‹ Le panthéon canadien: Dans lequel on a introduit les hommes plus célèbres des autres coloniesChapitre 12 sur 22 · D£ LAVAL · texte numérisé non relu

D£ LAVAL

Nous prions pour nn éqèque dont on peut

dire sans crainte de faire tort à personne, qu'il n'y avait pas de prélat dans TEglise qui sortît d'une maison plus titrée, plus élevée, plus glorieuse. Mais on est obligé de dire à l'hon> eur de son humilité, qu'il ne fut jamais prélat pins ennemi d 3 la grandeur et de Télévation. 11 était Montmorency ; mais il portait le nom d\ine de ses tantes, qui s'appelait Anne de Laval, fille unique et héritière de Guy, sixième de ce nom, et é})onse de Mathieu de Montmorency, l'un des cinq counétables de cette maison, c'est-à-dire que le sang qui coulait dans ses veines venait de deux sources de noblesse si pures et si anciennes, puis si illustres, qu'excepté les maisons des princes et des souverains, où elles sont souvent entrées et d'où elles sont souvent sorties pour venir dans celles-ci, îl n'y a p^int de maison au monde qui soit audessus d'elle, et qu'il y en a peu qui ne se fît gloire d'être immédiatement audessont.

La maison de Montmorency est plus ancienne dans la monarchie que la religion chrétienne. Ce nom était connu, il était môme fameux dans les Gaules avant qu'on y prêchât Jésus Christ, peut-être avant qu'il vint au monde. Cette maison est grande par tant d'endroits et brille depuis si longtems, que ce ne serait pas un mé-* diocre embarras que de vouloir mesurer sa grandeurf*) Quoique de toute part elle jette unéclat qui éblouit, elle a \in caractère de splendeur d'autant plus précieux, qu'il engage à la piété, et qui doit être respecté jusqu'^à la fin (les siècles, dans tous les lieux éclairés de la lumière de l'Evangile, c'est que le premier seigneur, le premier baron français qui ait embrassé le chritianisme a été un Montmorency. Il est de bon augure qu'un Montmorency ait été le premier èvèque de la Nouvelle-France. Le premier des grands de l'ancienne France qni ait écouté la parole du salut et ouvert les yeux à la charité a été un Montmorency ; un Montmorency a été le premier de» grands qui, dans la Nouvelle France, ait prêché cette

{*) Sismondi la fait sortir do l'heptarcbie anglo-saxonne»

nfbhe parole avec l'autorité et la pniâsancfl i, «t qui y a pralji]iié d'une manière louchante el très exemplaire cette même vertu, la charité, qu'il commandait aux autres. Dans l'ancienne France, la maison de Montmorency aété une pépinière de généraux d'aimée. de Grands Amiraux, de marécliaiix, de connétables, de Grands- mai très, et de tous le officiers de la couronne ; non seulement elle en-a fo'irni à elle seule plus que bien des plus grandes maisons de France en parliciilier, mais encore que plusieurs ensemUe. Dn seul Montmorency, ■" dans la Nouvelle France, non seulement a élevé dans sa maison plus de clercs, de lévites, de prêtres et de dignes ministres du Dieu des armées et du Roi des Rois, qui ont servi dans ses armées el qui serviront encore, que bien des prélats, non seiiletnenl des plus zélés en particulier. mais que plusieurs prélats, despius saints et des plus réguliers ensemble. Les exploits des héros de la maison de Montmorency sont nue des plus belles parties des annales de l'Ancienne France ; uue des plus belles parties des annales delà nouvelle, i;e serait les actes liéroïqme de charité, d'humilité, de religion d'un Montmorency. Les combats qu'ont livrés dans l'Eurojie les Montmorency, les victoires qu'ils y ont gagnées, les conquêtes qu'ils y ont fuites, fourniraient plusieurs volumes d'une histoire très belle et très remplie ; on ferait aussi un bel ouvrage et fort complet, des victoires qu'a remportées sur le pëché, Mir ies liassions et sur lo démon un Montmorency dans l'Amérique, et eomnie les victoires spirituelles sont beaucoup nudessus des temporelles, el qu'il n'y a que celles-là qui produisent des fruits véritablement immortels, cl qui, sans figure soient d'une immortelles durée, il s'ensuit que le Montmorency à» nouveau monde, en renonçant aux douceurs qu'il pouvait tirer de la grandaur de ses illiislres parents et de ses glorieux ancêtres, a pria «ne route qui l'élève aitdessus de tous ses ayeuls ont vaincu les ennemis de l'Etat, quelquefuis même ceux de l'Eglise, en les faisant périr par la force de leurs armes ; eelni-ci a vaincu les ennemis de Dieu, en tes sauvant par la force de son zele, dans l'exercice duqnel il ne s'est jamais relâché. Hes ayeuls ont surmonté des généraux d'armée qui était leurs inférieurs ou tout au plus qui les égalaient en valeur et en habilité ; par leur magnificence.

— Mills ont effitcé ce qu'il y avait de plus brillant en Europe f celui-ciy en foulant au pied Pélévationy et en méprisant la grandeur, a triomphé de tous les Montmorency : il a triomphé de lui-même par une pauvreté digne des anachorètes des premiers siècles, dont il a fidèlement observé les lois jusqu^à la fin de ses jours.

IXTRAIT DE l'HISTOIRB VÉRITABLE DE LA N.-F. PAR PIIREI

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