‹ Le panthéon canadien: Dans lequel on a introduit les hommes plus célèbres des autres coloniesChapitre 16 sur 22 · CHATEAUGUAY · texte numérisé non relu

CHATEAUGUAY

La trompette a sonné : l'éclair luit, l'airain gronde ; Salaberry paraît la valeur le seconde.

Et trois cents Canadiens qui marchent sur ses pas, Comme lui, d'un air guni, vont braver le trépas. Huit mille Américains s'avancent d'un air sombre ; Hampton, leur chef, en vain veut corn pter sur leur nombre- C'est un nuage affreux qui paraît s'épaissir. Mais que le fer de Mars dût bientôt éclaircir. Le héros canadien, calme quand l'airain tonne, Vaillant quand il combat, prudent quand il ordonne, A placé ses guerriers, observé son rival :

Il a saisi l'instant et donné le signal.

Sur le nuage épais qui contre lui s'avance, Aussi prompt que l'éclair, le Canadien s'élance,. . .- Lé grand nombre Parrôte. . . .il ne recule pas; Il offre sa prière à l'ange des combats ; Implore du Très-Haut le secour invisible ; Remplit tous ses devoirs et se croit invincible. Les ennemis confns poussent des hurlemens, Le Chef et les soldats font de faux mouvemens. Salaberry qui voit que son rival hésite.

Dans la horde nombreuse a lancé son élite :

Le nuage s'entrouvre, il en sort mille éclairs ; La foudre et ses éclairs se perdent dans les airs. Du pâle A mexicain la honte se déploie :

Les Canadiens vainqueurs jettent des cris de joie ; Leur intrépide Chef enchaîne le suoces, *

* Et tout l'espoir d'Hampton s'enfuit dans les forêts. «Ou,! généreux soldats, votire yaleujr enchante;

patrie envers vous sera reçoit naissante.

Qu^une main libérale, unie au sentiment En gravant ce qui snit, tous oôre un monument : ■' Ici les Canadiens se coiivrireot de gloire ; , " Oui ! trais cents sur huit mille obtinrent la victoire, "Leur constante union, fut un rempart d'airain " Qui repoussa ies traits du fier Américain.

"Passant, admire les ces rivages tranquilles.

"Ont été défendus comme le Tliermopyles j

"Ici Léonidasetses trois cents guerrier:',

" Reviennent parmi nous cueillir d'autres lauriers.

SALABEBUY.

Là, j'ai vu l'homme heureux qui prêche par l'exemple: Et chez lui j'ai connu celle pure amiliè Qa'en tout autre pays on gc voit qu'l moitié. Il est pdre de tous Stins vouloir le paraître. An camp Léonidas, au champs Cîucinnatus, Thémistucles an conseil, i talile LuculUis; Sans avoir les défauts de Grèce et de Some, il réunit ea lui les vertus du grand homniei On voit à ses côtés, l'uir pur!, l'air grand, l'air gai f L'air de Cliambly s'y joint à, l'uir de Chateaugay, On contemple on admire, et bientôt on s'amuse j Le héros devient chantre, et fait hrillersa-muse : Son aimable compagne aux convives âattéa Présente l'émbroisie, et porte des saiitës} L'enfant avec douceur gesticule et s'autilte ; Et le bon mot succède au nectar qui pétille.

Je me lais : mais où donc ai-je tant vu, tant ri ' Chacun Ta deviné c'est chez Salaberry.

Page 1