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‘Quelques années après lui, Prudhomme, élève de Talma, le grand mime, dirigea les amateurs canadiens à Montréal. Messieurs Quesnel, fils, ont figuré dans la politique. Feu Jules Quesnel, Ecuier, doyen des échevins de Montréal, fut, ainsi que Le suivant, un des chefs du parti canadien, du temps que ce parti conservait de la modération. Il fut du Conseil Spécial.--L’honorable Frédérick August2 Quesnel, connu par la pureté remarquable de son/lansage, a brillé au barreau et au Parlement, où il s’opposa à l’Union en 1823. Elu par le collége électoral de Montmorency après l’accomplissement de cette révolution pohtique, il a été appelé à la chambre haute en 1848.
Quevillon [Louis] né en 1749, décédé le 9 Mars 1853, à St. Vincent de Paul, lieu de sa naissance, est loué dans la Bibliothèque Canadienne pou: avoir fait revivre en Canada la sculpture en bois et l’art architectonique, à la fin de la domination française ou sous les Anglais. Il dut l’idée de cultiver son talent à des amis éclairés. Ayant mis la main sur le traité et les plans du maître italien Vignole, il en tira un immense profit, ouvrit une classe du soi, et forma d’excellens élèves, entre autres Pepin et Labrosse. I] orna à neuf l’ancienne église paroissiale de Montréal et d’autres temples d’un bout du pays à Pautre. Une partie des sculptures de l’ancienne église paroissiale et le baldaquin entier du maître-autel, sé retrouvent à N. D. de Bonsecours.
Queylus [Gabriel de] docteur en théologie et Abbé de Loc-Dieu, premier Supérieur et seigneur de Pile de Montréal, où le Séminaire nommait le Gouverneur, le balli et les curés de l’île, appartenait à une maison influente : on connaît Queylus, favori de Henri III. L'abbé de Queylus travaillait dans le Vivarais à convertir les Calvinistes, avant que M. Olier ne l’énvoyât en Canada avec les premiers Sulpiciens qui y vinrent, en 1657. Il avait déjà été proposé pour être évêque du Canada et supplanta le Supérieur des Jésuites dans la qualité de Vicaire- Général de l'archevêque de Rouen au gouvernement spirituel.du pays. Il fit suspendre la construction commencée de la célèbre chapelle de N. D. de Bonsecours ; mais il approuva que Marguerite Bourgeois :allât choisir des compagnes en France. Ses pouvoirs de Grand-Vicaire furent bientôt restreints à l’île de Montréal, le Supérieur
des Jésuites ayant reçu de nouvelles Lettres pour Qué bec. Il continua ses travaux, augmenta la population de Ville- Marie, et chercha à y attirer les Hospitalières de Québec. À l’arrivée de François de Laval Montmorency en Canada, 1l cessa tout acte de jurisdiction et alla à Québec pour le saluer ; mais l'archevêque de Rouen, qui prétendait demeurer l'ordinaire du Canada, lui ayant expédié de nouvelles Lettres de l’aveu, dit-on, de la cour de France, il fit part au Vicaire-Apostolique de sa résolution de s’en prévaloir. Mais si la cour de France donna véritablement de la contenance à Fraüçois de Harlay, ele dérogea presque aussitôt à ses premières intentions, et ordre fut donné au vicomte d’Argenson d'empêcher les Grands- Vicaires de l’archevêque de Rouen d'exercer aucune jurisdiction en son nom. À la faveur d’une lettre de cachet qui lui avait été expédiée à l'effet de faire re passer PAbbé de Queylus en France, le Gouverneur alla en personne le saisir à Montréal à la tête d’un parti de soldats. Mais abbé devait donner beaucoup à faire à Mgr. de Laval. De France, il se rendit à Rome, où il obtint du pape, avec l’aide du cardinal Bagni, ancien Nonce en France, une commission pour ériger une cure à Ville-Marie et en être le premier curé, puis partit de nouveau pour le Canada. T’obtention de cette commission n’était pas un bon office rendu à Mgr. de Laval, et on peut se demander de plus si l’abbé de Qu2ylus ne défiait pas l’autorité du Roi, qui avait fait repasser en France : il lui fut même signifié en vain une nouvelle lettre de cachet lui défendant de sortir de France. Arrivé incognito à Québec, il alla cependant voir Mgr. de Laval, et n’ayant pu obtenir son agrément, sans doute parce que le prélat jugeait que l’obtention à Rome d’une commission par M. de Queylus était due à une impétration obreptive, il partit de nuit en dépit des monitions du Vicaire-Apostolique. [1 fut alors déclaré suspens et de nouveau expulsé. Ce fut au grand détriment de la Colonie de Montréal, qu’il avait beaucoup augmentée et à laquelle, on ravit en son absence, ses plus beaux priviléges, tels que ceux de la nomination des officiers de la justice et du gouverneur par les seigneurs. Mais Mer. de Laval finit par consentir au retour de M. de Queylus en Canada, lui rendit ses bonnes grâces et l’établit même Grand-Vicaire. Il per-
mit enfin aux Sulpiciens de se joindre aux Jésuites pour prêcher l'Evangile aux Nations, œuvre qu’il avait jusque alors obstinément réservée aux premiers, au préjudice du but de l’association des Messieurs et Dames de la Compagnie de Montréal. En 1672, M. de Queylus avait porté à 1500 âmes le chiffre de la population de Ville-Marie. Il s’intéressa aussi à l’instruction des Sauvages des deux sexes. L’abbé Faïillon l’a lavé avec succès de l’accusation de jansénisme portée contre lui, sinon de celle d’avoir été un ecclésiastigce fort turbulent. Mais cet esprit d’intrigue qu’on peut bien attribuer à M. de Queylus, la prédilection de Mgr. de Laval »our les Jésuites, ses précepteurs, et la jalousie des attentats contre son autorité, très forte chez ce prélat, ne suffisent point pour rendre compte de tout ce qui se passa, si on ne remonte à la jalousie que la Compagnie des Cent avait conçue de celle de Montréal, dans la crainte que ses vassaux ne devinssent plus puissans qu’elle. En 1666, Ville-Marie était plus peuplée que Québec, où l’on cherchait fort à retenir les recrues de toute sorte destinées pour l’île de Montréal : celà explique la conduite du vicomte d’Argensôf, puis de M. de Mesy, quoique la Compagnie des Cent n’existât plus sous ce dernier. Québec et Montréal se regardaient avec des yeux jaloux ; rivales elies étaient, et le sont encore.
Quiblier (Joseph Vincent) dixième Supérieur de la Communauté de St. Sulpice à Montréal, mort à Paris après avoir desservi l’église française à Londres, fut ordonné prêtre en 1819, et vint en Canada en 1825. Ilfut Principal du collége de Montréal après le vénérable M. Roque, Vice-Supérieur durant la longue maladie de M. Roux, et lui succéda à sa mort, en 1831. Il fonda plusieurs écoles, améliora l’enseignement de la Congrégation introduisit en Canada les Frères des Ecoles Chrétiennes, et obtint de l’Angleterre la confirmation finale des titres des Sulpiciens aux seigneuries de l’île de Montréal, de St. Sulpice et du lac des Deux Montagnes. Les Irlandais lui doivent aussi la spacieuse église de St. Patrick. On lui doit de bons traités d'histoire sacrée et profane à l'usage du collége. Doué de tous les avantages de lesprit et du corps, distingué dans ses manières, il était estimé et recherché des gouvernans, et entouré d’attentions
par les principaux citoyens anglais, avec lesquels il concourut aussi bien qu'avec les Canadiens, toutes les fois qu’il s’agissait de zèle civique. Les incendiés de Québec en sentirent les effets. Ses sermons, en eux-mêmes remarquables, fesaient peu d'impression ; mais ses conférences de. la neuvaine annuelle de St. François-Xavier plaisaient davantage par l’abondance de traits historiques bien choïsis qu’il y répandait : on aurait pu les recueillir comme modèles d’érudition. Il n’est pas indigne de remarque que le Supérieur de St. Sulpice jouissait du privilége de donner an peuple la bénédiction papale le jour de la clôture de la neuvaine. Un grand nombre de prélats,—Messeigneurs de Forbin Janson, Fenwick, Raïzey, McDonell et Gaulin, Provencher et le R. P. Vincent, Supérieur des Trappistes de la Nouvelle-Ecosse, ont éprouvé l’agrément de sa société et la munificence de son hospitalité. Ce religieux obtint que les trappistines qu’il voulait établir à Trocadie, fussent formées chez les dames de la Congrégation, dont M. Quiblier était Supérieur.
Raiïmbault (Jean) célèbre instituteur né à Orléans, en 1770, était en 1791, professeur de philosophie au collége de cette ville, quand on exigea le serment civil du Clergé. Forcé, par la conduite de l’évêque constitutionnel, Mgr. de Jarente, de quitter son emploi, il étudia la médecine chez un docteur, qui l’accueillit en qualité de pré cepteur de son fils. Ayant pris ses degrés, il échappa d’abord à la conscription ; mais à la troisième levée, en 1793, il dut accompagner un corps en qualité de chirurgien. S’étant échappé par Liège, il se rendit en Belgique et trouva une place dans leSéminaire fondé par quatorze évêques refugiés. C’est là qu’il connut le célèbre Père Rosaver. Il passa de là en Angleterre, où il demeura près d’un an, enseignant le français et la musique. Un de ses élèves était M. Murrough, dont le père était marchand en Canada. Ce négociant le décida à le suivre en ce pays, en 1795, ce qui était d'autant plus facile, que Mgr. Hubert envoyait des fonds pour faire passer des ecclésiastiques réfugiés en Canada. Il mit pied à ‘terre à Québec au mois de juillet, et rencontra Mgr.
Denaut, qui se rendait de Longueuil à Québec, pour prèter serment en qualité de Coadjuteur.: Ce prélat lemmena à Longueuil, le fit sous-diacre, diacre et prêtre peu après. Ce fut la première ordination de Mrg. Denant. Employé comme professeur au Séminaire de Québec, sa faible santé le força de quitter ce poste pour prendre la cure de lAnge-Gargien. Mais il sy dévoua encore à l’enseignement, et y eut pour élève l’abbé Painchaud, fondateur du collège de Ste. Anne, et Henry Hardinge, depuis célèbre, dont il fut le professeur de mathématiques. Dans la suite, il prenait un singulier plaisir à suivre “ son cher Harry” par tous les dégrés de sa fortune ; et s’il ne vécut pas assez pour le voir maréchal et Commandant des Forces, il eut la joie d’apprendre par les journaux ses services dans l'Amérique du Sud et en Espagne, sa mission à l’armée prussienne, et son élévation à la charge de ministre de la guerre. L’abbé Raimbault composa à l’Ange-Gardien une belle prose à l’honneur de St. Louis de Gonzague ; et on a aussi de lui l’oraison funèbre de Monseigneur Plessis, qu’il prononca dans l’église des Trois-Rivières, et la Notice Biographique de l’abbé de Calonne vubliée dans /’Amè de la Religion de Trois-Rivières. Curé de Nicolet dés 1807, il y est mort en février 1841.
Ramezay où Ramsay, maison canadienne aujourd’hui éteinte, était de la même race que l’élève de Fénélon, et alliée à la maison de Douglas.
Claude de Ramezay obtint le fief du Monnoir en 1708, et celui de Ramezay, en 1710, de Vaudreuil et Raudot. Il fut chevalier de St. Louis, gouverneur des Trois-Rivières, puis de Montréal, après le chevalier Callières, et même Commandant-Général de la Colonie durant une absence du premier de Vaudreuil. Frontenac l’envoya a Montréal pour requérir M. de Callières de marcher au secours de Québec. Il commandait la milice canadienne dans la grande expédition du premier contre les Cantons Iroquois. Chargé d’une expédition contre la Nouvelle- York en 1709, il retraita aprés avoir dispersé une avantgarde de cent hommes. L’année suivante, il fut envoyé avec 600 hommes, au secours du baron de Longueil, qui allait bravement s’opposer au général Nicolson à la tête
‘de. la jeunesse de Montréal. Ce fut lui qui érigea PHé-
tel du gouverneur, aujourd’hui Ecole Normale Jacques Cartier ou le Bureau de’ l’Instruction Publique, à Montréal, Il mourut en 1739. Des seigneuries furent données avec profusion à Géneviève, Angèle, Louise et Elyzabeth de Ramezay,ses filles, qui montrèrent un rare dévouement aux habitans de Montréal dans une épidémie.
Jean-Baptiste Nicolas Roch qui fut aussi Chevalier de: St. Louis et Gouverneur de Montréal, puis de Québec, que l’histoire accuse d’avoir, de concert avec De Bernetz, Chevalier de Malte, remise précipitamment aux Anglais, après la défaite d'Abraham, au moment même où M. De La Roche-Beaucourt, s’y annonçait avec des secours.—Chargé de coopérer à la tête de 1500 Canadiens avec le fameux armement du duc d’Anville, destiné contre Louisbourg et l’Acadie, il bloqua d’abord Port-Royal. À la nouvelle des désastres de la flotte, qui prévinrent le débarquement du Général De Pommeril, il retraita à Beaubassin ; mais il trouva encore néanmoins Poccasion de se couvrir de gloire par une victoire signalée remportée aux Mines sur le Colonel Noble, qui. fut mis hors de combat avec le tiers de ses troupes, ‘tandis que le reste ne retourna à Port-Royal qu’en vertu d’une capitulation. Le combat fut livré le 11 Février 1747 dans la matinée, et se prolongea jusque à trois heures du soir. Il est dione de remarque qu’il se passa au milieu d’une tempête de neiges, que les Canadiens firent usage de raquettes et qu’on observe qu’elles leur donnèrent un grand. RHAGEE sur les Anglais.
Raudot père et fils, Intendans de la Nouvelle-France conjointement.—Raudot pére, qui avaitété Conseiller à la Cour des Aides, succéda à François de Beauharnois en 1705, et arriva le 6 Septembre sur le Héros, commandé
‘par le comte d’Argaian. Il fat un des plus habiles Ad- ministrateurs de la Colonie. Ce fut lui qui suggéra dans un Mémoire remarquable la colonisation de St. Jean et du Cap Breton. Ilobtint aux Canadiens le permis d’avoir, pour leurs premiers besoins, quelques manufactures, et les voyant se ruiner en procès, il se mit à concilier luiméme les parties. Il adoucit aussi en leur faveur les rigueurs de la féodalité. Son Mémoire , mentionné par mon pére, mais oublié, était lu devant la Sotiété des
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Sciences Historiques de l’Yonne, en 1853, et rapporté en Canada par le grand juge La Fontaine. Il fut rappelé en 1711 pour être fait Lieutenant-Général du Commerce. Raudot, fils, d’abord Inspecteur de Marine, précéda son père en France, en 1710,et devint Intendant des classes de la Marine. Il était dit ou d’une égalité d’esprit surprenante.
Razilli illustre famille française, originaire de Tourraine, qui fit revivre sous Richelieu la gloire de la marine française, négligée depuis Henri IIT. Elle se compo sait de trois frères, issus de François de Razilli, chevalier de l’Ordre du Roi, et Gouverneur de Loudun, et de Catherine de Viliers de Lauberdière, de l’illustre maison de Viliers de l’Ile-Adam. Ces trois frères sont François de Razilli, seigneur des Aulnets, gentilhomme de la Chambre de Louis XIIT, chevalier de l'Ordre du Roi, Lieutenant-Général aux Indes Ocidentales et terres du Brézil ; Claude de Ramezay, seigneur de Launay, qu’on a confondu avec le troisième, Isaac de Razilli, Commandeur de l’ordre de St. Jean de Géruzalem. Cette confusion vient de ce qu’ils figurèrent tous deux en Acadie. —Le commandeur Isaac, premier gouverneur de PAcadie et un de cent associés de la Nouvelle-France, était un des premiers marins de son temps. Il combattit contre les Rochellais en 1620, et leur enleva 30 navires L’année suivante, il garda les côtes de Picardie, de Normandie, de Bretagne et de Guienne. On ne saurait dire si ce fut Isaac ou Claude qui, à la bataille navale livrée par Henri II de Montmorency en 1625, montait le St. Louis, enleva le vaisseau La Vierge et perdit un œil. En 1629, le Commandeur alla châtier les Barberesques et est appelé “ le très illustre Commandeur de Razilli, premier capitaine de l’Amirauté de France, chef d’escadre des vaisseanx du roi T. C. dans la Province de Bretagne, et Amiral de la flotte qui est à présent devant Salé.” Il écrivit un Mémoire qui fit établir la Compagnie de la Nouvelle-France. Les Anglais s’étant emparé du pays, il commanda l’escadre de six vaisseaux destinée à appuyer les négociations pour sa restitution, qui eut lieu par le traité de St. Germain en Laye. Le roi lui concéda l’Acadie et l’en établit gouverneur. Ily mourut vers 1635. Léon Guérin dans ses Marins de