‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 100 sur 186 · LÉG · texte numérisé non relu

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D’Aillebout de Périgny, les sieurs de Marigny, de Linière et autres. Le chevalier Legardeur de Tilly, différent du précédent, fut tué avec M. d’Estimauville. Une demoiselle Tilly de Repentigny avait épousé en Canada le sieur Desbordes de Landrief, d’abord garde du corps de Louis XVI et chevalier de St-Louis, puis chevalier de la Légion d’honneur et aide de camp du duc d’Aremberg qui, à la Restauration, lui laissa l’hôtel d’Aremberg à Paris.

III. —M. Legardeur de St-Pierre fut chargé par le marquis de La Jonquière de renouveler la tentative de Varennes de La Vérendrye pour découvrir la mer de l'Ouest. Il était associé au sieur Marin, capitaine redouté et qui avait fait des actes de bravoure dignes des flibustiers. S'ils firent peu de découvertes, ils réalisèrent d’immenses profits pour eux et pour le gouverneur, dont le lucre mercantile était l’ambition. Quant à M. de St-Pierre, c'était, selon l’auteur des Mémoires, “ un officier renommé par sa valeur et une certaine intrépidité qui le faisait craindre et aimer des nations, et qui joignait à la connaissance parfaite du commerce des sauvages, une grande intégrité. ” Washington, qui eut une entrevue avec lui au fort Lebœuf, dont il fut commandant, vante sa politesse et son air martial.

IV.—Legardeur de Montesson, un des héros de Carillon, chevalier de St-Louis, se trouva en 1748 à une conférence tenue par le comte de Galissonnière avec les sauvages au château St-Louis, fit les campagnes de Montcalm, et commanda à Kamouraska en 1759, un poste à signaux. Quand les Français se désistèrent de garder l’île d'Orléans, ils l’y laissèrent avec un détachement et une batterie. Il resta dans le pays malgré la conquête, combattit contre les Américains à St-Jean, et mourut leur prisonnier. On connaît madame de Montesson, que le duc d'Orléans épousa avec le consentement de Louis XV, et qui, après avoir émigré, rentra en France sous le consulat de Bonaparte. Un sieur de Montesson avait été tué par les Iroquois en 1693.

Légaré (l'honorable Joseph), célèbre paysagiste canadien, décédé membre du Conseil législatif, s’était fait lui-même ce qu’il était, n’ayant eu pour guide que son génie, qui annonçait en lui un chef très remarquable. Il recueillit une galerie de peinture dont il a publié le catalogue, en seize pages, Québec, 1852. On ne connaît guère d'artistes devenus séna-

LEG—LEM 159 teurs : M. Joseph Légaré a eu cela de commun avec le peintre David. L'abbé Légaré, du séminaire de Québec, étudiant à l’école des Carmes de Paris, avec MM. Beaudet et Hamel, pour occuper ensuite une chaire à l’université Laval, a brillé par un travail sur l’autorité temporelle des papes au moyen âge, dans une séance présidée par l’archevêque de Paris et où se trouvait M. Villemain, Mgr Boudinet, évêque d'Amiens, et Mgr de Montréal.

Legendre (Wapoldon), écrivain contemporain, èollaborateur -de plusieurs journaux et revues. Il a fait paraître un joli volume de poésies intitulé : Perce-neige, qui lui a valu les éloges des journaux de France.

Leif, fils d'Eric le Rouge, navigateur danois qui peut passer pour celui qui a vraiment découvert l'Amérique, avant le douzième siècle, Il descendit dans le Vinland. Thorwald, son frère, et Thorstin, son fils, commercèrent avec les Esquimaux.

Le May (Zéon Pamphile), poète contemporain et bibliothécaire du parlement de Québec. Né à Lotbinière en 1837, il s’est placé à la tête de nos poètes par sa bélle traduction de l’Evangéline de Longfellow. Vers 1874 il écrivait un poème original, intitulé les Vengeances, où l’on rencontre de fort belles pages. On a aussi de lui plusieurs ouvrages en prose.

Le Moine, célèbre famille canadienne originaire de Normandie, où les Le Moine remontent jusqu’à Guillaume le Conquérant,

Le premier Le Moine du Canada, qui fut le père ou l’aïeul d’un grand nombre de héros, est Charles Le Moine, écuyer,- sieur de Longueuil et de (Châteauguay, qui vint de France en 1641, et fut interprète de langues à Montréal. François de Lauzon lui concéda cinquante arpents en fief avec haute, moyenne et basse justice ; en 1657, de Lauzon Charny y ajouta l’île Ste-Hélène, l’île Ronde en 1664, et ces concessions furent encore étendues par les intendants Talon et Duchesneau. M. de La Barre, dans une dépêche qui fut portée en France par d’Iberville, son fils, conseillait au ministre de la marine de le nommer au gouvernement de Montréal comme étant l’homme du Canada qui avait le plus fait à la guerre contre les Iroquois et contribué davantage à la paix qui avait été conclue avec eux.

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Il avait une grande influence sur les nations, qui l’appelaient Akouessan ou la Perdrix, et ce fut lui qui amena les chefs vers M. de La Barre. Le marquis de Denonville le loue dans une dépêche. Il alla en France en 1691. Charles Le Moine fut encore plus illustre par sa nombreuse et puissanté posterité que par lui-même. Il donna naissance à Charles Le Moine, premier baron de Longueuil, à J acques, sieur de Ste-Hélène, Pierre, sieur d’Iberville, Paul, sieur de Maricour, François, sieur de Bienville, Joseph, sieur de Sérigny, Louis, sieur de Châteauguay, ete. (Voyez ces noms.) En parlant des services du second sieur de Châteauguuy à Louisbourg, Léon Guérin, historien de la marine française, écrit : “ C’est ainsi que du golfe St-Laurent au golfe du Mexique, de la France équinoxale à la Nouvelle- France, continua longtemps encore à jeter son éclat, la plus glorieuse famille peut-être qui ait jamais brillé aux colonies.” Marie Anne, fille de Charles Le Moine, née à Montréal le 13 août 1678, épousa le 18 octobre 1699, le chevalier J. B. Brouillac de La Chassaigne, gouverneur ou commandant de Montréal. Marguerite Le Moine, troisième supérieure de l'institut de Marguerite Bourgeois, née à Montréal, était cousine germaine de ces héros. Après avoir fait place à la sœur Charly, elle fut élue une seconde fois, puis une troisième fois.

Leprohon (adame), née Mullins, auteur canadien, a écrit plusieurs romans très estimés, dont les principaux sont : Ida Beresford, Eva Huntingdon, le Manoir de Villerai, Armand Durand, etc. Madame Leprohon fut longtemps collaboratrice de ‘Litterary Garland, journal mensuel publié à Montréal il y a quelques ar nées. Bon nombre de ses écrits ont été traduits en français. Ses peintures de mœurs et ses descriptions sont très intéressantes.

Léry, une des plus illustres maisons canadiennes, issue peut-être de ce baton dé Léry et vicomte de Gueu qui tenta en vain de.s’établir au Canada en 1518, et dont Lescarbot dit ‘qu'il avait 1 er à de hautés choses et désirait donner co ice: PsEnient de Français par delà les iners? A ne

Le premier Léry dont il est ensuite parlé a RôtES ME toire, ést le sieur Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur en chef du roi dans les places de‘ la NouvelléFrance,

LÉR 161 Elève de Vauban, il servit au siège de Turin avant de venir en Canada (1716), où il épousa demoiselle Legardeur de Beauvais en 1717. Il fortitia Québec, ses plans, envoyés à la cour, âyant été préférés à ceux des sieurs Beaucourt et Levasseur (1720). On conserve au ministère de la marine, en France, son mémoire sur la situation de Montréal (1717), qu’on résolut aussi de fortifier. Il en fit un plan qui est, dit-on, le plus beau spécimen de topographie du temps. On n’estime pas moins comme travail hydrographique sa carte du St-Laurent depuis Catarocouïi jusqu’à Kamouraska. On a encore de lui “un projet pour former un commencement de ville à Chambly,” une carte de la Baïe St-Paul, indiquant les lieux où se trouvent des mines ou des eaux sulfureuses, et le plan d’un matelot blindé pour servir à prendre un fort sauvage. Il mourut en 1756. Sa fille épousa le marquis de Lotbinière.—Joseph Chaussegros de Léry, fils du précédent, dénommé ‘“ ingénieur du roi,” chevalier de St-Louis, construisit le fort Beauséjour en Acadie. Il obtint une seigneurie en 1732. Homme de main comme de science, il commanda un détachement à l’attaque du fort Oswégo, prit les forts Bull, Bridgeman et Clinton, et commanda un poste à signaux dans l’île du Portage en 1759. Surpris par Wolfe à Beaumont, il perdit tous ses papiers. En 1760 une partie de cette maison passa en France ; mais l’autre resta en Canada. Ce furent le chevalier et la chevalière de Léry qui portèrent à George III l'hommage de ses nouveaux sujets (*).

Benoît Chaussegros de Léry, neveu de l'élève de Vauban, fut contre-amiral et commandant de Toulon sous la République française.

François Joseph Chaussegros de Léry, célèbre ingénieur sous Napoléon, baron d’empire, puis vicomte, grand-croix de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de S$t- Louis, né à Québec le 11 septembre 1754, était fils de Gas-

(*) His Majesty George IIT, dit madame Roy, had the gratification of receiving the SE of his new subjets The chevalier Chaussegros de Léry and his lady were the first of his Canadian subjects that had the honour of being pans at Court. The young and gallant monarch on receiving Madam de Léry, who was a very beautiful woman, observed to her : ‘‘ If all the ladies of Canada are as handsome as yourself, I have indeed made a conquest, ”

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pard Joseph Chaussegros de Léry, écuyer (*), capitaine des troupes de la marine, et de Marie Louise Martelle de Brouages (t). Il commença à huit ans ses études à Paris. Le génie des fortifications était héréditaire dans sa maison. Admis à l’école du génie à quinze ans, il en sortit lieutenant en 1773. Il servit en Amérique en 1781 et 1782, assista à la bataille navale qui eut lieu entre le comte de Guichen et l'amiral Kempenfeldt, à celles du 9 et du 12 avril, puis mit la Guadeloupe en état de défense. Décoré de la croix de St-Louis en 1790, le premier germinal, an III, Léry était nommé chef de bataillon et sous-directeur des fortifications. L'an IV, il devenait chef de brigade, puis directeur des fortifications le 6 ventôse de l’an VI. L'an VIII, 5 floréal, le premier consul le nomma inspecteur des fortifications et commandant du génie en Hollande ; il le créa général de division le ler février 1805, et l’on sait qu’il refusa ce grade à Jomini. Léry savait diriger les colonnes comme les travailleurs. L'an III de la République, il disposa les ouvrages pour le passage du Rhin à Dusseldorf et à Vandangen. L'an IV, il commanda le siège de Biberach et le blocus de Cassel. L'année suivante, il suivit Jourdan, qui allait débloquer Manheim. Il fit ensuite les campagnes du Danube et du Rhin, et servit dans le pays des Grisons. L'an XII, il fut de l’armée des côtes dè l'Océan, et de la grande armée l’année suivante : il se trouva à Ulm et à Austerlitz. Officier de la Légion d’honneur en 1805, il commanda le génie en Italie. En 1809, il commanda en chef cette branche du service au grand état-major de l’armée d'Espagne. Il conduisit particulièrement le siège ou blocus de Cadix, et les ouvrages gigantesques des Français autour de cette ville sont d’une célébrité qui ne le cède qu’à celle des travaux de lord Wellington à Torres Vedras, en avant de Lisbonne. Il conduisit aussi le siège de Badajoz et en doubla les fortifications, ainsi que celles de Ciudad-Rodrigo.

ois me

(*) Chevalier de St-Louis, seigneur de Gentilly et de Fran

de la Beauce, membre des conseils exécutif et législatif, le m qui alla en Angleterre,

(t) M. de Brouages, seigneur au Labrador, maris ses filles à M. de Léry, au général Johnson, gouverneur de Woolwich, au colonel Hughes, de l'artillerie, et à M. Lecompte Dupré. Une demoiselle Lecompte Dupré épousa le général Lemoyne, aussi de l'artillerie.

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On trouve dans le livre intitulé Zæploits of Wellington une lettre de Léry au général Kellermann sur la prise de Badajoz, Mais il fut tiré de la Péninsule pour commander le génie dans la campagne de Russie, c'est-à-dire un corps d'ingénieurs proportionné à une armée de six cent mille hommes, Il échappa au désastre et reparut en Espagne en 1813, En 1814, il commanda de nouveau le génie sous les yeux de Napoléon. Il avait été créé baron d’empire en 1811 avec une dotation en Westphalie. A la restauration, Louis XVIIT le créa grand-croix de la Légion d’honneur, commandeur de St-Louis, membre du conseil de guerre et vicomte, Napoléon retraçant dans les Mémoires de Ste-Hélène ses grands projets défensifs de 1815, dit : ‘“ Les travaux de la défense de Lyon avaient été confiés au général du génie Léry. Le 25 juin, ils étaient élevés et armés.” Jonvini ajoute dans le Précis politique et militaire de la campagne de 1817 : ‘“ Le général Léry eut la tâche de présider aux travaux défensifs de Lyon ; ils étaient poussés avec vigueur : 450 pièces de gros calibre en fer, amenées de Toulon, et 250 pièces en bronze, armaïent les rempart ou servaient de réserves. ” Malheureusement Napoléon rendit inutiles les travaux sous Paris et Lyon sn allant se faire écraser d’une seule fois dans les champs de la Belgique. Louis XIII, remonté une seconde fois sur le trône, n'en voulut pas encore à M. de Léry et le créa lieutenant général, Mis à la retraite le ler août 1818, il reçut Mgr Plessis à Paris en 1820, et écrivit à ce sujet une lettre touchante à madame de Beaujeu, sa sœur. Il mourut d’une apoplexie foudroyante, le 5 septembre 1824, à Chartrettes, près Melun, chez le comte de Marchais, son parent, dans les bras du baron Atalin, son aide de camp, qui fut plus tard celui de Louis Philippe. Le jour même de sa mort, il était sur la liste des officiers généraux qui devaient être créés maréchaux de France, Le maréchal duc de Valmy, dont il avait épousé la fille, prononça l'éloge funèbre sur sa tombe, On retrouve son portrait aux Invalides et son nom sur l’Arc de Triomphe de la barrière de l'Etoile, voûte de l’ouest. Ces honneurs lui étaient dus par la milice française comme à un des lieutenants de Bonaparte qui lui furent le plus fidèles. —Gaspard George Roch, frère du précédent, né à Québec le 22 décembre 1771, fut baptisé le même jour par messire Dosque, et eut pour parrain et mar-

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raine Louis Roch de St-Ours Deschaillons et demoiselle Angélique Chaussegros de Léry. Il étudia au séminaire, où ond Burke, depuis vicaire apostoiique de la Nouvelle-Ecosse, fut son professeur ; puis il passa en France. S'étant échappé de l'école de Mézières sous le règne de la Terreur, il fit la campagne des princes, comme ingénieur volontaire, ainsi que l’atteste le certificat du maréchal de Broglie daté de Dusseldorf le 26 mai 1793. Depuis lors, il servit tour à tour dans cette branche l'Autriche et la Russie. Etant entré dans le corps d'armée du prince de Condé, il y commanda jusqu’à la paix de Campo-Formio, Ce corps étant alors au service de la Russie, il le suivit en Volhynie, puis se retira le 12 avril 1797, avec l'estime et le regret de ses compagnons d’armes, selon le certificat qui lui fut donné à Dubno par les commandants de ce corps. Devenu ensuite précepteur d’un prince impérial, il visita avec lui la plupart des cours et obtint des marques d'estime de la plupart des souverains, ainsi que les ordres de St-Louis et du Lys. Il est mort à Grodno, en Pologne, en 1830, sans postérité, ne s'étant jamais marié, Il n'avait jamais rien demandé à sa famille, qui a même reçu après sa mort des objets de grande valeur par l'intermédiaire du baron de Kilchen, consul général de Russie aux Etats-Unis. On peut consulter encore sur François Joseph Wotice biographique du lieutenant général, vicomte de Léry, par le vicomte de Léry, son fils, Paris, imprimerie de Carpentier-Méricourt, 1824. Ce dernier (Gustave d’Etienne Chaussegros de Léry) qui a aussi rédigé le Corsaire et le Feu follet, fut d’abord dans les gardes du corps puis dans l'état-major, parvint au grade de colonel du 4%e de ligne, fut blessé à la prise du Trocadero, à Cadix, sous S. A. R. le duc d'Angoulême, et décoré de l’ordre de la Légion d'honneur.” Il a été aussi chargé d’affaires à Hambourg. Il a épousé, en 1822, Marie Rose Ernestine de Somery, fille de Louis Marie de Johanne de Lascar, marquis de Somery.

Alexandre André Victor Chaussegros de Léry, frère des deux ingénieurs, après avoir fait des études distinguées au séminaire de Québec, où il brilla surtout en mathématiques, étudia le droit et entra au barreau (*) ; mais entraîné par

(*) Il était encore à Québec en 1800,

LES 165 Juchereau de St-Denis, depuis baron et général, il passa en France, où il rejoignit François Joseph et devint colonel du 46e, qui participa aux deux défenses de Badajoz, que son frère avait fortifiée. Wellington fut vaincu à la première attaque ; mais y ayant mis de nouveau le siège, il prit la place après avoir perdu 6,000 hommes. Alexandre de Léry mourut en 1816, commandant à St-Pierre de la Martinique. Catherine Chaussegros de Léry, sœur de ces trois frères, née à Québec, épousa l'honorable Jacques Philippe Saveuse Er Beaujeu, et est morte à Montréal le 23 février 1847, à 6 ans.

En Canada, l'honorable Louis René Chaussegros de Léry fut grand voyer, puis nommé au Conseil législatif en 1818. L'honorable Charles Chaussegros de Léry fut député quartier maître général de la milice durant la guerre de 1812 et membre du pouvoir exécutif en 1826, et OC. E. Chaussegros de Léry enfin a été membre du Conseil spécial en 1838.

Lescarbot (Harc), né à Vervins, d’abord avocat au parlement de Paris, quitta le barreau pour suivre ses penchants qui l’entraînaient vers une vie aventureuse. Il s’embarqua pour la Nouvelle-France, où il se rendit fort utile, au dire de Charlevoix. En parlant de la prospérité de la colonie, cet historien dit que Lescarbot ne contribua pas peu à mettre et à maintenir les choses dans cet heureux état. Il animait les uns, piquait les autres d’émulation et ne s’épargnait lui-même en rien. Tous les jours il inventait quelque chose de nouveau pour l'utilité publique, et jamais on ne comprit mieux de quelle ressource peut être, dans un nouvel établissement, un esprit cultivé par l'étude et que le zèle de l'Etat engage à se servir de ses talents et de ses connaissances, Lescarbot publia en 1607 la relation de ce qui s'était passé sous ses yeux en Acadie, accompagnée de pièces de vers où il loue en particulier et à juste titre MM. de Monts, de Poutrincourt et du Pont ; en 1616, ‘“ La conversion des sauvages ”, et en 1612, différentes poésies qu’il dédia au chancelier de Sillery, en le priant de considérer que si elles étaient mal peignées et rurtiquement vêétues, c'était parce qu’elles avaient été composées dans un pays inculte, sauvage, hérissé de foréts et habité de peuples vagabonds. L'érudition est trop prodiguée selon le goût des XVIe et XVIIe siècles. Etant ensuite passé en Suisse à la suite de Pierre

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