Il mourut a l'Hôpital -Général le 26 Décembre 1727, et ne fut inhumé que le 2 Janvier 1728, en conséquence de la -querelle odieuse survenue entre le chapitre et l'Intendant Dupuy. Conformément à son testament, les funérailles
(•) M. de Bel mont dit î " au mois de Mai, noui etiraei nouvelles par l'arrivée des vaisseaux, premièrement de l'élection de M. l'Abbé de St. Vallier à PEpis<*opat de Québec, malgré toua ses parens qui le voulaient retenir, et toute la Cour, où sa sainteté était très distinguée.'*
furent faites à l'Hôpital-Général par ordre et en présence du Conseil Souverain par le chanoine Leclerc, le P. de la Chasse, Jésuite et les PP. Delino et Bertrand, Franciscains Réformés. Les autres chanoines, loin d'y assister, voulurent troubler l'accomplissement des obsèques en venant, en tumulte avec une partie du peuple. L'abbé Marchand se trouva inspiré et écrivit à ce sujet un poëme héroï-comique, croyant que la Nouvelle-France devait aussi avoir son Lutrin.
Tabeau, nom d'un traitant et voyageur canadien qui a laissé une relation fort spirituelle, et d'un ecclésiastique distingué. — Pierre-Antoine Tabeau, Grand-Vicairt et Coadjuteur nommé de Montréal, naquit en cette ville en 1782, et fit ses études au Séminaire de Québec. Ordonné prêtre au mois d'Otobre 1805, il fut d'abord attaché à. la cure de Québec en qualité de vicaire, et fut pendant deux années organiste de la cathédrale, où il forma l'abbé Ecuyer, fjui le remplaça. Après avo # ir desservi successivement St. Jean Port Joly, Ste. Anne des Plaines et Bourcherville, il fut envoyé par Mgr. Plessis à la RivièreRouge dans le but d'y ouvrir une mission,qu'il quitta, dans la crainte d'être fait évêque pour ces régions. Député à Rome pour y gérer d'importantos affaires, il remplit sa mission avec un succès marqué $ mais il refusa de devenir Coadjuteur de Québec. Il ne s'attendait pas à. le devenir pour Montréal ; mais il ne put vaincre la constance de Jean- Jacques Lartigue et des bulles le nommant évêque de Spiga et Coadjuteur parvinrent à Québec le 18 Décembre 1834?. Tout déconcerté, il annonça dès lors qu'il mourait bientôt et laissa en effet le monde le 18 Mai 1835 à 53 ans, sans avoir été consacré. Mgr. Bourget le remplaça.
Taché (Jean) ancêtre de la famille de ce nom, était né à Toulouse et avait étudié à Paris. Il s'embarqua pour le Canada en 1739 et s'établit à Québec ou il devint Syndic des Marchands. L'histoire dit " qu'en 1759, les négocians du Canada députèrent à la Cour le Sieur Taché, homme intégre et d'esprit, pour faire des représentations contre l'adminstration infidèle de l'Intendant Bi-
got, et demander des règlemens ou un arrangement pour le commerce du Canada." Le changement de domina* tion le ruina en lui fesant perdre un navire qui fut pris en mer ; mais il se fit remarquer du général Murray, duquel il obtint une commission de Notaire-Public sans étude préalable. Qn lui doit le joli poëme intitulé : Le Tableau de la Mer,
II. — (J. B.) successivement membre du Parlement a la Chambre Basse puis à la Chambre Haute, et enfin du Conseil Spécial, homme sans fard, honnête et aimable, qui notait de trop nulle part.
III. — (L'honorable E. P.) M. D. et Lieutenant-Colonel de la milice, né à St. Thomas aujourd'hui Montmagny en 1795, premier ministre avant M. MacDonald, avait été successivement Adjudant- Général de la Milice, Commissaire en Chef des Travaux Publics, Receveur-Général et Commissaire du Bureau des Terres de la Couronne. Il avait servi dans la dernière guerre, et l'on doit le regarder comme le créateur du noyau existant d'armée nationale. En 1854, il a prononcé un discours remarquable à la fête militaire célébrée en l'honneur des victimes du combat d'Abraham. Il visite actuellement l'Europe et la reine l'a créé Chevalier du Bain à son passage à Londres.
IV. — (J.C.)Chevalier de la Légion d'Honneur,ci-devant membre du Parlement Provincial pour le comté de Rimoucki et actuellement Rédacteur en Chef du Courrier du Canada, a été Secrétaire du Comité Exécutif de l'Expositien Canadienne à Paris, puis Commissaire avec Sir W. Logan. Avant de se rendre à Paris, il avait pris part au concours pour le prixj; offert au meilleur essai propre à faire connaître le Canada, et n'avait eu que la troisième récompense ; mais comme l'essai Hogau disait peu de chose du Canada Inférieur, celui de M. Taché, refait, est devenu de beaucoup le meilleur et a été mieux accueilli en France. Comme Commissaire, il se chargea de tout ce qui avait rapport à la publicité, tant en Europe qu'en Canada, tandis qve Sir W. Logan s'occupa avec M. M. Romain et Perry des soins d'installation des effets. Il se fit estimer des Commissaires de toutes les natiuns, avec lesquels il lia des rapports fréquens. U fnt ii gré gé à Légion d'Honneur par l'empereur, et après son
retour en Canada, où il eut une ovation des citoyens de Québec et de son comté, il a reçu du jury interuational trois médailles accompagnées de l'attestation suivante:
Exposition Universelle de lS55,
Industrie, Beaux Arts.
La Commission Impériale donne
A. M. Taché, Commissaire du Canada,
la Médaille des Récompenses Exemplaire d'Or, d'Argent et de Bronze Comme témoignage de gratitude Pour les services qu'il a rendus à l'Exposition* Le Président de la Commission Impériale.
Napoléon Bonaparte.
Palais de l'Industrie Paris, le 15 fsov. 1855.
On a vu le résultat de ses travaux dans un beau volume officiel intitulé : Le Canada et l'Exposition Universelle de 1855, Toronto, 185b. Son Esquisse du Canada a été louée par la presse française comme un excellent morceau de statistique, jugement qui doit amplement dédommager l'auteur de quelques critiques provinciales. On a encore de M. Taché : Tenure seigneuriale et projet de Commutation , et des Provinces de V Amérique Britannique et d'une union fédérale. Quant a ce dernier traité, la Correspondance particulière et simultanée dune société d'hommes de lettres dè Paris contient sans doute ? une calomnie : " Al. Taché, ce demi-Français que l'Exposition Universelle a momentanément amené dans sa patrie d'origine, et que le ruban de la Légion d'Honneur ajouté à d'autres lien» non moins précieux, a rattaché à la France, émet une idée nouvelle d'une haute importance ; il propose au gouvernement anglais de faire entrer ses possessions du nord de l'Amérique dans une union fédérale." Comme journaliste religieux, la carrière de M. Taché, sera glorieuse s'il s'affranchit de l'influence des sectes politiques qui exploitent notre beau pays avec si péu de désintéressement.
V.— Le dernier membre de cette famille dont il me î*wte i parler, est Mgr. Taché, de la Congrégation des
Obiats et deuxième évéque de St. Boniface de la Rivière» Rouge . — Il a été sacré à Marseille par Mgr. de Mazenod r Général de l'Ordre. Digne successeur de Mgr. Provencher, il a été chargé, quoique tout jeune encore, par les Conseils Centraux de ia Propagation de la Foi, de raviver l'œuvre dans les principales villes de France, et de l'y créer au besoin. On trouve de ce jeune prélat plusieurs belles lettres dans les Annales de la Propagation de la Foi.
Talon (Jean) Comte d'Orsainville en Canada, Conseiller du Roi en ses Conseils d'Etat et Privé et deuxième ou premier Intendant de la Nouvelle-France, (car il remp'aça en 1663, le Conseiller Robert, qui ne vint pas en Amérique) était parent des célèbres avocats-généraux. Il fut envoyé en Amérique avec Tracy, pour amener à justice le gouverneur réfractaire Augustin de Safrey de Mesy, qu'ils trouvèrent mort et reconcilié avec l'évêque. Talon, que mon père appelé a bon droit le Colbert du Canada, ne s'occupa plus qu'à établie et améliorer le pays. Prenant pour point de départ les maximes des Romains, il créa une aristocratie militaire, et combattit le monopode la Compagnie des Indes non moins par ses actes, que par un mémoire lumineux adressé au ministre. Toutes choses en Canada prirent leur essor avec ce 'grand magistrat. Il porta h prince à gouverneur le pays par luimême, accrut la splendeur de la charge d'Intendant, qui acquit un nouveau lustre en Amérique ; et il établit un système judiciaire d'une remarquable simplicité. Il donna aussi ses soins à l'industrie, aux découvertes maritimes et a^x entreprise^ scientifiques,— s'occupa de l'exploitation des salines et de mines, de la culture du chanvre, de l'ouverture de chantiers considérables et de la découverte ou reconnaissance du Micissipi. Ce fut encore lui qui envoya a la Baie d'Hudsun le P. Albarel et M. de St. Simon: Louis XIV récompensa dignement le véritable fondateur du gouvernement royal en Canada. 11 le fit dans ce pays baron des Islets en 1671, puis comte d'Orsainville l'an 1675, étendant l'investiture à la postérité mâle et femelle contre la règle générale et les Edita, et les Lettres Patentes attestent le cas que le Roi fesait de cet officier, car elles exposent ingénuement que, sanscette extension à la postérité féminine, Talon n'auxait
pas accepté cette faveur. Elles furent enrégistréea à
Québec le 25 Septembre. Le concessionnaire était devenu Capitaine du Château de Marimont et Secrétaire du Cabinet du Roi. Il vivait à Paris en 1680, ayant traduit cette année-là devant le Conseil d'Etat, le Prévôt des Maréchaux de France en Canada, ce qui obligea le Conseil Supérieur de réclamer. L'extérieur de Talon annonçait son mérite : son portrait se retrouve dans l'Album du Commandeur Viger.
Tapooka ou Henriette de Lorette, jeune fille à laquelle les Hurons comparent tout ce qui est beau. Adam Kidd en parle dans ses poésies, et le chevalier Hamilton Smith là mentionne dans son Histoire Naturelle de l'Espèce Humaine. (*)
Tarieu de Lanaudière, de la Pé rade— honorable famille canadienne, issue de Xavier Tarieu de Lanaudière, .officier au régiment de Carignan. — Tarieu de la Pérade épousa l'héroïne De Verchères, qui le garantit de la mort par les mains des Iroquois en 1722.
Charles François Tarieu, Ecuyer, Sieur de Lanaudière, Chevalier de St. Louis et Conseiller au Conseil Supérieur, eut la gloire de commander une partie de la Miiici à la fameuse bataille de Carillon, puis eut le soin d'un poste à signaux dans l'Ile d'Orléans, en 1759, pour signaler les monveraeiis de la flotte de Wolfe. Sous la domination anglaise, il fut Aide-de-Camp Provincial d3 Carleton, fit toute la guerre de l'Indépendance, et passa en Angleterre pour avoir porté la noblesse à défendre St. Jean et la frontière. Ce corps réclama et prouva que ce gentilhomme était occupé ailleurs. Il suivit le général en Angleterre, où le Roi lui fit un cadeau honorable et digne d'un homme d'épée. On lui donna successivement les charges de Grand Voyer et de Surintendant des Postes ; et en 1792, lors de l'octroi de la constitution, jl fut sommé au Conseil Législatif. Ayant fait de grandes •dépenses en Angleterre, et se trouvant à la gêne, il espéra de
( ) The Chippevrays likewise have many beauties, and so waa Hamet, the belle of Lorette Sauvage, a Huron Village near Vuebet. lu a ll theue cases bolh European aod nanVa ag-
venir le propriétaire incommu table de ses seigneuries ea se les fesant reconcéder en franc et commun soccage, et quoiqu'il ne réussit pas, il doit être regardé comme la cause éloignée du système de commutation, pnis de l'abolition du régime féodaL U accompagna sa supplique d'un Mémoire très bien fait ; mais la plupart des servitudes féodales qu'il énumérait avec soin n'existaient plus ou n'avaient jamais existé en Canada.
Xavier de Lanaudière, second du nom, montra un grand zèle pour le service du Roi. Ayant voulu forcer les censitaires à marcher sous la bannière seigneuriale en 1775, îl fut par eux retenu captif avec M. de Tonnaacour. En 179Ô, il versa une somme d'argent dans les fonds amassés dans les colonies pour la guerre de l'Angleterre contre la France, et dans la guerre de 1812, il devint Député Assistant de l'Adjudaut-Général de la milice*
Demoiselle Angèle De Lanaudière, fille de Charles François, décédée à Québec en 1856 dans un âge avancé, demeurait le type des dames de la haute société, et voyait chez elles les gouvernans et les gouvernantes, Elle avait bien connu les princes fils de George III. On se souviendra longtems de son mot heureux au chevalier De Belvèze : — Nos bras appartiennent à V Angleterre, mais nos cœurs sont à la France ! Une demoiselle de Lanaudière, plus ancienne, épousa en premières M. Berger de Richerville, en secondes, M. Viliers d'Adam, frère de Çoulon, en troisièmes, Gauthier, Médecin du Roi, et fallit épouser en quatrièmes le célèbre De Bottguin ville.
Tccumsek ou Tecu mtheh, Grand Chef des Hurons et Général-Major ( ) dans l'armée anglaise, l'homme le plus influent que les tribus de la Nord Amérique aient eu depuis Ponlhiac, naquit en 1770, parmi les Shaouanis. Elsquataoua, son frère, surnommé le prophète, lui prépara les voies, — celui mi disait à des diplom ites américains: Vous autres, vous êtes nés de Vécume de la mer. Ce n'est pas que Tecumseh n'ait été lui-môme un grand politique et un grand orateur; mais il dédaignait le charlatanisme. Son premier exploit fut une victoire sur la milice du Kentucky, qui devait un jour lui ôter la vie, et à vingt-
[*] Selon Behratni ; Brigadier, selon Hodgins.
êlhq àm, il était l'Achille des bandes de Mfechefednaqua. Il rencontra |»oiir lu première fois Harrison à là bataille de Tippecau'në, où la fortune fut indécise entré eux. La guerre de 181? le mit surtout en évidence, et lit Grande-Bretagne, qui n'avait que 3000 soldats dans les deux Provinces, fin heureuse d'acquérir son alliancè tet lui envoya le brevet d'officier-général. Les Hurons qui avaient reconquis leur ancien lit sur les lacs, l'avaient élu Grand Chef quoiqu'il fut étranger et qu'il n'eût pas inême l'âge requin ; mais il ne commanda pas qu'aux Hurons ou Yendats : toutes les tribus voulurent être guidées par son puniche, ~.t Tecumseh se vit dans une occasion à la tête de 3000 guerriers, aggrégation prodigieuse pour la population disséminée de la race rouge ; Ponthiac lui-même n'en avait pas eu autant sous son commandement immédiat. Brock, Salaberry et lui furent les principaux héros de cette guerre. Il battit le Major Van Horn, poursuivit Harrison et lui enleva mille bêtes à cornes, (•) battit le général Clay sous les murs de fort Meigs et périt, en marchant toujours en avant et gagnant du tërrain à la bataille de la Tamise, abandonné par les Anglais sous Proctor, à qui il disait quelques jours avant le combat : " Brock ne parlait pas comme tu fais. Marchez, dis-tu ? Lui, il disait : Marchons ! Les marques de distinction que tu portes à tes épaules, arrache-les et les jette loin de toi, car tu en es indigne." Il &vait taillé en pièces le régiment Kentuckien du colonel Dudley au fort Meigs : à la In taille de Thames, ce fut le colonel Johnson, de la milice du Kentiuky, qui eut l'honneur de le tuer. Les Haut-Canadiens ont ouvert, il y a déjà un nombre données, une souscription pour élever un monument à ce noble défenseur de leur Province, mais ils sont Testés honteusement en arrière. Du moins les monuraens écrits ne lui manquent-ils pas, car outre les peintures vraiment graphiques que nous ont faites de ce géant de la race rouge lè Major Richardson et le capitaine Brock Tupper, dans la vie de son père, il y a dans la Revue Canadienne (Canadian Review) un poëme en trois chants
(•) Ou voit par 1 histoire abrégée de Perrault, que le canon de U citadelle de Québec Uni pour ce sUocés.
8011 honneur ; il y a plusieurs Vies, de ce grand homme, et on peut consulter encore- Tecumseh, or the West thirty years since. Tecumseh laissa un beau garçon, pour lequel il a ait peu d'affection, parce qu'il le trouvait semblable aux blancs ou bon à rien selon les idées que lui ins- * pif ait la naiure. Le gouvernement anglais fit des pensions à sa veuve et à son frère. Un dernier trait fera connaître à fond le naturel de ce Sauvage extraordinaire. Dans un conseil tenu à Vincennes en 1811, Tecumseh, terminant sa harangue, voit tout le monde assis et se trouve sans siège. Un dépit soudain se laisse voir dans toute sa contenance, et lorsque le général Harrison ordonne de le faire asseoir et qu'on lui présente un tabouret en son nom : " Chef, le général Harrison, votre père, vous présente un siège," il se jette à terre en s'écriant, les bras étendus vers le ciel : " le soleil est mon père, et la terre est ma mère ; elle me nourrit et je repose sur son sein !" Tecumseh couronne l'Ode des Grands Chefs dé mon père :
Des tribus par la mort de ce chef des guerriers Se fanent les lauriers ; Mon chalumeau se brise, et ma tâche est remplie.
On peut vo'r un beau portrait de Tecumseh dans le livre intitulé : The New World.
Tegakouita (Catherine) et non Thérèse, la oélèbre vierge iroquoii»e dont les Lettres Edifiantes font un portrait si admirable, était née en 1656 et arriva l'an 1677 à la mission du Sault St. Louis. Elle vint à Ville-Marie, vit les filles de Marguerite Bourgeois et demanda de tout son cœur de faire le vœu de chasteté. Elle le fit et mourut en odeur de sainteté a vingt-quatre ans, l'an 1680. On peut consulter sur cette sainte, outre les Lettres Edifiantes, l'Histoire de PHôlel-Dieu de Québec par la Mère
* Juchereau, Etat Présent de l'Eglise de la Nouvelle-France par l'Abbé de St. Vallier, Paris 1682 et Québec 1857, -et Catherine, la Vierge du Canada, petit livre spécial publié il y a peu d'années et en vente à Montréal. On y trouve la mention de plusieurs miracles attribués à cette Vierge et attestés par plusieurs dignitaires du chapitre. <Je
* Québec, A^rès Catherine Tegakouita, deux autres reli-
gieuses indigènes, Thérèse Ganhansagouas, bien connue dans les Annales des Missions des Sulpiciens, et Jeanne Skanadharoy, fille d'un Chef Huron de Lorette, se sont fait remarquer, ainsi que Marie Barbe Attontinon.
Teganissorens le plus illustre orateur connu dans l'histoire ancienne des Iroquois, supplanta le rustique Sn.dekanatie ou Gagniegaton, qui humilia le marquis de Denonville, et alla souvent en ambassade à Quétiec et à Albany. On sait que, dans une première ambassade, le droit des gens fut violé à son égard par Kondiaronk, qui voulut faire porter aux Français le blâme de cet acte. De son temps, la politique aussi habile qu'heureuse des Cantons Iruqnois consista à tenir la balance entre lès Anglais et les Français. Un conseil fut tenu pour lu paix à Onontagué en 1693, et Teganissorens alla a Alhany pour faire approuver les délibérations. L'historien Colden regarde la harangue qu'il prononça en cette occasion comme un bel exemple de son art à faire trouver bonne une mesure prise contre les intérêts des Anglais. Ou la retrouvera dans mes Sagamos Illustres. Il alla ensuite à Québec et fut reçu au Sauit Saint Louis par le Supérieur des Jésuites. Il portait l'habit militaire des offreu rs- généraux anglais et ses cheveux blancs étaient recouvert» d'on chapeau avec panache, que lui avait fait faire le colonel Fletcher. Il dîna tous les jeurs avec le comte de Frontenac, qui avait conçu pour lui une singulière estime, et ne parut pas un instan* embarrassé dans ses manières. Mais ni les festins ni le cérémonial ne purent surprendre sa fermeté. Le général persistant à ne vouloir point traiter avec les Anglais, il ne voulut traiter lui-même, aveo les Français qu'à condition qu'ils n'entreprendraient rien de l'été contre la Nouvelle- York. Ou a vu dans I n rticle de Garakonthié quelle idée Frontenac donnait au ministre de la marine des diplomates iroquois, qu'il comparait aux procurateurs de Venise. Teganissorens parut de nouveau à Albany, au grand conseil tenu par lord Beïlamont, et puis à Montréal. L'ambassade fut reçue à Gennantaha avec des honneurs inusités, et fut introduite à Montréal au bruit d'une décharge de boîtes. Les préliminaires de paix furent scellés le 8 Septembre 1700, entre toutes les tribus, en conséquence de la paix de Ryswick. Anglais et les Français Vêtant brouillés de nouveau^
Teganissorens fesait la leçon au gouverneur, à Montréal — «» L'Onontagné ne prendra aucune part dans une guerre qu'il désapprouve. Les blancs oni l'esprit mal fait : ils font la paix, un rien leur fait reprendre la hache de guerre. Ce n'est pas ainsi que l'iroquois en use, et il lui faut de graves raisons pour rompre un traité qu'il a scellé." Un autre trait fera voir que l'orateur des forêts sait se borner et terminer parfois une affaire par un seiil mot. "A un conseil tenu à Montréal en 1683, en allusion à un collier par lequel on demande aux Iroqiiois pourquoi ils fesaieut la guerre aux Illinois, il dit fièrement : " Pour la question de l'IUinois, il mérite la mort ; il m'a tué."— "On n'ôsa point répondre." Teganissorens était de haute taille, --bien fait de sa personne, et les traits de son visage ressemblaient, a-t-on dit : à ceux qu'offrent les bustes de Cicéron. L'historien des Cinq Nations, Colden, qui l'a- ^vaît bien connu et qui l'avait souvent oui parler en public, dit qu'il s'énonçait avec une facilité admirable et que les grâces de sou élocution auraient plus partout. "Il est à regretter, dit le biographe Thatcher, qu'il ne nous soit parvenu que peu d'échantillons de son éloquence ; cependant, le peu que nous en connaissons démontre que le sentiment élevé de l'honneur, la grandeur d'âme, l'imperturbabilité, la sagacité ét Furbanité, étaient che» lui des qualités de l'orateur comme de l'homme privé.
Tessier (Xavier) M. D., savant médecin canadi?n, étudia et fut gradué à New-York et y publia : The French Prartice of Meclicine, being a translation of Begirts Therapentic, vÂth notes and observations ïLlustrative of the treatment of diseases in the climate of North America, New- York, 1829, en deux volumes in-8vo. De retour en Canada, il établit à Québec le premier journal de médecine, qui se soutint durant deux années, et fut Secrétaire-Général de la Société pour l'encouragement des Arts et des Sciences en Canada, qu'il contribua à établir, et qui s'est réunie, durant sa troisième annéè d'existence, à la Société Littéraire et Historique, qui aurait dû adopter son nom.
Tonnancour (les Godefroy de) illustre maison canadienne issue de Jean Godefroy qui demeura parmi les nations lors de la conquête du Canada par le chevalier David Kertk, et qui fut plus tard conseiller de M, de
Montmagny. Après la restitution du pays à la Franee, il fut plusieurs fuis ambassadeur chez les Sauvages et fut député à Boston par le gouverneur D'Ailleboust avec le P. Dreuillettes pour proposer une alliance contre les Iroquois. Il assista à la délibérdtjou du Conseil de la Colonie à cet effet en 1651, et fut anobli.— René Godefroy, Sieur de Tonnancour, seigneur eu 1634, était eu 1637 Lieutenant-Général Civil et Criminel des seigneurs de la Nouvelle-France on Compagnie des Cent. — Antoine Charles Godefroy de Tonnancour, chanoine de Québec, ordonné prêtre le 24- Août 1722, mort le 9 Novembre 1758, prit part à la querelle du chapitre avec l'Intendant Du-
Suy ou avec le Conseil Supérieur, et lut le Mandement es Grands-Vicaires. Sous les Anglais on retrouve le» Tonnancour à St. Jean, dans les hauts grades de la Milice et dans le shérifat des T rois-Rivières. Le Lieutenant-Colonel Charles Chevalier de Tonnancour était Adjudant-Général Assistant durant !a dernière guerre.
Tracy (Alexandre de Prouville, Marquis de) gouvernant, diplomate et homme de guerre, un des meilleur» lieutenans de Turenne, et son ami, au dire de M. deRamsay, empêcha D'Erlac de quitter le vicomte, et conclut un traité de neutralité avec l'Electeur de Bavière, par l'entremise de Bau chembrrg, général de l'artillerie bavaroise. Il était Maréchal des Logis (Quartier- Muître- Général) de l'armée d'Allemagne, quand il fut nommé à la place du comte d'Entragues. Viee-Ro. d'Amérique, occupé dans une ambassade, Lieutenant-Général dans les deux Amériques en 1664, à l'époque difficile ou Louis XIV mettait fin au système des Compagnies Commerciales et se mettait en possession des Colonies. Après avoir établi tant par la persuasion que forcément l'autorité de Louis le Grand aux Antilles et vaincu les Espagnols dans le Golfe du Mexique, il dut amener à justice avec Talon, nommé Intendant Royal, M. de Mesy, qui avait compromis au lieu d'établir en Canada l'autorité du prince. L'ayant trouvé mort, ils ne s'occupèrent plus que de l'organisation du pays et y créèrent une aristocratie militaire au moyen des officiers du fameux régiment de Carignan Salières. Tracy fortifia le pays, en érigeant des forts dans les lieux propices ou stratégiques, — à Richelieu, Chambly, Ste. Thérèse et Ste. Anne, île du ïae
Charopfcin, puis marcha en perspnne contre les foqupis,qu'il humilia. Sou séjour en Canada ne ..fut que de dix,huit mois, et il laissa les rênes du gouvernement à Daniel de Remy, Sieur de Courcelle, qui érait venu dans le pays comme gouverneur sous lui. Mgr.de Tracy, comme il est appelé dans les délibérations du Conseil Souverain, avait auprès de sa personne, pour soutenir la dignité vice-royale, une compagnie des gardes du corps et dlejs pages. Le lac Supérieur a autrefois porté son nom.
Tronson (Louis) Aumônier du Roi puis Supérieur-Général de St. Sulpice en 1676, auteur de Forma Cleri, assista avec Bossuet à la Conférence d'Issy, où on examina les livres de Madame Guyon et de Fénélon, son partisan. On a sa Correspondance avec les Supérieurs du Séminaire de Ville-Marie et les Supérieures de la Congrégation de Notre-Dame de la même ville. Il empêcha les Ursu- Unes de s'établir à Montréal et rappela les prêtres qui avaient donné dans les visions de là sœur Tardy.
TroUier (Marguerite) cinquième Su|>érieure-Générale de l'Institut de Marguerite Bourgeois, morte en 1746 après avoir vécu cinquante quatre ans dans la Congrégation, était fille de Gilles Trottier (jui fut réduit en esclavage par les Iroquois et qui fut échangé contre des chefs ainsi que M. de St. Michel. Il était interprète des langues et mourut en 16r,8. Marguerite Tiottier correspondait avec le Supérieur-Général Le Pelletier. Sous sa supériorité, Marguerite Leroy, dite La Conception, institutrice de renom mais peu subordonnée, fonda la maison de Louisbourg contre l'aveu de sa supérieure, mais soutenue par l'évêque.
Turgeon (Pierre Flavien) deuxième archévêque de Québec, né dans cette ville le 12 Novembre 1787, ordonné prêtre le 29 Avril 1810, était professeur de théologie au Séminaire en 1814. Elu dès 1833 Coadjuteur de Québec, il paraît que l'ambassadeur de France à, Rome s'opposait à sa nomination, par quel hasard nous ne savons. Le Grand- Vicaire Maguire fut aussitôt député vers le Saint Siège et Messire Turgeon fut nommé évêque de Sidyme par Grégoire XVI le 28 Février 1834, puis sacré, sous ce titre le 1 1 Juin. Successeur de Mgr. Signay, il a présidé le premier Concile de Québec* inauguré l'Université Laval e^ t
Tt/endenaga, plus Connu sous le nom de Colonel Brandy grade qu'il avait dans l'arnjée anglaise, fameux chef de guerre Mohawk. né sur les bords de l'Ohio en 1742, fit des études classiques dans un'collége de la Nouvelle-Angleterre (Connecticut) et traduisit du grec en iroquois PEvungile de St. Mathieu. En 1775, il prit le parti des Anglais et obligea les Américains de capituler aux Cèdres, défendit son pays et fit maintes expéditions heureuses dans les Etats-Unis, de concert avec Sir John Johnson. Ils prirent Schohary et Stone Arabia. A la paix de 1783, il alla en Angleterre, et obtint de Sir Frederick Haldimand une concession de six milles sur la Grande Rivière, Canada Supérieur, où il émigra avec sa nation. Il fonda Brantford. Tout étranger qui allait le visiter était sûr de trouver chez lui im accueil bienveillant et une table bien servie. Il avait pour domestiques quarante nègres, qui n'ôsaient s'échapper, car il leur avait bien dit qu'il irait avec son tomahawk les chercher jusque au fond de la Géorgie. Le latin et le grec lui étaient familiers, mais il parlait surtout cette dernière langue avec enthousiasme. Le colonel Stone a écrit la vie de ce Sauvage, qui fut Grand Orateur, politique habile, adroit négociateur et guerrier heureux. Campbell lui avait fait une réputation de cruauté dans Gertrade de Wyoniing ; mais son fils obtint que la seconde édition fût corrigée, la plus grande partie de ce qui avait été dit, venant de la haine des Américains. Il mourut le 24 Mars 1807. On retrouve un très beau portrait de lui dans la collection du Commandeur Viger. Son fils commandait les Mohawks sur les hauteurs de Queenstown, alla en Angleterre et fut présenté au duc de Wellington.
tr. .
Ukcouma on Grand Chef, dieu des Esquimaux.
Urban (Sir Benjamin d') Commandant des Forces darisr l'Amérique Septentrionale, décédé à Sorel en 1848, eut de pompeuses funérailles à Montréal en présence de toutes les autorités coloniales. Commissaire auprès des arrnées espagnoles en 1808, il organisa et commanda ensuite la cavalerie portugaise et se signala particulièrement à la bataille de Salaraanque ou des Arapiles. A Majala-
hon'da, il fut abandonné sur le champ par ses "cavaliers* On le retrouve dans l'état-major fi Waterloo. Pn monument n Wolfeest dû à ce vétéran, qui était décoré dô plns eurs ordres de chèvalèrie.
Urfè (François Saturnin d') frère de Louis Lascaris d'Urï'é. comte de Sommariva, depuis Coadjnteur de Limoges, fut marquis de Beaufcé avant d'être prêtre et Abbé d'Urzèche. Il fut aussi Doyen de la cathédrale du Puy. Il s'a^rréiren à la Société de St. Sulpice, vint en Canada en juin 1667, et retourna en 'France en 1685. Il y mourut le 30 Juin 1701, après avoir réformé son abbaye.
Volières de St. Réal [l'honorable Joseph Rémi] décédé Jnge-en-Chef du District de Montréal en 1847, un des plus beaux esprits que le Canada ait vu naître, dut à Mgr. Plessis l'avantage d'une éducation qui développa son génie. Il entra au barreau, puis au Parlement, et s'y fit une réfutation brillante comme orateur. Ce fut en 1815 qu'il fut porté à l'Assemblée Législative par le collège électoral du comté de 8t. Maurice. Il ne fiit pas réélu en 1817 ; mais en 1820 ; il représenta la Haute-Ville de Québec, fut réélu la màme année, puis en 1S25 et 1827. Louis Joseph Papineau ayant été député en Angleterre en Î823, Valières de St. Réal le remplaça au fauteuil présidentiel. Lord Dalhousie saisit l'occasion de Cette mutation inattendue dans la présidence de la Chambre pour ouvrir avec le nouvel Orateur une correspondance préliminaire à des conférences confidentielles sur les intérêts ou ce qu'il entendait par les intérêts du pays, et î>ropres à lui permettre de s'insinuer dans la confiance de la Chambre. Notre compatriote accueillit avec déférence les avances de ce gouvernant, tout en lui avouant que les difficultés' étaient nombreuses. Cette correspondance est reproduite dans le sixième volume de Christie. Juge Provincial des Trois-Rivières durant nos troubles politiques, il décida en faveur des détenus politiques qui demandaient des Brefs d'Habeas Corpus. Il prétendit que le Statut de la Slème année de Charles II était loi eu Canada, bien que nous eussions une Ordonnance Spéciale, celle du Conseil Législatif de la Province de Québec
[1784] ; et que l'Ordonnance du Gouverneur et du Gong
seil Spécial du 8 Novembre 1838 étail nulle comme étant contraire à un statut impérial. Le gouverneur le suspendit sur le champ. On prétend de nos .ours que Ja suspension des juges Valières, Panet et Bedard a été leur plus beau titre de gloire. Mai l'honorable Jean Roch Rolland ne fut pas plus de leur avis qu'Andrew Stuart, et donna une décision contraire. Quoiqu'il en soit, lord Durham revint sur les actec de Sir John Colborne, et créa Valières membre du jiouvoir exécutif et de la Cour d'Appel. " La constitution de la Cour d'Appel étant ré-, glée, dit-il,' par l'acte constitutionnel, je ne pouvais investir aucun autre corps que le Conseil Exécutif de lajurisdiction en appel. J'appelai donc au Conseil Exécutif le Juge-en-Chef et un des Juges Puînés de chaque District ; et en nommant aussi le Juge des Trois-Rivières, je donnai aux membres des deux tribunaux en conflit, un arbitre impartial dans la personne de M. Valières de St. Réal, que tout le monde reconnaissait pour le plus habile jurisconsulte français de la Province" Il devint Juge en ft? Chef de Montréal eu 1842, et occupa cette charge jusque a sa mort. Il avait été en 1827 un des Vice-Présidens de la Société pour l'encouragement des Arts et des Sciences fondée par lord Du Ihousie. Ce canadien illustre est un de ceux dont les écrits justifient le mieux la réputation, et il est seulement à regretter qu'il ait laissé si peu. Il est toujours clair, et son style est excellent même dans ses sentences : l'empreinte du génie y est. Nous avons un bel éloge de cet illustre magistrat par le bibliothécaire Gérin Lajoie. La Législature a accordé une pension à sa veuve. Henri Valières de St. Réal, Ecuier, Bachelier ès Arts de l'Université de St. Jean de New- York, a été un des premiers élèves de l'Ecole de Droit, et à son passage à Rome, lors de sa vi&ite récente des principaux pay3 de l'Europe, il a été décoré par le pape de l'Ordre de la Milice Dorée.
Vallier [François Eléazar] sixième Supérieur du Séminaire des Missions Etrangères à Québec, et Vicaire-Général, était originaire de Marseilles, mais natif du Canada. Il étudia en Europe, fut ordonné en 1730 et revint en Canada dix ans après avec Mgr. de Pontbriand. Durant sept années qu'il exerça le ministère dans sa patrie
il fut Supérieur après Jean Lyon St. Ferréot, Chanoine et successivement Théologal et Officiai du C!ui|ître. Enfin le Roi lui expédia des Lettres Patentes de Conseiller Clerc au Conseil Souverain en 1743. Jl mourut en
Vassal de Montviel (François) mort Adjudant-Général de la Milice vers 1841, était né sous la doirii ation française et eut pour parrain le célèbre guerrier et navigateur De Bougainville. Après avoir servi en Canada contre les Américains» puis sous Burgoyne et le baron St. Léger, — après avoir été officier dans le régiment des Volontaires Canadiens Royaux et servi sous iS. A. R. le duc d'York en Hollande, il ne dédaigna point de se faire caboteur pour soutenir sa famille ; mais la guerre de 1812 approchait et ses qualités militaires étaient connu» s. Il fut créé Adjudant-Général de la Milice avec un Député et un Assistant, qui furent J. T. Tascliereau et Cira ries Chevalier de Tonnaneour. Il fut le bras droit de Sir George Prévost dans une lutte où la milice eut la plus grande part, suivit sans cesse, le quartier-général et déploya une prodigieuse activité. Il conserva jusque a sa mort le grade suprêmes de la force nationale et eut pour •uccesseur le colonel Gugy. C'était un petit homme noir comme un amiral anglais et fort vif. Il racontait admirablement et, versificateur de salon, il réussissait dan? la chanson.
Vaudreuil, illustre majson, non encore éteinte en France, où elle est alliée à celles de Caraman, de Chimay et autres, et dont la noblesse remonte au douzième siècie. Elle est fameuse dans les annales canadiennes.
I. — Philippe de Rigaud , Commandeur puis Grand Croix de St. Louis, Chevalier de Vaudreuil, puis Marquis à la mort de son père, tué à la bataille de Luzzara sous le duc de Vendôme en 1702, — Lieutenant Général et Gouverneur de la Nouvelle-France, était originairement Maréchal des Logis de la garde appelée les Mousquetaires Gris, et se signala fort au siège de Valenciennes. Envoyé en Canada avec le titre de Commandant des troupes, il amenait 800 hommes. Il alla avec 300 hommes au secours de Montréal lors du massacre de Lachine, et commanda sous le comte de Frontenac dans la grande expédition contre les Iroquois. En 1690, il fut chargé
•de garder le rivage contre' hv flotte de Phipps él eut part à la glorieuse défense de Québec. Trois ans après (1693) il surprit et défît La Chaudière Noire, le plus terrible et le plus rusé des Iroquois. Mais il passa du service de terre au service de mer. Il obtint une seigneurie en 1702 avant de succéder au titre de Marquis, car il est désigné Mcssire Philippe de Rigaud, Chevalier de Vaudreuil, Capitaine des Vaisseaux du Roi et Gouverneur de Montréal. Il avait succédé dans ce poste à. M. de Callières après la mort du comte de Frontenac, et M. de Callières étant mort lui-même en 1703, il eut le gouvernement général du pays. Jl avait épousé à Québec Louise Elizabeth Joybert de Soulange, fille du Chevalier Joybert de Soulange. Ce mariage faillit l'empêcher d'avancer, car le ministre de la marine ne lui cachait pas que la Cour hésiterait à. confier le gouvernement du pays à un homme allié aux Canadiens, et M. de Vaudreuil, oubliant son épouse, répondait que M. de Lotbinière était son seul parent entre les Canadiens, On le nomma en lui donnant avis de se tenir libre des Soulange et des Lotbinière. Il déploya beaucoup d'activité en 17 J0, trouva de l'argent dans la bourse des citoyens pour fortifier Québec, et vit échouer^ l'invasion préméditée par les Anglais par mer et par terre. Obligé de défendre la capitale, il envoya cependant M. de R: mesay avec 600 hommes au secours du baron de Longueuil à Montréal. L'amiral Walker et le général Hill firent naufrage ; le générai Nicolson retraita. Il mourut à Québec le 10 Octobre 1825, après avoir gouverné la Nouvelle-France avec une grande habileté durant 21 ans. Mais tous les moyens lui étaient bons. Les Abénaquis, qu'il excitait sous main, ensanglantèrent sans cesse durant la paix les colonies anglaises, et il ôsa bien offrir des primes pour les chevelures enlevées. Néanmoins la douleur causée par sa mort ne fut égalée que par l'allégrVsse que sa nomination avait causée, parce qu'il s'était fait canadien. On grava sur sa tombe : Çy gist le Haut et Puissant Seigneur, Messire Philippe de Rigaud Marquis de Vaudreuil, Grand Croix de l'Ordre Militaire de St. Louis, Gouverneur et Lieutenant-Général de toute la Nouvelle-France, décédé le dixième d'Octobre 1825. Il laissa plusieurs fils.
ho. marquise douairière importuna le ministre de la
marine de non moins de cinq lettres ou Mémoires demandant des grâces pour ses enfans et pour tous ses proches. Lors de la démolition des ruines du collège incendié de St. Raphaël, ancien château Vaudreuil, on trouva sur la première pierre de l'angle sud est une plaque de plomb avec cette inscription : Cette pierre a été posée par Dame Lovise Elyzabeth de Joybert, femme de Haut et Puissant Seigneur, Philippe de Rigaud, Chevalier, Marquis de Vandreuil, Grand Croix de l'Ordre Militaire de St. Louis, Gouverneur et Lieutenant-Général pour le Roi de toute la Nouvelle-France Septentrionale, en 1723, ce 15 Mai. — Trois fleurs de Lys sout aussi gravées sur la plaque.
Le suivant, Marquis qui nous est peu connu, mourut le 7 Juillet 1748 à 79 ans, et est désigné ancien Colonel.
Louis Philippe de Rigaud, comte de Vaudreuil, Lieutenant-Général des Armées Navales, né en 1691, figura nominalement dans la marine dès l'âge de sept ans, en 1698 suivant l'Armoriai de France, où sont consignés les titres de la maison de Vaudreuil. Il fut fait Capitaine de Vaisseaux en 1738, Grand Croix de St. Louis eu 174-5, seule nomination de Tannée, Chef d'Escadre en 1748, LieutenantrGénéral en 1753 et Gouverneur de St. Domingue en 1755. Aux préparatifs de défense de Québec, son père lui confia un jioste d'honneur. Il commandait l'Aquilon de 48, dans la flotte Franco-Espaguole à la bataille de Toulon en 1744. En 1747, il commandait l'Intrépide au combat de Bellisle entre le fameux amiral Hawke et M. de Létenduére Desherbiers, qui montait le Tonnant. Ce vaisseau soutint longtemps à lui seul le fou de la ligne anglaise ; l'Intrépide lui vint en aide, le tira du combat et fit sa retraite eu le remorquant, bien que l'amiral anglais eût quatorze vaisseaux contre deux, cinq vaisseaux fiançais sur sept, ayant succombé. La noble conduite du Tonnant et surtout de l'Intrépide, sauva le convoi de 250 voiles qui suivait l'escadre française. On retrouve dans l'Armoriai une belle lettre de M. de Létenduére à M. de Vaudreuil, qui fut loué par la Gazette et le Mercure de France, et qui mieux est, immortalisé par Anquetil, dans soo histoire. L'historien anglais Beatson lui attribue aussi le salut de son amiral. Montant plus tard l'Eléphant, il fit naufrage, mais l'équipage fut
«ativè. L'Armoriai le dit mort à Tours le 17 NovemWe I7tf3.
Pierre François Marquis de Vaudretul-Cavagnal (1748) général et homme d'eiat, dernier Gouverneur et Lieulènuiït-Général de la* Nouvelle-France, né a Québec en lb'98, était le troisième fils de lhilippe, fui créé Major des troupes de la Marine et était Gouverneur des TroiS- Rivières en 1733, quand il obtint une seigneurie. Les as lui venaient. Nommé Gouverneur de la Louisianne, où il se fit aimer, en 1743, il devenait Marquis en 1748. et Gouverneur-Général en 1755. bes provisions, en date du premier janvier, furent enrégistrées au ConseiJ Souverain de Québec le 13 Juillet de la même année. Son administration du Canada ne fut pas moins populaire que celle de la Louisianne, et s'il succomba, il est à présumer qu'un autre n'aurait pas mieux fait que lui. Il aimait les Ci mutions et Montcalm ne leb aimait -point. Le sentiment jaloux était 'e môme dans les armées française et anglaise quant aux coloniaux. Les soldats anglais se moquaient des vainqueurs du Jac George, et les soldats français des vainqueurs de Monon^hahela ; mais ceux-ci en revanche, s'obstinaient avec raison à croire les réguliers moins propres qu'eux-mêmes à la guerre d'Aimrique en dépit des quolibets. Soldats et généraux, après tout, ne maltraitaient les Canadiens que parce qu'ils conservaient de rhumeur d'avoir été vaincus par les milices de Johnson tandis que les Canadieus avaient vaiucs leg vétérans de Braddock. De là le peu d'entente entre Moutcalm et le Marquis de Vaudreuil et l'impossibilité en conséquence ae sauver la Colonie. Montcalm, général moins hardi ou actif qu'intrépide dans le combat, et très peu entreprenant, affectait même dans ses lettres un souverain mépris pour les plans de campagne et les instructions du gouverneur qui lui fit prendre Oswego malgré lui, et qui, après la bataille de Carillon, voulait qu'il délogeât Abercrombie en le harassant et en fesant couper ses communications par des nuées de troupes légères s'ofFrant de lui envoyer 10,000 Canadieus s'il le fallait. Mais Montcalm ne craignait rien tant que cela, et quant au projet d'obliger ainsi le général ennemi à décamper, il le tourna en ridicule, se laissa emporter à une légèreté indicible et ôsa écrire que ce projet était tellement al)-
£nrde qu'il ne pouvait être que l'ouvragé d'un secrétaire. Dans une lettre pleine de magnanimité, Vaudreuil lui dît qu'il ne voulait pas prendre note d'un document tel que sa missive, désireux d'oublier ses injures pour le bien public, et que quant au projet, il le croyait assez sagace pour le comprendre s'il le voulait bien. Il lui réitérait ses instructions et defendair les Canadiens contre les outrages des réguliers. Si Montcalm dédaignait les plads du Marquis connue ceux d'un homme qui n'avait jamais rien fait à la guwe, celui-ci, de son côté, avait fait à la cour sur sa relation de la bataille de Carillon, des obsefvations auxquelles il «lirait été difficile au général de répondre, et il ne lui pardonna jamais de n'avoir pus pris le fort Lydius, comme il avait pris Oswego et William-Henry. Il connaissait mieux le pays que Montcalm et était pins propre que lui à la guerre d'Amérique, et malheureusement pour ce dernier, la tactique recommandée par le Marquis de Vaudreuil, qui consistait à faire un grand usage des troupes légères pour fatiguer et désorienter l'ennemi, ainsi que pour lui retrancher les vivres, opération- pour lesquelles les Canadiens étaient éminemment expérimentés, était la tactique qui fut adoptée par Carnot et par Kapoléon : elle mettait les généraux Autrichiens au déstsfioir, et Abercrumbie n'aurait pas été à coup sûr, plus rassuré. Mais encore une fois, Montcalm, qui trouvait toujours des quolibets à l'adresse du Marquis et de son frère Rigaud, partageait et fomentait les petites passions des réguliers, et si l'on observe qu'il sollicitait sous main le gouvernement du pays; on n'hésitera pas àdouner l'avantage à notre compatriote. Heureuxle général, s'il nVût |ras méprisé encore sous les murs de Québec les sages instructions que lui donna Vaudreuil : il y a un mémoire détaillé des opérations par un officier dû génie qui donne droit au Marquis. Le S. . . .de. . . .C. . dans les Mémoires publiés par la Société Historique ajoute un sujet de la défense de Québec : " M. de Montcaim n'avait point encore acquis l'expérience qu'il faut pour boranjander en chef: il se faisait lui-même des maximes nouvelles ; c'est, ce qu'on voit par sa position pour la défense de Québec." A la nouvelle du désavantage des .Français, le Marquis sortit de la ville et fit tout ce qu'il put pour rallier les troupes, quoique sans succès. Aw^
avoir traversé la rivière St. Charles pour rentrer dans 1* camp de Beauport, il se détermina à retraiter, non sans avoir envoyé cinquante hommes par bataillons pour ren-r forcer la garnison de Québec, et ce fut le conseil ue guer? re qui opina pour la retraite, de peur que l'Anglais ue la coupât en se saisissant de Jacques-Cartier. Il appela à lui le Chevalier de Lévis, qui était plus propre à commander les Canadiens que Montcalm, et qui en était aussi plus chéri, et sa résolution de défendre le pays après la chûte de Québec, dont il ne fut pus responsable puisqu'il envoya à temps à son secours M. de La Koche Beaucourt, et qu'il marcha lui-même, est digne d'un grand homme. u Tour porter sur cet illustre Canadien, dit mon père, un jugement équitable et impartial, cVsl l'ensembïs de sa couduite comme gouverneur du Canada, dans les circonstances extraordinaires où il s'est trouvé qu'il convient d'examiner , et nous avons le plaisir de voir dans cet eusembie, beauemp plus à louer qu'à, blâmer. Quand on le voit délêrer volontiers à l'avis des généraux Montcalm (*) et Lév is, pour les opérations militaires, on doit être moins étonné de la confiance qu'il mettait dans les talents et l'expérience de l'Intendant Bigot, pour les affaires civiles et financières. Il eut évidemment l'idée fixe de demeurer dans les bornes du devoir ou du pouvoir légitime, comme il était permis de l*exercer alors ; il posséda à un haut degré le bon sens politique, il sut résister à toute proposition impoli tique ou inconvenante ; il montra dans ce que nous nous permettrons d'appejer ses procédés diplomatiques, de l'énergie et de la dignité ; enfin, personne ne pourra lui refuser ce degré de prudence ,et cet empire sur. soi-même qui permettent à l'homme de choisir le meilleur parti dans les cas à peu près désespérés. Les Canadiens particulièrement durent le remercier de n'avoir, pas voulu accéder à la proposition que lui fît le Chevalier de Lévis de rompre toute négociation avec le général Amherst ; proposition pardonnable peut-être à un patriote zélé et a un militair re épris de 4 la gloire des armes, tel qu'était le général
m effwi jusque à sacrifier «on honneur |>oac ne pa* . icpure enticreuien* Avec. lui.. .
Prance, dit que Claude de Razilli fut Lientenant-Général de l'Acadie après lui ; mais la relation de Denis dit au contraire , qu'après la mort de Razilli, Messire d'Àulnay Charnizé lui succéda par accord avec son frère, c-à-d. Claude, commandant de Pentagoët sur un arrière-fief de la concesssion d'Isaac. Claude de Razilli suivit son aîné au Brézil, secourut Toiras, bloqué par les Anglais dans Pîle de Rhé, contribua à la prise de la Rochelle et à la défaite des Anglais, fut fait gouverneur d'Oléron, puis chef d'escadre des côtes de Bretagne, et fut enfin Vice-Amiral de Parchévêque de Bordeaux, nommé amiral contre les Espagnols. Il commanda en cette qualité dans le canal de Fontarabie. Il contribua, en Acadie, à la fondation de La Hève.
Reeves (Charles) poète, né à Québec en 1812, mort à Montréal en 1834, entra jeune au collège de Québec, où il se signala par son goût exquis pour la littérature et les beaux arts. Son père s'étant fait protestant en 1825 et livré à bien des folies, ces aberrations paternelles imprégnèrent l'imagination et les poésies déjà, suaves de ce jeune athlète du Parnasse, d'une tristesse et d'une mélancolie qui ne sont pas non plus sans charmes, et qui lui méritent la sympathie de ceux qui ont l'occasion de les lire, d'autant plus que ce Tyrtée s'abandonna trop à sa muse et perdit la raison,
Richelieu (Armand, Cardinal de) Grand Maître et Surintendant de la Navigation et du Commerce de France, véritable créateur de sa marine, [*] extermina la race
(•) It was cardinal Richelieu, uneasy at the growth of British .«hipping, that first caused France to be ambitioua of raising a marine power and taught her tbat ihe Fleurs de Lys could flourish at sea as well as on land, and adorn the stems of nie new built ahipa with this prophétie inscription :
Florent quoque lilia jponto !
Afler redocing the power of the great nobility, of France, tbis prudent miniater earneetFy promored manufactures and maritime commerce which Morisot, in bis Orbie Maritimus, justly calla the splendonr of kingdoms whilat in peaee, and tberr main support m war. To this end, he ineorporaled a society of one hund-
des Vice-Rois de la Nonvelle-France, et s'y forma un© sorte de souveraineté, qp'il exerça à, la tète de la Compagnie des CeaJ Associés, dont il était le. maître. Ce ne sont pas tant les droits régaliens aocordés à la Compagnie par là Charte de 1627 et les Lettres d'Attache du Cardinal ajoutées aux Lettres Patentes du Roi, qui prouvent cette souveraineté , que la qualité que prend par exemple Marc Antoine de Bras de Fer, Sire de Chasteaufort, qui est désigné Lieutenant- Générât en V étendue du fleuve St. Laurent f en la Nouvelle-France, pour Mgr. le Cardinal duc de Richelieu &c. Après sa mort, la Compagnie languit et expira de pléthore et d'acracie* et Louis le Grand se mit en possession de pays beaucoup plus étendus que le reste de son empire. Richelieu a laissé son nom & plusieurs lieux de ce bord-ci de l'Atlantique.
Rigauville [Charles Régis des Bergères de] ecclésiastique canadien, ordonné prêtre le 20 Septembre 1749 avec six autres diacres, fut admis plus tard dans le chapitre de Québec, et mérita d'être connu par son dévouement pendant le siège de Québec et à la bataille de Ste. Foie. La religieuse qui nous a laissé une relation lui rend pleine justice. " Il [M. Briand] se chargea avec M. de Rigauville, Aumônier de notre maison, prêtre d'un mérite et d'une vertu distingués, d'administrer les sacremens aux malades et de veiller jour et nuit auprès des moribonds." Et elle ajoute à propos du combat de Ste. Foie : « M. de Rigauville voulut suivre le Grand-Vicaire sur le champ de bataille. Il n'était pas sans inquiétude ; Monsieur, son unique frère, et plusieurs de ses proches étaient dans l'armée. Ils eurent la consolation de voir l'ennemi tourner le dos et prendre la fuite." Le frère du chanoine est probablement le même qui, sous les Anglais,
red raerchants for traffic, both to tbe east and west, by sea and land ; and to this oompany, he comrnttted tbe whole trade of Canada, which roay be said to have been the source of the naval power of France. He also prudently résolve^ to mahatain thiee aquadrona of ships in constant pay ; two for tbe protection of tbe Freoch coasta, and the tbjrd, to retnain ready in tbe ports of Gascoi£Qe,lor eoAyqyin* the, French marchant ahipa trading lo Ct-
combattit à St. Jean et qui avait commandé au fort St. Frédéric. Le chanoine mourut le 26 Décembre 1780.
Robinsan (Sir John Beverley) ci-dëvant Pfocurètûr- Général, Président du Conseil Législatif, puis Juge-en- Chef du Canada Supérieur, né eu 1791, a été nommé Grand-Juge en 1829. Compagnon 1 Civil de l'Ordre du Bain en 1850, il a été créé Baronet du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande en 1854, en même temps que M. La Fontaine. On a de lui : Canada and the Canada Bill 9 London 1840, et sa correspondance avec le Très Honorable Sir R. Wilmot Horton au sujet d'un pamphlet intitulé : Ireland and Canada. Son portrait, par Hamel, fait partie de la Galerie des Orateurs.
Rohault de Gamache (Réné) de la Compagnie de Jésus, était fils du Marquib de Gamache, et entra dans l'ordre en 1625. Il offrit presque aussitôt au Père Mutis Vitelleski, Général, 6000 écus d'or pour la fondation d'un collège à Québec. Malgré la conquête du pays par les Anglais, ce beau projet ne fut qu'ajourné, et fut exécuté après le traité de St. Germain en 1635. Ce monument dure encore, mais les Anglais l'ont converti en caserne. Un drame qui y fut joué en 1658 pour la réception du vicomte d'Argenson, les disputes de philosophie qui y eurent lieu en 1666, et la charge de professeur d'hydrographie que le Recteur eut après MM. Joliet et Franquelin, prouvent que ce collège a prospéré, comme tous ceux de la Compagnie de Jésus.
Rolette (Frédérick) héros canadien, décédé en 1825, tour-à-tour fantassin, marin, artilleur, ouvrit la guerre de 1812 par un coup-de-main surprenant. Le 3 Juillet, cxunmancjant le briçantin Gênerai Hunter, ainsi baptisé en l'honneur dn Lieutenant-Général Hunter, qu'on trouve sur la liste ; des Lieutenant-Gouverneurs du Canada Supérieur, il aborda dans sa chaloupe et accompagné de six hommes seulement le Cayuga Pocket > goélette américaine montée par quarante nommes, y compris plusieurs officiers, et s'en empara. A la bataille nàvale du lac Erié entre Perry et Barclay, devenu commandant du Lady Prévoit par la mort du capitaine Buchanan, il continua à com naître avec une bravoure héroïque jusque à ce que, ayant été blessé dangereusement et brûlé considérablement par une explosion dé poudrë qtri tua'ou blei-
sa plusieurs de ses gens, jl lui fallut rendre à Penne mi . son vaisseau tout désemparé et prêt à couler bas. Dans une expédition sur terre, il commanda l'artillerie. Le Parlement Proyincial accorda une pension à sa veuve. Joseph Rolette, son frère, se trouva aux expéditions de Michiliinakinac et du fort Shelby.
Romain (Robert) contemporain , célèbre mécanicien canadien, inventeur de la charrue ou cultivateur à vapeur, l'a exposé à Paris, où il était conservateur des effets canadiens avec George Perry, dont les pompes à incendie Ont eu tant de succès. Quoique typographe de profession, Romain a consacré sa vie et son génie pour la mécanique à cet instrument, qu'il porta à Paris encore très imparfait. Il s T écoula plusieurs mois de travail incessant de la part de l'inventeur, avant de pouvoir en faire les premiers tssais. " La tentative frit finalement heureuse, dit le chevalier Taché, en autant que le mécanisme principal était concerné ; mais l'espace *de temps durant lequel le fonctionnement s'opérait, était limité à quelques minutes, en conséquence d'un vice d'application dans la construction de la chaudière à vapeur." Plusieurs ingénieurs et agronomes de distinction furent admis aux expériences, et ils furent d'avis que le principe de la machine était bon, et donnait la solution du problême de la charrue à vapeur 5 le point en défaut était une simple affaire de détail. Sur les nouvelles qui se répandaient de ces expériences, la maison CroskiU d'Angleterre expédia à Paris des agens qui offrirent à notre compatriote d'acheter son invention en exigeant qu'elle fut d'abord retirée du concours. La machine conserve dans" le contrat de vente le nom de Cultivateur Canadien à vapeur de Romain. Le mécanicien français Coré, auteur de l'Histoire de la Mécanique du XIXe siècle, s'exprimait ainsi au banquet spécial de l'agriculture, le 25 octobre 1855 : — " J'éprouve, messieurs, un bonheur que nous partageons tous, en apprenant que le problême de l'application de la vapeur à la charrue est complètement résolu par un mécanicien du Canada qui s'honore de son origine française. J'ai vu, ces jours derniers, fonctionner cette importante machine, cette charrue menée par la vapeur, et l'expérience laisse peu de chose à désirer."
Rottermund (le comte de) Inspecteur des Mines pour le ministère des Terres de la Couronne, a étudié les sciences naturelles à Paris et épousé en Canada une demoiselle de l'honorable P. D. Debartzch. On se souvient des attaques qu'il a dirigées en 1850 contre la réputation naissante de M. Hunt. Il s'est attaqué depuis à Sir W. Logan et a combattu la théorie de ce savant, qui prétend qu'il n'y a point de mines de charbon dans le Bas-Canada. Selon lui, il y en a à Québec et dans le District de Gaspé. Dans un voyage à Paris, 014 il a eu une audience privée de Napoléon III, il a soumis des échantillons aux sa vans Elie de Beaumont, Brogniart et D'Orsigoy, qui ont répondu qu'ils annonçaient la présence du chaibon dans les lieux d'où ils avaient été tirés. Outre deux rapports officiels en sa qualité d'Inspecteur des Mines, on a de lui Rapport géologique de M. de Rottermund à Son Honneur le maire' de Québec, sur la nature du minerai combustible qui se trouve dans la ville de Québec, Québec 1855.
Roux (Jean Henri Auguste) neuvième Supérieur du Séminaire de JSt. Sulpiçe à Montréal, et Vicaire-Général, fut ordonne prêtre le 5 juillet 1784», s'expatria durant la révolution et parvint en Canada le 1er Septembre 1794. Le gouvernement anglais, qui n'avait pas souffert que le Séminaire se recrutât en France, modifia ses volontés durant la révolution, et envoya en Canada ceux des prêtres proscrits qui étaient Sulpiciens, et beaucoup d'autres encore. Grâces, à cette détermination, la communauté du Canada vit venir à elle les meilleurs sujets de celle de Paris, — les Chicoineaux, les Roque, les Lesaulnier, 4es Rivière, les Houdet &c. M. Roux, qui était le plus éminent, succédai M. Brassieren 1798. Il eut à déployer une grande habileté dans ses rapports avec les gouverneurs au sujet de la propriété de la seigneurie de Montréal, que la Couronne disputait aux Sulpiciens, avisée par ses agens coloniaux surtout, imbu* de l'esprit de Sir James Marriot. Il leur adressa plusieurs Mémoires dans lesquels il met au néant les opinions non seulement des officiers coloniaux de la Couronne, qui n'ont guères été des jurisconsultes, mais âè ceux de l'Angleterre, — Sir Christopher Robinson, Sir Vicary Gibbs et Sir Thomas Plumer. Le Sécrétaire Ryland avait surtout 'X
ccfeur la spoliation des Sulpiciens ettraitait â%gràts
secrétaire militaire du due de Riçhemond " que les Ca^ nadiens étaient alarmés par la perspective de voir leur» plus anciens établissemens spoliés, et que les richesses
res et celle de M. d'Outremoot, magistrat, à Londres, en faveur du Séminaire, et passait à Paris, où il se procurait celle de Dupin. Ces opinions embarrassèrent singulièrement le pauvre Ryland, qui avertit à regret les> officiers de la Couronne d'être sur leurs gardes et de se remettre au travail sur la question légale. M. Roux eut ensuite avec l'évêque de Telmesse des démêlées dans les cruels il ne serait sans doute pas allé aussi loin, si le Gallicanisme eût à cette époque, autant que de nos jours r perdu de son influence. (*) De son côté, Plessis soutint son suffragant et menaça d'empêcher le Séminaire de se recruter. Ces difficultés purent contribuer à, précipiter la vieillesse du Supérieur, qu'il devint invalide et languit jusque au 7 avril 1831, jour de sa mort. — M. Roux n'écrivait pas toujours bien ; mais il était prédicateur, théolo-
(*) Nous mentionnons ici un fait que nous tenons de bonne source, et qui suaprendra peut-être nos lecteurs ; c'est que la, communication des Lettrés Apostoliques dont il fe'agit, fut offerte à Messieurs du Séminaire de Montréal au commencement de Mars 1831, et qu'ils ne daignèrent pas te & procurer. Elève du Séminaire de Montréal et comme tel rempli de reconnaissance et de respect pour tous les membres de cette illustre mah son, nous ne nous permettons aucune réflexion sur cette conduite extraordinaire; mais du moins est-il vraisemblable que si ces messieurs eussent pris connaissance de la pièce, ils auraient etr de quoi satisfaire cette portion du Clergé du District qui croit bonnement qu'on a touli en faire un mystère.— Le grand Vicaire Cadieux.
Mais heureusement pour ces deux évêques (de Rhésine el d* Rose) que ni la oure.de Longueuil, ni une certaine, vna ison , ne se sont rencontrées dans leur iuriaaictîon, emr alors, àdieû leur canonicité.
H.Bédari.
gieû et jurisconsulte profond, et tout le pays le regardait comme un homme du premier ordre. Les légistes anglais à gages le sentirent bien, ét lorsqu'il alla à Paris, accompagne de feu Messire John Jakson Richards, de ministre américain devenu Sulpicien, il fut reçu avec la plus grande distinction par ses confrères de la capitale. On a de ce Supérieur lo. La Vie de la sœur Bourgeois p&t M. de Montgolfier, Montréal 1818. Un traité des notes de PEglise, manuscrit. III. Ses Mémoires sur les droits du Séminaire. IV. Traité sur V Amovibilité des curés eh Canada, publié et augmenté parJMonseigneur Lartigûe, avec une réfutation des Notes de M, La Fontaine, avocat de M. Nau, sur l'inamovibilité prétendue des curés. 1 — Sa belle Lettre de 1812 pour porter les Canadiens, à uite levée en masse contre les Américains. Voyez Lartigue, Plessis.
Sablé (Du.) famille canadienne dont le premier menbre paraît être Adrien Dandonneau, Sieur Du Sablé. Les Edits et Ordonnances Royaux font foi d'un procès entre Demoiselle Du Sablé et le Sieur Radisson (nom connu dans les annales de la Rivière Rouge avec celui de Des Groseillers) au sujet de quelques îles du lac St. Pierre. Il paraît que le fief Du Sabbé, partie de la ville de Trois-Rivières, fut érigé en marquisat en faveur des Dandonneau, avant la conquête, et que les Hart en ont fait depuis l'acquisition.
Sackeuse, Esquimaux doué d'un courage, d'une droiture et d'une intelligence qui font honneur à sa race, né vers 1797, fut conduit à Leith en Ecosse, en 1816. Etant retourné l'année suivante dans son pays, on il n'avait qu'une sœur et -l'ayant trouvée morte, il renonça à sa patrie. Il étudia la peinture et le dessin sous Nasmyth, à Edinbourg, et fit des progrès. Il rendit d'éminens services dans le premier voyage de Ross dans les mers arctiques en 1818. Au retonr de cette navigation il passa à Londres et y attira beaucoup l'attention. L'Amirauté, qui l'appréciait, lui donna tous les moyens d'achever ou de perfectionner son éducation, et il s'y livra avec ardeur, mais en vain, Car il mourût en 1819 en dé-
pit des soins des premiers hommes de la profession médi* cale. Son sort rappèle celui de Keraboa, que mentionnent les Beautés de F Histoire d'Amérique. En 1796, y est-il dit, un gentilhomme canadien pénétra dans le Labrador, et dans ces régions incultes arrosées par la baie à laquelle le pilote Hudson donna son nom. Il visita les huttes de quelques cantons peuplés d'Esquimaux, demeura quelques jours au milieu d'eux, et s'en fit aimer par sa aouceur et sa complaisance. Il fit à ces Sauvages une telle peinture du bonheur que l'on goûte chez les peuples civilisés, qu'il parvint 4 émouvoir l'imagination, froide d'un jeune homme. Keraboa abandonna sa hutte, «es filets, son canot d'écorce et la Kéralite qui partageait ses tri vaux, pour suivre l'étranger à Québec. A la vue d'une cité régulièrement bâtie, de grands édifices, et de tous les prodiges de l'art européen, l'enfant de la nature est d'abord frappé d'étonnement et d'admiration. Le luxe des maisons et de la table, une foule d'objets dont il ne soupçonnait pas même l'existence, ravissent son esprit et entretiennent sa surprise. Mais, bientôt il s'accoutume : la vie molle des riches, l'esclavage des pauvres, cette bassesse et cette corruption de tous, maintenant viennent frapper ses regards. Il redemande ses rivières poissonneuses, ses monts glacés, l'indépendance de sa vie errante. Il court, il s'agite, il gravit les montagnes les plus escarpées : là, durant tout le jour, ses regards cherchent le pays où il a laissé ses frères, la compagne qu'il ne rever- Ta plus, ses lacs, son océan, sur lesquels il s'élançait dans un frêle canot, malgré les tempêtes. La nuit, il va s'étendre tristement au boid d'une rivière glacée, qui lui offre du moins une image de la patrie. Il verse d'amères larmes ; ses plaintes et ses soupirs troublent le silence des ténèbres, et le sommeil fuit loin de ses yeux creusés par la douleur. Enfin il devient la victime de son désespoir ; une funeste langueur dessèche ses viscères, et va Tarir dans son edeur les sources de la vie. Sa poitrine ne j peut être arrosée de larmes de ceux qu'il a laissés^ ni le sol natal recevoir ses os. Keraboa meurt sans songer à cette dernière consolatiou ; mais la cruelle pensée qu'il va s'endormir sous un ciel'étranger empoisonne ses derniers soupiri. • »*• ii* Sagard (le frère Gabriel Théodore) de l'Ordre dësFran-
ciscains Réformés, tfbi aida les Missionnaires Récollets et Jésuites chez les Huions, et dont on a : Histoire du Canada et Voyages que les f rères Récollets y ont faits 'pour la conversion des infidèles, oû est amplement trotté des choses principales arrivées dans ce pays depuis Pan 1615 jusqu?4 la prise fui en a été faite par les Anglais i "des biens et commodités qu'on en peut espérer : des mœurs j cérémonies, créances, lois et coutumes merveilleuses de ses habitons. Sagard est intéressant dans ses détails et écrit avec soin.
Salaberry, illustre maison canadienne issue des Salaberry, seigneurs d'Irumberry en Navarre, dès le XVe siècle, et alliés à la famille espagnole castillane de Sans- Per, dont un membre reçut Pépée de François 1er à Pavie. En France elle esi alliée aux maisons de Charost et de Lavaux. Un Salaberry figure sur les bancs de la noblesse dans un lit de justice tenu par Louis XV, comme on le voit dans les Edits et Ordonnances Royaux, et un autre a écrit PHistoire de l'Empire Ottoman, Paris, 1817, 4t vols. in-8vo.
Le premier Salaberry du Canada est Michel de Salaberry, qui vint à Québec en 1735 sur la frégate l'Angiesea,com mandée par le capitaine Gomain . Il y épousa dame Rouer de Villeray et devint commandant d'une flûte du Roi, puis lieutenant de vaisseaux, et est dénommé capitaine des vaisseaux du Roi dans un acte subséquent. De son mariage avec Dame Rouer de Villeray, il eut deux filles, et épousa en secondes noces Demoiselle Juchereau Duchesnay, dont 11 eut celui dont nous parle rons dans l'article suivant. Il fut fait Chevalier de l'ordre militaire de St. Louis en 1766 et mourut vers il 772.
II. — (L'honorable Michel-Ignace->Louis- Antoine de) Seigneur de Beau port, Commandant d'une division de Milice, était fils du précédent et père du héros de Chateauguay, et naquit en 1752. On a dit qu'il fut le premier élève admis au petit . Séminaire de Québec postérieurement à la conquête mais il ne dut pas y rester bien-< Ion gtems, si l'on en croit sa notice nécrologique, qui dit qu'il fit d'excellentes études en Europe. De retour en Canada, il marcha à la défense de la frontière, et fit à ses frais la campagne de 1775 et celle de 1776, puis le reste <le la guerre comme officier à pleine paye# En 1792, lors
de Pootroi de la constitution > de la Cité de Québec* et utt autre comté l'élurent à l'envi Député an Parlement Pkh vincial. Quatre ans plus tard, il fut fait Major du bataillon bas-canadien des Volontaires Canadiens Royaux, régiment de réguliers levé dans les deux Provinces. S.
A. R. le duc de Kent le fit nommer Surintendant des Indiens, et sa notice néchrologique loi attribue aussi la charge de Maître des Eaux et Forêts» En 1812, il fut utile avec son fils, le colonel St. George, le lieutenant-colonel D'Eschamhault et le major De Courcy, pour l'organisation de la Milice. Il forma et organisa le premier bataillon de Milice d'Elite et Incorporée à la Pointe-aux- Trembles, et marcha à la frontière, menacée par le général Dearborn. Ce vétéran avait été sommé an Conseil Législatif en 1810, sur la recommandation de Sir James Craig. Voici ce que ce gouvernement dit de lui : " A» the want of a suffident number of members of thîs Board ts attended toith great inconvenienee, particularly as to the sittings of the Court of Appeals, (*) / beg to recommend M. Louis de Salaberry lo suppty the deftciencif occasionned by tlie circumstance that has secured unth respect to Mr. Craigie, as well as by the necessity that gentleman is under of going home for the seulement of his accounts. Mr. de Salaberry is a very respectable CanaçLian Gentleman, whose best services have always been at the disposai of His Majestés government. He is amember ofthe House of Assembly and has been soin every Parliament since its establishment. He meant to have retired from it on the présent élection, but tvas induced to stand again at my désire" (Dépêche à lord Castlereagh). Aucun gentilhomme ne fit jamais de plus grands sacrifices pour le service de son prince.' A part des sommes considérables qu'il dépensa à la guerre, il eut quatre fils dans l'armée du Roi, et celui dont nous allons donner la notice survécut seul aux dangers des batailles. Le père mourut en 1826 à 76 ans.
III — (L'honorable Charles Michel d'Irumberry de)i C*
B. seigneur de Beaulieu, membre du Conseil Législatif, surnommé le Léonidas Canadien, vit le jour au manoir
1*3 Qui était composée alors des Juges en Chefs etd*€btas«ti*
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de Beauport, le 19 Novembre 1778* Il époasa Demoiselle Hertel de Ronville, et survit, comme on l'a déjà annoncé, la profession des armes ainsi que ses irères. Il servit d'abord durant onze année» aux Indes Occidentales sous Sir Robert Presoott et Sir Charles Grey. au siège du fort Matilda, sous Prescott, ce général le chargea, quoiqu'il n'eût que seiae ans, de surveiller l'évacuation de la forteresse par l'ennemi. En 1795, il servit à la tête des grenadiers à la conquête de la Martinique. Devenu Aide-de-Camp du générai baron de Rottemburg, il l'accompagna à l'expédition d'Anvers, et servit avec les troupes légères au siège de Flessingue. Il alla ensuite achever d'apprendre la guerre à la meilleure école, — sous lord Wellington, dans la Péninsule. IL servit au siège de Badajos, que l'ingénieur canadien de Léry avait fortifiée et y perdit un de ses irères ; il en perdit un autre à la fameuse bataille de Salaria an que ou des Arapiles, à laquelle il eut l'honneur de se trouver, ainsi qu'à la conquête de Madrid. Il était devenu Major du fameux régiment de troupes légères à quatre bataillons, 60e Rifles ou Royal Ameriean, fondé par le duc de Cumberlaod, dans lequel plusieurs Canadiens ont servi comme lui, quand les évènemens le rappelèrent dans son pays, où le peu de temps qu'il lui fallut pour former les Voltigeurs, lui fit le plus grand honneur comme organisateur. Lieutenant-Colonel, Commandant et Surintendant de ce beau corps, il fut aussi choisi pour être un des Chefs de l'Etat-Major de la Milice. Attaqué à Lacolle, à la fin de 1812, avec la garde avancée de M. D'Esohambault par 1400 Américains de l'armée de Dearborn, il combattit jusque au soir : en voulant le cerner, ils tirèrent les uns sur les autres, ce qui détermina bientôt leur retraite. Telle fut la première victoire de Salaberry et des Voltigeurs. Une partie de ce corps participa à la défaite non moins humiliante de l'armée américaine à, Chrystler's Farm. Dearborn et Wilkinson déjoués ainsi dans leurs projets d'invasion, il Testait le général Hampton. Salaberry, qui alla le reconnaître, embarrassa devant lui, les chemins d'Odelrown à l'Acadie, par des abattis. Après plusieurs escarmouches, l'Américain n'osant hasarder une action générale dans les bois, se retira à Four's Corner. Son adversaire fit une irruption dans son camp à la tète de 200 Volti-
^eurs et de 150 guerriers des tribus sauvages du Bas^-Ca* nada, et y sema le désordre, sans éprouver lui-même au* cune perte. Hampton, repoussé sur la route d'Odeltown, résolut 8agément d'opérer sa jonction avec son général en Chef en prenait la route de Chateauguay, xjui l'en rapprochai Vet qu'il croyait ouverte ; mais oh l'avait prévenu partout et les routes avaient été embarrassées et couvertes d'ouvrages de. campagne. Salaberry éiait trop sagace pour ne pas deviner ce point stratégique, vrai chemin par lequel Hampton devait chercher à se réunir à Dearborn. Le premier balayait cependant devant lui les piquets anglais, et le major Henry avait peine à le retarder, quand Salaberry opéra habilement un changement de position et se jeta sur la route pour faire face à ce général. Le héros Canadien, quiavait eu l'avantage àe reconnaître tout le pays au dessus de Chateauguay dans une incursion sur la frontière américaine, quelques semaines auparavant, remonta donc la rive gauche de la rivière Chateauguay pour gagner l'autre extrémité d'un bois où il savait qu'il y avait une excellente position, sur un terrain uligineux et coupé de ravins profond, sur quatre desquels il établit autant de lignes de défense l'une après l'autre ; la quatrième était à peu près à un demi mille en arrière et commandait sur la rive droite de la rivière un gué qu'il était très important de défendre afin de protéger la rive gaucjie. 11 fit faire sur chacune de ces lignes uue espèce de parapet qui s'étendait à quelque distance dans le bois, pour garantir sa droite. Le parapet sur la première ligne formait un angle obtus à la droite du chemin. Toute la journée fut employé à fortifier cette position, qui avait l'avantage de forcer l'ennemi, s'il était disposé à attaquer, de traverser une grande étendue de terrain inhabité et de «'éloigner de ses ressources ; tandis qu'au contraire, les Voltigeurs avaient tout à souhait et étaient bien soutenus, car en seconde ligne, après les Voltigeurs et les Indiens, venaient les Watteville. Sir George Prévost était en troisième ligne à Caughnawaga, pour s'opposer à la jonction des ur-r niées américaines, avec quelques troupes et la milice du. District de Montréal,; qu'il avait entraînée avec lui en descendant de Kingston. Salaberry borna point apn attention aux ouvrages ci-dessus. Il ordonna à un .parti
de 30 bûcherons de la division de Beauharnois-de se pointer en avant de la première ligne afin de détruire les ponts et de faire des abattis. Tous les ponts furent détroits sur l'espace d*une lieue et dejnie, et il fut fait un abattis formidable à environ un mille en avant de la première ligne, s'étendant du bord de la rivière à trois ou
• quatre arpens dans les bois, où il joignait, sur la droite, • une terre marécageuse ou sa va nue qu'il était presque impossible de passer. Les quatre lignes étaient ainsi complètement à couvert, et on ne pouvait pénétrer avec du
• canon. C'est à la force de la position, choisie et fortifiée de la sorte, non moins qu'a l'héroïsme, que fut due la victoire qui devait suivre. Les tatens et l'habileté d'un commandant ne se distinguent pas moins, sans doute, dans le choix et l'emploi de son terrain avant le combat, que dans la disposition et ta conduite des troupes au fort de la mêlée. * Aussi le Général-Major de Watfceville, qui vint voir le camp de Salaberry, approuva-t-il toutes ses dispositions. Il y eut d'abord quelques escarmouches, à la suite desquelles les travailleurs et leur escorte retraitèrent au camp a environ deux lieues au dessous du confluent de la petite rivière des Anglais et de celle de Château guay, appuyé à gauche à la rivière Chateauguay, en front et à droite par les abattis et des espèces de chevaux de frise. Le 24 Octobre, ayant ouvert un large chemin à travers les bois et les marécages jusque à la distance de quatre à cinq milles du campement canadien, dans lequel Salaberry, à la tète de 300- Voltigeurs, Fencible et ' guerriers de race rouge, venait d'être renforcé par quelques compagnies de la milice sédentaire, le général américain, qui s'avançait & la tête de 7000 fantassins, 400 chevaux et 12 canons, envoya durant la nuit Ve Colonel Purdy, pour s'emparer du gué et tourner la position ; mais cet officier s'égara dans les bois. Le lendemain Hampton s'avança lui-même vers les abattis avec 3500 hommes, et en donna 1500 k Furdy pour tenter de nouveau de tourner lea Canadiens, laissant en réserve le reste de ses troupes. Salaberry, averti de ee mouvement par le feu fait sur les piquets avancés, voyait maintenant devant lui un ennemi avec lequel il s'était deux fois efforcé d'en venir aux mains ; il marcha en ava 2t donna le signal du combat, se plaçant lui-même c* centre de
!a première ligne, et confiant la seconde au Lieutenant- Colonel McDonell, le même qui avait pris Ogdensbourg. Le feu fut vif de part et d'autre, mais mai dirigé d'abord par les Américains, vils tirèrent mieux ensuite ; cependant, entendant sans cesse k son des cors placés à différons intervalles, ils crurent que les Canadiens s'avançaient sur eux en grande force, et leur ardeur se ralentit. La colonne du colonel Purdy, parvenue au gué pendant le combat, fut re poussée et mise en désordre par Salaberry, qui avait porté son attention de ee côté-là. Voyant son plan déconcerté par la défaite de cette division, Hampton prit le parti d'ordonner la retraite. Salaberry coucha sur le champ de bataille et, le lendemain au point du jour/il fut rejoint par la compagnie des Voltigeurs du capitaine De Rouville, son beau-frère , les grenadiers Watteville et quelques guerriers indigènes. Le 28, il envoya en reconnaissance, le capitaine Ducharme, héros de Beaverdam, et 150 guerriers, qui s'assurèrent que l'armée américaine avait abandonné son camp de Piper's Road pour retourner à Plattsburg. Wilkinson, qui était à Cornwall, ayant appris la défaite de son collègue, se retira à la Rivière aux Saumons et s'y fortifia. Chateauguay permit encore au baron De Rotteniburg, puis à Sir Gordon Drummond, son successeur, de reprendre l'offensive dans le Canada Supérieur. La Grande-Bretagne commémora la victoire par une médaille d'or, les Voltigeurs reçurent solennellement des drapeaux ornés de devises, et Salaberry, outre là Médaille, eut l'Ordre du Bain transmis avec une lettre autographe de S. A. R. le Prince Régent. Les deux Chambres du Parlement Canadien lui votèrent les remercimens du pays. Les Voltigeurs eurent encore part à la seconde victoire de Lacolle, en Mars 1814. De la carrière des armes, Salaberry passa à celle de sénateur ; il fut sommé au Conseil Législatif en 1818 en même temps qus Mgr. Plessis. Il mourut à Chambly, le 26 Février 1829, à 51 ans, et fut inhumé dans l'église neuve du lieu, qui a remplacé celle que le feu détruisit en 1806. On doit au Commandeur Viger son portrait, peint en 1824 par Dickinson et gravé par Durand. Salaberry est représenté revêtu de l'uniforme des Voltigeurs, décoré de la Médaille de Chateauguay et de la Croix du Bain, le sabre sous le bras. On voit aussi
les armes do sa famille. L'écusson de notre compatriote potte le motto qui convient au parfait chevalier : Force à Superbe ; Mercy à Faible» Un médaillon représente un combat en plein bois. Sur un tronc d'arbre renversé est écrit : Château guay, 26 Octobre 1813. Un serpent se mordant la queue, symbole de l'immortalité, entoure le médaillon. Quant à la Médaille anglaise de Chateauguay, on y voit la Grande-Bretagne tenant à la main une palme et couronnant un lion couché à ses pieds. Sur le revers est gravé, Chateauguay. Salaberry aurait été un merveilleux officier de troupes légères même dans les armées de Bonaparte, et serait certainement parvenu aux premiers grades. On l'a admirablement peint en deux vers :
Au camp, Léonidas, au champ, Cincinnatus :
Thémistocles, au Conseil, à table, Lucullus.
Son fils, est Député Adjudant-Général de la Milice pour le Bas-Canada. On connaît encore l'honorable Melchior Alphonse, sommé au Conseil Législatif en 1897, et Charles, qui a été employé dans l'expédition exploratrice dernièrement organisée à la Baie d'Hudson. On trouve sur le héros canadien dans P Héroïne de Château guay par H. E. Chevalier, des détails qui ne sont pas sans intérêt;
Sarrasin (Michel) membre de l'Académie d»S\ Sciences, Médecin du Roi de Québec et Conseiller au Conseil Supérieur, épousa en Canada Marie-Anne Hazeur, et en eut un fils qui étudia à Paris et qui devait avoir la survivance de sa charge ; mais il mourut dans la métropole en 1739. Au Conseil Souverain -, Sarrasin fut garde du. Sceau du Roi en 1733, après le conseiller Delino. Il mourut a Québec le 9 Septembre de l'année suivante à 75 ans. Charlevoix s'étonnait de voir dans un colon me un homme d'un mérite aussi universel. On a de lui : lo Descriptio?i du Castor dans les Mémoires de l'Académie des Sciençes, année 1704, page 48.. II. Une lettre hur les eaux minérales du Cap de la Magdeleine dans les Mémoires de Trévoux, année 1736, page 956. III. Description du Rat d'eau d Amérique ou rat musqué dans les Documens de Paris, et la description de la plante qu'il découvrit, et qu'il appela sarracenia purpurea, description
copiée par Charlevoix, Sa famille s'est perpétuée dans le pays.
Sebron (T.) peintre Canadien contemporain.— Son plus beau morceau est la fkmile royale d'Angleterre dans la chapelle du château de Windsor, peint pour le roi de Hollande. Un premier groupe se compose de la reine, du prince Albert et du chapelain, qui s'avance au devant d'eux la tête un peu inclinée. Sur sa figure le respect pour sa souveraine s'allie bien à la gravité et à cette expression de bonté et de mansuétude qui sied à son ministère. Derrière la reine, se trouve un autre groupe composé du duc de Wellington et de deux dames d'honneur et derrière ceux-ci on reconnaît Sir Robert Peel. Cet intérieur de chapelle gothique toute pavoisée, est du pins bel effet ; la lumière entrant par les vitreaux coloriés, répand ses plus chatoyantes teintes sous ces voûtes imposantes, qui s'étendent au loin ; elle se joue bien dans les boiseries en estompe les sculptures et donne au tout un magnifique relief. Ainsi deux artistes canadiens, Sebron et Falardeau, nous font honneur en Europe. Sebron est mentionné comme habile peintre décorateur dans un des Manuels de l'Encyclopédie Robret.
Seikirick (Thomas Alexander comte de) mort en 1820, est connu comme fondateur d'une colonie à la Rivière Rouge et par des écrits sur la politique.— Voyez Alexandre Bibaud, Stuart.
Serigny (Joseph Le Moine, Sieur de) frère du chevalier D'iberville et marin célèbre, naquit le 22 juillet 1668. Il prit part aux actes de son frère à la Baie d'Hudson, et servit plus tard à la Louisianne et en Floride. Il repoussa Don Alonzo Carascosa do l'île Dauphin et prit Pensacola en 171$. Il mourut en 1734, gouverneur de Rochefort. Jean Honoré le Moine- de Serigny, peutêtre son fils, fut exécu taire testamentaire de M. de Bienville ex-gouverneur de la Louisianne, et mourut la- 17 août 1792, laissaint un fils, Henri Honoré, ingénienr maritime, mort en 1818, et une fi Me connue sous le nom de Louise Claire de Brouillac de Prim.
Àmédée Honoré Ferdi nand Marie Le Moine de Serigny, petit fils de Jean Honoré, mort à son château de Luret le 31 Mars 1843, brilla à l'Ecole Polytechnique, où il remporta plusieurs prix, et devint officier supérieur
.mit aussitôt à assister les naufragés des autres vaisseaux. " M. Rouer de Villeray, écrivait le Consul Général de France en Andalousie, s'oubliant lui-même pour soigner ses compagnons' d'infortune, a prouvé en cette circonstance, combien il sait allier les devoirs de l'humanité à la fermeté d'un officier." Il n'avait pourtant que vingttrois ans. Ce fut lui qui fit rapport sur la perte du vaisseau. Enseigné sur le Héros, puis sur VArgonaulo Venudor, sous les capitaines Begon et Billiet, de 1806 a J808, il combattit sous Rosilly et partagea &a captivité. Le capitaine Billiet le mentionna avantageusement. Prisonnier dans l'île affreuse de Cabrera, il dut sa liberté a l'amiral Sir Charles Cotton, qui le débarqua à Campo, sur la côte de Calabre. Lieutenant et sous-adjudant de la flotille de Boulogne, en ISli et 12, il combattit dans trois affaires. Le fameux contre-amiral Baste ayant demandé en vain pour lui la croix de légionnaire, se l'attacha en qualité d'aide-de-camp à la'grande armée, et ce fut lui qui fut chargé du transport par eau à Kœnigsberg, Tilsit, Wehlau et Kowno. 11 échappa à la campagne de Russie, et le 19 Mai 1813, l'amiral Missiessy le débarqua du Duguesclin à Gorcum, pour y commander l'artillerie : il tomba entre les mains des Prussiens, après une glorieuse défense. Trois fois la croix avait été demandée pour lui, et trois fois Napoléon l'avait refusée. Louis XVIII la lui donna le 18 Août 1814. Il accompagna en qualité de lieutenant M. de Viella, capitaine de VHermîcme, qui conduisait au Brézil l'ambassadeur de France. Lieutenant de la Duchesse (TAngoulême sous M. de Villemagne, durant les cent jours il abandonna M. de Vaugirard, Gouverneur-Général des Iles Sous le Vent, et conduisit le vaisseau au Roi, qui le créa capitaine du brick YEcureuil-, sur lequel il mourut de* fièvres au Sénégal, en 1817. Sa mère le suivit de près et laissa pour unique héritière Marie Jacqueline Joséphine Rouer de Villeray, chandinesse honoraire du Chapitre Royal de Ste. Anne.
Vincenncs (M. de) officier canadien qui fonda sur les bords de l'Ouabache en 1717,1e fort Vincennes, devenu dé nos jours un poste américain important, et une ville scopale ; il commanda depuis chez les Miamis et «'était signalé en 1704 par un acte héroïque qui est raen- ♦ionué dans Que dépêche du Marquis de Vaudreuil.
Waller (Jocelyn) frère de Sir R. Waller, Baronet à Newport, comte de Tipperary, en Irlande, vint malgré lui en Canada en 1807, et perdit tout ce qu'il avait dan» un naufrage. Mais ses talents lui permirent de se faire jour. Ami des Canadiens, il rédigea avec indépendance la Gazette de Montréal, puis fonda le Spectateur Canadien pour les aider à repousser l'Union., sous Dalhousie. Ce gouvernant le persécuta, aidé de James Stuart, qui avait changé de politique. Les arrestations, les cautionmens exigés et les procès se suivaient de près, et quand un jury Pacquitait on en choisisait un autre, a-t-on-dit. Ces tracasseries le conduisirent au tombeau en 1829, au moment où il allait hériter de son frère. Il ne paraît pas qu'on lui ait érigé le monument dont parle Isidore Lebrun dans le Tableau des Deux Canadas, bien qu'il l'eût plus mérité que d'autres pour qui on l'a fait. Son fils hérita des titres de son oncle.
Walsh (William) premier archévêque d'Halifax, décédé en 1858 â 54« ans, était né en 1804 à Waterford en Irlande. Coadjuteur de Mgr. Frazer. Vicaire Apostolique de la Nouvelle Ecosse en 1842, il lui succéda, devin t évéque d'Halifax, puis archévêque en 1852. lia été présent au premier concile de Québec, où les évêques du Golfe était obligés de se présenter avant l'érection d'Halifax en Métropole, Il a depuis assemblé le premier concile de sa province, qui comprend les deux èvôchés de Terre Neuve, ceux de Charlottetown, d'Arichat etc. Le Diario di Roma dit que ce prélat possédait le français, l'italien et les langues anciennes, et qu'il était considéré comme théologien et littérateur de première force. Halifax lui doit un beau collège.
Weld (Thomas) Cardinal de l'Eglise Romaine, né à Londres le 22 Janvier 1773. hérita d'une grande fortune i^t épousa à 23 ans la fille d'un riche seigneur anglais. Elle mourut en 1815, laissant une fille qui épousa ei> 1 S 1 8 lord Clifford. M. Weld renonça au monde et fut ordonné prêtre à Paris, par Mgr. De Quélen, en 1821. 11 desservait la chapelle de Chelsea à Londres. Mgr. McDonnell l'ayant demandé pour Coadjuteur en 1826, il fut sacré sous le titre d'évêque d'Amyelée au mois d'août,
et s'occupa en Angleterre, jusqu'en 1830, des affaires du Canada, où il désirait se rendre. Mais étant passé à Rome, après avoir recueilli les jésuites de France au château de Lullworth, il fut agrégé au Sacré collège par Pie VII. Il mourut dans la capitale du monde chrétien le 10 avril 1831, après avoir eu des voix pour la papauté.
William Henry (le prince) fils de George III, visita le Canada en 1787, et donna son nom au bourg de Sorel. C'est le même qui devint Grand Amiral, puis roi sous le nom de Guillaume IV. Le prince Henri était un vrai mousse, le duc de Clarence , un bon marin, et Guillaume IV, un roi populaire. Il s'était trouvé à la bataille navale du Cap St. Vincent. L'amiral Don Juan de Lan gara, qui y fut vaincu et pris par Rodney, s'écria, en le voyant,
tissage méritait bien de vaincre !
Williams (Sir "William Fenwick de Kars) Général Major, Commandeur de l'ordre du Bain, Baronet du royaume Uni, gouverneur de Woolwich et membre du parlément pour Calne, en Angleterre, grand Croix de la Légion d'Honneur en France, Muchir ou Maréchal de l'armée Ottomane et dignitaire de l'ordre de Medjidié, est né à Annapolis dans la Nouvelle Ecosse en 1800, Son frère ainé fut tué à la bataille de la Nouvelle Orléans en 1815. Placé à l'école Militaire de Woolwich par l'influence de S. A. R. le Duc de Kent, il entra d'abord dans l'artillerie, et servit plusieurs années comme artilleur et ingénieur dans le royaume de Céylan. Il se rendit ensuite en Turquie pour aider à la réorganisation de l'artillerie du Grand Seigneur. Au bout de quelques années, tl fut nommé Commissaire pour régler les frontières de la Turquie et de la Perse, mission qui l'occupa pendant neuf uns. Il assista aux Conférences qui préludèrent aux ♦ mités de 1847 et 1848 entre ces deux puissances et l'Angleterre. Nommé Commissaire anglais à l'armée turque ai 1853 avec le rang de Brigadier Général, il succéda ùentôt au général français Guyon à la tête de l'armée jl'Asie, éleva les remparts de Kars et les défendit durant Ijuatorze mois contre l'armée russe, sur laquelle il rem- !*>rta deux victoires. Après la seconde, qui coûta neuf Jnille hommes et une partie de ses drapeaux à l'ennemi, je général Mouravieff fut obligé de lever le siège ; mais
ne renonça pas à un blocus rigoureux. Aucuns soldat* n'égalent les Turcs et les Espagnols dans les privations qu'ils peuvent endurer derrière une muraille : Williams en profita, et ne se rendit qu'après avoir consumé les dernières ressources et s'être assuré que les opérations d'Omer Pacha pour le dégager seraient sans effet. " Général Williams, lui dit Mouravieff, vous vous êtes fait un nom dans l'histoire, el la postérité s'étonnera de la constance, du courage et de la discipline qu'il a fallu aux débris d'une armée pour une pareille résistance ! " Les Turcs furent traités avec bonté et le général fêté à l'armée et à St. Petersbonrg. A Berlin il fut reçu par le roi et le prince royal à la tête des troupes, et à Paris, Napoléon III voulut le décorer lui-même du grand cordon de la Légion. Sa souveraine l'avait déjà nommé Général- Major avec le rang local de Lieutenant-Général en Asie. En le créant Baronet, elle a voulu qu'il prît le titre de Kars. Le Parlement lui a voté une pension de mille louis et # il a été fait gouverneur de Woolwich." Sa patrie, qu'il vient de visiter ainsi que le Canada, lui- à présenté une épée d'honneur. Son passage à Toronto, Kingston, Montréal et Québec n'a été qu'une continuelle ovation.
Wolfe (James) tué a 34 ans aux plaines d'Abraham, était fils d'un Lieutenant-Général. Il se trouva à Fontenoi, montra son talent pour la guerre dès Pâge de 20 ans et fit avec éclat comme officier la guerre de Germanie- On l'employa aussi à Rochefort et contre l'île d'Aix, où il se lia d'amitié avec le fameux marin Howe, qui commençait comme lui sa réputation. A Louisbourg sous Amherst, il retira une bonne partie de la gloire de l'entreprise, et lord Chatham, qui avait été soldat et qui savait choisir les hommes, le chargea de l'attaque de Québec. Il s'empara d'abord de l'île d'Orléans et de la Pointe Levi, d'où il ruina la basse ville par son artillerie et ses bombes. Tout cela ne lui aurait pas assuré la victore si, après l'irréussite de Moutmorency contre le camp retranché de Beauport, qui couvrait Québec, son esprit se fût trouvé au bout de ses ressources ; mais on sait comment il tourna ce camp inexpuquablè en surprenant l'anse du Foulon mal gardée par M. de Vergor, et déboucha dans les plaines d'Abraham, attirant son advèrsaire à une action pour laquelle il n'était point préparé; -et qu'il
accepta avec trop de légèrté. Avant cette action d'éclat tous les officiers s'étaient prononcés dans un conseil de guerre pour l'abandon de l'entreprise sur Québec. Wolfe leur dit — voyant bien qu'il ne gagnerait rien en s'opposant au torrent de l'opinion : que loin de différer de sentiment avec eux, il avouait qu'il était inexpédient en effet de demeurer plus longtems devant la place ; qu'aussi dans la proposition qu'il allait leur faire, il voulait se dépouiller de la qualité de général pour se confier uniquement dans leur amitié ! Messieurs continua-t-il, la gloire de nos armes exige, selon moi, que nous ne nous retirions pas sans un dernier effort, et je. vous conjure d'y consentir. Je sens bien que, dans les circonstances où nous sommes, il faut que le premier pas nous mette aux portes de Québec. C'est dans cette vue que je veux tenter de pousser un corps de 150 hommes seulement qui devront pénétrer par les bois de Sillery et être suivis de l'armée eu cas de succès. Je vous promets que si ce détachement éprouve de la résistance, je.regardçrai la réputation de l'armée comme assurée contre tout reproche, et que je n'hésiterai plus à donner le signal du départ." Wolfe blessé et entendant crier: Us fuient, demanda: Qui so?it ceux qui fuient ? Les Français, répondit-on. AIoîs ce capitaine s'écria : Quoi déjà ! je dais donc mourir content. Québec se rendit après la bataille, et sa chûte amena celle de tout le Canada. Wolfe eut les honneurs de Westminster, et dans ce pays, lord Dalhousie, (ord Ayîmer et Sir Benjamin D'Urban lui ont élevé des monuments. Celui de lord Dalhousie est commun a Wolfe et à Montcalm. Le monument de Woffe à Westminster est placé dans la chapelle St. André vis-àvis de celui du Field- Marshal lord Ligonier. Les bossages représentent les troupes anglaises gravissant le rocher et saisissant le défilé confié à M. de Vergor-ret plus loin, la forteresse. Qn voit sur une autre face* du mausolée Wolfe blessé à mort. Un soldat le soutient, et; à côté est un sergent stupéfait. L'artiste a représenté la figure, de la victoire couronnant le héros.
Yarke (Charles) Procureur-Général d'Angleterre qui
présenta en 1666, de concert avec le Solliciteur-Général William De Gray, au sujet de l'administration de la justice en Canada, ce rapport mémorable et plein d'une noble équité, oû il déplore le parti pris d'administrer ce paysr sans les Canadiens, et où il proclame que les Anglais qui veulent y acquérir des biens-fonds peuvent fort bien se soumettre au mode français de transfert, et que le Canada doit être régi par la Coutume de Paris, comme les Iles de Jersey et de Guernezey le sont par celle de Normandie. Il devint Chancelier d'Angleterre.
Youville (Marie Marguerite Du Frost de la Je m me rai s, Veuve D') fondatrice des Dames Grises ou Sœurs de Charité, naquit à Varennes en 1701 d'un marin breton et d'une mère canadienne, et épousa elle-même en 1722 M. d'Youville. Mais étant devenue veuve en 1730, avec deux enfans qui, plus tard, entrèrent dans le sacerdoce, elle ne songea plus qu'à se consacrer aux bonnes œuvres et elle commença par visiter les malades à domicile, et par recevoir quelques estropiés dans sa maison. Bientôt plusieurs saintes filles, (Thérèse Lasser Laforme, Catherine de Rinville, Agathe Véronneau, Marie-Louise Thaumur de La Source et Catherine Demers-Dessermont) s'étant jointes à elle, Madame D'Youville étendit le cercle de ses charités ; et le zèle intelligent qu'elle mettait a toutes ses actions, la désigna aux Sulpiciens pour prendre la direction de l'Hôpital-Général. En 17^7 Mgr. de Pontbriand, le Marquis de Beauharnois et l'Intendant Hocquart acceptèrent la démission des Frères Jean et Joseph, derniers Hospitaliers, et la mirent provisoirement en possession de l'Hôpital ; mais aussitôt il se forma une cabale fâcheuse contre elle parmi les plus honorables habitans. Le gouverneur de la ville èt les autorités se liguèrent, dit-on, pour la faire expulser ; et le peuple, ingrat et égaré, se livra à d'incessantes insultes contre elle. Malgré les infructueux efforts des Frères Charron, on tenait par patriotisme à perpétuer cet ordre canadien. La clameur fut telle, que les trois dignitaires susnommés unirent les biens de l'Hôpital à celui de Québec sur l'ordre du ministre Rouillé. Cependant la Cour de Versailles, sur les représentations énergiques de Madame D'Youville, se ravisa et donna ordre de suspendre cette union ; et le 28 Septembre 1752, Pontbriand, Duquesne et Bigote
ia substituèrent finalement aux Hospitaliers en par elle &e chargeant des dettes de l'Hôpital. Cet abandon fut confirmé par Lettres Patentes l'année suivante. Je trouve ces pièces dans la nouvelle édition des Edits et Ordonnances Royaux. Depuis 1756, jusque à 1760, cette sainte femme ouvrit la Salle des Anglais pour le traitement des prisonniers de cette nation, quoiqu'elle fût très mal remboursée par l'Intendant Bigot, et s'acquit tellement leur estime, qu'en 1759, ils la firent traiter selon son mérite et avec une sorte de vénération par le général Amherst lui-même. Elle en avait sauvé plusieurs des mains des Iroquois. Eu 1765, un incendie vint réduire sans ressources les 118 personnes dont elle prenait soin. Cinq ans après cependant, les bâtimens étaient reconstruits et agrandis, et elle y recueillait 170 personnes. Elle adopta encore les enfans trouvés et ouvrit enfin un refuge pour les repenties. Aujourd'hui le Canada possède des institutions pour chaque misère humaine. Du temps de la Mère D'Youville il fallait qu'une seule fit tout. Elle mourut en odeur de sainteté en 1771. Messire Thavenet, Sulpicien d'heureuse mémoire, a laissé une vie manuscrite de cette femme forte, écrite sur des notes d'un de ses fi 1s, et l'abbè Faillon, de la môme société, en a publié une qui est pleine d'intérêt. Il y a un excellent portrait de cette Canadienne par William Von Berczey.
Zani (Les frères Antoine et Nicolas) nobles Vénitiens qui visitèrent la côte du Labrador l'an 1390, sous les auspices de Zichmi, Duc de Friselande, et qui écrivirent une relation. Le cardinal Zurla parle de cette entreprise , ainsi que le chevalier Hamilton Smith, dans son Histoire Naturelle de l'Espèce Humaine. .