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Nouvelle-York, en 1709. Les Outagamis étant devenus redoutables à la Nouvelle-France en 1729, il marcha contre eux, les défit en plusieurs rencontres et détruisit leurs bourgades et leurs forts. Le P. Crespel servait d’aumônier à son corps d'armée. Il commandait en troisième à la fameuse journée de Monongahéla et succéda à M. Dumas dans le commandement du fort Duquesne. Il avait, avant cette époque, commandé sur la droite à l'attaque d’Oswégo par Montcalm. Menacé dans le fort Duquesne par le général Forbes, il battit à plate couture son avant-garde sous le colonel Grant, et se retira avec ses prisonniers au fort Machault, qu’il commandait encore en 1759. Ayant reçu ordre de l’abandonner pour marcher au secours de Niagara, il fut pris par sir William Johnson dans ce dernier effort pour la défense de son pays, à laquelle il avait si longtemps contribué, Il avait épousé Anne, fille de Claude Robutel de St-André, sieur de Lanoue, voyageur de quelque renom. La Liste ecclésiastique nomme un M. Marchand de Ligneri
CR Logan ( William Æ.), célèbre géologue, né Montréal en 1798, directeur de la Commission géologique du Canada, membre de la Société Royale de Londres, des sociétés géologiques
de France et d'Angleterre, de la société américaine pour l'avancement des sciences, et membre honoraire de l’Institut polytechnique de Montréal pour cette classe, chevalier du Bain et de la Légion d’honneur.—Abprès avoir étudié au High School et à l’université d'Edimbourg, il préluda à sa réputation en devenant l'assistant de sir Henry de la Beche, auquel il se fit connaître par une carte géologique. De retour en Canada, il fut nommé géologu- provincial par sir Charles Bagot. Depuis cette époque, il a fait, assisté de MM. Murray et Hunt, l'exploration géologique de presque toute la province, et consigné ses travaux dans ses impérissables rapports, qui forment aujourd’hui plusieurs volumes, et qui ont été accueillis avec un vif intérêt à la société géologique de Londres et à l’Institut de France, dès avant les expositions de 1851 et de 1855. Il était commissaire canadien et membre du jury international à celle de Paris. A l’une et à l’autre, il a fourni la plus velle collection géologique et minéralogique et remporté les grandes médailles d'honneur. Celle de Wolaston lui a
aussi été adjugée. Sir Roderick Murchison et M. Dufresnoy ont fait son éloge en Angleterre et en France de manière à ne pas laisser douter que l'exploration géologique
du Canada ne soit un des plus grands événements dans les
annales de cette science, et son nom se trouve au niveau des plus grands noms d'Europe. Il a dressé la carte géologique du pays et résumé avec M. Hunt ses travaux par l’Esquisse géologique du Canada pour servir à l'intelligence de la carte géologique et de la collection des minéraux économiques envoyés à l'exposition universelle de Paris, Hector Bossange et fils, Quai Voltaire, 25, 1855. Sir W. Logan a été un des représentants du Canada au congrès scientifique d’Alban en 1856, et il a travaillé pour celui de 1857 à Montréal. Il estmort à Londres en 1875.
Longueuil (es barons de).—La seigneurie de Longueuil fut érigée en baronnie en 1700 en faveur de Charles Le Moine, écuyer, fils de Charles Le Moine, écuyer, sieur de Longueuil et de Châteauguay, ‘“ en reconnaissance des services qu’il avait rendus et qu’il rendait tous les jours à la colonie, et en conséquence de ce qu’il avait érigé sur sa seigneurie un fort en pierres à quatre bastions. ” Il naquit à Montréal le 10 décembre 1657, et épousa en 1683, demoiselle Elisabeth Souart d’Adancourt, sœur du chevalier Dominique, mort en 1740 maréchal de camp et gouverneur de Bayonne. Il fut l’homme qui eut le plus d'influence sur les sauvages après sir William Johnson. Il alla avec eux reconnaître les mouvements de l’amiral Phipps, entra en communication avec d’'Iberville, son frère, revenant de la baie d'Hudson, battit, avec M. de Ste-Hélène, son autre frère, les troupes anglaises de débarquement, et fut blessé. Il visita les eaux de Barèges, en France, pour se rétablir, et servit en Flandre en qualité d'aide de camp du maréchal d'Humières. Devenu baron et gouverneur de Détroit en 1700, puis gouverneur de Montréal, il quitta cette ville en 1710, pour aller garder là tête de la colonie contre le général Nicholson. Il faisait porter devant lui une bannière brodée par sa cousine, demoiselle Le Ber, et qui lui fut remise solennellement dans l’église paroissiale par le supérieur et seigneur de Belmont : on le compara à Machabée (*). Nicholson fut obligé de retraiter en partie à
Le baron de Longueuil, surnommé avec raison le Machabée
cause de la bonne contenance de la poignée d'hommes du baron de Longueuil, et principalement à cause des désastres arrivés à la flotte anglaise. Il fut fait chevalier de St- Louis. En 1726, malgré tout ce que put faire Burnet, gouverneur de la Nouvelle-York, il persuada les Iroquois de souffrir qu’on bâtît ou qu’on rétablit dans leur pays le fort Niagara. On a sa correspondance avec ce gouverneur à ce sujet, et son compte rendu au ministre de la marine sur le voyage qu'il fit à Oswégo et a Onnontagué, dans les Documents de Paris. Ilétait administrateur ou commandant général de la colonie, et le fut du 10 octobre 1725, en conséquence de la mort du marquis de Vaudreuil, jusqu’au 2 septembre 1726, époque de l’arrivée du marquis de Beauharnois, qui écrit au ministre en 1727 qu’il a chargé le baron de Longueuil de veiller aux intérêts de la Compagnie des Indes. Il mourut à Montréal à 72 ans et six mois, et fut inhumé dans l’église paroissiale le 8 juin 1729.
II. — (Charles), fils du précédent, deuxième baron en juin 1729, était né au château de Longueuil le 18 octobre 1687. I] fut aussi gouverneur de Montréal, où il mourut à 67 ans, le 17 janvier 1755, après avoir été administrateur ou commandant général de la colonie, comme son père, depuis la mort du marquis de La Jonquière, le 17 mai 1752, jusqu’à l’arrivée du marquis de Duquesne de Menneville, le 6 août. Il avait épousé en premières noces, en 1720, demoiselle de Gouât Desgrez, puis dame Marguerite Legardeur, veuve de monsieur Pierre de St-Ours, en secondes noces.
IIT.—(Charles Jacques), troisième baron, né de la première au château de Longueuil le 26 juillet 1724, eut pour parrain le héros de Monongahéla, M. de Beaujeu, avec Mlle Damours de Clignancourt. Il épousa Mile Marie Catherine d’Eschambault et devint baron le 17 janvier 1755, jour de la mort de son père. Il se trouva à la dé-
de Montréal, jugeant qu’il ne fallait pas laisser arriver les Anglais jusqu’à Ville-Marie sans leur dresser quelque embuscade, résolut d'aller avec une pnignée de monde les attaquer près de Chambl où ils devaient passer. Il fit porter devant lui un étendar:i qui était l’image de la Vierge avec une inscription composée par la sœur Le Ber, sa cousine germaine, fameuse recluse de la Congrégation, que M. de Belmont bénit solennellement et remit lui-même dans les mains du brave capitaine en présence de tout le peuple : ‘* Elle est terrible comme une armée rangée en bataille ! ”-—L’abbé Faillon.
faite du brigadier général Howe et à la bataille du lac George, et périt dans la retraite, au portage du lac St-Sacrement, entre les forts Edward et Lydius, le 8 septembre 1758. Il n'était âgé que de 31 ans. Il est à présumer qu’il fut commandant général de la colonie eutre la démission du marquis Duquesne de Menneville et l’arrivée du marquis de Vaudreuil, car on trouve dans les documents féodaux publiés par la législature la concession de trois lieues dans la baie de Cataracoui aux sieurs Desgrez et de Maricourt, faite à Québec le 13 juin 1755 et signée Longueuil et Bigot.
IV.—(Paul Joseph), chevalier de Longueuil, frère du second baron et prétendant à la baronnie après la mort du troisième baron, était né au château de Longueuil le 17 septembre 1701. Il épousa demoiselle Marie Geneviève Joybert de Soulanges, fille du chevalier de Soulanges. Dès 1718, on le trouve lieutenant au régiment de Normandie, et lieutenant d’une compagnie détachée de la marine en 17.5, avec une expectative de commission de capitaine, qu'il eut la même année, avec le commandement au fort Frontenac. En 1728, il fit la campagne contre les-Renards. En 1739, il commandait au fort St-Frédéric. Il commanda six ans au Détroit depuis 1743, y reçut la croix de St-Louis avec dispense de réception (1744), déjoua un complot des sauvages pour tomber sur la colonie et brûla leur camp. Il fut aussi major de la ville de Québec en même temps que gouverneur du Détroit. En 1749, il est lieutenant de roi des place et gouvernement de Québec. En 1757, il fait la campagne d'hiver sur le lac St-Sacrement avec Rigaud de Vaudreuil ; gouverneur des Tois-Livitres 14 même année, il fit cependant la campagne sous M. ie Montcalm, puis celle des Rapides sous M. de Lé:i:. L'auteur ‘es Mémoires dit qu’il n’en cédait pas à Rigrad de Vaudresil pour la bravoure, qu’il avait de l'esprit ei en‘:ndait assez bien son métier. En 1759 et 1760, il s’employ: «ans son: gouvernement des Trois-Rivières, et émigra à la conquête, ne pouvant se résoudre à vivre avec les Anglais. Il se fixa à Tours. Ayant obtenu congé de venir en Canada, pour y vendre ses propriétés, en 1767, il repassa en France en 1768 avec le jeune de Beaujeu, depuis comte, et mourut le 12 mai 1778, non à Tours, où il résidait, mais au Port-Louis, où la baronne
Germain, sa nièce, l'avait fait venir pour lui prodiguer ses soins (*).
V.—(Joseph Dominique Emmanuel), fils du précédent, seigneur de Soulange, et de la Nouvelle-Longueuil, né au manoir de Soulanges le 2 mai 1738, fut baptisé par le célèbre Père Crespel. Enseigne en 1755, par commission datée du palais de Versailles, il servit sous M. de Villiers. M. de Contrecœur l’envoya ensuite du fort Duquesne pour conduire les Hurons de Lorette à la Belle-Rivière et les mettre aux ordres de M. de Beaujeu. En 1758, il était enseigne en premier des troupes de la marine. Montcalm le nomma second de M. de Montesson à Carillon. Son père le laissa en Canada à la conquête. Il paraît avoir été le favori des Anglais. L'abbé Faillon nomme le baron de Longueuil à la pose de la première pierre de Bonsecours ; cela est inexact, car ce ne pouvait être que celui dont il s’agit dans cet article. Son père commet la même erreur concernant la défense du fort St-Jean. Il y combattit contre les Américains et fut prisonnier à Bristol, aux Etats-Unis. (Carleton le nomma inspecteur général de la milice. En 1791, il fut lieutenantcolonel commandant le bataillon bas-canadien du régiment d réguliers dit les Volontaires Canadiens Royaux. On le retrouve commissaire pour l’embellissement de Montréal et pour faire disparaître ses fortifications. Enfin, il fut membre du Conseil exécutif et du Conseil législatif. Il mourut à Montréal le 19 janvier 1807. Ii avait épousé dame Prudhomme, veuve du chevalier de Bonne de Lesdiguières, tué au siège de Québec, et fille du colonel Prud’homme, qui commanda la milice de Montréal à Abraham et à Ste-Foye, et il recueillit un quart de la succession de M. de Bienville, qui fit son testament à Paris en 1765.
VI.—(Marie Charles Joseph),baronne de Longueuil, fille de Charles Jacques, née à Montréal le 21 mars 1756, baronne
(*) Demoiselle Agnès Le Moine de Longueuil, fille de Charles Le Moine, depuis baron de Longueuil, épousa en Canada, à 17 ans, Joseph Germain, capitaine au régiment de la Reine, depuis baron Germain, qui émigra à la conquête et devint gouverneur de Port-Louis, puis
e Lorient. Les époux eurent au château de Longueuil, en 1760, ue fille qui eut pour parrain Armand de Mézière de Maironelle,
ouverneur ou commandant de Montréal, avec demoiselle Agathe
e Longueuil. Il avait un fils dans les Lanciers en 1819. On connaît de comte Germain, né à Paris le 21 avril 1821.
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LOR—LOT 173 par la mort de son père le 8 septembre 1758, fut pourvue d’un tuteur dans la personne du sieur Fleury d Eschambault, épousa à Québec, en 1781, le capitaine David Alexander Grant, (*) et mourut à Montréal le 17 janvier 1841, à plus de 85 ans. lis étaiu connue sous le nom de la !baronne et se signalaic à la tête de toutes les institutions charitables. De son raariage est issue madame de Montenach, dont les demoiselles ont épousé les colonels White et Pritchard et M. Perrault de Linière. Son fils à été officier dans l’armée.
VII.—. Charles be cinquième baron, fils de David Alexander Grant et de la baronne, né à Québec le 4 février 1782, décédé à Alwington House, près Kingston, le 5 juillet 1848. Il était du Conseil législatif depuis 1815.
VIII.—(Charles James Irwing), sixième baron, né à Montréal le ler avril 1815, instruit et marié en Angleterre. Il s’intéressa aux expositions industrielles du Haut- Canada, et a été induit par la passation de l’acte seigneurial de 1854 à demander au gouvernement une reconnaissance formelle de son titre, auquel il a un droit inconstestable, surtout si l’on considère qu’en Canada les fiefs de dignité ont été érigés en faveur des postérités masculine et féminine. Il y à un marquis de Longueuil demeurant au château de Fourranges, près Gannat, département de l’Allier, qui porte trois roses dans son écusson comme les barons du Canada, et qui se dit de ln même race.
Loranger (Z'omas Jean Jacques), né à Ste-Anne d’Yamachiche en 1823, décédé en 1886. Ecrivain et orateur spirituel, avocat de talent, il fut le premier Canadien qui plaida devant le conseil privé en Angleterre. Sous l’administration Macdonald-Cartier, il eut le portefeuille de secrétaire provincial, et fut nommé juge en 1863. M. Loranger est l’auteur de Commentaires du code civil du Bas-Canada, et il fut deux fois commissaire pour la codification des statuts du Canada. Un de ses frères, M. L. ©. Loranger, est aujourd’hui juge de la Cour supérieure,
Lotbinière, illustre famille canadienne alliée à celle de Vaudreuil. — Elle commence à René Louis Léandre Chartier, écuyer, sieur de Lotbinière, nommé lieutenant général civil et criminel du Canada par la Compagnie
(*) Déjà la baronne douairière avait épousé Wm Grant, écr.