INDUSTRIEL
Le classement des nombreux et intéressana objets que le Canada a envoyés 4. l'Exposition Universelle est presoue terminé. L'emjilacement qn'occnpe celte Colonie. iians l'annexe du bord de l'eau, a été, dimanche dernier, visité par un si grand nombre de curieux, qu'il était presque impossible d'y circuler.
(*]LeJuge en Cbef La Foniaine a bien voulu depuis »v
KiékL prouve que le pablic, ordinairement juge impar^ tialy accueille avec une fiiveur marquée Pexhibition ca^ nadienne, qui se montre à lui d'une manière éclatante, car il est vmi de dire que cette colonie se présente au grand concours universel avec une splendeur et une magnificence extrêmes.
Aussi reportoDS-nous volontiers au Canada (et ce serait justice de les amplifier) les paroles . que M. Dufresnoy, membre de PInstitut, Inspecteur-Général des Mines, fit entendre dans son rapport en 1851.
'< De toutes les colonies anglaises, le Canada est celle ^lont l'exposition est la plus intéressante et la plus complète ; on peut même dire qu'elle est supérieure à Pexliosition minérale de toutes les contrées."
Les envois faits par le Canada en 1855 sont infiniment plus nombreux et plus variés que ceux qui figurèrent à Londres, en 1851, et la même entente intelligente a présidé à leur admission. .. Nous nous contenterons aujourd'hui, dans une revue préliminaire, de faire ressortir l'installation, remplie de goût, de la section canadienne, nous réservant de donner à nos lecteurs, et cela très prochainement, une introduction générale sur le Canada, qui servira de préface au catalogue raisonné que MM. Taché et Logan, Commissaires Canadiens à l'Exposition, publie* ront dans le Monde Industriel,
Au milieu du compartiment occupé par le Canada s'élève un superbe trophée d'environ cinquante pieds de hauteur, composé en majeure partie des difi[érentes espèces de bois, spécimens des richesses forestières canadiennes, de belles pelleteries^ des ustensiles et outils en bois, ainsi que des modèles de difièrentes constructions navales. Un des objets les plus remarquables parmi toutesxses curiosités, est un morceau d'érable à plaquer, qui est aussi mince que de l'étofie,et qui,vu du bas du trophée,en a toute l'apparence. Cet échantillon a 26 mètres de longueur, sur 53 centimètres de largeur, et a été obtenu au moyen d'une machine de l'invention de M. Saint-Amand, de Québec. L'épinette rouge y présente un échantillon sous la forme d'une courbe qui a 38 pouces de collet, et l'on sait que l'épinette rouge est un des huit bois reconnus Tes meilleurs du monde entier pour les constructions navale» par l'Amirauté et le Lloyd d'Angleterre.
La droite du Ircnhée, du cAté du Cours la Ë^ine, comprend les échantillons des nombreuses et diverses productions agricoles et minérales.
Le côté gauche qui longe la Seine, élalo les divers objets maDiifdcturés et une ijuperbe collection d'oiseaux et d'animaux empaillés.
Autour du trophée, on voit deux voitures canndienne.'s d'un goût exquis, La voiture de lu.Ne construite parW, Giugras, de Québec, est remarquable par l'élégance de ea coupe, la ricbesse de ses ornemenlations, et surtout par sou eslrôme solidité. Le phaéton de voyage sortant des ateliers de M. Leduc, de Montréal, est iiirt léger et très élégant,
Deuï pompes à incendie sont placées du côlé opposé. Leur puissance égale leur eolidité, qui est extrême. La plus petite, de M. Perry, de Montréal, est construite d'après le système ordinaire. La plus grande, de M. Lemoine, de Québec, a été fabriquée d'après un principf uouveau d'application du cylindre à double action. Cette invention porte un brevet canadien. Le récipient supporté par trois roues seulement, fort riche, est orné de peinlures représentant deux vues de Québec ; l'une nous montre la bourgade sauvage où mit pied a terre le navigateur français Jacques Cartier, lorsqu'il découvrit et prit (wasession, au nom du roi de France, de cette partie da couiinent amérijata ; l'autre, Qué&ec moderne.
Des modèles de construction des travatlx publics esé- <?utés en Canada entourent aussi le tropbée. Ils prouvent que ce pays, eu iSit de grands travaux, est aussi avancé que les plus avancés de l'Europe, et qu3 les grandes entreprises y sont menées a botrue fin.
Du côlé du Cou» la Reiae, en a placé le modèle du gigantesque pont Victoria, qui est le plus long du monile. San étendue, efune rive à l'autre du St. Laurent, a une lleiiei L'élévation de ses piliers est de 25 mètres, et la distance d'un pilier à l'autre e^t de 32 mètres. Le tablier est formé d'un tube en fer lamiuè, posé d'après le principe Menai.
En face, on voit le modèle des écluses du canal Lachine, construit jioiir éviter les rapides du lleuve St. I^iireot en cet endroit. Les écluses de ce canal ont 200 pieds lur 45 avec 9 pieds d'eau, et la leproduclion sur
Une échelle moindre, du système ingénieux de ses vannes, figure à côté des spécimens des difiérens édifices.
Des vitrines qui bordent la section canadienne contiennent des objets de manufactures aborigènes d'une bizarrerie de luxe extrêmement curieuse 5 (•) des étoffes en laine, en fil, et autres objets de fabrication canadienne. Des cuirs tannés de diverses espèces, dont quelques uns sont exclusifs au Canada, tels que le cuir de marsouin de caribou et d'ofignal. Des objets de sellerie, de coutellerie, de cordonnerie et d'autres remarquables pelleteries, ainsi que de nombreuses dépouilles d'animaux.
Un a^oliths extrêmement beau, figure aussi à l'exposition canadienne. Il a été trouvé en octobre 1854 à Madoc (Canada). Il pèse 191 kilogrammes. Ce bloc de fer natif, qui ne contient qne 6 p. ojo de nikel, est excessivement curieux, et attirera, sans nul doute, par sa rareté, les regards de tous les géologues et de tous les amis des sciences rainéralogiques.
On était loin de se douter en France de la variété des produits, de la beauté des bois, des qualités précieuses de nombreux minerais et du nombre infini de productions agricoles que le Canada possède. Si l'on se reporte avec attention vers les objets que cette colonie a exhibés à l'annexe, ils fournissent la preuve évidente que ce pays renferme une population active, laborieuse, entreprenante et surtout progressive. Il est hors de doute que ses richesses s'accroîtraient infiniment, si les bras et les capitaux y étaient plus nombreux. Son sol, par sa température variée, permet la culture du tabac, du maïs, plantes qui exigent la chaleur des zones tropicales," et la qualité de ses fers, par son excellence, peut-être comparée uux meilleures qualités de provenance suédoise.
La section miuéralogique, organisée et classée d'une façon reunarquable par M. Logan, savant géologue canadien, se présente à l'étude des hommes spéciaux, sous une forme intéressante et complète.
Victor Bergbr.
(*) £xpo?é8 par les abbés Mâlo>et Tanguay.
ATPEL AU Cahaba bs favxub db lahartihe..
Après avoir rempli aon siècle de sa gloire littéra.ire etde son éloquence ; après ii voir teuu duns ses mains lesdestinées de sa patrie et de l'Europe, Lamartine ae voit menacé sur le seuil de la viellesse par la pauvreté.
Avec un cdiirage digne de lui-même, il veut, dil-iî ikire tète à ses malheurs par le travail.
Il abandonne la politique pour se réfugier dans lef lettres. C'est eschisivenaenl comme homme de lettres qu'il fait appel au.-s sympathies du Nouveau-Monde,
Il a entrepris au commencement do celte année, la puLhoation, en français et en anglais, d'un receuil mensuel intitulé : Caii7-s familier de ÏÀttérature. C'est pour cet ouvrage qu'il demande à l'Amérique rhospitaIi(é intellectuelle, et c'est sur lui tju'il compte pour rétablir a fortune -
Dans une lettre addressée à l'im de noua, il s'exprime
" Je vous recommande aussi vivement que j'en luis capable, mon excellentami M. J.B. Bespluce, et l'aifaire dont il a bien voulu se charger pur dévouement ■ mes inallienrs. Cette afTaire contient mon salut et celui de huit cciils pauvres paysans compromis daus ma ruine, si cette ruine venait à s'accomplir faute de iruvail. En aidant M.Dcsplace c'est moi que vous sauvez."
Le Canada, dont nne parlie de la poj.ulatiou parle la langue dans laquelle Lamartine a écrit tant de chefs- <rœiivre, et où la population anglaise devient de plus en plus iàmiliÉre avec l'idiûme français, lu Canada est le paya, où après la France, ce grand écrivain est sûr de trouver pimt de sympathie. Aussi l'opinion publique s'estelle déjii êrane,.et tout annonce qu'elle répondra chaleureusement ù cet appel.
Il n'y a pas à s'en étonner : un peuple pieux comme le nôtre n'a pas oublié les eSatXs de l'illustre poète pour arrêter son siècle sur la pente du matétialisnM- : il se souvient que Lamartinea puissamment contribué au retour des idées re li gis uses ,en entre tenant ses contemporains de l'ime et. de Dieu.
Il admire son courage, qui n'a étêsur))assé ni dans Tanti^uilé ni dans les temps modernes ; il admire la probité
ineorraptible du grand citoyen qni est descendu da poii- Toir plus pauvre qu'il n'y était monté.
Spectacle touchant, que de le voir sur le déclin des années, se condamner à un tmvail sans rel&che pour combler le déficit creusé par sa bienfaisanee, et pour la continuer aux infortunés dont il est le soutien.
Rare coïncidence que celle-ci, où un peuple s'honore en, tendant la main au génie malheureux, et où le génie s'acquitte envers ce peuple en l'instruisant, en le charmant et en le rendant meilleur.
Nous croyons pouvoir proclamera l'avance que Lamartine n'aura pas compté en vaiu sur le Canada.
Beaujeu (Eïon. Saveuse de) Membre du Conseil Législatif. Berczey (William) avocat. Bibaud (M.) Président de l'Institut Polytechnique. Bleury (Hon. Sabrevois de) avocat. Chauveau (P. O.) ancien ministre, Surintendant de l'Instruction Pnblique. Cherrier (C. S.) Conseiller de la Reine. Coursol (Charles) avocat. Daoust (Charles) Membre de l'Assemblée Légisfative, Président de l'Institut Canadien. Day (Hon. Juge Charles). Dessaulles (Hon. L. A.) Membre du conseil Législatif. Dorion (A. (A) Membre de l'Assemblée Législative. Doutre (Joseph) avocat, Dunkin (Christ.) avocat. Drummond (Hon. L. T.) ancien ministre! Hunt (T. Sterry,) Chimiste de la Commission Gréologique du Canada. Labreche Viger, (Ls,) avocat. Laflamme (R.) avocat. Lafrenaye (L. R.) avocat. Lenoir (Joseph), avocat. Leslie (Hon.) ancien ministre. Loranger T.) Membre de l'Assemblée législative. Mondelet, (Hon. Juge Charles.) Papineau (Hon. L.) ancien Président de l'Assemblée législative du Bas-Canada, Papineau !'(L. A.) avocat Ramsay (D. P.) Maître-es- Arts. iùmsay (T. K.) avocat. Rose (John) Conseiller de la Reine. Roy (Euclide) avocat. Sicotte (Hon. L. V.) Président de l'Assemblée Légi slative. Starnea (Henry Maire de Montréal. Viger (Hon. t). B.) aneiei^ ministre. Viger (le Commandeur.)