‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 99 sur 186 · LEG · texte numérisé non relu

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Belmont. Pierre Legardeur, écuyer, sieur de Repentigny, alla en France en 1645, pour régler avec les Cent-Associés leurs difficultés avec les habitants de la Nouvelle-France, et y conclut un compromis par lequel la compagnie leur abandonnait la traite des pelleteries avec les nations sauvages, à la charge de payer les dépenses de l'administration politique et un tribut d’un millier pesant de peaux de castor. Il commanda souvent la flottille qui allait de Québec en France, et on lui donnaït dans ces circonstances le nom d’amiral, comme on le voit par les lettres de la Mère de l’Incarnation. . En 1647, il obtint en toute propriété, seigneurie et justice le fief de L'Assomption.

Jean-Baptiste Legardeur, écuyer, sieur de Repentigny, obtint plusieurs seigneuries, et en 1663 (7 octobre), quand les Canadiens tentèrent d’implanter en Canada le régime municipal, il fut lu maire de Québec. Le Conseil souverain l’admit au serment, mais lui retira depuis ses pouvoirs, de l’avis de Tracy et de Talon. Si cette plante populaire avait pu s’acclimater dans les circonstances où le pays se trouvait, elle lui aurait été plus salutaire qu’elle ne peut l’être de nos jours, car le Canada était situé à peu près comme l’Europe aux temps pour lesquels l’illustre Robertson a pu dire avec vérité : “ L'institution des villes en communautés, corporations ou corps politiques, et l'octroi à elles fait du privilège de la juridiction municipale, contribua peut-être plus qu’aucune autre cause à introduire un gouvernement régulier, une bonne police et les arts. ” Un Legardeur de Repentigny établit une manufacture en 1704.

Pierre J. B. F. X. de Repentigny, chevalier de St-Louis, était lieutenant des troupes en 1748, quand il obtint un billet de logement chez le sieur Philibert qui, ayant voulu résister à l’ordre, fut tué par lui d’un coup d'épée à travers le corps. M. de Repentigny s'enfuit en Acadie, puis en France, où il obtint du roi des lettres de grâce et de pardon qui furent entérinées au Conseil supérieur le 29 septembre 1749. C'est probablement le même qui nous a laissé la relation d’vne expédition qu'il fit contre Orange et Saratoga en 1746. A 34 ans, le 30 janvier 1753, il épousa à Montréal demoiselle Catherine Archange Payen de Noyan. Il était alors devenu capitaine d'infanterie. Dans la dernière cam- Pagne de Montcalm, il commanda un bataillon de la milice

LEG 157 de Montréal, et à Montmorency, où Wolfe échoua contre le camp de Beauport, il soutint le principal effort de l'ennemi. A Ste-Foye, il commanda une brigade du centre qui fut la seule qui se soutint toujours contre les Anglais. Elle arrêta l'ennemi, repoussa deux corps détachés de l'aile droite anglaise, et donna aux grenadiers délogés du moulin Dumont la facilité de se rallier. Il fut ensuite établi commandant à la Pointe-aux-Trembles, puis au fort Jacques-Cartier. Ayant émigré en 1760, il mourut commandant de Mahé, dans l’Inde, en 1776.

Louis Legardeur, écuyer, sieur de Repentigny, chevalier de St-Louis, son frère cadet, né à Montréal le 5 août 1721, épousa à Québec le 20 avril 1751 demoiselle Marie Madeleine Régis Chaussegros de Léry. Il émigra à la conquête, après s'être signalé sous Montcalm et Lévis, fit la guerre d'Amérique sous Rochambeau et devint gouverneur du Sénégal, brigadier général et comte. Il mourut à Paris le 9. octobre 1786, ayant eu de son épouse Louis Gaspard, né à Quésec le 10 juillet 1753, mort le 2 juillet 1808 à Pointe-à- Pitre’de la Guadeloupe, où cette maison posséde de grands biens. Il avait épousé demoiselle Duquesnal, qui épousa en secondes noces le comte de Marchais. M. Violet, procureur des Repentigny, est venu en Canada ces années dernières pour y recueillir des titres propres à faire valoir leurs réclamations sur certaines terres des Etats-Unis dont ils ont été en partie remis en possession. Par l’impolitique de l’Angleterre, ces terres avaient fini par se trouver enclavées dans la province de New-York.

II.—-Louis XVI nomma, en 1674, un Legardeur de Tilly conseiller au Conseil souverain, et en 1728, un autre était commissaire ordonnateur ou subdélégué de l’intendant. Un troisième émigra à la conquête, se signala dans la marine et devint comte de Tilly. Commandant la Concorde, de 26 canons, en 1779, il surprit le 18 février un corsaire de 14 canons et fut blessé dangereusement dans un combat avec la frégate anglaise Congress, qui fut obligée de prendre la fuite. Le 22 août, il prit la frégate Minerve, puis le Romulus, en 1782, dans Chesapeake. Il assista dans les mêmes eaux à la bataille livrée par l’amiral Destouches à l'amiral Arbuthnot, puis à celle de Trinquemale, sous Suffren, dans l'Inde. Il y fut encore blessé avec plusieurs Canadiens.—

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