IBIDEM, MAI
L'Institut Polytechnique a eu, le 30 Mai, dans une des salles du département de l'Instruction Publique, sa dernière réunion pour la saison. Cette société est formée, sur un plan tout nouveau dans ce pays. On ne peut en être membre sans s'être distingué par quelque ovivrage'
nnblié en Canada, ou sans avoir trai^mis un essai ([lit ail èiè préalablemen! soumis à l'examen de la classff^e l'Ins- Utut aux objets de laquelle il se rapporte. Il y a trois classes, la classe des sciences, celle des belles lettres et celle des beaux arts. Les réunions de cette société [leii nombreuses, ont lien tous les quinze jours, et le plus sonvent cliez quelqu'un des membres ; elles sont employées a des entretiens familiers sur divers sujets littéraires, scientiâques ou artistiques, et à l'examen des essais soumis. Chaque membre est obligé à tour de rôle de pré|Kircr un sujet de discussion et de l'exposer de manièrtf â jjnider lui-mCme la conversation. L'entretien de la der-' uière séance a été fait par M. le Dr, Bibaud, qui a présenté une série d'observations ii téressantes sur les organes de la voix, M. Joseph Lenoir, sur le rapport de !a classe des belles lettres, a été reçu membre ordinaire.
EXPOSITIOIT PROVINCIALH DE 1858. — CORBESPOXDASqE
DU Courrier du Canada, (extrait.)
Dans les beaux arts, non? devons parler, et c'est pour vous un plaisir de le taire, des charmants dessins â la plume de M. Richer et de l'expositiciu de sculpture de M. lîourassa, un de nos artistes les mieux inspirés et les plu» distingués.
Ijfis dessins â la plume de M. Richer sont de véritables objets d'art dans la manière flamande : trois cnrton^
importants étaient exposé;
de titres, mais nous les appelé)
de bataille et Sainte Lucie.
lie pat/sage représente une ai des rochers, nue cascade, des i peu dans le genre a effet tie Déci martyre — nous uvoUs dessin, — est !a copie d' d'après le Guidi
>us ne portaient point m paysage, un ckamf
agreste et sauvage,
;s mis ensemble un
ips. La Ste. Lucie
reconnaître ce sujet dan? \(-
gravure qu'on nous a dit étrt-
péri.
dent, qui n'a pas de figures, mais qui, tout beau qu'il soit^ )i*a pas encore le mérite du charmant carton que nous intitulons un champ de bataille. — Des Corps demi-nus gisent étendus dans la i)Iainc, it fait nuit ou du moins il &i*
sG^nbre, de^ moines sont penchés vers les yiotimes dfi combat pour y découvrir sans doute quelque signe dé vie, et une figure de femme — sœur, épouse ou fiancée— se dresse au milieu de cette scène dans une majestueuse résignation. ... ; cette figure pourrait être une Spartiate, peut-être Camille avant de laisser éclater sa douleur ; mais elle est mieux que cela, nous pensons, car elle nous îi semblé une chrétienne.
Si M. Richer se met en garde contre le danger d'une trop grande facilité de faire, pour étudier les difficiles secrets du dessin classique, il deviendra bientôt artiste, d'amateur distingué qu'il est.
Croirait-on que le jury a refusé le prix a ces œuvres pour le donner ù. des arabesques et enluminures qui né >c)nt pas sans mérite ; mais qui sont aussi loin des beaux dessins de M. llicher que l'art est loin du métien — Pour longtems encore les hommes d'étude, de goût et de sentiment et les artistes auront à se résigner à d'absurdes jugerî:iens de ce genre, au sein de notre société gâtée par ce qu'on appelé les aiFaires. (*)
fJn mot maintenant dé M.Bourassa, que les amis des arts connaissent comme peintre, élève d'Hamel et de l'école italienne ; mais que peu connaissent encore comme sculpteur. M. Bourassa cultive l'art pour l'art, et il en a étudié tous les secrets ; peintre surtout, il s'est encore occupé de sculpture ; son talent dans ce genre s'était révélé avant son départ d'Europe dans la production d'un petit travail en bois qu'on peut voir chez M. Hamel, à qui il en a fait présent. Ce délicieux petit morceau, sculpté sur le nœud d'une racine, est gros comme rien. Il représente un dragon replié et enroulé sur lui-même ; c'est im sujet bien simple ; mais comme c'est joli de pose et de conception et surtout comme c'est heureux de morbidesse 5 mais mettons un terme à cette petite digression.
M. Bourassa s'est épris de la grande et noble figure de Jacques Cartier et il s'est, tout d'un coup, trouvé modelant ce buste que nous avons vu modestement exposé au milieu des fontes et des articles de production industriel-
(•) M. Richer avait obtenu un premier prix extraordinaire en 8p
Le Buste de Jacques Cartier exécuté avec iiu siiccé? parfait de ressemblance, d'après le portrait que tout le Inonde connaît, est véritablement une tenvre sérieuse et nous le dirons, malgré que nous savions M. Boiirassa un peu sculpteur, nous ne l'aurions pas cru capable d'un ^jeniblable travail, eu dehors de ses études ordinaires, qm toutes ont porté presqu'excliisivemenl sur la peinture. T[ y a dans le Jacques Cartier de M. 13ourassa le cachet d'une inspiration réelle ; cette figure ai Jortement burinée, ces traits si marqués sont bien ceux du Imrdi pilote de St. Mâlo, et dans cet œil qni perce, i! y a bien le regard d'un découvreur. Nous sommes, comme Canadienfrançais, glorieux de cette œuvre ; ce n'est plus ici une figure quelconque, plus ou moins bien coupée dans la matière première,— c'est une création d'artiste, une pensée et non pas simplement un fait.
It is wilh much pleasure we learn tliat. at a meeliuf; ' f»f thehistorical Sûcietv ofthe State of Micliigan, held ut Delroiton theiethinsta'nt, the honorable F. H. H, Welh- "îrell being in the chair, iVlaximilien Bibaud LL, D. Chief-President of the Institut Polytecuic of Moutrenl. was elected an honoray member, and J. B. Meilleur M. D., L.L.D. a correspondiog member. We are gtad lo chronicle such acla as thèse, as tliey tend to show thp good feeling tliat exisis between Canada and thfe United States, and we wonld congratulate the above named gentlemen on the distinction tliat h*3 been couferred H pou the m.
Nos lettres particulières nous apprennent que .1. B Meilleur, ex-Surinlendanl de l'Instruction Publique, et M, Bibaud, jeune, auteur des Travaux sur l'Histoire du Canada, ont été nommés membres de la Société Ilîslorique lie l'Etat de Michigan. — Canadien.
DU Progrès de Bytown.
O nous met aussi en mesure de publier la nouvelle flatteuse que nous donnons plus bas, etqui montre que nos hommes instruits commencent à être bien connus et appréciés au-delà de la ligne 4«5éme. Nous devons nous es* timer fiers et heureux de la bonne entente et des relations (l'amitié et de science qui existent avec nos voisins des Etats-Unis. Nos compatriotes mentionnés plus loin se sont Héjà frayé une voie honorable dans les sciences et dans Jes arts. Ces rapports entre hommes de talents et d'érudition ne pourront manquer de tourner à l'avantage de tons.
(3nt été élus membres de la Société Historique de l'Etat (le Michigan : M. M. Jacques Viger, Commandeur de l'Ordre de 8t. Grégoire le grand, premier maire de Montréal, Bibaud, jeune, L.L.D. ex-Président en Chef de rinstiuit Polytechnique et professeur de Législation au collège des jésuites, J. B. Meilleur, NI. D., L.L.D. , ex- Surintendent de l'Instruction Publique; M. L. H. Latour Ecr. Vice- Président de la Société d'Histoire Naturelle, a été élu membre de l'Académie des sciences (le St. Louis de Missouri, et l'honorable Pie;:re J. O, Chauveiiu L. L. D. Surindendant de l'Instruction Publique, de l'Acadérjiie des sciences de la Nouvelle- Orléans. "
Nous ne connaissons point livre si utile et si indispenn 5able à tous ceux qui veulent prendre part à la chose publique. C'est dans ce livre que se trouvent rapportés avec un religieux et patriotique respect les nobles et grandes actions de nos ancêtres ; elles sont la comme des phares brillans qui doivent éclairer les nouvelles générations dans la nuit sombre qui commence à peser sur nos têtes. Cherchent infatigable, érudit profond, M. Ril>aud, jeune, rparche admirablement (J ans le domaine de l'histoire, que lui a légué son père. C'est ainsi qu'un hgmme honore son pays, et qu'il force la postérité à lui ouvrir à son tour les pages de rhistoire-— i'Ordre.
, M. Maximilien Bibaud poursuit avec persévérance son Panthéon Canadien. Une nouvelle livraison de ceU« œuvre biographique si pleine da lenseigneEieaB, a fait sou apparition. — Le Pays.
Nous accusons réception d'un joli pamphlet, iniitiilê :J Le Panthéon Canadien, AAai lequel on a introduit les 1 hommes les plus célèbres des autres Colonies britau niqac?s, par l'infatigable auteur du IHctionncâre des Hommrs tlbistres, 3cc., M. Maslmilien Biband. Dans une préface pleine de bon sens, il lance de jiistes vérités aux jurtis <]ui divisent les Canadiens et iX !a machine ministérielle. Ce livre si utile sort des presses de MM. Cérat et fiunr- ' gii igù H .—La Guêpe
— Llnslilut Polytechnique a fait dernièrement ses élections aiinuelles. Cette institution établie sur le plaïf des académies européennes, est du nombre de celles où' l'on ne peut être admis sans avoir subi certaines épreuves particulières. Le rapport du secrétaire, M. Lèvesque, que nous avons sous lés yeux, constate que huit nouveaux membres ont été admis dans le cours de l'année IS.'iS. Clasje des Bel les -Lettres : M. Hector Fabre, sur la production de son essai sur !e Chevalier de Lorimîer ; M. Adélard Boucher, sur la production de son essai sur l'Eloquence dans les Beaux-Arts ; M. Patrice Lacombe, sur la lecture de sa nouvelle : La Terre Paternelle; M. Joseph Lenoir, sur la lecture de la poésie : La Fenêtre Ouverte ; M. Cyrille Boucher, sur la production de ses «crits sur l'Education Classique ; M. Joseph Royal, sur la production de sa lecture sur te Maréchal St. Arnaud. et M. George Desbarats, sur la production de son essai sur l'esclavuge dans l'antiquité. Classe des Beaux-Arts, M. De. De Féo, sur la production de dessins et de peintures. Des entretiens ont été faits par les membres de l'Institut dans le oours de l'année sur les sujets suivants : La position faite lii l'artiste dans la société moderne est* elle méritée 7 par M. P. Leionda! ; De l'Influence du Chjristiaoisme sur la Législation Romaine, par M. W. Haicband ; Des Dangers auxquels la Langue FrançaisCy' est exposée en Cauada et des moyens d'y obvier, pat. ''lion. P. /. O. Cliauveau j Auatomie et PhYSÎolo^e. diJ
larynx, jxir le Dr. Bibaud ; Du Système des Poids et Mebures chez les nations anciennes et ihodernes, par M. le Professeur llegnaud ; A-t-on eu raison, au 16e siècle, dans l'Europe Occidentale, d'abandonner l'art ogival, alors t»xistant, pour se livrer à l'imitation des Œuvres de la (irècc et de Home ancienne ? par M. A. Lévêque ; De l'utilité de l'étude du Dessin, par M. De Féo. Les objets d'arl suivants ont été exposés aux séances de l'Institut : une série de plans pour la construction d'édifices publics, ])ar Al. Lévécjue ; des dessins à la plume, par M.Richer ; des portraits à l'huile et au crayon, et des dessins à l'aquarelle, par M. De Féo ; une collection d'ouvrages canadiens reliés splendidement par MM. Beauchemin «fc Fayette et par M. John Lovell, destinés à être présentés â l'Empereur des Français en reconnaissance des présents (pie :S. M. a faits à la bibliothèque du Parlement et à eelle du département de l'Instruction Publique.
Les élections ont donnée pour résultat : président, H. IVltier, Ecr., M. D. ; 1er vice-président, J. G. Bibaud, Ecr., M. D. ; 2nd vice-président, M. N. Bourassa ; secrétaire, M. A. Lévesque ; trésorier, M. G. Desbarats ; classe des sciences, président, M. Bibaud, Ecr., L.L.D. ; classe des belles-lettres, président, l'Hon. P. J. O. Chauveau, L.L.D. ; classes des beaux-arts, président. M, N. Bourassa. L'Institut a ensuite adopté une résolution exprimant la douleur qu'éprouvent ses membres de la perte, d'un de leurs confrères les plus distingués, feu M. le Commandeur Xigei,— Journal de P Inscription Puàiiqùe,